Fondatrice et Directrice de Publication

Flavienne Louise Issembè

Journalistes Seniors

Yvette Bivigou
Martial Idundu
Flavienne Louise Issembè

Collaborateurs

Annie Mapangou
Eric Ozwald
Florène Okome Pambo
Tama Z’Akis

Equipe Technique

Chris Jonathan - Développeur
Gerald Boussougou - C. Manager
Andy G. K. Amiaganault - Cadreur
Hermann Oke Mve - Cadreur
Alain Wolbert - Cadreur
Delvane BKG - Cadreur

Contacts

infovivremagazine@gmail.com

+241 62 71 98 92

Edit Template

ABANDON DES AÎNÉ.ES

QUAND LE DÉLAISSEMENT DEVIENT UN CRIME

Dans la société gabonaise, la famille occupe une place essentielle dans la prise en charge des personnes âgées. Mais lorsque cette solidarité disparaît, la personne âgée peut se retrouver exposée à l’abandon, aux violences, à l’exploitation financière ou encore à la confiscation de ses biens. Il faut pourtant le rappeler : l’âge ne fait pas perdre ses droits à une personne. La Constitution gabonaise garantit aux personnes âgées la protection de la santé et la protection sociale, affirmant également que l’État garantit aux retraités et aux personnes âgées le repos et les loisirs.

Considéré à tort comme un simple drame familial confidentiel, le délaissement des parents âgés est désormais sévèrement puni par le Code pénal et la loi n°002/2023. Au Gabon, la solidarité envers nos ainés est devenue un impératif d’ordre public.  L’époque où l’on pouvait délaisser un parent âgé sans rendre de comptes à la justice est définitivement révolue. Le cadre juridique gabonais protège désormais fermement la dignité de nos aînés.

Abandon et négligence : ce n’est pas simplement une affaire de famille

Une personne âgée qui dépend de son entourage pour se nourrir, se soigner ou se déplacer est particulièrement vulnérable. Le Code pénal gabonais prévoit une infraction spécifique lorsqu’une personne délaisse son conjoint, ses père et mère ou toute personne placée sous sa responsabilité alors que celle-ci n’est pas capable de se protéger en raison de son âge ou de son état physique ou psychique. Lorsque ce délaissement entraîne des conséquences graves, les peines peuvent être fortement aggravées. Cela signifie concrètement qu’un enfant ne peut pas considérer comme normal le fait de laisser son parent âgé sans nourriture, sans soins ou dans des conditions mettant gravement sa vie ou sa santé en danger.

Les violences morales, psychologiques et économiques

La violence contre une personne âgée ne se limite pas aux coups. Le droit pénal gabonais reconnaît également les violences morales, psychologiques, économiques et patrimoniales. Lorsque la victime est vulnérable en raison notamment de son âge, cette vulnérabilité constitue une circonstance aggravante. Ainsi, humilier constamment une personne âgée, la menacer, l’isoler, lui retirer volontairement ses ressources ou exercer des pressions pour lui faire abandonner ses droits a des conséquences juridiques strictes.

Que faire lorsqu’une personne âgée est victime ?

Face à de telles situations, la première précaution consiste à réagir dès les premiers signaux d’alerte sans jamais banaliser les faits. Il faut conserver l’ensemble des preuves, notamment les documents médicaux, relevés bancaires, messages, témoignages ou actes administratifs. En cas de violences ou de danger immédiat, la victime ou son entourage doit alerter les autorités en se rapprochant des services compétents, notamment des forces de sécurité ou de l’autorité judiciaire. Enfin, il est indispensable de respecter l’autonomie de la personne âgée lorsqu’elle est encore capable de prendre ses décisions. Protéger une personne âgée ne signifie pas lui retirer sa liberté, mais respecter sa volonté et ses biens.

Une règle simple pour l’organisation familiale

Lorsqu’un parent devient dépendant, les enfants devraient organiser clairement la prise en charge concernant le logement, l’alimentation, les soins, les dépenses et la gestion des documents. Il est préférable de conserver rigoureusement tous les justificatifs des dépenses effectuées avec l’argent de la personne âgée. Cette simple précaution permet d’éviter de nombreux conflits familiaux et protège la personne vulnérable contre les détournements et les accusations injustifiées.

Délaisser n’est pas seulement laisser dans la rue

Aux termes de la loi n°002/2023, l’abandon s’entend de tout comportement visant à isoler une personne de 60 ans ou plus sans aide ni appui. La maltraitance inclut quant à elle les atteintes physiques, morales ou les traitements humiliants.

Une obligation d’assistance inscrite dans la loi

L’article 24 de la loi est catégorique : toute personne âgée a droit à l’assistance de sa famille. En l’absence de proches, c’est à l’État et aux collectivités locales de prendre le relais.

Des peines de prison fermes pour les délinquants familiaux

La loi prévoit un arsenal répressif très dissuasif :

  • Abandon et exclusion sociale : 1 à 5 ans de prison et jusqu’à 3 000 000 FCFA d’amende (Art. 28).
  • Maltraitances physiques ou morales : 1 à 5 ans de prison et jusqu’à 1 500 000 FCFA d’amende.
  • En cas de décès consécutif à l’abandon : La peine grimpe de 10 à 20 ans de réclusion criminelle et 10 000 000 FCFA d’amende (Art. 31).

Fin de la persécution liée aux accusations de sorcellerie

La loi n°002/2023 interdit strictement l’exclusion sociale fondée sur des accusations calomnieuses de sorcellerie, un mal qui frappait jusqu’ici de nombreuses personnes âgées isolées dans nos provinces.

QUE FAIRE EN CAS D’ABANDON ?

  • Sécuriser immédiatement l’aîné
  • Alerter les autorités compétentes
  • Récolter preuves & témoignages
  • Activer la Carte Verte d’aide

CE QUE DIT LA LOI

  • Définition : Est dite « personne âgée » toute personne ayant atteint 60 ans.
  • Obligation : Le soutien familial est une dette juridique, non un choix.
  • Sanction simple : Jusqu’à 5 ans de prison pour abandon.
  • Sanction lourde : Jusqu’à 20 ans de réclusion si l’abandon entraîne la mort.
  • Protection : Interdiction stricte du rejet pour motif de sorcellerie.

Regarder