Fondatrice et Directrice de Publication

Flavienne Louise Issembè

Journalistes Seniors

Yvette Bivigou
Martial Idundu
Flavienne Louise Issembè

Collaborateurs

Annie Mapangou
Eric Ozwald
Florène Okome Pambo
Tama Z’Akis

Equipe Technique

Chris Jonathan - Développeur
Gerald Boussougou - C. Manager
Andy G. K. Amiaganault - Cadreur
Hermann Oke Mve - Cadreur
Alain Wolbert - Cadreur
Delvane BKG - Cadreur

Contacts

infovivremagazine@gmail.com

+241 62 71 98 92

Edit Template

La Rédaction

PRIORITÉ À LA FORMATION PROFESSIONNELLE

PRIORITÉ À LA FORMATION PROFESSIONNELLE En soixante ans d’indépendance, les pays de l’Afrique francophone ont privilégié l’enseignement général dans les lycées et les universités; délaissant de facto la formation professionnelle. Ainsi s’expliquent, en grande partie, l’inadéquation entre les formations et les emplois et, en conséquence, le taux de chômage des jeunes, estimé au Gabon à 38 % par la Banque mondiale.   Au Gabon, ce sont notamment les non nationaux qui exercent les petits métiers dans les secteurs comme la mécanique, la maçonnerie, la menuiserie, la plomberie, l’électricité domestique, la restauration, le commerce en détail et les transports en commun.   L’urgence est donc d’accorder la priorité à la formation professionnelle et aux écoles supérieures pour des formations qualifiantes de haut niveau. Il s’agit également d’encourager les jeunes à devenir de futurs agents économiques et chefs d’entreprise par une politique de l’auto-emploi.   La solution consisterait à doter chaque chef lieu de province d’un centre de formation professionnelle, avec des spécialités correspondant aux particularités de la province, afin de former la majorité des jeunes dans des métiers rentables. Il serait ensuite mis en place un fond de soutien aux jeunes formés pour les encourager à devenir des auto-entrepreneurs ou de petits artisans.   Par ailleurs, il est possible de regrouper les jeunes diplômés en coopératives et de convaincre de petites banques de les encadrer en établissant un système de remboursement souple qui s’apparente à une ristourne pour financer ultérieurement d’autres jeunes formés au rythme des promotions. Enfin, mettre en place un système de quotas préférentiels qui va limiter l’accès des non nationaux à l’activité économique de proximité.   Les femmes ont fait un saut qualitatif en arrachant des places dans les marchés forains. Malheureusement, elles ne bénéficient pas d’un soutien financier qui puisse favoriser le développement de leurs activités économiques. Jean-Félix Innocent Souamy Enseignant à la retraite

PROMOTION DE LA FORMATION ET DE L’ACCÈS AU MARCHÉ DE L’EMPLOI

PROMOTION DE LA FORMATION ET DE L’ACCÈS AU MARCHÉ DE L’EMPLOI LʼIUSO a mis en place un cadre de partenariat pour promouvoir la formation et lʼaccès au marché de lʼemploi à travers la coopération nationale, régionale et internationale en matière dʼenseignement supérieur, de recherche scientifique et technologique. Ce cadre de coopération, matérialisé par des accords de partenariats bilatéraux ou multilatéraux a permis : lʼamélioration de la visibilité nationale et internationale des établissements publics dʼenseignement supérieur et de recherche ; la croissance de la capacité à attirer au sein de ces établissements les chercheurs, les enseignants-chercheurs, les doctorants et les étudiants étrangers ; le soutien de la mobilité internationale ; le développement de lʼéchange des connaissances, lʼapprentissage mutuel et le développement dʼactivités conjointes dans ces domaines ; le développement de la participation de ces établissements à des réseaux institutionnels de coopération et dʼéchange ; l’assurance dʼune présence durable à l’international. UN PARTENARIAT BENEFIQUE Au niveau national, lʼIUSO a signé des accords de partenariat avec lʼEcole de management EM-Gabon et des entre- prises gabonaises. Le partenariat avec les entreprises a permis de faciliter lʼinsertion des étudiants de fin de cycle en stages d’immersion et dʼaboutir à des contrats à durée indéterminée. Il appartient à lʼIUSO-SNE dʼexercer un pilotage et une régulation efficaces dans la perspective de préserver les intérêts de chaque partie en associant les entreprises dans lʼélaboration des offres de formation professionnelle et en dressant le référentiel des spécialités qui pourrait lui être utile. Les entreprises publiques et privées ont beaucoup à gagner en participant au processus de formation des ressources humaines dans des profils d’employés dont elles auront réellement besoin. Le partenariat avec EM-Gabon, sʼest concrétisé, entre autres, par : la facilitation des inscriptions en thèse de nos jeunes collègues doctorants ; et les échanges de publication entre nos enseignants-chercheurs à travers nos différentes revues la participation à des colloques. Au niveau régional, lʼaccord de coopération avec lʼUniversité Félix Houphouët Boigny (UFHB) de Côte dʼIvoire, sʼavère bénéfique à plusieurs niveaux. la mobilité des étudiants de lʼIUSO-SNE lors du stage de deux mois à lʼUniversité Félix Houphouët-Boigny lʼorganisation des séminaires conjoints entre les enseignants de lʼUFHB dʼAbidjan et de lʼIUSO-SNE au bénéfice de nos étudiants ; lʼencadrement conjoint des étudiants ; la participation à des soutenances des mémoires des étudiants de lʼIUSO-SNE ; les échanges de publication entre les enseignants-chercheurs des deux établissements ; la participation de nos enseignants-chercheurs à de nombreuses rencontres universitaires Source IUSO

