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La Rédaction

CANDIDATS À LA PRÉSIDENTIELLE DE 2023

 1.  Ali Bongo Ondimba, président sortant et candidat du Parti démocratique gabonais (PDG) 2. Albert Ondo Ossa, candidat des partis d’opposition 3.  Alexandre Barro Chambrier, candidat du parti Héritage et Modernité 4. Raymond Ndong Sima, indépendant 5. Mike Steeve Dave Jocktane, plateforme Alternance 2023 6. Paulette Missambo, présidente de l’Union Nationale (UN) 7. Victoire Issembè-Lasseni Duboze, indépendante 8. Jean Delor Biyogue Bi Ntougou, indépendant 9. Jean Romain Fanguinoveny, président du Rassemblement pour le Gabon (RPG) 10.  Pierre-Claver Maganga Moussavou, président du Parti social-démocrate (PSD) 11.  Joachim Mbatchi Pambo, président du Forum pour la défense de la République (FDR) 12.  Jean V. Mouanga Mbadinga, président du Mouvement d’émancipation socialiste pour le peuple  13.  Gérard Ella Nguema Mitoghe, président du Front populaire gabonais (FPG) 14.  Gervais Oniane, président du parti centriste Union pour la République (UPR) 15.  Axel Stophène Ibinga Ibinga, indépendant 16.  Abel Mbombe Nzoundou, indépendant 17.  Thierry Yvon Michel N’goma, indépendant 18.  Emmanue Mve Mba, indépendant 19.  Thérence Gnembou Moutsona, indépendant

