Fondatrice et Directrice de Publication

Flavienne Louise Issembè

Journalistes Seniors

Yvette Bivigou
Martial Idundu
Flavienne Louise Issembè

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Annie Mapangou
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Annie Mapangou

LES DÉFIS SANITAIRES AU QUOTIDIEN DES SENIOR.ES

L’étape de vieillissement est une période assez complexe pour tout individu qui atteint la phase du 3 ème  âge. Ce parcours qu’emprunte certains constitue l’un des plus grands défis sanitaires du XXIe siècle. Pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS) il est important pour tous les pays de préparer leurs systèmes de santé à cette mutation démographique majeure car les personnes âgées des défis sanitaires au quotidien. Maladies chroniques et multimorbidité. Ce point énonce le fait que l’accumulation de maladies chroniques est la principale caractéristique de la santé des personnes âgées. Au Gabon, certaines maladies sont la cause des décès chez les personnes Ag2es de plus de 60 ans. Il s’agit de : l’hypertension, le diabète, les accidents vasculaires cérébraux et cancers. Au-delà de ces maux, il y a non seulement la pénurie des spécialistes mais aussi la prise en charge tardive des cas et, le pays lutte également contre la montée silencieuse des maladies transmissibles. Bien que le pays soit en pleine mutation, il connaît une transition accélérée. En dehors de la présence des maladies infectieuses et parasitaires, les maladies non transmissibles représenteraient déjà un taux de 45% des décès dans le pays selon les données de 2019 de l’OMS. S’agissant des maladies cardiovasculaires, respiratoires chroniques, cancer et diabète, leur taux s’élèverait à 793 décès pour 100 000 habitants chez les hommes et 603 pour 100 000 chez les femmes en 2021. Considérant les rapports des annuaires statistiques du Gabon, l’hypertension artérielle (HTA), le diabète sucré, les accidents vasculaires cérébraux (AVC) et les cancers font partie des cinq premières causes de mortalité chez les personnes de plus de 60 ans. C’est dans cette tranche d’âge que les maladies chroniques sont lourdement concentrées. Il y a également l’hypertension, encore appelé « tueur silencieux généralisé » qui constituerait le défi sanitaire le plus préoccupant. Selon une thèse de doctorat menée au Gabon, la prévalence de l’HTA atteint 34,4 % dans la population générale, avec un âge moyen de 54,2 ans. Le Dr Carol Fadilath Yekini, cardiologue au Centre hospitalier universitaire de Libreville (CHUL), va plus loin : « 30 à 40 % de la population gabonaise est hypertendue », soit près de la moitié des habitants. Le Plan national de développement sanitaire (PNDS) 2024-2028 confirme cette tendance. La prévalence de l’HTA est passée de 27,1 % en 2011 à 25,5 % en 2021. Mais ces chiffres, souligne le document, traduisent « l’absence ou l’insuffisance d’interventions sur les facteurs de risque » et la « faillite du volet promotionnel de la santé ». Le taux de mortalité lié aux maladies cardiovasculaires est passé de 148 à 145 décès pour 100 000 habitants, et celui lié au diabète de 33 à 35 décès pour 100 000 habitants. Le cas du diabète En vingt ans, la prévalence du diabète au Gabon est passée de 2 % à près de 10 % de la population, faisant du pays l’un des plus touchés d’Afrique subsaharienne. Selon la Fédération internationale du diabète (FID), 100 900 adultes âgés de 20 à 79 ans vivaient avec le diabète en 2024, contre seulement 5 500 en 2000. Et la projection pour 2050 est de 190 900 personnes. Plus alarmant encore : 73,1 % des cas de diabète ne sont pas diagnostiqués, soit près de 74 000 personnes qui vivent avec la maladie sans le savoir. Le Dr Peggy Biloghe, endocrinologue au CHUL, confirme une prévalence de près de 10 % en 2025, toutes classes sociales confondues. Les conséquences sont aggravées par le fait que la plupart des patients sont référés dans les grands hôpitaux à un stade avancé de la maladie, souvent avec des complications telles que l’AVC ou l’insuffisance rénale. La multimorbidité : quand les maladies s’empilent Si les données spécifiques sur la multimorbidité chez les personnes âgées au Gabon restent rares, plusieurs éléments convergent pour alerter sur ce phénomène. Une étude menée dans la province du Moyen-Ogooué a révélé que parmi les patients tuberculeux, 46 % présentaient au moins une maladie non transmissible (dyslipidémie, hypertension, diabète ou obésité), dont la majorité étaient des cas nouvellement diagnostiqués. Chez les patients tuberculeux de plus de 55 ans, le risque de comorbidité hypertension-tuberculose était 8,5 fois plus élevé. Une autre étude parue dans PLOS ONE a montré que 99,4 % des participants gabonais présentaient au moins un facteur de risque de maladie cardio-métabolique modifiable, et 54 % en cumulaient trois ou quatre. L’OMS rappelle qu’avec l’âge, les personnes risquent davantage de souffrir simultanément de plusieurs problèmes de santé, donnant naissance à des syndromes gériatriques complexes (OMS). Pour les personnes âgées gabonaises, cela signifie que l’HTA coexiste fréquemment avec le diabète, l’obésité, les maladies rénales ou les AVC – un empilement qui complique la prise en charge et aggrave le pronostic. Alzheimer et démences : le continent aveugle La maladie d’Alzheimer qui entraîne une perte progressive et irréversible des fonctions mentales a été longtemps perçue comme une pathologie occidentale qui n’a pas épargné le Gabon. Outre les maladies, il y a aussi la problématique des défis structurels du système de santé gabonais, notamment : prise en charge adéquate. Notons que pour que les personnes âgées puissent vieillir au Gabon sans accumuler les maladies sans accompagnement, il doit se doter d’un cadre stratégique en vue de transformer les intentions en résultats concrets.

