Fondatrice et Directrice de Publication

Flavienne Louise Issembè

Journalistes Seniors

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Flavienne Louise Issembè

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Flavienne L. Issembè

ALERTE

« La gériatrie c’est le futur. Les besoins dans ce domaine vont augmenter. L’État doit prendre ce problème à bras le corps en créant de grandes infrastructures et l’environnement nécessaire pour cette spécialité. » Dr Paul Obessa. Médecin Chef du Service Gériatrie au CNGGM. La vie est fragile. Elle l’est davantage quand les structures sanitaires manquent des ressources indispensables à leur bon fonctionnement. Au Gabon, le Centre national de gérontologie-gériatrie de Melen (CNGGM), unique établissement de prise en charge psycho-médico-sociale des personnes âgées de 60 ans et plus, n’a ni gériatres ni gérontologues certifiés depuis son ouverture en 2010 alors que les besoins en santé de cette tranche d’âge sont extrêmement importants.   Mais que sont au juste la gériatrie et la gérontologie ? Selon les spécialistes, « la gérontologie est l’étude scientifique du vieillissement au plan biologique, psychologique, sociologique, économiques et démographique. En tant que tel, le gérontologue analyse les mécanismes du vieillissement et la place des personnes âgées dans la société, évalue les politiques de prévention, l’économie de la santé et les structures d’accueil. » Le diagnostic et le traitement des pathologies des personnes âgées relèvent de la gériatrie. Cette branche propose une approche globale psycho-médico-sociale basée sur « la préservation ou la restauration de l’autonomie et la qualité de vie des seniors, la prévention et l’anticipation », l’objectif étant « d’éviter les risques de perte d’autonomie. » La dénutrition et les hospitalisations en urgence, le suivi des troubles de la mémoire et de la mobilité, de l’incontinence, les interventions en milieu hospitalier, en consultation externe, à domicile ou en structures d’hébergement adaptées sont d’autres domaines clés de la gériatrie. Comment fonctionne le CNGGM ? Au fil des ans, la prise en charge des patients s’est quelque peu améliorée grâce au dévouement du personnel du Centre, à l’appui de l’État, de partenaires et donateurs. Pour autant, travailler sans gériatres ni gérontologues certifiés représente des risques majeurs pour la santé. Les personnes atteintes de maladies chroniques tels que le diabète et la tension artérielle, sont exposées à des complications cardiovasculaires ou des accidents vasculaires cérébraux (AVC). Les besoins du CNGGM sont immenses, notamment aux plans des ressources humaines, de la formation de spécialistes et de la couverture médicale des seniors.  Le gouvernement, en lien avec la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS), s’emploie à renforcer ce volet. Le personnel de santé, peu nombreux, comprend des infirmiers, des aides-soignants, deux psychologues, un kinésithérapeute, une orthophoniste et 5 médecins y compris le chef du service gériatrie. Un médecin généraliste et une psychologue sont actuellement en formation au Sénégal, respectivement en gériatrie et gérontologie. D’autres devraient suivre, l’objectif étant « d’augmenter le taux de fréquentation de l’établissement », nous disait récemment le Directeur général du CNGGM, Judicaël Mombo Mombo qui, depuis le 18 septembre 2026, a été appelé à d’autres fonctions. Le budget alloué à l’établissement est loin d’être suffisant. M. Mombo Mombo l’évalue à 465 millions par an pour l’ensemble des résidents. Si ce budget inclut « l’alimentation, l’hébergement, la restauration, la prise en charge psycho-médico-sociale, les soins infirmiers, la rééducation et l’accompagnement de la personne âgée », il ne prend en compte « ni la maintenance de la structure, ni les fournitures de bureau, ni les évènements annuels, ni la main d’œuvre locale », a-t-il précisé. Au plan social, les syndicats de retraités et la société civile militent pour une revalorisation des pensions de retraite et la création de maisons de retraite publiques dans chaque chef-lieu de province pour soulager les familles. 

