Fondatrice et Directrice de Publication

Flavienne Louise Issembè

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Flavienne Louise Issembè

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Florène Okome Pambo

PROTECTION DE L’ENFANT

La protection de l’enfant occupe une place centrale dans le droit de la famille. À mesure que les structures familiales évoluent et que les risques auxquels sont exposés les mineurs se multiplient, les systèmes juridiques sont appelés à renforcer les mécanismes destinés à garantir leur sécurité, leur éducation et leur développement. Le rôle du juge, des services sociaux et des parents devient alors essentiel pour assurer le respect de l’intérêt supérieur de l’enfant, principe fondamental consacré par les instruments internationaux et repris dans de nombreuses législations nationales. Au Gabon, la protection de l’enfant repose sur un ensemble de textes juridiques qui encadrent l’autorité parentale, la filiation, la tutelle, l’adoption ainsi que les mesures d’assistance éducative. Ces dispositions visent à assurer à chaque enfant un environnement familial stable et protecteur, tout en prévoyant l’intervention des autorités lorsque sa sécurité ou son développement sont compromis. Les mutations sociales ont cependant fait émerger de nouveaux défis. L’augmentation des séparations, les conflits liés à la garde des enfants, les violences intrafamiliales, les mariages précoces, les abandons et l’exploitation économique des mineurs sollicitent davantage les juridictions familiales. Dans ce contexte, les magistrats sont amenés à rendre des décisions qui ne se limitent plus à l’application stricte de la loi, mais qui tiennent également compte de la réalité sociale et psychologique des familles. L’intérêt supérieur de l’enfant demeure le critère déterminant dans toute décision judiciaire le concernant. Qu’il s’agisse de fixer la résidence d’un enfant après une séparation, d’organiser un droit de visite ou de prononcer une mesure de protection, le juge doit rechercher la solution la plus favorable à son équilibre physique, moral et affectif. Cette approche privilégie le bien-être du mineur au détriment des intérêts personnels des adultes. La lutte contre les violences faites aux enfants constitue également une priorité. Les autorités judiciaires sont de plus en plus sensibilisées à la nécessité de traiter rapidement les situations de maltraitance, d’abus sexuels, de négligence ou d’exploitation. La collaboration entre les magistrats, les officiers de police judiciaire, les professionnels de santé et les travailleurs sociaux permet d’assurer une meilleure prise en charge des victimes et d’éviter leur re-victimisation au cours des procédures. Les nouvelles technologies représentent un autre défi pour le droit de la famille. Les enfants sont aujourd’hui davantage exposés aux risques liés à Internet, notamment le cyberharcèlement, l’exploitation sexuelle en ligne, l’usurpation d’identité et la diffusion non consentie d’images. Ces infractions imposent une adaptation constante des pratiques judiciaires afin d’assurer une protection efficace des mineurs dans l’environnement numérique. La médiation familiale connaît également un développement important. Avant que les conflits ne dégénèrent en longues procédures judiciaires, elle offre aux parents un espace de dialogue leur permettant de trouver des solutions équilibrées concernant la résidence des enfants, leur éducation ou la contribution à leur entretien. Lorsqu’elle est possible, cette démarche favorise l’apaisement des relations familiales tout en limitant les conséquences psychologiques des conflits sur les enfants. Le renforcement de la formation des magistrats et des professionnels intervenant dans le domaine familial demeure indispensable pour répondre à ces nouveaux enjeux. Une meilleure connaissance des droits de l’enfant, des évolutions sociales et des mécanismes de protection permet d’améliorer la qualité des décisions rendues et de garantir une justice familiale plus humaine, plus efficace et davantage tournée vers la préservation de la dignité et des droits de chaque enfant

