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Florène Okome Pambo

« ENSEMBLE POUR LA SANTÉ »

Chaque année, le 7 avril, la communauté internationale célèbre la Journée mondiale de la Santé, une initiative portée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) depuis 1948. Cette journée vise à attirer l’attention sur les enjeux sanitaires majeurs et à rappeler que la santé constitue un droit fondamental. Le thème retenu cette année, « Ensemble pour la santé », souligne une idée simple mais essentielle : l’amélioration de la santé publique ne peut reposer uniquement sur les institutions sanitaires. Elle nécessite l’engagement conjoint des États, des professionnels de santé, des organisations internationales et des citoyens eux-mêmes. La santé, un droit fondamental Le droit à la santé est reconnu par plusieurs instruments juridiques internationaux. La Constitution de l’OMS affirme que « La jouissance du meilleur état de santé possible constitue un droit fondamental pour tout être humain. » De son côté, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (article 12) reconnaît « le droit de toute personne de jouir du meilleur état de santé physique et mentale possible. » Au Gabon, ce principe trouve également un fondement constitutionnel. La Constitution nationale, notamment en son article 1er, consacre la dignité de la personne humaine et l’égalité des citoyens. L’article 14 reconnaît le droit à la santé et à la protection sociale. Ces dispositions traduisent l’obligation pour l’État de mettre en place des politiques publiques permettant à tous les citoyens d’accéder aux soins. Des défis sanitaires qui persistent Malgré les avancées enregistrées dans plusieurs domaines, l’accès aux services de santé demeure un défi dans de nombreux pays, y compris en Afrique. Dans certaines zones rurales ou dans des localités situées à l’intérieur du Gabon, l’éloignement des infrastructures sanitaires, le manque de personnel médical ou encore le coût des soins peuvent limiter l’accès effectif aux services de santé. Ces difficultés touchent particulièrement les populations les plus vulnérables : enfants, personnes âgées, femmes enceintes ou personnes vivant dans la précarité. La prévention reste également un enjeu central. De nombreuses maladies pourraient être évitées grâce à une meilleure sensibilisation aux règles d’hygiène, à la vaccination ou à un accès plus large aux services de santé primaires. Une approche collective de la santé Le thème « Ensemble pour la santé » met en lumière la nécessité d’une approche collective. La santé publique ne dépend pas uniquement des hôpitaux ou des médecins. Elle repose aussi sur des facteurs sociaux, économiques et environnementaux. L’accès à l’eau potable, l’assainissement, l’éducation sanitaire, la nutrition ou encore la protection de l’environnement jouent un rôle déterminant dans la prévention des maladies. Les collectivités locales, les associations, les organisations communautaires et les citoyens ont donc un rôle à jouer dans la promotion de la santé. Des perspectives pour renforcer les systèmes de santé Pour améliorer durablement la santé des populations, plusieurs actions peuvent être envisagées à travers : Une priorité pour le développement La santé constitue un pilier essentiel du développement humain. Une population en bonne santé participe plus activement à la vie économique, sociale et éducative d’un pays. La Journée mondiale de la Santé rappelle ainsi que la santé n’est pas seulement une question médicale. Elle représente un enjeu social, économique et juridique majeur. En choisissant le thème « Ensemble pour la santé », la communauté internationale rappelle que la protection de la santé publique est une responsabilité partagée. C’est par l’action collective, la solidarité et l’engagement de tous que le droit à la santé pourra devenir une réalité pour chaque citoyen.