PREVENIR LES VIOLENCES SEXISTES

La violence basée sur le genre demeure une source de préoccupation majeure pour les victimes et leurs familles. Les femmes et les filles en sont les principales cibles. Par peur des représailles des partenaires et/ou des familles, elles subissent en silence les coups au risque d’en mourir ou de trainer des traumatismes à vie. La situation appelle à un renforcement de l’arsenal juridique, de la prise en charge des victimes et des activités de prévention.

LE DIVORCE EN QUESTION

Au Gabon, le divorce demeure un thème sensible qui cristallise les tensions entre le droit moderne, protecteur et individualiste, et les réalités sociologiques où la famille élargie pèse encore d’un poids considérable. Le cadre juridique ne rend pas le divorce automatique vu qu’il doit être prononcé par un tribunal. La réforme du Code civil de 2021 prévoit les 2 cas de figure suivants : La rupture de la vie commune est demandée lorsque les époux vivent séparément depuis une période d’au moins 3 ans. La garde des enfants Le juge se base sur le seul principe de l’intérêt supérieur de l’enfant qui prend en compte : Responsabilité parentale et recouvrement des pensions Sur le plan pratique, la réalité sur le recouvrement des pensions reste un défi majeur au Gabon où nombre de pères et/ou mères disparaissent ou cachent leurs revenus réels pour ne pas honorer leurs engagements. En ce qui concerne l’autorité parentale, elle s’exerce conjointement même après le divorce dans le cadre des décisions importantes touchant à la santé, la scolarité et la sortie du territoire car l’accord des 2 parents est indispensable. De même, les parents restent responsables des dommages causés par leurs enfants mineurs. Impacts sociaux À ce niveau, le droit se heurte souvent à la loi du village ou aux pesanteurs sociales. L’enfant appartient soit au père ou à la mère selon le système patrilinéaire ou matrilinéaire. Si bien qu’en cas de divorce, la belle-famille tente parfois de récupérer les enfants de force tout en ignorant les décisions de justice. La femme divorcée subit encore des pressions sociales. En effet, elle est parfois accusée de n’avoir pas su tenir son foyer, ce qui la fragilise lors des négociations sur la garde des enfants. Le divorce engendre souvent une rupture de la solidarité clanique. Dans ce contexte, l’enfant est généralement élevé par une communauté composée de tantes et de grands-parents. Cette situation peut restreindre son accès à la famille élargie si le conflit est profond. Le divorce est un phénomène en pleine mutation, oscillant entre la modernisation du cadre législatif et une réalité socioculturelle tenace. Avec la réforme de 2021, l’homme n’est plus le seul décideur. La femme a également le droit de demander le divorce pour les mêmes motifs (adultère, abandon, sévices) sans discrimination. Et, le juge n’attribue plus systématiquement le logement au mari. Il privilégie désormais le parent qui a la garde des enfants pour éviter qu’ils ne soient déstabilisés.