L’ADOPTION – QUAND LA LOI CRÉE

Geste d’amour absolu ou fiction juridique, l’adoption réinvente les contours de la famille au Gabon. Loin d’être une simple formalité coutumière ou un accueil de complaisance, elle brise le monopole des liens du sang pour fonder une parenté par la seule force du droit. Qu’elle soit simple ou plénière, cette démarche est un parcours d’obstacles rigoureux encadré par le Code civil. Décryptage des règles et des obligations d’une procédure où seule la protection de l’enfant sert de boussole. L’adoption est un acte juridique et humain d’une immense portée. Au Gabon, elle ne se résume pas à accueillir un mineur sous son toit ; elle redéfinit l’état civil et crée un lien de filiation légal là où la biologie n’a pas dicté sa loi. Face aux dérives potentielles et pour garantir un cadre sécurisé aux enfants privés de famille, le législateur gabonais a sanctuarisé cette pratique en la soumettant à un contrôle institutionnel permanent. Entrer dans le processus d’adoption, c’est accepter de soumettre son intimité, son foyer et ses motivations au regard de la justice républicaine. Qu’est-ce que l’adoption ? En droit civil gabonais, l’adoption est une institution solennelle qui établit un rapport de parenté parfaitement égal à celui de la filiation biologique. Le Code civil opère une distinction fondamentale entre deux mécanismes distincts, adaptés aux besoins spécifiques de chaque situation familiale. D’une part, l’adoption plénière se présente comme une rupture radicale et irrévocable. Elle annule définitivement tout lien de filiation préexistant entre l’enfant et sa famille biologique d’origine. L’acte de naissance initial est annulé au profit d’un nouvel acte qui inscrit l’enfant dans sa famille adoptive au même titre qu’un enfant légitime, interdisant tout retour en arrière. D’autre part, l’adoption simple offre une approche plus souple. Elle laisse subsister les liens juridiques et successoraux d’origine avec la famille par le sang, tout en superposant une nouvelle filiation envers la famille adoptive. L’enfant conserve ses droits de naissance tout en acquérant de nouveaux droits au sein de son foyer d’accueil. Qui peut adopter et qui peut être adopté ? L’adoption n’est pas un passe-droit ou un remède à la solitude ; c’est une lourde responsabilité parentale que la loi réserve à des profils strictement définis. Le droit gabonais ouvre cette possibilité aux couples mariés et non séparés de corps, sous réserve qu’ils justifient d’une stabilité familiale certaine, mais également aux célibataires, hommes ou femmes, ayant atteint la pleine maturité sociale. Quel que soit le statut civil du demandeur, un écart d’âge biologique minimal est imposé vis-à-vis de l’enfant afin de reproduire le décalage naturel des générations. Du côté de l’adopté, la loi pose également des conditions strictes. Peuvent être adoptés les mineurs pour lesquels les parents biologiques ou le conseil de famille ont valablement consenti à l’adoption, les enfants judiciairement déclarés abandonnés ainsi que les orphelins dépourvus de protection familiale stable. Lorsque l’enfant a plus de quinze ans, son consentement personnel est obligatoire. La justice refuse qu’une nouvelle filiation lui soit imposée sans son accord. La procédure devant les autorités compétentes L’adoption au Gabon ne peut résulter ni d’un simple accord familial ni d’une pratique coutumière. Elle nécessite obligatoirement une procédure judiciaire devant le Tribunal de Première Instance compétent. La procédure débute par une requête des candidats à l’adoption. Le Procureur de la République ordonne ensuite une enquête sociale approfondie destinée à évaluer la moralité, les conditions de vie, la stabilité affective et les capacités éducatives des postulants. Après instruction du dossier, le tribunal statue en chambre du conseil afin de préserver la confidentialité des familles concernées. Si l’adoption est prononcée, la décision est transcrite sur les registres de l’état civil et produit tous ses effets juridiques. Effets juridiques, droits et obligations Le jugement d’adoption transforme profondément la situation juridique de l’enfant. L’autorité parentale est transférée aux adoptants, qui assument désormais l’ensemble des responsabilités parentales. En matière de nom de famille, l’adoption plénière entraîne généralement la substitution du nom des adoptants à celui d’origine. L’adoption simple peut permettre une adjonction ou une combinaison des patronymes. L’enfant adopté bénéficie des mêmes droits successoraux que les enfants biologiques. Il participe pleinement à la succession de ses parents adoptifs et bénéficie de la même protection légale. Les adoptants sont quant à eux tenus d’assurer l’entretien, l’éducation, la santé et le développement de l’enfant. Cette obligation est permanente et s’inscrit dans le cadre général des devoirs parentaux. Les garanties légales pour protéger l’enfant Afin de prévenir les trafics d’enfants, les adoptions fictives ou toute forme d’exploitation, la législation gabonaise place l’intérêt supérieur de l’enfant au cœur de la procédure. Le contrôle du ministère public, l’enquête sociale obligatoire et l’intervention du juge constituent autant de garanties destinées à s’assurer que l’adoption répond réellement aux besoins de l’enfant et lui offre un environnement stable, protecteur et favorable à son épanouissement. L’adoption est l’une des institutions les plus fortes du droit de la famille. Elle démontre que la famille ne repose pas uniquement sur les liens du sang, mais également sur l’engagement, la responsabilité et la volonté de construire un avenir commun. En encadrant rigoureusement cette procédure, le droit gabonais cherche avant tout à garantir à chaque enfant le droit fondamental de grandir dans un cadre familial protecteur. LES CONDITIONS ESSENTIELLES POUR ADOPTER AU GABON Maturité de l’adoptant célibataire L’article 452 du Code civil gabonais dispose que : « L’adoption plénière ne peut être demandée que par une personne âgée de plus de 35 ans. » Stabilité des couples mariés L’article 453 du Code civil gabonais dispose que: « L’adoption plénière peut être aussi demandée conjointement, après cinq ans de mariage, par deux époux non séparés de corps, dont l’un au moins est âgé de 30 ans. » Écart d’âge minimal L’article 454 du Code civil gabonais dispose que : « Les adoptants doivent avoir 15 ans de plus que les enfants qu’ils se proposent d’adopter. » Consentement ou constat d’abandon Les articles 458 à 461 du Code civil gabonais prévoient que l’adoption est subordonnée au consentement des personnes légalement habilitées ou peut concerner certains enfants abandonnés, L’ADOPTION – QUAND LA LOI CRÉE

