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La Rédaction

L’ESSOR VERS LA FÉLICITÉ

Un parfum de félicité plane sur le Gabon depuis l’irruption sur le devant de la scène politique du général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguema, Commandant en chef de la garde républicaine devenu président de la transition depuis le 4 septembre. À la tête d’un groupe d’officiers supérieurs des forces de défense et de sécurité nationales, réunis au sein du Comité pour la transition et la restauration des institutions (C.T.R.I), le général a mis fin, le 30 août 2023, aux 14 ans de règne d’Ali Bongo Ondimba et annulé les résultats tronqués des élections générales du 26 août. Les communiqués du Comité pour la transition, diffusés à la télévision ont conquis les Gabonais. Les foyers, les rues de Libreville et de l’intérieur du pays n’ont jamais autant vibré de joie et de liberté, et scandé : « Démocratie. Indépendance. Renouveau. » Les mesures du général Oligui Nguema annonçant, par ailleurs, la dissolution des institutions, le retour à l’ordre constitutionnel et à la démocratie, et la restauration de la dignité des Gabonais donnent des raisons d’espérer en des lendemains meilleurs libérés de la peur, de la violence et des fraudes électorales.  Les Gabonais sont dans l’expectative.

SANTÉ ET DROITS DES MALADES

SANTÉ ET DROITS DES MALADES Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), « la santé est un état de complet bien-être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en l’absence de maladie ou d’infirmité ». Au-delà de cette définition, l’OMS établit que « la jouissance du meilleur état de santé qu’il soit possible d’atteindre » est un droit fondamental de tout être humain, quel qu’il soit.   Si le droit à la santé est un concept assez connu au Gabon, le droit des malades, par contre, l’est peu. Ce concept est encadré par l’ordonnance no 6/2017 du 27 février 2017 portant réforme hospitalière en République gabonaise. Il est régi par les articles 33, 34 et 35 du chapitre 4 de ladite ordonnance.   L’article 33 renvoie à la liberté du malade de choisir son établissement hospitalier et son praticien. Toutefois, ce droit connaît des limites au Gabon en raison des capacités techniques des établissements hospitaliers et de leur mode de tarification et des critères d’autorisation de dispenser des soins remboursables aux assurés sociaux.   L’article 34 est relatif à l’établissement d’une charte du patient indiquant les droits et les devoirs du malade vis-à-vis de l’établissement et des personnels de santé. Cette charte est établie par un arrêté conjoint des ministres de la Santé et de la Protection sociale.   L’article 35 renseigne sur la notion du droit à l’information du malade par le personnel de santé en ce qui concerne son état sanitaire.   Les différents types de droits du malade :   De prime abord, le droit du malade renvoie au concept du consentement. En effet, le consentement du malade est obligatoire pour tout ce qui concerne les modalités encadrant son traitement. Aucun acte médical ni aucun traitement ne peuvent être pratiqués sans son consentement libre et éclairé. Le malade a des droits dits fondamentaux qui encadrent les conditions d’accès aux soins médicaux. Il s’agit de :   La liberté de choisir son médecin et/ou son établissement. Le droit au secret médical. Le droit à la non-discrimination. Le droit au respect de la vie privée, de l’intimité et de la dignité du malade. Le droit à la prise en charge de la douleur du malade.   Le droit des malades renvoie aussi au droit à leur information. Un malade peut demander à tout moment, à son médecin traitant, des informations concernant son état de santé et les traitements qui lui sont prescrits. Il peut notamment poser des questions concernant la nécessité d’un traitement ou ses conséquences.   Enfin, en cas de préjudice physique, moral ou matériel à la suite d’un acte médical, toute personne malade a droit à une indemnisation. A cet égard, elle peut saisir la justice afin d’obtenir réparation. De même, quel que soit le produit mis à sa disposition, tout consommateur a des droits. Quels sont-ils ? Où s’informer et comment les protéger ? Eclairage dans les pages suivantes.   Darrel Sylvie  