« Ajoutons de la vie aux années » 

La prise en charge psycho-médico-sociale des personnes âgées est un travail à temps plein qui exige des professionnels de la santé et des aidants familiaux d’être patients, empathiques et à l’écoute. Un regard, un sourire et un geste bienveillant suffisent à illuminer le regard et la journée de nos ainé.es. En retour, l’expérience que ces dernier.es ont de la vie est une source de découvertes et d’enrichissements pour le personnel de santé. La Maison Bel Âge, un établissement d’assistance aux personnes âgées, nous ouvre ses portes. La suite, se décline en une belle histoire du Fondateur-Directeur général de l’établissement, Léo Charles Yeno Nkendjo « Bel Ȃge est né d’un questionnement : qui s’occupe des personnes âgées, qui s’occupera d’elles alors qu’elles ont tout fait pour nous ? C’est une histoire que j’ai vécu avec ma grand-mère maternelle. Il m’arrivait de la garder et de m’occuper même, à la demande de nos voisins, de leurs parents. Je me suis entouré d’infirmières et de personnes qui font le ménage. Ayant compris qu’il y a des besoins immenses dans la société, je me suis dit pourquoi ne pas en faire une profession ? » Le choix du nom et du slogan qui portent le projet en dit long sur l’engagement de Léo Charles pour et auprès des personnes âgées : « On a travaillé dans sa vie, puis on arrive au terme du travail accompli. Enfin, on peut vivre sa vie. D’où notre slogan La Vie Continue. On commence à penser à soi, au Bel Ȃge. » Les personnes âgées de 60 ans et plus vivent dans un environnement serein où chaque espace a ses couleurs. Le vert, le jaune ou le bleu des chambres, le teint orangé du grand salon, ravissent le regard. Les résidents s’y rendent pour regarder la télévision, lire ou bavarder. Le jardin est meublé d’un coin salle à manger pour les repas qui sert également à des jeux de société (dames, ludo, cartes). Des sorties en groupe, des visites dans leur famille, sont également au programme.  Les ingrédients de la réussite de la Maison Bel Ȃge tiennent à 3 facteurs essentiels : l’écoute, l’empathie, l’assistance aux ainé.es, l’objectif étant de promouvoir leur bien-être. Selon François Davy Akighe Monemoro, psychologue en développement clinique, « Une assistance est indispensable pour aider les personnes âgées à reprendre confiance en elles, à croire aussi qu’elles ont leur place dans la société. Quand on parle de solidarité, de lien social, un lien se crée entre les familles qui se disent avoir peut-être mal jugé leur maman qui est âgée mais qui est aussi utile que nous. »    Selon l’infirmière des lieux, Malina Charleanne Maye Mboumba « Il faut être à l’écoute, attentif et regardant. Nous apprenons également de leur expérience, de ce qu’elles nous disent de leur vie et de ce qu’elles nous transmettent. » Poursuivant son propos, elle lance un appel aux personnes qui sont dans le besoin : « Le Bel Age est ouvert. Nous sommes là pour vous. N’hésitez pas à arriver chez nous. Pour toutes les personnes qui sont dans le besoin, le Bel Ȃge est là. Vous avez besoin d’assistance à la maison, le Bel Ȃge est là… Outre l’infirmière et deux psychologues, l’établissement compte un médecin, une kinésithérapeute, une secrétaire et une gouvernante. L’équipe est appelée à s’agrandir pour répondre comme il se doit à la demande. Lentement mais sûrement, Bel Ȃge plante ses graines.   Léo Charles Yeno Nkendjo s’explique : « Notre objectif n’est pas seulement d’ajouter des années à la vie, mais de contribuer à ajouter de la vie aux années. Une personne âgée n’est pas une personne qui doit vivre isolée. Elle doit continuer à vivre jusqu’à son dernier épuisement. Elle a besoin d’être accompagnée, écoutée et sensibilisée. » Pour ce faire, Léo Charles voit grand. Il envisage étape par étape d’étendre la structure dans toutes les 9 provinces, de créer des partenariats y compris à l’extérieur du Gabon pour former davantage de personnel, notamment des spécialistes en gériatrie et gérontologie, et d’être accompagné par l’État d’autant que la demande est forte. 