L’IUSO OU LA MÉTAMORPHOSE DE L’ENFANT PRODIGUE

L’IUSO OU LA MÉTAMORPHOSE DE L’ENFANT PRODIGUE Depuis une trentaine d’années, l’Institut universitaire des sciences de l’organisation (IUSO), anciennement Ecole nationale supérieure de secrétariat (ENSS), participe à la formation de la jeunesse gabonaise. En devenant l’IUSO, l’ENSS a étoffé son offre de formation. Elle associe sa formation de base, celle de secrétaire (assistante) de direction qui était l’unique formation à la création de l’établissement, à d’autres enseignements liés aux sciences de l’organisation.   Etudiant en master 2 de communication publique et politique, Benjamin Ndong Allogho n’a pas de crainte quant à sa formation et à la possibilité de trouver un emploi : « J’ai été admis à l’IUSO en 2017. Les enseigne- ments reçus me rendent apte à postuler pour un emploi. Je connais d’anciens étudiants qui ont été recrutés par des entreprises après l’obtention de leur DUT à l’IUSO.» L’établissement a, en effet, vocation à mettre sur le marché de l’emploi des produits prêts à relever les défis du monde professionnel.   Daryl Nguema Mbega, étudiant en fin cycle en métier du droit, confirme la bonne réputation de l’IUSO auprès des employeurs : « Ces années passées à l’IUSO m’ont été profitables. J’encourage les futurs bacheliers à passer le concours de cet institut. La qualité des formations dispen- sées au sein de notre Institut m’a permis de trouver un emploi. »   Cependant, les difficultés et les critiques ne manquent pas. L’œuvre de l’IUSO ne saurait être parfaite. Etudiante en master 2 de communication d’entreprise, Rollande en témoigne : « Durant mon année de licence, j’étais en stage dans un cabinet. Le responsable évoquait le faible niveau des étudiants provenant de l’IUSO. »   Nadidjata Moutsinga Ngamagate, étudiante en master 1 de gestion des Entreprises et des organisations, déplore les conditions d’apprentissage. « J’ai obtenu le concours de l’IUSO en 2019-2020. Malgré les efforts fournis en termes de contenu de cours et de professionnalisation des filières de formation, certains aspects sont moins glorieux, tels que les conditions d’apprentissage dénon- cées par les étudiants. En outre, ce qui me gêne dans les salles de classe c’est la chaleur. Elles ne sont pas climatisées. »   Pour Nadine, étudiante en deuxième année de DUT, « les conditions d’apprentissages ne sont pas fameuses mais on s’adapte». L’adéquation de l’IUSO au système éducatif gabonais   Les offres de formation proposées par l’IUSO sont, pour la majorité, en phase avec l’évolution du système éducatif gabonais. Pour autant, des questions se posent. Les offres de formation sont-elles adaptées au marché de l’emploi ou répondent-elles aux besoins des entreprises ?   Selon Aristide Edzegue, « la place qu’occupe l’Institut dans le système éducatif national est la première dans le domaine des sciences au Gabon. Nous avons un taux d’insertion de 40% des étudiants qui arrivent à trouver du travail dans les deux années qui suivent l’obtention de leurs diplômes. » Ces résultats sont à mettre au crédit du travail colossal de l’administration et du corps professoral.   Professeur en gestion de projets, M. Effaga confirme : « L’IUSO favorise l’insertion professionnelle. » Il admet néanmoins que « le système éducatif gabonais recouvre des imperfections dans la mesure où il est trop porté vers l’enseignement général. »   Dans un monde en perpétuelle évolution et tourné vers la valorisation des formations professionnelles, le système éducatif gabonais devrait redoubler d’imagination afin de rendre nos grandes écoles et universités compétitives. L’IUSO est un exemple en termes dans le domaine.   Eric Ozwald

