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La Rédaction

CONSTITUTION NATIONALE ET EFFECTIVITÉ DES DROITS HUMAINS

CONSTITUTION NATIONALE ET EFFECTIVITÉ DES DROITS HUMAINS La Constitution nationale joue un rôle indéniable dans nos vies et celle de la Nation. Elle définit et organise les institutions de l’Etat, et garantit les droits et libertés fondamentales de la personne humaine. Pour autant, sa suprématie est-elle toujours garantie ? Nous vous invitons à le découvrir à travers l’éclairage du Pr Télésphore Ondo, maître de conférences en droit public à la Faculté de droit et des sciences économiques de l’Université Omar Bongo et directeur du Centre de recherches et d’études constitutionnelles, administratives, parlementaires, politiques et internationales (CRECAPPI).     Vivre : Professeur Télésphore Ondo, qu’est-ce que la Constitution nationale et que représente-t-elle pour la nation gabonaise ?   Pr Télésphore Ondo : Le mot « Constitution » peut revêtir plusieurs sens. Toutefois, la définition juridique renvoie à une double conception de la Constitution : au sens matériel et au sens formel.   Au sens matériel, on peut la définir à partir de son objet, de sa matière, sa substance ou son contenu. On parle alors de Constitution matérielle. La Constitution est considérée ici comme l’acte fondateur d’une société politique donnée. Mieux, elle est l’acte juridique précis qui définit le statut de l’Etat, c’est-à-dire qui soumet l’exercice du pouvoir à un cadre juridique précis pour le choix des gouvernants, pour l’organisation et le fonctionnement des différentes institutions, pour les rapports entre ces institutions, enfin pour les rapports entre les citoyens et l’Etat. Tous les Etats ont une Constitution matérielle, quels que soient leurs régimes politiques.   Au sens formel, on peut également définir la Constitution à partir de sa force, de sa forme ou de sa procédure. La Constitution est dite formelle. Dans ce sens, la Constitution est l’ensemble des règles écrites ayant une valeur supérieure à celles des autres règles et qui ne peuvent être modifiées que par un organe spécial et selon une procédure spécifique prévue par la Loi fondamentale, différente et supérieure à celle utilisée par la loi ordinaire. Vu sous cet angle, la Constitution est dite rigide. La Constitution est pour la nation ce que la Bible est pour les chrétiens, c’est-à-dire la Loi fondamentale, la loi sacrée qui est le rempart contre les abus des pouvoirs publics.   Quels sont le rôle et le pouvoir de la Constitution nationale ?   Pr Télésphore Ondo : La Constitution n’a pas pour unique objet de déterminer la forme de l’État, d’organiser les institutions et de déterminer les règles de production des normes. La Constitution est un acte fondateur par lequel une société se constitue une identité et décide de l’ordre sociétal voulu. En particulier, elle consacre des droits et libertés fondamentaux et définit les modalités de leur protection. C’est la charte des valeurs libérales des sociétés démocratiques. En définitive, la Constitution se présente comme un acte de limitation des pouvoirs ainsi que l’exprime l’article 16 de la Déclaration française de 1789 sur les droits de l’homme et du citoyen qui prévoit que « toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution ».   Toutefois, ce rôle de la Constitution se trouve dénaturé aujourd’hui à cause de la fréquence des révisions constitutionnelles, tantôt instrumentalisées par le pouvoir en place ; tantôt déstabilisées par la banalisation des révisions en dépit de la rigidité affichée ; ou encore menacées de l’intérieur par un contenu crisogène et conflictogène; voire concurrencée par des accords politiques à la portée juridique discutable. Cette délégitimation du sens commun des Constitutions est réelle.   Du pouvoir de la Constitution : La Constitution a :   un pouvoir (normatif) de contrainte et de soumission des pouvoirs publics et des personnes privées ;   un pouvoir qui institutionnalise la négociation, le consensus ;   un pouvoir qui incarne le pacte social fondateur, assis sur des valeurs et principes communs ;   un pouvoir de garant d’un équilibre juste et harmonieux des partenaires politiques et sociaux ;   un pouvoir de règlement pacifique des conflits ou de pacification des rapports politiques et sociaux ;   un pouvoir symbolique et juridique car elle justifie la fondation d’un Etat. L’établissement et la révision de la Constitution obéissent à des règles particulières et protectrices.   Quelle est la place des droits de l’homme et des libertés fondamentales dans la Constitution nationale ?   Pr Télésphore Ondo : Les droits de l’homme et les libertés fondamentales occupent une place de choix dans la Constitution gabonaise. Car, dès le préambule de la Constitution, le peuple gabonais « affirme solennellement son attachement aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales » tels qu’ils résultent de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, consacrés par la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples de 1981 et par la Charte nationale des libertés de 1990. De plus, la Constitution prévoit un titre préliminaire intitulé « Des principes et des droits fondamentaux ». Enfin, l’article 1er, qui consacre plusieurs droits fondamentaux, précise préalablement que : « La République gabonaise reconnaît et garantit les droits inviolables et imprescriptibles de l’homme, qui lient obligatoirement les pouvoirs publics. »   Comment la Constitution nationale garantit-elle les droits de l’homme et les libertés fondamentales ?   Pr Télésphore Ondo : La Constitution nationale prévoit plusieurs outils de garantie :   le pouvoir judiciaire, gardien de la liberté individuelle (article 1eret 23 in fine) ;   la Cour constitutionnelle garantit les droits fondamentaux de la personne humaine et les libertés publiques (article 83 in fine) ;   le Parlement, en votant la loi et en contrôlant l’action du gouvernement, participe largement à la garantie des droits de l’homme.   Quelle est l’effectivité de la mise en œuvre des droits de l’homme et des libertés fondamentales au Gabon ?   Pr Télésphore Ondo : Le bilan est mitigé quant à l’effectivité de la mise en œuvre des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Plusieurs facteurs justifient ce bilan :   la méconnaissance des droits et procédures par les citoyens et même certains professionnels du droit ;   le manque de volonté des organes compétents (absence de contrôle) ;   la CONSTITUTION NATIONALE ET EFFECTIVITÉ DES DROITS HUMAINS

