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Tama Z’Akis

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Tama Z'Akis

MANOU MBADINGA

Pour Manou, faire du théâtre est une passion. Depuis une quarantaine d’années, l’acteur et dramaturge gabonais fait du partage de son savoir, de son expérience et de sa pratique sa priorité pour la jeunesse. À son humble avis, les enfants doivent être initiés à l’art théâtral dès le plus jeune âge. Fondateur et animateur d’une cellule théâtrale au sein du Groupe scolaire Les Tsanguettes à Angondje, dans la commune d’Akanda, Manou Mbadinga encadre et encourage les Mwanas à : créer, jouer autrement, se cultiver, s’exprimer et avoir confiance en soi. S’épanouir à travers le théâtre, se mouvoir sur scène, divertir le public est un droit humain fondamental que nul ne peut, ne doit priver les hommes et les femmes qui ont choisi de faire de l’art théâtral leur métier. Hélas, déplore Manou, « le théâtre, qui était présent dans les écoles, est en train de disparaitre. » Et d’enchainer : « Le théâtre, peut rebondir et repartir sur de nouvelles bases. Il est temps que l’école le réintègre, reconnaisse que c’est un outil de la vie et qu’elle fasse la promotion de sa pratique. Le théâtre est important pour l’éducation, le traitement des problèmes sociaux des enfants. » Selon l’acteur, « Quand on parle d’une enfance compliquée c’est parce que l’enfant n’a pas eu certains codes, n’a pas été encadré comme il se doit. D’où, son appel à initier les petits à l’art théâtral dès le jeune âge. L’engagement de Manou aux côtés des jeunes s’est illustré à l’occasion de la célébration, le 27 mars, de la Journée mondiale du Théâtre dans l’enceinte des Tsanguettes où les élèves de cet établissement et du Groupe scolaire Regina Mundi ont, devant un public ravi, déroulé deux pièces de théâtre dont l’une sur les méfaits de la violence à l’école. Les parents, les élèves, le personnel enseignant, les artistes et une équipe du Magazine « Vivre », présents sur les lieux, ne l’oublieront pas de sitôt, les enfants et le dramaturge ayant rappelé au monde l’importance que le théâtre revêt pour la vie d’une part, et le devoir qui incombe aux familles, à l’école et à l’État de faire de sa pratique, du droit de créer et de s’exprimer une réalité concrète d’autre part. Manou rejoint en cela Willem Dafoe. Le comédien, acteur et dramaturge américain souligne dans son message dédié à la Journée mondiale du Théâtre le rôle vital de cet art dans un monde divisé et sa capacité à réunir et à raconter des histoires malgré les restrictions. Il encourage les créateurs à connecter les peuples et les cultures, et à défendre la liberté d’expression.