LES INGRÉDIENTS D’UNE RÉUSSITE

LES INGRÉDIENTS D’UNE RÉUSSITE Les écoles, les universités, sont des sanctuaires, des temples du savoir. Elles guident. Elles orientent. C’est le cas de l’école primaire et secondaire Saint-Joseph de Calasanz et de l’Institut universitaire des sciences de l’organisation (IUSO) dont les méthodes de travail et les ingrédients de la réussite peuvent servir d’exemple à d’autres établissements scolaires. « Vivre » : Père Nieto, vous êtes la première autorité de Calasanz. Maintenez-vous le cap en termes de réussite scolaire ? Père Nieto : Permettez-moi de remercier le magazine « Vivre » de nous avoir choisi. La vie nous honore tous. Elle est un don de Dieu le Père. Un cadeau dont il faut profiter… Quelle est la place que Calasanz occupe par rapport aux écoles catholiques au Gabon ? Honnêtement, je ne sais pas s’il y a une école catholique qui a de meilleurs résultats que Calasanz… Un taux de réussite de 100% au BEPC et au bac. Quel sentiment vous anime ? Père Nieto :  Oui, 100%. C’est un sentiment de bonheur… Votre école a une certaine renommée, une certaine notoriété à Libreville et dans le Gabon… Autrement dit, la baguette magique. Le ministre Daniel Ona Ondo m’a demandé : « Mon Père, que faites-vous ? »… Quelles sont les conditions, les ingrédients de la réussite de Calasanz ? Le suivi des professeurs, le partenariat avec les parents qui nous font confiance… Comment associez-vous l’amour de la foi à l’enseignement ? Nous avons des valeurs. Il ne s’agit pas seulement de transmettre des connaissances… Mon Père, un enfant musulman peut-il s’inscrire à Calasanz ? Bien sûr. On a eu des enfants musulmans très brillants… L’élève est au cœur de votre enseignement, au centre même de votre école… L’accompagnement se voit à travers les résultats produits… A quel niveau commence le processus ? Il ne commence nulle part. Il faut retenir que nous sommes une famille… Avez-vous des cas précis d’enfants ayant besoin de l’aide du psychologue ou de l’aumônier ? Oui ! On a plusieurs cas. Prenons le cas d’un enfant brillant… Mon Père, actualité oblige, en ce moment au Gabon… L’Eglise catholique a des valeurs, des valeurs universelles… Quel est le cadre de sécurité mis en place à Calasanz et quelles sont les mesures qui sont prises… Nous avons un cadre sécurisant avec la barrière de sécurité… Quelles sont les perspectives de Calasanz ? Augmenter les salles de classe, devenir autonome… Mon Père, la devise de votre école est : « Piété et Lettres ». Qu’est-ce à dire ? J’ai deux pieds comme toi. Ils nous permettent de bien marcher… Un équilibre parfait ? Oui ! Eric Ozwald SENSIBILISER LES APPRENANTS À LA SÉCURITÉ SCOLAIRE LʼEglise catholique a des valeurs, des valeurs universelles : ne pas tolérer le mensonge, ne pas tolérer lʼinjustice. Le but est de faire en sorte que nos élèves deviennent de bons citoyens. Notre travail ne consiste pas seulement à remplir la tête. Nous nous devons aussi de remplir les cœurs. Nous avons eu des cas de violence. Cʼest la raison pour laquelle il existe un règlement intérieur, une discipline. On ne tolère pas la violence. Quand on te gifle par exemple, tu ne dois pas riposter. Si tu le fais, tu rentres dans la bataille. Nous sommes pour la paix.   Nous déracinons la violence. Nous avons un cadre sécurisant à travers la barrière de lʼécole, les caméras de sécurité et un relais avec les professeurs. On ne tolère aucune forme de violence. Depuis cinq ans, le taux de violence sʼest réduit. Nous avons éliminé tout ce qui, comme le téléphone, attire la violence, le braquage. Le téléphone est interdit depuis 2015. Personne ne peut amener son télé- phone ici. Les élèves y tenaient. Ils enregistraient du porno, se partageaient les images et les postaient sur les réseaux.   Au-delà de lʼaspect religieux, nous procédons à dʼautres formes de sensibilisation aux violences.Toutes les formes de sensibilisation sont les bienvenues. Chaque fois que quelquʼun frappe à notre porte, nous accompagnons les bonnes initiatives. La dernière, à laquelle nous avons convié des invités, était consacrée au respect de lʼenvironnement, à lʼamour de la nature et au nettoyage des plages.   Père Luis Martίn Nieto