QUI A DES DROITS ? QUELS SONT-ILS ?

QUI A DES DROITS ET QUELS SONT-ILS ? Avoir des droits, les connaitre et en jouir est une aspiration légitime et un droit fondamental de l’humanité. Proclamé et reconnu dans le monde, ce droit est-il pour autant garanti à tous les êtres humains sur un pied d’égalité ? Est-il la clé d’un monde meilleur où la vie, la dignité, la sécurité, le bien-être et la liberté de la personne sont sacrés ? Que nous disent les textes des droits de l’homme ? La Déclaration universelle des droits de l’homme, la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et la Constitution gabonaise sont unanimes : tous les êtres humains ont les mêmes droits. Ils sont tenus de les respecter et d’en user dans le strict respect de leurs devoirs vis-à-vis d’autrui. Garante du fonctionnement de l’État, des droits et libertés de la personne, la loi fondamentale de 1991, actuellement en vigueur, dispose en son article premier : « La République gabonaise reconnaît et garantit les droits inviolables et imprescriptibles de l’homme qui lient obligatoirement les pouvoirs publics. » S’ensuivent 24 alinéas dont 4 sont cités ici à titre indicatif. Il s’agit  respectivement des alinéas 1-2-18-24. « Chaque citoyen a droit au libre développement de sa personnalité, dans le respect des droits d’autrui et de l’ordre public. Nul ne peut être humilié, maltraité ou torturé, même lorsqu’il est en état d’arrestation ou d’emprisonnement. »   « La liberté de conscience, de pensée, d’opinion, d’expression, de communication, la libre pratique de la religion, sont garanties à tous, sous réserve du respect de l’ordre public. »   « L’Etat garantit l’égal accès de l’enfant et de l’adulte à l’instruction, à la formation professionnelle et à la culture. »   « l’Etat favorise l’égal accès des hommes et des femmes aux mandats électoraux ainsi qu’aux responsabilités politiques et professionnelles. »   Conçu pour promouvoir la dignité humaine, la sécurité et la paix sociale, le dispositif des droits humains est un rempart contre les abus de pouvoir de tous ordres, les injustices et les inégalités. Paradoxalement, la pauvreté se répand inexorablement en terre gabonaise, pays de 2,3 millions d’habitants aux immenses richesses minérales, minières, forestières et fluviales. Selon la Banque mondiale, « un tiers de la population vit avec moins de 3 500 francs CFA par jour. Le taux de pauvreté, estimé à 33,9%, demeure élevé en dépit d’un produit intérieur brut par habitant estimé à 5,4 millions francs CFA ». La persistance de la pauvreté s’accompagne d’un taux de chômage qui se situe, d’après l’institution financière, « à 22% à l’échelle nationale et à 38% chez les jeunes. » « Nous souffrons », s’indigne un chômeur qui réclame « le respect dû à la personne indépendamment de son statut social.» Ces mots sont révélateurs de la dure réalité que vivent nombre de Gabonais qui ont peu ou pas accès à l’emploi et qui, à juste titre, estiment que les droits humains ne sont pas garantis à tous. Selon les spécialistes, le respect des droits humains se fonde sur : Des actions immédiates et à long terme.   La responsabilisation des populations en les incitant à revendiquer et affirmer leurs droits.   Le respect par l’État de ses obligations en matière de droits et d’application de la loi.   Dans cet ordre d’idées, les sujets publiés dans cette première édition trimestrielle du magazine ‘‘Vivre’’, sont consacrés à : la Constitution gabonaise et l’effectivité des droits humains, la primauté et la valeur des droits humains, la connaissance et la protection de vos droits, les droits de la veuve et de l’orphelin, le droit à l’acte de naissance et à la sécurité en milieu scolaire. Connaître, revendiquer et défendre ses droits est vital. Prenez le temps de lire et de comprendre les droits contenus dans la Constitution nationale, la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, et la Déclaration universelle des droits de l’homme. Ils sont riches d’enseignements et peuvent changer vos vies. La Rédaction «Priver les gens de leurs droits fondamentaux revient à contester leur humanité. » Nelson Mandela

