Dans de nombreuses situations, les forces de sécurité – policiers, gendarmes, militaires – sont appelées à garantir la paix, l’ordre et la sécurité publique. Pourtant, il arrive trop souvent que leurs interventions dérapent, révélant un usage disproportionné de la force, des arrestations arbitraires, ou encore des violences injustifiées à l’encontre des civils. Ces abus, qu’ils soient dus à un manque de formation ou à une mauvaise compréhension de leur rôle dans la promotion des droits humains, posent un véritable défi à l’État de droit.
Des dérapages encore fréquents
Que ce soit lors de manifestations, de contrôles de routine ou d’interpellations, des citoyens font face à des comportements répressifs de certains agents. Dans ces cas, la question centrale demeure : est-ce un excès de zèle ? Un abus de pouvoir ? Ou un manque de connaissance des droits de la personne ? Quoi qu’il en soit, ces actions nuisent à la confiance entre population et forces de sécurité. Et c’est cette confiance qui est pourtant essentielle à la stabilité d’un pays.
Un cadre juridique clair, mais trop souvent ignoré
Les forces de sécurité exercent leur mission dans un cadre juridique précis. La Constitution nationale, le Code pénal et les traités internationaux ratifiés par le Gabon, notamment la Déclaration universelle des droits de l’homme et la Charte africaine des droits de l’Homme et des Peuples définissent les limites de leur pouvoir. Ces textes garantissent le droit à la dignité, à la sûreté, à la liberté d’expression et d’opinion. Dès lors, tout acte de violence non justifié, toute détention arbitraire ou atteinte aux droits d’un civil est une entorse à la loi. Aucun uniforme ne donne le droit de bafouer les droits fondamentaux.
Être au service, pas au-dessus de la loi
Être en uniforme ne donne pas le droit d’ignorer les principes d’éthique et de dignité humaine. Les forces de sécurité doivent être *tenues pour responsables* en cas d’abus. Chaque dérapage impuni affaiblit l’État de droit. L’instauration de mécanismes de plainte accessibles, de comités de surveillance indépendants et d’une justice impartiale est essentielle pour garantir que personne, y compris les agents de sécurité, ne soit au-dessus des lois.
Un rôle crucial dans la défense de la démocratie
Les forces de sécurité ont un rôle fondamental à jouer dans la promotion des droits humains. En respectant et en protégeant les droits des citoyens y compris les défenseurs des droits humains, elles deviennent elles-mêmes des piliers de la démocratie. Il ne s’agit pas d’opposer sécurité et droits humains, mais de les faire avancer ensemble. Car un agent de sécurité qui ne respecte pas les droits finit toujours par devenir une menace pour tous.
Construire une société respectueuse des droits humains passe inévitablement par une réforme profonde de la culture sécuritaire. Cela commence par la formation, se poursuit par la responsabilisation, et se consolide par des mécanismes de protection pour les citoyens comme pour les défenseurs des droits humains. Protéger les droits humains, c’est aussi protéger la paix.