LA MONTÉE DES AGENCES DE PLACEMENT DE PERSONNELS

LA MONTÉE DES AGENCES DE PLACEMENT DE PERSONNELS Face au fort taux de chômage auquel se heurte la jeunesse gabonaise, on assiste à lʼaccroissement des agences de placement de personnels, qui sʼimplantent un peu partout sur le territoire.   Entre 2016 et 2020, le Gabon se plaçait dans le top des pays dʼAfrique subsaharienne à avoir un taux de chômage élevé, soit autour de 35 %. Au cours de cette période, lʼOffice national de lʼemploi (ONE) aurait déclaré à lʼagence de presse en ligne Gabon Media Time (GMT) avoir enregistré 64 077 demandeurs dʼemploi. Selon la même source, 87% des demandeurs avaient entre 16 et 34 ans.   En dehors de lʼONE, qui sʼest mué en 2022 en Pôle national de promotion de lʼemploi (PNPE), plusieurs autres structures sʼimpliquent dans la stratégie dʼinsertion professionnelle des jeunes. Elles se démarquent, pour certaines, par des communications peu conventionnelles et affichent des salaires très aguicheurs. Des questions sʼimposent quant à la fiabilité et au fonctionnement des agences de placement de personnels, dʼune part, et au taux dʼinsertion professionnelle, dʼautre part.   Des startups aux grandes entreprises, les agences de placement de personnels proposent désormais une variété de services pour mieux se vendre. « Nous proposons des formules de services diverses : les publications dʼannonces et les publications dʼannonces avec pré-entretiens. Certains partenaires nous confient même le recrutement de leurs employés en totalité », renseigne Darlin Kombila, responsable de la communication à Gabon Emploi et Stages. « Pour une meilleure insertion professionnelle nous proposons également aux candidats un service formation-insertion. Nous les formons pour, ainsi dire, faciliter leur intégration en entreprise. Aussi, certaines PME font-elles appel à nous pour que nous formions leur personnel.»   Dans ce secteur en pleine expansion, la concurrence est rude et les entreprises sont de plus en plus nombreuses à avoir recours à ces agences. Elles souhaitent collaborer avec des professionnels et nʼhésitent pas à se faire recommander, confirme Coralie, agent de suivi et de la sous-traitance à la Sucrière africaine du Gabon (Sucaf). « Nous travaillons avec le cabinet Human Ressource Solution (HRS). HRS nous avait été recommandé par un collaborateur centrafricain. Il nous avait fourni un dossier administratif comportant une fiche circuit, un numéro RCCM (registre du commerce et du crédit immobilier), un justificatif de la Caisse nationale de la sécurité sociale (CNSS), une responsabilité civile et une patente des impôts. Ces documents nous ont rassurés sur la fiabilité de cette entreprise avec qui, jusquʼà présent, nous obtenons une entière satisfaction sur toutes les prestations.»   Pendant les vacances particulièrement, les agences de placement de personnels sont très sollicitées. Les sociétés sʼactivent à employer des jeunes à la recherche de petits boulots.   Elles font donc appel à ces structures spécialisées pour effectuer la liaison. « Cʼest surtout pendant la période des grandes vacances scolaires que lʼon nous demande des jeunes avec ou sans expérience. Les entreprises ne sont pas exigeantes et tirent une grande rentabilité de ces emplois saisonniers », ajoute Darlin Kombila. « Nous travaillons avec le service RSE (responsabilité sociétale dʼentreprise) de la Comilog (Compagnie minière de lʼOgooué). Pendant les vacances, il nous envoie des jeunes vacanciers recrutés par la société pour les insérer dans nos effectifs de sous-traitance », déclare M. Gislain, coordinateur de travaux et chargé de recrutement à SAT service (entreprise sous-traitante de la Comilog).   Ces bureaux de recrutement sont la courroie de transmission entre les entreprises et les demandeurs dʼemploi. Les services sont rémunérés de plusieurs manières en fonction des agences. Pour les plus classiques, ce sont les entreprises qui sʼattachent leurs services qui payent en totalité la prestation. Pour les plus modernes, elles constituent une base de données payante quʼelles proposent aux chômeurs dʼintégrer.   Après un entretien concluant, lʼagence débitera une commission dʼun pourcentage prédéfini sur le premier salaire du nouvel employé en plus dʼune rémunération émise par lʼentreprise dans le besoin. M. Kombila précise : « Lorsque nous sommes sollicités, nous sommes payés à 50% du salaire de la personne recrutée : 25% de la somme avant signature du contrat et les autres 25% juste après. »   Selon un sondage, près de 78% des jeunes en âge de travailler connaissent des agences de placement de personnels privées, mais seulement environ 12% y ont recours. Une jeune comptable affirme que : « Mis à part lʼONE, jʼai eu recours à une agence de placement de personnels très connue sur les réseaux sociaux. Malgré le service rémunéré, au bout dʼun an je nʼavais toujours pas obtenu dʼemploi.»   Les réseaux sociaux constituent une force dans la communication des agences surtout pour la diffusion de leurs annonces dʼemploi. Des posts Facebook, Instagram et Linkedin en passant par les groupes WhatsApp, les annonces abondent. « Jʼai été inséré dans un groupe WhatsApp de demandeurs dʼemploi par un ami et jʼai reçu une annonce à laquelle jʼai postulé. Une semaine après, jʼai été contacté par le cabinet en charge du recrutement. Un peu plus tard, jʼai passé lʼentretien avec le directeur dʼusine et jʼai été embauché », indique Yannick, conducteur de travaux à la Sucaf.   De plus en plus présentes et nombreuses, ces structures affichent un taux de réussite de placement de personnels au-dessus de 50% pour la plupart. Elles ne cessent de se réinventer pour rester compétitives. Le pays, qui mise sur un dispositif visant lʼinsertion de 60000 jeunes en cette année 2023 pour lutter contre le chômage, pourrait bien se tourner vers elles en appui au PNPE. La montée des agences de placement de personnels.     Difira Pamouande

