ÉDITO

SALUT L’ARTISTE !

SALUT L’ARTISTE ! Il est des hommes et des femmes qui ont foi en la vie, en leur étoile, en leur créativité. Les artistes sont de ceux-là. À travers leurs œuvres ils marquent les esprits et les époques. Adulés ou haïs, ils ou elles sont un pan indispensable de la société qu’ils observent, analysent et dépeignent à travers leurs œuvres pour éveiller et éclairer les consciences. Mais qui est cet homme, qui est cette femme, qui ose défier les codes ? Quel est son rôle dans la société ? Quels sont ses droits et ses devoirs ?   Les mots ne manquent pas pour définir le personnage hors du commun et unique en son genre qu’est l’artiste. À travers ses œuvres – fruit de sa créativité, de son imaginaire et de son sens de l’observation de la société – il conte l’histoire de la vie, sa beauté, ses travers, et invite à la réflexion et à l’action. De par le rôle qu’il joue, il est et demeure ce créateur, ce libre penseur dont les œuvres véhiculent des messages qui éveillent les consciences ; émeuvent, calment ou perturbent l’âme.   Perturbateur, il l’est car il véhicule la vérité. Si d’aucuns estiment que « la justesse n’est pas toujours bonne à dire car elle dérange, d’autres en revanche, en particulier l’artiste et les amoureux de l’art, sont d’avis qu’il est un pan indispensable de la société. Le prix à payer est lourd. Nombre d’artistes croupissent dans la misère pour avoir osé dénoncer un régime, un système en place, parfois au prix de leur vie.   Loin de baisser les bras, l’artiste persévère et ne manque pas de rappeler à la société que tout être humain a des droits dont celui de créer. L’œuvre qui jaillit de l’esprit, fruit d’un travail de longue haleine, ne gagnerait-elle pas enfin à être reconnue et appréciée à sa juste valeur afin que ses auteurs jouissent d’un salaire décent, de meilleures conditions de vie et de la sécurité qui va avec.   Arraché au prix d’énormes sacrifices. À travers des interviews, témoignages, articles, portraits et points de vue d’artistes engagés et du public, toutes couches sociales confondues, « Vivre » lève le voile sur l’artiste. Ses œuvres, ses conditions de vie et la place de choix qu’il/elle mérite.   Dominique Douma, écrivain, comédien et homme de théâtre gabonais de renommée nationale et internationale, invite le public y compris les gouvernants « à prêter attention aux messages artistiques pour que demain soit peut-être meilleur…Nous ne sommes pas les ennemis de la société. Nous sommes plutôt des guides de la société. »   La rédaction

QUI A DES DROITS ? QUELS SONT-ILS ?