« ENSEMBLE POUR LA SANTÉ »

Chaque année, le 7 avril, la communauté internationale célèbre la Journée mondiale de la Santé, une initiative portée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) depuis 1948. Cette journée vise à attirer l’attention sur les enjeux sanitaires majeurs et à rappeler que la santé constitue un droit fondamental. Le thème retenu cette année, « Ensemble pour la santé », souligne une idée simple mais essentielle : l’amélioration de la santé publique ne peut reposer uniquement sur les institutions sanitaires. Elle nécessite l’engagement conjoint des États, des professionnels de santé, des organisations internationales et des citoyens eux-mêmes. La santé, un droit fondamental Le droit à la santé est reconnu par plusieurs instruments juridiques internationaux. La Constitution de l’OMS affirme que « La jouissance du meilleur état de santé possible constitue un droit fondamental pour tout être humain. » De son côté, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (article 12) reconnaît « le droit de toute personne de jouir du meilleur état de santé physique et mentale possible. » Au Gabon, ce principe trouve également un fondement constitutionnel. La Constitution nationale, notamment en son article 1er, consacre la dignité de la personne humaine et l’égalité des citoyens. L’article 14 reconnaît le droit à la santé et à la protection sociale. Ces dispositions traduisent l’obligation pour l’État de mettre en place des politiques publiques permettant à tous les citoyens d’accéder aux soins. Des défis sanitaires qui persistent Malgré les avancées enregistrées dans plusieurs domaines, l’accès aux services de santé demeure un défi dans de nombreux pays, y compris en Afrique. Dans certaines zones rurales ou dans des localités situées à l’intérieur du Gabon, l’éloignement des infrastructures sanitaires, le manque de personnel médical ou encore le coût des soins peuvent limiter l’accès effectif aux services de santé. Ces difficultés touchent particulièrement les populations les plus vulnérables : enfants, personnes âgées, femmes enceintes ou personnes vivant dans la précarité. La prévention reste également un enjeu central. De nombreuses maladies pourraient être évitées grâce à une meilleure sensibilisation aux règles d’hygiène, à la vaccination ou à un accès plus large aux services de santé primaires. Une approche collective de la santé Le thème « Ensemble pour la santé » met en lumière la nécessité d’une approche collective. La santé publique ne dépend pas uniquement des hôpitaux ou des médecins. Elle repose aussi sur des facteurs sociaux, économiques et environnementaux. L’accès à l’eau potable, l’assainissement, l’éducation sanitaire, la nutrition ou encore la protection de l’environnement jouent un rôle déterminant dans la prévention des maladies. Les collectivités locales, les associations, les organisations communautaires et les citoyens ont donc un rôle à jouer dans la promotion de la santé. Des perspectives pour renforcer les systèmes de santé Pour améliorer durablement la santé des populations, plusieurs actions peuvent être envisagées à travers : Ces efforts doivent s’inscrire dans une stratégie globale visant à garantir un accès équitable aux soins pour l’ensemble de la population. Une priorité pour le développement La santé constitue un pilier essentiel du développement humain. Une population en bonne santé participe plus activement à la vie économique, sociale et éducative d’un pays. La Journée mondiale de la Santé rappelle ainsi que la santé n’est pas seulement une question médicale. Elle représente un enjeu social, économique et juridique majeur. En choisissant le thème « Ensemble pour la santé », la communauté internationale rappelle que la protection de la santé publique est une responsabilité partagée. C’est par l’action collective, la solidarité et l’engagement de tous que le droit à la santé pourra devenir une réalité pour chaque citoyen.