FIN DE LA CAMPAGNE DE SENSIBILISATION POPULAIRE

référendum sur la nouvelle Constitution nationale, fixé au 16 octobre prochain, offre la possibilité à chaque citoyen âgé de 18 ans, jouissant de ses droits civils et politiques, de faire valoir ses droits et ses devoirs en tant qu’électeur. En prélude au vote référendaire, le ministère de l’Intérieur a organisé une campagne de sensibilisation populaire en vue d’informer et d’éduquer les citoyens des 52 communes du pays et ceux de la diaspora sur leurs droits et obligations. Menée du 05 au 17 octobre par une commission nationale, avec à sa tête Pr Télesphore Ondo, la campagne a touché 80 000 Gabonais environ à l’échelle nationale et au niveau de la diaspora. Ce chiffre figure dans le rapport général des activités de terrain présenté à l’issue de la campagne par le président de la Commission, au ministre de l’Intérieur Hermann Immongault. Au cours d’un point de presse tenu au ministère de l’Intérieur quelques jours avant la fin de sa mission, l’expert en droit public a informé les journalistes sur les objectifs de la campagne et les responsabilités de l’administration. « L’administration a joué son rôle régalien, essentiel et impartial. Contrairement à ce qui s’est fait jusque-là, jamais une administration n’est allée au-devant de la population lui expliquer ses droits et obligations. »  Hormis « quelques difficultés dans l’acheminement des équipes, le convoi de fonds à l’étranger, la mobilisation des ressources et la mise en place des points focaux dans les différents continents, la sensibilisation s’est déroulée dans de bonnes conditions aussi bien au plan national qu’au niveau de la diaspora », a indiqué le Pr Ondo.  Il a salué la collaboration des populations, le travail des équipes sur le terrain y compris les interprètes qui ont facilité la communication avec le public, notamment dans les villages, et l’appui des médias dans la diffusion des messages en langues locales. Le président de la campagne de sensibilisation populaire a annoncé l’ouverture prochaine d’une 2ème campagne chargée de la promotion de la Constitution.  Cette activité s’inscrit dans le cadre de la campagne électorale proprement dite qui, selon la loi, démarre ses activités « le dixième jour » qui précède le scrutin. » En attendant cette deuxième étape, nous vous invitons à suivre l’interview du Pr Télesphore Ondo sur le référendum constitutionnel.

RECONSTRUIRE LE GABON

« Construisons ensemble notre pays. Cette construction ne concerne pas exclusivement les infrastructures. Il s’agit, pour moi, d’envisager quelque chose de plus grand et de plus profond que les routes et les bâtiments… » Brice Clotaire Oligui Nguema, président de la transition. Construire est une œuvre de longue haleine. Cette assertion peut s’appliquer au projet de restauration du Gabon où le cours de l’histoire a pris un nouveau tournant le 30 août 2023. Depuis ce jour mémorable, les autorités de la Transition ont engagé le Gabon sur la voie de la reconstruction nationale qui s’annonce tout aussi, voire plus titanesque que les ruines héritées du précédent régime.  Afin de relever ce défi, l’État s’est doté d’un Plan national de développement de la transition (PNDT) évalué à 4 600 milliards de francs CFA. Cette somme sera investie dans 293 projets au cours de la période 2024-2026. Ces projets s’inscrivent dans le cadre de la lutte contre la pauvreté et en faveur de l’amélioration effective des conditions de vie des couches sociales démunies, l’objectif étant de promouvoir la dignité des Gabonais.es à travers, entres autres : Au-delà du bois, des mines et du pétrole, l’État entend développer les autres secteurs de l’économie nationale (agriculture, énergie, numérique, pêche, tourisme). Par ailleurs, pour répondre aux besoins les plus urgents des 9 provinces du pays, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a annoncé « la mise à disposition d’une enveloppe de 63 milliards francs CFA afin de leur permettre de s’autonomiser et de relancer leurs activités. »  Dans le domaine de la santé, 5 pôles de spécialités d’excellence sont en construction, respectivement dans l’Estuaire, l’Ogooué-Maritime, le Moyen-Ogooué, le Haut Ogooué et le Woleu-Ntem.  À un autre niveau, l’accès au logement s’améliore progressivement avec la mise à disposition des 500 parcelles à Igoumié dans la commune d’Owendo, dans la banlieu-sud de Libreville.   Fruit d’un partenariat public-privé, cette opération devrait se poursuivre «avec la mise en exploitation de 40 hectares en plus, pour 800 parcelles de 500 m² viabilisés avec titres fonciers et la construction de 1 900 logements sociaux de 2 et 3 chambres pour les fonctionnaires, en suivant le modèle conçu pour les militaires où la prime de logement mensuelle constituera l’hypothèque permettant de financer l’acquisition du logement. » Construire un pays est une œuvre de longue haleine. Nul à lui seul ne peut relever ce défi, d’où les appels à la solidarité du président de la transition lors de la tournée républicaine et à l’occasion de l’an 64 de l’indépendance nationale.   « Nous allons changer ce pays et le reconstruire. Si d’autres militaires l’ont fait avant nous, Rawlings au Ghana, Al-Sissi en Égypte, le président Kagame au Rwanda, nous sommes capables de le faire ici. » Au-delà de la construction des infrastructures, le général Oligui Nguema « entend faire émerger un nouveau type de Gabonais en formatant les mauvaises mentalités. » La mise en place « d’un cadre législatif solide basé sur des lois fortes, la restauration des institutions, qui commande l’intérêt supérieur de la Nation, et la future Constitution nationale sont une opportunité pour reconstruire le Gabon et instaurer un véritable État de droit qui, bien plus qu’un simple concept pour le CTRI, est l’idéal de démocratie auquel nous devons tous aspirer. » « L’État de droit garantit notre liberté et notre justice en assurant à chaque Gabonais, quel qu’il soit, la possibilité de s’exprimer librement et de vivre dignement.  Car, il n’y a pas de démocratie sans liberté d’expression, mais également sans respect de la loi. » 