QUI A DES DROITS ET QUELS SONT-ILS ? Avoir des droits, les connaitre et en jouir est une aspiration légitime et un droit fondamental de l’humanité. Proclamé et reconnu dans le monde, ce droit est-il pour autant garanti à tous les êtres humains sur un pied d’égalité ? Est-il la clé d’un monde meilleur où la vie, la dignité, la sécurité, le bien-être et la liberté de la personne sont sacrés ? Que nous disent les textes des droits de l’homme ? La Déclaration universelle des droits de l’homme, la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et la Constitution gabonaise sont unanimes : tous les êtres humains ont les mêmes droits. Ils sont tenus de les respecter et d’en user dans le strict respect de leurs devoirs vis-à-vis d’autrui. Garante du fonctionnement de l’État, des droits et libertés de la personne, la loi fondamentale de 1991, actuellement en vigueur, dispose en son article premier : « La République gabonaise reconnaît et garantit les droits inviolables et imprescriptibles de l’homme qui lient obligatoirement les pouvoirs publics. » S’ensuivent 24 alinéas dont 4 sont cités ici à titre indicatif. Il s’agit  respectivement des alinéas 1-2-18-24. « Chaque citoyen a droit au libre développement de sa personnalité, dans le respect des droits d’autrui et de l’ordre public. Nul ne peut être humilié, maltraité ou torturé, même lorsqu’il est en état d’arrestation ou d’emprisonnement. »   « La liberté de conscience, de pensée, d’opinion, d’expression, de communication, la libre pratique de la religion, sont garanties à tous, sous réserve du respect de l’ordre public. »   « L’Etat garantit l’égal accès de l’enfant et de l’adulte à l’instruction, à la formation professionnelle et à la culture. »   « l’Etat favorise l’égal accès des hommes et des femmes aux mandats électoraux ainsi qu’aux responsabilités politiques et professionnelles. »   Conçu pour promouvoir la dignité humaine, la sécurité et la paix sociale, le dispositif des droits humains est un rempart contre les abus de pouvoir de tous ordres, les injustices et les inégalités. Paradoxalement, la pauvreté se répand inexorablement en terre gabonaise, pays de 2,3 millions d’habitants aux immenses richesses minérales, minières, forestières et fluviales. Selon la Banque mondiale, « un tiers de la population vit avec moins de 3 500 francs CFA par jour. Le taux de pauvreté, estimé à 33,9%, demeure élevé en dépit d’un produit intérieur brut par habitant estimé à 5,4 millions francs CFA ». La persistance de la pauvreté s’accompagne d’un taux de chômage qui se situe, d’après l’institution financière, « à 22% à l’échelle nationale et à 38% chez les jeunes. » « Nous souffrons », s’indigne un chômeur qui réclame « le respect dû à la personne indépendamment de son statut social.» Ces mots sont révélateurs de la dure réalité que vivent nombre de Gabonais qui ont peu ou pas accès à l’emploi et qui, à juste titre, estiment que les droits humains ne sont pas garantis à tous. Selon les spécialistes, le respect des droits humains se fonde sur : Des actions immédiates et à long terme.   La responsabilisation des populations en les incitant à revendiquer et affirmer leurs droits.   Le respect par l’État de ses obligations en matière de droits et d’application de la loi.   Dans cet ordre d’idées, les sujets publiés dans cette première édition trimestrielle du magazine ‘‘Vivre’’, sont consacrés à : la Constitution gabonaise et l’effectivité des droits humains, la primauté et la valeur des droits humains, la connaissance et la protection de vos droits, les droits de la veuve et de l’orphelin, le droit à l’acte de naissance et à la sécurité en milieu scolaire. Connaître, revendiquer et défendre ses droits est vital. Prenez le temps de lire et de comprendre les droits contenus dans la Constitution nationale, la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, et la Déclaration universelle des droits de l’homme. Ils sont riches d’enseignements et peuvent changer vos vies. La Rédaction «Priver les gens de leurs droits fondamentaux revient à contester leur humanité. » Nelson Mandela