NE FRANCHISSEZ PAS LA LIGNE ROUGE

Depuis leur avènement dans les années 90 en Occident, et quelques années plus tard en Afrique, « les réseaux sociaux (RS) ont transformé des millions de vies, connecté en quelques secondes le monde entier. À travers un mode de communication et d’information nouveau, ils façonnent l’opinion, les relations sociales, professionnelles et commerciales. Mais des avantages aux dangers, il n’y a qu’un pas.  L’addiction aux réseaux sociaux, en particulier chez les jeunes, revêt des risques considérables pour la santé. À cet égard, la responsabilité individuelle, familiale et collective est engagée à inverser cette tendance pour sauver des vies. Comprendre ce à quoi nous avons affaire ; connaitre, protéger nos droits et devoirs est essentiel pour ne pas sombrer dans l’irréparable. Le public et les réseaux sociaux Les RS sociaux sont, pour ainsi dire, devenus l’ami des grands et des petits. Au niveau personnel, ils permettent de tisser des liens, de communiquer et de maintenir le contact avec la famille et les amis. Sur Whatsapp, Messenger, ou Facebook, les jeunes nouent des relations hors du cercle parental et affirment leur identité. Tiktok, Youtube et Twitter devenu X, font également des émules parmi les friands des vidéos diffusées sur ces plateformes. Au plan professionnel, à travers Facebook ou Linkedin, les entreprises « affirment leur personnalité, développent leur image de marque et font de la publicité ciblée. » Attention à l’usage excessif des réseaux sociaux ! Que vous soyez actif ou passif sur les R.S, ne franchissez pas la ligne rouge. Utilisez les plateformes numériques de manière responsable et réfléchie. Mais qu’est au juste un consommateur actif et passif ? Le consommateur actif « crée et interagit avec ses contacts à travers des commentaires et le partage d’informations. » À l’inverse, « le consommateur passif n’interagit pas. Il consomme du contenu et s’isole progressivement de sa famille, de ses amis et de ses collègues de travail ». L’usage intensif des réseaux sociaux nuit gravement à la santé. Les personnes exposées à ce phénomène développent des maux tels que : la dépendance ou l’addiction à l’écran, l’anxiété, la dépression et des troubles du sommeil. L’usage excessif de ces plateformes favorise également l’isolement social et, partant, la solitude au détriment des relations interhumaines hors ligne. Attention aux dérives ! La désinformation, la diffamation, l’atteinte à la vie privée, l’usurpation d’identité et de données, le harcèlement, le piratage, la diffusion de messages haineux, la cybercriminalité et la publicité sur la consommation de produits interdits aux mineurs (alcool, jeux d’argent, contenus pornographiques) sont autant de dérives auxquelles sont confrontés les utilisateurs des réseaux sociaux y compris les jeunes. Protégez votre vie et celle de vos enfants Les conseils suivants, issus d’experts, vous seront utiles. Ceux-ci incluent : PROJET DE LOI SUR L’ESPACE NUMÉRIQUE Le gouvernement, réuni en conseil des ministres le 26 février 2026, a évoqué et adopté un projet d’ordonnance pris, en application de la Constitution, neuf (9) jours après la suspension des réseaux sociaux annoncée par la HAC le 17 février dernier. Les dispositions énoncées dans le communiqué final du conseil des ministres incluent : la règlementation de l’usage des réseaux sociaux ; l’organisation des communications numériques susceptibles de provoquer un risque grave et immédiat ; l’établissement d’un régime de régulation applicable aux contenus générés et amplifiés par des systèmes d’intelligence artificielle (IA) diffusés via les plateformes numériques.  Le gouvernement entend également :  Cadre juridique antérieur au projet d’ordonnance Ce cadre est toujours en vigueur.  Il est régi par trois textes fondamentaux : le Code pénal pour « les délits de diffamation, d’injures publique ou d’incitation à la haine, La loi n°001/2011 relative « à la protection des données à caractère personnel et la loi n°019/2016 portant Code de la Communication. DROITS ET DEVOIRS DU PUBLIC L’espace public des réseaux sociaux est régi par des lois qui confèrent des droits et devoirs au public. Ce dernier est tenu de les exercer dans le strict respect d’autrui et de l’ordre public. Au chapitre des droits fondamentaux, la loi inclut : Les droits précités s’accompagnent de devoirs qui engagent votre responsabilité à divers niveaux. Conformément à la loi, vous êtes tenu :  Passer outre vos droits et devoirs vous expose, conformément à la loi, à des sanctions administratives, pécuniaires et pénales.

À QUAND LA FIN DE LA SUSPENSION ?

