DROITS DE LA VEUVE ET DE L’ORPHELIN

Au Gabon, la veuve et l'orphelin incarnent une vulnérabilité profondément ancrée dans la structure sociale. Leur sort révèle souvent l’écart entre les promesses juridiques des textes et la réalité vécue. À chaque décès d’un chef de ménage, c’est tout un système de protection sociale qui est mis à l’épreuve : droits successoraux, prise en charge des enfants, accès à la propriété, sécurité économique et psychosociale. Si le droit reconnaît la dignité et la protection de la personne humaine, sa mise en œuvre soulève d’importants défis.

Cadre juridique national : des droits affirmés mais fragmentés

La Constitution gabonaise (article 1er) garantit la dignité humaine comme valeur fondamentale. L’article 14 reconnaît à tout citoyen le droit à la santé et au bien‑être, sans discrimination. Sur cette base constitutionnelle, les veuves et les orphelins devraient jouir d’une protection accrue.

Le Code civil gabonais, bien qu’héritier d’une tradition juridique inspirée du droit civil français, comporte des dispositions sur la responsabilité familiale, la succession et l’autorité parentale. Conformément au droit, les héritiers réservataires, notamment les enfants, doivent recevoir une part de la succession. La veuve ne peut être totalement exclue de l’héritage. La loi n°5/2019 relative à la protection sociale reconnait aussi la nécessité d’un filet social pour les personnes sans ressources.

Succession et droit de propriété : une application variable

L’application des dispositions susmentionnées varie fortement selon les régions et les milieux socioculturels. Dans certains contextes coutumiers, la veuve est écartée de la succession familiale, au profit des héritiers masculins. Cette pratique est contraire aux normes constitutionnelles et aux engagements internationaux du Gabon, notamment la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (article 18) qui reconnaît la protection de la famille et recommande à l’État de légiférer dans ce sens.

Le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC) impose aussi l’égalité des droits en matière de protection sociale. Cette dualité des normes entre droit étatique et pratiques coutumières laisse des veuves sans moyens de subsistance et des orphelins sans soutien stable. Sans jugement clair et sans accompagnement institutionnel, beaucoup se retrouvent dans une précarité durable.

Orphelins : protection juridique mais lacunes sociales

Les orphelins, en particulier ceux qui ont perdu leurs deux parents, sont reconnus comme des personnes nécessitant une protection spéciale. La Convention relative aux droits de l’enfant, ratifiée par le Gabon, garantit à tout enfant le droit à l’éducation, à la santé, à un niveau de vie suffisant et à une protection contre l’exploitation. En théorie, ces normes s’appliquent à tous les enfants, y compris les orphelins.

Cependant, l’absence d’un fichier national des enfants en situation de vulnérabilité, de dispositifs d’accueil et de tutelle bien structurés, limite l’accès réel à ces droits. De nombreux orphelins se retrouvent à la charge de membres de la famille élargie, parfois sans ressources suffisantes et sans suivi social ou psychologique.

Obstacles à l’exercice des droits

Plusieurs facteurs limitent l’effectivité des droits reconnus. Notamment :

  • La méconnaissance des droits par les populations vulnérables.
  • Le coût et la complexité des démarches judiciaires pour faire valoir les droits successoraux.
  • L’influence des pratiques coutumières contraires aux normes constitutionnelles.
  • L’absence de politiques publiques intégrées pour assurer la prise en charge des orphelins.

  • Des cliniques juridiques gratuites pour faciliter les procédures successorales.
  • Des programmes d’alphabétisation juridique.
  • Le soutien à l’éducation des orphelins.
  • Des projets de microfinancement pour les veuves entrepreneures.

MEMBRES DE L’ÉQUIPE
 

Fondatrice – Directrice

 

Flavienne Louise Issembè

 

Journalistes seniors

 

Yvette Bivigou

Martial Idundu

Flavienne Louise Issembè

 

Collaborateurs et Collaboratrices

 

Annie Mapangou

Eric Ozwald

Florène Okome Pambo

Tama Z’Akis

 

Equipe WEB

 

Chris Jonathan G. – Développeur
Yourick Seh Obame – Webdesigner
Gerald Boussougou – Com. Manager

 

Cadreurs et/ou Photographes

 

Andy G. Amiaganault

Herman Oke Mve

Alain Wolbert
Delvane BKG

 

CONTACTS

infomagazinevivre@gmail.com

+241 62 71 98 92

suivez-nous aussi sur