LES DROITS DU CONSOMMATEUR À LA SANTÉ

LES DROITS DU CONSOMMATEUR À LA SANTÉ Le Gabon s’est doté au cours des onze dernières années d’un dispositif juridique visant la protection de la santé des consommateurs. Le décret 0292/PR/MAEPDR du 18 février 2011, modifié par le décret 0667/PR/MAEPDR du 10 juillet 2013, porte création de l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (Agasa). Le travail de l’Agasa consiste à lutter contre la commercialisation des denrées alimentaires impropres à la consommation à travers la prévention, l’évaluation et la gestion des risques sanitaires et nutritionnels présents dans les aliments. L’objectif est de mettre sur le marché des denrées alimentaires saines, sûres, salubres et nutritives.     Afin de renforcer la sécurité alimentaire des Gabonais, le gouvernement a approuvé et lancé le 17 mai 2017 une nouvelle Politique nationale de sécurité alimentaire et nutritionnelle (PNSAN) dont l’effectivité s’échelonne sur la période allant de 2017 à 2025. Cette dernière consacre l’objectif d’éliminer l’insécurité alimentaire et la malnutrition sous toutes ses formes et de garantir la souveraineté alimentaire et nutritionnelle à l’ensemble de la population d’ici à 2025. Cette politique se fonde, entre autres, sur :   Le 9 août 2004, l’Etat a mis en place, par décret n° 665/PR/MEFBP, la Direction générale de la concurrence et de la consommation (DGCC) afin que cette dernière veille sur les droits et intérêts du consommateur. Il est clairement mentionné dans l’article 3 dudit décret que la DGCC est chargée, entre autres, de garantir la qualité des biens et services ; de concevoir les normes de référence en matière de qualité et de sécurité des produits ; et d’assurer la défense et la protection des intérêts des consommateurs. Au-delà du droit touchant à la consommation alimentaire, l’Etat s’appuie sur des textes qui ciblent l’ensemble des droits du consommateur à travers notamment la Directive N° 02/ 19-UEAC-639-CM-33 du 8 avril 2019 portant harmonisation de la protection du consommateur au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).      En son article 1 , la Directive fixe le cadre général de la protection du consommateur dans les Etats de la Cemac afin d’assurer à ce dernier un niveau élevé de qualité de vie. Outre les différents droits du consommateur sur lesquels nous reviendrons, il nous paraît opportun de définirla notion de consommateur.     Conformément à l’article 2, le consommateur est toute personne physique qui acquiert ou utilise pour la satisfaction de ses besoins non professionnels des produits, biens ou services qui sont destinés à son usage personnel ou familial ou à l’usage d’une collectivité. Concernant les personnes morales, le juge leur étendra la définition du consommateur au cas par cas, en considération de leur faiblesse économique et La Directive, en son article 3, mentionne de façon explicite les droits fondamentaux du consommateur que sont, pour n’en citer que quelques-uns :   L’article 4 de la Directive mentionne le fait que la réalisation de l’objectif général visé doit se faire dans le strict respect de certains principes directeurs parmi lesquels :   la reconnaissance de la vulnérabilité du consommateur la prévention des atteintes aux intérêts des consommateurs la précaution en cas d’incertitude scientifique sur les dangers et les risques liés à un bien ou un service ; et l’absence de discrimination dans l’application des dispositions en vigueur.     Selon l’article 10 de la Directive, en cas de litige qui survient suite à un manquement aux droits du consommateur, la juridiction compétente est celle du domicile ou de la résidence du consommateur dans l’Etat membre de la CEMAC. Ce chapitre sur les droits du consommateur nous amène à parler des aliments que nous consommons et des risques sanitaires qu’ils peuvent causer pour peu que notre alimentation soit malsaine et déséquilibrée.   Darrel Sylvie

VIVRE DÉCEMMENT – UN DROIT EN PÉRIL ?

Vivre décemment est une aspiration légitime et un droit fondamental de tout être humain. Paradoxalement, selon une étude de la Banque mondiale, plus de la moitié de la population gabonaise vit dans les pires conditions qui soient tandis qu’une minorité vit dans des conditions relevant de l’opulence. Dépourvues du minimum vital, les familles démunies ont du mal à se nourrir, se loger, se soigner ou s’instruire.   On parle beaucoup de la misère, notamment à l’occasion de conférences qui s’achèvent par de belles résolutions dont la plupart s’éteignent sur le bûcher de la mal gouvernance qui, depuis plus de cinquante ans, ruine le Gabon. Il n’y a pas une réelle volonté de l’éradiquer, si ce n’est au sein des familles qui en sont victimes, des organisations humanitaires et de la société civile.   Fruit de la « corruption et de l’irresponsabilité politique », la mal gouvernance empêche le développement économique, l’épanouissement individuel et le vivre décemment. Elle sème la pauvreté et ses conséquences, en particulier l’exclusion sociale, le chômage, la délinquance, l’insécurité et la maladie.   Des hommes et des femmes de milieux divers n’ont de cesse d’alerter l’opinion et de proposer des pistes de solution pour alléger le fardeau de la misère dans laquelle vivent, avec moins de 3 500 francs CFA par jour, entre 700 000 et 1 000 000 de Gabonais.   Certains d’entre eux, que vous lirez et entendrez sous peu, ont participé ou suivi de près le Dialogue national inclusif (DNI) dont « les résolutions, estiment-ils, gagneraient à être traduites dans les faits, le Gabon n’ayant que trop souffert des inégalités et de la pauvreté ». En voici quelques-unes, qui incluent l’édification d’un État de droit où les intérêts particuliers sont bannis au profit du bien commun et de la bonne gouvernance ; l’amélioration effective des conditions de vie des Gabonais dans le cadre de la lutte contre la pauvreté et les inégalités.   L’accès équitable aux services sociaux de base, y compris des logements salubres et abordables financièrement ; le développement de systèmes sanitaire et éducatif performants ; le passage d’une économie de rente à une économie de production sont d’autres résolutions du DNI.   Au pouvoir depuis le 30 août 2023, le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) annonce son ambition d’améliorer les conditions de vie des Gabonais. Pour lutter contre le chômage, qui s’accompagne de la précarité, il a créé 1 000 postes budgétaires en faveur des enseignants du ministère de l’Éducation nationale et levé le gel des concours et des recrutements dans la fonction publique, après huit ans de restriction. Au profit des retraités, on note l’arrimage des pensions au nouveau système de rémunération et le paiement des rappels de pension.   Selon le CTRI, la suppression des frais d’inscription dans les lycées et les collèges a permis à plus de 20 000 enfants de poursuivre leurs études sans être fragilisés par leur situation financière. Afin de susciter l’émulation en milieu scolaire, il a rétabli le paiement de la bourse au secondaire.   Le CTRI réussira-t-il là où le Parti démocratique gabonais (PDG) a échoué ? Si d’aucuns se disent optimistes quant à l’aboutissement des réformes en cours, d’autres sont dubitatifs et attendent de voir se concrétiser le rêve du Gabon nouveau et du droit de vivre décemment dans la dignité et le respect.   « Toute personne a droit à une vie décente. L’en priver est une atteinte à son bien-être, son bonheur et sa dignité. »