EXPLOITATIONS FORESTIÈRES ET ENVIRONNEMENT

Dans les villages autour des forêts gabonaises, la vie est rythmée par la cueillette, la chasse, la médecine traditionnelle. Pourtant, ces communautés locales, gardiennes de l’équilibre écologique, sont souvent les premières victimes des exploitations forestières. Leur souffrance, bien que silencieuse, est profonde aux plans économique, psychologique et culturel. Quand la forêt disparait, les vies se fragmentent Pour les familles autochtones, la forêt n’est pas une ressource abstraite, mais un espace de survie et de sens. Quand les arbres tombent, c’est toute une partie de leur identité qui s’effrite. « Ma grand‑mère me disait que chaque arbre est un parent ». « Aujourd’hui, nous devons enterrer ces parents », confie un frère de la communauté peul. Le droit à l’information et à la consultation bafoué Le Code forestier gabonais prévoit que les populations locales soient consultées sur les projets les affectant. À l’international, la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (UNDRIP) garantit le droit à la consultation libre, préalable et éclairée (CLPE).  Dans les marchés de Port‑Gentil ou les quartiers de Franceville, parler de dette publique peut sembler abstrait. Mais dans les foyers, c’est une réalité concrète qui se traduit par des « choix impossibles » : nourrir la famille ou payer l’électricité ? Soigner un enfant ou envoyer l’autre à l’école ? Dans ce contexte, le silence des plus faibles résonne comme un échec collectif. Le droit à un niveau de vie décent ignoré La Constitution gabonaise (article 14) garantit le droit à un niveau de vie suffisant, et le PIDESC (article 11) impose l’accès à une alimentation adéquate et à des services essentiels. Pourtant, la montée des prix et la contraction budgétaire liée au remboursement de la dette publique pressurent les budgets des ménages. Les effets sur la santé mentale sont bien réels : anxiété, stress constant, sentiment d’insécurité permanente. La dette qui pèse, les citoyens qui souffrent Les décisions de politique économique prises au sommet souvent sans transparence ni consultation réelle se traduisent par une réduction des subventions, une augmentation des coûts des biens essentiels, et des coupes dans les services publics. Les populations économiquement faibles, sans protection sociale solide, se retrouvent à la marge. Silence des droits économiques Mais dans de nombreux cas, cette consultation n’est qu’une formalité : on informe les communautés, sans jamais les écouter vraiment. Le résultat ? Un sentiment d’injustice, de dépossession et une détresse morale profonde qui traverse les générations. Une disparition silencieuse des moyens de subsistance La déforestation modifie le paysage et impacte l’accès à l’eau, aux plantes médicinales et aux gibiers. Elle remet en cause la sécurité alimentaire et la santé. Pourtant, les compensations promises restent rarement à la hauteur de la perte subie. Cette fragmentation sociale n’est pas qu’économique. Elle est psychologique, voire culturelle. Les communautés locales ne demandent pas l’arrêt total de l’exploitation, mais un équilibre juste et respectueux de leurs droits humains, sociaux et environnementaux. Le silence imposé sur leur souffrance doit être rompu, non seulement pour leur dignité, mais pour l’avenir même de la gestion durable des ressources naturelles.

ACCÈS À L’EAU POTABLE

Au Gabon, l’accès à l’eau potable et à l’assainissement reste profondément inégal. Selon les dernières statistiques, de nombreux villages n’ont pas de réseau fiable d’eau potable ni d’installations sanitaires adéquates. Cette situation entraîne une augmentation des maladies hydriques évitables, limite l’accès à l’éducation et freine le développement économique des provinces. Derrière les chiffres, il y a des vies et des droits bafoués. L’eau potable n’est pas un simple service  : elle est le socle de tous les autres droits. Sans eau propre, la santé se dégrade. Sans santé, l’éducation devient impossible. Sans éducation, les opportunités économiques se réduisent. Et sans emploi, la pauvreté s’installe et compromet la dignité individuelle et familiale. L’indignité silencieuse Au-delà des chiffres et des normes juridiques, l’absence d’eau potable met les familles face à un dilemme, celles-ci devant souvent choisir entre acheter de l’eau en bouteille ou subvenir à d’autres besoins essentiels comme la nourriture ou la scolarité. Cette réalité touche directement la dignité humaine et renforce les inégalités sociales. La responsabilité juridique de l’Etat Le Code civil impose à toute autorité de réparer le préjudice causé à autrui. L’absence de réseau d’eau potable et ses conséquences sur la santé, engage la responsabilité de l’État. Sur le plan international, la Charte africaine des droits de l’Homme et des Peuples consacre le droit à l’eau potable comme un droit implicite à la vie et à la dignité. La violation de ce droit peut théoriquement être porté devant ladite Cour. Au niveau national, la Constitution affirme la protection des droits fondamentaux et la conscience des enjeux environnementaux. Pourtant, sur le terrain, l’accès à l’eau reste inégal selon les provinces et les villages. Les conséquences sont visibles : maladies hydriques, absentéisme scolaire, réduction des opportunités économiques et renforcement de la précarité. Un enjeu stratégique et national Garantir l’accès à l’eau potable et à l’assainissement dans tous les villages du Gabon est un défi à la fois technique, politique et moral. Les infrastructures doivent être étendues et entretenues, les campagnes de sensibilisation sur l’hygiène doivent accompagner l’accès à l’eau, et le financement, public ou privé, doit viser la couverture universelle. Vers l’avenir : une vision prospective L’amélioration de l’accès à l’eau potable pourrait transformer profondément les villages gabonais. Moins de maladies, plus d’enfants à l’école, des familles libérées de la corvée quotidienne du transport de l’eau. L’eau deviendrait alors un levier de développement local et de justice sociale. Si l’État et les acteurs privés se mobilisent, les villages pourraient devenir des pôles de développement durable. Les habitants pourraient participer pleinement à la vie économique, sociale et politique du pays, donnant corps aux principes constitutionnels d’égalité et de protection des droits fondamentaux. L’accès à l’eau potable n’est pas un luxe : c’est un droit fondamental, et son accès universel constitue une priorité nationale incontournable pour la santé, l’éducation et le développement économique du Gabon.