EDITO

QUELLE CONSTITUTION POUR LE GABON ?   Le référendum sur la nouvelle Constitution nationale, qui devrait consacrer le retour à l’ordre constitutionnel que les Gabonais appellent de tous leurs vœux, approche à grands pas. Au cours de cet évènement, prévu d’ici à décembre, les électeurs, en leur âme et conscience, diront « Oui » ou « Non » à la future loi fondamentale, qui prévoit l’instauration d’une réelle démocratie pluraliste et d’un État de droit. Le renforcement des droits et libertés de la personne, la préservation des valeurs fondamentales de la société gabonaise et la reconnaissance du rôle des acteurs de la société civile, traditionnels et religieux, qui étaient quasi inexistants dans la Constitution de 1991, sont reconnus et garantis dans le projet de Constitution nationale. Si ces avancées sont jugées salutaires par les Gabonais.es qui ont lu le texte, d’autres points, et non des moindres, divisent l’opinion. Lors de la session de l’Assemblée Constituante sur l’examen du projet de la nouvelle Constitution nationale, des divergences sont apparues sur diverses questions. Ces points incluent : La séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire ; Le retour au régime présidentiel et, partant, la concentration des pouvoirs aux mains du chef de l’État qui, de surcroît, nommera le président du Conseil supérieur de la magistrature ; La suppression du poste de Premier ministre ; Le principe de « gabonité », qui stipule que pour accéder à la fonction présidentielle et autres hautes fonctions, il faut être gabonais, né de père et de mère gabonais. Le rapport de la Constituante a été voté à la majorité des 178 parlementaires qui ont pris part aux travaux. Huit parlementaires ont voté contre tandis que trois se sont abstenus. Il sera discuté dans les prochains jours en Conseil des ministres en vue de l’adoption de la mouture finale de la Constitution nationale. Les points de divergence susmentionnés font également débat au sein de l’opinion. À ceux-ci s’ajoutent ceux qui sont afférents à l’organisation, au manque de transparence et au coût du référendum, évalué à plus de 20 milliards de francs CFA. D’autres points critiques ont trait à la méconnaissance du texte par une frange importante de la population et la campagne tous azimuts pour le « Oui » ou le « Non » menée par certains responsables politiques, en violation de la loi électorale no 019/2024/ du 5 août 2024. En son article 69 sur la campagne référendaire, la loi dispose que « la campagne est ouverte par décret, pris sur proposition du ministre de l’Intérieur, « le dixième jour » qui précède le scrutin pour l’élection référendaire ».  S’agissant de la transparence des élections, un communiqué du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), publié au lendemain du Dialogue national inclusif, tenu en avril dernier, indique que : « L’organisation des élections sera entourée de toutes les garanties de transparence, de liberté et de participation. » L’opinion veut bien y croire, à condition que ses droits à la liberté de conscience et à la dignité soient respectés. En effet, tous les Gabonais.es ont le droit de connaître le contenu du texte de la future Constitution, les étapes qui mènent au référendum, y compris la date, qui demeure un mystère, et d’avoir le libre arbitre entre le « Oui » ou le « Non » à la future Constitution. Le processus devant consacrer le retour à l’ordre constitutionnel est l’aboutissement du coup d’État du CTRI qui a évincé Ali Bongo Ondimba du pouvoir le 30 août 2023 et ouvert la voie « au renouveau de la Nation gabonaise ». Un an après l’arrivée des militaires au pouvoir, où en est notre pays et que nous réservent les mois à venir ? Conformément au chronogramme de la transition, le référendum sur la nouvelle Constitution sera suivi, dès janvier 2025, des travaux sur le nouveau Code électoral et la tenue, en août 2025, des élections générales. Cette échéance devrait marquer la fin de la transition. Les militaires s’effaceront de la scène politique au profit des civils qui seront les seuls autorisés à se présenter aux élections générales. En prélude auxdites élections, le ministère de l’Intérieur procédera, au mois d’avril, à la révision de la liste électorale suivie, en juillet, de la distribution des cartes d’électeur et de la mise en place du matériel électoral. La Rédaction

ME. MARAT ABYLA

ME. MARAT ABYLA « La loi, le droit doit prévaloir. » En cette période de changement politico-électoral en République gabonaise, les mots de Me Yasmina Marat-Abyla sonnent comme une alerte. La juriste en droit international et membre du Réseau des défenseurs des droits humains (REDHAC), plaide pour un Code électoral qui prend en compte la diversité des opinions de l’ensemble des secteurs de la société.   Nul ne pouvant être jugé et parti, l’appel récent de la militante et autres membres de la société civile à la mise en place d’un organe indépendant chargé de l’organisation des élections est tombé dans l’oreille d’un sourd. Le projet de loi organique, portant Code électoral en République gabonaise, confère au Ministère de l’Intérieur l’organisation des élections.     Tama Z’Akis

ILS ONT DIT

« Les nostalgiques des vieilles habitudes doivent comprendre que le Gabon a définitivement tourné la page de l’arbitraire et de la mal gouvernance… La démocratie que nous bâtissons n’est pas une façade. Elle s’enracine dans nos Institutions Restaurées, dans notre justice indépendante, dans notre presse libre, et dans le dialogue permanent que nous entretenons avec toutes les forces vives de la nation. » Brice Clotaire Oligui Nguema. Président de la Transition. « Mon message aux autorités de la Transition est le suivant : pour une fois, en 2023, on a vu un peuple qui s’est réconcilié avec son armée. Il n’est pas question que l’image de l’armée gabonaise qui a été souvent écornée soit à nouveau remise en cause par des comportements d’un autre âge. La Transition devrait sceller la réconciliation entre le peuple et l’armée. » Sentiment Ondo Elibiyo. Coordonnateur de la Coalition Tournons la Page-Gabon « Pour améliorer nos conditions de vie, les politiciens doivent tenir leurs promesses et écouter la population en dehors des périodes électorales. Ils doivent se rendre dans les zones reculées pour constater les conditions de vie difficiles des Gabonais. L’accès à l’emploi et la réduction du coût de la vie sont des priorités. » Grâce. Archiviste « Nos voix comptent, car sans elles, les élections ne peuvent pas se dérouler. C’est grâce à nos votes que les candidats peuvent être élus. Cependant, nos voix semblent avoir de l’importance uniquement avant et pendant les élections. Une fois celles-ci terminées, nos voix ne comptent plus. » Mirabelle. Fonctionnaire