AGISSONS AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD

AGISSONS AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD « L’école est en crise, le chômage augmente et le futur paraît de plus en plus incertain. » Progressivement, les droits à l’instruction scolaire et au travail perdent de leur valeur, alors même qu’ils contribuent au développement national à travers l’amélioration de la santé, la réduction de la pauvreté, la promotion de l’égalité des sexes, la paix et la stabilité sociale.» Agissons avant qu’il ne soit trop tard. Orientons mieux nos apprenants dans des filières qui vont leur permettre de devenir ce qu’ils souhaitent et d’éviter le chômage. La responsabilité de l’Etat et des parents est ainsi engagée. Elle est d’ailleurs énoncée à l’article premier de la Constitution, respectivement en ses alinéas 16,17 et 18. « Les soins à donner aux enfants et leur éducation constituent pour les parents un droit naturel et un devoir qu’ils exercent sous la surveillance et avec lʼaide de lʼÉtat et des collectivités publiques…»   « La protection de la jeunesse contre lʼexploitation et contre lʼabandon moral, intellectuel et physique est une obligation pour lʼÉtat et les collectivités publiques. » « LʼEtat garantit lʼégal accès de lʼenfant et de lʼadulte à lʼinstruction, à la formation professionnelle et à la culture. »   Agissons avant quʼil ne soit trop tard. Orientons mieux nos apprenants dans des filières qui vont leur permettre de devenir ce quʼils souhaitent et dʼéviter le chômage. La responsabilité de lʼEtat et des parents est ainsi engagée. Elle est dʼailleurs énoncée à lʼarticle premier de la Constitution, respectivement en ses alinéas 16,17 et 18. « Les soins à donner aux enfants et leur éducation constituent pour les parents un droit naturel et un devoir quʼils exercent sous la surveillance et avec lʼaide de lʼÉtat et des collectivités publiques…»   « La protection de la jeunesse contre lʼexploitation et contre lʼabandon moral, intellectuel et physique est une obligation pour lʼÉtat et les collectivités publiques. » « LʼEtat garantit lʼégal accès de lʼenfant et de lʼadulte à lʼinstruction, à la formation professionnelle et à la culture. »   Chaque Gabonais a également des obligations. Comme le stipule lʼalinéa 7 de lʼarticle précité, « chaque citoyen a le devoir de travailler et le droit dʼobtenir un emploi. Nul ne peut être lésé dans son travail en raison de ses origines, de son sexe, de sa race, de ses opinions».   Afin de mener à bien ce processus, lʼEtat se doit dʼaméliorer les conditions de vie de ses citoyens à travers des politiques actives qui peuvent faciliter la scolarisation, le recrutement et la rétention des jeunes au niveau national, lʼobjectif étant de freiner la fuite des cerveaux.   Le corps enseignant a, quant à lui, le devoir de sensibiliser les apprenants aux différentes formations et aux débouchés après le bac. En outre, les établissements scolaires devraient nouer des partenariats avec des entreprises accessibles aux étudiants afin de les aider à mieux sʼorienter, de limiter le taux de chômage et dʼouvrir des centres de formation aux métiers dʼavenir.   En tant que première autorité, les parents devraient être à leur écoute, suivre leur scolarité et les aider à bien sʼorienter. Le moindre manquement pourrait contribuer à la démotivation de lʼenfant, au décrochage scolaire et aux mauvais choix en matière dʼemploi.   Bien souvent, des parents misent sur des écoles supérieures de formation professionnelle de la capitale en dépit des frais exorbitants d’inscription et d’écolage ou optent pour des études littéraires au détriment des filières techniques ou scientifiques. Mais ont-ils vraiment le choix face aux multiples crises, y compris les grèves qui minent le système éducatif gabonais ?   En dépit des efforts consentis par les parents, une grande majorité de jeunes se retrouve perdue ou dans un engrenage sans issue. Le manque dʼentreprises n’arrange rien au chômage dʼautant que la demande est supérieure à lʼoffre dʼemplois. Pire, combien de jeunes fraîchement diplômés se voient refuser un emploi au profit des étrangers ?   LʼEtat gagnerait à traduire dans les faits sa politique en matière dʼéducation et dʼemploi, fondée sur la bonne gouvernance, la mobilisation substantielle couplée à la gestion rationnelle et la décentralisation effective des ressources. Il devrait également sʼassurer que les informations afférentes aux filières dʼétudes et dʼemplois parviennent respectivement aux apprenants et aux employés.     Lyra Moviwa