ACQUIS ET DÉFIS DE LA TRANSITION

Où en est le Gabon aujourd’hui ? C’est la question que nous avons posé au Dr André Adjo, à Messieurs Emmanuel Edou Eyene, Robert Marcel Tchoreret et Joël P. Dinzambou.  Ils sont respectivement politologue, président du parti politique Alliance patriotique, président du Parti Cercle Omega et Coordonnateur du Copil Citoyen. Ils livrent à cœur ouvert leurs avis sur les acquis et les défis de la transition instaurée il y a un an par le président Brice Clotaire Oligui Nguema.

« ŒUVRER POUR LE BIEN DU PAYS AVANT TOUTES CONSIDÉRATIONS. »

« Après les inquiétudes des premiers instants, le discours et les premières initiatives des militaires ont d’abord suscité un sentiment de joie mêlé de gratitude vis-à-vis de ces soldats qui ont pris de gros risques personnels en interrompant une gouvernance calamiteuse qui conduisait lentement le Gabon vers un horizon incertain. Ensuite, nous avons très vite envisagé le 30 août 2023 comme une énorme possibilité pour engager le Gabon dans un schéma de gouvernance globale qui, non seulement, épargne ce pays des errements passés, mais qui réhabilite la dignité de ses enfants. C’est enfin, l’espoir de voir les acteurs divers s’amender et œuvrer enfin pour le bien du pays avant toutes considérations. » « Vivre » – Dr André Adjo, au-delà de cette entrée en matière sur la journée du 30 août 2023 qui marque la fin du règne d’Ali Bongo Ondimba et l’arrivée au pouvoir du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), quelle est votre appréciation de la Transition en cours et son évolution ? Dr André Adjo – Au regard de l’histoire, nous savons que les périodes dites de « Transition » sont fragiles et potentiellement dissipatives. Pendant cette période, plusieurs acteurs guidés par leurs seuls intérêts se greffent autour et au cœur de la Transition afin d’amener cette dernière à trahir sa promesse. C’est pourquoi, je pense que ceux qui sont pleinement conscients des enjeux du moment ne doivent pas rester en retrait. Ils doivent s’impliquer suffisamment pour protéger l’essentiel des objectifs que la Transition s’est assignée. Les militaires ont ouvert une brèche, il convient de s’y engouffrer avec détermination pour poser les bases d’une société qui embrasse avec enthousiasme les défis futurs. La vigilance n’est pas de trop face à des manœuvres qui peuvent provenir des partisans d’un statu quo. Les promesses de la Transition ne seront mieux protégées que parce qu’il y aura eu l’implication active de tous. Quel regard portez-vous sur les actes posés par le CTRI aux plans socio-économique, politique et institutionnel ? L’essentiel de la philosophie qui accompagne la Transition, c’est la restauration. Il me semble que le CTRI a fait le choix d’une restauration « douce » qui n’implique pas une gouvernance qui consacre la philosophie de la « table rase ». Il faut donc comprendre les actes posés jusqu’ici par le CTRI en tenant compte de ce choix quasi « doctrinal ». Sur le plan socio-économique, cette approche incrémentale permet aux organes de la Transition de poser des actes qui apparaissent comme des « politiques correctives. Même si le CTRI ne semble pas s’inscrire dans une démarche spectaculaire en matière de gouvernance sociale et économique, les choix qui sont opérés produisent un grand bien dans la société à l’image des retraites revalorisées et payées, des bourses d’études réhabilitées, les