Fondatrice et Directrice de Publication

Flavienne Louise Issembè

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Flavienne Louise Issembè

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La Rédaction

EMPLOI : LES RECRUTEMENTS S’ACCÉLÈRENT DANS LA FONCTION PUBLIQUE

EMPLOI : LES RECRUTEMENTS S’ACCÉLÈRENT DANS LA FONCTION PUBLIQUE Depuis le 24 novembre 2023, le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) a levé le gel sur les examens et concours dans différents établissements publics, sur les recrutements dans la fonction publique, les titularisations, avancements, stages et reclassements des agents de ce secteur. Cette mesure a occasionné, d’une part, des demandes d’embauche pléthoriques et, d’autre part, des candidatures multiples aux différents concours. À titre d’exemple, sur 2796 inscriptions au concours de l’Ecole nationale d’art et manufacture (ENAM), seules 826 places étaient disponibles tandis que plus de 10 000 postes budgétaires ont été répartis entre 6 ministères : Éducation nationale, Santé,  Communication et Médias, Habitat et Urbanisme, Intérieur et Sécurité, et Défense nationale. Malgré la levée des mesures précitées, les demandeurs d’emploi sont au désarroi et la précarité bat son plein. Vivre s’est tourné vers le Mouvement national des chômeurs et affiliés (MNCA) pour parler du vécu des demandeurs d’emploi, de l’impact de la précarité sur leur vie… Suivons Axel Kombila Kombila, sociologue au chômage. Il est le porte-parole du Mouvement national des chômeurs et affiliés. Annie Mapangou

POUR UN ACCÈS ÉQUITABLE À LA SANTÉ

POUR UN ACCÈS ÉQUITABLE À LA SANTÉ La définition de l’accès à la santé, qui se résume à l’arrivée à temps dans une structure sanitaire afin d’y recevoir des soins adéquats et abordables financièrement, est mise à mal à la lumière des difficultés relevées ici et là par les populations. A Malibe 1, Kinguele et Owendo, les avis du public donnent à réfléchir et invitent à l’action.   « Il serait souhaitable de faire un séminaire sur l’état psychologique du malade et de ses accompagnateurs à leur arrivée dans une structure hospitalière afin de pallier la discourtoisie dans l’accueil. Imaginez un instant la double peine physique et psychologique du malade et la panique que ce dernier et ceux qui l’accompagnent subissent en raison de son état. »   Cette réflexion d’un habitant de Malibé 1, dans la commune d’Akanda, au nord de Libreville, n’est que le témoignage d’une longue histoire, la sienne et celles d’autres habitants. Offusquée par le traitement inhumain que nombre de patients subissent dans certaines structures sanitaires, une femme âgée s’en ouvre : « Je suis arrivée à l’hôpital à 07h00, mais c’est à 10h30 que je suis reçue. Eh oui ! C’est la réalité que nous vivons dans nos hôpitaux. Pourtant, ne dit-on pas que « l’accès aux soins est garanti sur un pied d’égalité ? »     Selon Sylvie Mouleba, chef de quartier de Malibe 1 en fonction depuis quatorze ans, « la situation est extrêmement difficile. On n’a ni hôpital, ni dispensaire. Quelqu’un peut tomber malade. Comment faire ? Pour les déplacements, notamment la nuit, nous manquons de véhicule. Nous attendons de l’Etat de l’aide, un hôpital et le service d’aide médicale d’urgence (SAMU) pour les cas graves».   S’agissant de l’administration des soins médicaux, un échantillon représentatif des populations de Malibe 1, Kinguele et Owendo ont reconnu à l’unanimité que « le Gabon dispose de médecins très compétents qui savent diagnostiquer et traiter les pathologies. A ce niveau, on ne souffre d’aucune carence».   Au plan du suivi régulier du patient, 60% des interlocuteurs ont déclaré n’avoir constaté aucune défaillance : « Bien au contraire, nous sommes bien suivis par les médecins. Ils respectent les dates et les heures des rendez-vous et sont courtois avec leurs patients », notamment dans le secteur privé.   Le troisième et dernier critère sur le coût des soins est présenté dans le tableau ci-dessous. Vous y verrez la composition de notre échantillon et un graphique en forme de fromage qui affiche l’avis des uns et des autres.     En établissant le parallèle entre la structure de l’échantillon, qui est à plus de 50% composé de personnes à faibles revenus, et les réponses sur l’estimation des coûts, 65% des sondés les trouvent abordables. Par contre, 20% les jugent exorbitants.   Les réponses recueillies à Kinguele, à Malibe 1 et à Owendo peuvent s’expliquer. Le système d’assurance maladie de la CNAMGS permet aux populations, surtout les Gabonais économiquement faibles, de bénéficier des soins médicaux à des coûts abordables et d’avoir accès à des médicaments, hormis les antibiotiques, à des prix réduits.     Dan Léonel PRINCIPES ÉNONCES DANS LE PRÉAMBULE DE LA CONSTITUTION DE L’OMS​ La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité.   La possession du meilleur état de santé qu’il est capable d’atteindre constitue l’un des droits fondamentaux de tout être humain, quelles que soient sa race, sa religion, ses opinions politiques, sa condition économique ou sociale.   La santé de tous les peuples est une condition fondamentale de la paix du monde et de la sécurité; elle dépend de la coopération la plus étroite des individus et des États.   Les résultats atteints par chaque État dans l’amélioration et la protection de la santé sont précieux pour tous. L’inégalité des divers pays en ce qui concerne l’amélioration de la santé et la lutte contre les maladies, en particulier les maladies transmissibles, est un péril pour tous.   Le développement sain de l’enfant est d’une importance fondamentale; l’aptitude à vivre en harmonie avec un milieu en pleine transformation est essentielle à ce développement   L’admission de tous les peuples au bénéfice des connaissances acquises par les sciences médicales, psychologiques et apparentées est essentielle pour atteindre le plus haut degré de santé.   Une opinion publique éclairée et une coopération active de la part du public sont d’une importance capitale pour l’amélioration de la santé des populations.   Les gouvernements ont la responsabilité de la santé de leurs peuples; ils ne peuvent y faire face qu’en prenant les mesures sanitaires et sociales appropriées.   La Constitution de l’OMS a été adoptée par la Conférence internationale de la santé, tenue à New York du 19 juin au 22 juillet 1946, signée par les représentants de 61 Etats le 22 juillet 1946 et est entrée en vigueur le 7 avril 1948.