Depuis le 17 février 2026, les réseaux sociaux sont suspendus en République Gabonaise. Près de deux mois après la décision de la Haute Autorité de la Communication (HAC), le public, qui est toujours aussi indigné et stupéfait par cette mesure, attend avec impatience le rétablissement des réseaux sociaux. Tout un pays doit-il être puni à cause des dérives commises par quelques personnes ? Le suspense perdure. Le Tribunal de première instance de Libreville ayant déclaré « son incompétence pour apprécier la légalité des actes pris par la HAC, une autorité administrative indépendante. », renvoie la décision vers la juridiction administrative, en l’occurrence le Conseil d’État, qui tranchera. Qui de Bilié By Nzé, le président du Mouvement EPG, Ensemble pour le Gabon, ou de la HAC aura gain de cause ? Pour mémoire, le premier a porté plainte contre « la suspension totale et indéterminée des réseaux sociaux qui excède les pouvoirs de régulation de la Haute Autorité de la Communication et constitue une mesure générale et disproportionnée, affectant l’ensemble des citoyens mais également les acteurs politiques qui utilisent ces plateformes pour communiquer. »   La décision de la HAC est la première du genre en République gabonaise depuis l’arrivée au pouvoir du président Oligui Nguema le 30 août 2023. Selon le régulateur des médias, la mesure vise à lutter contre des contenus jugés menaçants et diffamatoires pour la dignité humaine, la cohésion sociale et la sécurité nationale. Pour autant. Me. Francis Aubame, expert en droit public, estime « qu’une telle décision, aussi brutale, aussi vaste, qui touche à l’ensemble des réseaux sociaux, porte atteinte à tout le moins à la liberté d’expression des Gabonais, une liberté garantie par la Constitution en son article 14, une liberté garantie aussi par les conventions que le Gabon a signées – le Pacte international des droits civils et politiques, la Charte africaine des droits de l’Homme et des Peuples, et le Code national de la Communication en son article 3 ».  Evidemment, poursuit-il, « Tout principe comporte une exception. Au nom de la sécurité, au nom de l’ordre public, des dispositions peuvent être prises. Cependant, il faut que ces dispositions soient prises dans les formes légales. La HAC avait-elle pouvoir de prendre une décision générale de suspension des réseaux sociaux ? Je dis d’emblée Non. Ce n’est pas dans ses prérogatives. » Pourquoi ? Selon Me. Aubame, « Il faut identifier les contrevenants aux dispositions légales. Le Code de la Communication est là. La responsabilité est personnelle. Certains Gabonais enfreignent la loi et tout le monde est coupable à la fin. La responsabilité ne se partage pas. Pourquoi vais-je subir les affres des fautes commises par d’autres personnes ?» L’expert indique que « La décision est plus politique que juridique. De ce fait, il faut respecter les procédures juridiques. La HAC ne peut pas, par un simple communiqué, suspendre une liberté que les Gabonais ont de par la Constitution. C’est extrêmement grave. »  Les médias, à l’instar d’autres entreprises qui travaillent en ligne, se disent extrêmement préoccupés de la décision de la HAC. Roselyne Bekale, journaliste et responsable de la Rédaction à Radio TOP FM, s’explique : « Les réseaux sociaux sont des outils essentiels pour la circulation de l’information, l’interaction avec le public et la diffusion rapide de l’actualité. Ils permettent aux médias de toucher un public plus large et plus diversifié, notamment les jeunes qui consomment de plus en plus l’actualité via les plateformes numériques. La suspension des réseaux sociaux a un impact direct sur notre travail. En effet, elle nous oblige à nous adapter et à renforcer l’usage des canaux traditionnels tout en restant vigilants sur la question de l’accès à l’information. »  En cela, conclut-elle, « l’utilisation des réseaux sociaux exige beaucoup de vigilance. Ils sont aussi un espace où circulent de nombreuses fausses informations. Le rôle du journaliste reste donc essentiel : vérifier, regrouper les sources et apporter une information fiable et contextualisée. En somme, les réseaux sociaux sont un outil précieux pour notre travail, mais ils ne remplacent pas les principes fondamentaux du journalisme que sont la rigueur, la vérification et la responsabilité. »  Près de deux mois après la décision du régulateur des médias de suspendre les réseaux sociaux, le Gabon est dans l’attente de la décision du Conseil d’État.

« ÊTRE FILLE MÈRE AUJOURD’HUI »