À QUOI SERT UN CONTRAT DE TRAVAIL

À QUOI SERT UN CONTRAT DE TRAVAIL ? Le contrat de travail est un document fondamental. Il lie le salarié à son employeur. Prenez le temps de le lire dans ses grandes et petites lignes avant de le signer. Passez-les au crible avant qu’elles ne se matérialisent et fassent de vous une victime. Pour éviter toute forme dʼembarras, imprégnez-vous également du nouveau Code du travail (2021) et de la loi n°3/94 du 21 novembre 1994 portant Code du travail. Vous y trouverez tout ce que vous devez savoir sur les relations de travail entre lʼemployé et lʼemployeur, ainsi qu’entre ce dernier ou ses représentants, les apprentis et les stagiaires placés sous son autorité. Lʼarticle 19 du nouveau Code du travail dispose que : « Le contrat individuel de travail est une convention par laquelle une personne sʼengage à mettre son activité professionnelle sous la direction et lʼautorité dʼune autre personne qui sʼoblige à lui payer en contrepartie une rénumération  Pour qu’il y ait contrat de travail, trois éléments doivent être réunis : Le rapport de subordination établit le lien par lequel l’employeur exerce son pouvoir de direction sur l’employé a travers les ordres qu’il donne, le contrôle de l’exécution  des ordres et les sanctions en cas de mauvaise exécution des ordres. L’activité se base sur le type de travail à effectuer et la manière dont il sera structuré.  La rémunération , au sens de la présente loi, est le salaire ou le traitement de base avec tous les avantages et accessoires.  Le contrat sert donc à fixer dès le départ le calendrier et les modalités de travail, afin que les deux parties puissent ensuite sʼy référer en cas de litige. Cependant, selon les secteurs dʼactivité, il existe également des conventions collectives qui servent de cadre général. Elles sont signées par les syndicats et les associations professionnelles. Le contrat peut également prévoir une période dʼessai (voir articles 45 et 50) initial pendant laquelle les règles régissant la rupture de la relation sont différentes, tant en cas de licenciement quʼen cas dʼabandon de lʼemploi.  La durée du contrat de travail Du contrat à durée déterminée (articles 23-27) Le contrat de travail à durée déterminée est un contrat comportant un terme certain, fixé dʼavance et dʼaccord parties. Il est obligatoirement écrit. Sa durée ne peut excéder deux ans. Lorsque le contrat à durée déterminée est arrivé à son terme et se poursuit par la volonté, même tacite, des parties, la prolongation confère au contrat le caractère de contrat à durée indéterminée, nonobstant toute clause prohibant la tacite reconduction. Du contrat à durée indéterminée (articles 28-44) : Le contrat de travail à durée indéterminée est celui dont le terme nʼest pas fixé d’avance et d’un commun accord entre les parties et qui peut cesser à tout instant par la volonté de lʼune ou lʼautre partie, sous réserve du respect du préavis et des procédures prévues à la présente loi. Que faut-il inclure lors de la rédaction dʼun contrat ? Les responsabilités professionnelles : ce volet inclut une description générale des fonctions et des devoirs. Le type de contrat de travail dont lʼemployeur a besoin dépend du type de travail que vous allez effectuer et de la manière dont il sera structuré. Lʼemployeur doit prendre les mesures nécessaires pour embaucher des employés et comprendre les implications de chaque type de contrat de travail. Les heures et les jours de travail des employés. Le salaire ou la commission initialement convenu. Tous les avantages supplémentaires offerts, tels que lʼassurance maladie, les cotisations de retraite (article), les réductions pour les employés. Motifs de résiliation (cas du contrat de travail à durée indéterminée) Même si un contrat comprend une durée dʼemploi déterminée, lʼemployé peut toujours être licencié au gré de lʼemployeur ou mettre lui-même fin à lʼemploi. Les conséquences financières dʼune résiliation anticipée doivent être discutées, y compris toute admissibilité à une indemnité de départ. Selon lʼarticle 57, « la résiliation est le fait par lequel lʼune des parties exerce le droit de mettre fin au contrat de travail. Toute résiliation dʼun contrat de travail doit être faite par écrit par la partie qui en prend lʼinitiative ». Licenciement (article 63-75) : Le licenciement est la résiliation du contrat de travail qui résulte dʼune initiative de lʼemployeur. Le licenciement est prononcé soit pour motif personnel, soit pour motif dʼordre économique. Le motif personnel peut tenir à lʼinaptitude physique ou professionnelle du salarié, ou à son comportement fautif. Démission (article 76) : La démission est la manifestation par le travailleur de sa volonté de mettre fin au contrat de travail. Elle ne se présume point. Elle doit être expressément notifiée par écrit à lʼemployeur. Celui-ci doit en accuser réception dans les quarante-huit heures qui suivent la notification La rupture à lʼamiable (article77) : La rupture amiable est la manifestation de la volonté commune de lʼemployeur et du travailleur de rompre la relation contractuelle de travail qui les lie. Lʼemployeur et le travailleur conviennent des modalités pratiques de rupture de la relation contractuelle. Cet accord est matérialisé par un écrit daté et signé des parties. Selon que lʼinitiative de la rupture amiable émane de lʼemployeur ou du travailleur, lʼemployeur sera tenu de verser au travailleur, outre les mesures dʼaccompagnement, toutes les indemnités légales dues au jour de la rupture de la relation contractuelle. Une copie de lʼaccord de la rupture à lʼamiable est adressée à lʼinspecteur du travail. Départ à la retraite (article 78) : Le départ à la retraite est la cessation par le travailleur atteint par la limite dʼâge de toute activité salariée. Il intervient à lʼinitiative de lʼemployeur ou du travailleur. Cette limite dʼâge est fixée à soixante ans. Toute- fois, en raison du caractère particulier de certains secteurs dʼactivité, lʼâge du départ à la retraite peut être ramené à 55 ans au moins où être porté à 65 ans au plus. Outre les cas de lʼâge de départ à la retraite traités aux paragraphes ci‐dessus et ceux qui sont prévus par le Code de sécurité sociale, À QUOI SERT UN CONTRAT DE TRAVAIL