ALIMENTATION ET SANTÉ : LE LIEN INDISSOCIABLE

ALIMENTATION ET SANTÉ : LE LIEN INDISSOCIABLE Sur 8 milliards d’êtres humains dans le monde, 811 millions souffrent de sous-alimentation et de malnutrition.   Notre alimentation joue un rôle primordial pour notre capital santé. Elle doit être saine et variée afin de nous prémunir contre certaines maladies telles que le diabète, l’ostéoporose et les troubles cardiovasculaires. Il serait, toutefois, réducteur de croire que ces maladies dépendent exclusivement de notre alimentation.   Notre environnement, notre mode de vie et notre héritage génétique sont tout aussi déterminants. Il n’en demeure pas moins qu’un certain nombre d’affections sont d’origine nutritionnelle. Celles-ci incluent, pour n’en citer que quelques-unes, les caries, la typhoïde, l’anémie, les intoxications alimentaires, le rachitisme et le goitre. Une alimentation équilibrée contenant les nutriments nécessaires à une bonne croissance est essentielle dès les premières semaines de la vie. On estime que 45% de la mortalité infantile est directement imputable à une carence en protéines et micronutriments au sein des pays en développement.   Quid de la situation du Gabon et des moyens dont dispose le consommateur pour se prémunir contre les denrées alimentaires impropres à la consommation   La population gabonaise oscille autour de 2 millions d’habitants dont 80% vivent en milieu urbain. Libreville, la capitale, à elle seule, regroupe près de 50% de la population. Le Gabon affiche l’un des taux de mortalité infantile les plus élevés de l’Afrique subsaharienne, estimé à 65%. La malnutrition est responsable de 61% de taux d’anémie dans la tranche d’âge comprise entre 6 et 59 mois. Celle-ci est subséquente au faible taux d’allaitement maternel exclusif.   En outre, le Gabon ne figure pas au top 30 des pays africains en termes d’indice de sécurité alimentaire (ISA). Les trois premiers sont l’Afrique du Sud, le Botswana et l’Egypte. Le 30e c’est la République démocratique du Congo. L’ISA prend en considération un certain nombre de critères parmi lesquels : l’abordabilité qui tient compte de la consommation alimentaire proportionnellement aux dépenses des ménages ; la disponibilité qui fait référence à l’approvisionnement suffisant et les infrastructures agricoles ; la qualité et la sécurité intégrant la diversification du régime alimentaire, les directives alimentaires nationales et un plan de suivi et de surveillance de la nutrition.   Bien choisir ses aliments permet non seulement de nous maintenir en bonne santé, mais surtout de l’améliorer. Encore faut-il pouvoir trouver le juste équilibre, ce qui est plus difficile qu’il n’y parait. Le seul aliment qui fournit tous les nutriments nécessaires au fonctionnement de l’organisme est le lait maternel. En dehors de ce nutriment riche en acides aminés, il s’agit de satisfaire notre apport quotidien entre aliments riches en lipides (poisson, viande, œufs), en glucides (riz, pâtes, pain, tubercules, lait, céréales) et en protides (viande, volaille, œufs, poisson, lentilles, pois chiches, haricots secs, riz, blé, fromage). La consommation de ces aliments doit être adéquate, sans frôler l’excès.   L’un des principaux obstacles à une alimentation saine tient au coût prohibitif des denrées alimentaires de première nécessité (viande, huile, fruits, tubercules, riz, bananes, poisson). Depuis la survenue du Covid 19, le Gabon a enregistré une perte importante de revenus et d’emplois dont l’effet pervers est l’érosion du pouvoir d’achat. Quatre-vingt quinze mille (95.000) ménages seraient en situation de précarité économique. Ceci a une incidence sur l’insécurité alimentaire, en hausse de 4 points. Elle était de 74,8% en avril 2021 contre 70,3% en novembre 2020. La production agricole (3,3% du produit intérieur brut) ne couvre pas les besoins alimentaires. Le Gabon est confronté à une forte dépendance en matière de produits alimentaires (60%) équivalant à un coût annuel de 500 milliards de F CFA.   Cette inflation vertigineuse n’est pas un fait inédit et ne concerne pas exclusivement le Gabon. Elle résulte de facteurs conjoncturels qui ne sont en rien imputables à une quelconque décision politique. L’envolée des prix des sources d’énergie (pétrole et gaz) et des matières premières agricoles se répercute sur toute la chaîne de production et du transport à l’image du fret maritime. Les opérateurs économiques ont donc augmenté les prix afin de préserver leur marge bénéficiaire.   Le consommateur à l’extrémité de la chaîne subit de plein fouet cette augmentation durable des prix qui, pour la seule alimentation, représente 80% des dépenses d’une famille. L’alimentaire, c’est 86% du chiffre d’affaires d’un magasin comme Géant Cecado. Concilier ses revenus avec une alimentation adéquate est une préoccupation obsessionnelle.   Qui est chargé de la protection du consommateur ?   Le droit du consommateur est émergent au Gabon. Il s’inscrit dans le dispositif juridique de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et, de manière plus élargie, dans le cadre des principes directeurs des Nations unies sur la protection des consommateurs. Le consumérisme en est à ses balbutiements au Gabon. Il n’existe pas à proprement parler une loi nationale de protection des consommateurs.   Toutefois, certaines normes ont force de loi dans le cadre du « Codex Alimentarius », conformément à l’ordonnance nº50/78 du 31 août 1978 portant contrôle sur la qualité des produits alimentaires. C’est ainsi que de juin à décembre 2021, plus de 40 000 briques de jus de pomme de la marque Ceres furent détruites sur instruction de la Direction générale de la concurrence et de la consommation car contaminées à la patuline, un produit pouvant s’avérer nocif. Cette administration veille à la qualité des produits alimentaires et peut retirer de la vente les denrées qu’elle juge impropres à la consommation. Elle a pu épingler plus de 246 établissements commerciaux pour vente de produits avariés.   Quant à elle, l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA) se charge, en amont, de prévenir et de détecter tous les risques sanitaires et phytosanitaires liés à l’alimentation des citoyens. Ces diverses données permettent de mesurer tout le chemin qui reste à parcourir afin de protéger au mieux le consommateur. Le Gabon est pourtant considéré comme un pays riche si l’on se réfère au PIB par tête d’habitant qui était de 7006 dollars en 2021, selon les données de la Banque mondiale. Le pays a ALIMENTATION ET SANTÉ : LE LIEN INDISSOCIABLE