VIOLENCE SUR LA FEMME ENCEINTE

Le Gabon, à l’instar de plusieurs pays africains, n’est pas épargné par le phénomène des violences faites aux femmes qui demeure une source de préoccupation majeure aux plans social, sanitaire et des droits humains. Cependant, les données spécifiques sur les violences faites à la femme pendant la grossesse restent encore limitées. La situation impose que soient menées davantage de recherches afin de mieux comprendre l’ampleur du phénomène, ses causes, ses conséquences et les stratégies de prévention adaptées. Parmi les formes de violence exercées sur les femmes, celles que subissent la femme enceinte sont les plus préoccupantes. Survenant généralement dans le cadre des relations conjugales ou familiales, elles sont d’ordre physique, psychologique, sexuelle, économique et/ou sociale. La phase de la grossesse est une période qui devrait en principe être marquée par la protection et l’accompagnement de la femme. Paradoxalement, ce moment privilégié dans la vie d’une femme peut devenir un facteur de vulnérabilité d’autant que les violences ont des conséquences directes sur la santé de la mère et de l’enfant en gestation. La grossesse peut accroître les tensions au sein du couple et exposer la femme aux violences de son conjoint qui, pour diverses raisons, franchit la ligne rouge. Les facteurs en cause sont : la jalousie, le refus de la grossesse, les difficultés économiques, les conflits conjugaux, les inégalités entre les sexes qui sont profondément ancrées dans la société. Les conséquences sur la santé de la mère sont multiples et néfastes. Elles incluent le stress, l’anxiété, la dépression, des traumatismes psychologiques et des blessures physiques qui sont susceptibles d’entraîner des complications obstétricales. En outre, lorsque la femme est sous l’emprise de son agresseur, elle peut être confrontée à des difficulté d’accès aux soins prénataux. Les violences faites à la femme enceinte ont également des répercussions sur la santé de l’enfant qu’elle porte tels que le risque accru de fausse couche, un accouchement prématuré, un faible poids à la naissance et des risques de décès maternel ou néonatal dans les cas les plus graves. Cette situation devrait et doit emmener la femme à dénoncer les actes de violence de son conjoint. Mais, la peur, la dépendance économique, la pression familiale et les tabous sociaux sont autant d’obstacles qui empêchent souvent les victimes de les signaler et porter plainte. Face à l’ampleur du problème et son impact sur la santé de la mère et de l’enfant, le gouvernement a mis en place des réponses basées sur le renforcement du cadre juridique, un numéro vert 1404 pour l’écoute, l’orientation et l’accompagnement des victimes, la création de structures et de mécanismes de prise en charge des victimes. Des leviers essentiels pour améliorer la santé maternelle et infantile ont été également mis en place à travers la sensibilisation, le dépistage précoce des violences lors des consultations prénatales, l’accompagnement psychologique et l’application effective des lois. La lutte contre les violences faites aux femmes enceintes est indispensable pour protéger deux vies à la fois : celles de la mère et de l’enfant. Agissons vite pour la bonne santé du couple mère-enfant, sa dignité et celle du Gabon.

DIVORCE. GARDE DES ENFANTS. IMPACTS SOCIAUX

Au Gabon, le divorce demeure un thème sensible qui cristallise les tensions entre le droit moderne, protecteur et individualiste, et les réalités sociologiques où la famille élargie pèse encore d’un poids considérable. Le cadre juridique ne rend pas le divorce automatique vu qu’il doit être prononcé par un tribunal. La réforme du Code civil de 2021 prévoit les 2 cas de figure suivants : La rupture de la vie commune est demandée lorsque les époux vivent séparément depuis une période d’au moins 3 ans. La garde des enfants Le juge se base sur le seul principe de l’intérêt supérieur de l’enfant qui prend en compte : Responsabilité parentale et recouvrement des pensions Sur le plan pratique, la réalité sur le recouvrement des pensions reste un défi majeur au Gabon où nombre de pères et/ou mères disparaissent ou cachent leurs revenus réels pour ne pas honorer leurs engagements. En ce qui concerne l’autorité parentale, elle s’exerce conjointement même après le divorce dans le cadre des décisions importantes touchant à la santé, la scolarité et la sortie du territoire car l’accord des 2 parents est indispensable. De même, les parents restent responsables des dommages causés par leurs enfants mineurs. Impacts sociaux À ce niveau, le droit se heurte souvent à la loi du village ou aux pesanteurs sociales. L’enfant appartient soit au père ou à la mère selon le système patrilinéaire ou matrilinéaire. Si bien qu’en cas de divorce, la belle-famille tente parfois de récupérer les enfants de force tout en ignorant les décisions de justice. La femme divorcée subit encore des pressions sociales. En effet, elle est parfois accusée de n’avoir pas su tenir son foyer, ce qui la fragilise lors des négociations sur la garde des enfants. Le divorce engendre souvent une rupture de la solidarité clanique. Dans ce contexte, l’enfant est généralement élevé par une communauté composée de tantes et de grands-parents.  Cette situation peut restreindre son accès à la famille élargie si le conflit est profond. Le divorce est un phénomène en pleine mutation, oscillant entre la modernisation du cadre législatif et une réalité socioculturelle tenace. Avec la réforme de 2021, l’homme n’est plus le seul décideur. La femme a également le droit de demander le divorce pour les mêmes motifs (adultère, abandon, sévices) sans discrimination. Et, le juge n’attribue plus systématiquement le logement au mari. Il privilégie désormais le parent qui a la garde des enfants pour éviter qu’ils ne soient déstabilisés.