Être fille-mère au Gabon, c’est faire face aux préjugés, à la stigmatisation et à de lourdes responsabilités à un très jeune âge. Avoir un enfant quand on a moins de 21 ans est un combat quotidien entre angoisse, pression sociale et difficultés financières. Ngwègnango en sait quelque chose. Voici son histoire. « Ma grossesse a été une période mêlée de peur, d’incertitude, mais aussi d’espoir. J’ai traversé des moments de solitude et de questionnements profonds, mais le fait de porter la vie m’a aussi donné une force intérieure que je ne soupçonnais pas. » Comment votre situation a-t-elle évolué au fil du temps ? « Ma situation a évolué à la fois en bien et en mal. Les difficultés ont été nombreuses, surtout sur le plan émotionnel et matériel. Mais cette expérience m’a aussi rendue plus mature, plus responsable et plus déterminée à me battre pour mon avenir et celui de mon enfant. » Comment vivez-vous votre situation au plan personnel et face au regard des autres ? « Personnellement, j’ai appris à m’accepter et à assumer mon parcours. Le regard des autres n’a pas toujours été facile à supporter, mais avec le temps, j’ai compris que l’essentiel était mon bien-être et celui de mon enfant, pas les jugements extérieurs.  Avez-vous souffert en silence ? Dans l’affirmative, pourquoi ? « Oui, j’ai beaucoup souffert en silence à certains moments et je souffre encore à certains moments, par pudeur, par peur d’être jugée ou incomprise. Il n’est pas toujours évident de parler de ses douleurs quand on se sent déjà fragilisée. » Comment vous en êtes-vous sortie ? « Je ne m’en suis pas sortie seule. J’ai bénéficié du soutien de ma famille et de quelques proches. Leur présence morale et matérielle a été essentielle pour m’aider à tenir et à avancer. » Que vous a apporté ce soutien et quels enseignements en tirez-vous ? « Ce soutien m’a apporté du courage, de la confiance et l’envie de ne pas abandonner. J’ai appris que demander de l’aide n’est pas un signe de faiblesse, mais de lucidité et de force. » Êtes-vous une mère épanouie ? « Oui, aujourd’hui je peux dire que je me bats pour être une mère épanouie. Malgré les difficultés, mon enfant est ma plus grande source de motivation, de bonheur et de fierté. » Que faites-vous aujourd’hui dans la vie ? « Aujourd’hui, je m’efforce de construire un avenir stable, que ce soit à travers la lecture, des formations ou des projets personnels, l’objectif étant d’assurer une vie meilleure à mon enfant. » Que souhaiteriez-vous dire pour clore cet entretien ? « Je voudrais dire à toutes les filles-mères qu’elles ne sont pas seules, qu’elles ont de la valeur et qu’elles ont le droit de rêver et de réussir. Chaque parcours est différent, mais avec du courage, du soutien et de la détermination, il est possible de se relever, de réussir et d’avancer. »  

JUSTICE ET PROTECTION SOCIALE

Le Gabon s’achemine vers l’ouverture d’un bureau d’assistance juridique pour personnes vulnérables, notamment les veuves, les orphelins et les femmes victimes de violences et économiquement faibles. Le projet a réuni en octobre 2025 dernier le ministre de la Justice, Séraphin Akure-Davain, et la ministre de la Femme, de la Famille et de la Protection de l’Enfance, Élodie Diane Foué-Foué Sandjo, entourés de leurs collaborateurs respectifs et des principaux responsables des directions et services directement concernés. Les membres du gouvernement sont revenus sur l’intérêt de repenser sinon toiletter les dispositions juridiques et légales relatives à la mise en place d’une clinique juridique en République gabonaise, de définir la qualité des membres du bureau, notamment ceux devant bénéficier d’une assistance juridique. Les participants ont également convenu de : Mettre en place un bureau dynamique d’égale partie réunissant les ministères de la Justice, de la Femme, les techniciens des impôts, les avocats, les greffiers et les huissiers de justice, entre autres. Étendre à toutes les juridictions (pénale, judiciaire, commerciale) l’assistance judiciaire aux ayants-droits. Partager aux acteurs des professions libérales, dont les avocats, la vision politique des plus hautes autorités, en vue de soutenir les personnes vulnérables aux plans social et juridique. Faire des propositions concrètes au gouvernement en vue de l’adoption d’une loi. SOURCE : Ministère de la Justice. Garde des Sceaux. Chargé des Droits Humains

QUI DOIT ÉDUQUER NOS ENFANTS?

