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GARDE DES ENFANTS

QUI EN A LA RESPONSABILITÉ ?

Une séparation ne met pas seulement fin à un couple, elle bouleverse l’équilibre des enfants. Qui obtient la garde ? Un parent peut-il empêcher l’autre de voir son enfant ? Qui décide de l’école ou des soins ? Le droit gabonais fixe des règles précises destinées à protéger avant tout l’intérêt supérieur du mineur.

L’enfant n’est pas une arme dans le conflit

Après une rupture, certains parents transforment malheureusement l’enfant en moyen de pression : refus de visite, manipulation affective ou décisions unilatérales. Pourtant, l’article 4 du Code de l’Enfant en République Gabonaise est sans ambiguïté : l’intérêt supérieur de l’enfant doit être la considération primordiale dans toute décision le concernant. Les tensions entre adultes ne doivent jamais passer avant le bien-être de l’enfant. Manipuler un mineur pour l’éloigner de son autre parent peut d’ailleurs conduire le juge à modifier les modalités de la garde.

La séparation ne supprime pas les responsabilités parentales

Le parent qui n’a pas la garde physique ne perd pas ses droits. Selon l’article 494 du Code civil gabonais, les père et mère restent tenus d’entretenir et d’élever leurs enfants jusqu’à leur majorité. De plus, la réforme du Code civil consacre le principe de la coparentalité. Sauf motif grave validé par la justice, l’autorité parentale reste conjointe. Les deux parents doivent donc décider ensemble de l’éducation et le choix de l’établissement scolaire, la santé (traitements lourds, interventions chirurgicales), la sécurité et les grands choix de vie du mineur.

Comment la garde est-elle organisée ?

Trois modèles principaux existent en droit gabonais :

  • La résidence principale : l’enfant vit principalement chez l’un des parents, tandis que l’autre bénéficie d’un droit de visite et d’hébergement.
  • La garde alternée : l’enfant partage son temps entre les deux foyers. Elle reste peu fréquente en pratique car elle nécessite une bonne organisation entre les parents.
  • La garde exclusive : elle est attribuée à un seul parent lorsque l’autre représente un danger ou une instabilité importante pour l’enfant.

Pour trancher, le juge tient compte notamment de l’âge de l’enfant, de sa stabilité, de ses conditions de vie et, lorsque cela est possible, de son avis.

Le rôle du juge et le maintien du lien

En cas de désaccord, le juge aux affaires familiales intervient pour fixer la résidence de l’enfant, organiser les droits de visite, déterminer la pension alimentaire ou ordonner une enquête sociale. L’article 29 du Code de l’Enfant ainsi que l’article 9 de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant protègent le droit du mineur à maintenir des relations avec ses parents. Empêcher volontairement et sans motif grave tout contact avec l’un d’eux peut porter atteinte aux droits fondamentaux de l’enfant.

La pension alimentaire

La pension alimentaire n’est ni une faveur ni une sanction. Elle constitue la contribution obligatoire aux besoins quotidiens de l’enfant : alimentation, logement, santé, habillement et scolarité. Son montant est fixé en fonction des ressources du parent concerné et des besoins réels de l’enfant. Les désaccords entre parents ne dispensent jamais de cette obligation.

Une séparation met fin à la vie de couple, mais jamais aux responsabilités parentales. Derrière chaque décision relative à la garde se trouve un enfant qui a besoin de stabilité, de protection et d’affection. La loi gabonaise le rappelle avec force : lorsqu’une famille traverse une rupture, l’intérêt de l’enfant doit toujours rester la priorité.

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