LE PARADOXE DE L’ÉCOLE GABONAISE

Le paradoxe de l’école gabonaise Un enseignant, ancien directeur d’établissement aujourd’hui à la retraite, livre sa part du constat :« L’école gabonaise affiche un taux de scolarisation de 90 % et un écart garçons-filles de seulement 1,5%. Paradoxalement, le niveau de rendement et de réussite des apprenants est particulièrement bas. Après avoir connu un âge d’or, et ce jusqu’aux années 1990, l’école gabonaise, réputée pour être un modèle dans les pays de la région dont elle accueillait des professeurs et des élèves, s’est profondément déstructurée en raison d’une crise sans précédent. Grèves, climat d’insécurité et sureffectifs dans certains établissements de 80 à 100 élèves par enseignant contre 21 dans les pays à revenu intermédiaire.   Le taux de redoublement et d’abandon scolaire est en nette augmentation. Il y a une inadéquation avec les normes de l’Unesco, sans oublier que le bac gabonais n’ouvre plus de facto les portes des universités les mieux cotées. Si certains établissements comme Léon Mba et Nelson Mandela étaient protégés en ce sens qu’il y avait un ratio classe qu’il fallait respecter, un internat et un climat sécuritaire exemplaire, les élèves subissent, hélas, les affres décrits plus haut. Les établissements qui se distinguent sont notamment le Prytanée, Calasanz, Mbele et l’Immaculée Conception. »    Ces propos sont étayés par des apprenants   Xavier : « En termes de forces, lors des examens tels que le BAC et le BEPC, des établissements comme les lycées Jean Baptiste Obiang Etoughe, Jean Hilaire Aubame Eyéghé, Mbélé, Mohamed Arisani et Montalier ont un bon pourcentage de réussite entre 50 et 100%. On peut donc dire que la qualité de l’enseignement est bonne. »   Kernelle : « On a de très bons enseignants. Leurs cours sont très explicites. »   Orthiniel : « Mon établissement a une bibliothèque et du matériel de travail de très bonne qualité. »   Kernelle : « Nous manquons d’instruments au niveau de certains départements et sommes exposés à l’insalubrité au sein de l’établissement du fait de la proximité de la poubelle avec les salles de classe. »   Orthiniel : « Nous manquons d’enseignants. Les classes sont surchargées en raison du manque de salles et de tables-bancs. Certains élèves se retrouvent à quatre sur une table-banc. »   Berny : « Les faiblesses sont le manque de salles de classe, de tables-bancs et d’outils informatiques. »   Kévine : « J’aimerais également parler de la bourse en me référant à mon exemple. Quand j’étais au lycée, la bourse me permettait de subvenir à certains besoins d’ordre éducatif. A l’université, j’ai pu poursuivre mes études grâce à elle. La bourse est un avantage pour les élèves dont les parents ne sont pas aisés. Aujourd’hui, la situation est de plus en plus compliquée. Les élèves sont obligés de jongler entre l’école et les petits boulots pour poursuivre leurs études. »   Qu’en pensent les parents d’élèves ?   Annick Sono :« Les faiblesses sont a priori le manque de salles de classe et, partant, les sureffectifs. Certains lycées et collèges n’ont pas de professeurs jusqu’en fin d’année. »   Xavier K. Rovaria:« Au sein des établissements privés et publics, les faiblesses se caractérisent par le manque d’enseignants et de tables-bancs dans certaines classes, notamment en 6e, , 5e et 4e. Les enfants ont des difficultés pour écrire car ils sont souvent assis àtrois, voire quatre, cinq ou six sur une table-banc. Ecrire dans ces conditions est difficile. Le ministère de l’Education devrait songer à augmenter le nombre de tables-bancs par classe et créer de nouvelles salles de classe. L’insécurité est un autre problème majeur dans certains établissements. »   Frandy K. Bassatsi : « Un autre niveau de faiblesse a trait aux cours inachevés. Mon enfant me dit qu’il n’arrive pas à écrire en raison du manque de tables-bancs. Un enfant qui rentre à la maison avec les cours inachevés ne peut pas bien étudier. Par ailleurs, une fois en classe, certains enseignants qui sont censés donner quatre cours dans la semainen’en font qu’un ou deux et, par chance, trois. En mathématiques, par exemple, si le professeur ne vient pas ou s’il vient une fois dans le mois, l’enfant aura un handicap en classe supérieure. Pour rattraper ce retard, je suis mon enfant à la maison ».   Quelles réformes pour le système éducatif ?   Kernelle: « Il faudrait fournir plus de matériel, réhabiliter certains bâtiments, en construire d’autres. »   Berny :« Je changerai certains professeurs qui ne sont pas aptes à bien enseigner. »   Kévine:« Il faudrait maximiser l’emploi des enseignants gabonais. »   Le point de vue des parents rejoint, à quelques nuances près, celui des élèves.   Annick Sono :« A mon niveau, le changement doit se faire au niveau de la tête. Le ministre doit être quelqu’un qui est de l’éducation nationale. Il faudra mettre les gens à la place qu’il faut. »   FrandyK. Bassatsi : « Je réduirai les effectifs des salles de classeIl faudra aussi pourvoir les établissements en enseignants de qualité parce que certains viennent en classe, disparaissent et réapparaissent à la fin du mois pour toucher leur salaire. Et c’est l’élève qui prend un coup. Un autre changement consistera à résoudre le problème de l’insécurité. »   Par ailleurs, l’on se demande si l’école doit ou non privilégier la théorie à la pratique. D’aucuns estiment que le système éducatif devrait promouvoir davantage le niveau de connaissances nécessaires à l’apprenant pour qu’il soit prêt à affronter les problèmes liés au développement de notre pays. Cette méthode apporterait ainsi un certain équilibre au système éducatif et permettrait aux apprenants d’avoir un niveau compétitif.   « Je suis plutôt satisfait de la formation que l’éducation nationale nous propose », affirme Marc-Antoine, étudiant à l’Université des sciences et techniques de Masuku (USTM). « Sur le plan théorique, les enseignants que j’ai eus avaient de la matière et cherchaient à relever le niveau de chaque élève au lycée. Mais je ne vais pas généraliser car j’étais dans un établissement de privilégiés où l’on avait accès à des laboratoires bien équipés. »   « Comparé à l’Occident, notre génération peine à accéder à l’outil informatique. La plupart d’entre nous y ont accès à leur entrée à l’université. Même si la tendance semble s’inverser dans les écoles, notre LE PARADOXE DE L’ÉCOLE GABONAISE