L’éducation est un droit fondamental.  Parce qu’elle est un droit, les familles, les enseignants et l’Église ont un rôle essentiel à jouer non pas isolément mais collectivement pour faire valoir ce droit. Le Conseil national des églises pentecôtistes et de réveil (CNEPER), Omega Schools, le Réseau des écoles chrétiennes, s’investissent depuis quelques mois dans un projet d’envergure dont l’enjeu est d’aider les familles et les enseignants à éduquer et façonner l’avenir des enfants. « La responsabilité de l’éducation ne peut être l’apanage d’un seul. Elle doit être partagée. Chacun doit jouer son rôle pour façonner les jeunes générations et les préparer à devenir des citoyens épanouis et engagés dans le développement du pays. » Ces propos, prononcés par le pasteur Jean-Marie Tchibinda, représentant du système ACE pour la Francophonie dans le cadre de la 6ème édition des Conventions des éducateurs chrétiens, résonnent encore. Et pour cause. La responsabilité partagée s’impose plus que jamais d’autant que des menaces pèsent toujours sur la jeunesse gabonaise. « Dans un monde où tant de maux minent les jeunes – violence, drogues, alcool… – il est essentiel que les éducateurs et les guides spirituels prennent leur responsabilité à cœur », déclaraitJean-Gaspard Obiang, pasteur et président du CNEPER. Des thèmes de réflexion, présentés par 3 participants, servent de cadre à l’action. Ceux-ci ont trait respectivement : Aux valeurs et à la foi chrétienne : source d’aliénation ou de restauration des mentalités ? À l’église et l’école chrétienne : la mission de l’Église ne doit-elle pas s’accompagner d’une éducation scolaire ? À l’ACE : une méthode pédagogique au service de l’éducation : De la méthode et son impact dans la société. Pour le Dr Paul Florent Ongone Ebe, inspecteur pédagogique principal et révérend, « La conquête de l’église dans le domaine de l’éducation est indispensable. Tant que l’église ne disposera pas d’établissements scolaires et universitaires, le diable se fera toujours le plus grand plaisir de détruire des générations … qui plus tard refléteront les modèles de la société. » De son côté, le révérend Mandela Mthembu, vice-président de l’AEE/ACE Afrique, s’est appesanti sur la responsabilité d’éduquer les enfants. « Cette responsabilité est acquise. Les parents ne peuvent échapper à la responsabilité que Dieu leur a donnée.  Selon le Révérend Brad Palmer, directeur Développement Afrique du système ACE, « ACE est un programme chrétien très performant qui fonctionne avec les étudiants de tout âge… L’individualité est l’un des concepts qu’il faut apprendre aux enfants car elle est importante. Le système ACE permet aux enfants de découvrir leurs dons… et de se doter de la capacité de fixer les objectifs au quotidien. » La Convention des éducateurs chrétiens a permis aux participants d’étaler la vision de l’éducation qu’ils veulent pour le Gabon et de comprendre l’intérêt de s’investir dans ce projet afin que l’éducation chrétienne soit prioritaire dans les foyers et les établissements scolaires. Les participants veulent un Gabon : ‘’où les enfants sont instruits selon la voix du Seigneur ; où des hommes et des femmes intègres inculquent l’éducation chrétienne dans les écoles publiques ; où les parents s’impliquent à nouveau dans l’éducation de leurs enfants ; où les papas prennent leur rôle au sérieux…’’  En conséquence, cette responsabilité engage chaque être humain à découvrir « la raison pour laquelle Dieu l’a envoyé sur terre, à avoir foi en Dieu et à être intègre. » La 6ème édition des Conventions des éducateurs chrétiens, organisé les 4-5 juillet à Libreville, dans les locaux du Radison Blu Hotel, a réuni le ministre de la Transition chargée de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq, des leaders ecclésiastiques, des éducateurs chrétiens, des fondateurs d’écoles, des enseignants et des parents d’élèves. JUSTICE ET PROTECTION SOCIALE Le Gabon s’achemine vers l’ouverture d’un bureau d’assistance juridique pour personnes vulnérables, notamment les veuves, les orphelins et les femmes victimes de violences et économiquement faibles. Le projet a réuni en octobre dernier le ministre de la Justice, Séraphin Akure-Davain, et la ministre de de la Femme, de la Famille et de la Protection de l’Enfance, Élodie Diane Foué-Foué Sandjo, entourés de leurs collaborateurs respectifs et des principaux responsables des directions et services directement concernés. Les membres du gouvernement sont revenus sur l’intérêt de repenser sinon toiletter les dispositions juridiques et légales relatives à la mise en place d’une clinique juridique en République gabonaise, de définir la qualité des membres du bureau, notamment ceux devant bénéficier d’une assistance juridique. Les participants ont également convenu de : Mettre en place un bureau dynamique d’égale partie réunissant les ministères de la Justice, de la Femme, les techniciens des impôts, les avocats, les greffiers et les huissiers de justice, entre autres. Étendre à toutes les juridictions (pénale, judiciaire, commerciale) l’assistance judiciaire aux ayants-droits. Partager aux acteurs des professions libérales, dont les avocats, la vision politique des plus hautes autorités, en vue de soutenir les personnes vulnérables aux plans social et juridique. Faire des propositions concrètes au gouvernement EN VUE DE l’adoption d’une loi