GARDE DES ENFANTS

Une séparation ne met pas seulement fin à un couple, elle bouleverse l’équilibre des enfants. Qui obtient la garde ? Un parent peut-il empêcher l’autre de voir son enfant ? Qui décide de l’école ou des soins ? Le droit gabonais fixe des règles précises destinées à protéger avant tout l’intérêt supérieur du mineur. L’enfant n’est pas une arme dans le conflit Après une rupture, certains parents transforment malheureusement l’enfant en moyen de pression : refus de visite, manipulation affective ou décisions unilatérales. Pourtant, l’article 4 du Code de l’Enfant en République Gabonaise est sans ambiguïté : l’intérêt supérieur de l’enfant doit être la considération primordiale dans toute décision le concernant. Les tensions entre adultes ne doivent jamais passer avant le bien-être de l’enfant. Manipuler un mineur pour l’éloigner de son autre parent peut d’ailleurs conduire le juge à modifier les modalités de la garde. La séparation ne supprime pas les responsabilités parentales Le parent qui n’a pas la garde physique ne perd pas ses droits. Selon l’article 494 du Code civil gabonais, les père et mère restent tenus d’entretenir et d’élever leurs enfants jusqu’à leur majorité. De plus, la réforme du Code civil consacre le principe de la coparentalité. Sauf motif grave validé par la justice, l’autorité parentale reste conjointe. Les deux parents doivent donc décider ensemble de l’éducation et le choix de l’établissement scolaire, la santé (traitements lourds, interventions chirurgicales), la sécurité et les grands choix de vie du mineur. Comment la garde est-elle organisée ? Trois modèles principaux existent en droit gabonais : Pour trancher, le juge tient compte notamment de l’âge de l’enfant, de sa stabilité, de ses conditions de vie et, lorsque cela est possible, de son avis. Le rôle du juge et le maintien du lien En cas de désaccord, le juge aux affaires familiales intervient pour fixer la résidence de l’enfant, organiser les droits de visite, déterminer la pension alimentaire ou ordonner une enquête sociale. L’article 29 du Code de l’Enfant ainsi que l’article 9 de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant protègent le droit du mineur à maintenir des relations avec ses parents. Empêcher volontairement et sans motif grave tout contact avec l’un d’eux peut porter atteinte aux droits fondamentaux de l’enfant. La pension alimentaire La pension alimentaire n’est ni une faveur ni une sanction. Elle constitue la contribution obligatoire aux besoins quotidiens de l’enfant : alimentation, logement, santé, habillement et scolarité. Son montant est fixé en fonction des ressources du parent concerné et des besoins réels de l’enfant. Les désaccords entre parents ne dispensent jamais de cette obligation. Une séparation met fin à la vie de couple, mais jamais aux responsabilités parentales. Derrière chaque décision relative à la garde se trouve un enfant qui a besoin de stabilité, de protection et d’affection. La loi gabonaise le rappelle avec force : lorsqu’une famille traverse une rupture, l’intérêt de l’enfant doit toujours rester la priorité.

MARIAGE. DIVORCES. CONSÉQUENCES

Le mariage est traditionnellement présenté dans notre société comme l’aboutissement naturel d’un projet de vie commun et le socle de la cellule familiale. Pourtant, les réalités quotidiennes font que certaines unions se fragilisent au point où la rupture devient la seule issue envisageable. Lorsque la mésentente s’installe, que le dialogue est définitivement rompu et que la vie commune n’est plus possible, le divorce apparaît alors comme la solution juridique ultime permettant de mettre fin aux obligations du mariage. ​Cependant, dans la pratique, le divorce ne se limite jamais à une simple formalité administrative ou à la signature d’un acte. Il s’agit d’un processus lourd qui entraîne des conséquences durables et profondes. Ces effets touchent de plein fouet les ex-époux, impactent directement l’avenir des enfants, bouleversent le patrimoine familial et ébranlent parfois même l’entourage proche. D’où la nécessité absolue d’en comprendre les mécanismes et les effets juridiques pour mieux les anticiper et les gérer. Le divorce : une rupture reconnue par la loi Le divorce est l’acte juridique qui met fin au mariage du vivant des époux. Contrairement à la séparation de fait, il produit des effets juridiques immédiats. Selon l’article 264 nouveau du Code civil gabonais, le mariage se dissout par le décès, l’absence déclarée de l’un des conjoints, l’annulation ou le divorce prononcé par décision de justice. Une fois le jugement rendu, le lien matrimonial disparaît définitivement. Les conséquences pour les époux Le divorce entraîne des conséquences personnelles et sociales importantes : Sur le plan juridique, l’article 12 du Code civil encadre l’usage du nom : la femme divorcée perd en principe le droit de porter le nom de son mari, sauf autorisation de celui-ci ou du juge en cas d’intérêt légitime. Les conséquences sur les enfants Les enfants sont les premiers touchés par la séparation. Ils peuvent ressentir de l’anxiété, un sentiment d’abandon ou des difficultés scolaires et comportementales. Pour cette raison, la loi gabonaise place l’intérêt supérieur de l’enfant au centre de toutes les décisions relatives à la garde, au droit de visite et à son éducation, afin de préserver son équilibre malgré la rupture parentale. Les impacts économiques et financiers Réorganisation du budget Partage des biens Le divorce entraîne la liquidation du régime matrimonial. Selon l’article 335 nouveau du Code civil, les biens communs sont partagés selon le régime matrimonial choisi. Cette étape peut nécessiter l’intervention d’un tribunal ou d’un notaire, notamment en présence de biens immobiliers ou d’activités communes. Les obligations après le divorce Le divorce met fin aux obligations conjugales, mais pas aux responsabilités parentales. Ainsi : Les répercussions sociales Dans certaines familles, le divorce reste encore mal perçu et peut entraîner des jugements ou pressions sociales. Toutefois, l’évolution des lois et des mentalités tend à renforcer la reconnaissance de cette réalité. Le divorce met fin au mariage, mais pas aux responsabilités parentales. Il doit être géré avec maturité afin de préserver l’équilibre des enfants et les droits de chacun. LE DIVORCE EN DROIT GABONAIS Selon l’article 266 du Code civil (modifié par la loi n°004/2021 du 15 septembre 2021), le droit gabonais distingue deux formes de divorce : Le divorce par consentement mutuel Le divorce pour faute Dans ce cas de figure, le divorce est demandé par un seul conjoint pour des motifs graves énumérés par la loi : Selon l’article 267 du Code civil, une demande de divorce pour faute peut être systématiquement rejetée par le tribunal en cas de réconciliation constatée ou de pardon formel établi entre les époux depuis la découverte des faits reprochés.