LA PRESSE AU SERVICE DE A PLANÈTE : LE JOURNALISTE FACE À LA CRISE ENVIRONNEMENTALE

DÉCLARATION DU COLLECTIF DES MÉDIAS PRIVÉS AYANT COUVERT LE DIALOGUE NATIONAL INCLUSIF Mesdames et messieurs, peuple gabonais   Depuis le 30 août 2023, notre pays le Gabon a amorcé une phase très importante de son histoire par le truchement du coup de la libération mené par le Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI) visant à conduire le pays vers un essor de sa félicité. Un vœu jadis formulé par nos ancêtres, et aujourd’hui devenu réalité grâce à la bravoure des Forces de Sécurité et de Défense.   Ces dernières, en prenant le pays en main, avaient exprimé par la voix du général de Brigade Brice Clotaire Oligui Nguema, le président de la Transition, le vœu de voir une presse rehaussée et restaurée en dignité. Ce qui justifie le relèvement de l’aide à la presse, inscrite dans la loi de finance de cette année à 500 millions de francs CFA. Sans omettre la mise à disposition de 500 postes budgétaires aux agents publics du secteur communication.   Conscients de cette excellente volonté de redorer les lettres de noblesses de la presse, les médias privés indépendants, et les journalistes en général, se sont mobilisés comme un seul homme avec la ferme détermination de jouer leur rôle tout au long de la Transition.   C’est dans cette optique que nous avons sollicité auprès des organisateurs du Dialogue National Inclusif (DNI), les accréditations en vue d’assurer une couverture médiatique. C’est suite à cela que les travaux menés par le Comité technique composé des représentants des médias, de la Haute autorité de la communication (HAC) et du ministère de la communication et des médias, ont après examen des dossiers, arrêté une liste de 73 organes de presse et 250 journalistes.   Cependant, il ressort que dans la liste définitive, rendue publique par le ministère de la Réforme des Institutions après la restitution des conclusions des travaux, près de 400 journalistes ont finalement été accrédités dans des conditions douteuses, sans que le Comité technique n’ait été sollicité pour la validation des accréditations additives.   Un scandale total. Des individus sans aucun lien avec le monde de la presse, des agents de cellules de communication de certains ministères et autres institutions administratives, comme celle de la prison centrale se sont retrouvés sur cette liste de bénéficiaires. Pourquoi associer dans la cagnotte dédiée aux entreprises de presse privées et publiques, des cellules de communication internes aux ministères et des communicants rattachés aux cabinets ministériels ?   Cette augmentation antiréglementaire et opportuniste du nombre d’ayant droits aux jetons de présence prévus aura donc été le véritable problème de la cacophonie qui fait aujourd’hui polémique.   De fait, la ligne budgétaire prévue pour la presse, désormais atrophiée, a été insuffisante pour satisfaire les journalistes régulièrement accrédités, les exposant ainsi à une situation inconfortable et humiliante.   Mesdames et messieurs,   On ne peut imaginer remettre à un journaliste ayant couvert un événement de ce type, à titre de Jeton de présence, la somme de 500.000 francs CFA après 1 mois de réquisition. Toute chose disproportionnelle à l’enveloppe globale de 500 millions de francs CFA allouée à la presse, de sources concordantes.   D’autre part, cette somme dépréciable se situe au rabais de la moyenne des jetons de présence perçu par l’ensemble des participants. C’est à croire que la presse nationale serait logée au bas de l’échelle des priorités des organisateurs du Dialogue national.   C’est l’occasion pour nous, d’inviter le comité d’organisation de solutionner dans les plus brefs délais, les cas d’omission dans la distribution des titres de paiements du Trésor Public, dont sont victimes de nombreux journalistes officiellement accrédités.   Ces pratiques représentent une menace pour le libre exercice de la profession, et des droits y relatifs.   Face à ce qui précède, nous sollicitons donc l’arbitrage du président de la République, principal initiateur de ces assises, en vue de réparer ce préjudice aux allures d’opprobre jeté sur la presse nationale.   Image Africa Climate Report JOURNÉE MONDIALE DE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE 2024 En ce 03 mai de l’an 2024, le thème dédié à la Journée mondiale de la liberté de la presse est : « La presse au service de la planète : le journalisme face à la crise environnementale ».   Le 3 mai a été proclamé Journée mondiale de la liberté de la presse par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1993, suivant la recommandation adoptée lors de la 26ème session de la Conférence générale de l’UNESCO en 1991 en réponse à l’appel de journalistes africains qui ont proclamé la Déclaration de Windhoek (Namibie) sur les principes fondamentaux de la liberté de la presse, en particulier le pluralisme et l’indépendance des médias.   Chaque année depuis 31 ans, la Journée mondiale de la liberté de la presse permet d’évaluer la liberté de la presse à travers le monde, de défendre l’indépendance des médias et de rendre hommage aux journalistes qui ont perdu la vie dans l’exercice de leur profession. À l’occasion de cette journée, le Prix mondial de la liberté de la presse est remis.   La Journée mondiale de la liberté de la presse a pour objectifs de sensibiliser le public en général, et les journalistes en particulier, à l’importance de la liberté de la presse et de rappeler aux gouvernements leur obligation de respecter et faire respecter le droit à la liberté d’expression. Ce droit est consacré par l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. DNI : QUELLES PERSPECTIVES POUR LA PRESSE ? Quelles sont les perspectives pour la presse après le Dialogue national inclusif ? Au lendemain de la fin de la Conférence, « Vivre » lève le voile sur la participation de la presse à ces assises. Présents sur les lieux de la concertation, qui a réuni près de 700 participants, les médias ont accompli un travail remarquable. En revanche, la presse était à peine représentée au sein des commissions. D’aucuns se posent la question de savoir pourquoi le DNI n’a pas mis en place LA PRESSE AU SERVICE DE A PLANÈTE : LE JOURNALISTE FACE À LA CRISE ENVIRONNEMENTALE