DROITS DE LA VEUVE ET DE L’ORPHELIN

Au Gabon, la veuve et l’orphelin incarnent une vulnérabilité profondément ancrée dans la structure sociale. Leur sort révèle souvent l’écart entre les promesses juridiques des textes et la réalité vécue. À chaque décès d’un chef de ménage, c’est tout un système de protection sociale qui est mis à l’épreuve : droits successoraux, prise en charge des enfants, accès à la propriété, sécurité économique et psychosociale. Si le droit reconnaît la dignité et la protection de la personne humaine, sa mise en œuvre soulève d’importants défis. Cadre juridique national : des droits affirmés mais fragmentés La Constitution gabonaise (article 1er) garantit la dignité humaine comme valeur fondamentale. L’article 14 reconnaît à tout citoyen le droit à la santé et au bien‑être, sans discrimination. Sur cette base constitutionnelle, les veuves et les orphelins devraient jouir d’une protection accrue. Le Code civil gabonais, bien qu’héritier d’une tradition juridique inspirée du droit civil français, comporte des dispositions sur la responsabilité familiale, la succession et l’autorité parentale. Conformément au droit, les héritiers réservataires, notamment les enfants, doivent recevoir une part de la succession. La veuve ne peut être totalement exclue de l’héritage. La loi n°5/2019 relative à la protection sociale reconnait aussi la nécessité d’un filet social pour les personnes sans ressources. Succession et droit de propriété : une application variable L’application des dispositions susmentionnées varie fortement selon les régions et les milieux socioculturels. Dans certains contextes coutumiers, la veuve est écartée de la succession familiale au profit des héritiers masculins. Cette pratique est contraire aux normes constitutionnelles et aux engagements internationaux du Gabon, notamment la Charte africaine des droits de l’Homme et des Peuples (article 18) qui reconnaît la protection de la famille et recommande à l’État de légiférer dans ce sens. Le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC) impose aussi l’égalité des droits en matière de protection sociale. Cette dualité des normes entre droit étatique et pratiques coutumières laisse des veuves sans moyens de subsistance et des orphelins sans soutien stable. Sansjugement clair et sans accompagnement institutionnel, beaucoup se retrouvent dans une précarité durable. Orphelins : protection juridique mais lacunes sociales Les orphelins, en particulier ceux qui ont perdu leurs deux parents, sont reconnus comme des personnes nécessitant une protection spéciale. La Convention relative aux droits de l’Enfant, ratifiée par le Gabon, garantit à tout enfant le droit à l’éducation, à la santé, à un niveau de vie suffisant et à une protection contre l’exploitation. En théorie, ces normes s’appliquent à tous les enfants, y compris les orphelins. Cependant, l’absence d’un fichier national des enfants en situation de vulnérabilité, de dispositifs d’accueil et de tutelle bien structurés, limite l’accès réel à ces droits. De nombreux orphelins se retrouvent à la charge de membres de la famille élargie, parfois sans ressources suffisantes et sans suivi social ou psychologique. Obstacles à l’exercice des droits Plusieurs facteurs limitent l’effectivité des droits reconnus. Notamment : Initiatives et pistes d’amélioration Des ONG locales, des associations de femmes et des organisations religieuses tentent de combler ces lacunesà travers : Ces efforts louables restent fragmentaires sans cadre étatique cohérent, l’écart entre la lettre et la mise en œuvre étant considérable. Pour honorer ses engagements nations et internationaux, l’Etat doit renforcer l’accès à la justice, harmoniser les pratiques coutumières avec le droit étatique, investir dans des politiques publiques intégrées de protection sociale et protéger les personnes vulnérables conformément au principe de la dignité humaine