Conseils pratiques

Devenir parent est l’une des plus grandes responsabilités d’une vie. Au-delà de l’affection, la parentalité est un statut juridique lourd de devoirs. C’est dans ce cadre que s’exerce l’autorité parentale : un ensemble de droits et de devoirs reconnus aux père et mère pour assurer la protection, l’éducation, la santé et la sécurité de leur enfant mineur. Contrairement aux idées reçues, l’autorité parentale n’est pas un pouvoir absolu exercé au profit des adultes, mais une mission de protection qui doit toujours être guidée par l’intérêt supérieur de l’enfant. Depuis les récentes réformes du Code civil gabonais, le père et la mère exercent cette autorité sur un pied d’égalité parfaite. La séparation ou le divorce met fin à la vie de couple, mais ne met jamais fin à leurs devoirs communs envers leurs enfants. L’exercice de l’autorité face aux dérives urbaines Au quotidien, exercer son autorité exige une vigilance de tous les instants, particulièrement face aux réalités et aux dérives constatées dans nos villes. Fixer des règles et des horaires de rentrée On constate trop souvent des mineurs qui traînent dehors à des heures tardives dans nos quartiers. Fixer des heures de retour strictes et adaptées à l’âge est une responsabilité parentale essentielle pour garantir la sécurité et l’équilibre des enfants. Suivre rigoureusement les fréquentations Les parents ont le devoir de connaître le cercle d’amis de leur enfant afin de le protéger des mauvaises influences et de prévenir les comportements à risque tels que la délinquance, la consommation de drogues ou l’échec scolaire. Encadrer l’utilisation des réseaux sociaux et du numérique L’autorité parentale implique également une vigilance face aux dangers du numérique : cyberharcèlement, escroqueries, contenus violents ou inadaptés. Les parents doivent accompagner leurs enfants dans l’usage responsable des outils numériques et fixer des limites adaptées à leur âge. Protéger l’enfant des conflits familiaux L’enfant ne doit jamais servir de messager, de confident ou de moyen de pression entre deux parents séparés. Chaque parent doit respecter la place de l’autre afin de préserver l’équilibre psychologique du mineur. En cas de désaccord persistant sur une décision importante concernant l’enfant touchant, par exemple, au choix de l’établissement scolaire, à l’orientation éducative ou à une intervention médicale, les parents doivent privilégier le dialogue. À défaut, le juge compétent peut être saisi afin de trancher dans le seul intérêt de l’enfant. L’autorité parentale ne se résume ni à l’autorité ni à la discipline. Elle est avant tout une responsabilité permanente qui impose aux parents de protéger, guider et préparer leurs enfants à devenir des adultes responsables. La loi gabonaise rappelle que chaque décision prise par un parent doit avoir pour finalité première le bien-être, la sécurité et l’épanouissement de l’enfant LES 3 TEXTES CLÉS DE L’AUTORITÉ PARENTALE AU GABON Pour asseoir votre autorité et protéger vos enfants, la législation gabonaise s’appuie sur trois piliers juridiques fondamentaux : L’obligation d’entretien et d’éducation prolongée Article 494 du Code civil gabonais : « Les père et mère, légitimes ou naturels, sont tenus d’entretenir et élever leurs enfants jusqu’à leur majorité ou leur émancipation par mariage. » Cet article impose aux deux parents de subvenir aux besoins de l’enfant (nourriture, soins, éducation) jusqu’à sa majorité. Cette obligation peut se prolonger si l’enfant reste en situation de dépendance. L’égalité parfaite entre le père et la mère Article 495 du Code civil gabonais :« L’autorité parentale est exercée conjointement par le père et la mère. » La loi consacre l’exercice conjoint de l’autorité parentale. Le père et la mère ont les mêmes droits et devoirs dans les décisions importantes concernant l’enfant (éducation, santé, protection) La primauté absolue de l’intérêt supérieur de l’enfant Article 4 de la loi n°39/2010 : « L’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale dans toutes les décisions le concernant. » Toute décision relative à l’enfant doit prioritairement garantir sa sécurité, sa santé et son bien-être, même face à l’autorité des parents.