PARLONS LOGEMENT ET SANTÉ AVEC ADIREN MOUGOUGOU

  LOGEMENT : QUELLE ISSUE À LA CRISE ? À l’instar des jardins, des services sociaux, des commerces et des transports en commun, le logement est une composante essentielle de l’habitat humain. Facteur d’épanouissement individuel et de développement socio-économique des nations, il n’en demeure pas moins l’un des enfants pauvres de l’économie nationale et la première dépense des foyers gabonais. « Vivre » – Monsieur Médard Mengue Bidzo, vous êtes spécialiste en économie et professeur à l’Université Omar Bongo (UOB), quel est le rang de priorité du logement dans l’économie nationale ?   Pr Mengue Bidzo – Le logement ou le local à usage d’habitation est le produit du secteur dit du logement. L’activité dans ce secteur s’articule principalement autour de l’industrie de l’immobilier et de la construction. La question du logement se pose généralement sur les plans politique, social, sanitaire, environnemental et économique. Au plan politique, le problème du logement se pose en termes de droit au logement et de lutte pour le logement. Au niveau social, on se préoccupe généralement de logement social et d’accès au logement. Quant à la santé et à l’environnement, l’intérêt est porté sur le mal logement et, partant, sur la qualité du logement. Cet aspect s’intéresse surtout au logement en tant qu’habitat et intègre ainsi le mode de vie. Dans le domaine économique, enfin, on se préoccupe principalement de la crise du logement (notamment le déficit en logement), des prix et des coûts des logements. Sur le plan économique, le logement est considéré comme un besoin économique dont la satisfaction commande que soient trouvés et combinés les moyens humains et financiers. Je m’explique. Pour produire un logement, il faut disposer suffisamment de ressources humaines et financières. La crise de logement survient généralement de l’absence ou du mauvais usage de ces ressources. Dans le cas du Gabon, on peut penser que la persistance de la crise du logement se justifie surtout par une mauvaise gestion des ressources financières et humaines. Le classement du logement dans le ranking des priorités au Gabon relève de la responsabilité du gouvernement. Visiblement, le besoin des populations en logements ne serait pas à la première place à la lumière du Plan national pour le développement de la Transition (PNDT). Ce qui pourrait ajouter une autre explication à la crise du logement au Gabon, à savoir la volonté politique. Néanmoins, lors de son passage, le 31 mars 2024, à l’émission « Les grands dossiers » sur Gabon Première, le ministre de l’Économie et des Participations, Mays Mouissy, a reconnu que le loyer constituait la première dépense du ménage gabonais et, de ce fait, participait ostensiblement à la cherté de la vie. Je me suis réjoui de cette prise de conscience. Quel est l’état des lieux du logement au Gabon ?   La Banque mondiale estime que le déficit en logements au Gabon est de l’ordre de 150 000 unités, soit une proportion annuelle de 6 000 à 7 000. Elle avance par ailleurs que plus de 80 % de la population n’ont pas accès à un logement sur le marché formel de l’immobilier, rendant ainsi difficile le contrôle des prix dans ce secteur. Toutes choses qui ont conduit les plus hautes autorités dans le cadre du Plan national de développement de la Transition (PNDT) à projeter la construction de 6 000 logements sociaux d’ici à 2026. La persistance de la crise ou de la pénurie du logement peut trouver plusieurs explications. J’en vois principalement trois. La première est relative à la situation de pauvreté profonde des Gabonais. Je pense qu’environ 40 % des Gabonais vivent sous le seuil de pauvreté. Qui dit pauvreté dit manque de revenu et quand on n’a pas un revenu, il relève de la gageure de construire ou d’acheter un logement. La deuxième raison se trouve au niveau des coûts de construction qui sont très élevés. Les parcelles de terrain coûtent excessivement chères au Gabon. C’est inacceptable dans un pays sous-développé, sous-peuplé et couvert à près de 90 % par la forêt. Les prix des matériaux de construction sont également très élevés. C’est incompréhensible. On pourrait soupçonner que la loi du marché en soit responsable lorsque le secteur se trouve dans les mains du privé. Or, l’étatisme touche également cette activité. Les résultats sont les mêmes, le logement est cher. La troisième raison, à mon sens, est à chercher dans la volonté politique des gouvernants. J’ai l’impression que le lobbying politique des propriétaires contraint les autorités en charge, l’État, à mettre en place une véritable politique de logement au Gabon, d’autant que plusieurs autorités sont elles-mêmes parmi les plus gros propriétaires. Toutes choses qui empêchent la fourniture par l’État de logements à grande échelle et à des prix correspondant aux revenus moyens et faibles. Au demeurant, l’offre est toujours faible face à une demande très élevée dépourvue totalement de la force de négociation. Faute d’une véritable démocratie, les populations démunies demandeuses de logement sont dans l’incapacité d’imposer une véritable politique de logement par le vote. Quel est votre avis sur le projet de construction de 6 000 logements sociaux d’ici à 2026 ?   Cette une bonne réaction du gouvernement à la persistance de la crise du logement. Il reste l’application. Je souhaite d’ailleurs qu’à côté des logements sociaux, d’autres types de logements soient proposés pour les revenus moyens. Après, les logements sociaux ne doivent pas être comme des abris des planteurs de cacao dans la forêt. Il faut mettre à la portée des Gabonaises et des Gabonais des logements décents et dignes qui tiennent compte des éléments de solidarité et de convivialité de nos familles. Le ménage gabonais est hospitalier. Selon le Plan d’accélération de la transformation (PAT), le déficit en logements s’élève à 257 000 unités. Selon la Banque mondiale, le déficit s’élève à 150 000. Dans tous les cas, il est très profond et il est très urgent de s’y attaquer. Je m’explique. Voyez-vous, on critique souvent le rendement du travailleur gabonais, notamment le fonctionnaire, mais on a tendance à oublier que les facteurs PARLONS LOGEMENT ET SANTÉ AVEC ADIREN MOUGOUGOU