LES DESCENDANTS FACE À LA VIE DE COUPLE

Les parents et les grands-parents ont un rôle fondamental à jouer dans la vie de leurs enfants et petits-enfants. En tant que conseiller et éducateur, le devoir leur incombe de les préparer à affronter leur vie d’adulte, à prendre le flambeau en tant qu’homme, femme et parent, entre autres. Si certains choisissent la voie du célibat, d’autres optent pour le mariage ou le concubinage. Au Gabon, le concubinage s’impose comme une réalité sociale de plus en plus visible. Dans les villes comme dans certains milieux ruraux, de nombreux couples vivent ensemble sans avoir officialisé leur union par le mariage. Une pratique qui, tout en s’installant dans les mœurs, continue de bousculer les repères traditionnels alors que le mariage est un fondement culturel. Longtemps, dans la société gabonaise, la vie à deux ne pouvait se concevoir qu’à travers le point de vue de la famille. Avant toute union, il fallait passer par des étapes bien connues issus de la coutume : présentation des familles, pourparlers, dot, bénédiction sociale du couple. Le mariage n’unissait pas seulement deux personnes, il liait aussi deux clans, deux histoires, deux univers. Dans cette illustration, le concubinage apparaît souvent comme une voie à part, parfois tolérée, mais rarement pleinement consacrée. Aujourd’hui, nous assistons à la perte de nos valeurs culturelles induite par les mutations sociales. Pour autant, ce facteur ne devrait pas se dissoudre au risque de déstabiliser la société. De nombreuses familles perçoivent le concubinage comme une union inachevée, voire comme une entorse aux valeurs coutumières. Pour les aînés, l’engagement du couple doit être visible, assumé et validé par les deux familles. En revanche, pour une partie de la jeunesse, l’essentiel est ailleurs : vivre ensemble, se soutenir, construire un foyer, même sans cérémonie officielle, tout en négligeant le fondement culturel. Nous pouvons relever trois principales raisons qui ont conduit à cette prolifération des foyers sans fondement culturel : L’absence de l’encadrement familial: Avant, c’était le père de l’homme qui se rapprochait du père de la femme en vue d’une rencontre dans un cadre formel. Malheureusement, aujourd’hui, on assiste au désistement des chefs de famille qui, le plus souvent ne mettent plus de pression pour que la relation de leurs enfants devienne officielle. L’ignorance du cadre spirituel : l’ignorance entraîne la peur. Spirituellement, l’Homme ignore la personne avec qui il est en relation. Les familles ne se connaissent pas et donc, ne peuvent pas jauger la charge spirituelle mutuellement. La maîtrise de son environnement spirituel est indispensable. La situation économique : Avant, il suffisait d’apporter quelques biens matériels et un montant symbolique. Aujourd’hui, le mariage coutumier est devenu une opportunité pour s’enrichir sur le dos du futur gendre. En conséquence, face au coût du mariage, à la précarité économique ou à l’évolution des mentalités, de nombreux couples choisissent aujourd’hui de vivre ensemble sans formalité. Si cette union libre répond à des besoins concrets, elle soulève néanmoins des interrogations, car si l’amour et la cohabitation sont bien là, la reconnaissance sociale et juridique, elle, reste fragile. Concubinage et conséquences Le Code civil gabonais décrit l’union libre comme le fait pour un homme et une femme de vivre ensemble sans avoir contracté mariage. Le Code civil indique aussi que le concubinage ne crée pas en principe de communauté de biens, ni de droits successoraux, ni de lien d’alliance avec les familles. Selon d’autres sources l’union libre ne produit d’effets juridiques qu’après deux ans de vie commune, sous conditions, tandis qu’un certificat de concubinage délivré en mairie n’a qu’une valeur symbolique. Derrière la liberté apparente du concubinage, les conséquences peuvent être lourdes. En cas de séparation ou de décès, le partenaire concubin n’est pas toujours protégé comme peut l’être un conjoint marié. Les biens, la succession, la garde des enfants ou la reconnaissance du foyer deviennent alors des sujets sensibles. C’est pourquoi le concubinage, au-delà du simple choix de vie, pose une véritable question de sécurité familiale. En terre gabonaise, le sujet renvoie à un affrontement discret mais profond entre les traditions et les mutations sociales. D’un côté, une culture qui continue de valoriser l’union encadrée par la famille. De l’autre, une société en mouvement, où les couples cherchent des formes d’organisation plus souples, plus rapides, parfois plus accessibles. Le concubinage n’est pas seulement une histoire de vie privée. Il dit quelque chose du Gabon d’aujourd’hui : un pays où les valeurs anciennes restent puissantes, mais où les réalités économiques et sociales redessinent peu à peu la manière de vivre en couple. Entre héritage coutumier et modernité, la société gabonaise avance, parfois à pas prudents, parfois à contre-courant des traditions. Et, le mariage civil a plus de considération que le coutumier alors qu’ignorer le mariage culturel équivaut à contribuer à la dislocation de nombreux foyers. Claude Aurianne Obame, citoyenne mariée, a donné son avis sur ce phénomène. « Le concubinage offre davantage de liberté et de flexibilité, mais sans obligation apparente. De même, il permet d’avoir une meilleure connaissance mutuelle basée sur le vivre ensemble, la découverte des habitudes, des qualités et des défauts de l’autre, et la compatibilité entre partenaires. » « En revanche, la durée du concubinage devrait être déterminée pour ne pas s’éterniser dans cette situation. De même, il procure généralement moins de sécurité juridique que le mariage s’agissant par exemple, de l’héritage lors de la perte de l’un des conjoints. » Selon Mme Obame, le choix du concubinage dépend des valeurs, des attentes et de la situation de chaque couple. Fortunat Damas Ndoumou, célibataire et père de famille, pense quant à lui que « Le concubinage désigne la vie commune de deux personnes qui vivent en couple sans être mariées. Très souvent, il est considéré comme un avant-goût de la vie maritale. » Et M. Ndoumou de préciser : « D’un point de vue général, certains considèrent le concubinage comme une manière de construire une relation fondée sur l’amour, la confiance et la liberté, cependant, sans engagement juridique formel. Dans notre pays, le concubinage est très récurrent. Seulement, on relève plusieurs difficultés car très souvent, cette pratique laisse des femmes sans honneur, sans mariage après plusieurs années de LES DESCENDANTS FACE À LA VIE DE COUPLE