FRACTURE NUMÉRIQUE

Selon la Banque mondiale, le Gabon se distingue comme le pays le plus connecté d’Afrique subsaharienne avec un taux de pénétration internet dépassant 70% et des investissements massifs dans la fibre optique qui ont fait baisser les coûts de connexion. Ce Top 10 africain des technologies de l’information et de la communication (TIC) reflète un développement avancé, particulièrement à Libreville et Port-Gentil où la bande passante est fluide et abordable.  Mais, ce leadership masque une fracture numérique criante. L’accès à internet, aisé en ville, limité ou inexistant à l’intérieur, se mue en handicap majeur. Entre éducation en ligne inaccessible, télémédecine compromise et opportunités économiques hors d’atteinte, les disparités sociales et territoriales qui gangrènent la société gabonaise s’accentuent, creusant davantage l’écart entre les villes, où les enfants peuvent accéder aux métiers du futur, et les villages, où les enfants décrochent, non par manque de capacité, mais par manque d’infrastructures et d’accès. Couplé à l’éducation et à la formation professionnelle, le numérique pourrait devenir un catalyseur de développement et d’équité territoriale, et un outil de justice sociale permettant aux habitants des provinces de participer pleinement au développement national à travers la vente de leurs produits agricoles et artisanaux en ligne, l’accès à des micro‑crédits et à des formations professionnelles à distance. À terme, l’information et les marchés numériques permettront aux petites entreprises locales de se développer, de créer des emplois et de réduire l’exode rural. Il y a donc urgence d’étendre durablement la couverture numérique dans tous les villages et de garantir une connexion stable, afin que chaque jeune ait accès au savoir et aux opportunités numériques. D’autres priorités incluent : Le numérique n’est plus un simple outil de divertissement ou d’échanges entre proches et avec le monde. Aujourd’hui, cet espace est devenu un outil de travail indispensable. Derrière chaque compte se cachent un entrepreneur, un vendeur, un créateur, une mère ou un père nourrissant sa famille au jour le jour, des apprenants qui suivent des cours en ligne, un journaliste qui fait de la recherche et informe le public. Suspendre, même temporairement, les réseaux sociaux, paralyse l’économie numérique. Moteur de croissance essentiel, ce domaine représente « l’ensemble des activités économiques, de production et de services s’appuyant sur les TIC et Internet. Priver le public, les élèves et les enseignants des réseaux sociaux revient donc à débrancher le moteur en plein vol ; à limiter l’accès aux outils pédagogiques, à l’information et la communication ; et à s’isoler du monde. Des revenus sont anéantis, en particulier ceux pour qui le numérique est un outil de survie vitale et une partie intégrante de la vie au quotidien. La restriction d’accès ne reste jamais abstraite. Elle se ressent immédiatement chez la petite vendeuse qui prend ses commandes sur WhatsApp ou dans la presse en ligne où la rapidité de la circulation des informations et l’accès du public à ses contenus sont extrêmement réduits. Entre sécurité publique et droit d’accès aux réseaux sociaux Jusqu’où l’État peut-il aller sans toucher aux droits des citoyens et comment peut-il protéger la société sans fragiliser ceux qui en dépendent pour vivre ? Si l’État a le devoir de protéger la population, il se doit également d’éviter que les mesures de protection ne créent d’autres formes d’exclusion, un équilibre mal géré pouvant rapidement se transformer en fracture sociale. Toute décision concernant les réseaux sociaux a un impact direct sur la vie réelle. La vraie question n’est peut-être pas de savoir s’il faut réguler ou non, mais comment réguler sans couper les gens de leurs moyens de vivre, d’apprendre et de communiquer. À l’instar de ce qui se fait dans tous les pays, l’État peut encadrer les communications numériques pour protéger la sécurité publique, mais ce pouvoir n’est pas sans limites. Les textes internationaux comme la Déclaration universelle des droits de l’Homme rappellent que toute restriction doit être justifiée, nécessaire et proportionnée. En d’autres termes, on ne peut pas limiter un droit sans raison forte et sans mesurer l’impact réel sur la population. Mais, sur le terrain, la règle juridique et la réalité vécue ne se rencontrent pas toujours facilement. Analyse juridique de la suspension des réseaux sociaux Selon le juge Okili, qui a bien voulu répondre aux questions du magazine « Vivre », cette mesure s’inscrit dans le cadre légal de protection de l’ordre public, mais elle doit respecter les principes de légalité, de nécessité et de proportionnalité.Le juge cite, entre autres, la restriction de la liberté d’expression et du droit à l’information qui limite la circulation des messages et des contenus. Et Me. Okili d’ajouter : « Le droit à l’éducation est indirectement impacté, car de nombreux étudiants utilisent les réseaux sociaux comme support pédagogique. De même, la liberté économique et le droit au travail sont touchés, particulièrement pour les jeunes micro-entrepreneurs et les professionnels du numérique, qui voient leurs activités paralysées. Du point de vue juridique, toute mesure de suspension doit être proportionnée et limitée dans le temps et l’étendue. Les autorités doivent démontrer qu’aucune alternative moins intrusive n’était possible. » De la légalité de l’action D’après le juge, la légalité de l’action peut être contestée devant la HAC ou la Cour constitutionnelle. Des recours internationaux restent envisageables, notamment devant la Cour africaine des droits de l’Homme et des Peuples. En outre, dit-il, « La suspension des réseaux sociaux au Gabon peut se justifier légalement par la protection de l’ordre public, mais ses effets sur les droits fondamentaux nécessitent une évaluation stricte. Une suspension prolongée et générale pourrait être considérée comme disproportionnée, affectant la liberté

