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Annie Mapangou

l’art au FÉMININ

Qui se cache derrière « Féminin Créatif » ? Elles sont jeunes, artistes et entreprenantes. Elles croient au potentiel de la femme d’exister, de s’émanciper et de faire la différence. À travers leur association, elles s’attèlent à promouvoir l’art. Bienvenue dans l’univers d’Orty, Rhaïna et Marie-Joëlle.

« FÉMININ CRÉATIF » OU L’ART

« FÉMININ CRÉATIF » est un concept né de la volonté de mettre en lumière le savoir-faire des femmes gabonaises. Il ne s’agit pas uniquement d’art au sens classique du terme, mais de toutes les formes de créativité et d’entrepreneuriat portées par des femmes : artisanat, stylisme, cosmétique, cuisine, design, décoration, etc. L’audace féminine s’exprime ici dans la capacité à créer, innover et entreprendre malgré les freins sociaux, économiques et culturels. Ce projet est une plateforme d’expression, de visibilité et de reconnaissance. » Bienvenue dans l’univers de « FÉMININ CRÉATIF » qui a bien voulu recevoir le magazine « Vivre » à la veille de sa première exposition le 25 mai 2025 à Libreville. Constalida Orty Mehekou Mouloungui, vous êtes la présidente de l’Association.  Quels en sont les membres et quel est leur profil ? Constalida Orty Mehekou Mouloungui – « Notre organisation compte sept membres, des femmes dynamiques, engagées et passionnées, venant de divers horizons artistiques et entrepreneuriaux. Elles sont créatrices, innovatrices, mais surtout conscientes de leur rôle dans la transformation de notre société. » * Quelles sont les conditions d’adhésion à « FÉMININ CRÉATIF » ? « Il faut être une femme porteuse d’un projet créatif ou entrepreneurial, avec une volonté claire de participer à une dynamique collective. L’adhésion se fait sur dossier, avec une présentation du projet, une lettre de motivation et un entretien avec le bureau de l’Association. Nous recherchons des profils engagés, prêts à contribuer activement à la mission du collectif. » Mme Mehekou Mouloungui, dans quelle mesure l’art pratiqué par les femmes gabonaises peut-il être considéré comme un acte d’audace face aux normes sociales, culturelles et politiques du pays ? « L’art féminin, au Gabon, est encore trop souvent cantonné à l’espace privé ou marginalisé dans l’espace public. Lorsqu’une femme décide d’exposer, de créer, de vendre, de prendre la parole à travers son art, elle pose un acte de rupture. Elle conteste les normes silencieuses qui veulent qu’elle soit invisible. L’audace réside dans le choix de s’affirmer, de revendiquer sa place et de transformer l’art en outil de discours social et de revendication identitaire. » Comment les femmes artistes gabonaises utilisent-elles l’art pour défier les stéréotypes de genre et revendiquer leur place dans la société ? « Elles le font par la création de récits visuels et symboliques qui parlent d’elles, de leur vécu, de leur lutte. À travers leurs œuvres, elles déconstruisent les rôles de genres, exposent les injustices, valorisent la femme comme actrice de changement. L’art devient un espace de résistance, un outil de prise de parole là où le silence est imposé. C’est une stratégie puissante de réappropriation de leur image et de leur destin. » En quoi l’expression artistique féminine au Gabon reflète-t-elle une forme d’engagement et d’émancipation dans un contexte encore marqué par des inégalités de genre ? « Créer, pour une femme, c’est déjà s’émanciper. Dans un contexte où les inégalités persistent, où l’accès aux financements, à la formation, à la reconnaissance reste limité, chaque œuvre produite est un geste d’engagement. L’art devient un moyen de dénoncer, de proposer, d’unir et de faire évoluer les mentalités. Il incarne un désir de liberté et un besoin de changement profond dans la société. » Quels sont les obstacles auxquels se heurtent les femmes artistes au Gabon, et comment leur audace transforme-t-elle le paysage culturel gabonais ? « Les obstacles sont nombreux : manque de structures d’accompagnement, faible valorisation du travail artistique féminin, préjugés sociaux, manque de financement, invisibilité médiatique. Malgré cela, les femmes osent. Elles créent leurs propres espaces, se soutiennent entre elles, initient des projets comme FÉMININ CRÉATIF. Leur audace change la donne : elle fait émerger de nouveaux modèles, bouscule les cadres établis et rend visible une force créative jusqu’alors sous-estimée. »      Que propose « FÉMININ CRÉATIF » pour sa première exposition ? « Pour cette première édition, qui se tient le 25 mai à Libreville, « FÉMININ CRÉATIF » propose une exposition pluridisciplinaire qui mêle arts visuels, artisanat, gastronomie et créations entrepreneuriales. C’est un espace où se rencontrent la beauté, le sens et l’action. Chaque exposante présentera son univers, son identité, son parcours. Il ne s’agit pas simplement de montrer, mais de partager des expériences et de susciter des vocations. L’exposition se veut inclusive, accessible et inspirante. » Parlez-nous du site de l’exposition et des conditions d’accès. Sont-elles gratuites ou payantes ? « L’exposition a lieu à proximité du Lycée Léon MBA dès 10h00, sur l’aire de jeu située en face de la montée des Trois-Quartiers. L’entrée est gratuite, car nous souhaitons permettre à toutes et tous de venir découvrir, soutenir et célébrer la créativité féminine gabonaise, sans barrières d’accès. » Un mot de fin ? « FÉMININ CRÉATIF » est bien plus qu’un événement : c’est un mouvement. Un appel à toutes les femmes à croire en leur potentiel, à oser, à créer et à entreprendre. Notre pays a besoin de ses femmes, de leur vision, de leur audace. Nous vous attendons nombreux le 25 mai à Léon MBA pour célébrer cette énergie féminine qui transforme le Gabon. Un projet à la fois. »   Propos recueillis par Annie Mapangou Membres de l’association « FÉMININ CRÉATIF » Diplômée en techniques de commercialisation, Constalida Orty Mehekou Mouloungui est présidente de l’Association et fondatrice du projet Les Saveurs de l’Ivindo. Sa start-up valorise le manioc, un produit du terroir, un levier innovant aux plans culturel et économique, et une fierté nationale. Orty transforme le manioc en divers produits alimentaires (jus, boulettes, yaourts, gauffres, compotes, etc…) et d’autres richesses locales telles que la banane et l’igname. Son but est de promouvoir le tourisme culinaire et de réduire la dépendance alimentaire du Gabon, certains produits importés étant avariés quand ils arrivent sur le territoire. Félicia Cherole Koundi Mandega est secrétaire générale de l’Association. Sa start-up, « Bon Tchup », est spécialisée dans la transformation des produits alimentaires locaux, notamment la tomate. « Bon Tchup » est né d’un constat. Il s’avère qu’en matière de sauces d’accompagnement, les Gabonais consomment davantage de produits exportés. « Bon Tchup » a décidé de se spécialiser dans la transformation des tomates bio de notre pays en sauces d’accompagnement locales. Cornélie Brishka Odjele est secrétaire générale adjointe et porteuse du « FÉMININ CRÉATIF » OU L’ART

