Fondatrice et Directrice de Publication

Flavienne Louise Issembè

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Flavienne Louise Issembè

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LIBRES PROPOS

«Le droit de vote permet aux citoyens d’un État d’exprimer leur volonté à l’occasion d’un scrutin. Il fonde la légitimité des élus. Ces derniers incluent le président de la République, les députés, les sénateurs, les maires…» Le Gabon, ancienne colonie française, accède à son indépendance le 17 août 1960. À cet évènement succède, le 14 novembre 1960, l’adoption de la première Constitution nationale post-indépendance. Ce texte fondamental confère, en son article 3, le droit de vote aux citoyens gabonais des deux sexes âgés de 21 ans (…) et jouissant de leurs droits civils et politiques. Cet article conditionne le droit de vote à trois critères : la nationalité, l’âge et la jouissance de ses droits civils et politiques. En lisant les Constitutions du 14 novembre 1960 et du 21 février 1961, nous remarquons que l’âge requis est fixé à 21 ans. Cependant, il peut être ramené à 18 ans pour des cas déterminés et prévus par la loi. Selon la Constitution du 26 mars 1991, l’âge exigé pour voter est 18 ans (article 4). La nouvelle Constitution, adoptée le 16 novembre 2024 par référendum, ne précise pas explicitement l’âge ni la jouissance de ses droits civils et politiques, mais la nationalité (article 15). Hormis l’âge, les critères de nationalité gabonaise et de jouissance des droits civils et politiques sont quasi identiques dans toutes les Constitutions. De l’exercice du droit de vote Le droit de vote est-il pleinement exercé par les Gabonais ? Malheureusement non au vu du faible taux de participation aux élections politiques au Gabon. En outre, l’avènement du multipartisme n’a pas véritablement changé la donne comme en témoignent les taux de participation aux législatives de 2006 et 2011 qui étaient respectivement de 34,28% et 38,9%. Toutefois, il convient de relever le regain de participation aux élections présidentielles. Ce fut le cas, par exemple, en 2009 (44,29%) et en 2016 (59,46%), d’où l’initiative des autorités gabonaises d’organiser des élections générales en août 2023 (56,65%). Un an plus tard, le référendum de novembre 2024 sur la nouvelle Constitution nationale a clairement montré le faible engouement des Gabonais avec un taux de participation de 53,54%. Afin de remédier au désintérêt des Gabonais pour les élections de manière générale, faut-il rendre le vote obligatoire comme en Belgique et en Grèce ? Nous pensons qu’il n’est pas nécessaire de rendre obligatoire le droit de vote. Les décideurs devraient prendre des mesures fortes, notamment : Nous pensons également qu’il faudrait associer le plus grand nombre aux questions électorales, celles-ci nous concernant tous. Le maître mot doit être l’inclusivité. Chaque voix compte. Me. Yasmina Marat-AbylaJuriste en droit international & européenChargée des relations extérieures du RedhacPrésidente de l’ONG Benedicta Cantal

À QUOI SERT UN CONTRAT DE TRAVAIL

Le contrat de travail est un document fondamental. Il lie le salarié à son employeur. Prenez le temps de le lire dans ses grandes et petites lignes avant de le signer. Passez-les au crible avant qu’elles ne se matérialisent et fassent de vous une victime. Pour éviter toute forme dʼembarras, imprégnez-vous également du nouveau Code du travail (2021) et de la loi n°3/94 du 21 novembre 1994 portant Code du travail. Vous y trouverez tout ce que vous devez savoir sur les relations de travail entre lʼemployé et lʼemployeur, ainsi qu’entre ce dernier ou ses représentants, les apprentis et les stagiaires placés sous son autorité. Lʼarticle 19 du nouveau Code du travail dispose que : « Le contrat individuel de travail est une convention par laquelle une personne sʼengage à mettre son activité professionnelle sous la direction et lʼautorité dʼune autre personne qui sʼoblige à lui payer en contrepartie une rénumération  Pour qu’il y ait contrat de travail, trois éléments doivent être réunis : Le contrat sert donc à fixer dès le départ le calendrier et les modalités de travail, afin que les deux parties puissent ensuite sʼy référer en cas de litige. Cependant, selon les secteurs dʼactivité, il existe également des conventions collectives qui servent de cadre général. Elles sont signées par les syndicats et les associations professionnelles. Le contrat peut également prévoir une période dʼessai (voir articles 45 et 50) initial pendant laquelle les règles régissant la rupture de la relation sont différentes, tant en cas de licenciement quʼen cas dʼabandon de lʼemploi.  La durée du contrat de travail Que faut-il inclure lors de la rédaction dʼun contrat ? Tout élève ou étudiant, âgé dʼau moins 16 ans, en cursus scolaire ou universitaire souhaitant bénéficier dʼune expérience professionnelle sans que cela ne soit rattaché à un cursus de validation de diplôme et à une convention de stage dans la limite maximale de trois mois, pendant la période des vacances scolaires, moyennant ou pas le versement dʼune allocation. (Articles 118-120). Lʼinsertion professionnelle sʼadresse aux jeunes diplômés, âgés entre 18 et 35 ans, en difficulté dʼinsertion professionnelle et inscrits à lʼorganisme national de gestion de lʼemploi. Un dernier conseil : pour de plus amples informations, veuillez consulter le Code du travail. Lyra Moviwa