LE NOUVEAU CODE ÉLECTORAL EN QUESTION 

Doit-on craindre une fracture socio-politique en 2025 ? À quelques mois de l’élection présidentielle qui revêt une importance capitale pour l’avenir de la Nation, les réactions occasionnées par les réformes constitutionnelle et électorale initiées par les autorités de la Transition interpellent les populations, le passage d’un ordre politique ancien à un nouveau pouvant engendrer des changements salutaires ou non pour la stabilité nationale.   On a en mémoire les dissensions entre partisans du Oui et du Non autour du projet de nouvelle Constitution nationale. L’histoire se répète dans le cadre de la mise en place d’un nouveau système électoral alors même que le projet de loi organique portant Code électoral en République gabonaise, examiné en Conseil des ministres le 05 janvier, réunit du 10 au 20 janvier le Parlement en session extraordinaire en vue de son adoption.   Le projet de Code électoral, la nouvelle Constitution nationale et le CTRI ont fait l’objet, le 8 janvier, d’une déclaration publique en 5 points d’Ali Akbar Onanga, Alain Claude BiIlie-By-Nze, Pierre Claver Maganga Moussavou et Albert Ondo Ossa, responsables de l’Initiative pour des élections post-transition pacifiques, démocratiques, inclusives, libres et transparentes au Gabon.   Les « 4 » dénoncent l’opacité des décisions et la gestion du Comité pour la Transition et la Restauration des institutions (CTRl) qui profite davantage aux militaires en place qu’à l’intérêt national. En conséquence, ils exigent :   Le retour impératif des militaires du CTRI dans les casernes à l’issue de la Transition avec interdiction formelle pour tout militaire du CTRI de se porter candidat aux prochaines élections. Le retour à la Constitution de 91, modifiée par la loi référendaire de 95 sur laquelle pourrait être apportée les modifications nécessaires justifiées par le nouveau contexte politique.  La nécessité urgente de revoir de manière exhaustive la loi électorale actuelle. » La mobilisation générale du peuple gabonais.  La communication immédiate et transparente du chronogramme détaillé de la Transition. « Le Gabon est une République. Cela signifie que notre pays n’est ni la propriété d’un humain, ni d’une caste, ni d’une minorité privilégiée mais, qui appartient à tous les Gabonais sans distinction », indique la Déclaration. »   Par ailleurs, des voix à l’instar de celle de Me Yasmina Marat-Abyla ont déploré la composition du Comité national chargé de l’élaboration de l’avant-projet du Code électoral (CNEAPCE) qui faisait la part belle aux partisans du Oui à la Constitution nationale. Dans une interview accordée à « Vivre », la juriste en droit international et membre du Réseau des défenseurs des droits humains (REDHAC) met en garde contre le non-respect du principe de l’inclusion et la violation de la loi.   « Ne pas appliquer le droit est une menace pour le processus électoral, la démocratie et l’État de droit. » Me Marat-Abyla plaide « pour l’intégration dans le Code électoral des droits des handicapés, des jeunes, des prisonniers, des peuples autochtones et de la parité homme-femme. Elle appelle également à la mise en place d’un Comité indépendant chargé de l’organisation des élections en lieu et place du ministère de l’Intérieur, ce dernier étant à la fois juge et parti.   Le projet de loi organique portant Code électoral établit deux nouvelles entités ayant pour mission d’apporter leur appui au ministère de l’Intérieur qui se voit confier « l’organisation de toutes les élections, de l’établissement de la liste électorale à l’annonce des résultats. » Les entités concernées sont la Commission nationale d’organisation et de coordination des élections ou du référendum (CNOCE) et l’Autorité de contrôle et de supervision des élections et du référendum (ACSE).   Dans un souci d’équité, d’inclusion, de moralisation de la vie politique, le texte « établit les principes nécessaires à la tenue d’élections justes, libres et démocratiques, acceptées par toutes les parties dans le cadre de « l’accès équitable des candidats aux médias publics ; la promotion de l’égalité des sexes dans l’accès aux mandats électoraux ; l’adoption du fichier électoral et de la liste électorale biométriques. »    Dans un souci d’inclusion, le texte prévoit « des quotas obligatoires dans les listes des candidats aux élections : au moins 30 % de femmes et 20 % de jeunes. Il vise également à garantir la fiabilité du fichier électoral en l’adossant au numéro d’identification personnelle (NIP) et en renforçant les conditions d’inscription pour les électeurs naturalisés. »   Dans le domaine de la moralisation de la vie politique, le texte « institue des plafonds de dépenses ainsi que des comptes de campagne électorale, tout en renforçant les sanctions applicables aux infractions électorales ; et comble un vide juridique en précisant les modalités d’organisation des référendums nationaux et d’initiative locale. »   Le projet de loi organique portant Code électoral est au rang des priorités fixées par le président de la Transition pour guider l’action gouvernementale. Pour le général Oligui Nguema, « cette étape est cruciale pour consolider durablement notre démocratie, assurer la fin de la Transition et organiser des élections libres et transparentes » dans le strict respect du calendrier de la Transition.    Pour autant, l’espoir semble s’effilocher au fil des jours à divers niveaux de la sphère sociale. Au moment où le Gabon s’achemine vers la fin de la Transition et le retour des civils au pouvoir, la crise actuelle remet au gout du jour nombre d’interrogations, en particulier celle de la relation entre gouvernants et gouvernés. Notre nouvelle rubrique « NOS VOIX COMPTENT… » s’intéresse à la question.   D’autres sujet majeurs se consacrent à : l’évolution du système électoral au fil du temps, la transparence électorale, aux élections et aux droits humains, à des conseils pratiques sur le Code électoral ou encore à l’engagement en politique du jeune Rézenbruick Sanda.