COMBLER LE FOSSÉ ENTRE ÉCOLE ET EMLPOI

COMBLER LE FOSSÉ ENTRE L’ÉCOLE ET L’EMPLOI Le fossé s’élargit à une vitesse alarmante entre l’école et le marché du travail. Cette situation pose l’épineux problème du décalage entre la formation reçue et les besoins du monde du travail. La crise actuelle et les solutions envisagées sont au cœur de notre entretien avec le Pr Télésphore Ondo, maitre de conférences en droit public à l’Université Omar Bongo. « Vivre » : Pr Télésphore Ondo, que souhaiteriez-vous dire en guise d’introduction ?   Pr Télésphore Ondo : Je tiens d’abord à vous remercier de l’opportunité que vous me donnez pour m’exprimer sur ce sujet très important. Pour en venir à notre propos, l’éducation, la formation et le travail sont les piliers de toute société et la quintessence même de l’existence de l’individu. Point de développement collectif ou personnel sans associer les trois. Quel regard posez-vous sur les deux secteurs pris isolément et collectivement, et le décalage entre les deux ?   L’éducation et la formation sont dans un état de délabrement avancé dans notre pays. L’école publique est submergée par des problèmes interminables et jusque-là insolubles. Ils ont pour noms : effectifs pléthoriques, manque d’enseignants, manque de structures et d’équipements, inadaptation formation-emploi, etc. Quant au travail, il est évident que la fonction publique ne recrute plus comme avant. Le secteur privé devrait normalement prendre le relais. Mais, avec un secteur privé faible, des formations inadaptées, des structures de formation professionnelle limitées, on ne peut qu’assister au décalage entre les deux secteurs. Quelle est l’ampleur du décalage entre lʼécole et le marché de l’emploi, et quelles sont les causes profondes de ce décalage ?   Les chiffres parlent d’eux-mêmes : taux de chômage très élevé, notamment chez les jeunes avec environ 38% des moins de 30 ans, soit le plus élevé de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Les causes sont pour l’essentiel la quasi-inexistence des formations professionnelles ; l’inadéquation entre les besoins du marché et les formations proposées, ainsi que les bourses octroyées ; et l’absence de passerelles entre les pourvoyeurs d’emplois et les services de l’orientation. Quelles sont les autres actions majeures qui s’imposent pour inverser la crise entre les deux secteurs et booster l’insertion des jeunes dans le marché de l’emploi ?   L’État doit créer et multiplier les centres de formation professionnelle dans tout le pays. L’orientation doit se faire en partenariat avec les pourvoyeurs d’emplois. L’État ne doit octroyer des bourses qu’en fonction de ses priorités, par exemple dans les secteurs porteurs, notamment l’agriculture, l’environnement, le numérique, les mines, la santé, l’éducation. Quelles sont les relations qu’entretiennent les deux secteurs ? Le partenariat y a-t-il sa place ou y a-t-il un travail à faire en profondeur à ce niveau et dans quel sens ?   Les deux secteurs ont développé quelques relations de partenariat depuis quelque temps à travers le développement des contrats aidés ; la création de quelques structures de formation professionnelle mais uniquement dans le Grand Libreville et l’autorisation de création de nombreux établissements supérieurs privés, etc. Pour ne citer que quelques exemples, le Centre de recherche et d’études constitutionnelles, administratives, parlementaires, politiques et internationales (CRECAPPI) de l’Université Omar Bongo (UOB) a mis en place des partenariats avec des universités privées et des établissements publics. Le Centre encadre les étudiants doctorants de l’École de management EM Gabon dans le domaine de la recherche, et avec l’École de santé militaire du PK 9 en master de gestion crise et d’action humanitaire.   Quʼest ce quʼun contrat aidé au juste ? Le contrat aidé au niveau de notre pays s’inspire du Code du travail initié en France en 2005 par l’ancien ministre Dominique de Villepin. Dans le cadre de stages de formation pratiques destinés aux étudiants, vous les formez et, en contrepartie, les entreprises qui les recrutent sont exonérées d’impôts. Dans la même logique, des formations d’alter- nance sont organisées pendant trois jours en entreprise et trois jours à l’école. Ces contrats sont formalisés au Gabon depuis 2021. Auparavant, ils existaient sous forme de contrat d’apprentissage.   Quelles sont les autres actions majeures qui s’imposent pour inverser la crise entre les deux secteurs et booster l’insertion des jeunes dans le marché de l’emploi ? L’Etat doit créer et multiplier les centres de formation professionnelle dans tout le pays. L’orientation doit se faire en partenariat avec les pourvoyeurs d’emplois. L’État ne doit octroyer des bourses qu’en fonction de ses priorités, par exemple dans les secteurs porteurs, notamment l’agriculture, l’environnement, le numérique, les mines, la santé, l’éducation.   Propos recueillis par Flavienne L. Issembè