LE DROIT AUX SOINS PSYCHIQUES

On ne repère pas une urgence seulement au bruit qu’elle fait. Il existe des urgences muettes, qui avancent sans sirène, sans communiqué officiel, sans statistiques mises en vitrine. La santé mentale au Gabon appartient à cette catégorie : elle se voit dans la rue, dans le regard de celles et ceux qui errent, dans les familles qui taisent, dans les couloirs hospitaliers où l’on renonce faute de moyens. Elle se voit surtout dans un paradoxe : le droit existe dans les textes, mais il peine à s’inscrire dans les faits. La santé mentale reste reléguée au second plan. Pourtant, le droit y afférent est un droit humain fondamental, porté par des engagements internationaux et la loi nationale. Mais entre la proclamation et l’accès réel aux soins, l’écart est devenu une forme d’injustice silencieuse. Dans les familles, la maladie psychique est encore trop souvent interprétée comme une honte, une faute, une menace pour la réputation. On cache “par pudeur”, on retient “pour éviter le qu’en-dira-t- on”, on enferme parfois “pour protéger”. Résultat : la souffrance devient clandestine, et ce qui est clandestin s’aggrave. Dans les écoles, dans les prisons, sur les lieux de travail, les troubles restent mal compris, peu diagnostiqués, rarement pris en charge avec dignité. La rue, elle, ne cache rien. À Libreville comme dans certaines villes de l’intérieur, des personnes en détresse psychique dorment dehors, exposées à la faim, aux violences, aux intempéries, aux abus. Et cette scène répétée finit par produire un poison social : l’habituation. On finit par ne plus voir, ne plus entendre, ne plus sentir au risque de renoncer à agir et faire valoir le droit. Pour ne citer que l’article 25 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, « Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être… » Mais au-delà de ce texte, le défi est d’appliquer de manière effective et concrète le droit. Melen : Un test pour l’État de droit Symbole le plus criant de l’abandon des personnes souffrant de troubles mentaux, le centre psychiatrique de Melen. Créé en 1982, cette structure fait face à des défis majeurs (vétusté des infrastructures, manque d’équipements et de personnels, abandon des malades par les familles). Melen est un révélateur des conditions de traitement de ceux et celles dont la fragilité et la vulnérabilité bousculent l’ordre social. L’état des lieux du Centre de Melen appelle à : la réhabilitation du centre basée sur l’allocation d’un budget substantiel, la formation de personnels, l’intégration de la santé mentale aux soins de base, notamment en zone rurale, l’organisation de campagnes de sensibilisation. A l’échelle nationale, le Gabon gagnerait à se doter de centres dans chaque province. La santé mentale est un test pour l’Etat de droit. Non un test moral, mais un test institutionnel. L’État se reconnaitra à sa capacité à : protéger les personnes exposées aux troubles psychiques ; à rendre compte de ce qui est fait, de ce qui n’est pas fait, des moyens mobilisés et mis en en œuvre, et des résultats  des actions menées.