QUELLE CONSTITUTION POUR LE GABON ?

QUELLE CONSTITUTION POUR LE GABON ?   Le référendum sur la nouvelle Constitution nationale, qui devrait consacrer le retour à l’ordre constitutionnel que les Gabonais appellent de tous leurs vœux, approche à grands pas. Au cours de cet évènement, prévu d’ici à décembre, les électeurs, en leur âme et conscience, diront « Oui » ou « Non » à la future loi fondamentale, qui prévoit l’instauration d’une réelle démocratie pluraliste et d’un État de droit.     Le renforcement des droits et libertés de la personne, la préservation des valeurs fondamentales de la société gabonaise et la reconnaissance du rôle des acteurs de la société civile, traditionnels et religieux, qui étaient quasi inexistants dans la Constitution de 1991, sont reconnus et garantis dans le projet de Constitution nationale.     Si ces avancées sont jugées salutaires par les Gabonais.es qui ont lu le texte, d’autres points, et non des moindres, divisent l’opinion. Lors de la session de l’Assemblée Constituante sur l’examen du projet de la nouvelle Constitution nationale, des divergences sont apparues sur diverses questions. Ces points incluent :     La séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire ; Le retour au régime présidentiel et, partant, la concentration des pouvoirs aux mains du chef de l’État qui, de surcroît, nommera le président du Conseil supérieur de la magistrature ; La suppression du poste de Premier ministre ; Le principe de « gabonité », qui stipule que pour accéder à la fonction présidentielle et autres hautes fonctions, il faut être gabonais, né de père et de mère gabonais.   Le rapport de la Constituante a été voté à la majorité des 178 parlementaires qui ont pris part aux travaux. Huit parlementaires ont voté contre tandis que trois se sont abstenus. Il sera discuté dans les prochains jours en Conseil des ministres en vue de l’adoption de la mouture finale de la Constitution nationale.     Les points de divergence susmentionnés font également débat au sein de l’opinion. À ceux-ci s’ajoutent ceux qui sont afférents à l’organisation, au manque de transparence et au coût du référendum, évalué à plus de 20 milliards de francs CFA. D’autres points critiques ont trait à la méconnaissance du texte par une frange importante de la population et la campagne tous azimuts pour le « Oui » ou le « Non » menée par certains responsables politiques, en violation de la loi électorale no 019/2024/ du 5 août 2024.     En son article 69 sur la campagne référendaire, la loi dispose que « la campagne est ouverte par décret, pris sur proposition du ministre de l’Intérieur, « le dixième jour » qui précède le scrutin pour l’élection référendaire ».      S’agissant de la transparence des élections, un communiqué du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), publié au lendemain du Dialogue national inclusif, tenu en avril dernier, indique que : « L’organisation des élections sera entourée de toutes les garanties de transparence, de liberté et de participation. »     L’opinion veut bien y croire, à condition que ses droits à la liberté de conscience et à la dignité soient respectés. En effet, tous les Gabonais.es ont le droit de connaître le contenu du texte de la future Constitution, les étapes qui mènent au référendum, y compris la date, qui demeure un mystère, et d’avoir le libre arbitre entre le « Oui » ou le « Non » à la future Constitution.     Le processus devant consacrer le retour à l’ordre constitutionnel est l’aboutissement du coup d’État du CTRI qui a évincé Ali Bongo Ondimba du pouvoir le 30 août 2023 et ouvert la voie « au renouveau de la Nation gabonaise ». Un an après l’arrivée des militaires au pouvoir, où en est notre pays et que nous réservent les mois à venir ?     Conformément au chronogramme de la transition, le référendum sur la nouvelle Constitution sera suivi, dès janvier 2025, des travaux sur le nouveau Code électoral et la tenue, en août 2025, des élections générales. Cette échéance devrait marquer la fin de la transition. Les militaires s’effaceront de la scène politique au profit des civils qui seront les seuls autorisés à se présenter aux élections générales.     En prélude auxdites élections, le ministère de l’Intérieur procédera, au mois d’avril, à la révision de la liste électorale suivie, en juillet, de la distribution des cartes d’électeur et de la mise en place du matériel électoral.     La Rédaction