DE L’ÉCOLE À L’EMPLOI : UN PARCOURS VITAL, MAIS…

La loi gabonaise dispose que « tous les enfants âgés de 6 à 16 ans doivent aller à l’école et chaque citoyen a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi ». Nul, en effet, n’a le droit d’interdire à un enfant d’apprendre à écrire, lire et compter et à une personne qui en a la capacité de travailler, au risque de la priver de ses droits à la dignité et à la sécurité. L’école et le travail revêtent une importance capitale pour l’individu. Lieu de transmission du savoir et de socialisation, l’école est une institution nationale qui aide l’enfant à s’épanouir intellectuellement, mentalement et physiquement. Elle participe à promouvoir son ascension sociale. Au sens économique du terme, le travail est une activité productrice de biens et services par des employé.es moyennant un salaire. Le salaire permet à chacun, à condition qu’il soit conséquent, de subvenir à ses besoins essentiels, principalement l’alimentation, le logement et les soins de santé. Pour autant, les conditions indispensables à l’épanouissement scolaire et professionnel des Gabonais sont loin d’être réunies au vu de la crise qui paralyse le système éducatif et le marché de l’emploi. Selon une enquête réalisée auprès de 1200 Gabonais adultes en 2020 par l’équipe Afro-Barometer Gabon, dirigée par le Centre d’études et de recherche en géosciences politiques et prospective (Cergep) de l’Université Omar Bongo, 8 Gabonais sur 10 (81%) jugent « très mal » ou « plutôt mal » la satisfaction des besoins en éducation, contre 2 sur 10 (19%) qui pensent que la performance du gouvernement dans ce domaine est « plutôt bien » ou « très bien ». L’enquête révèle que « l’éducation est après le chômage le second plus important problème auquel le gouvernement devrait s’attaquer. ». Ainsi, plus des deux tiers (69%) des répondants placent la création d’emplois comme première priorité d’investissement, suivie de l’éducation (11%) et de la formation professionnelle (10%). La crise dans le système scolaire, faite des grèves des apprenants et des enseignants qui revendiquent, à juste titre, de meilleures conditions d’études, pour les uns, et de vie et de travail, pour les autres, appelle une école de qualité centrée sur : Afin de juguler le chômage, le gouvernement a mis en place une politique d’emploi ayant pour objectifs principaux la diversification et l’adaptation des filières de formation au développement socio-économique et culturel, l’intensification du partenariat avec le secteur privé, et la promotion de l’insertion professionnelle des jeunes diplômés et non scolarisés. Selon la Banque mondiale, « le taux de chômage général se situe à 22%, avec un nombre particulièrement élevé de sans emploi chez les jeunes de l’ordre de 38 % ». « Vivre » vous propose un diagnostic de l’école gabonaise, un regard sur l’impact de la déstructuration scolaire sur l’apprenant, la crise de l’emploi, l’émergence des agences de placement professionnel, les cas d’école dont les méthodes de travail et les ingrédients de la réussite pourraient inspirer d’autres établissements scolaires.