« PAUVRETÉ : UNE MENACE POUR LA STABILITÉ NATIONALE » DR. ANDRÉ ADJO

« PAUVRETÉ : UNE MENACE POUR LA STABILITÉ NATIONALE » DR. ANDRÉ ADJO Du point de vue du politologue que je suis, la question de la pauvreté est importante parce qu’elle touche à la stabilité du pays. À cet égard, elle peut être perçue comme une menace parce que le déclassement d’une partie de la population peut entrainer la société dans une forme de cercle vicieux nourri par des dérégulations sociales.   À titre d’exemple, l’insécurité peut être appréhendée comme un facteur qui est aussi le fruit de l’inoccupation d’un certain nombre de compatriotes. C’est encore plus inquiétant quand on sait que ce phénomène de la pauvreté, comme l’indique le rapport général du recensement de la population gabonaise de 2013, touche notamment les jeunes.   Le rapport précise que dans la catégorie des jeunes de 15 à 34 ans, c’est le groupe des 15-19 ans qui est le plus touché, c’est à dire la tranche la plus active de la population qui, quand elle est inactive, peut s’adonner facilement à des vices qui portent un préjudice lourd à la société toute entière. C’est précisément cette jeunesse dont on devrait plutôt s’occuper pour qu’elle prenne le relai dignement. Si on s’attaquait à la question de la pauvreté en tant que phénomène social et en tant que problème politique, on verrait qu’elle peut être une opportunité pour la société toute entière qui, à ce moment-là, basculerait dans une logique de cercle vertueux car, en employant plus de ressources humaines, c’est au bout du compte l’État qui serait bénéficiaire, y compris par les impôts qui, à ce moment-là entreraient dans ses caisses. Autant la pauvreté peut être une menace, autant elle peut être une opportunité si la société se donne les moyens de traiter cette question.   « Vivre » – Quelle est votre analyse du lien entre politique et pauvreté ?   Dr André Adjo – La société gabonaise moderne est une société qui est le fruit de l’histoire coloniale dont la caractéristique, notamment dans l’économie française, était la rente, une économie basée sur l’extraction. Au Gabon, particulièrement, il y a eu le bois, le pétrole et les minerais qui, aujourd’hui font l‘essentiel de la richesse de ce pays. Lorsqu’on a basculé en 1960 dans ce qu’on appelle l’indépendance, on n’a pas véritablement modifié la structure de l’économie basée sur la rente pour laquelle, d’ailleurs, nous ne détenions à cette époque-là ni l’expertise ni l’appareil productif. Nous nous contentions des taxes qui découlaient des accords que nous avions signés avec les grandes entreprises des anciens pays colonisateurs. Nous sommes restés dans ce modèle économique qui ne peut pas apporter de la prospérité d’autant que la population s’est accrue amplement. De  1960 à 2024, la population est passée de 400 voire 500 milles personnes à peut-être un peu plus de 2 millions.   Attendons les recensements à venir. Donc, c’est d’abord le produit d’un choix économique qui ne pouvait pas apporter autre chose que le chômage de masse parce que le système de redistribution a ses limites.  La deuxième lecture que je fais de ce phénomène se base sur la gouvernance. On a déployé une gouvernance qui s’est uniquement basée sur la redistribution. On n’a pas pensé à asseoir un modèle économique qui se fonde sur un appareil productif, même le plus accessible. Je parle des domaines du secteur primaire tels que l’agriculture et la pêche qui nous auraient permis de développer des emplois, avec ceci de particulier que ces emplois auraient pu être déployés sur toute l’étendue du territoire, d’autant que toutes les provinces du Gabon ont des terres et de l’eau. Nous sommes restés au niveau de l’économie de rente et, en fonction du prix du baril du pétrole, selon qu’il est à la hausse, nous sommes contents et quand il baisse, on tousse.   En 2024, à l’issue du Dialogue national, la commission économique a conclu à un changement de paradigme sur la question, à la nécessité de passer d’une économie de rente à une économie de production. Le constat est fait. Il faut réfléchir aux mécanismes à mettre en place pour changer effectivement de paradigme, mais la structure de l’économie actuelle n’est pas viable et, donc, elle va laisser de plus en plus une partie de la population dans le désœuvrement, ce qui, par ailleurs n’est pas profitable pour le pays.   La gouvernance est déployée par un exécutif, par ceux qui gèrent l’exécutif depuis 1960. Ce sont les hommes politiques qui en ont la direction par le biais des élections. C’est l’homme politique qui pense la cité, par le biais de la gouvernance. En fonction de ce qu’il initie, de ce qu’il met en œuvre, notamment en économie, on apprécie les résultats. Jusqu’ici, il n’y a pas eu d’efforts particuliers pour déployer une gouvernance économique qui soit identifiable et dont on peut évaluer les visées, les retombées, etc. y compris en termes d’effets d’entrainement, parce que, en touchant la question des infrastructures routières en particulier, on aurait pu s’attendre à ce que la route ait des effets d’entrainement bénéfiques pour les commerçants de l’intérieur, les petits producteurs, etc… Même la route n’a pas été faite. La responsabilité est d’abord celle du politique. Car c’est lui qui organise la cité, y compris dans le domaine économique. Ça c’est indépassable. C’est peut-être le sens des recommandations du Dialogue d’Angondjé, qui concluent que jusqu’ici le modèle économique a été inopérant, d’où la nécessité de changer de paradigme.   Les populations démunies peuvent-elles prétendre à une vie meilleure ?   Jusqu’ici, on n’a pas de raisons de ne pas le croire. Le Gabon regorge d’un potentiel important dans beaucoup de domaine. Il est donc impensable qu’en organisant bien la cité, chaque gabonais n’ait pas un revenu minimum. C’est le potentiel économique du Gabon qui nous fait croire qu’en organisant un peu mieux la cité, on ferait en sorte que le Gabonais ait un minimum. Il y a des niches qui s’amenuisent parce que les problèmes deviennent très importants. Il faut veiller au fonctionnement du pays, il faut investir, « PAUVRETÉ : UNE MENACE POUR LA STABILITÉ NATIONALE » DR. ANDRÉ ADJO