LA CONFÉRENCE TOASTMASTERS 2026

‎« Le Gabon comme tous les autres pays a besoin de leadership. L’Afrique a besoin de leadership pour que nous puissions sortir de la situation dans laquelle nous sommes. Toastmasters est le lieu où on fabrique des leaders. »Amadou Djibo Gazibo, nouveau Directeur de la Croissance des Clubs Toastmasters‎Libreville, la capitale gabonaise, a abrité du 21 au 23 mai la Conférence internationale Toastmasters 2026.L’événement s’est achevé sur l’engagement des participants à faire de l’excellence et du leadership des priorités pour une transformation effective du continent africain.‎‎Placée sous le thème‎« Leadership et Influence à l’ère africaine », la Conférence, tenue à l’initiative du Comité d’organisation présidée par la gabonaise Yvette Ngwevilo Rekangalt et de l’Agence nationale de promotion des investissements du Gabon (ANPI), a réuni 200 délégués venus des 12 pays du District 130. Des leaders, des experts, des entrepreneurs, des communicateurs et des passionnés d’art oratoire ont, 3 jours durant, échangé autour du thème et des opportunités de developpement du continent africain.‎‎« Nous sommes venus célébrer l’excellence, nous sommes venus célébrer l’amitié, nous sommes venus célébrer le développement d’une Afrique qui a décidé d’avoir un leadership performant », a déclaré, dans son mot de bienvenue, Yvette Ngwevilo Rekangalt.‎‎« Cette conférence n’est pas simplement un événement annuel. Elle est le symbole vivant de notre unité, de notre diversité et de notre engagement collectif envers l’excellence », a indiqué, de son côté, Stéphane Nzesseu, Directeur du District 130.‎‎L’Afrique qui parle. L’Afrique qui agit.‎‎Le professeur Bonaventure Mvé Ondo, philosophe, politologue et auteur d’ouvrages, a animé un débat sur la thématique « L’Afrique qui parle, l’Afrique qui agit ». « L’Afrique n’est pas en panne d’argent, elle est en panne de pensées… », a-t-il dit. Et d’ajouter : « Un peuple qui ne produit plus ses propres concepts finit toujours par vivre dans les concepts des autres. »‎‎Selon le Pr Mve Ondo, « Le problème n’est pas d’utiliser les outils des autres ou même les langues des autres. Le problème commence lorsqu’une civilisation devient uniquement utilisatrice et cesse d’être conceptrice. »‎À travers des ateliers de formation, des concours d’éloquence et des panels d’experts de haut niveau, la conférence a permis aux participants de renforcer leurs compétences en communication et en leadership. L’enjeu est de valoriser le dynamisme entrepreneurial en conjuguant apprentissage et réseautagestratégique pour former une nouvelle génération de leaders africains. ‎La Conférence s’est achevée avec le renouvellement des instances dirigeantes dans le cadre des élections aux postes de directeurs des divisions A, B, C, D, E, F, G et H, du directeur chargé de la qualité et du nouveau directeur du District 130. ‎Nicolas Bokpe succèdera officiellement le 01 juillet 2026 à Stéphane Nzesseu à ce poste pour le mandat 2026-2027.‎‎Après Libreville en 2026, la conférence se tiendra en 2027 au Bénin, suivi du Burkina Faso en 2028 et du Congo-Brazzaville en 2029, sauf changement de programme.