UNE VISION. UN RÊVE. UN IDÉAL.

UN VISION. UN RÊVE. UN IDÉAL. De toutes les couleurs et de toutes les saveurs, les plats dʼEric Benjamin Mankey Akogbeto titillent les papilles et les sens de ses clients. Agé de 50 ans, il est depuis un an le top chef du Restaurant Mannah Kitchen situé à Okala, dans la commune dʼAkanda. Initié à lʼart de la gastronomie au début des années 2000 aux Etats-Unis, particulièrement à lʼInstitut français culinaire de New York, M. Mankey Akogbeto est passionné de nutrithérapie.   Alumni de la classe de 2012, cet adepte de la médita- tion, du yoga et de la prière a cultivé sa passion pour la cuisine bien faite sur la base dʼexpériences pure- ment vécues. Son but aujourdʼhui est de partager son savoir avec le public et de lui rappeler que les aliments que nous consommons ont un impact sur notre santé. Rencontre dans les locaux de Mannah Kitchen.   « Vivre » : Monsieur Mankey Akogbeto, qu’est-ce que la gastronomie ?   Eric B. Mankey Akogbeto : Le mot gastronomie vient de gastrique. La gastronomie consiste à donner au consommateur la capacité de bien assimiler et digérer lʼaliment. Quand on parle de gastronomie, on parle dʼune expérience culinaire qui prend en compte et qui titille tous nos sens, le goûter, lʼodorat, la vue. Toute personne qui se dit gastronome est, de facto, portée sur le bien-être de lʼhomme à travers lʼalimentation. A chaque fois quʼon parle gastronomie, vous verrez que ce sont de petits légumes coupés très fin, ce sont des plats montés très fins. Pourquoi ? Plus les aliments sont découpés petits, mieux ils sont ingestés, digérés, assimilés. En coupant petit on ne demande pas trop dʼeffort à lʼintestin grêle et au gros intestin pour faire leur travail. La gastronomie cʼest une assimilation rapide et effective des aliments, des nutriments.   Quelle est votre expérience personnelle en tant que gastronome ?   En quête dʼun accomplissement personnel, je quitte le Gabon au début des années 2000 pour les Etats-Unis. A mon arrivée dans ce pays, mon organisme subit un choc. Jʼai des reflux gastriques. Je fais une intolérance au lactose. Je décide de mʼinvestir dans le monde culinaire et je concentre mes efforts sur la base dʼun besoin purement personnel pour me sentir mieux. Jʼac- quière les techniques de lʼart culinaire, je les mets en pratique et, très vite, je constate un impact quant à lʼamélioration de ma santé. Mon alimentation se porte sur les fruits et légumes. Chemin faisant, je passe dans plusieurs restaurants et je vois différents types dʼopérations.   Mon expérience proprement dite en tant que gastro- nome commence dès le premier poste que jʼai en cuisine, celui de lave-vaisselle. En cuisine, le premier ordre du jour cʼest la sanité des récipients, de lʼespace dans lequel on veut cuisiner. En gastronomie, tout com- mence en fait avec lʼhygiène des lieux, du matériel de cuisine, des réceptacles dans lesquels nous allons servir. Au-delà de cette expérience, jʼai fait un stage dans un restaurant 3 étoiles de Manhattan, à New York, qui sʼappelle Océana. Honnêtement, cette expérience a élargi mes papilles gustatives, mon palais, et mʼa amené à voir la nourriture, lʼaliment, sous plusieurs facettes.   Je tiens à préciser que mon arrivée à New York coïncide avec lʼémergence dʼun nouvel état de conscience au sein de la population. Les Américains commencent à comprendre que lʼaliment et leur rapport avec lʼaliment pendant les quarante dernières années ont causé beau- coup de maux dans la société. Sur le plan économique, les gens nʼont pas la capacité de pouvoir accéder de manière aisée aux fruits, aux légumes et, mieux encore, aux techniques de cuisine saine. Lʼarrivée des tops chefs en 2005 va exposer au public la manière dont il faut réellement approcher lʼaliment, la relation que lʼaliment a avec la sanité du corps, dʼune part, et les différentes facettes des cuisines du monde, dʼautre part.   Comment vous sentez-vous aujourd’hui ?   Regardez-moi, jʼai 50 ans. Jʼai la pêche. Honnêtement, je nʼaurais jamais pu imaginer quʼà 50 ans je me senti- rais encore avec la vigueur dʼun homme qui est entre sa vingtaine et sa trentaine.   Un livre a éclairé votre lanterne. Lequel ?   Ce livre intitulé « 4 groupes sanguins. 4 régimes » a été écrit par un biologiste américain du nom de Peter James DʼAdamo. Il établit dans ses études une corrélation directe entre lʼaliment et la sanité du corps humain, entre les groupes sanguins et lʼalimentation. I   Il était biologiste et étudiait les chromosomes. Il a décodé ce qui sʼest passé dʼun point de vue de la génétique humaine. Ses recherches ont été également mises en évidence par dʼautres chercheurs. Les grands groupes sanguins A – B – O ont été définis sur le temps, sur des milliers dʼannées, par rapport aux migrations humaines et à travers ces migrations des peuples qui se sont sédentarisés pendant un long moment dans des habitats géographiques particuliers. Selon DʼAdamo, le groupe A date du néolithique et sʼest défini par rapport à la cueillette. Les personnes de ce groupe étaient plus frugivores. Le groupe B sʼest défini par rapport à la cueillette, mais aussi par rapport à la pêche. Le troisième, le groupe O, le groupe universel, est le plus récent. Il mange tout. Après, nous avons des groupes spécifiques Rh, Rh+, Rh- ou le A+, le A-, le B+, le B-, le O+, le O-.   Vous rentrez au Gabon en 2017 ? Quel est votre regard à l’époque sur l’alimentation des Gabonais ?   Quand jʼarrive en 2017, je fais le tour de ce qui se passe. Je vais sur la toile et je constate, en regardant les photos, que la nourriture est marron, doré. Je me rends compte quʼil y a beaucoup dʼhuile dans les plats. Je ne vois pas beaucoup de couleur sur les assiettes sachant quʼune alimentation qui est équilibrée est une alimentation qui est variée en légumes. Au-delà, je retourne dans mes mémoires du passé. La première personne qui UNE VISION. UN RÊVE. UN IDÉAL.