L’IMPÔT DE L’OMBRE – QUAND LA CORRUPTION

Une réalité sombre ronge le quotidien des foyers gabonais. Si l’inflation mondiale est souvent pointée du doigt pour expliquer la cherté de la vie, on oublie trop souvent de mentionner un prédateur silencieux : la corruption administrative Pour de nombreuses familles, le droit n’est plus une garantie gratuite ; il est devenu une marchandise. Et ce troc forcé entre l’usager et l’agent public a un prix qui se paie directement au détriment du budget familial. La gratuité : une obligation juridique détournée En droit, les choses sont pourtant claires. La Constitution gabonaise, dans son article 1er, proclame que l’État est au service du citoyen et garantit l’égalité de tous devant la loi. De plus, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC), ratifié par notre pays, impose à l’État de garantir un niveau de vie suffisant. L’obtention d’un acte de naissance, le dépôt d’un dossier administratif ou l’accès à des services publics ne devraient jamais faire l’objet de négociations financières occultes. Pourtant, nous assistons à une dérive où la “gratuité” est devenue une fiction. La lenteur administrative finit parfois par devenir une monnaie d’échange : on bloque le droit pour monnayer son accès. Ce que le citoyen finit par payer sous forme de “frais de carburant”, de “petit café” ou de “motivation”, n’est rien d’autre qu’un impôt de l’ombre. Cette pratique contrevient directement à la Loi n°002/2003 instituant un dispositif de prévention et de répression de la corruption et de l’enrichissement illicite. C’est une taxe illégale prélevée sur la vulnérabilité des parents qui n’ont plus le temps d’attendre que la loi soit simplement appliquée. Le droit face au panier familial : le coût du sacrifice Pour comprendre l’ampleur du problème, il faut sortir des codes juridiques et entrer dans les réalités du quotidien. Derrière chaque “arrangement” administratif se cache une perte concrète pour les familles. Dans le secteur de la santé, obtenir un rendez-vous rapide ou un lit d’hôpital peut parfois coûter plusieurs milliers de francs CFA de “frais d’intervention”. Pour un foyer modeste, cette somme représente des jours de transport scolaire, des repas ou des fournitures essentielles. Ici, la corruption ne vole pas seulement de l’argent : elle réduit les capacités de survie et fragilise l’avenir des enfants. Qu’il s’agisse de l’état civil, du foncier ou d’autres démarches administratives, chaque somme indûment réclamée pour “faire avancer un dossier” représente un arbitrage douloureux pour les familles. Ce qui disparaît dans la poche d’un agent indélicat, c’est autant de ressources en moins pour l’alimentation, la santé ou l’éducation. Le constat est sans appel : chaque acte de corruption administrative devient un transfert direct de richesse de la cellule familiale vers l’arbitraire bureaucratique. Le sacrifice des priorités essentielles Le drame de cette corruption ordinaire est qu’elle ne frappe pas le superflu. Les familles ne réduisent pas des dépenses de luxe pour payer ces pratiques illégales ; elles sacrifient l’essentiel. La Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples consacre pourtant le droit à la dignité et à la santé. Mais ces principes s’effritent lorsque le budget médical, scolaire ou alimentaire est absorbé par des frais “extra-légaux”. La corruption crée ainsi un cercle vicieux de précarité. Elle appauvrit les foyers, puis les rend encore plus dépendants des circuits informels pour espérer accéder à leurs droits. Au-delà de l’argent, c’est aussi la dignité des citoyens qui est atteinte. Devoir quémander un droit légal en sortant discrètement un billet de sa poche est une humiliation que l’État de droit est censé empêcher, mais que certaines pratiques administratives finissent par banaliser. Rendre au droit sa valeur réelle Célébrer la Journée internationale des familles en ignorant cette réalité quotidienne serait une hypocrisie. Restaurer l’État de droit au Gabon, ce n’est pas seulement voter des lois, mais s’assurer que l’argent durement gagné par les citoyens serve réellement à nourrir, soigner et éduquer leurs enfants. La lutte contre la corruption administrative est aussi une mesure de protection sociale. Car protéger la famille, c’est d’abord protéger son budget contre l’arbitraire. Le “petit café” d’un agent public ne devrait jamais coûter le repas d’un enfant gabonais. Et lorsqu’un citoyen doit payer pour obtenir ce que la loi lui garantit déjà, ce n’est plus seulement l’administration qui dysfonctionne : c’est le contrat social lui-même qui commence à se fissurer.