FRACTURE NUMÉRIQUE

Selon la Banque mondiale, le Gabon se distingue comme le pays le plus connecté d’Afrique subsaharienne avec un taux de pénétration internet dépassant 70% et des investissements massifs dans la fibre optique qui ont fait baisser les coûts de connexion. Ce Top 10 africain des technologies de l’information et de la communication (TIC) reflète un développement avancé, particulièrement à Libreville et Port-Gentil où la bande passante est fluide et abordable.  Mais, ce leadership masque une fracture numérique criante. L’accès à internet, aisé en ville, limité ou inexistant à l’intérieur, se mue en handicap majeur. Entre éducation en ligne inaccessible, télémédecine compromise et opportunités économiques hors d’atteinte, les disparités sociales et territoriales qui gangrènent la société gabonaise s’accentuent, creusant davantage l’écart entre les villes, où les enfants peuvent accéder aux métiers du futur, et les villages, où les enfants décrochent, non par manque de capacité, mais par manque d’infrastructures et d’accès. Couplé à l’éducation et à la formation professionnelle, le numérique pourrait devenir un catalyseur de développement et d’équité territoriale, et un outil de justice sociale permettant aux habitants des provinces de participer pleinement au développement national à travers la vente de leurs produits agricoles et artisanaux en ligne, l’accès à des micro‑crédits et à des formations professionnelles à distance. À terme, l’information et les marchés numériques permettront aux petites entreprises locales de se développer, de créer des emplois et de réduire l’exode rural. Il y a donc urgence d’étendre durablement la couverture numérique dans tous les villages et de garantir une connexion stable, afin que chaque jeune ait accès au savoir et aux opportunités numériques. D’autres priorités incluent : Le numérique n’est plus un simple outil de divertissement ou d’échanges entre proches et avec le monde. Aujourd’hui, cet espace est devenu un outil de travail indispensable. Derrière chaque compte se cachent un entrepreneur, un vendeur, un créateur, une mère ou un père nourrissant sa famille au jour le jour, des apprenants qui suivent des cours en ligne, un journaliste qui fait de la recherche et informe le public. Suspendre, même temporairement, les réseaux sociaux, paralyse l’économie numérique. Moteur de croissance essentiel, ce domaine représente « l’ensemble des activités économiques, de production et de services s’appuyant sur les TIC et Internet. Priver le public, les élèves et les enseignants des réseaux sociaux revient donc à débrancher le moteur en plein vol ; à limiter l’accès aux outils pédagogiques, à l’information et la communication ; et à s’isoler du monde. Des revenus sont anéantis, en particulier ceux pour qui le numérique est un outil de survie vitale et une partie intégrante de la vie au quotidien. La restriction d’accès ne reste jamais abstraite. Elle se ressent immédiatement chez la petite vendeuse qui prend ses commandes sur WhatsApp ou dans la presse en ligne où la rapidité de la circulation des informations et l’accès du public à ses contenus sont extrêmement réduits. Entre sécurité publique et droit d’accès aux réseaux sociaux Jusqu’où l’État peut-il aller sans toucher aux droits des citoyens et comment peut-il protéger la société sans fragiliser ceux qui en dépendent pour vivre ? Si l’État a le devoir de protéger la population, il se doit également d’éviter que les mesures de protection ne créent d’autres formes d’exclusion, un équilibre mal géré pouvant rapidement se transformer en fracture sociale. Toute décision concernant les réseaux sociaux a un impact direct sur la vie réelle. La vraie question n’est peut-être pas de savoir s’il faut réguler ou non, mais comment réguler sans couper les gens de leurs moyens de vivre, d’apprendre et de communiquer. À l’instar de ce qui se fait dans tous les pays, l’État peut encadrer les communications numériques pour protéger la sécurité publique, mais ce pouvoir n’est pas sans limites. Les textes internationaux comme la Déclaration universelle des droits de l’Homme rappellent que toute restriction doit être justifiée, nécessaire et proportionnée. En d’autres termes, on ne peut pas limiter un droit sans raison forte et sans mesurer l’impact réel sur la population. Mais, sur le terrain, la règle juridique et la réalité vécue ne se rencontrent pas toujours facilement. Analyse juridique de la suspension des réseaux sociaux Selon le juge Okili, qui a bien voulu répondre aux questions du magazine « Vivre », cette mesure s’inscrit dans le cadre légal de protection de l’ordre public, mais elle doit respecter les principes de légalité, de nécessité et de proportionnalité.Le juge cite, entre autres, la restriction de la liberté d’expression et du droit à l’information qui limite la circulation des messages et des contenus. Et Me. Okili d’ajouter : « Le droit à l’éducation est indirectement impacté, car de nombreux étudiants utilisent les réseaux sociaux comme support pédagogique. De même, la liberté économique et le droit au travail sont touchés, particulièrement pour les jeunes micro-entrepreneurs et les professionnels du numérique, qui voient leurs activités paralysées. Du point de vue juridique, toute mesure de suspension doit être proportionnée et limitée dans le temps et l’étendue. Les autorités doivent démontrer qu’aucune alternative moins intrusive n’était possible. » De la légalité de l’action D’après le juge, la légalité de l’action peut être contestée devant la HAC ou la Cour constitutionnelle. Des recours internationaux restent envisageables, notamment devant la Cour africaine des droits de l’Homme et des Peuples. En outre, dit-il, « La suspension des réseaux sociaux au Gabon peut se justifier légalement par la protection de l’ordre public, mais ses effets sur les droits fondamentaux nécessitent une évaluation stricte. Une suspension prolongée et générale pourrait être considérée comme disproportionnée, affectant la liberté