DE L’ÉCOLE À L’EMPLOI : UN PARCOURS VITAL, MAIS…

DE L’ÉCOLE À L’EMPLOI : UN PARCOURS VITAL, MAIS… La loi gabonaise dispose que « tous les enfants âgés de 6 à 16 ans doivent aller à l’école et chaque citoyen a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi ». Nul, en effet, n’a le droit d’interdire à un enfant d’apprendre à écrire, lire et compter et à une personne qui en a la capacité de travailler, au risque de la priver de ses droits à la dignité et à la sécurité.   L’école et le travail revêtent une importance capitale pour l’individu. Lieu de transmission du savoir et de socialisation, l’école est une institution nationale qui aide l’enfant à s’épanouir intellectuellement, mentalement et physiquement. Elle participe à promouvoir son ascension sociale.   Au sens économique du terme, le travail est une activité productrice de biens et services par des employé.es moyennant un salaire. Le salaire permet à chacun, à condition qu’il soit conséquent, de subvenir à ses besoins essentiels, principalement l’alimentation, le logement et les soins de santé.   Pour autant, les conditions indispensables à l’épanouissement scolaire et professionnel des Gabonais sont loin d’être réunies au vu de la crise qui paralyse le système éducatif et le marché de l’emploi.   Selon une enquête réalisée auprès de 1200 Gabonais adultes en 2020 par l’équipe Afro-Barometer Gabon, dirigée par le Centre d’études et de recherche en géosciences politiques et prospective (Cergep) de l’Université Omar Bongo, 8 Gabonais sur 10 (81%) jugent « très mal » ou « plutôt mal » la satisfaction des besoins en éducation, contre 2 sur 10 (19%) qui pensent que la performance du gouvernement dans ce domaine est « plutôt bien » ou « très bien ».   L’enquête révèle que « l’éducation est après le chômage le second plus important problème auquel le gouvernement devrait s’attaquer. ». Ainsi, plus des deux tiers (69%) des répondants placent la création d’emplois comme première priorité d’investissement, suivie de l’éducation (11%) et de la formation professionnelle (10%).   La crise dans le système scolaire, faite des grèves des apprenants et des enseignants qui revendiquent, à juste titre, de meilleures conditions d’études, pour les uns, et de vie et de travail, pour les autres, appelle une école de qualité centrée sur :   La performance de l’encadrement des apprenants. Le relèvement du taux de réussite aux examens. La disponibilité continue des enseignants, des équipements et des matériels didactiques. L’équilibre quantitatif et qualitatif des infrastructures entre les villes et les zones rurales.   Afin de juguler le chômage, le gouvernement a mis en place une politique d’emploi ayant pour objectifs principaux la diversification et l’adaptation des filières de formation au développement socio-économique et culturel, l’intensification du partenariat avec le secteur privé, et la promotion de l’insertion professionnelle des jeunes diplômés et non scolarisés.   Selon la Banque mondiale, « le taux de chômage général se situe à 22%, avec un nombre particulièrement élevé de sans emploi chez les jeunes de l’ordre de 38 % ».   « Vivre » vous propose un diagnostic de l’école gabonaise, un regard sur l’impact de la déstructuration scolaire sur l’apprenant, la crise de l’emploi, l’émergence des agences de placement professionnel, les cas d’école dont les méthodes de travail et les ingrédients de la réussite pourraient inspirer d’autres établissements scolaires.     La Rédaction  

L’ESSOR VERS LA FÉLICITÉ

Un parfum de félicité plane sur le Gabon depuis l’irruption sur le devant de la scène politique du général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguema, Commandant en chef de la garde républicaine devenu président de la transition depuis le 4 septembre. À la tête d’un groupe d’officiers supérieurs des forces de défense et de sécurité nationales, réunis au sein du Comité pour la transition et la restauration des institutions (C.T.R.I), le général a mis fin, le 30 août 2023, aux 14 ans de règne d’Ali Bongo Ondimba et annulé les résultats tronqués des élections générales du 26 août. Les communiqués du Comité pour la transition, diffusés à la télévision ont conquis les Gabonais. Les foyers, les rues de Libreville et de l’intérieur du pays n’ont jamais autant vibré de joie et de liberté, et scandé : « Démocratie. Indépendance. Renouveau. » Les mesures du général Oligui Nguema annonçant, par ailleurs, la dissolution des institutions, le retour à l’ordre constitutionnel et à la démocratie, et la restauration de la dignité des Gabonais donnent des raisons d’espérer en des lendemains meilleurs libérés de la peur, de la violence et des fraudes électorales.  Les Gabonais sont dans l’expectative.

