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La Rédaction

RÉFÉRENDUM CONSTITUTIONNEL : L’AVIS DU PUBLIC

RÉFÉRENDUM CONSTITUTIONNEL : L’AVIS DU PUBLIC.

REGARD DE L’ALLIANCE PATRIOTIQUE SUR LA FUTURE CONSTITUTION ET LES ÉLECTIONS À VENIR​

REGARD DE L’ALLIANCE PATRIOTIQUE SUR LA FUTURE CONSTITUTION ET LES ÉLECTIONS À VENIR​

ILS ONT DIT

ILS ONT DIT « Chaque Gabonais doit avoir sa juste part de la richesse, selon le principe de la destination universelle des biens. Je m’y engage avec la grâce de Dieu et votre soutien. Les acquis démocratiques sont désormais sanctuarisés. Les nostalgiques des vieilles habitudes doivent comprendre que le Gabon a définitivement tourné la page de l’arbitraire et de la mal gouvernance… La démocratie que nous bâtissons n’est pas une façade. Elle s’enracine dans nos Institutions Restaurées, dans notre justice indépendante, dans notre presse libre, et dans le dialogue permanent que nous entretenons avec toutes les forces vives de la nation. »  Brice Clotaire Oligui Nguema. Président de la Transition. « En période de Transition au Gabon, il est choquant de voir que les droits humains subissent encore des violations perpétrées par les militaires qui ont été célébrés comme des héros libérateurs en 2023. On a des crânes rasés. On a des gens qui sont humiliés. On a même des gens qui sont torturés. Mon message aux autorités de la Transition est le suivant : pour une fois, en 2023, on a vu un peuple qui s’est réconcilié avec son armée. Il n’est pas question que l’image de l’armée gabonaise qui a été souvent écornée soit à nouveau remise en cause par des comportements d’un autre âge. La Transition devrait sceller ce moment de réconciliation entre le peuple et son armée. »  Sentiment Ondo Elibiyo. Coordonnateur de la Coalition Tournons la Page-Gabon « C’est une honte ! Après 64 ans nous en sommes encore à réclamer la transparence électorale. On avait dépassé le cadre de l’organisation des élections par le ministère de l’Intérieur. Trouvez-vous normal que seul le ministère de l’Intérieur qui est impliqué dans la campagne du Oui au référendum constitutionnel organise seul les élections. Je vous attends sur l’organisation des débats. C’est vrai que le Oui l’a emporté, mais, pour que nul n’en ignore, nous avons besoin de comprendre ce qui a poussé certaines personnes à dire Non à ce qui était proposé. »  Dr Marie-Joselle Pélagie Itsana. Présidente du Front des Citoyens pour la Transparence « Pour améliorer nos conditions de vie, les politiciens doivent tenir leurs promesses et écouter la population en dehors des périodes électorales. Ils doivent se rendre dans les zones reculées pour constater les conditions de vie difficiles des Gabonais. L’accès à l’emploi et la réduction du coût de la vie sont des priorités. Il est insupportable de voir des familles lutter pour nourrir leurs enfants, alors que le prix des produits de première nécessité ne cesse d’augmenter. Il est également crucial de créer des opportunités d’emploi pour les jeunes. Nos voix comptent. »   Grâce. Archiviste   « Nos voix comptent, car sans elles, les élections ne peuvent pas se dérouler. C’est grâce à nos votes que les candidats peuvent être élus. Cependant, nos voix semblent avoir de l’importance uniquement avant et pendant les élections. Une fois celles-ci terminées, nos voix ne comptent plus. Avant les élections, les politiciens s’approchent de nous, de la population, parce qu’ils ont besoin de notre soutien pour être élus. Mais, après avoir obtenu ce qu’ils veulent, ils s’éloignent de nous et se réfugient dans leurs bureaux. » Mirabelle. Fonctionnaire 