CONSTITUTION GABONAISE ET DROITS HUMAINS

CONSTITUTION GABONAISE ET DROITS HUMAINS « La Constitution nationale gagnerait à être introduite à l’école, au lycée, dans les organisations non gouvernementales, ou même dans certaines institutions ; et traduite en langues gabonaises », nous confiait en 2022 le Pr Télésphore Ondo. Docteur en droit public, maître de conférences à la Faculté de droit et des sciences économiques de l’Université Omar Bongo et directeur du Centre de recherches et d’études constitutionnelles, administratives, parlementaires, politiques et internationales (CRECAPPI), le Pr Ondo est d’avis que la Constitution gabonaise reste largement inaccessible aux citoyens. Son éclairage sur le rôle et le pouvoir de la loi fondamentale et les outils dont elle dispose pour garantir l’effectivité de la mise en œuvre des droits humains dans notre pays sont au cœur de notre entretien. À l’approche du référendum sur la nouvelle Constitution nationale qui sera prochainement au cœur d’un autre dossier, le magazine « Vivre » vous invite à revisiter les enseignements du Pr Ondo sur la Constitution gabonaise. « Vivre » – Pr Télésphore Ondo, qu’est-ce que la Constitution nationale, et que représente-t-elle pour la nation gabonaise ?   Pr Télésphore Ondo – Le mot « Constitution » peut revêtir plusieurs sens. Toutefois, la définition juridique renvoie à une double conception de la Constitution : au sens matériel et au sens formel. Au sens matériel, on peut la définir à partir de son objet, de sa matière, de sa substance ou de son contenu. On parle alors de Constitution matérielle. La Constitution est considérée ici comme l’acte fondateur d’une société politique donnée. Mieux, elle est l’acte juridique précis qui définit le statut de l’Etat, c’est-à-dire qui soumet l’exercice du pouvoir à un cadre juridique précis pour le choix des gouvernants, pour l’organisation et le fonctionnement des différentes institutions, pour les rapports entre ces institutions, enfin pour les rapports entre les citoyens et l’Etat. Tous les États ont une Constitution matérielle, quels que soient leurs régimes politiques. Au sens formel, on peut également définir la Constitution à partir de sa force, de sa forme ou de sa procédure. La Constitution est dite formelle. Dans ce sens, la Constitution est l’ensemble des règles écrites ayant une valeur supérieure à celles des autres règles qui ne peuvent être modifiées que par un organe spécial et selon une procédure spécifique prévue par la Loi fondamentale, différente et supérieure à celle  qui est utilisée par la loi ordinaire. Vue sous cet angle, la Constitution est dite rigide. La Constitution est pour la nation ce que la Bible est pour les chrétiens, c’est-à dire la Loi fondamentale, la loi sacrée qui est le rempart contre les abus des pouvoirs publics. Quels sont le rôle et le pouvoir de la Constitution nationale ?   La Constitution n’a pas pour unique objet de déterminer la forme de l’État, d’organiser les institutions et de déterminer les règles de production des normes. La Constitution est un acte fondateur par lequel une société se constitue une identité et décide de l’ordre sociétal voulu. En particulier, elle consacre des droits et libertés fondamentaux et définit les modalités de leur protection. C’est la charte des valeurs libérales des sociétés démocratiques. En définitive, la Constitution se présente comme un acte de limitation des pouvoirs ainsi que l’exprime l’article 16 de la Déclaration française de 1789 sur les droits de l’homme et du citoyen qui prévoit que « toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution ». Toutefois, ce rôle de la Constitution a été dénaturé à cause de la fréquence des révisions constitutionnelles, tantôt instrumentalisé par le pouvoir en place ; tantôt déstabilisé par la banalisation des révisions en dépit de la rigidité affiché ; ou encore menacé de l’intérieur par un contenu crisogène et conflictogène; voire même concurrencé par des accords politiques à la portée juridique discutable. Cette délégitimation du sens commun des Constitutions est réelle. S’agissant du pouvoir de la Constitution, il se décline en :   Quelle est la place des droits de l’homme et des libertés fondamentales dans la Constitution nationale ? Les droits de l’homme et les libertés fondamentales occupent une place de choix dans la Constitution gabonaise. Car, dès le préambule de la Constitution (1991), le peuple gabonais « Affirme solennellement son attachement aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales » tels qu’ils résultent de la Déclaration des Droits de l’homme et du Citoyen de 1789 et de la Déclaration Universelle des Droits de l’homme de 1948, consacrés par la Charte Africaine des Droits de l’homme et des Peuples de 1981 et par la Charte nationale des Libertés de 1990. De plus, la Constitution prévoit un titre préliminaire intitulé « Des principes et des droits fondamentaux ». Enfin, l’article 1er qui consacre plusieurs droits fondamentaux précise préalablement que « La République Gabonaise reconnaît et garantit les droits inviolables et imprescriptibles de l’Homme, qui lient obligatoirement les pouvoirs publics. »   Comment la Constitution nationale (1991) garantit-elle les droits de l’homme et les libertés fondamentales ? Elle prévoit plusieurs outils de garantie :   Quelle est l’effectivité de la mise en œuvre des droits de l’homme et des libertés fondamentales au Gabon ? Le bilan est mitigé quant à l’effectivité de la mise en œuvre des droits de l’homme et libertés fondamentales. Plusieurs facteurs justifient ce bilan :    Quel est votre mot de la fin Pr Ondo ? La Constitution gabonaise reste largement importée et inaccessible aux citoyens, notamment de l’intérieur. Pour la rendre plus légitime et facilement applicable, il faudrait :   Propos recueillis par Flavienne L. Issembè