traitements des auxiliaires de l’administration revalorisés, des ruelles réhabilitées, etc… Sur le plan politique, le CTRI a fait le choix d’être au-dessus de la mêlée comme l’atteste son communiqué n° 50 du 15 mars 2024 et d’adopter une démarche aussi inclusive que possible. Ce choix de gouvernance politique et institutionnelle a eu pour conséquence un apaisement de la société gabonaise depuis le 30 août 2023. Un apaisement nécessaire pour que le Gabon aborde l’échéance du Dialogue du mois d’avril avec quiétude. Il reste que sur le plan des nominations dans l’administration, l’opinion publique est particulièrement restée perplexe à propos de certains profils considérés, à tort ou à raison, comme comptables de la dégradation de la situation du pays sous l’ère d’Ali Bongo. Du fait de l’urgence sociale, le Gabon reste un pays qui contraint logiquement les gouvernants volontaires à concentrer une part importante des efforts de la puissance publique dans la satisfaction des besoins primaires. En outre, lorsqu’on demande aux populations de s’exprimer sur leurs besoins, ceux relatifs aux conditions socio-économiques sont prioritaires. Les besoins relatifs à la gouvernance politique arrivent très loin sur la liste, même s’ils sont eux aussi fondamentaux. C’est dire que le CTRI a été bien inspiré de poser plusieurs actions tournées vers l’amélioration des conditions de vie des populations. Dans ce domaine, il en faut plus car les problèmes à résoudre sont malheureusement nombreux. Sur le plan institutionnel et politique, l’action publique a consisté à instaurer un nouvel état d’esprit chez les serviteurs de l’État dans un cadre institutionnel et administratif qui est resté globalement le même. C’est tout à fait logique parce que le Dialogue avenir se chargera de définir le nouveau format institutionnel et politique à travers lequel la gouvernance du nouveau Gabon va désormais être impulsée. Que vous inspire la Charte de la Transition ? Au regard du caractère inédit et exceptionnel de la période que le Gabon traverse et de la relative rapidité de sa publication, il n’est pas totalement exclu que les rédacteurs de cette Charte de la Transition se soient inspirés des Chartes des pays qui, avant la Gabon, se sont engagés sur la voie de la Transition. Cependant, elle a été rédigée en tenant compte du contexte propre du Gabon. Elle laisse une place importante aux libertés civiles et politiques et protège la citoyenneté. C’est en l’implémentant qu’elle va dévoiler certaines limites et c’est au parlement de les régler le cas échéant. Le président de la Transition a une place de choix puisque, contrairement aux autres acteurs de la Transition, il peut se porter candidat. Cette disposition n’a pas fait l’objet de grands débats dans la société de façon surprenante. Il ne faut jamais oublier qu’elle est un instrument temporaire qui ne gagnerait donc pas à être retouché à volonté pendant un période de transition aussi courte. La Charte est opportunément associée à la Constitution de 1991 au regard de la charge symbolique de ce texte : une Constitution qui a reflété la volonté générale au moment où le Gabon tentait de poser les bases démocratiques de sa société. Le DNI s’ouvre le 02 Avril à Libreville. Quels sont les enjeux de cette rencontre et quelles sont vos attentes ? Avant de donner un avis sur les enjeux … « ŒUVRER POUR LE BIEN DU PAYS AVANT TOUTES CONSIDÉRATIONS. »