À PROPOS DES ÉLECTIONS GÉNÉRALES

Le même rituel a lieu en période pré-électorale. Tout citoyen doit s’inscrire au préalable sur la liste électorale. L’enrôlement, qui s’étale sur un mois, peut être prolongé quand les circonstances l’exigent.  Au-lendemain de cette opération, le public gabonais a accompli, le 26 août 2023, son devoir citoyen dans le cadre des élections générales dédiées aux présidentielles, aux législatives et aux locales.  Muni d’un bulletin de vote unique, chaque votant a procédé, sous le regard vigilant des contrôleurs, à l’élection couplée des candidats à la présidentielle et aux législatives issus du même parti. Pour les candidats présidentiables n’ayant pas de parti, les électeurs ont dû voter pour le candidat de leur choix et renoncer à élire un député. Nombre de prétendants indépendants à la magistrature suprême en ont fait les frais. Muni d’un autre bulletin, le public a élu les conseillers municipaux et départementaux. Le scrutin s’est déroulé entre 8 heures et 18 heures, voire au-delà, dans les centres de vote ouverts pour la circonstance. Les établissements scolaires ont prêté main forte à cette activité.

ALERTE SUR LE CHÔMAGE ET LA SANTÉ

ALERTE SUR LE CHÔMAGE ET SES CONSÉQUENCES SUR LA SANTÉ Dr. Jean Marc Ngome Ndong * Le chômage désigne une situation dans laquelle une personne qui veut travailler cherche un emploi et ne parvient pas à en trouver un. L’état des lieux dans ce domaine est plus qu’alarmant. En effet, depuis les années 2000, la quête d’un emploi est devenue un véritable cauchemar pour de nombreux Gabonais et Gabonaises, créant une psychose généralisée perceptible lors de toutes les occasions d’offre d’emploi. Le taux du chômage, qui est le pourcentage de chômeurs dans la population active est à 40 % au Gabon, alors qu’il atteint 35 % dans certains autres pays d’Afrique. Ce fort taux du chômage, couplé à l’absence d’une politique efficace de prise en charge des populations, provoque inévitablement de lourdes conséquences sur leur état de santé. Dans ce contexte, on peut aisément reconnaître que le chômage présente incontestablement des effets nocifs sur la santé mentale, physique et sociale de nos concitoyens. Les addictions, les dépendances et les compulsions à l’alcool, aux drogues, à la cigarette et autres substances trouvent généralement leur origine directe ou indirecte dans le chômage et sont le reflet de l’angoisse, l’ennui et la dépression qu’elles causent sur les individus. Axel Kombila Kombila, sociologue au chômage et porte-parole du Mouvement national des chômeurs gabonais et affiliés (MNCGA), déclare que « ces substances sont un refuge pour le chômeur face à la précarité et, partant, l’incapacité de subvenir à ses besoins primaires et secondaires ». En l’absence de soins ou de prise en charge efficace, les risques sur la santé physique des populations se traduisent par : Des affections organiques, notamment les cancers du poumon, du foie, du rein et du tube digestif pour ce qui concerne la consommation excessive du tabac, de l’alcool et des drogues. On trouve aussi d’autres affections organiques telles que l’insuffisance rénale et hépatique, des atteintes neurologiques partant des neuropathies simples aux accidents vasculaires cérébraux Des affections métaboliques, notamment l’hypertension artérielle, le diabète et tout autre déséquilibre biologique ou physiologique. Des maladies infectieuses et/ou transmissibles. On y trouve des personnes porteuses du virus du sida, du virus de l’hépatite B ou autres maladies transmissibles. Des atteintes psychologiques et mentales sont possibles chez des populations vulnérables, partant du simple stress aux états de névroses diverses, aboutissant à des états psychotiques conduisant parfois au suicide. Les troubles sociaux ne sont pas en reste. En effet, les troubles du comportement observés