Le Gabon, à l’instar de plusieurs pays africains, n’est pas épargné par le phénomène des violences faites aux femmes qui demeure une source de préoccupation majeure aux plans social, sanitaire et des droits humains. Cependant, les données spécifiques sur les violences faites à la femme pendant la grossesse restent encore limitées. La situation impose que soient menées davantage de recherches afin de mieux comprendre l’ampleur du phénomène, ses causes, ses conséquences et les stratégies de prévention adaptées.
Parmi les formes de violence exercées sur les femmes, celles que subissent la femme enceinte sont les plus préoccupantes. Survenant généralement dans le cadre des relations conjugales ou familiales, elles sont d’ordre physique, psychologique, sexuelle, économique et/ou sociale.
La phase de la grossesse est une période qui devrait en principe être marquée par la protection et l’accompagnement de la femme. Paradoxalement, ce moment privilégié dans la vie d’une femme peut devenir un facteur de vulnérabilité d’autant que les violences ont des conséquences directes sur la santé de la mère et de l’enfant en gestation.
La grossesse peut accroître les tensions au sein du couple et exposer la femme aux violences de son conjoint qui, pour diverses raisons, franchit la ligne rouge. Les facteurs en cause sont : la jalousie, le refus de la grossesse, les difficultés économiques, les conflits conjugaux, les inégalités entre les sexes qui sont profondément ancrées dans la société.
Les conséquences sur la santé de la mère sont multiples et néfastes. Elles incluent le stress, l’anxiété, la dépression, des traumatismes psychologiques et des blessures physiques qui sont susceptibles d’entraîner des complications obstétricales. En outre, lorsque la femme est sous l’emprise de son agresseur, elle peut être confrontée à des difficulté d’accès aux soins prénataux.
Les violences faites à la femme enceinte ont également des répercussions sur la santé de l’enfant qu’elle porte telles que le risque accru de fausse couche, un accouchement prématuré, un faible poids à la naissance et des risques de décès maternel ou néonatal dans les cas les plus graves.
Cette situation devrait et doit emmener la femme à dénoncer les actes de violence de son conjoint. Mais, la peur, la dépendance économique, la pression familiale et les tabous sociaux sont autant d’obstacles qui empêchent souvent les victimes de les signaler et porter plainte.
Face à l’ampleur du problème et son impact sur la santé de la mère et de l’enfant, le gouvernement a mis en place des réponses basées sur le renforcement du cadre juridique, un numéro vert 1404 pour l’écoute, l’orientation et l’accompagnement des victimes, la création de structures et de mécanismes de prise en charge des victimes.
Des leviers essentiels pour améliorer la santé maternelle et infantile ont été également mis en place à travers la sensibilisation, le dépistage précoce des violences lors des consultations prénatales, l’accompagnement psychologique et l’application effective des lois. La lutte contre les violences faites aux femmes enceintes est indispensable pour protéger deux vies à la fois : celles de la mère et de l’enfant. Agissons vite pour la bonne santé du couple mère-enfant, sa dignité et celle du Gabon.