« ENSEMBLE POUR LA SANTÉ »

Chaque année, le 7 avril, la communauté internationale célèbre la Journée mondiale de la Santé, une initiative portée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) depuis 1948. Cette journée vise à attirer l’attention sur les enjeux sanitaires majeurs et à rappeler que la santé constitue un droit fondamental. Le thème retenu cette année, « Ensemble pour la santé », souligne une idée simple mais essentielle : l’amélioration de la santé publique ne peut reposer uniquement sur les institutions sanitaires. Elle nécessite l’engagement conjoint des États, des professionnels de santé, des organisations internationales et des citoyens eux-mêmes. La santé, un droit fondamental Le droit à la santé est reconnu par plusieurs instruments juridiques internationaux. La Constitution de l’OMS affirme que « La jouissance du meilleur état de santé possible constitue un droit fondamental pour tout être humain. » De son côté, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (article 12) reconnaît « le droit de toute personne de jouir du meilleur état de santé physique et mentale possible. » Au Gabon, ce principe trouve également un fondement constitutionnel. La Constitution nationale, notamment en son article 1er, consacre la dignité de la personne humaine et l’égalité des citoyens. L’article 14 reconnaît le droit à la santé et à la protection sociale. Ces dispositions traduisent l’obligation pour l’État de mettre en place des politiques publiques permettant à tous les citoyens d’accéder aux soins. Des défis sanitaires qui persistent Malgré les avancées enregistrées dans plusieurs domaines, l’accès aux services de santé demeure un défi dans de nombreux pays, y compris en Afrique. Dans certaines zones rurales ou dans des localités situées à l’intérieur du Gabon, l’éloignement des infrastructures sanitaires, le manque de personnel médical ou encore le coût des soins peuvent limiter l’accès effectif aux services de santé. Ces difficultés touchent particulièrement les populations les plus vulnérables : enfants, personnes âgées, femmes enceintes ou personnes vivant dans la précarité. La prévention reste également un enjeu central. De nombreuses maladies pourraient être évitées grâce à une meilleure sensibilisation aux règles d’hygiène, à la vaccination ou à un accès plus large aux services de santé primaires. Une approche collective de la santé Le thème « Ensemble pour la santé » met en lumière la nécessité d’une approche collective. La santé publique ne dépend pas uniquement des hôpitaux ou des médecins. Elle repose aussi sur des facteurs sociaux, économiques et environnementaux. L’accès à l’eau potable, l’assainissement, l’éducation sanitaire, la nutrition ou encore la protection de l’environnement jouent un rôle déterminant dans la prévention des maladies. Les collectivités locales, les associations, les organisations communautaires et les citoyens ont donc un rôle à jouer dans la promotion de la santé. Des perspectives pour renforcer les systèmes de santé Pour améliorer durablement la santé des populations, plusieurs actions peuvent être envisagées à travers : Une priorité pour le développement La santé constitue un pilier essentiel du développement humain. Une population en bonne santé participe plus activement à la vie économique, sociale et éducative d’un pays. La Journée mondiale de la Santé rappelle ainsi que la santé n’est pas seulement une question médicale. Elle représente un enjeu social, économique et juridique majeur. En choisissant le thème « Ensemble pour la santé », la communauté internationale rappelle que la protection de la santé publique est une responsabilité partagée. C’est par l’action collective, la solidarité et l’engagement de tous que le droit à la santé pourra devenir une réalité pour chaque citoyen.

« ENSEMBLE POUR LA SANTÉ »