APPRENDRE ET APRÈS ?

APPRENDRE ET APRÈS ? Ne vous méprenez pas ! Il ne s’agit nullement de dénigrer l’apprentissage, pas plus que la formation. L’acquisition du savoir demeure plus que jamais une arme fondamentale dans un monde en perpétuelle mutation. L’intitulé cadre plutôt avec le cri de désarroi d’une grande partie des lycéens, des étudiants et des parents.   Plus de 25% des jeunes peinent à s’insérer sur le marché de l’emploi et, circonstance aggravante, ceux qui sont qualifiés et fraîchement diplômés ne font plus exception désormais à ce cruel constat. Cette situation alarmante et inédite ne semble pas trouver d’issue à court terme. En effet, pour l’année 2022, le Gabon prévoyait de réduire de 2806 le nombre d’agents à recruter dans la fonction publique pourtant principal pourvoyeur d’emplois !   Les cas les plus alarmants sont ceux de l’Education nationale et de la Jeunesse et des Sports. Chaque année, un minimum de 200 expatriés sont recrutés à l’Education nationale lorsque, dans le même temps, depuis 2018, les enseignants sortis de l’Ecole normale supérieure (ENS) ne sont quasiment pas pris en compte car n’ayant guère de garantie au niveau du recrutement, de la titularisation et de l’avancement. Les besoins sont pourtant réels tant au niveau du personnel enseignant, du personnel d’encadrement et qu’au niveau de l’administration. Cela est devenu un enjeu d’ordre national. Il n’est pas rare qu’au sein d’une famille des parents comptent deux à trois enfants qui, diplôme en poche, ne sont engagés nulle part.   L’estimation de ce fléau social est assez difficile à établir. Si l’on cumule les 20 000 jeunes se retrouvant en quête d’emplois annuellement et ceux qui ont été compressés, la fourchette se situerait entre 80 000 et 120 000 chômeurs ! Le Mouvement national des chômeurs du Gabon (MNCG) avance le chiffre de 200 000.   Les pouvoirs publics ont-ils failli dans leur politique de droit à l’emploi ? Ce droit à l’emploi est inscrit dans la Constitution gabonaise de 1991, actuellement en vigueur : « Chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi. » Autrement dit, les pouvoirs publics doivent mettre en oeuvre une politique permettant à chacun d’obtenir un emploi. Cela, toutefois, ne s’entend pas comme une obligation de résultat, c’est-à-dire comme une obligation absolue de donner à tout chômeur un emploi. Mais ce droit à l’emploi ou au travail ne fait-il pas partie intégrante de la notion de dignité de l’être humain ?   Dans le cas spécifique du Gabon, le moins que l’on puisse dire est que ce pays présente un certain nombre de paradoxes. A ce propos, une récente publication du 11 octobre 2022 émanant du Centre d’étude et de réflexion sur le monde francophone (CERMF) précise que cet Etat se positionne comme le plus riche d’Afrique (hors très petits pays). Son produit intérieur brut (PIB) par habitant se chiffrerait à 8 017 dollars, c’est-à-dire 5,4 millions de francs CFA. Cela devrait a priori être gage d’enrichissement, de développement économique et surtout social afin de booster l’indice du développement humain (IDH).   Comment comprendre ce qui précède et la stagnation du marché de l’emploi ? Ce d’autant plus que les secteurs touristique, agricole et minier font partie du « Plan stratégique Gabon émergent » censé dynamiser le développement et générer des milliers d’emplois.   Le Gabon est le pays qui, par rapport à sa population, compte le plus de fonctionnaires à l’échelle de la planète. 