Des personnes souffrent en silence. Qui sont-elles ? Où sont-elles ? Que font-elles ? Comment peuvent- elles s’en sortir quand elles sont atteintes dans leur âme, leur corps et leur dignité ? Enfants
abandonnés, filles-mères stigmatisées, femmes battues, prisonniers torturés, handicapés et personnes du 3 ème âge isolés vivent le pire des cauchemars.
Leurs vécus au quotidien en font des êtres extrêmement vulnérables qui portent en eux de profondes
blessures physiques et mentales. En l’absence d’une attention particulière, d’une prise en charge rapide et de soins adéquats, les victimes décèdent ou trainent des traumatismes à vie causés par diverses maladies, la violence ou des accidents.
À l’occasion du nouvel an, « Vivre », a choisi de consacrer ses pages à l’histoire passée et présente, au vécu et à la lutte que les vulnérables mènent parfois seuls ou avec l’appui de structures d’aide et
d’accompagnement. Petit à petit, ils retrouvent le sourire grâce aux programmes d’encadrement et de
réinsertion sociale mis en place dans le cadre d’une collaboration soutenue entre les deux parties.
La valorisation des droits de la personne, basée sur le respect à son égard, la promotion de sa dignité et de son épanouissement, a permis à nombre d’exclus sociaux d’être confiants et de reprendre leur destin en main. Certains sont revenus sur les bancs de l’école. D’autres ont trouvé un emploi et fondé une famille. Leur parcours, depuis ce jour où tout a basculé, mérite d’être conté.
Selon la présidente de l’AFI.M.MO, Patricia Bruant Kessany, « Les filles-mères sont des milliers. Elles sont vulnérables parce qu’elles sont pauvres, instables et coincées psychologiquement. La pauvreté mentale a chosifié la gent féminine au Gabon. L’AFI.M.MO veille sur elles pour que, plus jamais, elles ne tombent dans l’oubli. Nous les invitons à venir vers nous pour qu’ensemble nous trouvions des solutions. »
Dans le registre des violences conjugales, Maître Sylvie Rekanga, avocat au barreau du Gabon et leader de l’Association « Justice et Droit pour Tous » tire la sonnette d’alarme.« Lorsqu’une femme reçoit des coups, elle se rend automatiquement dans un commissariat. Les officiers de police judiciaire (OPJ) doivent être habilités à recevoir ce genre de victime et être bien outillés par rapport à ce que dit la loi. ».
De son côté, SOS Prisonniers dénonce les conditions de détention dans l’univers carcéral. Selon le président de l’association, Lionel Ella Engonga, « Les prisonniers sont privés de liberté de mouvement et de certains droits, notamment ceux afférents à la santé, l’éducation et la sécurité. »
« Ouverte en 1956, sous l’ère coloniale, pour une population de 300 à 500 personnes, la prison centrale de Libreville, accueille aujourd’hui plus de 3 500 détenus. Il apparait judicieux que l’esprit des droits de l’Homme soit au centre de tout. Les droits de l’Hommes protègent les plus forts, les droits de l’Homme protègent les plus faibles », indique le président de SOS Prisonniers.
Le sort des personnes en situation de vulnérabilité appelle à un changement de paradigme basé sur la valorisation et la défense accrue de leurs droits fondamentaux, l’objectif étant de faire des victimes de l’injustice, des inégalités et de l’insécurité, des personnes dignes, des citoyens à part entière à même de contribuer au développement de notre pays.
Brisons le silence et le calvaire des Vulnérables.