VIEILLIR AU FIL DU TEMPS

Qu’est-ce que le vieillissement ? Quand commence-t-il ? Quelles en sont les différentes étapes et comment les affronter pour vivre sereinement ? Selon les experts, « Vieillir est un processus naturel, continu et progressif de transformation et de déclin des fonctions de l’organisme. »  Classé en 3 grandes étapes par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le vieillissement se situe entre 60 et 75 ans pour le jeune senior ou jeunior, de 75 à 90 ans pour le senior, de 90 ans et au-delà pour le grand senior. Si le jeune senior a encore les capacités pour être actif et en bonne santé, et si le senior voit les siennes baisser, le troisième fait l’apprentissage d’une grande fragilité et dépendance accrue envers les autres.  Le déclin de la personne s’opère non seulement au plan biologique, mais aussi au niveau physiologique, psychologique et sociologique. Sur le plan biologique, les fonctions physiques et immunitaires déclinent progressivement provoquant des changements au niveau de la peau avec l’apparition de rides et tâches pigmentaires; la perte d’élasticité de la peau ; la baisse de la masse musculaire, la fragilité osseuse et la raideur des articulations ; ou encore la baisse de la vue et la diminution de l’ouïe. Au niveau physiologique, le cœur et les vaisseaux occasionnent une rigidité des artères et un essoufflement plus rapide à l’effort ; la sensation de soif diminue ; le sommeil est plus fragmenté occasionnant une récupération plus lente. Sur le plan psychologique, la personne âgée fait face, entre autres, à un ralentissement de ses facultés mentales et à des pertes de mémoire.  Dans le domaine social, le rôle des ainé.es et leur mode de vie subissent des changements avec la retraite et l’adaptation à de nouvelles habitudes. Les signes du vieillissement s’accompagnent aussi du changement du regard de l’autre sur la personne âgée. Au-delà, la société « redéfinit la place et le rôle de l’ainé.e dans la communauté, la famille et l’économie d’une part ; et son autonomie en fonction de sa capacité d’intégration d’autre part. » Les Ainé.es face à Vieillesse Perçu et apprécié différemment en fonction du niveau de vie, du rapport à l’autre et à la société, le vieillissement fait craindre ou ne fait pas peur. « Vieillir est une bénédiction. Une renaissance. Un accomplissement de soi, vous diront certains ainé.es qui ont le privilège de vivre dans les meilleures conditions qui soient, d’être en bonne santé et de la préserver. D’autres, en revanche, vivent mal cette étape pour diverses raisons, y compris le mal-être et le stress qui s’installent avec le déclin observé au cours de la vieillesse. La protection et la préservation de la santé, couplées à un niveau de vie décent et un environnement sain, sont  essentielles pour bien vieillir. Faire son bilan santé, appliquer les conseils de son médecin, avoir une assurance maladie participent de la réduction de la maladie et, partant, à l’amélioration effective de la santé. Maladie et Impact sur la Santé Les maladies liées à la vieillesse obéissent à un classement précis. Lequel classement inclut, selon les spécialistes : En termes d’impact de la maladie, les risques majeurs se caractérisent entre autres, par : Travailler après 60 ans Le travail est une nécessité absolue, du moins pour certaines personnes qui ont été actives leur vie durant. Ce besoin vital participe du bien vivre, de l’épanouissement et de l’indépendance des ainé.es. Pour autant, trouver un emploi quand on est Senior n’est guère aisé du fait notamment de facteurs bloquants. Au-delà de 60-65 ans, les personnes qui ont un emploi sont rares. Celles qui sont à la retraite restent beaucoup plus longtemps au chômage d’autant que la loi qui encadre le travail des ainé.es bute sur des facteurs qui impactent les conditions de vie et la santé des demandeurs d’emploi. Ces facteurs se caractérisent par des lenteurs administratives, la stigmatisation des personnes âgées, les préjugés. Mettons fin au mal-être des personnes âgées.  