CONSEILS PRATIQUES

Qu’est-ce qu’un référendum et qu’est-ce qui le distingue des autres élections ?  Le référendum est une procédure de vote qui donne la possibilité aux citoyens de prendre une décision directement concernant une question ou un texte. En règle générale, les électeurs doivent répondre par « oui » ou par « non » ou voter « blanc », mais l’enjeu du référendum étant d’encourager une forte participation, les autorités nationales déconseillent l’abstention. Contrairement au référendum, l’élection est un processus au cours duquel l’électeur doit choisir une personne qui occupera une charge publique. Lors d’une élection présidentielle par exemple, l’électeur fait le choix d’un seul candidat parmi d’autres. Lors du référendum ou de l’élection, la décision est faite par le peuple et pour le peuple. L’article 3 de la Constitution nationale de 1991 dispose que : « la souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce directement par le référendum ou par l’élection, selon le principe de la démocratie multipartiste, et indirectement par les institutions constitutionnelles. Aucune section du peuple, aucun groupe, aucun individu ne peut s’attribuer l’exercice de la souveraineté nationale. »  Combien de référendum notre pays a connu jusqu’à aujourd’hui ? Notre pays a connu deux référendums avant celui qui aura lieu le 16 novembre de l’année en cours. Le premier référendum date du 28 septembre 1958. Toutes les colonies françaises dont notre pays, étaient invitées à se prononcer sur la création ou non d’une communauté africaine française au détriment d’être de simples colonies françaises. Elles votèrent oui mais n’eurent gain de cause qu’en 1960. Le second référendum remonte au 23 juillet 1995. En effet, du 22 au 23 février 1994, à l’annonce de la réélection du président Omar Bongo, le peuple gabonais se révolta et plusieurs perdirent un proche. Lors du référendum, de nombreux Gabonais se prononcèrent pour la modification de la Constitution. Qui convoque et qui organise le référendum ? Le référendum est convoqué par le parlement, par le peuple et le pouvoir exécutif. Par exemple : le président de la transition au Gabon, a apposé sa signature sur le décret qui vise à convoquer l’Assemblée constituante pour examiner le projet de Constitution. Le texte sera soumis au référendum. La session de la Constituante, qui n’a duré que 10 jours, s’est tenue du 12 au 22 septembre 2024. Qu’est-ce-que le public doit savoir sur le pourquoi de la tenue du référendum à venir ? Après « Le coup de la libération » du 30 août 2023, la junte militaire au pouvoir a créé le Comité pour la transition et la restauration des institutions. Dans le souci de rassurer le peuple, le Comité pour la transition a exprimé ses principes et ses valeurs en publiant au Journal officiel du 4 septembre 2023 la Charte de la transition dans un premier temps. Dans un second temps, le Comité pour la transition a convoqué un Dialogue national inclusif (DNI) au cours duquel les participants ont, sur la base des contributions du peuple, apporté leurs contributions au processus de reconstruction du pays au nombre desquelles figure le projet d’une nouvelle Constitution nationale qui sera soumis au référendum. Quelles sont les innovations que propose la future Loi fondamentale ? Les innovations majeures concernent la préservation des valeurs fondamentales de la société gabonaise, la reconnaissance du rôle des acteurs de la société civile, des confessions religieuses et des organisations traditionnelles qui sont quasi inexistantes dans la Constitution de 1991, ainsi que la durée du mandat présidentiel qui est de 7 ans, renouvelable une fois.  Cependant, certains points divisent l’opinion.  Notamment : le retour au régime présidentiel et, partant, la concentration des pouvoirs aux mains du chef de l’État qui, de surcroît, nommera le président du Conseil supérieur de la magistrature ; la suppression du poste de Premier ministre ; le principe de « gabonité », qui stipule que pour accéder à la fonction présidentielle et autres hautes fonctions, il faut être gabonais, né de père et de mère gabonais. DES DROITS ET DEVOIRS DE L’ÉLECTEUR Qui peut participer au référendum et à quel âge ? En règle générale, le droit de vote aux élections nationales est fixé à 18 ans. L’article 25 (ordonnance n00004/2006 du 22 août 2006) dispose que : « Sont électeurs les citoyens gabonais des deux sexes, âgés de 18 ans révolus, jouissant de leurs droits civiques, et régulièrement inscrits sur la liste électorale. Un numéro d’identification unique, personnel et permanent, valable pour toutes les élections politiques, est attribué à chaque électeur ». La Loi n° 07/96 du 12 mars 1996, porte dispositions communes à toutes les élections politiques en République gabonaise. L’électeur a le droit de voter si, et seulement si, il jouit de ses droits civiques et n’a aucun casier judiciaire. Il doit également accomplir son vote dans le strict respect de la loi et de ses devoirs vis-à-vis d’autrui. Ses devoirs l’engagent à voter dans le calme et la non-violence. Le port d’arme, les injures et les bagarres, par exemple, sont interdits dans l’environnement électoral où doivent prévaloir responsabilité de tous afin que l’électeur puisse voter. Quelle sont les pièces que l’électeur doit présenter lors du référendum, et où se les procurer ? Le récépissé de la carte nationale d’identité, la carte nationale d’identité et le passeport. Où le lecteur doit-il se rendre pour voter ? Les différents bureaux de vote dans chaque arrondissement seront communiqués dans les semaines qui précéderont le vote. Avez-vous d’autres conseils à donner au public ?  Veuillez voter en toute âme et conscience. Lyra Moviwa

