Depuis leur avènement dans les années 90 en Occident, et quelques années plus tard en Afrique, « les réseaux sociaux (RS) ont transformé des millions de vies, connecté en quelques secondes le monde entier. À travers un mode de communication et d’information nouveau, ils façonnent l’opinion, les relations sociales, professionnelles et commerciales. Mais des avantages aux dangers, il n’y a qu’un pas.
L’addiction aux réseaux sociaux, en particulier chez les jeunes, revêt des risques considérables pour la santé. À cet égard, la responsabilité individuelle, familiale et collective est engagée à inverser cette tendance pour sauver des vies. Comprendre ce à quoi nous avons affaire ; connaitre, protéger nos droits et devoirs est essentiel pour ne pas sombrer dans l’irréparable.
Le public et les réseaux sociaux
Les RS sociaux sont, pour ainsi dire, devenus l’ami des grands et des petits. Au niveau personnel, ils permettent de tisser des liens, de communiquer et de maintenir le contact avec la famille et les amis. Sur Whatsapp, Messenger, ou Facebook, les jeunes nouent des relations hors du cercle parental et affirment leur identité.
Tiktok, Youtube et Twitter devenu X, font également des émules parmi les friands des vidéos diffusées sur ces plateformes.
Au plan professionnel, à travers Facebook ou Linkedin, les entreprises « affirment leur personnalité, développent leur image de marque et font de la publicité ciblée. »
Attention à l’usage excessif des réseaux sociaux !
Que vous soyez actif ou passif sur les R.S, ne franchissez pas la ligne rouge. Utilisez les plateformes numériques de manière responsable et réfléchie. Mais qu’est au juste un consommateur actif et passif ?
Le consommateur actif « crée et interagit avec ses contacts à travers des commentaires et le partage d’informations. » À l’inverse, « le consommateur passif n’interagit pas. Il consomme du contenu et s’isole progressivement de sa famille, de ses amis et de ses collègues de travail ».
L’usage intensif des réseaux sociaux nuit gravement à la santé. Les personnes exposées à ce phénomène développent des maux tels que : la dépendance ou l’addiction à l’écran, l’anxiété, la dépression et des troubles du sommeil. L’usage excessif de ces plateformes favorise également l’isolement social et, partant, la solitude au détriment des relations interhumaines hors ligne.
Attention aux dérives !
La désinformation, la diffamation, l’atteinte à la vie privée, l’usurpation d’identité et de données, le harcèlement, le piratage, la diffusion de messages haineux, la cybercriminalité et la publicité sur la consommation de produits interdits aux mineurs (alcool, jeux d’argent, contenus pornographiques) sont autant de dérives auxquelles sont confrontés les utilisateurs des réseaux sociaux y compris les jeunes.
Protégez votre vie et celle de vos enfants
Les conseils suivants, issus d’experts, vous seront utiles. Ceux-ci incluent :
- La protection de votre confidentialité par la sécurisation de l’accès à vos données ou informations personnelles à vos seuls vrais et fidèles contacts.
- Le respect du droit à l’image : ne publiez aucune photo, vidéo, texte ou audio, sans autorisation préalable des personnes concernées.
- La réduction du temps devant l’écran à deux (2) heures d’activités par jour sur les réseaux sociaux.
- La publication de contenus de qualité.
- L’optimisation de votre profil en utilisant des mots simples et courtois pour être facilement accessible.
PROJET DE LOI SUR L’ESPACE NUMÉRIQUE
Le gouvernement, réuni en conseil des ministres le 26 février 2026, a évoqué et adopté un projet d’ordonnance pris, en application de la Constitution, neuf (9) jours après la suspension des réseaux sociaux annoncée par la HAC le 17 février dernier.
Les dispositions énoncées dans le communiqué final du conseil des ministres incluent : la règlementation de l’usage des réseaux sociaux ; l’organisation des communications numériques susceptibles de provoquer un risque grave et immédiat ; l’établissement d’un régime de régulation applicable aux contenus générés et amplifiés par des systèmes d’intelligence artificielle (IA) diffusés via les plateformes numériques.
Le gouvernement entend également :
- Mettre en place des mécanismes de réaction publique et judiciaire face aux contenus dangereux.
- Assainir l’espace numérique souvent considéré comme un « Far West ».
- Prévenir la déstabilisation institutionnelle et protéger les mineurs dont l’accès aux réseaux sociaux est désormais interdit aux moins de 16 ans.
- Modifier la loi N° 014/2023 relative à la HAC pour lui donner plus de pouvoir sur la régulation numérique.
Cadre juridique antérieur au projet d’ordonnance
Ce cadre est toujours en vigueur. Il est régi par trois textes fondamentaux : le Code pénal pour « les délits de diffamation, d’injures publique ou d’incitation à la haine, La loi n°001/2011 relative « à la protection des données à caractère personnel et la loi n°019/2016 portant Code de la Communication.
DROITS ET DEVOIRS DU PUBLIC
L’espace public des réseaux sociaux est régi par des lois qui confèrent des droits et devoirs au public. Ce dernier est tenu de les exercer dans le strict respect d’autrui et de l’ordre public.
Au chapitre des droits fondamentaux, la loi inclut :
- La liberté d’expression, d’opinion et d’informer.
- Le partage d’informations.
- Les droits d’auteur et à l’image.
- La protection de la vie privée.
- Le signalement de contenus haineux.
Les droits précités s’accompagnent de devoirs qui engagent votre responsabilité à divers niveaux. Conformément à la loi, vous êtes tenu :
- Responsable de tout contenu que vous publiez, partagez ou likez tels que les commentaires, les vidéos, les audios et les photos.
- Au respect d’autrui. À ce titre, vous ne devez ni diffuser des propos haineux, diffamatoires, violents ou racistes ; ni usurper l’identité d’un compte sur les réseaux sociaux.
- Au respect du droit à l’image en ne publiant ni photos, ni vidéos, ni audio, ni texte sans l’accord des personnes photographiées, filmées, enregistrées par voie écrite ou radiophonique.
- Au respect des droits d’auteur en ne publiant aucune œuvre sans l’accord de leurs créateurs.
Passer outre vos droits et devoirs vous expose, conformément à la loi, à des sanctions administratives, pécuniaires et pénales.