RETRAITE ET ENTREPRENEURIAT

« La retraite désigne la période de la vie au cours de laquelle une personne cesse son activité professionnelle, généralement en raison de l’âge. Elle bénéficie d’un revenu de remplacement appelé pension. Cet élément central des systèmes de protection sociale, vise à garantir un niveau de vie minimal après la vie active. Pour autant, la pension ne suffit pas à elle seule à la vie du retraité pour diverses raisons y compris les retards de paiement, le coût élevé du niveau de vie et la hausse des dépenses de santé.  Le Cabinet YENING conseille et aide les retraité.es à se préparer à l’après-retraite par l’entrepreneuriat très tôt. Toutefois, l’activité dois être simple et maîtrisée. Le but n’est pas le risque, mais la stabilité financière.

JOURNÉE MONDIALE DE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE

Quelle est la place du Gabon dans le domaine de la liberté de la presse ? La question était au cœur de la célébration en différé, le 08 mai 2026, de la Journée mondiale de la Presse organisée à la Maison Georges Rawiri, siège de Gabon 1ère, par le ministère de la Communication et des Médias en partenariat avec le Bureau de l’Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture (UNESCO) du Gabon. La journée a réuni les membres du gouvernement y compris le ministre de la Communication et des Médias ; les représentants de l’UNESCO et de la Haute Autorité de la Communication (HAC) ; les professionnels des médias et nombre d’invités. « Cette journée n’est pas une fête ordinaire, elle est un rappel historique. En effet, elle commémore la 33ème année de la Déclaration de Windhoek, en Namibie, qui a réaffirmé une idée simple et essentielle : Pas de démocratie sans une presse libre, pluraliste et indépendante », a déclaré le représentant de la presse.  « Mais, 33 ans après, quelle est la place du Gabon dans le domaine de la liberté de la presse ? », s’est interrogé Brice Ntoutoume.   Il a rappelé le bond remarquable qui a hissé le Gabon, en 2024, à la 56ème place du classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans Frontières, juste derrière les États-Unis d’Amérique. Deux ans après, notre pays se classe au 43ème rang mondial. « Ce recul doit nous interpeller, car il est le signe que la vigilance ne doit jamais faiblir… Il est donc nécessaire et urgent que le politique rectifie le tir », a martelé le journaliste. Le représentant de la presse a lancé un appel à l’accélération de la révision du statut particulier du communicateur et du Code de la Communication, l’objectif étant « de garantir une visibilité et une indépendance réelles des professionnels des médias, et de leur permettre d’informer les décideurs, d’éduquer les masses et divertir le public. » Pour Brice Ntoutoume, « L’avenir ne saurait être en paix sans une prise en considération des acteurs majeurs de la stabilité que sont les journalistes. Dans notre société, malgré la véracité des faits qu’ils se doivent de relayer, certains sont encore contraints. Nous nous mettons au silence au nom de l’intérêt supérieur de la Nation ». Le journaliste « étant protégé et valorisé sous d’autres cieux », notre confrère a émis le souhait qu’il en soit de même pour les journalistes gabonais à l’ère de la VÈME République. Reconnaissant que la liberté de la presse est un combat permanent, Brice Ntoutoume a invité tous les acteurs de l’écosystème médiatique national à défendre les droits de la presse, notamment ceux afférents à la liberté d’expression et d’opinion, d’informer et d’être informée, car « Sans une presse libre, il n’y a pas de débat