Chaque année, le 7 avril, la communauté internationale célèbre la Journée mondiale de la Santé, une initiative portée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) depuis 1948. Cette journée vise à attirer l’attention sur les enjeux sanitaires majeurs et à rappeler que la santé constitue un droit fondamental. Le thème retenu cette année, « Ensemble pour la santé », souligne une idée simple mais essentielle : l’amélioration de la santé publique ne peut reposer uniquement sur les institutions sanitaires. Elle nécessite l’engagement conjoint des États, des professionnels de santé, des organisations internationales et des citoyens eux-mêmes. La santé, un droit fondamental Le droit à la santé est reconnu par plusieurs instruments juridiques internationaux. La Constitution de l’OMS affirme que « La jouissance du meilleur état de santé possible constitue un droit fondamental pour tout être humain. » De son côté, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (article 12) reconnaît « le droit de toute personne de jouir du meilleur état de santé physique et mentale possible. » Au Gabon, ce principe trouve également un fondement constitutionnel. La Constitution nationale, notamment en son article 1er, consacre la dignité de la personne humaine et l’égalité des citoyens. L’article 14 reconnaît le droit à la santé et à la protection sociale. Ces dispositions traduisent l’obligation pour l’État de mettre en place des politiques publiques permettant à tous les citoyens d’accéder aux soins. Des défis sanitaires qui persistent Malgré les avancées enregistrées dans plusieurs domaines, l’accès aux services de santé demeure un défi dans de nombreux pays, y compris en Afrique. Dans certaines zones rurales ou dans des localités situées à l’intérieur du Gabon, l’éloignement des infrastructures sanitaires, le manque de personnel médical ou encore le coût des soins peuvent limiter l’accès effectif aux services de santé. Ces difficultés touchent particulièrement les populations les plus vulnérables : enfants, personnes âgées, femmes enceintes ou personnes vivant dans la précarité. La prévention reste également un enjeu central. De nombreuses maladies pourraient être évitées grâce à une meilleure sensibilisation aux règles d’hygiène, à la vaccination ou à un accès plus large aux services de santé primaires. Une approche collective de la santé Le thème « Ensemble pour la santé » met en lumière la nécessité d’une approche collective. La santé publique ne dépend pas uniquement des hôpitaux ou des médecins. Elle repose aussi sur des facteurs sociaux, économiques et environnementaux. L’accès à l’eau potable, l’assainissement, l’éducation sanitaire, la nutrition ou encore la protection de l’environnement jouent un rôle déterminant dans la prévention des maladies. Les collectivités locales, les associations, les organisations communautaires et les citoyens ont donc un rôle à jouer dans la promotion de la santé. Des perspectives pour renforcer les systèmes de santé Pour améliorer durablement la santé des populations, plusieurs actions peuvent être envisagées à travers : Ces efforts doivent s’inscrire dans une stratégie globale visant à garantir un accès équitable aux soins pour l’ensemble de la population. Une priorité pour le développement La santé constitue un pilier essentiel du développement humain. Une population en bonne santé participe plus activement à la vie économique, sociale et éducative d’un pays. La Journée mondiale de la Santé rappelle ainsi que la santé n’est pas seulement une question médicale. Elle représente un enjeu social, économique et juridique majeur. En choisissant le thème « Ensemble pour la santé », la communauté internationale rappelle que la protection de la santé publique est une responsabilité partagée. C’est par l’action collective, la solidarité et l’engagement de tous que le droit à la santé pourra devenir une réalité pour chaque citoyen.

EXPLOITATIONS FORESTIÈRES ET ENVIRONNEMENT

Dans les villages autour des forêts gabonaises, la vie est rythmée par la cueillette, la chasse, la médecine traditionnelle. Pourtant, ces communautés locales, gardiennes de l’équilibre écologique, sont souvent les premières victimes des exploitations forestières. Leur souffrance, bien que silencieuse, est profonde aux plans économique, psychologique et culturel. Quand la forêt disparait, les vies se fragmentent Pour les familles autochtones, la forêt n’est pas une ressource abstraite, mais un espace de survie et de sens. Quand les arbres tombent, c’est toute une partie de leur identité qui s’effrite. « Ma grand‑mère me disait que chaque arbre est un parent ». « Aujourd’hui, nous devons enterrer ces parents », confie un frère de la communauté peul. Le droit à l’information et à la consultation bafoué Le Code forestier gabonais prévoit que les populations locales soient consultées sur les projets les affectant. À l’international, la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (UNDRIP) garantit le droit à la consultation libre, préalable et éclairée (CLPE).  Dans les marchés de Port‑Gentil ou les quartiers de Franceville, parler de dette publique peut sembler abstrait. Mais dans les foyers, c’est une réalité concrète qui se traduit par des « choix impossibles » : nourrir la famille ou payer l’électricité ? Soigner un enfant ou envoyer l’autre à l’école ? Dans ce contexte, le silence des plus faibles résonne comme un échec collectif. Le droit à un niveau de vie décent ignoré La Constitution gabonaise (article 14) garantit le droit à un niveau de vie suffisant, et le PIDESC (article 11) impose l’accès à une alimentation adéquate et à des services essentiels. Pourtant, la montée des prix et la contraction budgétaire liée au remboursement de la dette publique pressurent les budgets des ménages. Les effets sur la santé mentale sont bien réels : anxiété, stress constant, sentiment d’insécurité permanente. La dette qui pèse, les citoyens qui souffrent Les décisions de politique économique prises au sommet souvent sans transparence ni consultation réelle se traduisent par une réduction des subventions, une augmentation des coûts des biens essentiels, et des coupes dans les services publics. Les populations économiquement faibles, sans protection sociale solide, se retrouvent à la marge. Silence des droits économiques Mais dans de nombreux cas, cette consultation n’est qu’une formalité : on informe les communautés, sans jamais les écouter vraiment. Le résultat ? Un sentiment d’injustice, de dépossession et une détresse morale profonde qui traverse les générations. Une disparition silencieuse des moyens de subsistance La déforestation modifie le paysage et impacte l’accès à l’eau, aux plantes médicinales et aux gibiers. Elle remet en cause la sécurité alimentaire et la santé. Pourtant, les compensations promises restent rarement à la hauteur de la perte subie. Cette fragmentation sociale n’est pas qu’économique. Elle est psychologique, voire culturelle. Les communautés locales ne demandent pas l’arrêt total de l’exploitation, mais un équilibre juste et respectueux de leurs droits humains, sociaux et environnementaux. Le silence imposé sur leur souffrance doit être rompu, non seulement pour leur dignité, mais pour l’avenir même de la gestion durable des ressources naturelles.