LES DROITS HUMAINS AU FIL DU TEMPS

Les droits humains se sont construits à travers les siècles aux quatre coins du monde, y compris en Afrique. Dès le 13 e siècle, l’Empire du Mandé, actuel Mali, proclame une charte de vie commune sous l’impulsion de l’empereur Soundiata Keita. La Charte du Mandé, datée de l’an 1222, énonce le droit à la vie, à la liberté, à l’égalité et aux réparations en cas d’offense à ces principes. En outre, ce texte interdit formellement l’esclavage et la discrimination. Transmise par voie orale, puis retranscrite au milieu des années 1960 par l’anthropologue et historien Youssouf Tata Cissé, la Charte est inscrite depuis 2009 au patrimoine culturel immatériel de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco). D’autres textes non africains, antérieurs à celui du Mali, à savoir le Code Hammourabi, le Cylindre de Cyrus et le Magna Carta, dateraient respectivement de 1750 et 539 avant Jésus-Christ, et 1215. Le premier, du nom du roi Hammourabi de Babylone, l’Irak actuel, portait sur les contrats et les relations familiales, avec une présomption d’innocence et l’importance donnée à la présentation de preuves. . Le second, rédigé par l’empereur Cyrus le Grand de Perse, l’Iran actuel, proclamait notamment l’abolition de l’esclavage et la liberté de choix de religion. En 1215, le roi Jean Sans Terre d’Angleterre limitait ses pouvoirs tout en concédant des droits et des privilèges à ses barons. Ce processus culminera, quatre siècles plus tard, avec l’adoption de textes sur des droits civils et politiques revendiqués par les nobles. Déclaration d’indépendance des Etats-Unis Datée de 1776, la Déclaration américaine revendique les mêmes droits que ceux qui étaient revendiqués cinq siècles plus tôt en Angleterre sur les plans civil et politique. Ce texte confère aux droits de l’homme une portée juridique. Déclaration des droits de l’homme et du citoyen La Déclaration française, de 1789, reconnaît l’égalité des citoyens devant la loi. A travers son préambule et ses 17 articles, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (DDHC) énonce un ensemble de droits et les conditions de leur mise en œuvre. Déclaration américaine des droits et des devoirs de l’homme Adoptée en 1789 aux Etats-Unis, la Déclaration des droits et des devoirs de l’homme « Bill of Rights » prend effet en 1791 après sa ratification progressive par les Etats fédérés. Elle garantit, entre autres, la liberté d’expression, de la presse, de religion et de réunion. Elle se compose des 10 premiers amendements à la Constitution américaine. Déclaration universelle des droits de l’homme Née sur les cendres de la Seconde Guerre mondiale, la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) a été adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies à Paris le 10 décembre 1948. A travers 30 articles, elle proclame les droits auxquels chaque être humain de par le monde a droit sur un pied d’égalité. La DUDH est une source d’inspiration d’une multitude de textes, dont la Constitution gabonaise et la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. Charte africaine des droits de l’homme et des peuples En 1981, l’Organisation de l’unité africaine (OUA) adopte la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP). Son préambule tient compte « des vertus des traditions historiques et des valeurs de civilisation africaine qui doivent inspirer et caractériser les réflexions sur la conception des droits de l’homme et des peuples ». Ce texte énonce, par ailleurs, les droits reconnus à toute personne sans distinction aucune et ses devoirs envers la famille, la société, l’Etat, les autres collectivités reconnues et la communauté internationale. Il affirme, par ailleurs, le droit des peuples à lutter pour leur indépendance ». Déclaration de Pretoria sur les droits économiques, sociaux et culturels En 2004, les pays africains, y compris le Gabon, ont adopté la Déclaration de Pretoria sur les droits économiques, sociaux et culturels. Les Etats se sont engagés « à respecter, protéger, promouvoir et assurer la jouissance de tous les droits contenus dans la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, et à les appliquer pleinement en y consacrant le maximum de ressources ». Quel est le système africain de promotion et de protection des droits de l’homme ? Le « Program on Women’s Economic, Social and Cultural Rights » ou Programme sur les droits économiques, sociaux et culturels de la femme” a publié le 22 avril 2015 « The African Regional Human Rights System ». Le Système régional africain des droits de l’homme élabore le cadre normatif et les droits reconnus dans le Traité régional des droits humains de la région et décrit comment utiliser ces mécanismes et quelles sont les difficultés que l'on peut rencontrer pendant l'utilisation. C'est un outil d’apprentissage pour les défenseurs et spécialement pour les formateurs de la région qui souhaiteraient donner une formation sur les mécanismes régionaux africains des droits de l’homme. La publication a été écrite par Getahun Atey Kassa du Centre pour les droits de l’homme en Ethiopie. Ceci dit, il faut rappeler que la protection internationale des droits de l’homme en Afrique est également assurée dans certains cas grâce à un système non africain. Ce système est soit universel, soit régional. Cadre international des droits de l’homme La Déclaration universelle des droits de l’Homme et neuf principaux traités forment le cadre international des droits de l’homme. Les traités concernés sont : Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques; – Le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels ; 16 novembre 2025 : Élection des maires et leurs adjoints (pour les communes disposant d’arrondissements). La Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ; La Convention relative aux droits de l’enfant ; La Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale ; La Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes ; La Convention relative aux droits des personnes handicapées ; – La Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille ; La Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées. Les pays qui ont souscrit à ce cadre sont tenus de s’y soumettre, à défaut de quoi, il leur sera demandé de LES DROITS HUMAINS AU FIL DU TEMPS

