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ALERTE À LA PÉNURIE

DES SPÉCIALISTES EN SANTÉ DES PERSONNES ȂGÉES

« La gériatrie c’est le futur. Les besoins dans ce domaine vont augmenter. L’État doit prendre ce problème à bras le corps en créant de grandes infrastructures et l’environnement nécessaire pour cette spécialité. »

Dr Paul Obessa. Médecin Chef du Service Gériatrie au CNGGM.

La vie est fragile. Elle l’est davantage quand les structures sanitaires manquent des ressources indispensables à leur bon fonctionnement. Au Gabon, le Centre national de gérontologie-gériatrie de Melen (CNGGM), unique établissement de prise en charge psycho-médico-sociale des personnes âgées de 60 ans et plus, n’a ni gériatres ni gérontologues certifiés depuis son ouverture en 2010 alors que les besoins en santé de cette tranche d’âge sont extrêmement importants.  

Mais que sont au juste la gériatrie et la gérontologie ?

Selon les spécialistes, « la gérontologie est l’étude scientifique du vieillissement au plan biologique, psychologique, sociologique, économiques et démographique. En tant que tel, le gérontologue analyse les mécanismes du vieillissement et la place des personnes âgées dans la société, évalue les politiques de prévention, l’économie de la santé et les structures d’accueil. »

Le diagnostic et le traitement des pathologies des personnes âgées relèvent de la gériatrie. Cette branche propose une approche globale psycho-médico-sociale basée sur « la préservation ou la restauration de l’autonomie et la qualité de vie des seniors, la prévention et l’anticipation », l’objectif étant « d’éviter les risques de perte d’autonomie. »

La dénutrition et les hospitalisations en urgence, le suivi des troubles de la mémoire et de la mobilité, de l’incontinence, les interventions en milieu hospitalier, en consultation externe, à domicile ou en structures d’hébergement adaptées sont d’autres domaines clés de la gériatrie.

Comment fonctionne le CNGGM ?

Au fil des ans, la prise en charge des patients s’est quelque peu améliorée grâce au dévouement du personnel du Centre, à l’appui de l’État, de partenaires et donateurs. Pour autant, travailler sans gériatres ni gérontologues certifiés représente des risques majeurs pour la santé. Les personnes atteintes de maladies chroniques tels que le diabète et la tension artérielle, sont exposées à des complications cardiovasculaires ou des accidents vasculaires cérébraux (AVC).

Les besoins du CNGGM sont immenses, notamment aux plans des ressources humaines, de la formation de spécialistes et de la couverture médicale des seniors.  Le gouvernement, en lien avec la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS), s’emploie à renforcer ce volet.

Le personnel de santé, peu nombreux, comprend des infirmiers, des aides-soignants, deux psychologues, un kinésithérapeute, une orthophoniste et 5 médecins y compris le chef du service gériatrie. Un médecin généraliste et une psychologue sont actuellement en formation au Sénégal, respectivement en gériatrie et gérontologie. D’autres devraient suivre, l’objectif étant « d’augmenter le taux de fréquentation de l’établissement », nous disait récemment le Directeur général du CNGGM, Judicaël Mombo Mombo qui, depuis le 18 septembre 2026, a été appelé à d’autres fonctions.

Le budget alloué à l’établissement est loin d’être suffisant. M. Mombo Mombo l’évalue à 465 millions par an pour l’ensemble des résidents. Si ce budget inclut « l’alimentation, l’hébergement, la restauration, la prise en charge psycho-médico-sociale, les soins infirmiers, la rééducation et l’accompagnement de la personne âgée », il ne prend en compte « ni la maintenance de la structure, ni les fournitures de bureau, ni les évènements annuels, ni la main d’œuvre locale », a-t-il précisé.

Au plan social, les syndicats de retraités et la société civile militent pour une revalorisation des pensions de retraite et la création de maisons de retraite publiques dans chaque chef-lieu de province pour soulager les familles. 

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