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ALERTE AU SUICIDE

Le pire, l’irréparable peut arriver plus souvent qu’on ne l’imagine et au moment où on s’y attend le moins. Si le phénomène est rare au Gabon, il n’en demeure pas moins que les cas de suicide qui se produisent dans notre pays interrogent sur les racines du mal.  Un mal-être, un malaise profond, une crise existentielle mine le vécu de bon nombre de nationaux, en particulier les jeunes. Une fissure de plus. Une fissure de trop.

Souvenez-vous du cas de cette étudiante qui, une fois son diplôme en poche, est restée des années durant au chômage. Ne pouvant plus vivre dans la précarité, elle a mis fin à ses jours. En cette année 2026, en mars, un lycéen en classe de première s’est donné la mort en se jetant de la passerelle du Lycée Léon Mba à Libreville « pour avoir été accusé à tort d’une faute qu’il n’avait pas commise.»

Déception amoureuse, harcèlement à l’école ou en ligne, problèmes familiaux ou professionnels figurent au nombre des causes qui conduisent au suicide. Désespérées, fragilisées et souvent incomprises, les victimes s’isolent et s’enferment sur elles-mêmes.

Un malaise profond

Le mal-être des jeunes est profond. Ceux qui font l’objet d’une attention et d’un appui familial soutenus ont plus de chance de s’en sortir que d’autres qui n’hésiteront pas à franchir la ligne rouge et à s’adonner à des pratiques malsaines y compris la consommation de drogue et d’alcool, la prostitution, le vol, la violence ou le crime. L’univers des réseaux sociaux qui, rappelons-le, présente des avantages mais aussi des risques tel que l’addiction, nuit, si l’on n’y prend garde, à la santé mentale.

Les jeunes sont d’autant plus vulnérables qu’ils vivent dans une société où les valeurs essentielles à leur épanouissement s’amenuisent comme peau de chagrin. Ces valeurs, inscrites dans l’article 9 de la Constitution nationale de 2024, incluent, entre autres :

  • Le respect de la dignité humaine.
  • La justice et l’impartialité.
  • La discipline, le civisme et la citoyenneté.
  • La fraternité, la tolérance et l’inclusion.
  • Le dialogue et l’esprit de consensus.
  • La solidarité, l’équité, l’éthique, le partage, le pardon et la réconciliation.

À ces valeurs s’ajoutent les droits et devoirs de chacun.

Au chapitre des droits, en ses articles 11-12, la Constitution dispose respectivement :

  • Chaque citoyen a le droit à la vie, au libre développement de sa personnalité, au respect de sa dignité et de son intégrité physique et morale.
  • Nul ne peut être humilié, maltraité, torturé, ni faire l’objet de traitements inhumains ou dégradants, ou de peines cruelles, même lorsqu’il est en état d’arrestation ou d’emprisonnement.

S’agissant des devoirs, la Constitution dispose en son article 35 : « La protection de la jeunesse contre l’exploitation et contre l’abandon moral, intellectuel et physique, est une obligation pour l’État et les autres collectivités publiques. »

Les jalons posés au cours des trois dernières années dans le domaine de l’amélioration de la sécurité dans l’environnement scolaire gagneraient à s’inscrire de manière effective dans les faits. L’objectif est de prévenir et de lutter contre les drames qui gangrènent et mettent en danger la jeunesse gabonaise.

La santé mentale et physique des enfants doit faire l’objet d’un suivi permanent des parents, des établissements scolaires, du secteur de la santé et de l’État. Le dialogue étant une arme puissante, tout un chacun devrait en user pour aider les jeunes à s’ouvrir et échapper au suicide. Mieux vaut prévenir que guérir.

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