chez les chômeurs peuvent occasionner des états de violences diverses (agressions, viols, violences domestiques…). Toutes ces atteintes sont accentuées par l’absence d’une réelle politique d’insertion professionnelle des chômeurs et d’une de prise en charge sociale, psycho-psychiatrique et médicale efficace. À cet effet, l’insuffisance ou l’inexistence de structures da santé, la difficulté d’accès à la gratuité des soins, les limites de la sensibilisation active et les limites en moyens financiers contribuent négativement à maintenir et à accroître les risques d’atteinte de la santé des chômeurs. Au Gabon, dans le cadre de la lutte contre le chômage et l’insertion des jeunes dans le monde de l’emploi, les autorités compétentes, dont le Pôle national de promotion de l’emploi, ont mis sur pied un nouveau système d’aide à l’accès à l’emploi. Ce système qui vise, à terme, à permettre l’insertion professionnelle de 60 000 jeunes Gabonaises et Gabonais, dont 20 000 par an entre 2021 et 2023, demeure encore inefficace, au regard de l’affluence observée dans la qualité et la quantité des demandes d’emploi. Depuis près de trente ans, l’ONG « Agir pour le Gabon », qui lutte contre l’abus et le trafic des stupéfiants, œuvre à interpeller les pouvoirs publics pour la mise en place de stratégies spécifiques de lutte efficaces. Dans cette perspective, elle tisse des liens et collabore avec certaines institutions du pays, notamment la mairie d’Owendo avec qui l’ONG travaille main dans la main tel que décidé récemment, lors de la conférence de presse conjointe tenue le 28 juin à Libreville, à l’occasion de la journée mondiale contre l’abus et le trafic des stupéfiants. Cette conférence de presse aura donc permis au Dr Alphonse Louma, en sa qualité de président de « Agir pour le Gabon », de réitérer ces propos qu’il ne cesse de marteler sur l’Hôpital psychiatrique de Melen, « seul hôpital du genre, qui ne dispose pas de structure d’accueil des personnes vulnérables. » La mairie d’Owendo s’est d’ailleurs engagée, à cette occasion, à œuvrer pour l’organisation d’activités réservées aux jeunes. Ces initiatives louables, qui sont une voie de secours à apporter aux chômeurs et aux jeunes désœuvrés, peuvent se multiplier et atteindre l’ensemble des couches sociales. C’est d’ailleurs dans ce cadre que le Conseil des ministres du 25 juin a approuvé « un décret restreignant à 30 % le quota de la main-d’œuvre étrangère » fixé à raison de 5 % pour le personnel d’exécution, 10 % pour les techniciens supérieurs et 15% pour les cadres. Ce quota répond à l’urgence « de valoriser la main-d’œuvre gabonaise et faire coïncider la délivrance des autorisations d’emploi aux besoins du marché ».  Mieux encore, le Gabon a adhéré le 22 mai au premier programme pays du travail décent pour la période 2024-2027, témoignant ainsi de son engagement à améliorer les conditions de travail des nationaux à travers le renforcement des droits des travailleurs et la promotion du dialogue social. Au final, dans le contexte politique actuel, caractérisé par la restauration des institutions et la valorisation du citoyen gabonais, la prise en compte du chômage est non seulement un moyen de prévention des affections médicales, mentales et psychiatriques, mais aussi une solution pour la sureté et la sécurité des populations exposées quotidiennement à toutes les formes d’agression physique, voire à la mort. Cette lutte passe nécessairement par l’insertion professionnelle des chômeurs, la prise en charge sociale des effets induits par le chômage et la prise en charge médicale, psychologique ou psychiatrique des personnes vulnérabilisées par le chômage, ainsi que la mise en œuvre d’une véritable politique exprimée spécifiquement par les pouvoirs publics. *Le Dr Jean-Marc Ngome Ndong est médecin du travail, spécialiste de la prévention.