VIVRE DÉCEMMENT – UN DROIT EN PÉRIL ?

Vivre décemment est une aspiration légitime et un droit fondamental de tout être humain. Paradoxalement, selon une étude de la Banque mondiale, plus de la moitié de la population gabonaise vit dans les pires conditions qui soient tandis qu’une minorité vit dans des conditions relevant de l’opulence. Dépourvues du minimum vital, les familles démunies ont du mal à se nourrir, se loger, se soigner ou s’instruire. On parle beaucoup de la misère, notamment à l’occasion de conférences qui s’achèvent par de belles résolutions dont la plupart s’éteignent sur le bûcher de la mal gouvernance qui, depuis plus de cinquante ans, ruine le Gabon. Il n’y a pas une réelle volonté de l’éradiquer, si ce n’est au sein des familles qui en sont victimes, des organisations humanitaires et de la société civile. Fruit de la « corruption et de l’irresponsabilité politique », la mal gouvernance empêche le développement économique, l’épanouissement individuel et le vivre décemment. Elle sème la pauvreté et ses conséquences, en particulier l’exclusion sociale, le chômage, la délinquance, l’insécurité et la maladie. Des hommes et des femmes de milieux divers n’ont de cesse d’alerter l’opinion et de proposer des pistes de solution pour alléger le fardeau de la misère dans laquelle vivent, avec moins de 3 500 francs CFA par jour, entre 700 000 et 1 000 000 de Gabonais. Certains d’entre eux, que vous lirez et entendrez sous peu, ont participé ou suivi de près le Dialogue national inclusif (DNI) dont « les résolutions, estiment-ils, gagneraient à être traduites dans les faits, le Gabon n’ayant que trop souffert des inégalités et de la pauvreté ». En voici quelques-unes, qui incluent l’édification d’un État de droit où les intérêts particuliers sont bannis au profit du bien commun et de la bonne gouvernance ; l’amélioration effective des conditions de vie des Gabonais dans le cadre de la lutte contre la pauvreté et les inégalités. L’accès équitable aux services sociaux de base, y compris des logements salubres et abordables financièrement ; le développement de systèmes sanitaire et éducatif performants ; le passage d’une économie de rente à une économie de production sont d’autres résolutions du DNI. Au pouvoir depuis le 30 août 2023, le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) annonce son ambition d’améliorer les conditions de vie des Gabonais. Pour lutter contre le chômage, qui s’accompagne de la précarité, il a créé 1 000 postes budgétaires en faveur des enseignants du ministère de l’Éducation nationale et levé le gel des concours et des recrutements dans la fonction publique, après huit ans de restriction. Au profit des retraités, on note l’arrimage des pensions au nouveau système de rémunération et le paiement des rappels de pension. Selon le CTRI, la suppression des frais d’inscription dans les lycées et les collèges a permis à plus de 20 000 enfants de poursuivre leurs études sans être fragilisés par leur situation financière. Afin de susciter l’émulation en milieu scolaire, il a rétabli le paiement de la bourse au secondaire. Le CTRI réussira-t-il là où le Parti démocratique gabonais (PDG) a échoué ? Si d’aucuns se disent optimistes quant à l’aboutissement des réformes en cours, d’autres sont dubitatifs et attendent de voir se concrétiser le rêve du Gabon nouveau et du droit de vivre décemment dans la dignité et le respect. « Toute personne a droit à une vie décente. L’en priver est une atteinte à son bien-être, son bonheur et sa dignité. »

NOTRE SANTÉ. NOTRE BIEN-ÊTRE.