EMPLOI : LES RECRUTEMENTS S’ACCÉLÈRENT DANS LA FONCTION PUBLIQUE

EMPLOI : LES RECRUTEMENTS S’ACCÉLÈRENT DANS LA FONCTION PUBLIQUE Depuis le 24 novembre 2023, le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) a levé le gel sur les examens et concours dans différents établissements publics, sur les recrutements dans la fonction publique, les titularisations, avancements, stages et reclassements des agents de ce secteur. Cette mesure a occasionné, d’une part, des demandes d’embauche pléthoriques et, d’autre part, des candidatures multiples aux différents concours. À titre d’exemple, sur 2796 inscriptions au concours de l’Ecole nationale d’art et manufacture (ENAM), seules 826 places étaient disponibles tandis que plus de 10 000 postes budgétaires ont été répartis entre 6 ministères : Éducation nationale, Santé,  Communication et Médias, Habitat et Urbanisme, Intérieur et Sécurité, et Défense nationale. Malgré la levée des mesures précitées, les demandeurs d’emploi sont au désarroi et la précarité bat son plein. Vivre s’est tourné vers le Mouvement national des chômeurs et affiliés (MNCA) pour parler du vécu des demandeurs d’emploi, de l’impact de la précarité sur leur vie… Suivons Axel Kombila Kombila, sociologue au chômage. Il est le porte-parole du Mouvement national des chômeurs et affiliés. Annie Mapangou