54 415 fonctionnaires en 2004 et plus de 102 367 en 2020, soit une augmentation de plus de 85% en seize ans ! Soixante-trois ans après les indépendances, le premier employeur au Gabon est l’Etat alors que dans la majeure partie du monde, c’est le secteur privé. Plus des deux tiers des emplois sont ceux de la fonction publique générant une masse salariale de 651 milliards de francs CFA en 2021 ce qui a conduit le Fonds monétaire international (FMI) à imposer un moratoire au gouvernement depuis un certain nombre d’années.   Il faudrait inverser progressivement la tendance en créant plus d’emplois dans le secteur privé afin de suppléer l’hypertrophie des administrations étatiques. En 1985, ce secteur avoisinait 80000 emplois. Il a baissé de près de 50% aujourd’hui. Pour ce faire, des investissements plus substantiels s’imposent, mais qui sont obérés par la dette extérieure se chiffrant à 8000 milliards de francs CFA. Cela constitue l’un des principaux freins d’injection de capitaux pour développer de nouvelles activités génératrices d’emplois.   Tout n’est cependant pas imputable aux choix économiques dans les causes de l’inemploi. Il existe une persistance de choix de filières inopérantes. La Commission nationale d’orientation et d’attribution d’allocation d’études ne tient pas toujours compte des priorités de formation décidées par le gouvernement. A cela, il faut ajouter l’esprit de fonctionnariat qui prévaut toujours dans la conscience du gabonais.   Les bacheliers orientés en sociologie, gestion et droit peinent souvent à trouver du travail. Entre 2016 et 2020, 64 077 demandeurs d’emploi se sont présentés à l’Office national de l’emploi (ONE). Le Gabon a l’un des taux de chômage les plus élevés d’Afrique subsaharienne. Il se situe« à 22% à l’échelle générale et à 38% chez les jeunes».   « La population active gabonaise est globalement sous-qualifiée : 70% de la main-d’oeuvre ont un niveau inférieur ou égal au Certificat d’études primaires élémentaires (CEPE), 16,4% sont détenteurs du Brevet d’études du premier cycle (BEPC) et 5,6% seulement du baccalauréat (bac).   Il existe pourtant des compétences très recherchées nécessitant une haute expertise technique dans les secteurs pétrolier, parapétrolier, minier, du transport, du bâtiment et des travaux publics (BTP) et des nouvelles technologies. Des mesures d’urgence s’imposent afin que l’Etat puisse assurer à nouveau le plein emploi.   L’enseignement doit s’adapter à l’évolution économique et sociale. L’Etat providence a atteint ses limites. L’exécutif doit s’efforcer désormais de privilégier l’auto-entrepreneuriat afin d’assurer une autonomisation de plus en plus vitale pour les jeunes générations.      Adia Rénomiè

CANDIDATS À LA PRÉSIDENTIELLE DE 2023

 1.  Ali Bongo Ondimba, président sortant et candidat du Parti démocratique gabonais (PDG) 2. Albert Ondo Ossa, candidat des partis d’opposition 3.  Alexandre Barro Chambrier, candidat du parti Héritage et Modernité 4. Raymond Ndong Sima, indépendant 5. Mike Steeve Dave Jocktane, plateforme Alternance 2023 6. Paulette Missambo, présidente de l’Union Nationale (UN) 7. Victoire Issembè-Lasseni Duboze, indépendante 8. Jean Delor Biyogue Bi Ntougou, indépendant 9. Jean Romain Fanguinoveny, président du Rassemblement pour le Gabon (RPG) 10.  Pierre-Claver Maganga Moussavou, président du Parti social-démocrate (PSD) 11.  Joachim Mbatchi Pambo, président du Forum pour la défense de la République (FDR) 12.  Jean V. Mouanga Mbadinga, président du Mouvement d’émancipation socialiste pour le peuple  13.  Gérard Ella Nguema Mitoghe, président du Front populaire gabonais (FPG) 14.  Gervais Oniane, président du parti centriste Union pour la République (UPR) 15.  Axel Stophène Ibinga Ibinga, indépendant 16.  Abel Mbombe Nzoundou, indépendant 17.  Thierry Yvon Michel N’goma, indépendant 18.  Emmanue Mve Mba, indépendant 19.  Thérence Gnembou Moutsona, indépendant