RÉFÉRENDUM CONSTITUTIONNEL

UN MÉTIER S’APPREND

Je m’appelle Guy Mbina. Jʼai 42 ans. Jʼai arrêté mes études en classe de 3e, en raison du manque de suivi et de ressources financières de mes parents. Je suis régulateur des transporteurs terrestres, mais, pour des raisons indépendantes de ma volonté, jʼai cessé de travailler depuis quelques mois. Je suis par ailleurs secrétaire général de la Nouvelle dynamique des jeunes travailleurs de la rue (NDJTR). La NDJTR est une association qui lutte contre le chômage, la délinquance juvénile et œuvre à lʼinsertion et la réinsertion de jeunes. En tant que régulateur des transporteurs terrestres, jʼétais responsable du site de dʼembarquement et de débarquement au niveau dʼAkanda. Sʼil est vrai que ce travail nʼest pas encore très fiable et légalisé, je mʼen sortais plutôt bien. Il existe à Libreville, Owendo et Akanda des sites dʼembarquement et de débarquement des transporteurs terrestres que sont les taxi-bus, les taxis et les clandos. Le régulateur des transporteurs terrestres travaille en étroite collaboration avec les clients et les trans- porteurs quʼil côtoie au quotidien. Il est le pont, la courroie de transmission entre les deux. En tant que tel, il sensibilise les clients, les transporteurs et les autorités. Le régulateur oriente les clients, facilite le travail des transporteurs à lʼembarquement et selon les destinations où ils vont. Il est aussi chargé de la sécurité et du renseignement. Quand avez-vous commencé à travailler ? Je travaillais à Akanda sur le site des clandos au carrefour Delta depuis 2009. À lʼépoque, il nʼy avait ni goudron ni mairie. Il y a eu beaucoup de changements après la Coupe dʼAfrique des Nations et les élections de 2016. Honnêtement, je payais mes charges grâce à mon travail. Cʼétait ma première source de revenus. Je vivais avec, payais lʼécole de ma fille et mʼoccupais de ma famille tout en prenant soin de ma mère. Je lui achetais ses médicaments. Jʼaimerais ajouter que les régulateurs des transporteurs travaillent avec le syndicat des transporteurs auquel ils sont affiliés. Ils travaillent avec la plupart des syndicats des transporteurs terrestres qui sont eux-mêmes affiliés au Syndicat des transporteurs. Ils travaillent aussi avec les autorités publiques telles que les autorités municipales des communes dans lesquelles ils exercent. En ce qui me concerne, étant à Akanda, je travaillais avec les autorités municipales locales. Avez-vous des conseils à prodiguer aux jeunes ? Jʼai un conseil à donner aux jeunes non scolarisés. Que vous soyez lettrés ou illettrés, lʼintelligence vous est donnée par Dieu. Ayez la volonté dʼapprendre parce quʼavoir un métier sʼapprend, que ce soit à lʼécole ou dans le cadre dʼune formation. « Un métier s’apprend. Mett­ons-y du cœur et de la volonté. » Ayez la foi. Nʼallez pas à lʼapprentissage avec lʼesprit du vol, du mensonge, de la querelle, de la bagarre et de lʼanimosité. Ayez de la gratitude, de la reconnaissance et un bon comportement parce quʼen apprenant un métier, celui qui prend le temps de vous former mérite de la reconnaissance. Il faut également se munir de beaucoup de courage parce que ce nʼest pas facile. Il ne faut surtout pas se dire que tout est joué, que tout est facile même si lʼon apprend avec un parent ou quelquʼun dʼautre. Il faut se préparer psychologiquement