« Le Dialogue national inclusif est un moment primordial au cours duquel, nous allons pouvoir nous parler avec franchise et sincérité. Il vise l’édification d’un Gabon nouveau et la réconciliation des Gabonais entre eux », a déclaré le Président de la Transition, le général Brice Clotaire Oligui Nguema, à l’ouverture le 02 avril 2024 du Dialogue national inclusif (DNI) au Palais des sports de Libreville.
La cérémonie a réuni des milliers de gabonais, l’invité spécial du Chef de l’État en la personne de Faustin-Archange Touadéra, Président de la République de Centrafrique (RCA) et facilitateur de la Communauté économique des états de l’Afrique centrale (CEEAC) auprès du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), Monseigneur Jean-Patrick Ibaba, Archevêque métropolitain de Libreville et président du DNI.
Le vice-président, les présidents des institutions et les membres du gouvernement de la Transition, les corps habillés, les observateurs au dialogue national, les membres du bureau et des commissions du DNI, des leaders religieux et traditionalistes, et les représentants des missions diplomatiques étaient également présents.
L’archevêque de Libreville a indiqué que « ce dialogue constitue l’espoir de tous les gabonais de voir enfin notre cher pays sortir de ses crises multiformes et emprunter résolument et définitivement le chemin de la restauration des valeurs, de l’intégrité, de la fraternité, du partage, du développement socio-économique qui fondent des grandes nations. »
Il a appelé « chacun au dépassement de soi pour s’inscrire dans une logique d’inclusion afin que ce dialogue serve de fondement à un processus de réconciliation véritable… À l’issue de ce dialogue, notre pays le Gabon doit se doter de textes solides, impersonnels et durables… Au terme de ce dialogue, seul le peuple sortira vainqueur pour un Gabon doté d’un nouveau contrat social empreint de justice, de paix et de progrès. »
Le président du DNI a émis le souhait « que l’Esprit de Dieu éclaire nos intelligences, qu’Il renouvelle en nous ses dons de sciences et de sagesse. Que Dieu bénisse nos travaux, le Gabon et tous ses habitants. Que ces assises soient riches et fructueuses à la hauteur de la qualité des participants et que seule la République gabonaise gagne. »
Le président Faustin Archange Touadéra s’est réjoui de prendre part, au nom des chefs d’État et de gouvernement de la CEEAC à la cérémonie d’ouverture du Dialogue national inclusif. « Selon lui, « le dialogue qui s’ouvre traduit l’attachement du peuple gabonais aux valeurs de la démocratie et de l’État de droit, et aux vertus du dialogue comme mode de développement durable. »
Rappelant la chronologie des évènements depuis l’arrivée au pouvoir du général Oligui Nguema le 30 août 2023, le président Touadéra a ajouté que « les chefs d’État et de gouvernement de la CEEAC, après avoir pris bonne note des avancées significatives dans le processus de retour à l’ordre constitutionnel, marqué notamment par l’adhésion du peuple gabonais, l’inclusivité et la mise en place d’un chronogramme de transition politique de 24 mois, ont unanimement décidé de la levée des sanctions et de la suspension de la délocalisation du siège de la CEEAC de Libreville à Malabo. »
Déclarant « qu’il est généralement admis que l’homme qui détient le pouvoir ne doit pas être jugé par ses paroles mais par ses actes », le chef de l’État s’est dit convaincu que « la démocratie est la seule loi qui amène à la paix, à un progrès économique durable et à la justice sociale… Comme une terre altérée soupire après l’eau du ciel, le Gabon a soif de la démocratie, de l’État de droit et de la gouvernance. »
Le président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, a demandé à l’assistance « d’observer une minute de silence à l’endroit de tous les gabonais épris de valeurs démocratiques qui nous ont précédés et qui auraient voulu voir naître la nouvelle République. »
Il a remercié le président de la RCA pour son rôle de facilitateur de la CEEAC et son implication sans relâche pour accompagner le Gabon dans le processus de Transition.
Le président de la Transition s’est félicité de la mobilisation massive autour du Dialogue national inclusif qu’il a qualifié « de moment primordial au cours duquel, nous allons pouvoir nous parler avec franchise et sincérité… Les composantes de ce dialogue national inclusif seront traduites en textes de loi. Puis, viendra le référendum qui permettra aux gabonais de se prononcer sur la proposition d’une nouvelle constitution… »
Le général Oligui Nguema a indiqué « qu’il veut faire du Dialogue national un cadre propice d’incubation d’idées novatrices qui inspireront l’écriture pour la nouvelle constitution et la promotion des lois favorisant des élections libres et transparentes… L’implication des leaders religieux m’a semblé indispensable. Leur participation garantit que les décisions prises lors du Dialogue national sont inclusives et respectent les valeurs de paix et les croyances auxquelles les Gabonais sont attachés… Les combats d’une République ne se gagnent pas d’un coup mais à travers le temps. »
Parlant de la commission « Justice, Vérité et Réconciliation » tant attendue par les Gabonais, le chef de l’État a indiqué : « Le CTRI se réserve d’analyser le bien fondé de ladite commission le moment venu. Cette transition me semble bien trop étroite pour établir les responsabilités de chaque événement en évoquant des circonstances qui ont prévalu au moment des faits… »
Sous d’autres cieux, les commissions de ce type ont ouvert des brèches qui ne se sont pas fermées malgré les années passées. Il est bon de revenir dans le passé mais cela ne doit pas nous empêcher d’avancer… Nous avons mis le Dialogue national inclusif sous le sceau de Dieu. », a conclu le général Oligui Nguema.