DE L’ÉCOLE À L’EMPLOI : UN PARCOURS VITAL, MAIS…

La loi gabonaise dispose que « tous les enfants âgés de 6 à 16 ans doivent aller à l’école et chaque citoyen a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi ». Nul, en effet, n’a le droit d’interdire à un enfant d’apprendre à écrire, lire et compter et à une personne qui en a la capacité de travailler, au risque de la priver de ses droits à la dignité et à la sécurité. L’école et le travail revêtent une importance capitale pour l’individu. Lieu de transmission du savoir et de socialisation, l’école est une institution nationale qui aide l’enfant à s’épanouir intellectuellement, mentalement et physiquement. Elle participe à promouvoir son ascension sociale. Au sens économique du terme, le travail est une activité productrice de biens et services par des employé.es moyennant un salaire. Le salaire permet à chacun, à condition qu’il soit conséquent, de subvenir à ses besoins essentiels, principalement l’alimentation, le logement et les soins de santé. Pour autant, les conditions indispensables à l’épanouissement scolaire et professionnel des Gabonais sont loin d’être réunies au vu de la crise qui paralyse le système éducatif et le marché de l’emploi. Selon une enquête réalisée auprès de 1200 Gabonais adultes en 2020 par l’équipe Afro-Barometer Gabon, dirigée par le Centre d’études et de recherche en géosciences politiques et prospective (Cergep) de l’Université Omar Bongo, 8 Gabonais sur 10 (81%) jugent « très mal » ou « plutôt mal » la satisfaction des besoins en éducation, contre 2 sur 10 (19%) qui pensent que la performance du gouvernement dans ce domaine est « plutôt bien » ou « très bien ». L’enquête révèle que « l’éducation est après le chômage le second plus important problème auquel le gouvernement devrait s’attaquer. ». Ainsi, plus des deux tiers (69%) des répondants placent la création d’emplois comme première priorité d’investissement, suivie de l’éducation (11%) et de la formation professionnelle (10%). La crise dans le système scolaire, faite des grèves des apprenants et des enseignants qui revendiquent, à juste titre, de meilleures conditions d’études, pour les uns, et de vie et de travail, pour les autres, appelle une école de qualité centrée sur : Afin de juguler le chômage, le gouvernement a mis en place une politique d’emploi ayant pour objectifs principaux la diversification et l’adaptation des filières de formation au développement socio-économique et culturel, l’intensification du partenariat avec le secteur privé, et la promotion de l’insertion professionnelle des jeunes diplômés et non scolarisés. Selon la Banque mondiale, « le taux de chômage général se situe à 22%, avec un nombre particulièrement élevé de sans emploi chez les jeunes de l’ordre de 38 % ». « Vivre » vous propose un diagnostic de l’école gabonaise, un regard sur l’impact de la déstructuration scolaire sur l’apprenant, la crise de l’emploi, l’émergence des agences de placement professionnel, les cas d’école dont les méthodes de travail et les ingrédients de la réussite pourraient inspirer d’autres établissements scolaires.

À PROPOS DES ÉLECTIONS GÉNÉRALES

Le même rituel a lieu en période pré-électorale. Tout citoyen doit s’inscrire au préalable sur la liste électorale. L’enrôlement, qui s’étale sur un mois, peut être prolongé quand les circonstances l’exigent.  Au-lendemain de cette opération, le public gabonais a accompli, le 26 août 2023, son devoir citoyen dans le cadre des élections générales dédiées aux présidentielles, aux législatives et aux locales.  Muni d’un bulletin de vote unique, chaque votant a procédé, sous le regard vigilant des contrôleurs, à l’élection couplée des candidats à la présidentielle et aux législatives issus du même parti. Pour les candidats présidentiables n’ayant pas de parti, les électeurs ont dû voter pour le candidat de leur choix et renoncer à élire un député. Nombre de prétendants indépendants à la magistrature suprême en ont fait les frais. Muni d’un autre bulletin, le public a élu les conseillers municipaux et départementaux. Le scrutin s’est déroulé entre 8 heures et 18 heures, voire au-delà, dans les centres de vote ouverts pour la circonstance. Les établissements scolaires ont prêté main forte à cette activité.