NOTRE SANTÉ. NOTRE BIEN-ÊTRE.

La santé, a-t-on coutume de dire, commence à la maison. Des mesures simples et appropriées peuvent, à condition de les appliquer comme il se doit, aider à l’améliorer et la protéger. Du nettoyage à l’aération de la maison, de l’hygiène corporelle à une alimentation saine et équilibrée, de l’usage de la moustiquaire pour prévenir le paludisme à la consultation chez le médecin, les exemples sont légion. Dans le meilleur des mondes, chaque foyer posséderait les connaissances nécessaires en matière de prévention des maladies et vivrait en bonne santé grâce à une éducation de qualité, une nourriture saine et équilibrée, un environnement propre et des soins de qualité. Mais revenons à notre réalité. Le meilleur des mondes n’existe nulle part, encore moins dans notre pays où beaucoup reste à faire pour que tous les Gabonais accèdent à la santé sur un pied d’égalité. Mais qu’est au juste la santé et quels sont nos droits dans ce domaine ? Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), « la santé est un état de complet bien-être physique, mental et social qui ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité». Au-delà de cette approche holistique de la santé à laquelle on pourrait ajouter le « cultuel », un des fondements de notre culture africaine, l’OMS stipule que « la possession du meilleur état de santé qu’il est capable d’atteindre, constitue l’un des droits fondamentaux de tout être humain, quelles que soient sa race, sa religion, ses opinions politiques, sa condition économique ou sociale ». Ce droit inclut : La possibilité de jouir du meilleur état de santé possible se fonde sur : l’accès équitable aux services de santé dont on a besoin, où et quand on en a besoin ; la qualité des soins fournis qui se mesure par rapport à la capacité des services de santé à répondre aux besoins des personnes afin qu’elles parviennent à l’état de santé souhaité ; et l’accessibilité financière. La notion d’accessibilité financière tel qu’énoncée à l’article 25 – alinéa 1 – de la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) confère « à toute personne le droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires». Droit à la santé et autres droits humains Briser le lien entre le droit à la santé et les autres droits humains annihilerait tous les efforts visant à promouvoir le bien-être de la personne, principalement l’élimination des inégalités, de la discrimination et des rapports de force injustes qui minent les droits de l’homme et les résultats sanitaires. Le processus basé sur l’approche fondée sur les droits de l’homme ne peut aboutir sans la participation effective des communautés à la prise de décisions. Tous les groupes sociaux, les familles et la société civile sont concernés et ont leur mot à dire sur les décisions et les mesures concernant leur santé. L’Etat, en tant qu’institution « chargée de gouverner le pays, garante de la cohésion sociale et de l’égalité entre les individus qui le composent », s’est engagé à travers la Constitution nationale, à l’alinéa 8 de l’article premier, à : garantir à tous, notamment à l’enfant, à la mère, aux handicapés, aux vieux travailleurs et aux personnes âgées, la protection de la santé». Il est par ailleurs énoncé à l’alinéa 16 de l’article premier que « les soins à donner aux enfants et leur éducation constituent pour les parents, un droit naturel et un devoir qu’ils exercent sous la surveillance et avec l’aide de l’Etat et des collectivités publiques». L’enjeu pour l’Etat est de renforcer le système de santé par la répartition équitable et la gestion rationnelle des ressources, développer la médecine préventive, promouvoir la qualité des soins pour une meilleure sécurité des patients et des agents de santé et de promouvoir la couverture sanitaire universelle dans le cadre du régime obligatoire d’assurance maladie et de garantie sociale de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS). Les populations démunies payent le plus lourd tribut des maladies transmissibles (tuberculose, sida…) et des maladies non transmissibles telles que les maladies et cardiovasculaires, le diabète, les cancers et les insuffisances rénales. En 2018, 41% des décès enregistrés dans notre pays étaient dus à ces maladies également appelées pathologies chroniques. La santé est un bien précieux, un droit fondamental qui doit faire l’objet de toutes les attentions afin de protéger tous les êtres humains, quel qu’ils soient, des risques sanitaires majeurs qui pèsent sur leur vécu. Outre ceux mentionnés ci-dessus, gardons en mémoire les traumatismes causés par les violences domestiques, les risques liés à une mauvaise alimentation, ou encore les erreurs médicales dont sont encore victimes de nombreux gabonais. « Toute politique de santé efficace, qui se veut sérieuse, met l’accent sur la prévention qui, seule, permet de réduire les coûts de santé. » Dr Jean-Marc Ngome Ndong, médecin du travail, spécialiste de la prévention

