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À QUAND LA FIN DE LA SUSPENSION ?

Depuis le 17 février 2026, les réseaux sociaux sont suspendus en République Gabonaise. Près de deux mois après la décision de la Haute Autorité de la Communication (HAC), le public, qui est toujours aussi indigné et stupéfait par cette mesure, attend avec impatience le rétablissement des réseaux sociaux. Tout un pays doit-il être puni à cause des dérives commises par quelques personnes ? Le suspense perdure.

Le Tribunal de première instance de Libreville ayant déclaré « son incompétence pour apprécier la légalité des actes pris par la HAC, une autorité administrative indépendante. », renvoie la décision vers la juridiction administrative, en l’occurrence le Conseil d’État, qui tranchera. Qui de Bilié By Nzé, le président du Mouvement EPG, Ensemble pour le Gabon, ou de la HAC aura gain de cause ?

Pour mémoire, le premier a porté plainte contre « la suspension totale et indéterminée des réseaux sociaux qui excède les pouvoirs de régulation de la Haute Autorité de la Communication et constitue une mesure générale et disproportionnée, affectant l’ensemble des citoyens mais également les acteurs politiques qui utilisent ces plateformes pour communiquer»  

La décision de la HAC est la première du genre en République gabonaise depuis l’arrivée au pouvoir du président Oligui Nguema le 30 août 2023. Selon le régulateur des médias, la mesure vise à lutter contre des contenus jugés menaçants et diffamatoires pour la dignité humaine, la cohésion sociale et la sécurité nationale. Pour autant.

Me. Francis Aubame, expert en droit public, estime « qu’une telle décision, aussi brutale, aussi vaste, qui touche à l’ensemble des réseaux sociaux, porte atteinte à tout le moins à la liberté d’expression des Gabonais, une liberté garantie par la Constitution en son article 14, une liberté garantie aussi par les conventions que le Gabon a signées – le Pacte international des droits civils et politiques, la Charte africaine des droits de l’Homme et des Peuples, et le Code national de la Communication en son article 3 ». 

Evidemment, poursuit-il, « Tout principe comporte une exception. Au nom de la sécurité, au nom de l’ordre public, des dispositions peuvent être prises. Cependant, il faut que ces dispositions soient prises dans les formes légales. La HAC avait-elle pouvoir de prendre une décision générale de suspension des réseaux sociaux ? Je dis d’emblée Non. Ce n’est pas dans ses prérogatives. »

Pourquoi ?

Selon Me. Aubame, « Il faut identifier les contrevenants aux dispositions légales. Le Code de la Communication est là. La responsabilité est personnelle. Certains Gabonais enfreignent la loi et tout le monde est coupable à la fin. La responsabilité ne se partage pas. Pourquoi vais-je subir les affres des fautes commises par d’autres personnes ?»

L’expert indique que « La décision est plus politique que juridique. De ce fait, il faut respecter les procédures juridiques. La HAC ne peut pas, par un simple communiqué, suspendre une liberté que les Gabonais ont de par la Constitution. C’est extrêmement grave. » 

Les médias, à l’instar d’autres entreprises qui travaillent en ligne, se disent extrêmement préoccupés de la décision de la HAC. Roselyne Bekale, journaliste et responsable de la Rédaction à Radio TOP FM, s’explique :

« Les réseaux sociaux sont des outils essentiels pour la circulation de l’information, l’interaction avec le public et la diffusion rapide de l’actualité. Ils permettent aux médias de toucher un public plus large et plus diversifié, notamment les jeunes qui consomment de plus en plus l’actualité via les plateformes numériques. La suspension des réseaux sociaux a un impact direct sur notre travail. En effet, elle nous oblige à nous adapter et à renforcer l’usage des canaux traditionnels tout en restant vigilants sur la question de l’accès à l’information. » 

En cela, conclut-elle, « l’utilisation des réseaux sociaux exige beaucoup de vigilance. Ils sont aussi un espace où circulent de nombreuses fausses informations. Le rôle du journaliste reste donc essentiel : vérifier, regrouper les sources et apporter une information fiable et contextualisée. En somme, les réseaux sociaux sont un outil précieux pour notre travail, mais ils ne remplacent pas les principes fondamentaux du journalisme que sont la rigueur, la vérification et la responsabilité. » 

Près de deux mois après la décision du régulateur des médias de suspendre les réseaux sociaux, le Gabon est dans l’attente de la décision du Conseil d’État.

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