LES ÉLECTIONS AU FIL DU TEMPS

1956 Premières élections municipales   Léon Mba est élu maire de Libreville par un corps électoral restreint constitué  des membres des formations politiques en lice et des autorités coloniales. 1957 Premières élections législatives au suffrage universel  L’ensemble des citoyens sont appelés à voter conformément au principe démocratique de la souveraineté du peuple. Décembre 1960 Candidature unique de Léon Mba à la présidence de la République.  1967-1990 Albert Bernard Bongo, successeur de Léon Mba, est le candidat unique à l’élection présidentielle. 1993-2022 Pluralité de candidatures représentant les partis majeurs.  Les résultats font néanmoins l’objet de contestations et de violences. 2023 Élections générales  du 26 août  Après l’introduction du bulletin unique, l’élection du président se fait automatiquement avec celle du député issu du même parti.

CANDIDATS À L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE DE 2023

1Ali Bongo Ondimba, président sortant et candidat du Parti démocratique gabonais (PDG) 2 Albert Ondo Ossa, candidat des partis d’opposition 3 Alexandre Barro Chambrier 4 Raymond Ndons Sima : Alternance 2023 5 Mike Steeve Dave Jocktane : Alternance 2023 6 Paulette Missambo, présidente de l’Union Nationale (UN) 7 Victoire Issembè-Lasseni Duboze, indépendante. 8 Jean Delor Biyogue Bi Ntougou, indépendant. 9 Jean Romain Fanguinoveny, président de Rassemblement pour le Gabon (RPG). 10 Pierre-Claver Maganga Moussavou, président du Parti social-démocrate (PSD). 11 Joachim Mbatchi Pambo, président du Forum pour la défense de la République (FDR). 12 Jean Victor Mouanga Mbadinga, président du Mouvement d’émancipation socialiste pour le peuple (MESP). 13 Gérard Ella Nguema Mitoghe, président du Front populaire gabonais (FPG). 14 Gervais Oniane, président du parti centriste Union pour la République (UPR) 15 Axel Stophène Ibinga Ibinga, indépendant. 16 Abel Mbombe Nzoundou, indépendant. 17 Thierry Yvon Michel N’goma, indépendant. 18 Emmanue Mve Mba, indépendant. 19 Thérence Gnembou Moutsona, indépendant. CANDIDATS À L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE DE 2023 1Ali Bongo Ondimba, président sortant et candidat du Parti démocratique gabonais (PDG) 2 Albert Ondo Ossa, candidat des partis d’opposition 3 Alexandre Barro Chambrier 4 Raymond Ndons Sima : Alternance 2023 5 Mike Steeve Dave Jocktane : Alternance 2023 6 Paulette Missambo, présidente de l’Union Nationale (UN) 7 Victoire Issembè-Lasseni Duboze, indépendante. 8 Jean Delor Biyogue Bi Ntougou, indépendant. 9 Jean Romain Fanguinoveny, président de Rassemblement pour le Gabon (RPG). 10 Pierre-Claver Maganga Moussavou, président du Parti social-démocrate (PSD). 11 Joachim Mbatchi Pambo, président du Forum pour la défense de la République (FDR). 12 Jean Victor Mouanga Mbadinga, président du Mouvement d’émancipation socialiste pour le peuple (MESP). 13 Gérard Ella Nguema Mitoghe, président du Front populaire gabonais (FPG). 14 Gervais Oniane, président du parti centriste Union pour la République (UPR) 15 Axel Stophène Ibinga Ibinga, indépendant. 16 Abel Mbombe Nzoundou, indépendant. 17 Thierry Yvon Michel N’goma, indépendant. 18 Emmanue Mve Mba, indépendant. 19 Thérence Gnembou Moutsona, indépendant.