POUR UN ACCÈS ÉQUITABLE À LA SANTÉ

POUR UN ACCÈS ÉQUITABLE À LA SANTÉ La définition de l’accès à la santé, qui se résume à l’arrivée à temps dans une structure sanitaire afin d’y recevoir des soins adéquats et abordables financièrement, est mise à mal à la lumière des difficultés relevées ici et là par les populations. A Malibe 1, Kinguele et Owendo, les avis du public donnent à réfléchir et invitent à l’action.   « Il serait souhaitable de faire un séminaire sur l’état psychologique du malade et de ses accompagnateurs à leur arrivée dans une structure hospitalière afin de pallier la discourtoisie dans l’accueil. Imaginez un instant la double peine physique et psychologique du malade et la panique que ce dernier et ceux qui l’accompagnent subissent en raison de son état. »   Cette réflexion d’un habitant de Malibé 1, dans la commune d’Akanda, au nord de Libreville, n’est que le témoignage d’une longue histoire, la sienne et celles d’autres habitants. Offusquée par le traitement inhumain que nombre de patients subissent dans certaines structures sanitaires, une femme âgée s’en ouvre : « Je suis arrivée à l’hôpital à 07h00, mais c’est à 10h30 que je suis reçue. Eh oui ! C’est la réalité que nous vivons dans nos hôpitaux. Pourtant, ne dit-on pas que « l’accès aux soins est garanti sur un pied d’égalité ? »     Selon Sylvie Mouleba, chef de quartier de Malibe 1 en fonction depuis quatorze ans, « la situation est extrêmement difficile. On n’a ni hôpital, ni dispensaire. Quelqu’un peut tomber malade. Comment faire ? Pour les déplacements, notamment la nuit, nous manquons de véhicule. Nous attendons de l’Etat de l’aide, un hôpital et le service d’aide médicale d’urgence (SAMU) pour les cas graves».   S’agissant de l’administration des soins médicaux, un échantillon représentatif des populations de Malibe 1, Kinguele et Owendo ont reconnu à l’unanimité que « le Gabon dispose de médecins très compétents qui savent diagnostiquer et traiter les pathologies. A ce niveau, on ne souffre d’aucune carence».   Au plan du suivi régulier du patient, 60% des interlocuteurs ont déclaré n’avoir constaté aucune défaillance : « Bien au contraire, nous sommes bien suivis par les médecins. Ils respectent les dates et les heures des rendez-vous et sont courtois avec leurs patients », notamment dans le secteur privé.   Le troisième et dernier critère sur le coût des soins est présenté dans le tableau ci-dessous. Vous y verrez la composition de notre échantillon et un graphique en forme de fromage qui affiche l’avis des uns et des autres.     En établissant le parallèle entre la structure de l’échantillon, qui est à plus de 50% composé de personnes à faibles revenus, et les réponses sur l’estimation des coûts, 65% des sondés les trouvent abordables. Par contre, 20% les jugent exorbitants.   Les réponses recueillies à Kinguele, à Malibe 1 et à Owendo peuvent s’expliquer. Le système d’assurance maladie de la CNAMGS permet aux populations, surtout les Gabonais économiquement faibles, de bénéficier des soins médicaux à des coûts abordables et d’avoir accès à des médicaments, hormis les antibiotiques, à des prix réduits.     Dan Léonel PRINCIPES ÉNONCES DANS LE PRÉAMBULE DE LA CONSTITUTION DE L’OMS​ La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité.   La possession du meilleur état de santé qu’il est capable d’atteindre constitue l’un des droits fondamentaux de tout être humain, quelles que soient sa race, sa religion, ses opinions politiques, sa condition économique ou sociale.   La santé de tous les peuples est une condition fondamentale de la paix du monde et de la sécurité; elle dépend de la coopération la plus étroite des individus et des États.   Les résultats atteints par chaque État dans l’amélioration et la protection de la santé sont précieux pour tous. L’inégalité des divers pays en ce qui concerne l’amélioration de la santé et la lutte contre les maladies, en particulier les maladies transmissibles, est un péril pour tous.   Le développement sain de l’enfant est d’une importance fondamentale; l’aptitude à vivre en harmonie avec un milieu en pleine transformation est essentielle à ce développement   L’admission de tous les peuples au bénéfice des connaissances acquises par les sciences médicales, psychologiques et apparentées est essentielle pour atteindre le plus haut degré de santé.   Une opinion publique éclairée et une coopération active de la part du public sont d’une importance capitale pour l’amélioration de la santé des populations.   Les gouvernements ont la responsabilité de la santé de leurs peuples; ils ne peuvent y faire face qu’en prenant les mesures sanitaires et sociales appropriées.   La Constitution de l’OMS a été adoptée par la Conférence internationale de la santé, tenue à New York du 19 juin au 22 juillet 1946, signée par les représentants de 61 Etats le 22 juillet 1946 et est entrée en vigueur le 7 avril 1948.