SÉNATORIALES 2025 UNE ÉLECTION POUR UNE REPRÉSENTATIVITÉ TERRITORIALE RENFORCÉE

SÉNATORIALES 2025   UNE ÉLECTION POUR UNE REPRÉSENTATIVITÉ TERRITORIALE RENFORCÉE Le calendrier électoral gabonais franchit une nouvelle étape avec le coup d’envoi le 8 novembre 2025 du premier tour des élections sénatoriales auquel succèdera le 29 novembre le second tour du scrutin. L’enjeu est de renouveler intégralement le Sénat pour une décentralisation et une représentativité territoriale accrues. Le processus en cours s’inscrit dans le cadre de la refondation institutionnelle voulue par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. Conformément au nouveau découpage électoral, 70 sièges sont à pourvoir au Sénat. Plusieurs partis sont en lice, notamment : l’Union démocratique des Bâtisseurs (UDB) arrivée en tête des récentes élections législatives et locales, le Parti démocratique gabonais (PDG), l’Union nationale (UN), le Rassemblement pour la patrie et la modernité (RPM), des formations indépendantes et des coalitions locales. Dès le 15 décembre, l’élection des sénateurs sera suivie de leur installation au Parlement aux côtés des 145 députés qui les auront précédés le 4 novembre dans l’hémicycle suite aux élections législatives tenues les 27 septembre et 11 octobre. Les tâches qui relèvent de leurs responsabilités les engagent à répondre au mieux aux attentes de la population y compris la bonne gouvernance et l’application effective des lois. De la responsabilité du parlement À travers ses 145 députés et 70 sénateurs qui sont élus respectivement par le peuple au suffrage universel direct, et par les élus locaux au suffrage universel indirect, le Parlement représente le pouvoir législatif. À ce titre, il adopte des lois après examen des projets de loi proposés par le Gouvernement et des propositions de loi initiées par les parlementaires dans divers domaines tels que l’éducation, la santé, l’emploi, le logement. Le vote de la loi de finances, le contrôle et l’évaluation de l’action du gouvernement et des politiques qu’il met en œuvre, la représentation des citoyens pour faire valoir leurs points de vue et préoccupations relèvent également de la responsabilité du Parlement. En bref, cette institution a le devoir d’œuvrer pour le bien commun de la nation. En cas de désaccord entre ses deux chambres sur le vote d’un texte par exemple, l’Assemblée nationale peut être appelée à se prononcer seule en dernier ressort. Aux côtés du rôle du Parlement, les collectivités territoriales comme les conseils municipaux et départementaux sont chargées de l’application effective des lois à l’échelle locale. Élection et responsabilités du conseil départemental La loi dispose : « Le président et les vice-présidents du conseil départemental sont élus par les conseillers départementaux à la première session du conseil, en son sein, à bulletin secret et à la majorité absolue au premier tour et à la majorité relative au second tour. » «Les conseillers départementaux sont élus pour un mandat de 5 ans par les citoyens gabonais en âge de voter. Ils représentent l’ensemble du département et ont pour mission de planifier le développement local à leur échelle, en coordination avec les autres niveaux de collectivités territoriales. En aucun cas leur action ne se superpose à celle des conseillers municipaux : chacun agit dans le cadre de ses compétences, telles que définies par la loi sur la décentralisation. Le conseil départemental a également pour mission de voter le budget, d’adopte le plan d’investissement du département et de décider de l’implantation des équipements collectifs (sociaux, culturels, sportifs…) destinés aux habitants. Election et responsabilités des maires et des conseillers municipaux Élus pour un mandat de 5 ans, les maires et les conseillers municipaux gèrent les affaires de la commune. Les maires sont chargés de l’exécution des décisions du conseil, de la gestion administrative de la collectivité et de la représentation de la commune. Les maires sont élus par le conseil municipal, tandis que ce dernier est responsable devant les citoyens qui l’élisent dans le cadre des élections municipales. À titre de rappel, le système électoral national a connu des changements majeurs depuis le coup d’État militaire du 30 août 2023 avec, entre autres, la mise en place d’un nouveau code électoral pour les élections présidentielle, législative et locale de 2025 en vue de clore la période de transition. Celle-ci arrive à son terme le 31 décembre de l’année en cours. Tama Z’Akis