DES LISTES ÉLECTORALES AU BUREAU DE VOTE

DES LISTES ÉLECTORALES AU BUREAU DE VOTE Le même rituel a lieu en période pré- électorale. Tout citoyen doit s’inscrire au préalable sur la liste électorale. L’enrôlement, qui s’étale sur un mois, peut être prolongé quand les circonstances l’exigent.    Au-lendemain de cette opération, le public gabonais a accompli, le 26 août 2023, son devoir citoyen dans le cadre des élections générales dédiées aux présidentielles, aux législatives et aux locales. Munis d’un bulletin de vote unique, chaque votant a procédé, sous le regard vigilant des contrôleurs, à l’élection couplée des candidats à la présidentielle et aux législatives issus du même parti. Pour les candidats présidentiables n’ayant pas de parti, les électeurs ont dû voter pour le candidat de leur choix et renoncer à élire un député.    Nombre de prétendants indépendants à la magistrature suprême en ont fait les frais. Muni d’un autre bulletin, le public a élu les conseillers municipaux et départementaux. Le scrutin s’est déroulé entre 8 heures et 18 heures, voire au-delà, dans les centres de vote ouverts pour la circonstance. Les établissements scolaires ont prêté main forte à cette activité.

DE LA DISSOLUTION AU

Institutions dissoutes Le GouvernementLe SénatL’Assemblée nationaleLa Cour constitutionnelleLe Centre gabonais des électionsLe Conseil économique, social et environnemental Rétablissement des Institutions Outre le rétablissement provisoire de la Cour constitutionnelle, le CRTI a annoncé :Le rétablissement progressif des autres institutions, la reprise des vols domestiques etle respect des engagements internationaux du Gabon à l’égard des bailleurs de fonds nationaux et internationaux. Le Comité de transition a par ailleurs instruit les secrétaires généraux des ministères et administrations publiques, ainsi que tous les directeurs généraux d’assurer la reprise du service sur l’ensemble du territoire national.  PREMIÈRES NOMINATIONS DU CTRI Secrétaire général de la présidence Guy Rossatanga Rignault Porte-parole de la présidence Télésphore Obame Ngomo Maire de Libreville Général de brigade Jude Ibrahim Rapotchombo Président de la Cour Constitutionnelle Dieudonné Aba’A Oyono, magistrat Huit autres juges suprêmes sont nomméspar province ESTUAIRE Roger Patrice Nkoghe HAUT OGOOUÉ Bruno Lependa MOYEN OGOOUÉ Hervé Tako Vendakambano NGOUNIE Christian Bignoumba Fernandez NYANGA Euloge Moussavou Bouassa Nzambi OGOOUÉ IVINDO Sosthene Momba OGOOUÉ LOLO Marie Blanche Bendje Babiri OGOOUÉ MARITIME Afriquita Dolores Agondjo Banyena WOLEU-NTEM Dieudonné Aba’A Oyono NOMINATIONS DU VICE-PRÉSIDENT, DES PRÉSIDENTS DU SÉNAT ET DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE DE LA TRANSITION BUREAU DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE Président Jean-François Ndongou Premier vice-président François Ndong Obiang Deuxième vice-président Amiral Gabriel Mali Odjoua Troisième vice-président Florentin Moussavou Quatrième vice-président Geoffroy Foumboula Libeka Makosso BUREAU DU SÉNAT Présidente Paulette Missambo Premier vice-président Luc Oyoubi Deuxième vice-président Général Jean Ekoua Troisième vice-président Marc Ona Essangui Quatrième vice-président Révérend pasteur George B. Ngoussi