et psychique- ment à la dureté. Ne baissez pas les bras parce que les tentations et les persécutions ne manqueront pas de se mettre au travers de votre formation. Ayez de lʼamour, de la passion pour votre formation parce que cela demande beaucoup de sacri- fices. Il faut sʼengager à fond et y mettre du cœur. La scolarisation, le savoir, est une arme. On apprend à lʼécole pour sʼarmer, on apprend dans la rue, on apprend partout. Apprendre un métier ce nʼest pas forcément passer par lʼécole. Certains font du commerce alors quʼils nʼont jamais été com- merçants. Certains commencent par vendre des sachets dʼeau. Après, ils se découvrent un talent de commerçant et peuvent tout vendre. Tout sʼap- prend. Tout peut sʼapprendre surtout quand on y met du cœur. Si jʼai encore un conseil à donner cʼest de se mettre en phase, en légalité avec lʼEtat, la société et la législation parce quʼavoir un petit métier cʼest bien beau, mais avoir une couverture légale face à lʼEtat permet dʼexercer son métier pleinement, librement et sur le long terme. Il faut toujours y penser et ne pas se dire que je travaille, je gagne mon petit sou. Il faut toujours légaliser son entreprise et son métier. Comment êtes-vous devenu régulateur des transporteurs terrestres ? Avez-vous été formé ?  Jʼai été appelé au début par un grand qui nous a quittés. Il mʼa contacté afin que je lʼaide à réguler le site dʼAkanda. A lʼépoque, il nʼy avait que les petits taxis clando. Jʼai créé la ligne des taxis bus Akanda-Libreville à la demande de la population et en raison de lʼanarchie qui régnait entre les clan- dos. Cette anarchie se caractérisait par le non-res- pect des positions à lʼarrivée des clandos. Les derniers arrivés chargeaient les clients occasion- nant souvent des bagarres. Je me suis imposé en mettant de lʼordre. Je me suis rapproché des autori- tés qui mʼont permis de continuer dʼexercer. La plupart des sites fonctionnent conformément aux besoins des transporteurs et des clients. A la ques- tion de savoir où jʼai appris mon métier, il nʼy a pas dʼécole. On apprend sur le tas dʼautant que chaque site à ses propres règles de fonctionnement et son système de circulation. Lʼagglomération dans laquelle on travaille détermine ses règles. Cʼest la loi. Ce sont des conventions que se doivent de respecter les transporteurs et les régulateurs. Dans le passé, on organisait de petits ateliers avec certains syndicalistes. Propos recueillis par Lyra Moviwa

ILS ONT DIT

« Je vais travailler avec l’ensemble des partis politiques. Que tout le monde soit misà contribution, et que le processus soit inclusif. » Raymond Ndong Sima – Premier ministre de la Transition « Je serai la présidente de tous les Sénateurs, l’ouverture et la transparence seront ma méthode.» Paulete Missambo – Présidente du Sénat « Du moment où l’opportunité nous est donné, tous les Gabonais confondus, de dessiner la voie du Gabon, nous pouvons dire que nous sommes sur la bonne voie. » Geofroid Foumboula Libeka L’AVIS DU PUBLIC SUR LA TRANSITION « Le comité mis en place par Monsieur Oligui est un comité qui a pour but de promouvoir la dignité de l’Homme gabonais. » Rebecca « Le pays avait un besoin d’alternance. C’est une bonne chose que le pouvoir soit aux mains des militaires. » Warden «C’est une grande première. On attend de voir évoluer la situation.» Joe