DROITS ET DEVOIRS DU LOCATAIRE ET DU PROPRIÉTAIRE

DROITS ET DEVOIRS DU LOCATAIRE ET DU PROPRIÉTAIRE Être propriétaire ou locataire d’un bien immobilier comporte une série de droits et devoirs à respecter vis-à-vis de l’autre stipulé dans le contrat de bail. Passé outre celui-ci, des sanctions s’en suivront. Mais qu’est au juste un contrat de bail ? Un contrat de bail ou un contrat de location est un document par lequel bailleur ou le propriétaire s’engage à remettre son bien en échange d’un loyer pendant une durée déterminée. Quels sont vos droits en tant que locataire ? En tant que locataire, vous avez le droit de : Disposer d’un logement décent et en bon état. Obtenir de la part du propriétaire les grosses réparations du logement et la réalisation des travaux dans les parties communes. Être informé de la révision du loyer dans le contrat de la location. Disposer gratuitement d’un certain nombre de documents lors de la signature du bail et en cours de bail (quittance, etc.) Ne pas avoir de visites du propriétaire sans rendez-vous préalable. Aménager et décorer votre logement, sans transformer les locaux. Quels sont vos devoirs en tant que locataire ? Vous devez aussi : Respecter le voisinage (occupation paisible du logement, respect des parties communes). Exécuter dans les normes des petits travaux y compris l’ajout d’équipements facilement démontables et des objets de décoration en prenant le soin d’en informer au préalable le bailleur. Sous louer si et seulement si le bailleur est informé avant. S’il adhère, le montant de la sous location ne doit pas dépasser le loyer que vous lui versez. Si vous ne respectez pas vos obligations en tant que locataire telles que : non payement du loyer ou des charges, absence d’assurance habitation, etc… le propriétaire est en droit de vous adresser des rappels. Quels sont vos droits en tant que propriétaire ? Vous avez le droit de visite une fois par an pour vérifier l’état de votre bien ; néanmoins cela doit être stipuler dans le contrat de bail et le locataire prévenu du jour et l’heure de votre visite. Vous jouissez également du droit de posséder le double des clés. Cela ne vous donne pas accès libre à la demeure du locataire sans l’avoir prévenu à l’avance, sous peine d’emprisonnement ou d’une amende. Vos droits s’étendent également à la réalisation des travaux dans votre logement. Entre autres : les réparations urgentes (une fuite, etc.) ; le maintien en état du logement (toiture, électricité, plomberie, vitrage…) ceci dit, le locataire doit être tenu informé, de la date d’exécution et par qui seront fait les travaux. Quels sont vos devoirs envers votre locataire ? Vous devez : Fournir le contrat de bail Respecter les règles fixées avec votre locataire Donner à votre locataire un logement décent, conforme aux normes de construction et qui respectent les conformités de bonne construction Garantir la quiétude de votre locataire en réglant les problèmes qui peuvent surgir indépendamment de sa volonté Réaliser les travails nécessaires à la sérénité de votre hôte Accepter les aménagements de votre locataire s’il s’agit de transformation (pose de peinture, peinture, décoration) D’autres droits s’appliquent aussi bien au locataire et au propriétaire dans des conditions particulières. Il s’agit, entre autres, des droits de chacune des parties pendant une vente. En tant que propriétaire, lorsque vous décidez de vendre votre bien, vous devez soit le vendre au locataire ou lui demander de quitter les lieux. Dans ce cas le locataire jouit du droit de préemption qui fait de lui l’acheteur prioritaire du bien. Néanmoins, le locataire doit être informé, au moins 6 mois avant (3 mois avant dans le cas d’une location meublée), de votre souhait de vente. Le locataire a deux mois pour donner suite à votre souhait de vente. Pendant cette période vous ne pouvez ventre le bien à autrui, toutefois vous avez le droit de faire visiter le bien à autrui bien qu’occupé si, et si seulement si, les visites ont lieu les jours ouvrables. Le locataire vous délivre une autorisation écrite d’entrer dans le domicile s’il est absent. En cas de refus de sa part, rappelez-lui tout simplement vos droits à ce sujet. Congé pour vente du bien : dans ce cas, le locataire détient son droit de préemption. Congé pour reprise du logement : si vous décidez d’emménager le bien pour vous ou un proche. Congé pour motif légitime et sérieux : troubles du voisinage ou non-paiement du loyer Pour les différents motifs énoncés, le locataire doit être prévenu par lettre avec accusé de réception, par huissier ou en main propre contre émargement.

