À l’ère du numérique, une richesse inestimable se perd silencieusement, celle détenue par nos aîné.es. Les senior.es sont des bibliothèques vivantes, porteuses de savoirs, d’histoires et de traditions que nul livre ne pourra jamais entièrement retranscrire.
Sous les traits ridés se cachent des décennies d’expérience. Contes et légendes, proverbes chargés de sagesse, connaissances des plantes médicinales, maîtrise des rites traditionnels… Chaque aîné.e est un chapitre vivant de l’histoire familiale et communautaire. Il connaît les origines du clan, les alliances entre familles, les migrations ancestrales.
Mais cette transmission est en péril. L’exode rural vide les villages de leur jeunesse. Les enfants grandissent en ville, loin des grands-parents. Les téléphones portables ont remplacé les veillées au coin du feu. Avec la disparition de chaque aîné.e, c’est une bibliothèque entière qui brûle.
Le 1er octobre 2026 marque un tournant avec la première édition de la Journée Nationale du Retraité et de la Personne Âgée. Cette initiative salutaire offre l’opportunité de rappeler que nos aînés ne sont pas des poids pour la société, mais des trésors à préserver.
Cette journée permet de sensibiliser les jeunes générations à l’importance d’écouter, de questionner, de recueillir la parole des anciens avant qu’elle ne s’éteigne. Au-delà de la célébration, elle doit servir de déclic pour des actions concrètes, des programmes de collecte de mémoire orale, l’intégration des savoirs traditionnels dans les écoles, le soutien aux initiatives familiales de transmission intergénérationnelle.
Des initiatives émergent déjà. À la télévision nationale, des programmes comme GAB KULTURE et ORATEUR BANTU véhiculent nos rites et coutumes à travers des invités qui sont des anciens notables, chefs de quartier, dignitaires traditionnels. Ces émissions offrent une plateforme précieuse pour que la parole des aîné.es atteigne un large public, notamment les jeunes urbains déconnectés de leurs racines.
Mais l’effort doit être amplifié. Chaque jour qui passe sans écoute active est un chapitre de notre histoire collective qui se perd, car une bibliothèque vivante, ça s’écoute. Ça se questionne. Ça se préserve. Avant que les pages ne se tournent définitivement, il est temps d’ouvrir les livres.
Le 1er octobre 2026 n’est pas qu’une date symbolique. C’est un appel à l’action. Nos aîné.es sont là, prêts à transmettre. Sommes-nous prêts à écouter ?