ALIMENTATION ET SANTÉ : LE LIEN INDISSOCIABLE

ALIMENTATION ET SANTÉ : LE LIEN INDISSOCIABLE Sur 8 milliards d’êtres humains dans le monde, 811 millions souffrent de sous-alimentation et de malnutrition.   Notre alimentation joue un rôle primordial pour notre capital santé. Elle doit être saine et variée afin de nous prémunir contre certaines maladies telles que le diabète, l’ostéoporose et les troubles cardiovasculaires. Il serait, toutefois, réducteur de croire que ces maladies dépendent exclusivement de notre alimentation.   Notre environnement, notre mode de vie et notre héritage génétique sont tout aussi déterminants. Il n’en demeure pas moins qu’un certain nombre d’affections sont d’origine nutritionnelle. Celles-ci incluent, pour n’en citer que quelques-unes, les caries, la typhoïde, l’anémie, les intoxications alimentaires, le rachitisme et le goitre. Une alimentation équilibrée contenant les nutriments nécessaires à une bonne croissance est essentielle dès les premières semaines de la vie. On estime que 45% de la mortalité infantile est directement imputable à une carence en protéines et micronutriments au sein des pays en développement.   Quid de la situation du Gabon et des moyens dont dispose le consommateur pour se prémunir contre les denrées alimentaires impropres à la consommation   La population gabonaise oscille autour de 2 millions d’habitants dont 80% vivent en milieu urbain. Libreville, la capitale, à elle seule, regroupe près de 50% de la population. Le Gabon affiche l’un des taux de mortalité infantile les plus élevés de l’Afrique subsaharienne, estimé à 65%. La malnutrition est responsable de 61% de taux d’anémie dans la tranche d’âge comprise entre 6 et 59 mois. Celle-ci est subséquente au faible taux d’allaitement maternel exclusif.   En outre, le Gabon ne figure pas au top 30 des pays africains en termes d’indice de sécurité alimentaire (ISA). Les trois premiers sont l’Afrique du Sud, le Botswana et l’Egypte. Le 30e c’est la République démocratique du Congo. L’ISA prend en considération un certain nombre de critères parmi lesquels : l’abordabilité qui tient compte de la consommation alimentaire proportionnellement aux dépenses des ménages ; la disponibilité qui fait référence à l’approvisionnement suffisant et les infrastructures agricoles ; la qualité et la sécurité intégrant la diversification du régime alimentaire, les directives alimentaires nationales et un plan de suivi et de surveillance de la nutrition.   Bien choisir ses aliments permet non seulement de nous maintenir en bonne santé, mais surtout de l’améliorer. Encore faut-il pouvoir trouver le juste équilibre, ce qui est plus difficile qu’il n’y parait. Le seul aliment qui fournit tous les nutriments nécessaires au fonctionnement de l’organisme est le lait maternel. En dehors de ce nutriment riche en acides aminés, il s’agit de satisfaire notre apport quotidien entre aliments riches en lipides (poisson, viande, œufs), en glucides (riz, pâtes, pain, tubercules, lait, céréales) et en protides (viande, volaille, œufs, poisson, lentilles, pois chiches, haricots secs, riz, blé, fromage). La consommation de ces aliments doit être adéquate, sans frôler l’excès.   L’un des principaux obstacles à une alimentation saine tient au coût prohibitif des denrées alimentaires de première nécessité (viande, huile, fruits, tubercules, riz, bananes, poisson). Depuis la survenue du Covid 19, le Gabon a enregistré une perte importante de revenus et d’emplois dont l’effet pervers est l’érosion du pouvoir d’achat. Quatre-vingt quinze mille (95.000) ménages seraient en situation de précarité économique. Ceci a une incidence sur l’insécurité alimentaire, en hausse de 4 points. Elle était de 74,8% en avril 2021 contre 70,3% en novembre 2020. La production agricole (3,3% du produit intérieur brut) ne couvre pas les besoins alimentaires. Le Gabon est confronté à une forte dépendance en matière de produits alimentaires (60%) équivalant à un coût annuel de 500 milliards de F CFA.   Cette inflation vertigineuse n’est pas un fait inédit et ne concerne pas exclusivement le Gabon. Elle résulte de facteurs conjoncturels qui ne sont en rien imputables à une quelconque décision politique. L’envolée des prix des sources d’énergie (pétrole et gaz) et des matières premières agricoles se répercute sur toute la chaîne de production et du transport à l’image du fret maritime. Les opérateurs économiques ont donc augmenté les prix afin de préserver leur marge bénéficiaire.   Le consommateur à l’extrémité de la chaîne subit de plein fouet cette augmentation durable des prix qui, pour la seule alimentation, représente 80% des dépenses d’une famille. L’alimentaire, c’est 86% du chiffre d’affaires d’un magasin comme Géant Cecado. Concilier ses revenus avec une alimentation adéquate est une préoccupation obsessionnelle.   Qui est chargé de la protection du consommateur ?   Le droit du consommateur est émergent au Gabon. Il s’inscrit dans le dispositif juridique de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et, de manière plus élargie, dans le cadre des principes directeurs des Nations unies sur la protection des consommateurs. Le consumérisme en est à ses balbutiements au Gabon. Il n’existe pas à proprement parler une loi nationale de protection des consommateurs.   Toutefois, certaines normes ont force de loi dans le cadre du « Codex Alimentarius », conformément à l’ordonnance nº50/78 du 31 août 1978 portant contrôle sur la qualité des produits alimentaires. C’est ainsi que de juin à décembre 2021, plus de 40 000 briques de jus de pomme de la marque Ceres furent détruites sur instruction de la Direction générale de la concurrence et de la consommation car contaminées à la patuline, un produit pouvant s’avérer nocif. Cette administration veille à la qualité des produits alimentaires et peut retirer de la vente les denrées qu’elle juge impropres à la consommation. Elle a pu épingler plus de 246 établissements commerciaux pour vente de produits avariés.   Quant à elle, l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA) se charge, en amont, de prévenir et de détecter tous les risques sanitaires et phytosanitaires liés à l’alimentation des citoyens. Ces diverses données permettent de mesurer tout le chemin qui reste à parcourir afin de protéger au mieux le consommateur. Le Gabon est pourtant considéré comme un pays riche si l’on se réfère au PIB par tête d’habitant qui était de 7006 dollars en 2021, selon les données de la Banque mondiale. Le pays a ALIMENTATION ET SANTÉ : LE LIEN INDISSOCIABLE