La santé, a-t-on coutume de dire, commence à la maison. Des mesures simples et appropriées peuvent, à condition de les appliquer comme il se doit, aider à l’améliorer et la protéger. Du nettoyage à l’aération de la maison, de l’hygiène corporelle à une alimentation saine et équilibrée, de l’usage de la moustiquaire pour prévenir le paludisme à la consultation chez le médecin, les exemples sont légion. Dans le meilleur des mondes, chaque foyer posséderait les connaissances nécessaires en matière de prévention des maladies et vivrait en bonne santé grâce à une éducation de qualité, une nourriture saine et équilibrée, un environnement propre et des soins de qualité. Mais revenons à notre réalité. Le meilleur des mondes n’existe nulle part, encore moins dans notre pays où beaucoup reste à faire pour que tous les Gabonais accèdent à la santé sur un pied d’égalité. Mais qu’est au juste la santé et quels sont nos droits dans ce domaine ? Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), « la santé est un état de complet bien-être physique, mental et social qui ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité». Au-delà de cette approche holistique de la santé à laquelle on pourrait ajouter le « cultuel », un des fondements de notre culture africaine, l’OMS stipule que « la possession du meilleur état de santé qu’il est capable d’atteindre, constitue l’un des droits fondamentaux de tout être humain, quelles que soient sa race, sa religion, ses opinions politiques, sa condition économique ou sociale ». Ce droit inclut : le droit de la personne de contrôler sa propre santé et son propre corps ; le droit à l’intégrité de la personne de ne pas être torturé, et de ne pas être soumis sans son consentement à un traitement ou une expérience médicale » ; « le droit d’accès à un système de protection de la santé qui garantisse à chacun, sur un pied d’égalité, la possibilité de jouir du meilleur état de santé possible». La possibilité de jouir du meilleur état de santé possible se fonde sur : l’accès équitable aux services de santé dont on a besoin, où et quand on en a besoin ; la qualité des soins fournis qui se mesure par rapport à la capacité des services de santé à répondre aux besoins des personnes afin qu’elles parviennent à l’état de santé souhaité ; et l’accessibilité financière. La notion d’accessibilité financière tel qu’énoncée à l’article 25 – alinéa 1 – de la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) confère « à toute personne le droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires». Droit à la santé et autres droits humains Briser le lien entre le droit à la santé et les autres droits humains annihilerait tous les efforts visant à promouvoir le bien-être de la personne, principalement l’élimination des inégalités, de la discrimination et des rapports de force injustes qui minent les droits de l’homme et les résultats sanitaires. Le processus basé sur l’approche fondée sur les droits de l’homme ne peut aboutir sans la participation effective des communautés à la prise de décisions. Tous les groupes sociaux, les familles et la société civile sont concernés et ont leur mot à dire sur les décisions et les mesures concernant leur santé. L’Etat, en tant qu’institution « chargée de gouverner le pays, garante de la cohésion sociale et de l’égalité entre les individus qui le composent », s’est engagé à travers la Constitution nationale, à l’alinéa 8 de l’article premier, à : garantir à tous, notamment à l’enfant, à la mère, aux handicapés, aux vieux travailleurs et aux personnes âgées, la protection de la santé». Il est par ailleurs énoncé à l’alinéa 16 de l’article premier que « les soins à donner aux enfants et leur éducation constituent pour les parents, un droit naturel et un devoir qu’ils exercent sous la surveillance et avec l’aide de l’Etat et des collectivités publiques». L’enjeu pour l’Etat est de renforcer le système de santé par la répartition équitable et la gestion rationnelle des ressources, développer la médecine préventive, promouvoir la qualité des soins pour une meilleure sécurité des patients et des agents de santé et de promouvoir la couverture sanitaire universelle dans le cadre du régime obligatoire d’assurance maladie et de garantie sociale de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS). Les populations démunies payent le plus lourd tribut des maladies transmissibles (tuberculose, sida…) et des maladies non transmissibles telles que les maladies et cardiovasculaires, le diabète, les cancers et les insuffisances rénales. En 2018, 41% des décès enregistrés dans notre pays étaient dus à ces maladies également appelées pathologies chroniques. La santé est un bien précieux, un droit fondamental qui doit faire l’objet de toutes les attentions afin de protéger tous les êtres humains, quel qu’ils soient, des risques sanitaires majeurs qui pèsent sur leur vécu. Outre ceux mentionnés ci-dessus, gardons en mémoire les traumatismes causés par les violences domestiques, les risques liés à une mauvaise alimentation, ou encore les erreurs médicales dont sont encore victimes de nombreux gabonais. « Toute politique de santé efficace, qui se veut sérieuse, met l’accent sur la prévention qui, seule, permet de réduire les coûts de santé. » Dr Jean-Marc Ngome Ndong, médecin du travail, spécialiste de la prévention  