SE LOGER DÉCEMMENT EST UN DROIT

Se loger, bien se loger, est un besoin inhérent à chaque personne et un droit fondamental qui relève du bien-être et de la dignité humaine. Plus qu’un toit et des murs, une maison ou un appartement doit être un refuge décent et sécurisé où les occupants ont plaisir à dire « Je ne quitterai ce lieu pour rien au monde ». Ces mots d’un riche propriétaire tranchent avec ceux que l’on entend dans les « matitis ». Faute de moyens adéquats, les résidents de ces quartiers sous-intégrés au Gabon disent avoir d’énormes difficultés à quitter les lieux. « Quand on pense aux coûts exorbitants des loyers, des terrains et des matériaux de construction, comment peut-on prétendre à de meilleures conditions d’existence ? Le jour viendra, peut- être, où nous pourrons vivre dans la maison de nos rêves. » Le Gabon, l’un des plus riches pays d’Afrique subsaharienne, qui, de surcroit, compte moins de 3 millions d’habitants, devrait loger décemment et à des coûts abordables sa population, en particulier les plus démunis qui, au quotidien et au péril de leur vie, sont exposés à des risques sanitaires majeurs comme ceux qui sont décrits dans notre rubrique ALERTE. Le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) entend mettre fin au cauchemar du mal logement et du sans-abrisme à travers le Plan national de développement 2024-2026. Ce projet prévoit, entre autres, « la construction de 6 000 logements sociaux de type F3 et F4 destinés aux couches sociales les moins aisées ». Des logements dont on ignore le coût et dont le nombre est bien en-deçà des besoins réels du Gabon. Selon les statistiques du Plan d’accélération de la transformation (PAT), « le déficit se situe à 257 000 unités en 2024, une province sur neuf, l’Estuaire, totalisant à elle seule plus de 50 % du total ». La voie vers l’accès universel au logement est encore semée d’embûches. Pourtant, le rêve est réalisable pour peu que des moyens substantiels soient mobilisés et investis dans des projets durables qui tiennent compte d’un certain nombre de facteurs. Ceux-ci incluent les normes de construction qui sont garantes de la sécurité des biens et des personnes, notamment : L’accessibilité financière et géographique, la proximité des services sociaux de base tels que les écoles, les centres de santé, les marchés ou autres commerces, et l’hygiène de l’environnement participent également du droit au logement et à la santé. Mettons fin à la crise du logement. Mettons fin à l’exode rural massif vers Libreville, Franceville, Oyem et Port-Gentil, où vivent plus de 80 % des Gabonais.es. Ce phénomène crée un profond déséquilibre démographique, des problèmes de concentration, de circulation et de mobilité urbaine, et la non-maîtrise de l’assainissement du milieu. À ce fléau s’ajoutent les constructions anarchiques dans les zones à risque où les éboulements consécutifs aux pluies torrentielles tuent chaque année nombre d’occupants des lieux.  

COMMENT LES GABONAIS PERÇOIVENT-ILS L’HÔPITAL ?

COMMENT LES GABONAIS PERÇOIVENT-ILS L’HÔPITAL ? Qu’il soit public ou privé, l’hôpital est l’un des lieux les plus fréquentés par les Gabonais. Cependant, on note au sein de la population un sentiment d’insatisfaction qui dépeint son malaise grandissant face à l’état des lieux. L’hôpital est-il là pour soigner ou pour conduire à la mort ? C’est la question angoissante que se posent nombre de compatriotes. Notre reportage nous plonge dans un environnement où des hommes et des femmes s’expriment à cœur ouvert sur les dérives et les insuffisances de l’hôpital. Valérie Moubele Youmah, une institutrice, évoque une de ses visites dans une structure sanitaire. « Quand je suis malade, je me rends à l’hôpital général parce que les coûts sont abordables. Hélas ! Je suis mal reçue. » Ce paradoxe met en lumière le fonctionnement de la structure. Thérèse Manghandzia a vécu une expérience similaire. Cette veuve de 71 ans se confie sans état d’âme : « Quand tu te rends dans les structures publiques, tu es reçu comme un malpropre. » Ces témoignages, les premiers d’une longue série, nous invitent à un questionnement sur les rapports entre les populations et les établissements sanitaires publics. Se pose aussi le problème de la capacité de ces structures à répondre efficacement aux besoins des clients. L’accès aux soins de santé au Gabon : le grand écart entre le secteur public et le secteur privé Au Gabon, comme dans d’autres pays, la politique de santé se traduit par un ensemble de lois, de décrets, de programmes et d’organismes qui soutiennent l’action publique. Le but est évidemment de soigner les citoyens dans des conditions idoines. Malheureusement, cette volonté d’agir n’est pas une réalité dominante. Valérie Moubelet Youmah, fonctionnaire, la cinquantaine révolue, fait part de son expérience : « J’ai accès aux services de santé du secteur public et du secteur privé. Cependant je préfère le second bien qu’il soit coûteux. Au secteur public, tu as le temps de mourir. » A son tour, une femme d’un âge respectable laisse échapper un sentiment de tristesse. Un cas parmi tant d’autres qui explique le désamour entre les Gabonais et le secteur de la santé qui est censé être un véritable point de soutien à la population. L’accès aux soins est l’un des problèmes les plus épineux. Il concerne toutes les couches sociales. Néanmoins, les démunis sont les plus désavantagés. Les carences du secteur public Etudiante à l’Université Omar Bongo et mère d’une fille, Manfoula livre son témoignage : « Je vis au kilomètre 8 (PK8), sans eau potable. On consomme de l’eau de pluie. Etudiante sans bourse, je n’ai pas de travail. Je peine à prendre le taxi pour la fac. Au Gabon, les structures sanitaires sont peu équipées. C’est la faute de l’Etat, car un médecin sans outil de travail ne peut faire des miracles. » La politique nationale de santé, tout particulièrement le dispositif d’accès aux soins, est confronté à de nombreuses carences : manque de structures sanitaires de proximité, sous-effectifs, inégale répartition du personnel, sous-équipement, budgets insuffisants, absence de contrôle, service de recouvrement inopérant, manque de médicaments et de plateaux techniques, etc. Une population vivant dans des conditions exécrables ne peut se soigner dignement. La situation est aggravée par l’existence d’une médecine à double vitesse dominée par la quête du profit. Les médecins qui sont envoyés par l’Etat gabonais dans les hôpitaux du service public ouvrent des cliniques et délaissent leurs postes de fonctionnaires pour se muer en directeurs d’une clinique offrant des soins de santé très coûteux pour une population à majorité économiquement faible. Le changement commence au service d’accueil Il est de notoriété publique que dans nos administrations, le service accueil est toujours pointé du doigt. Thérèse Manghandzi évoque sa mésaventure : « Quand tu arrives pour te faire soigner et que tu demandes des renseignements, on te répond mal. Une dame m’a dit récemment : « Maman, tu m’embêtes. Va d’abord. » Un témoignage qui révèle le manque de dévouement du personnel de santé qui, paradoxalement, a décidé de se mettre au service des autres et d’en faire sa vocation.   Éric Oswald