LA PRESSE AU SERVICE DE A PLANÈTE : LE JOURNALISTE FACE À LA CRISE ENVIRONNEMENTALE

DÉCLARATION DU COLLECTIF DES MÉDIAS PRIVÉS AYANT COUVERT LE DIALOGUE NATIONAL INCLUSIF Mesdames et messieurs, peuple gabonais   Depuis le 30 août 2023, notre pays le Gabon a amorcé une phase très importante de son histoire par le truchement du coup de la libération mené par le Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI) visant à conduire le pays vers un essor de sa félicité. Un vœu jadis formulé par nos ancêtres, et aujourd’hui devenu réalité grâce à la bravoure des Forces de Sécurité et de Défense.   Ces dernières, en prenant le pays en main, avaient exprimé par la voix du général de Brigade Brice Clotaire Oligui Nguema, le président de la Transition, le vœu de voir une presse rehaussée et restaurée en dignité. Ce qui justifie le relèvement de l’aide à la presse, inscrite dans la loi de finance de cette année à 500 millions de francs CFA. Sans omettre la mise à disposition de 500 postes budgétaires aux agents publics du secteur communication.   Conscients de cette excellente volonté de redorer les lettres de noblesses de la presse, les médias privés indépendants, et les journalistes en général, se sont mobilisés comme un seul homme avec la ferme détermination de jouer leur rôle tout au long de la Transition.   C’est dans cette optique que nous avons sollicité auprès des organisateurs du Dialogue National Inclusif (DNI), les accréditations en vue d’assurer une couverture médiatique. C’est suite à cela que les travaux menés par le Comité technique composé des représentants des médias, de la Haute autorité de la communication (HAC) et du ministère de la communication et des médias, ont après examen des dossiers, arrêté une liste de 73 organes de presse et 250 journalistes.   Cependant, il ressort que dans la liste définitive, rendue publique par le ministère de la Réforme des Institutions après la restitution des conclusions des travaux, près de 400 journalistes ont finalement été accrédités dans des conditions douteuses, sans que le Comité technique n’ait été sollicité pour la validation des accréditations additives.   Un scandale total. Des individus sans aucun lien avec le monde de la presse, des agents de cellules de communication de certains ministères et autres institutions administratives, comme celle de la prison centrale se sont retrouvés sur cette liste de bénéficiaires. Pourquoi associer dans la cagnotte dédiée aux entreprises de presse privées et publiques, des cellules de communication internes aux ministères et des communicants rattachés aux cabinets ministériels ?   Cette augmentation antiréglementaire et opportuniste du nombre d’ayant droits aux jetons de présence prévus aura donc été le véritable problème de la cacophonie qui fait aujourd’hui polémique.   De fait, la ligne budgétaire prévue pour la presse, désormais atrophiée, a été insuffisante pour satisfaire les journalistes régulièrement accrédités, les exposant ainsi à une situation inconfortable et humiliante.   Mesdames et messieurs,   On ne peut imaginer remettre à un journaliste ayant couvert un événement de ce type, à titre de Jeton de présence, la somme de 500.000 francs CFA après 1 mois de réquisition. Toute chose disproportionnelle à l’enveloppe globale de 500 millions de francs CFA allouée à la presse, de sources concordantes.   D’autre part, cette somme dépréciable se situe au rabais de la moyenne des jetons de présence perçu par l’ensemble des participants. C’est à croire que la presse nationale serait logée au bas de l’échelle des priorités des organisateurs du Dialogue national.   C’est l’occasion pour nous, d’inviter le comité d’organisation de solutionner dans les plus brefs délais, les cas d’omission dans la distribution des titres de paiements du Trésor Public, dont sont victimes de nombreux journalistes officiellement accrédités.   Ces pratiques représentent une menace pour le libre exercice de la profession, et des droits y relatifs.   Face à ce qui précède, nous sollicitons donc l’arbitrage du président de la République, principal initiateur de ces assises, en vue de réparer ce préjudice aux allures d’opprobre jeté sur la presse nationale.   Image Africa Climate Report JOURNÉE MONDIALE DE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE 2024 En ce 03 mai de l’an 2024, le thème dédié à la Journée mondiale de la liberté de la presse est : « La presse au service de la planète : le journalisme face à la crise environnementale ».   Le 3 mai a été proclamé Journée mondiale de la liberté de la presse par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1993, suivant la recommandation adoptée lors de la 26ème session de la Conférence générale de l’UNESCO en 1991 en réponse à l’appel de journalistes africains qui ont proclamé la Déclaration de Windhoek (Namibie) sur les principes fondamentaux de la liberté de la presse, en particulier le pluralisme et l’indépendance des médias.   Chaque année depuis 31 ans, la Journée mondiale de la liberté de la presse permet d’évaluer la liberté de la presse à travers le monde, de défendre l’indépendance des médias et de rendre hommage aux journalistes qui ont perdu la vie dans l’exercice de leur profession. À l’occasion de cette journée, le Prix mondial de la liberté de la presse est remis.   La Journée mondiale de la liberté de la presse a pour objectifs de sensibiliser le public en général, et les journalistes en particulier, à l’importance de la liberté de la presse et de rappeler aux gouvernements leur obligation de respecter et faire respecter le droit à la liberté d’expression. Ce droit est consacré par l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. DNI : QUELLES PERSPECTIVES POUR LA PRESSE ? Quelles sont les perspectives pour la presse après le Dialogue national inclusif ? Au lendemain de la fin de la Conférence, « Vivre » lève le voile sur la participation de la presse à ces assises. Présents sur les lieux de la concertation, qui a réuni près de 700 participants, les médias ont accompli un travail remarquable. En revanche, la presse était à peine représentée au sein des commissions. D’aucuns se posent la question de savoir pourquoi le DNI n’a pas mis en place LA PRESSE AU SERVICE DE A PLANÈTE : LE JOURNALISTE FACE À LA CRISE ENVIRONNEMENTALE