LE CHANTIER PERMANENT

Chaque être humain dispose, quelle que soit sa situation, de droits fondamentaux qui garantissent sa dignité, sa liberté, son égalité et sa sécurité. Ces droits ne sont pas des idées abstraites réservées aux juristes : ils se vivent au quotidien, dans l’accès à la justice, la liberté d’expression, le respect des procédures, la protection contre toute forme de violence ou de discrimination. Pourtant, au Gabon, comme ailleurs, leur respect reste un chantier permanent. Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme, via son bureau régional pour l’Afrique centrale, suit de près et soutient les efforts du Gabon en matière de promotion et de protection des droits humains. Sur le plan institutionnel, une nouvelle Constitution a été adoptée à l’issue du référendum du 16 novembre 2024. Les résultats ont été validés le 29 novembre par la Cour constitutionnelle et la loi fondamentale promulguée le 19 décembre. Ce texte symbolise le retour à l’ordre démocratique après une transition politique inédite. Au-delà des textes, la réalité reste contrastée. Pour ne citer qu’un exemple, l’état des lieux dans les prisons présente des risques sanitaires majeurs pour les détenus.  Le président de l’Association SOS Prisonniers, Lionel Ella Engonga, cite entre autres la surpopulation, les mauvaises conditions d’hygiène,  les détentions préventives prolongées et des cas de mauvais traitements y compris des tortures. Lors de la célébration, le 10 décembre 2025, de la Journée mondiale des droits humains, une procédure inédite a été introduite devant la Commission africaine des droits de l’Homme et des Peuples. L’affaire, portée par le Cabinet Bensimhon & Associés pour le compte d’Hervé Patrick Opiangah, met en cause l’État gabonais pour des violations présumées des droits à la dignité, à un procès équitable et à la liberté. Ce recours régional marque une avancée notable dans l’usage des mécanismes juridiques africains pour faire respecter les droits fondamentaux. Cette évolution illustre un point essentiel : comprendre ses droits ne suffit pas. Il faut aussi savoir les revendiquer, y compris par les voies juridiques nationales, régionales ou internationales. Chaque citoyen informé, qui ose faire appel à ces instruments, participe à une société plus juste. La protection des mineurs reste également une priorité. Les 11 et 12 décembre 2025, une opération conjointe a été menée dans le Grand Libreville pour identifier et protéger des dizaines d’enfants victimes d’exploitation ou de violences. Cette initiative a été prise en charge par la Direction des Affaires sociales, de la Protection de l’Enfance et de l’Assistance judiciaire (DASPEAJ) en collaboration avec le parquet de la République et des officiers de police judiciaire (OPJ). Cette action a vu la présence de la directrice Gladys Maganga Moussavou et du substitut du procureur Vanida Charline Mengue Ogandaga. Ce type d’intervention montre que signaler une violation est souvent la première étape vers une réponse sociale et judiciaire adaptée. Dans ce contexte, revendiquer ses droits implique une double responsabilité : Respecter ses droits, c’est aussi respecter ceux des autres.  La liberté d’expression, par exemple, n’est pas un privilège isolé, mais une garantie pour tous d’exister dans un climat sans peur ni discrimination.