TRANSITION : UNE FENÊTRE DE TOUTES LES ESPÉRANCES… MAIS AUSSI DE TOUTES LES CRAINTES…

TRANSITION : UNE FENÊTRE DE TOUTES LES ESPÉRANCES… MAIS AUSSI DE TOUTES LES CRAINTES… Les coups d’Ėtat, quoique banals dans certains pays africains, sont des moments inédits dans d’autres. C’est précisément le cas du Gabon qui, dans la nuit du 29 au 30 août 2023, a connu un coup d’Ėtat aussi improbable qu’imprévisible tant le pays dirigé d’une main de fer depuis cinquante-six ans par la famille Bongo (1967-2023), donnait l’impression d’être une forteresse immobile et inamovible qu’aucune élection, toutes truquées depuis le rétablissement du multipartisme en 1990, ne semblait ébranler. Et pourtant, le régime Ali Bongo, forgé dans le putsch électoral de 2009, avait fini par se convaincre que le cycle macabre tripatouillage des résultats électoraux-répressions féroces des contestations populaires était l’unique moyen de conserver et de perpétuer un système pouvoiriste n’offrant aucune perspective de développement à la population. Ainsi, après l’effondrement inattendu de ce système que d’aucuns qualifiaient d’indestructible, le pays dirigé par le général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguema s’est engagé le 4 septembre 2023 dans une transition politique, ouvrant ainsi la voie à un nouveau chapitre de son histoire. Il faut rappeler que le coup d’Ėtat de la nuit du 29 au 30 août 2023 intervient au moment où le peuple gabonais attendait avec un peu d’espérance et beaucoup d’inquiétudes les résultats des élections générales du 26 août (présidentielle, législatives et locales). Car tout le monde craignait qu’Ali Bongo, affaibli par un accident vasculaire cérébral en octobre 2018, soit de nouveau déclaré vainqueur d’un scrutin truqué comme en 2009 et en 2016. Avec en prime des dizaines de morts, des centaines d’arrestations et de blessés. Mais le « Coup de la libération » est passé par là, surprenant tout le monde et marquant de façon spectaculaire la fin du règne de la dynastie Bongo sans la moindre effusion de sang. Dès lors, les militaires organisés autour du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) ont engagé le Gabon dans une transition politique de deux ans avec en perspective un retour à l’ordre constitutionnel à l’issue d’une élection présidentielle libre et transparente marquant le transfert du pouvoir aux civils. Ce scénario décliné lors de la prestation de serment du président de la transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, le 4 septembre 2023, a ouvert la voie à toutes les espérances d’un changement et d’une véritable alternance démocratique au Gabon. Entre tentation du pouvoir et pouvoir de la tentation, le général devrait choisir sa voie. Tandis que le peuple, lui, pourrait bien avoir à faire le choix difficile entre un homme fort (le président libérateur) et des institutions fortes dont le pays a cruellement besoin depuis des décennies. Néanmoins, à l’épreuve des faits, après une année de transition dominée par des projets de réformes institutionnelles avec la tenue en fin d’année du référendum sur la nouvelle Constitution et de grandes avancées sur le développement des infrastructures, la prochaine élection présidentielle, prévue en août 2025, pourrait bien ternir ce tableau. Et pour cause, entre les manœuvres politiques de certains acteurs des institutions de la transition appelant à la candidature du président Oligui Nguema et le respect des engagements pris par lui de restituer le pouvoir aux civils, un fossé se creuse désormais. Si, pour l’heure, le président  de la transition ne s’est pas encore déclaré candidat à la prochaine élection présidentielle, beaucoup d’observateurs avisés craignent néanmoins que cette candidature éventuelle opportunément permise par la Charte de la transition, promulguée au lendemain du coup d’État, ne vienne remettre en cause les acquis et espérances d’un retour à l’ordre constitutionnel engrangés jusqu’à présent. Quoi qu’il en soit, en Afrique subsaharienne aujourd’hui, les élections truquées et les transitions politiques post coup d’État militaire sont encore loin d’offrir toutes les garanties d’une alternance politique démocratique. Sentiment Ondo Elibiyo