PARLONS LOGEMENT ET SANTÉ AVEC ADIREN MOUGOUGOU

  LOGEMENT : QUELLE ISSUE À LA CRISE ? À l’instar des jardins, des services sociaux, des commerces et des transports en commun, le logement est une composante essentielle de l’habitat humain. Facteur d’épanouissement individuel et de développement socio-économique des nations, il n’en demeure pas moins l’un des enfants pauvres de l’économie nationale et la première dépense des foyers gabonais. « Vivre » – Monsieur Médard Mengue Bidzo, vous êtes spécialiste en économie et professeur à l’Université Omar Bongo (UOB), quel est le rang de priorité du logement dans l’économie nationale ?   Pr Mengue Bidzo – Le logement ou le local à usage d’habitation est le produit du secteur dit du logement. L’activité dans ce secteur s’articule principalement autour de l’industrie de l’immobilier et de la construction. La question du logement se pose généralement sur les plans politique, social, sanitaire, environnemental et économique. Au plan politique, le problème du logement se pose en termes de droit au logement et de lutte pour le logement. Au niveau social, on se préoccupe généralement de logement social et d’accès au logement. Quant à la santé et à l’environnement, l’intérêt est porté sur le mal logement et, partant, sur la qualité du logement. Cet aspect s’intéresse surtout au logement en tant qu’habitat et intègre ainsi le mode de vie. Dans le domaine économique, enfin, on se préoccupe principalement de la crise du logement (notamment le déficit en logement), des prix et des coûts des logements. Sur le plan économique, le logement est considéré comme un besoin économique dont la satisfaction commande que soient trouvés et combinés les moyens humains et financiers. Je m’explique. Pour produire un logement, il faut disposer suffisamment de ressources humaines et financières. La crise de logement survient généralement de l’absence ou du mauvais usage de ces ressources. Dans le cas du Gabon, on peut penser que la persistance de la crise du logement se justifie surtout par une mauvaise gestion des ressources financières et humaines. Le classement du logement dans le ranking des priorités au Gabon relève de la responsabilité du gouvernement. Visiblement, le besoin des populations en logements ne serait pas à la première place à la lumière du Plan national pour le développement de la Transition (PNDT). Ce qui pourrait ajouter une autre explication à la crise du logement au Gabon, à savoir la volonté politique. Néanmoins, lors de son passage, le 31 mars 2024, à l’émission « Les grands dossiers » sur Gabon Première, le ministre de l’Économie et des Participations, Mays Mouissy, a reconnu que le loyer constituait la première dépense du ménage gabonais et, de ce fait, participait ostensiblement à la cherté de la vie. Je me suis réjoui de cette prise de conscience. Quel est l’état des lieux du logement au Gabon ?   La Banque mondiale estime que le déficit en logements au Gabon est de l’ordre de 150 000 unités, soit une proportion annuelle de 6 000 à 7 000. Elle avance par ailleurs que plus de 80 % de la population n’ont pas accès à un logement sur le marché formel de l’immobilier, rendant ainsi difficile le contrôle des prix dans ce secteur. Toutes choses qui ont conduit les plus hautes autorités dans le cadre du Plan national de développement de la Transition (PNDT) à projeter la construction de 6 000 logements sociaux d’ici à 2026. La persistance de la crise ou de la pénurie du logement peut trouver plusieurs explications. J’en vois principalement trois. La première est relative à la situation de pauvreté profonde des Gabonais. Je pense qu’environ 40 % des Gabonais vivent sous le seuil de pauvreté. Qui dit pauvreté dit manque de revenu et quand on n’a pas un revenu, il relève de la gageure de construire ou d’acheter un logement. La deuxième raison se trouve au niveau des coûts de construction qui sont très élevés. Les parcelles de terrain coûtent excessivement chères au Gabon. C’est inacceptable dans un pays sous-développé, sous-peuplé et couvert à près de 90 % par la forêt. Les prix des matériaux de construction sont également très élevés. C’est incompréhensible. On pourrait soupçonner que la loi du marché en soit responsable lorsque le secteur se trouve dans les mains du privé. Or, l’étatisme touche également cette activité. Les résultats sont les mêmes, le logement est cher. La troisième raison, à mon sens, est à chercher dans la volonté politique des gouvernants. J’ai l’impression que le lobbying politique des propriétaires contraint les autorités en charge, l’État, à mettre en place une véritable politique de logement au Gabon, d’autant que plusieurs autorités sont elles-mêmes parmi les plus gros propriétaires. Toutes choses qui empêchent la fourniture par l’État de logements à grande échelle et à des prix correspondant aux revenus moyens et faibles. Au demeurant, l’offre est toujours faible face à une demande très élevée dépourvue totalement de la force de négociation. Faute d’une véritable démocratie, les populations démunies demandeuses de logement sont dans l’incapacité d’imposer une véritable politique de logement par le vote. Quel est votre avis sur le projet de construction de 6 000 logements sociaux d’ici à 2026 ?   Cette une bonne réaction du gouvernement à la persistance de la crise du logement. Il reste l’application. Je souhaite d’ailleurs qu’à côté des logements sociaux, d’autres types de logements soient proposés pour les revenus moyens. Après, les logements sociaux ne doivent pas être comme des abris des planteurs de cacao dans la forêt. Il faut mettre à la portée des Gabonaises et des Gabonais des logements décents et dignes qui tiennent compte des éléments de solidarité et de convivialité de nos familles. Le ménage gabonais est hospitalier. Selon le Plan d’accélération de la transformation (PAT), le déficit en logements s’élève à 257 000 unités. Selon la Banque mondiale, le déficit s’élève à 150 000. Dans tous les cas, il est très profond et il est très urgent de s’y attaquer. Je m’explique. Voyez-vous, on critique souvent le rendement du travailleur gabonais, notamment le fonctionnaire, mais on a tendance à oublier que les facteurs PARLONS LOGEMENT ET SANTÉ AVEC ADIREN MOUGOUGOU