SE LOGER DÉCEMMENT EST UN DROIT

Se loger, bien se loger, est un besoin inhérent à chaque personne et un droit fondamental qui relève du bien-être et de la dignité humaine. Plus qu’un toit et des murs, une maison ou un appartement doit être un refuge décent et sécurisé où les occupants ont plaisir à dire « Je ne quitterai ce lieu pour rien au monde ». Ces mots d’un riche propriétaire tranchent avec ceux que l’on entend dans les « matitis ».   Faute de moyens adéquats, les résidents de ces quartiers sous-intégrés au Gabon disent avoir d’énormes difficultés à quitter les lieux. « Quand on pense aux coûts exorbitants des loyers, des terrains et des matériaux de construction, comment peut-on prétendre à de meilleures conditions d’existence ? Le jour viendra, peut- être, où nous pourrons vivre dans la maison de nos rêves. »   Le Gabon, l’un des plus riches pays d’Afrique subsaharienne, qui, de surcroit, compte moins de 3 millions d’habitants, devrait loger décemment et à des coûts abordables sa population, en particulier les plus démunis qui, au quotidien et au péril de leur vie, sont exposés à des risques sanitaires majeurs comme ceux qui sont décrits dans notre rubrique ALERTE.   Le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) entend mettre fin au cauchemar du mal logement et du sans-abrisme à travers le Plan national de développement 2024-2026. Ce projet prévoit, entre autres, « la construction de 6 000 logements sociaux de type F3 et F4 destinés aux couches sociales les moins aisées ».   Des logements dont on ignore le coût et dont le nombre est bien en-deçà des besoins réels du Gabon. Selon les statistiques du Plan d’accélération de la transformation (PAT), « le déficit se situe à 257 000 unités en 2024, une province sur neuf, l’Estuaire, totalisant à elle seule plus de 50 % du total ».   La voie vers l’accès universel au logement est encore semée d’embûches. Pourtant, le rêve est réalisable pour peu que des moyens substantiels soient mobilisés et investis dans des projets durables qui tiennent compte d’un certain nombre de facteurs. Ceux-ci incluent les normes de construction qui sont garantes de la sécurité des biens et des personnes, notamment :       Un espace habitable d’au moins 9 mètres carrés.     Un volume habitable d’au moins 20 mètres cube.     Une hauteur sous le plafond d’au moins 2,20 mètres.     Un salon, une salle à manger et une cuisine.     Des chambres, des toilettes et des salles d’eau.      Une bonne aération et hygiène des lieux.      Une alimentation adéquate en eau potable et en électricité.      La disponibilité d’un réseau d’évacuation des déchets. L’accessibilité financière et géographique, la proximité des services sociaux de base tels que les écoles, les centres de santé, les marchés ou autres commerces, et l’hygiène de l’environnement participent également du droit au logement et à la santé.   Mettons fin à la crise du logement. Mettons fin à l’exode rural massif vers Libreville, Franceville, Oyem et Port-Gentil, où vivent plus de 80 % des Gabonais.es. Ce phénomène crée un profond déséquilibre démographique, des problèmes de concentration, de circulation et de mobilité urbaine, et la non-maîtrise de l’assainissement du milieu. À ce fléau s’ajoutent les constructions anarchiques dans les zones à risque où les éboulements consécutifs aux pluies torrentielles tuent chaque année nombre d’occupants des lieux.  

MEMBRES DE L’ÉQUIPE
 

Fondatrice – Directrice

 

Flavienne Louise Issembè

 

Journalistes seniors

 

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Martial Idundu

Flavienne Louise Issembè

 

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Gerald Boussougou – Com. Manager

 

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Herman Oke Mve

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CONTACTS

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