LE SOUFFLE DU 30 AOÛT 2023 MOTIVATIONS D’UN PUTSCH INATTENDU

MOTIVATIONS D’UN PUTSCH INATTENDU Le coup d’État des forces de défense et de sécurité, réunies au sein du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), a marqué un tournant majeur dans l’histoire du Gabon. La rupture avec le régime Bongo qui a régné pendant plus de cinq décennies a été saluée par l’opinion, qui rêvait depuis les années 1990 d’une réelle alternance politique.   Dès l’annonce du putsch du 30 août 2023, le CTRI s’est expliqué sur ses motivations profondes. Celles-ci incluent les résultats tronqués des élections du 26 août 2023, les multiples accusations de mauvaise gouvernance, de corruption et de fraude électorale sous le précédent régime. Après l’annulation du scrutin, le CTRI a promis de réformer le système politique et électoral, de restaurer les institutions publiques et la dignité des Gabonais.es.   Le nouveau leadership militaire   Le nouveau pouvoir est incarné par le général Brice Clotaire Oligui Nguema. Il assure la présidence de la transition. Dès son arrivée au pouvoir, il s’est engagé à rompre avec le passé, malgré le scepticisme de certains observateurs sur les changements annoncés. Pour autant, le coup d’État a été accueilli favorablement.   Après des années de mécontentement face à la gestion scabreuse du régime Bongo, l’opinion gabonaise a salué l’arrivée au pouvoir des militaires. Si d’aucuns s’inquiètent de la capacité du CTRI à tenir ses promesses d’organiser une transition démocratique, d’autres, en revanche, ont foi en la construction du Gabon nouveau.   Au niveau international, le coup d’État a provoqué des réactions contrastées. Alors que certaines organisations, comme l’Union africaine (UA), ont condamné le putsch du CTRI, des pays comme la France ont appelé à une transition pacifique et rapide vers un retour à l’ordre constitutionnel.   La Constitution nationale   Le Gabon s’achemine vers l’adoption d’une nouvelle loi fondamentale qui fera l’objet d’un référendum dans les prochaines semaines. Selon le Comité constitutionnel national, le texte répond aux attentes des populations. Au-delà des dispositions politiques, afférentes notamment au retour au régime présidentiel, le document contient des éléments de continuité et de nouveauté. La nouvelle dimension de la loi fondamentale intègre :   La restauration de la dignité humaine.   La réforme institutionnelle   La réforme institutionnelle s’impose comme un passage obligé en cette période de transition, afin de doter le Gabon d’un environnement politique stable et d’institutions fiables, d’améliorer l’efficacité de la gouvernance et du système judiciaire, de combattre la corruption et d’attirer les investisseurs étrangers. Le processus devrait aboutir à l’instauration de la démocratie pluraliste et d’un État de droit.   L’alternance politique   Pendant que certains compatriotes exhortent le président de la transition à se présenter à l’élection présidentielle de 2025, des voix s’élèvent dans l’opinion pour exiger le respect des engagements pris par les autorités de transférer le pouvoir aux civils.   La relance de l’économie    Le CTRI a pour ambition de diversifier l’économie nationale. Au-delà du bois, des mines et du pétrole, il entend développer les autres secteurs de l’économie, notamment l’agriculture, l’énergie, le numérique, la pêche et le tourisme. Cependant, le Gabon fait face à des défis majeurs, en particulier la réduction des inégalités, le paiement de la dette et le regain de confiance des investisseurs étrangers.   L’appareil militaire    Garant de l’intégrité territoriale, défenseur des intérêts vitaux de la Nation, l’appareil militaire est en cours de restructuration. Le processus intègre la revitalisation complète des forces de défense et de sécurité (FDS), la revalorisation du statut des militaires basée sur l’actualisation des textes législatifs et l’amélioration notable des conditions de vie et de travail.   Une nouvelle page d’histoire   La transition ouvre une nouvelle ère placée sous le sceau du renouveau, de la reconstruction nationale et de la restauration de la dignité des Gabonais.es. La réussite du Gabon nouveau dépendra largement de la capacité de ses dirigeants à répondre aux attentes du peuple et à conduire les réformes promises, tout en maintenant la stabilité et la solidarité.     Annie Mapangou