ALERTE À LA PAUVRETÉ INFANTILE  

Loin du tumulte de la ville et des quartiers riches, des milliers d’enfants de moins de 18 ans vivent dans des conditions inhumaines qui, loin de s’atténuer, s’aggravent au fil du temps. Ils naissent et grandissent dans les quartiers sous-intégrés de nos grandes villes et de nos villages où ils ont peu ou pas accès au minimum vital, à une alimentation saine, à l’eau potable, à la santé et à l’instruction. Les données récentes de la Direction générale des statistiques et de l’UNICEF révèlent que « la pauvreté infantile s’exprime de manière multidimensionnelle à travers un taux élevé de malnutrition chronique (17 % chez les moins de 5 ans) et ses conséquences sur le retard de croissance qui touche 14,4% de ce groupe d’âge. » En outre, le taux de mortalité infantile est d’environ 28 à 48 décès pour 1 000 naissances. Le phénomène de la pauvreté est exacerbé, d’une part, par le manque de protection sociale de milliers d’enfants faute de mécanismes de soutien institutionnel suffisants et, d’autre part, par le taux de chômage des jeunes de moins de 25 ans qui oscille, selon les estimations, entre 36 et 40%. Malgré des conditions de vie extrêmement difficiles, nombre de jeunes rêvent du jour où des familles d’accueil ou d’adoption aimantes viendront les sortir d’une vie de misère qui n’aura que trop duré. Résolument tournés vers un avenir plus serein, ils espèrent devenir des êtres responsables dotés des capacités professionnelles requises pour prendre en main leur destin, et des connaissances indispensables en matière de protection et de défense de leurs droits. Ce volet majeur participe du droit de tout être humain de protéger et défendre ses droits à travers, l’information, l’éducation et la participation. Le Code de l’Enfant, pour ne citer que lui, offre un cadre de travail approprié pour l’action. Le Code de l’Enfant Dès les premières pages du document, le lecteur s’imprègne de la définition de l’enfant – un être humain âgé de moins de dix-huit ans – et des droits attachés à la personne qui garantissent sa protection sans distinction ni discrimination aucune. Les droits fondamentaux de l’enfant incluent notamment l’intérêt supérieur de l’enfant ; le droit à la vie ; à l’éducation ; à la survie et au développement ; à la non-discrimination ; à une opinion ; à l’information ; à la confidentialité et à la participation.  Le Code garantit également les droits à la scolarisation et à l’état civil. La scolarisation est obligatoire et gratuite pour tout enfant âgé de 5 à 16 ans, 16 ans étant également l’âge minimum d’accès à l’emploi. Dans le domaine de l’état civil, tout enfant a droit à un nom, une nationalité et à une reconnaissance juridique dès sa naissance. L’enfant victime d’injustices, de traitements inappropriés, peut recourir à la justice et à des associations de défense de ses droits.  Sachez, par ailleurs, que le Code l’Enfant dispose en son article 37 que « Tout enfant âgé de moins de 5 ans, vivant sur le territoire gabonais, a droit à la gratuité des vaccins obligatoires ; et en son article 38 que « Tout enfant âgé de 12 à 18 ans a droit à une éducation sur la gestion de la phase pubertaire et la santé de la reproduction, notamment le contrôle du cycle menstruel chez la fille, les risques des rapports sexuels non protégés. » La connaissance de ses droits et leur mise en œuvre effective peut changer des vies, en particulier celles des enfants qui sont l’avenir de notre nation. Pour de plus amples informations sur les droits de l’enfant, veuillez consulter le Code de l’Enfant et la Constitution nationale @ https://journal-officiel.ga

Parlons mariage

S’aimer. Bâtir un avenir commun. Fonder une famille. Le mariage repose sur ses trois piliers fondamentaux et bien d’autres, mais aussi sur des droits qui régissent l’union du couple.  Dans le mariage civil, les droits du couple incluent, entre autres, l’égalité homme-femme y compris sur le plan professionnel, la gestion commune du foyer et l’exercice conjoint de l’autorité parentale. Les droits du couple s’accompagnent de devoirs y compris la fidélité, l’assistance et le respect mutuels. Mais qu’en est-t-il exactement dans le mariage coutumier ? Levons le voile sur l’union traditionnelle sacrée, ses valeurs et les rapports du couple marié à la coutume.