NON AU DÉRAPAGE DES FORCES DE SÉCURITÉ

Dans de nombreuses situations, les forces de sécurité – policiers, gendarmes, militaires – sont appelées à garantir la paix, l’ordre et la sécurité publique. Pourtant, il arrive trop souvent que leurs interventions dérapent, révélant un usage disproportionné de la force, des arrestations arbitraires, ou encore des violences injustifiées à l’encontre des civils. Ces abus, qu’ils soient dus à un manque de formation ou à une mauvaise compréhension de leur rôle dans la promotion des droits humains, posent un véritable défi à l’État de droit. Des dérapages encore fréquents Que ce soit lors de manifestations, de contrôles de routine ou d’interpellations, des citoyens font face à des comportements répressifs de certains agents. Dans ces cas, la question centrale demeure : est-ce un excès de zèle ? Un abus de pouvoir ? Ou un manque de connaissance des droits de la personne ? Quoi qu’il en soit, ces actions nuisent à la confiance entre population et forces de sécurité. Et c’est cette confiance qui est pourtant essentielle à la stabilité d’un pays. Un cadre juridique clair, mais trop souvent ignoré Les forces de sécurité exercent leur mission dans un cadre juridique précis. La Constitution nationale, le Code pénal et les traités internationaux ratifiés par le Gabon, notamment la Déclaration universelle des droits de l’homme et la Charte africaine des droits de l’Homme et des Peuples définissent les limites de leur pouvoir. Ces textes garantissent le droit à la dignité, à la sûreté, à la liberté d’expression et d’opinion. Dès lors, tout acte de violence non justifié, toute détention arbitraire ou atteinte aux droits d’un civil est une entorse à la loi. Aucun uniforme ne donne le droit de bafouer les droits fondamentaux. Être au service, pas au-dessus de la loi Être en uniforme ne donne pas le droit d’ignorer les principes d’éthique et de dignité humaine. Les forces de sécurité doivent être *tenues pour responsables* en cas d’abus. Chaque dérapage impuni affaiblit l’État de droit. L’instauration de mécanismes de plainte accessibles, de comités de surveillance indépendants et d’une justice impartiale est essentielle pour garantir que personne, y compris les agents de sécurité, ne soit au-dessus des lois. Un rôle crucial dans la défense de la démocratie Les forces de sécurité ont un rôle fondamental à jouer dans la promotion des droits humains. En respectant et en protégeant les droits des citoyens y compris les défenseurs des droits humains, elles deviennent elles-mêmes des piliers de la démocratie. Il ne s’agit pas d’opposer sécurité et droits humains, mais de les faire avancer ensemble. Car un agent de sécurité qui ne respecte pas les droits finit toujours par devenir une menace pour tous. Construire une société respectueuse des droits humains passe inévitablement par une réforme profonde de la culture sécuritaire. Cela commence par la formation, se poursuit par la responsabilisation, et se consolide par des mécanismes de protection pour les citoyens comme pour les défenseurs des droits humains. Protéger les droits humains, c’est aussi protéger la paix.

PRIORITÉ À L’APPLICATION DE LA LOI

Les jeunes représentent une part essentielle de la population gabonaise dont les droits sont reconnus et garantis par plusieurs textes nationaux et internationaux, notamment la Constitution nationale, le code de l’Enfance gabonaise  et la Convention internationale relative aux droits de l’enfant. Ces textes assurent aux jeunes le droit à l’éducation, à la santé, à la protection, ainsi qu’à la participation à la vie sociale et politique. Mais sur le terrain, leur application reste encore inégale et insuffisante. Une reconnaissance juridique solide, mais des obstacles persistants Au Gabon, les droits des jeunes sont formellement inscrits dans la loi, mais leur mise en œuvre reste inégale. L’accès à une éducation de qualité est freiné par des infrastructures insuffisantes, des inégalités géographiques et des contraintes économiques. La crise sanitaire liée au Covid-19 a aussi amplifié ces difficultés, provoquant pour beaucoup un recul dans l’apprentissage. En matière de santé, notamment sexuelle et reproductive, les jeunes, en particulier les filles, font face à un manque d’informations adaptées à leurs besoins et de services accessibles. La pauvreté, le chômage et le manque de perspectives compromettent leur insertion sociale, alimentant parfois un sentiment d’exclusion et de frustration. Le droit de se faire entendre Au-delà des besoins matériels, les jeunes revendiquent de plus en plus leur droit à la participation. Souvent perçus comme de simples bénéficiaires, ils aspirent à être acteurs de leur avenir et à influencer les décisions les concernant. Pourtant, les espaces de dialogue et de consultation qui leur sont consacrés restent limités, trop peu intégrés dans les processus de décision publique. Faire bouger les lignes Face à ces défis, de nombreuses initiatives se développent. ONG, associations de jeunesse et autorités publiques mènent des actions de sensibilisation, d’information et de protection. Des campagnes contre les violences basées sur le genre, des formations à la citoyenneté et des programmes d’insertion professionnelle offrent aux jeunes des outils pour mieux connaître et défendre leurs droits. Ces actions témoignent de la volonté collective d’amener les jeunes à devenir non seulement des bénéficiaires mais aussi des acteurs engagés. Médias et réseaux sociaux : un levier puissant Les médias, particulièrement les réseaux sociaux, sont devenus un espace incontournable pour les jeunes. Ils y trouvent un moyen d’expression, d’information et de mobilisation. Grâce à ces plateformes, ils partagent leurs expériences, s’organisent, dénoncent les injustices et participent aux débats publics. Cette liberté d’expression numérique s’accompagne malheureusement de risques tels que la désinformation, le cyber harcèlement, les discours haineux… Former les jeunes à un usage critique et responsable des médias numériques est essentiel pour que ces outils deviennent de véritables alliés dans la défense des droits. Protection des mineur.es : un enjeu majeur La protection des mineur.es demeure une priorité. En décembre 2025, une opération conjointe des services publics a permis l’interpellation et la prise en charge sociale de dizaines de mineurs victimes d’exploitation et de violences. Ce genre d’actions montre que la dénonciation des violations est la première étape vers une réponse judiciaire et sociale adaptée. Revendiquer ses droits : une double responsabilité Pour faire valoir leurs droits, les jeunes doivent d’abord se former et s’informer sur les lois, la Constitution nationale, les instruments internationaux ratifiés par le Gabon. Ils doivent également agir de manière pacifique en utilisant les voies légales, en saisissant les institutions compétentes et la société civile. Respecter ses droits, c’est aussi respecter ceux des autres Le respect des droits personnels va de pair avec celui des droits d’autrui. La liberté d’expression, par exemple, n’est pas un privilège individuel isolé, mais l’élément d’une vie sociale harmonieuse. Chaque citoyen doit pouvoir vivre sans peur de discrimination, de violence ou d’arrestation arbitraire. Défendre ses droits : un engagement citoyen La défense des droits humains dépasse la simple dimension juridique. C’est avant tout une question de citoyenneté active. Lorsque les jeunes comprennent leurs droits, savent les revendiquer et respectent ceux des autres, c’est l’ensemble de la société qui progresse vers plus de justice, de dignité et de liberté.