L’ANTHROPOLOGIE DANS LE CONTEXTE GABONAIS

L’ANTHROPOLOGIE DANS LE CONTEXTE GABONAIS Loin de régresser, la problématique du mal vivre gabonais s’accentue. Si des efforts sont consentis par les autorités nationales pour améliorer les conditions de vie de la population, le mal-être est plus profond qu’on ne l’imagine. L’anthropologue-sociologue politique Emmanuelle Nguema Minko pointe du doigt le poids du pouvoir politique et des systèmes de croyances sur la structuration de l’identité ou de la personnalité. Selon l’experte, « les identités qui construisent notre personnalité sont fondées sur la colonisation. Cette construction s’est faite de manière illusoire, fluctuante et aliénante. »   Dans un entretien accordé à « Vivre », le professeur Nguema Minko tire la sonnette d’alarme. « Revenons à l’essentiel, à nos traditions et à notre socle de valeurs. »

QUELLE CONSTITUTION POUR LE GABON ?

QUELLE CONSTITUTION POUR LE GABON ?   Le référendum sur la nouvelle Constitution nationale, qui devrait consacrer le retour à l’ordre constitutionnel que les Gabonais appellent de tous leurs vœux, approche à grands pas. Au cours de cet évènement, prévu d’ici à décembre, les électeurs, en leur âme et conscience, diront « Oui » ou « Non » à la future loi fondamentale, qui prévoit l’instauration d’une réelle démocratie pluraliste et d’un État de droit.     Le renforcement des droits et libertés de la personne, la préservation des valeurs fondamentales de la société gabonaise et la reconnaissance du rôle des acteurs de la société civile, traditionnels et religieux, qui étaient quasi inexistants dans la Constitution de 1991, sont reconnus et garantis dans le projet de Constitution nationale.     Si ces avancées sont jugées salutaires par les Gabonais.es qui ont lu le texte, d’autres points, et non des moindres, divisent l’opinion. Lors de la session de l’Assemblée Constituante sur l’examen du projet de la nouvelle Constitution nationale, des divergences sont apparues sur diverses questions. Ces points incluent :     La séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire ; Le retour au régime présidentiel et, partant, la concentration des pouvoirs aux mains du chef de l’État qui, de surcroît, nommera le président du Conseil supérieur de la magistrature ; La suppression du poste de Premier ministre ; Le principe de « gabonité », qui stipule que pour accéder à la fonction présidentielle et autres hautes fonctions, il faut être gabonais, né de père et de mère gabonais.   Le rapport de la Constituante a été voté à la majorité des 178 parlementaires qui ont pris part aux travaux. Huit parlementaires ont voté contre tandis que trois se sont abstenus. Il sera discuté dans les prochains jours en Conseil des ministres en vue de l’adoption de la mouture finale de la Constitution nationale.     Les points de divergence susmentionnés font également débat au sein de l’opinion. À ceux-ci s’ajoutent ceux qui sont afférents à l’organisation, au manque de transparence et au coût du référendum, évalué à plus de 20 milliards de francs CFA. D’autres points critiques ont trait à la méconnaissance du texte par une frange importante de la population et la campagne tous azimuts pour le « Oui » ou le « Non » menée par certains responsables politiques, en violation de la loi électorale no 019/2024/ du 5 août 2024.     En son article 69 sur la campagne référendaire, la loi dispose que « la campagne est ouverte par décret, pris sur proposition du ministre de l’Intérieur, « le dixième jour » qui précède le scrutin pour l’élection référendaire ».      S’agissant de la transparence des élections, un communiqué du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), publié au lendemain du Dialogue national inclusif, tenu en avril dernier, indique que : « L’organisation des élections sera entourée de toutes les garanties de transparence, de liberté et de participation. »     L’opinion veut bien y croire, à condition que ses droits à la liberté de conscience et à la dignité soient respectés. En effet, tous les Gabonais.es ont le droit de connaître le contenu du texte de la future Constitution, les étapes qui mènent au référendum, y compris la date, qui demeure un mystère, et d’avoir le libre arbitre entre le « Oui » ou le « Non » à la future Constitution.     Le processus devant consacrer le retour à l’ordre constitutionnel est l’aboutissement du coup d’État du CTRI qui a évincé Ali Bongo Ondimba du pouvoir le 30 août 2023 et ouvert la voie « au renouveau de la Nation gabonaise ». Un an après l’arrivée des militaires au pouvoir, où en est notre pays et que nous réservent les mois à venir ?     Conformément au chronogramme de la transition, le référendum sur la nouvelle Constitution sera suivi, dès janvier 2025, des travaux sur le nouveau Code électoral et la tenue, en août 2025, des élections générales. Cette échéance devrait marquer la fin de la transition. Les militaires s’effaceront de la scène politique au profit des civils qui seront les seuls autorisés à se présenter aux élections générales.     En prélude auxdites élections, le ministère de l’Intérieur procédera, au mois d’avril, à la révision de la liste électorale suivie, en juillet, de la distribution des cartes d’électeur et de la mise en place du matériel électoral.     La Rédaction

RECONSTRUIRE LE GABON : LE DÉFI DE LA TRANSITION

RECONSTRUIRE LE GABON : LE DÉFI DE LA TRANSITION Monument de la Libération : inauguré le 30 août 2024, à l’occasion de l’an 1 du coup d’État du CTRI «Construisons ensemble notre pays. Cette construction ne concerne pas exclusivement les infrastructures. Il s’agit, pour moi, d’envisager quelque chose de plus grand et de plus profond que les routes et les bâtiments… » Brice Clotaire Oligui Nguema, président de la transition. Construire est une œuvre de longue haleine. Cette assertion peut s’appliquer au projet de restauration du Gabon où le cours de l’histoire a pris un nouveau tournant le 30 août 2023. Depuis ce jour mémorable, les autorités de la Transition ont engagé le Gabon sur la voie de la reconstruction nationale qui s’annonce tout aussi, voire plus titanesque que les ruines héritées du précédent régime.    Afin de relever ce défi, l’État s’est doté d’un Plan national de développement de la transition (PNDT) évalué à 4 600 milliards de francs CFA. Cette somme sera investie dans 293 projets au cours de la période 2024-2026. Ces projets s’inscrivent dans le cadre de la lutte contre la pauvreté et en faveur de l’amélioration effective des conditions de vie des couches sociales démunies, l’objectif étant de promouvoir la dignité des Gabonais.es à travers, entres autres :   L’accès à l’éducation, aux soins de santé, au logement et à des emplois sécurisés et de qualité pour tous.  La fourniture pérenne d’eau et d’électricité. Le développement des infrastructures y compris la réhabilitation/construction de bâtiments administratifs, du réseau routier et de voiries urbaines. L’exploitation des gisements de fer de Belinga et de Baniaka. Le développement de l’industrie du bois.   Au-delà du bois, des mines et du pétrole, l’État entend développer les autres secteurs de l’économie nationale (agriculture, énergie, numérique, pêche, tourisme). Par ailleurs, pour répondre aux besoins les plus urgents des 9 provinces du pays, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a annoncé « la mise à disposition d’une enveloppe de 63 milliards francs CFA afin de leur permettre de s’autonomiser et de relancer leurs activités. »    Dans le domaine de la santé, 5 pôles de spécialités d’excellence sont en construction, respectivement dans l’Estuaire, l’Ogooué-Maritime, le Moyen-Ogooué, le Haut Ogooué et le Woleu-Ntem.    À un autre niveau, l’accès au logement s’améliore progressivement avec la mise à disposition des 500 parcelles à Igoumié dans la commune d’Owendo, dans la banlieu-sud de Libreville.   Fruit d’un partenariat public-privé, cette opération devrait se poursuivre «avec la mise en exploitation de 40 hectares en plus, pour 800 parcelles de 500 m² viabilisés avec titres fonciers et la construction de 1 900 logements sociaux de 2 et 3 chambres pour les fonctionnaires, en suivant le modèle conçu pour les militaires où la prime de logement mensuelle constituera l’hypothèque permettant de financer l’acquisition du logement. »   Construire un pays est une œuvre de longue haleine. Nul à lui seul ne peut relever ce défi, d’où les appels à la solidarité du président de la transition lors de la tournée républicaine et à l’occasion de l’an 64 de l’indépendance nationale.     « Nous allons changer ce pays et le reconstruire. Si d’autres militaires l’ont fait avant nous, Rawlings au Ghana, Al-Sissi en Égypte, le président Kagame au Rwanda, nous sommes capables de le faire ici. »   Au-delà de la construction des infrastructures, le général Oligui Nguema « entend faire émerger un nouveau type de Gabonais en formatant les mauvaises mentalités. »   La mise en place « d’un cadre législatif solide basé sur des lois fortes, la restauration des institutions, qui commande l’intérêt supérieur de la Nation, et la future Constitution nationale sont une opportunité pour reconstruire le Gabon et instaurer un véritable État de droit qui, bien plus qu’un simple concept pour le CTRI, est l’idéal de démocratie auquel nous devons tous aspirer. »   « L’État de droit garantit notre liberté et notre justice en assurant à chaque Gabonais, quel qu’il soit, la possibilité de s’exprimer librement et de vivre dignement.  Car, il n’y a pas de démocratie sans liberté d’expression, mais également sans respect de la loi. »      Flavienne L. Issembè

À LA CROISÉE DES CHEMINS

À LA CROISÉE DES CHEMINS Scène surréaliste et inédite que celle du communiqué largement diffusé le mercredi 30 août 2023, qui fera date dans l’histoire du Gabon. Que d’échanges téléphoniques au sein du cercle familial et entre amis pour se convaincre de la véracité de cette déclaration d’un officier de l’armée ! Beaucoup demeurant incrédules, dubitatifs quant à cet événement dont nous ne pouvons pleinement mesurer la portée à l’aune d’une année. Un régime réputé inamovible aux mains d’une famille qui a présidé pendant plus d’un demi siècle aux destinées d’une nation. Cinquante-six ans très exactement ! L’enfant qui avait donc 8 ans en 1967, année au cours de laquelle Albert Bernard Bongo prend le pouvoir, en avait 64 en 2023.    Nous pouvons donc comprendre le paroxysme des émotions ayant poussé certains à fondre en larmes, se remémorant probablement les tourments, les souffrances indélébiles qu’eux-mêmes ou certains de leurs proches ont eu à subir. D’autres ne sont, hélas, plus là pour vivre ce moment de ferveur durant les semaines qui ont suivi.   En faisant abstraction de toute analyse partisane des nombreux laudateurs, de la liesse populaire, Brice Clotaire Oligui Nguema, l’homme providentiel du 30 août, peut-il répondre aux multiples attentes sociales de ses compatriotes, à la reconstruction, à la restauration des multiples infrastructures, à la cherté de la vie, au chômage endémique. Tels sont les chantiers, non exhaustifs, auxquels il doit s’atteler. Libreville, du moins sur le front de mer depuis l’aéroport, est une façade qui n’est, hélas, pas à l’image de l’hinterland. Port-Gentil, la capitale économique, qui a apporté tant au Gabon grâce à l’or noir, est dans un état de délabrement inimaginable pour une si petite ville. Le président pourra-t-il tenir les engagements pris, tant ils sont multiformes ? Les Gabonais ont applaudi certaines mesures relatives notamment au rétablissement des bourses au secondaire, après une suspension de sept ans, ainsi que la mise à disposition de milliers de postes budgétaires, sans oublier la revalorisation des pensions retraites. Un certain nombre de signes visibles, tant sur le plan économique que sur le plan financier, sont perceptibles. Prenons le cas de l’amélioration des recettes douanières et fiscales au cours des cinq premiers mois qui ont suivi le coup d’État.   Les données publiées par le ministère de l’Économie et des Participations le 17 novembre 2023 laissent entrevoir de belles performances des recettes budgétaires, notamment douanières. Les projections évoquaient 27,68 milliards de francs CFA. En définitive, ce sont 44,85 milliards qui ont été engrangés. La ville de Bitam, à elle seule, a enregistré 265,2 millions de francs CFA de recettes douanières en janvier 2024 contre 26,7 millions en janvier 2023. Ce résultat a été rendu possible grâce au logiciel « Sydonia World »  qui prévient tout risque de fraude.   Il est à noter également un regain de confiance des bailleurs de fonds, nommément la Banque africaine de développement et la Banque Mondiale, à l’égard du Gabon, qui devrait par ailleurs apurer, dans les délais prescrits, la dette accumulée par les administrations précédentes. Concernant la vie chère, les mesures du gouvernement, par le biais de subventions, ont porté prioritairement sur les produits alimentaires (huile, cuisses de poulet) et les matériaux de construction (ciment, fer à béton). Cette initiative traduit la détermination des autorités à maintenir des coûts abordables pour la plupart des ménages.   Dans l’éventail des réalisations susmentionnées, le CTRI ne peut faire abstraction d’une dure réalité : celle de la dette nationale qui s’élève à 7 100 milliards de francs CFA. Le coût global des axes stratégiques prioritaires est de 3 021 milliards. Il faudrait donc que les autorités puissent à la fois répondre aux besoins sociaux, aux indispensables infrastructures de développement tout en assainissant les finances publiques   De plus, les exportations de notre pétrole représentent toujours plus de 50% du prduit intérieur brut (PIB). Qu’adviendrait-il si le prix du baril s’effondre non seulement en termes d’investissement mais surtout de paiement  de la dette ?   S’il est indéniable que des mesures urgentes ont été prises depuis près d’un an par les autorités de la transition, la tournée républicaine a permis au chef de l’État d’être en contact avec ses concitoyens, de mesurer l’état réel de dénuement de certaines localités de l’arrière-pays et de mettre à disposition de celles-ci, sans exclusive, des montants substantiels à la hauteur de leurs besoins réels afin de parer au plus urgent.   Un contrôle rigoureux de ces financements s’impose afin d’éviter les travers d’un temps pas si lointain. Toutefois, si ces initiatives ne relancent pas l’emploi, ne diversifient pas l’économie, n’assurent pas un réel mieux-être, tous ces efforts porteront un coup rude au crédit de confiance à l’égard des autorités de la transition.   Une répartition équitable des fruits d’une éventuelle croissance est indispensable. Enfin, il est une question qui ne peut être éludée, c’est celle du référendum sur la nouvelle Constitution nationale qui divise les Gabonais. Il est indéniable que tous les citoyens doivent être pleinement imprégnés du contenu et des contours du référendum. La campagne d’information et de sensibilisation en cours tombe à point nommé.   Adia Renomiè

UN AN D’ATTENTISME, ÇA SUFFIT !

UN AN D’ATTENTISME, ÇA SUFFIT ! Après un an d’attentisme, les partis politiques et les organisations de la société civile (OSC) sortent de leur réserve. Face aux événements en cours, y compris le référendum à venir sur la nouvelle Constitution nationale qui divise les Gabonais.es, le Copil Citoyen et le Cercle Omega  montent au créneau pour faire le point et tirer les leçons d’une année à nulle autre pareille. Le porte-parole du Copil Citoyen, Joanna Boussamba, partage son sentiment de joie et de libération : « Pour une fois on n’a plus le nom des Bongo à la tête du Gabon. Si l’on avait demandé à chaque Gabonais d’imaginer ce scénario, personne n’aurait pu imaginer cela ! » De son côté, le coordonnateur général du Copil Citoyen, Joël-Patrick Dinzambou, juge louables les actes des autorités de la transition, en particulier la levée du drapeau, l’attribution de bourses aux apprenants, de postes budgétaires aux enseignants et la création d’emplois pour les jeunes. » Dans les rangs du Cercle Omega, le président du parti, Robert Marcel Tchoreret, déclare : « Nous avons un sentiment de satisfaction. Nous avons constaté que les Gabonais ont adhéré à l’action du CTRI. Ils ont exprimé au président de la République leur attachement à ce qu’il a déjà réalisé en un an avec l’ensemble du CTRI et des forces de défense et de sécurité associés, bien entendu, aux civils qui ont apporté leur pierre à l’édifice. Le sentiment est profond et positif. Nous disons simplement au CTRI, au président de la République, de continuer sur cette voie. » Pour autant, la joie qui se dégage chez les uns et les autres est en en demi-teinte. Robert Marcel Tchoreret, déplore que les personnes qui auraient dues être sanctionnées ne l’aient pas été. « Le CTRI a voulu unifier, pardonner, en disant que ceux qui ont pris les fonds publics auront le courage de venir rendre cet argent. Le CTRI a lancé des appels. Je crois que certains coupables se disent qu’ils sont intouchables, mais nul ne peut être intouchable dans une république parce que dans une République, il y a la loi. Que chacun puisse comprendre que le Gabon n’appartient à personne. Le Gabon appartient à tous. Donc, nous devons poser des actes pour le bien de tous et le salut de notre pays. » « Nous ne pouvons pas avoir de Gabonais dignes si la majorité n’a ni emploi ni pouvoir d’achat », estime Joël-Patrick Dinzambou. « Si les personnes concernées n’ont pas de pouvoir d’achat, elles ne sont pas libres. Elles se font facilement acheter. Qu’est-ce qui peut justifier, par exemple, qu’un policier demande 500 ou 1 000 francs quand il fait des contrôles ? C’est le pouvoir d’achat. Il est obligé d’arnaquer. Là, nous avons un problème de corruption, de bonne gouvernance. » Abordant la question sur la restauration des institutions, Joanna Boussamba indique que « Le Copil Citoyen aurait souhaité en voir un peu plus dans ce domaine. Mais, certains visages perdurent alors que, parfois, leurs noms sont impliqués dans des dossiers. » Elle dénonce aussi la campagne référendaire prématurée en faveur du «Oui» ou du «Non» et « la pollution visuelle avec l’image du Président qui est utilisée à tout va. » Elle alerte le public et les autorités de la Transition sur le risque d’un retour aux méthodes du précédent régime basées « sur le culte de la personnalité qui n’a rien apporté à notre pays. » Yasmina Marat-Abyla, juriste en droit international et présidente de l’ONG Benedicta Cantal pour la défense des droits des détenus et des personnes incarcérées indique : « Il ne faut pas prendre à la légère le projet de Constitution. La Constitution doit nous rassembler. Elle ne doit pas être discriminatoire. On est tous Gabonais. » Se déclarant, par ailleurs, ravie du coup d’état du 30 août 2023 et de la libération de certains prisonniers, Yasmina Marat-Abyla dénonce, d’une part, « les conditions de détention qui ne se sont pas véritablement améliorées » et, d’autre part, « les dérives et les abus des forces de sécurité à l’endroit des jeunes. » Selon la juriste, « plusieurs sont morts pour n’avoir pas respecté le couvre-feu. » Elle invite les forces de sécurité à respecter le droit et les conventions internationales. Tama Z’Akis  https://youtu.be/DlO3lkPwDTMhttps://youtu.be/qx89U7UXk7M?si=o2lgVeJuBAqkma8Jhttps://youtu.be/imoW4eXUPachttps://youtu.be/zoCVDrvbYbs

NOMINATIONS DU VICE-PRÉSIDENT, DES PRÉSIDENTS DU SÉNAT ET DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE DE LA TRANSITION

NOMINATIONS DU VICE-PRÉSIDENT, DES PRÉSIDENTS DU SÉNAT ET DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE DE LA TRANSITION BUREAU DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE Président Jean-François Ndongou Premier vice-président François Ndong Obiang Deuxième vice-président Amiral Gabriel Mali Odjoua Troisième vice-président Florentin Moussavou Quatrième vice-président Geoffroy Foumboula Libeka Makosso BUREAU DU SÉNAT Présidente Paulette Missambo Premier vice-président Luc Oyoubi Deuxième vice-président Général Jean Ekoua Troisième vice-président Marc Ona Essangui Quatrième vice-président Révérend pasteur George B. Ngoussi