DROITS HUMAINS : INDIVISIBLES LE CAS DES DROITS SOCIAUX

DROITS HUMAINS : INDIVISIBLES LE CAS DES DROITS SOCIAUX Un Gabonais qui travaille est un Gabonais qui peut se soigner et envoyer son enfant à l’école. Les droits sociaux, y compris le droit au travail, à la santé et à l’éducation, ont pour but d’assurer aux humains la satisfaction de leurs besoins de base et leur épanouissement personnel. Etre assuré social, avoir un logement, bénéficier d’une formation, protéger sa famille, ses enfants sont d’autres droits sociaux qui engagent, au même titre que les droits cités ci-dessus, l’intervention de l’État.   L’interdépendance des droits humains renvoie à leur caractère indivisible. On pourrait la rattacher à l’idéal kantien de paix perpétuelle selon lequel « une violation du droit en un seul lieu est ressentie partout ailleurs…».    Le Gabon, État membre des Nations unies, a souscrit aux principes de l’Organisation en matière de droits de l’homme et s’est engagé à les respecter. Pour ne citer qu’un exemple, la loi n°201 6-28 du 6 février 2017 dispose en son article 4 que : « Toute personne physique, de nationalité gabonaise, âgée d’au moins 16 ans et dont les revenus, inférieurs au Smig, nécessitent le recours à la solidarité nationale, bénéficie d’une protection sociale contre les risques liés à la maternité, aux charges familiales, à la maladie, au chômage et à la vieillesse. »    Il n’en demeure pas moins qu’il existe des familles assistées socialement qui ne peuvent pas couvrir leurs besoins de base parce que les programmes sociaux ne leur permettent pas d’avoir accès à des ressources financières suffisantes : ce sont leurs droits économiques qui sont bafoués. Le fait de ne pas avoir accès à l’éducation ou à une formation qualifiante empêche les personnes d’occuper des emplois de qualité et les relègue à des postes précaires, mal payés, non syndiqués et avec de mauvaises conditions de travail. Alors, c’est le droit au travail qui est affecté et qui impacte automatiquement le droit au logement. Finalement, vivre, jour après jour, avec le stress occasionné par le manque de nourriture, les factures à payer, les préjugés négatifs, peut mener à une détérioration de la santé physique et mentale. C’est le droit à la santé qui est atteint.   Certains contestent le système de protection sociale tel qu’il fonctionne aujourd’hui. Ses effets sur la réduction des inégalités de revenus sont assez faibles: de larges poches de pauvreté subsistent et les exclus sont de plus en plus nombreux à passer à travers les mailles du filet de la protection sociale. Les difficultés de la protection sociale sont avant tout financières : le ralentissement de la croissance et la montée du chômage réduisent les ressources des régimes sociaux alors que les dépenses continuent à s’accroître rapidement.   La pandémie de la Covid 19 n’a rien arrangé à la situation. Elle restera dans les mémoires comme l’une des plus désastreuses de l’histoire pour la matérialisation des droits de l’homme. Ses effets se sont traduits, entre autres, par un ralentissement de certains acquis sociaux dans les domaines de l’emploi, de la santé, de l’éducation, de la vie culturelle et du logement.    L’avènement d’une société de Droit impose de revoir certaines de nos pratiques. En effet, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la protection sociale a été reconnue comme une stratégie déterminante pour la réduction de la pauvreté et la croissance inclusive. Si la protection sociale est insérée dans des stratégies plus amples de développement rural, elle peut avoir de nombreux impacts en termes de croissance économique, de productivité des familles, d’atteinte de la sécurité alimentaire et nutritionnelle et de résilience des familles rurales pauvres.   Le processus de protection sociale déjà établi par la politique nationale a contribué à étayer la validité d’une intensification de l’entreprenariat. Certains Gabonais ont même décidé de se lancer dans ce secteur.   N’oublions pas qu’un Gabonais qui travaille est un Gabonais qui peut se soigner et envoyer son enfant à l’école.   Lyra Moviwa