public. Et sans débat public et contradictoire, il n’y a pas de démocratie. » De son côté, l’UNESCO a souligné son engagement auprès du gouvernement gabonais dans le secteur des médias et la promotion des deux défis majeurs que sont les droits de l’homme et le développement national. « La liberté d’expression et la liberté de médias sont des droits indispensables pour la démocratie, pour la transparence des institutions publiques et la participation citoyenne », a déclaré Patricio Zambrano Restrepo. Saluant les changements survenus en 33 ans dans la façon de communiquer, le représentant de l’UNESCO a mis l’accent sur le rôle majeur des réseaux sociaux dans l’information des citoyens et des citoyennes. Il a révélé, chiffres à l’appui, que « Plus de 60% de la population mondiale s’informe principalement via les plateformes numériques. Il a alerté sur les risques de désinformation et de fausses nouvelles qui sont sources de chaos et de troubles sociaux, et plaidé pour la création d’un cadre juridique multisectoriel impliquant les médias, les associations, les pouvoirs publics, les plateformes numériques et la société civile. L’enjeu est « de constituer un équilibre durable entre les droits fondamentaux, les intérêts généraux, le respect d’autrui et surtout la vérité. » Répondant aux attentes de la presse, le ministre de la Communication et des Médias, Germain Biahodjow, a tenu à les rassurer sur les avancées relatives « aux textes importants que le gouvernement a adoptés le 26 février 2026, notamment : les ordonnances sur la régulation des réseaux sociaux, les projets de loi sur le statut particulier des professionnels de la communication et l’accès à l’information publique. » « Les textes sont déjà disponibles dans la navette institutionnelle entre le gouvernement, l’Assemblée nationale et le Sénat. Nous attendons notre passage devant le Parlement pour solliciter la ratification de ces textes importants qui vont modifier le paysage médiatique », a indiqué le ministre qui s’est, par ailleurs,exprimé sur le recul du rang du Gabon dans le domaine de la liberté de la presse. « La dégradation du positionnement actuel du Gabon n’est pas une fatalité. Elle tient à quelques contingences, ce qui est normal dans la vie d’une nation. Le mieux ne s’est pas fait ailleurs en matière de liberté de la presse. Je peux dire que le meilleur s’est fait au Gabon, parce que le Gabon reste l’un des rares pays qui a constitutionnalisé, depuis 2024, ses droits fondamentaux, notamment la liberté de la presse. » Selon le ministre, la liberté de la presse doit être exercée au Gabon comme partout ailleurs, dans le respect de l’éthique et la déontologie de la profession, ainsi que dans le respect des lois et règlements en vigueur.  Au-delà des allocutions, la cérémonie s’est poursuivie avec la remise des certificats de reconnaissance, entre autres, à François Ndjimbi et Pierre Noël Botsika Bobé. Les autres récipiendaires qui n’ont pas pu prendre part à cet événement sont : Brigitte Anguilet, Désiré Ename, François Duc Moukouangui, Victor Mbenga Effa et Paul Mbadinga Matsiendi. Rodrigue Bekale de l’Association de l’Union gabonaise de la presse sportive (AUGPS), a remis une attestation au ministre de la Communication et des Médias en signe de reconnaissance « de ses efforts depuis sa prise de fonction. » Brice Ntoutoume a qualifié « d’avancée majeure l’inscription du droit d’accès à l’information dans la nouvelle Constitution nationale » et lancé un appel à l’accélération des réformes engagées « pour JOURNÉE MONDIALE DE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE