La Rédaction

PRIORITE A LA PERFORMANCE ET A L’EXCELLENCE

PRIORITE À LA PERFORMANCE ET À L’EXCELLENCE Marcelle Ibinga-Itsitsa, préside aux destinées de l’IUSO. Elle en est la directrice générale depuis le 7 novembre 2019. Cette enseignante de formation place la performance et l’excellence au cœur de ses priorités. Dans un entretien à cœur ouvert, elle lève le voile sur ses exigences en termes de réussite.   « Vivre » : Quels sont les critères d’admission à l’IUSO ?   Marcelle Ibinga-Itsitsa : Pour être étudiant à l’IUSO, il faut réussir au concours d’entrée organisé chaque année. Toute- fois, nous avons la formation professionnelle continue dont l’accès est possible après examen d’un dossier de candidature. Cette formation est prioritairement fixée pour le perfectionnement des agents déjà en activité. Ceci dit, l’IUSO octroie des bourses à ses étudiants et les accompagne dans le respect du processus de demande de bourse qui est élaboré par l’Etat gabonais à partir de critères bien définis.    Quelles sont les caractéristiques du programme de formation à l’IUSO ?    Les programmes de formation à l’IUSO-SNE tiennent compte de deux facteurs complémentaires : la verticalité et l’horizontalité. Le premier concerne l’approfondissement de l’apprentissage et le second se base sur l’enrichissement des compétences. Ils sont conçus selon le principe de l’approche par les compétences où la conception de tout programme professionnel respecte la succession suivante : les référentiels de métiers, de compétences, de formation et d’évaluation. Enfin, il faut insister sur le principe de l’offre et de la demande qui fait en sorte que le chef d’un établissement d’enseignement supérieur et de formation professionnelle s’engage dans la conception des conditions de dialogue permanent avec le secteur employeur pour la maîtrise de ses attentes en termes de métiers à valeur ajoutée, et pour être aussi au plus près des avancées de la science et de la technologie. C’est la raison pour laquelle il est nécessaire d’avoir une vision globale et une gouvernance fortement imprégnée du devenir de la société pour conduire les changements qui s’imposent.     Quelles sont les exigences en matière de compétences professionnelles des apprenants ?    Dans notre souci de réformer l’IUSO pour la mettre au niveau des standards internationaux, les défis et perspectives sont nombreux. Il nous faut en priorité continuer de professionnaliser nos offres de formation. Et c’est d’ailleurs ce qui justifie le renversement de tendance quant aux profils des enseignants. Les exigences en matière de compétences professionnelles sont liées aux besoins du marché du travail. Partant, l’employeur a besoin de recruter des compétences professionnelles immédiates, adaptables à différents emplois et disposant de la capacité et du désir d’apprentis- sage tout au long de la vie.   Cette vision fait du directeur d’un établissement d’enseignement supérieur de formation professionnelle un véritable manager. Autrement dit, un responsable tourné vers la performance et l’excellence.   Elle place l’IUSO-SNE à la haute marche pour le développement des talents ayant l’aptitude de créer des entreprises, d’exercer une profession avec la capacité de poursuivre des études.    Les experts affirment que la majorité des « métiers d’avenir » ne sont pas encore connus. À l’horizon 2030, voire 2035, en raison du retard pris pour cause de Covid, on estime à 80% les métiers dont l’économie aura besoin et qui ne sont pas encore connus. C’est la raison pour laquelle au sein de l’IUSO-SNE, un pilotage d’ensemble est indispensable dans l’affrontement de la complexité de la situation qui se dessine. À ce propos, l’élaboration ou la révision de l’offre de formation dans l’ajustement des métiers existants et l’intégration de nouveaux métiers est nécessaire pour atteindre nos objectifs. Le concours d’entrée au sein de notre établissement est une première étape qui nous permet de sélectionner les meilleurs de nos apprenants. La modernisation des infrastructures et la planification des acquisitions, à terme, de nouveaux outils et procédures de travail modernes sont aussi des volets importants à prendre en charge tout comme l’appropriation de la pédagogie innovante qui favorise l’autonomie de l’apprenant.   Quels sont les acquis de l’IUSO en matière de formation et d’accès des apprenants au marché de l’emploi?   Au plan administratif, on peut relever : la formation rénovée qui est basée sur la professionnalisation, et la création d’outils pour mesurer le taux d’insertion en milieu professionnel pour les diplômés de l’IUSO.   Au plan pédagogique, il faut noter : la mise à disposition d’une information claire sur les types de formation proposés, les niveaux de qualification et les conditions d’accès au marché de l’emploi; la consolidation du système LMD en cohérence avec la professionnalisation (priorité donnée aux enseignements de spécialité en vue de l’acquisition des compétences professionnelles). Il faut par ailleurs relever la part belle aux interventions des spécialistes et des experts-praticiens dans le processus de la formation afin de promouvoir les échanges d’expériences et l’amélioration de la pertinence des offres de formation, et la création de nouvelles filières pour répondre en permanence aux besoins et aux exigences socio-économiques du pays.   En guise de conclusion, Madame la Directrice générale ?   Les défis actuels portent sur l’adaptation continue au monde du travail fluctuant en vue de garantir le meilleur taux d’employabilité, en passant par la mise en place de la formation en alternance. Enfin, j’ai en mémoire le propos de cette professeure des universités que je n’avais encore jamais rencontrée. Elle disait : « Madame le Directeur Général, merci. L’IUSO-SNE n’est plus ce qu’il était. Il est reconnu, il est international, il est engagé dans la société et nous en sommes fiers. » Chaque commentaire du genre est un cadeau que je reçois gaiement. Je suis moi aussi très fière de ce que notre Institut a réalisé au cours de ces dernières années. Nous avons fait grandir l’IUSO-SNE sur la scène nationale et internationale en assumant pleinement son identité d’établissement d’enseignement supérieur professionnel. Et nous l’avons rapproché du public en élargissant sa présence partout où nos connaissances et notre savoir-faire sont sollicités.    Propos recueillis par Flavienne L. Issembè PROMOTION DE LA FORMATION ET DE L’ACCÈS AU MARCHÉ DE L’EMPLOI LʼIUSO a mis en place PRIORITE A LA PERFORMANCE ET A L’EXCELLENCE

L’IUSO OU LA MÉTAMORPHOSE DE L’ENFANT PRODIGUE

L’IUSO OU LA MÉTAMORPHOSE DE L’ENFANT PRODIGUE Depuis une trentaine d’années, l’Institut universitaire des sciences de l’organisation (IUSO), anciennement Ecole nationale supérieure de secrétariat (ENSS), participe à la formation de la jeunesse gabonaise. En devenant l’IUSO, l’ENSS a étoffé son offre de formation. Elle associe sa formation de base, celle de secrétaire (assistante) de direction qui était l’unique formation à la création de l’établissement, à d’autres enseignements liés aux sciences de l’organisation.   Etudiant en master 2 de communication publique et politique, Benjamin Ndong Allogho n’a pas de crainte quant à sa formation et à la possibilité de trouver un emploi : « J’ai été admis à l’IUSO en 2017. Les enseigne- ments reçus me rendent apte à postuler pour un emploi. Je connais d’anciens étudiants qui ont été recrutés par des entreprises après l’obtention de leur DUT à l’IUSO.» L’établissement a, en effet, vocation à mettre sur le marché de l’emploi des produits prêts à relever les défis du monde professionnel.   Daryl Nguema Mbega, étudiant en fin cycle en métier du droit, confirme la bonne réputation de l’IUSO auprès des employeurs : « Ces années passées à l’IUSO m’ont été profitables. J’encourage les futurs bacheliers à passer le concours de cet institut. La qualité des formations dispen- sées au sein de notre Institut m’a permis de trouver un emploi. »   Cependant, les difficultés et les critiques ne manquent pas. L’œuvre de l’IUSO ne saurait être parfaite. Etudiante en master 2 de communication d’entreprise, Rollande en témoigne : « Durant mon année de licence, j’étais en stage dans un cabinet. Le responsable évoquait le faible niveau des étudiants provenant de l’IUSO. »   Nadidjata Moutsinga Ngamagate, étudiante en master 1 de gestion des Entreprises et des organisations, déplore les conditions d’apprentissage. « J’ai obtenu le concours de l’IUSO en 2019-2020. Malgré les efforts fournis en termes de contenu de cours et de professionnalisation des filières de formation, certains aspects sont moins glorieux, tels que les conditions d’apprentissage dénon- cées par les étudiants. En outre, ce qui me gêne dans les salles de classe c’est la chaleur. Elles ne sont pas climatisées. »   Pour Nadine, étudiante en deuxième année de DUT, « les conditions d’apprentissages ne sont pas fameuses mais on s’adapte». L’adéquation de l’IUSO au système éducatif gabonais   Les offres de formation proposées par l’IUSO sont, pour la majorité, en phase avec l’évolution du système éducatif gabonais. Pour autant, des questions se posent. Les offres de formation sont-elles adaptées au marché de l’emploi ou répondent-elles aux besoins des entreprises ?   Selon Aristide Edzegue, « la place qu’occupe l’Institut dans le système éducatif national est la première dans le domaine des sciences au Gabon. Nous avons un taux d’insertion de 40% des étudiants qui arrivent à trouver du travail dans les deux années qui suivent l’obtention de leurs diplômes. » Ces résultats sont à mettre au crédit du travail colossal de l’administration et du corps professoral.   Professeur en gestion de projets, M. Effaga confirme : « L’IUSO favorise l’insertion professionnelle. » Il admet néanmoins que « le système éducatif gabonais recouvre des imperfections dans la mesure où il est trop porté vers l’enseignement général. »   Dans un monde en perpétuelle évolution et tourné vers la valorisation des formations professionnelles, le système éducatif gabonais devrait redoubler d’imagination afin de rendre nos grandes écoles et universités compétitives. L’IUSO est un exemple en termes dans le domaine.   Eric Ozwald

LES INGRÉDIENTS D’UNE RÉUSSITE

LES INGRÉDIENTS D’UNE RÉUSSITE Les écoles, les universités, sont des sanctuaires, des temples du savoir. Elles guident. Elles orientent. C’est le cas de l’école primaire et secondaire Saint-Joseph de Calasanz et de l’Institut universitaire des sciences de l’organisation (IUSO) dont les méthodes de travail et les ingrédients de la réussite peuvent servir d’exemple à d’autres établissements scolaires. « Vivre » : Père Nieto, vous êtes la première autorité de Calasanz. Maintenez-vous le cap en termes de réussite scolaire ? Père Nieto : Permettez-moi de remercier le magazine « Vivre » de nous avoir choisi. La vie nous honore tous. Elle est un don de Dieu le Père. Un cadeau dont il faut profiter… Quelle est la place que Calasanz occupe par rapport aux écoles catholiques au Gabon ? Honnêtement, je ne sais pas s’il y a une école catholique qui a de meilleurs résultats que Calasanz… Un taux de réussite de 100% au BEPC et au bac. Quel sentiment vous anime ? Père Nieto :  Oui, 100%. C’est un sentiment de bonheur… Votre école a une certaine renommée, une certaine notoriété à Libreville et dans le Gabon… Autrement dit, la baguette magique. Le ministre Daniel Ona Ondo m’a demandé : « Mon Père, que faites-vous ? »… Quelles sont les conditions, les ingrédients de la réussite de Calasanz ? Le suivi des professeurs, le partenariat avec les parents qui nous font confiance… Comment associez-vous l’amour de la foi à l’enseignement ? Nous avons des valeurs. Il ne s’agit pas seulement de transmettre des connaissances… Mon Père, un enfant musulman peut-il s’inscrire à Calasanz ? Bien sûr. On a eu des enfants musulmans très brillants… L’élève est au cœur de votre enseignement, au centre même de votre école… L’accompagnement se voit à travers les résultats produits… A quel niveau commence le processus ? Il ne commence nulle part. Il faut retenir que nous sommes une famille… Avez-vous des cas précis d’enfants ayant besoin de l’aide du psychologue ou de l’aumônier ? Oui ! On a plusieurs cas. Prenons le cas d’un enfant brillant… Mon Père, actualité oblige, en ce moment au Gabon… L’Eglise catholique a des valeurs, des valeurs universelles… Quel est le cadre de sécurité mis en place à Calasanz et quelles sont les mesures qui sont prises… Nous avons un cadre sécurisant avec la barrière de sécurité… Quelles sont les perspectives de Calasanz ? Augmenter les salles de classe, devenir autonome… Mon Père, la devise de votre école est : « Piété et Lettres ». Qu’est-ce à dire ? J’ai deux pieds comme toi. Ils nous permettent de bien marcher… Un équilibre parfait ? Oui ! Eric Ozwald SENSIBILISER LES APPRENANTS À LA SÉCURITÉ SCOLAIRE LʼEglise catholique a des valeurs, des valeurs universelles : ne pas tolérer le mensonge, ne pas tolérer lʼinjustice. Le but est de faire en sorte que nos élèves deviennent de bons citoyens. Notre travail ne consiste pas seulement à remplir la tête. Nous nous devons aussi de remplir les cœurs. Nous avons eu des cas de violence. Cʼest la raison pour laquelle il existe un règlement intérieur, une discipline. On ne tolère pas la violence. Quand on te gifle par exemple, tu ne dois pas riposter. Si tu le fais, tu rentres dans la bataille. Nous sommes pour la paix.   Nous déracinons la violence. Nous avons un cadre sécurisant à travers la barrière de lʼécole, les caméras de sécurité et un relais avec les professeurs. On ne tolère aucune forme de violence. Depuis cinq ans, le taux de violence sʼest réduit. Nous avons éliminé tout ce qui, comme le téléphone, attire la violence, le braquage. Le téléphone est interdit depuis 2015. Personne ne peut amener son télé- phone ici. Les élèves y tenaient. Ils enregistraient du porno, se partageaient les images et les postaient sur les réseaux.   Au-delà de lʼaspect religieux, nous procédons à dʼautres formes de sensibilisation aux violences.Toutes les formes de sensibilisation sont les bienvenues. Chaque fois que quelquʼun frappe à notre porte, nous accompagnons les bonnes initiatives. La dernière, à laquelle nous avons convié des invités, était consacrée au respect de lʼenvironnement, à lʼamour de la nature et au nettoyage des plages.   Père Luis Martίn Nieto

LA MONTÉE DES AGENCES DE PLACEMENT DE PERSONNELS

LA MONTÉE DES AGENCES DE PLACEMENT DE PERSONNELS Face au fort taux de chômage auquel se heurte la jeunesse gabonaise, on assiste à lʼaccroissement des agences de placement de personnels, qui sʼimplantent un peu partout sur le territoire.   Entre 2016 et 2020, le Gabon se plaçait dans le top des pays dʼAfrique subsaharienne à avoir un taux de chômage élevé, soit autour de 35 %. Au cours de cette période, lʼOffice national de lʼemploi (ONE) aurait déclaré à lʼagence de presse en ligne Gabon Media Time (GMT) avoir enregistré 64 077 demandeurs dʼemploi. Selon la même source, 87% des demandeurs avaient entre 16 et 34 ans.   En dehors de lʼONE, qui sʼest mué en 2022 en Pôle national de promotion de lʼemploi (PNPE), plusieurs autres structures sʼimpliquent dans la stratégie dʼinsertion professionnelle des jeunes. Elles se démarquent, pour certaines, par des communications peu conventionnelles et affichent des salaires très aguicheurs. Des questions sʼimposent quant à la fiabilité et au fonctionnement des agences de placement de personnels, dʼune part, et au taux dʼinsertion professionnelle, dʼautre part.   Des startups aux grandes entreprises, les agences de placement de personnels proposent désormais une variété de services pour mieux se vendre. « Nous proposons des formules de services diverses : les publications dʼannonces et les publications dʼannonces avec pré-entretiens. Certains partenaires nous confient même le recrutement de leurs employés en totalité », renseigne Darlin Kombila, responsable de la communication à Gabon Emploi et Stages. « Pour une meilleure insertion professionnelle nous proposons également aux candidats un service formation-insertion. Nous les formons pour, ainsi dire, faciliter leur intégration en entreprise. Aussi, certaines PME font-elles appel à nous pour que nous formions leur personnel.»   Dans ce secteur en pleine expansion, la concurrence est rude et les entreprises sont de plus en plus nombreuses à avoir recours à ces agences. Elles souhaitent collaborer avec des professionnels et nʼhésitent pas à se faire recommander, confirme Coralie, agent de suivi et de la sous-traitance à la Sucrière africaine du Gabon (Sucaf). « Nous travaillons avec le cabinet Human Ressource Solution (HRS). HRS nous avait été recommandé par un collaborateur centrafricain. Il nous avait fourni un dossier administratif comportant une fiche circuit, un numéro RCCM (registre du commerce et du crédit immobilier), un justificatif de la Caisse nationale de la sécurité sociale (CNSS), une responsabilité civile et une patente des impôts. Ces documents nous ont rassurés sur la fiabilité de cette entreprise avec qui, jusquʼà présent, nous obtenons une entière satisfaction sur toutes les prestations.»   Pendant les vacances particulièrement, les agences de placement de personnels sont très sollicitées. Les sociétés sʼactivent à employer des jeunes à la recherche de petits boulots.   Elles font donc appel à ces structures spécialisées pour effectuer la liaison. « Cʼest surtout pendant la période des grandes vacances scolaires que lʼon nous demande des jeunes avec ou sans expérience. Les entreprises ne sont pas exigeantes et tirent une grande rentabilité de ces emplois saisonniers », ajoute Darlin Kombila. « Nous travaillons avec le service RSE (responsabilité sociétale dʼentreprise) de la Comilog (Compagnie minière de lʼOgooué). Pendant les vacances, il nous envoie des jeunes vacanciers recrutés par la société pour les insérer dans nos effectifs de sous-traitance », déclare M. Gislain, coordinateur de travaux et chargé de recrutement à SAT service (entreprise sous-traitante de la Comilog).   Ces bureaux de recrutement sont la courroie de transmission entre les entreprises et les demandeurs dʼemploi. Les services sont rémunérés de plusieurs manières en fonction des agences. Pour les plus classiques, ce sont les entreprises qui sʼattachent leurs services qui payent en totalité la prestation. Pour les plus modernes, elles constituent une base de données payante quʼelles proposent aux chômeurs dʼintégrer.   Après un entretien concluant, lʼagence débitera une commission dʼun pourcentage prédéfini sur le premier salaire du nouvel employé en plus dʼune rémunération émise par lʼentreprise dans le besoin. M. Kombila précise : « Lorsque nous sommes sollicités, nous sommes payés à 50% du salaire de la personne recrutée : 25% de la somme avant signature du contrat et les autres 25% juste après. »   Selon un sondage, près de 78% des jeunes en âge de travailler connaissent des agences de placement de personnels privées, mais seulement environ 12% y ont recours. Une jeune comptable affirme que : « Mis à part lʼONE, jʼai eu recours à une agence de placement de personnels très connue sur les réseaux sociaux. Malgré le service rémunéré, au bout dʼun an je nʼavais toujours pas obtenu dʼemploi.»   Les réseaux sociaux constituent une force dans la communication des agences surtout pour la diffusion de leurs annonces dʼemploi. Des posts Facebook, Instagram et Linkedin en passant par les groupes WhatsApp, les annonces abondent. « Jʼai été inséré dans un groupe WhatsApp de demandeurs dʼemploi par un ami et jʼai reçu une annonce à laquelle jʼai postulé. Une semaine après, jʼai été contacté par le cabinet en charge du recrutement. Un peu plus tard, jʼai passé lʼentretien avec le directeur dʼusine et jʼai été embauché », indique Yannick, conducteur de travaux à la Sucaf.   De plus en plus présentes et nombreuses, ces structures affichent un taux de réussite de placement de personnels au-dessus de 50% pour la plupart. Elles ne cessent de se réinventer pour rester compétitives. Le pays, qui mise sur un dispositif visant lʼinsertion de 60000 jeunes en cette année 2023 pour lutter contre le chômage, pourrait bien se tourner vers elles en appui au PNPE. La montée des agences de placement de personnels.     Difira Pamouande

AGISSONS AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD

AGISSONS AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD « L’école est en crise, le chômage augmente et le futur paraît de plus en plus incertain. » Progressivement, les droits à l’instruction scolaire et au travail perdent de leur valeur, alors même qu’ils contribuent au développement national à travers l’amélioration de la santé, la réduction de la pauvreté, la promotion de l’égalité des sexes, la paix et la stabilité sociale.» Agissons avant qu’il ne soit trop tard. Orientons mieux nos apprenants dans des filières qui vont leur permettre de devenir ce qu’ils souhaitent et d’éviter le chômage. La responsabilité de l’Etat et des parents est ainsi engagée. Elle est d’ailleurs énoncée à l’article premier de la Constitution, respectivement en ses alinéas 16,17 et 18. « Les soins à donner aux enfants et leur éducation constituent pour les parents un droit naturel et un devoir qu’ils exercent sous la surveillance et avec lʼaide de lʼÉtat et des collectivités publiques…»   « La protection de la jeunesse contre lʼexploitation et contre lʼabandon moral, intellectuel et physique est une obligation pour lʼÉtat et les collectivités publiques. » « LʼEtat garantit lʼégal accès de lʼenfant et de lʼadulte à lʼinstruction, à la formation professionnelle et à la culture. »   Agissons avant quʼil ne soit trop tard. Orientons mieux nos apprenants dans des filières qui vont leur permettre de devenir ce quʼils souhaitent et dʼéviter le chômage. La responsabilité de lʼEtat et des parents est ainsi engagée. Elle est dʼailleurs énoncée à lʼarticle premier de la Constitution, respectivement en ses alinéas 16,17 et 18. « Les soins à donner aux enfants et leur éducation constituent pour les parents un droit naturel et un devoir quʼils exercent sous la surveillance et avec lʼaide de lʼÉtat et des collectivités publiques…»   « La protection de la jeunesse contre lʼexploitation et contre lʼabandon moral, intellectuel et physique est une obligation pour lʼÉtat et les collectivités publiques. » « LʼEtat garantit lʼégal accès de lʼenfant et de lʼadulte à lʼinstruction, à la formation professionnelle et à la culture. »   Chaque Gabonais a également des obligations. Comme le stipule lʼalinéa 7 de lʼarticle précité, « chaque citoyen a le devoir de travailler et le droit dʼobtenir un emploi. Nul ne peut être lésé dans son travail en raison de ses origines, de son sexe, de sa race, de ses opinions».   Afin de mener à bien ce processus, lʼEtat se doit dʼaméliorer les conditions de vie de ses citoyens à travers des politiques actives qui peuvent faciliter la scolarisation, le recrutement et la rétention des jeunes au niveau national, lʼobjectif étant de freiner la fuite des cerveaux.   Le corps enseignant a, quant à lui, le devoir de sensibiliser les apprenants aux différentes formations et aux débouchés après le bac. En outre, les établissements scolaires devraient nouer des partenariats avec des entreprises accessibles aux étudiants afin de les aider à mieux sʼorienter, de limiter le taux de chômage et dʼouvrir des centres de formation aux métiers dʼavenir.   En tant que première autorité, les parents devraient être à leur écoute, suivre leur scolarité et les aider à bien sʼorienter. Le moindre manquement pourrait contribuer à la démotivation de lʼenfant, au décrochage scolaire et aux mauvais choix en matière dʼemploi.   Bien souvent, des parents misent sur des écoles supérieures de formation professionnelle de la capitale en dépit des frais exorbitants d’inscription et d’écolage ou optent pour des études littéraires au détriment des filières techniques ou scientifiques. Mais ont-ils vraiment le choix face aux multiples crises, y compris les grèves qui minent le système éducatif gabonais ?   En dépit des efforts consentis par les parents, une grande majorité de jeunes se retrouve perdue ou dans un engrenage sans issue. Le manque dʼentreprises n’arrange rien au chômage dʼautant que la demande est supérieure à lʼoffre dʼemplois. Pire, combien de jeunes fraîchement diplômés se voient refuser un emploi au profit des étrangers ?   LʼEtat gagnerait à traduire dans les faits sa politique en matière dʼéducation et dʼemploi, fondée sur la bonne gouvernance, la mobilisation substantielle couplée à la gestion rationnelle et la décentralisation effective des ressources. Il devrait également sʼassurer que les informations afférentes aux filières dʼétudes et dʼemplois parviennent respectivement aux apprenants et aux employés.     Lyra Moviwa

APPRENDRE ET APRÈS ?

APPRENDRE ET APRÈS ? Ne vous méprenez pas ! Il ne s’agit nullement de dénigrer l’apprentissage, pas plus que la formation. L’acquisition du savoir demeure plus que jamais une arme fondamentale dans un monde en perpétuelle mutation. L’intitulé cadre plutôt avec le cri de désarroi d’une grande partie des lycéens, des étudiants et des parents.   Plus de 25% des jeunes peinent à s’insérer sur le marché de l’emploi et, circonstance aggravante, ceux qui sont qualifiés et fraîchement diplômés ne font plus exception désormais à ce cruel constat. Cette situation alarmante et inédite ne semble pas trouver d’issue à court terme. En effet, pour l’année 2022, le Gabon prévoyait de réduire de 2806 le nombre d’agents à recruter dans la fonction publique pourtant principal pourvoyeur d’emplois !   Les cas les plus alarmants sont ceux de l’Education nationale et de la Jeunesse et des Sports. Chaque année, un minimum de 200 expatriés sont recrutés à l’Education nationale lorsque, dans le même temps, depuis 2018, les enseignants sortis de l’Ecole normale supérieure (ENS) ne sont quasiment pas pris en compte car n’ayant guère de garantie au niveau du recrutement, de la titularisation et de l’avancement. Les besoins sont pourtant réels tant au niveau du personnel enseignant, du personnel d’encadrement et qu’au niveau de l’administration. Cela est devenu un enjeu d’ordre national. Il n’est pas rare qu’au sein d’une famille des parents comptent deux à trois enfants qui, diplôme en poche, ne sont engagés nulle part.   L’estimation de ce fléau social est assez difficile à établir. Si l’on cumule les 20 000 jeunes se retrouvant en quête d’emplois annuellement et ceux qui ont été compressés, la fourchette se situerait entre 80 000 et 120 000 chômeurs ! Le Mouvement national des chômeurs du Gabon (MNCG) avance le chiffre de 200 000.   Les pouvoirs publics ont-ils failli dans leur politique de droit à l’emploi ? Ce droit à l’emploi est inscrit dans la Constitution gabonaise de 1991, actuellement en vigueur : « Chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi. » Autrement dit, les pouvoirs publics doivent mettre en oeuvre une politique permettant à chacun d’obtenir un emploi. Cela, toutefois, ne s’entend pas comme une obligation de résultat, c’est-à-dire comme une obligation absolue de donner à tout chômeur un emploi. Mais ce droit à l’emploi ou au travail ne fait-il pas partie intégrante de la notion de dignité de l’être humain ?   Dans le cas spécifique du Gabon, le moins que l’on puisse dire est que ce pays présente un certain nombre de paradoxes. A ce propos, une récente publication du 11 octobre 2022 émanant du Centre d’étude et de réflexion sur le monde francophone (CERMF) précise que cet Etat se positionne comme le plus riche d’Afrique (hors très petits pays). Son produit intérieur brut (PIB) par habitant se chiffrerait à 8 017 dollars, c’est-à-dire 5,4 millions de francs CFA. Cela devrait a priori être gage d’enrichissement, de développement économique et surtout social afin de booster l’indice du développement humain (IDH).   Comment comprendre ce qui précède et la stagnation du marché de l’emploi ? Ce d’autant plus que les secteurs touristique, agricole et minier font partie du « Plan stratégique Gabon émergent » censé dynamiser le développement et générer des milliers d’emplois.   Le Gabon est le pays qui, par rapport à sa population, compte le plus de fonctionnaires à l’échelle de la planète. 54 415 fonctionnaires en 2004 et plus de 102 367 en 2020, soit une augmentation de plus de 85% en seize ans ! Soixante-trois ans après les indépendances, le premier employeur au Gabon est l’Etat alors que dans la majeure partie du monde, c’est le secteur privé. Plus des deux tiers des emplois sont ceux de la fonction publique générant une masse salariale de 651 milliards de francs CFA en 2021 ce qui a conduit le Fonds monétaire international (FMI) à imposer un moratoire au gouvernement depuis un certain nombre d’années.   Il faudrait inverser progressivement la tendance en créant plus d’emplois dans le secteur privé afin de suppléer l’hypertrophie des administrations étatiques. En 1985, ce secteur avoisinait 80000 emplois. Il a baissé de près de 50% aujourd’hui. Pour ce faire, des investissements plus substantiels s’imposent, mais qui sont obérés par la dette extérieure se chiffrant à 8000 milliards de francs CFA. Cela constitue l’un des principaux freins d’injection de capitaux pour développer de nouvelles activités génératrices d’emplois.   Tout n’est cependant pas imputable aux choix économiques dans les causes de l’inemploi. Il existe une persistance de choix de filières inopérantes. La Commission nationale d’orientation et d’attribution d’allocation d’études ne tient pas toujours compte des priorités de formation décidées par le gouvernement. A cela, il faut ajouter l’esprit de fonctionnariat qui prévaut toujours dans la conscience du gabonais.   Les bacheliers orientés en sociologie, gestion et droit peinent souvent à trouver du travail. Entre 2016 et 2020, 64 077 demandeurs d’emploi se sont présentés à l’Office national de l’emploi (ONE). Le Gabon a l’un des taux de chômage les plus élevés d’Afrique subsaharienne. Il se situe« à 22% à l’échelle générale et à 38% chez les jeunes».   « La population active gabonaise est globalement sous-qualifiée : 70% de la main-d’oeuvre ont un niveau inférieur ou égal au Certificat d’études primaires élémentaires (CEPE), 16,4% sont détenteurs du Brevet d’études du premier cycle (BEPC) et 5,6% seulement du baccalauréat (bac).   Il existe pourtant des compétences très recherchées nécessitant une haute expertise technique dans les secteurs pétrolier, parapétrolier, minier, du transport, du bâtiment et des travaux publics (BTP) et des nouvelles technologies. Des mesures d’urgence s’imposent afin que l’Etat puisse assurer à nouveau le plein emploi.   L’enseignement doit s’adapter à l’évolution économique et sociale. L’Etat providence a atteint ses limites. L’exécutif doit s’efforcer désormais de privilégier l’auto-entrepreneuriat afin d’assurer une autonomisation de plus en plus vitale pour les jeunes générations.      Adia Rénomiè

CANDIDATS À LA PRÉSIDENTIELLE DE 2023

 1.  Ali Bongo Ondimba, président sortant et candidat du Parti démocratique gabonais (PDG) 2. Albert Ondo Ossa, candidat des partis d’opposition 3.  Alexandre Barro Chambrier, candidat du parti Héritage et Modernité 4. Raymond Ndong Sima, indépendant 5. Mike Steeve Dave Jocktane, plateforme Alternance 2023 6. Paulette Missambo, présidente de l’Union Nationale (UN) 7. Victoire Issembè-Lasseni Duboze, indépendante 8. Jean Delor Biyogue Bi Ntougou, indépendant 9. Jean Romain Fanguinoveny, président du Rassemblement pour le Gabon (RPG) 10.  Pierre-Claver Maganga Moussavou, président du Parti social-démocrate (PSD) 11.  Joachim Mbatchi Pambo, président du Forum pour la défense de la République (FDR) 12.  Jean V. Mouanga Mbadinga, président du Mouvement d’émancipation socialiste pour le peuple  13.  Gérard Ella Nguema Mitoghe, président du Front populaire gabonais (FPG) 14.  Gervais Oniane, président du parti centriste Union pour la République (UPR) 15.  Axel Stophène Ibinga Ibinga, indépendant 16.  Abel Mbombe Nzoundou, indépendant 17.  Thierry Yvon Michel N’goma, indépendant 18.  Emmanue Mve Mba, indépendant 19.  Thérence Gnembou Moutsona, indépendant

LE PARADOXE DE L’ÉCOLE GABONAISE

Le paradoxe de l’école gabonaise Un enseignant, ancien directeur d’établissement aujourd’hui à la retraite, livre sa part du constat :« L’école gabonaise affiche un taux de scolarisation de 90 % et un écart garçons-filles de seulement 1,5%. Paradoxalement, le niveau de rendement et de réussite des apprenants est particulièrement bas. Après avoir connu un âge d’or, et ce jusqu’aux années 1990, l’école gabonaise, réputée pour être un modèle dans les pays de la région dont elle accueillait des professeurs et des élèves, s’est profondément déstructurée en raison d’une crise sans précédent. Grèves, climat d’insécurité et sureffectifs dans certains établissements de 80 à 100 élèves par enseignant contre 21 dans les pays à revenu intermédiaire.   Le taux de redoublement et d’abandon scolaire est en nette augmentation. Il y a une inadéquation avec les normes de l’Unesco, sans oublier que le bac gabonais n’ouvre plus de facto les portes des universités les mieux cotées. Si certains établissements comme Léon Mba et Nelson Mandela étaient protégés en ce sens qu’il y avait un ratio classe qu’il fallait respecter, un internat et un climat sécuritaire exemplaire, les élèves subissent, hélas, les affres décrits plus haut. Les établissements qui se distinguent sont notamment le Prytanée, Calasanz, Mbele et l’Immaculée Conception. »    Ces propos sont étayés par des apprenants   Xavier : « En termes de forces, lors des examens tels que le BAC et le BEPC, des établissements comme les lycées Jean Baptiste Obiang Etoughe, Jean Hilaire Aubame Eyéghé, Mbélé, Mohamed Arisani et Montalier ont un bon pourcentage de réussite entre 50 et 100%. On peut donc dire que la qualité de l’enseignement est bonne. »   Kernelle : « On a de très bons enseignants. Leurs cours sont très explicites. »   Orthiniel : « Mon établissement a une bibliothèque et du matériel de travail de très bonne qualité. »   Kernelle : « Nous manquons d’instruments au niveau de certains départements et sommes exposés à l’insalubrité au sein de l’établissement du fait de la proximité de la poubelle avec les salles de classe. »   Orthiniel : « Nous manquons d’enseignants. Les classes sont surchargées en raison du manque de salles et de tables-bancs. Certains élèves se retrouvent à quatre sur une table-banc. »   Berny : « Les faiblesses sont le manque de salles de classe, de tables-bancs et d’outils informatiques. »   Kévine : « J’aimerais également parler de la bourse en me référant à mon exemple. Quand j’étais au lycée, la bourse me permettait de subvenir à certains besoins d’ordre éducatif. A l’université, j’ai pu poursuivre mes études grâce à elle. La bourse est un avantage pour les élèves dont les parents ne sont pas aisés. Aujourd’hui, la situation est de plus en plus compliquée. Les élèves sont obligés de jongler entre l’école et les petits boulots pour poursuivre leurs études. »   Qu’en pensent les parents d’élèves ?   Annick Sono :« Les faiblesses sont a priori le manque de salles de classe et, partant, les sureffectifs. Certains lycées et collèges n’ont pas de professeurs jusqu’en fin d’année. »   Xavier K. Rovaria:« Au sein des établissements privés et publics, les faiblesses se caractérisent par le manque d’enseignants et de tables-bancs dans certaines classes, notamment en 6e, , 5e et 4e. Les enfants ont des difficultés pour écrire car ils sont souvent assis àtrois, voire quatre, cinq ou six sur une table-banc. Ecrire dans ces conditions est difficile. Le ministère de l’Education devrait songer à augmenter le nombre de tables-bancs par classe et créer de nouvelles salles de classe. L’insécurité est un autre problème majeur dans certains établissements. »   Frandy K. Bassatsi : « Un autre niveau de faiblesse a trait aux cours inachevés. Mon enfant me dit qu’il n’arrive pas à écrire en raison du manque de tables-bancs. Un enfant qui rentre à la maison avec les cours inachevés ne peut pas bien étudier. Par ailleurs, une fois en classe, certains enseignants qui sont censés donner quatre cours dans la semainen’en font qu’un ou deux et, par chance, trois. En mathématiques, par exemple, si le professeur ne vient pas ou s’il vient une fois dans le mois, l’enfant aura un handicap en classe supérieure. Pour rattraper ce retard, je suis mon enfant à la maison ».   Quelles réformes pour le système éducatif ?   Kernelle: « Il faudrait fournir plus de matériel, réhabiliter certains bâtiments, en construire d’autres. »   Berny :« Je changerai certains professeurs qui ne sont pas aptes à bien enseigner. »   Kévine:« Il faudrait maximiser l’emploi des enseignants gabonais. »   Le point de vue des parents rejoint, à quelques nuances près, celui des élèves.   Annick Sono :« A mon niveau, le changement doit se faire au niveau de la tête. Le ministre doit être quelqu’un qui est de l’éducation nationale. Il faudra mettre les gens à la place qu’il faut. »   FrandyK. Bassatsi : « Je réduirai les effectifs des salles de classeIl faudra aussi pourvoir les établissements en enseignants de qualité parce que certains viennent en classe, disparaissent et réapparaissent à la fin du mois pour toucher leur salaire. Et c’est l’élève qui prend un coup. Un autre changement consistera à résoudre le problème de l’insécurité. »   Par ailleurs, l’on se demande si l’école doit ou non privilégier la théorie à la pratique. D’aucuns estiment que le système éducatif devrait promouvoir davantage le niveau de connaissances nécessaires à l’apprenant pour qu’il soit prêt à affronter les problèmes liés au développement de notre pays. Cette méthode apporterait ainsi un certain équilibre au système éducatif et permettrait aux apprenants d’avoir un niveau compétitif.   « Je suis plutôt satisfait de la formation que l’éducation nationale nous propose », affirme Marc-Antoine, étudiant à l’Université des sciences et techniques de Masuku (USTM). « Sur le plan théorique, les enseignants que j’ai eus avaient de la matière et cherchaient à relever le niveau de chaque élève au lycée. Mais je ne vais pas généraliser car j’étais dans un établissement de privilégiés où l’on avait accès à des laboratoires bien équipés. »   « Comparé à l’Occident, notre génération peine à accéder à l’outil informatique. La plupart d’entre nous y ont accès à leur entrée à l’université. Même si la tendance semble s’inverser dans les écoles, notre LE PARADOXE DE L’ÉCOLE GABONAISE

COMBLER LE FOSSÉ ENTRE ÉCOLE ET EMLPOI

COMBLER LE FOSSÉ ENTRE L’ÉCOLE ET L’EMPLOI Le fossé s’élargit à une vitesse alarmante entre l’école et le marché du travail. Cette situation pose l’épineux problème du décalage entre la formation reçue et les besoins du monde du travail. La crise actuelle et les solutions envisagées sont au cœur de notre entretien avec le Pr Télésphore Ondo, maitre de conférences en droit public à l’Université Omar Bongo. « Vivre » : Pr Télésphore Ondo, que souhaiteriez-vous dire en guise d’introduction ?   Pr Télésphore Ondo : Je tiens d’abord à vous remercier de l’opportunité que vous me donnez pour m’exprimer sur ce sujet très important. Pour en venir à notre propos, l’éducation, la formation et le travail sont les piliers de toute société et la quintessence même de l’existence de l’individu. Point de développement collectif ou personnel sans associer les trois. Quel regard posez-vous sur les deux secteurs pris isolément et collectivement, et le décalage entre les deux ?   L’éducation et la formation sont dans un état de délabrement avancé dans notre pays. L’école publique est submergée par des problèmes interminables et jusque-là insolubles. Ils ont pour noms : effectifs pléthoriques, manque d’enseignants, manque de structures et d’équipements, inadaptation formation-emploi, etc. Quant au travail, il est évident que la fonction publique ne recrute plus comme avant. Le secteur privé devrait normalement prendre le relais. Mais, avec un secteur privé faible, des formations inadaptées, des structures de formation professionnelle limitées, on ne peut qu’assister au décalage entre les deux secteurs. Quelle est l’ampleur du décalage entre lʼécole et le marché de l’emploi, et quelles sont les causes profondes de ce décalage ?   Les chiffres parlent d’eux-mêmes : taux de chômage très élevé, notamment chez les jeunes avec environ 38% des moins de 30 ans, soit le plus élevé de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Les causes sont pour l’essentiel la quasi-inexistence des formations professionnelles ; l’inadéquation entre les besoins du marché et les formations proposées, ainsi que les bourses octroyées ; et l’absence de passerelles entre les pourvoyeurs d’emplois et les services de l’orientation. Quelles sont les autres actions majeures qui s’imposent pour inverser la crise entre les deux secteurs et booster l’insertion des jeunes dans le marché de l’emploi ?   L’État doit créer et multiplier les centres de formation professionnelle dans tout le pays. L’orientation doit se faire en partenariat avec les pourvoyeurs d’emplois. L’État ne doit octroyer des bourses qu’en fonction de ses priorités, par exemple dans les secteurs porteurs, notamment l’agriculture, l’environnement, le numérique, les mines, la santé, l’éducation. Quelles sont les relations qu’entretiennent les deux secteurs ? Le partenariat y a-t-il sa place ou y a-t-il un travail à faire en profondeur à ce niveau et dans quel sens ?   Les deux secteurs ont développé quelques relations de partenariat depuis quelque temps à travers le développement des contrats aidés ; la création de quelques structures de formation professionnelle mais uniquement dans le Grand Libreville et l’autorisation de création de nombreux établissements supérieurs privés, etc. Pour ne citer que quelques exemples, le Centre de recherche et d’études constitutionnelles, administratives, parlementaires, politiques et internationales (CRECAPPI) de l’Université Omar Bongo (UOB) a mis en place des partenariats avec des universités privées et des établissements publics. Le Centre encadre les étudiants doctorants de l’École de management EM Gabon dans le domaine de la recherche, et avec l’École de santé militaire du PK 9 en master de gestion crise et d’action humanitaire.   Quʼest ce quʼun contrat aidé au juste ? Le contrat aidé au niveau de notre pays s’inspire du Code du travail initié en France en 2005 par l’ancien ministre Dominique de Villepin. Dans le cadre de stages de formation pratiques destinés aux étudiants, vous les formez et, en contrepartie, les entreprises qui les recrutent sont exonérées d’impôts. Dans la même logique, des formations d’alter- nance sont organisées pendant trois jours en entreprise et trois jours à l’école. Ces contrats sont formalisés au Gabon depuis 2021. Auparavant, ils existaient sous forme de contrat d’apprentissage.   Quelles sont les autres actions majeures qui s’imposent pour inverser la crise entre les deux secteurs et booster l’insertion des jeunes dans le marché de l’emploi ? L’Etat doit créer et multiplier les centres de formation professionnelle dans tout le pays. L’orientation doit se faire en partenariat avec les pourvoyeurs d’emplois. L’État ne doit octroyer des bourses qu’en fonction de ses priorités, par exemple dans les secteurs porteurs, notamment l’agriculture, l’environnement, le numérique, les mines, la santé, l’éducation.   Propos recueillis par Flavienne L. Issembè

DE L’ÉCOLE À L’EMPLOI : UN PARCOURS VITAL, MAIS…

DE L’ÉCOLE À L’EMPLOI : UN PARCOURS VITAL, MAIS… La loi gabonaise dispose que « tous les enfants âgés de 6 à 16 ans doivent aller à l’école et chaque citoyen a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi ». Nul, en effet, n’a le droit d’interdire à un enfant d’apprendre à écrire, lire et compter et à une personne qui en a la capacité de travailler, au risque de la priver de ses droits à la dignité et à la sécurité.   L’école et le travail revêtent une importance capitale pour l’individu. Lieu de transmission du savoir et de socialisation, l’école est une institution nationale qui aide l’enfant à s’épanouir intellectuellement, mentalement et physiquement. Elle participe à promouvoir son ascension sociale.   Au sens économique du terme, le travail est une activité productrice de biens et services par des employé.es moyennant un salaire. Le salaire permet à chacun, à condition qu’il soit conséquent, de subvenir à ses besoins essentiels, principalement l’alimentation, le logement et les soins de santé.   Pour autant, les conditions indispensables à l’épanouissement scolaire et professionnel des Gabonais sont loin d’être réunies au vu de la crise qui paralyse le système éducatif et le marché de l’emploi.   Selon une enquête réalisée auprès de 1200 Gabonais adultes en 2020 par l’équipe Afro-Barometer Gabon, dirigée par le Centre d’études et de recherche en géosciences politiques et prospective (Cergep) de l’Université Omar Bongo, 8 Gabonais sur 10 (81%) jugent « très mal » ou « plutôt mal » la satisfaction des besoins en éducation, contre 2 sur 10 (19%) qui pensent que la performance du gouvernement dans ce domaine est « plutôt bien » ou « très bien ».   L’enquête révèle que « l’éducation est après le chômage le second plus important problème auquel le gouvernement devrait s’attaquer. ». Ainsi, plus des deux tiers (69%) des répondants placent la création d’emplois comme première priorité d’investissement, suivie de l’éducation (11%) et de la formation professionnelle (10%).   La crise dans le système scolaire, faite des grèves des apprenants et des enseignants qui revendiquent, à juste titre, de meilleures conditions d’études, pour les uns, et de vie et de travail, pour les autres, appelle une école de qualité centrée sur :   La performance de l’encadrement des apprenants. Le relèvement du taux de réussite aux examens. La disponibilité continue des enseignants, des équipements et des matériels didactiques. L’équilibre quantitatif et qualitatif des infrastructures entre les villes et les zones rurales.   Afin de juguler le chômage, le gouvernement a mis en place une politique d’emploi ayant pour objectifs principaux la diversification et l’adaptation des filières de formation au développement socio-économique et culturel, l’intensification du partenariat avec le secteur privé, et la promotion de l’insertion professionnelle des jeunes diplômés et non scolarisés.   Selon la Banque mondiale, « le taux de chômage général se situe à 22%, avec un nombre particulièrement élevé de sans emploi chez les jeunes de l’ordre de 38 % ».   « Vivre » vous propose un diagnostic de l’école gabonaise, un regard sur l’impact de la déstructuration scolaire sur l’apprenant, la crise de l’emploi, l’émergence des agences de placement professionnel, les cas d’école dont les méthodes de travail et les ingrédients de la réussite pourraient inspirer d’autres établissements scolaires.     La Rédaction  

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