PHÈDRE BILOGHÉ NGOUA

Jeune, passionné et créative, elle croit en son rêve, à sa destinée en tant qu’artiste. Depuis sa tendre enfance, Phèdre Biloghé Ngoua crée des personnages et joue la comédie. Après des études d’art dramatique en Afrique du Sud, elle se lance dans la comédie et la mise en scène, et crée la structure artistique Le Théâtre et l’Esprit. Assoiffée de créativité, Phèdre s’emploie à transmettre son savoir aux comédiens afin de les rendre plus crédibles dans leur jeu et de promouvoir leur compréhension dans ce domaine.  Tout un art, une discipline, un savoir-faire nés de l’esprit de cette jeune compatriote de 29 ans.

À L’AUNE DES ÉLECTIONS GÉNÉRALES

Le 29 octobre 2022, le Consortium de la société civile pour la transparence électorale et la démocratie au Gabon (Coted-Gabon) a présenté aux médias sa proposition de réforme du Code électoral gabonais pour éviter de nouvelles violences électorales. La plateforme politique « Gabon d’abord » a initié le 3 janvier 2023 des ateliers de formation des points focaux d’Owendo, de Libreville et d’Akanda, en vue de les préparer à faire face aux vicissitudes du processus électoral dans les domaines des inscriptions sur les listes électorales, des réclamations et de la sécurisation des votes. Du 8 au 11 février 2023, la Cour constitutionnelle a organisé une campagne d’information des acteurs politiques et des populations dans la perspective des élections à venir qu’elle souhaite pacifiques et transparentes. Du 13 au 23 février 2023, à l’invitation du chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba, la concertation réunissant la majorité présidentielle et des partis d’opposition s’est conclue sur le retour des élections à un tour et l’harmonisation de tous les mandats électifs à cinq ans. Les 27 et 28 avril 2023, le Centre de recherche et d’études constitutionnelles, administratives, parlementaires, politiques et internationales (CRECAPPI) de l’Université Omar Bongo (UOB) a organisé, en partenariat avec l’Ecole supérieure privée de Management EM Gabon, les Journées d’étude sur la thématique « Droit et pratiques électoraux à l’aune des élections générales au Gabon. » Du 6 au 8 juillet 2023, s’est tenu au Musée des arts, rites et tradition du Gabon, le SAMEAU, le Salon des métiers de l’audiovisuel et du numérique sous le thème « Déontologie et éthique des médias numériques en période électorale au Gabon ». À l’initiative de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), une conférence-débat sur la thématique « Vivre ensemble à l’aune des périodes préélectorale, électorale et postélectorale », s’est tenue le 4 août 2023 au ministère de l’Economie à Libreville.