TÉMOIGNAGE

« Travailler m’a sauvée »

Issue d’un milieu très modeste, Leaticia, la vingtaine révolue, a grandi sans son père. A cause du dénuement, elle abandonne l’école et se lance à la recherche d’un emploi. Persévérante, elle en trouve un. Désormais indépendante, elle se réjouit de faire valoir son droit au travail..

« Ma mère n’avait pas suffisamment de moyens financiers. Elle n’avait personne pour l’aider et devait se battre pour entretenir les siens. J’ai décidé de ne plus aller à l’école et de m’inscrire dans un centre de formation. Quand je lui en ai parlé, elle s’y est opposée. « Tu es trop jeune pour aller dans un centre de formation », m’avait-elle dit.

« Estimant que j’étais assez grande, j’ai décidé de travailler pour subvenir à mes besoins. J’ai commencé dans des bars avant de monter un commerce de production et vente de gâteaux. Ma sœur m’a orientée vers l’Office national de l’emploi (ONE). Une femme m’a demandé de lui apporter mon acte de naissance. Alors que je continuais à vendre mes gâteaux, j’ai reçu un appel de l’ONE. J’ai participé à des ateliers de formation. J’avais 80000 francs CFA de bourse dont 20000 étaient versés sur mon compte épargne. C’était en 2020. »

Reconnaissante, Leaticia évoque sa rencontre avec Danielle A. Mboumba, la présidente de l’ONG Jeune Femme Ose (JFO). « Cette rencontre a changé ma vie. Travaillant du lundi au vendredi, je n’avais pas vraiment le temps d’assister aux réunions. Mme Mboumba venait me voir à la maison, m’encourageait et me donnait des conseils. »

Selon Leaticia, ce n’est pas toujours facile de trouver un emploi : « Il faut de la volonté et de la foi. Vous avez des jeunes filles qui ne veulent pas se prendre en charge, qui ne veulent pas travailler et qui se laissent aller. La liberté ne consiste pas à aller chercher les hommes, à être dans les bars. J’ai dit non à tout ça. Ça ne m’a rien donné. Quand je suis partie de chez ma mère, j’ai loué un tout petit studio et j’ai rencontré quelqu’un. »

« Aujourd’hui, je vends du poisson et je suis indépendante financièrement. Je ne me plains pas. J’invite mes sœurs à ne pas dépendre des hommes. Elles doivent se battre, créer quelque chose qui rapporte, qui peut leur être bénéfique et les aider à subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles. Elles peuvent faire du commerce ou des tresses. Quelque soit le million que monsieur vous donne, mangez à la sueur de votre front, soyez heureuses et indépendantes. Ne baissez pas les bras. »

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