L’AȊNÉ.E DU TEMPLE

Derrière chaque mur, une histoire vieille comme le monde se tisse au fil des jours, des mois, des années. Si les parents aiment à la raconter aux enfants, il est une personne affectueusement appelée « Ainé », qui porte en elle la mémoire de la famille, du clan, de l’ethnie. Les mots ne manquent pas pour la désigner. « Gardien de la tradition et des valeurs culturelles ; dépositaire de la sagesse ; garant de la cohésion ; éducateur et conseiller des petits-enfants. » Autant d’appellations qui confèrent à nos grands-parents un statut particulier, de la considération et du respect. Tant qu’il en sera ainsi, ils auront de beaux jours devant eux pour peu que la famille, si elle en a les moyens, et l’État leur garantissent protection et bien-être. Le vieillissement est un phénomène particulier. Dès 60-65 ans, les personnes du 3ème âge ont des exigences spécifiques aux plans sanitaire et sécuritaire. Celles-ci incluent : L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) encourage la promotion de comportements sains tout au long de la vie. Notamment une alimentation équilibrée, la pratique d’une activité physique régulière, le non-usage du tabac, de l’alcool et des drogues. L’objectif est de réduire le risque de maladies non transmissibles, d’améliorer les capacités physiques et mentales, et de retarder la dépendance aux soins.  La mise en place d’environnements physiques et sociaux favorables tels que les bâtiments qui répondent aux normes de construction et des transports publics sûrs et accessibles, ou encore des espaces où marcher afin de permettre aux gens de faire ce qui est important pour eux sont d’autres recommandations de l’OMS. Selon l’institution sanitaire « Ces approches, axées sur la personne et l’environnement compensent en partie les pertes associées au vieillissement et renforcent le rétablissement, l’adaptation et le développement psychosocial. » Le rôle fondamental de la famille Le foyer est le lieu privilégié d’aide et de soutien à la personne âgée. Son bien-être, sa santé et sa sécurité sont au cœur de ses préoccupations. Cet appui est primordial, notamment après la retraite, une étape que nombre de Gabonais.es vivent difficilement, en particulier ceux qui n’assurent pas, comme il se doit, leur avenir. Faute de moyens financiers adéquats, nombre de personnes du 3ème âge sont exposées à la précarité avec les risques sanitaires que ce fléau engendre. Le défi est de taille pour les familles démunies. La situation est aggravée par l’effritement progressif de la cellule familiale élargie face aux mutations socio-économiques et à l’exode rural qui laissent certains aîné.es sans soutien direct. La bonne volonté de proches et de structures associatives locales restent des leviers majeurs pour promouvoir leur dignité et bien-être. De la responsabilité de l’État En tant que garant de la sécurité de tous les citoyens, L’État est engagé à renforcer le dispositif des droits humains par la mise en place d’actions basées sur une réelle promotion des droits des personnes du 3ème âge. L’amélioration des conditions de vie, la réduction des inégalités sanitaires et l’accès à des soins de longue durée de qualité en sont les fondements essentiels. Des avancées sont enregistrées. Cependant, le fossé entre la reconnaissance et l’application effective des droits du 3ème âge est un défi majeur. Le sous-financement des structures de santé, l’insuffisance des structures d’accueil et de personnel spécialisés, les difficultés d’accès à l’information pour les aînés isolés, le manque d’aides publiques pour le maintien à domicile, l’isolement et la maltraitance sont des facteurs bloquants. À quand un Code de la personne âgée ? À ce jour, le Gabon ne dispose pas d’un « Code de la personne âgée » dédié exclusivement à ce groupe. Plusieurs documents sont consacrés aux droits du 3ème âge dans le cadre du dispositif qui protège les personnes vulnérables. Ceux-ci incluent : L’émergence d’un code unique sur la personne âgée revêt donc une importance cruciale dans la mesure où « il permettrait de formaliser la protection juridique et sociale spécifique aux aînés, de lutter contre leur isolement, de protéger contre des accusations de sorcellerie et de criminaliser l’abandon des parents, un délit passible de 5 ans de prison et d’amende. »