CNAMGS: QU’EN PENSE LE PUBLIC ?

CNAMGS: QU’EN PENSE LE PUBLIC ? Créée en 2007, la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) est citée en exemple en Afrique et au-delà. Le Gabon s’est, en effet, engagé à mettre au profit de sa population un régime obligatoire et universel d’assurance maladie, devenant ainsi le premier pays en Afrique subsaharienne à couvrir l’ensemble de la population, notamment les plus défavorisés. Ce saut qualitatif a permis à la CNAMGS de contribuer à l’amélioration du système de santé au Gabon. Le statut de Gabonais économiquement faible (GEF) favorise l’accès aux soins de santé de cette tranche de la population et, partant, au droit à la santé. De nombreux citoyens s’en félicitent malgré des perturbations dans l’exécution optimale de la prise en charge des affiliés à la Caisse. Au cœur de Libreville, notre reportage nous conduit vers les Gabonais affiliés ou pas à la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS). « La CNAMGS a changé ma vie. Celui qui a créé cette structure est une bonne personne. » Ainsi parle Thérèse Manghandzi. Cette veuve de 71 ans, mère de cinq enfants et grand-mère de plusieurs petits-fils, est affiliée à la CNAMGS depuis dix ans. De son côté, Valérie Moubele Youmah nous livre son expérience avec la CNAMGS : « J’étais avec une collègue dans une pharmacie. Elle achetait des médicaments. J’ai été surprise de voir la réduction des prix sur l’ordonnance. Cette structure a changé beaucoup de choses dans ma vie. Désormais, j’achète les médicaments à moindre coût. Une partie des médicaments est aux frais de la CNAMGS et l’autre aux frais du client. Dieu merci ! Heureusement qu’il ya la Caisse ! Sur un total de 18 000 CFA par exemple, je dépense moins de 4 000. » Le quotidien des Gabonais est quelque peu soulagé depuis la création de la CNAMGS. Toutefois, remarque Manfoula Lebola, « la CNAMGS ne couvre pas tous les médicaments et ne prend pas en charge les médicaments les plus coûteux, les antibiotiques. C’est inconcevable. » Ce témoignage met en évidence les insuffisances observées par les Gabonais en ce qui concerne la CNAMGS. Des améliorations et des efforts doivent encore être consentis par les autorités compétentes en vue de la prise en charge complète des médicaments. Quand des Gabonais non affilés à la CNAMGS parlent de leur situation Malgré une couverture quasi totale de la population gabonaise, la CNAMGS est une notion abstraite pour certains citoyens. Bien qu’il sache que la CNAMGS est une facilité qui permet de se procurer des médicaments à coût réduit, M. Mihindou ne sait quelles pièces fournir pour être assuré. En outre, il n’a aucune idée de la localisation des agences de proximité de cette structure. Excelle Ossarakabi Mipata, une jeune étudiante en communication, déclare « ne pas avoir assez d’informations sur la procédure à suivre pour être assuré ». Sean Shannon Dembe Gnolo, la vingtaine révolue, se dit découragé. En effet, une partie de la population n’entreprend aucune démarche d’immatriculation à la CNAMGS parce qu’elle juge le processus long. L’assurance maladie universelle par le biais de la CNAMGS est une expérience innovante et prometteuse. Elle tient sa spécificité des revenus qui proviennent en partie des taxes sur les opérateurs de téléphonie mobile et des transactions de financement des soins de santé des Gabonais économiquement faibles (GEF). L’autre innovation est celle du choix d’adhésion progressive pour tendre vers une couverture universelle. Le Gabon a pris l’option de commencer par les populations les plus vulnérables pour passer ensuite aux agents du secteur public, aux salariés des secteurs privé et parapublic et aux travailleurs indépendants. L’innovation tient au fait que la plupart des pays commencent par les salariés des secteurs public et parapublic. Cependant, cette stratégie gagnerait à être réorientée en tenant compte des recommandations formulées, l’objectif étant de promouvoir le bien-être de la population. L’immatriculation à la CNAMGS en tant que GEF impose d’avoir au moins 16 ans et des revenus mensuels inférieurs au salaire minimum interprofessionnel garanti qui est actuellement de 80000 F CFA. Les frais liés à leur prise en charge incluent les soins externes, les hospitalisations, les médicaments et les évacuations sanitaires. A cette mesure s’ajoute celle afférente au renforcement de la couverture sanitaire à d’autres groupes vulnérables tels que les filles mères, les handicapés et les sinistrés. Eric Ozwald