ALERTE !

Les adultes ont des droits. Les enfants aussi. Mais trop souvent, ces droits sont bafoués dans le silence. L’enfance est en danger, parfois là où on ne s’y attend pas. Et le danger ne vient pas toujours de loin… L’école, la rue, les centres de loisirs, un parent, un ami de la famille ou les réseaux sociaux. Quel sont les dangers ? L’enfance en danger est exposée aux abus sexuels, aux violences physiques et psychologiques parfois infligés par des proches. À ces atrocités s’ajoutent les mariages précoces, les grossesses non désirées, l’exposition au VIH/Sida, le trafic, l’exploitation et le travail des enfants y compris dans les marchés, la mendicité forcée, le trafic d’organes, le décrochage scolaire, la privation de soins, d’éducation, d’amour et la non-déclaration à la naissance. Un enfant sans identité est un enfant privé de ses droits. Des chiffres choquants Selon l’UNICEF, des centaines d’enfants sans acte de naissance vivent invisibles aux yeux de la société, plus de 6 300 enfants âgés de 12 à 17 ans vivent déjà en union au Gabon et 241 enfants, dont 12 filles, sont détenus dans des prisons inadaptées. En 2025, 1 844 jeunes vivent avec le VIH, parfois sans le savoir, exposés par ignorance ou abus. Voir. Comprendre. Agir Protection de l’enfance Le cadre juridique qui protège l’enfant Au niveau international, la Convention internationale des droits de l’Enfant (CIDE), adoptée par l’ONU en 1989, est la référence. Elle garantit à chaque enfant le droit à la survie, à la protection, au développement et à la participation. Le Gabon, qui en est signataire, dispose d’un arsenal juridique spécifique pour protéger les enfants à travers : Un enfant en danger ne crie pas toujours, parfois il souffre en silence. Il faut savoir voir ses silences, ses peurs, ses changements. Parler, écouter, agir : c’est ça protéger.L’éducation, le dialogue et l’accès à la justice sont nos outils pour les défendre. La loi existe, mais elle a besoin de nous pour s’inscrire dans les faits. PROTÉGER UN ENFANT, C’EST LUI OFFRIR UN AVENIR. C’EST NOTRE DEVOIR À TOUS.