DE L’ANCIEN AU NOUVEAU CODE ÉLECTORAL

L’adoption prochaine d’un nouveau Code électoral gabonais relève de la volonté des autorités nationales de rompre avec les agissements opaques de l’ancien régime et d’asseoir une réforme globale ancrée dans le renforcement du système politique et démocratique du pays, et la modernisation des lois. Le but est d’accompagner les ambitions d’une gouvernance transparente et inclusive. Longtemps décrié par les populations, l’ancien texte comportait des éléments qui ne garantissaient ni la crédibilité, et encore moins la confiance. Le nouveau Code dont la rédaction a été confiée à la Commission nationale chargée de l’élaboration de l’avant-projet de Code électoral (CNEAPCE) par le président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, contiendrait des réaménagements significatifs visant l’amélioration du processus électoral à travers cinq axes majeurs. Transparence et crédibilité électorales Le Code électoral a pour but principal de réduire les risques de fraudes ou de contestations, et d’améliorer la confiance des citoyens dans le processus électoral. La transparence et la crédibilité électorale s’appuient sur des institutions fortes, un accès équitable à l’information et des pratiques participatives qui favorisent la confiance des citoyens dans le processus démocratique. Cette procédure constitue un pilier essentiel pour garantir des processus démocratiques légitimes et inclusifs. Consolidation de la démocratie Le Gabon cherche à promouvoir une participation citoyenne plus large et à garantir des élections libres, équitables et inclusives sur la base de la réforme des règles électorales. À cet égard, le nouveau Code électoral peut être une opportunité pour le renforcement de la transparence du processus électoral et l’actualisation du cadre légal aux fins de garantir une meilleure supervision des élections par des institutions indépendantes. En outre, l’utilisation des nouvelles technologies pour l’enregistrement et la comptabilisation des votes réduit les risques de fraudes et garantit une meilleure accessibilité pour les populations vivant en zones rurales et les personnes en situation de handicap. D’autres changements incluent : Le processus en cours vise à restaurer la confiance des citoyens dans les institutions électorales et à renforcer l’État de droit car, une démocratie consolidée repose sur des élections crédibles où tous les acteurs, qu’ils soient candidats ou électeurs, se sentent représentés et respectent les résultats. Adaptation aux nouvelles réalités politiques  Les réformes en cours prennent en compte les évolutions politiques, sociales et technologiques, et introduisent des innovations comme l’utilisation de la technologie pour le vote ou la gestion des listes électorales. Cela nécessite une mise en œuvre efficace et un suivi rigoureux des réformes pour éviter, entre autres risques : Réduction des tensions post-électorales Selon le gouvernement, la clarification des règles et procédures diminue les conflits liés aux élections et favorise un climat de paix sociale. Ce point nécessite l’introduction de systèmes électroniques fiables pour le dépouillement et la transmission des résultats afin de renforcer la transparence et l’efficacité des élections. La publication des résultats en temps réel permettra d’éviter les accusations de falsification et de renforcer la confiance dans le processus. Au vu de ce qui précède, les dirigeants doivent s’engager à respecter les dispositions du Code électoral et éviter les abus de pouvoir. La mise en place d’une surveillance citoyenne est nécessaire dans la mesure où cet élément majeur jouera un rôle clé dans le but de dénoncer les irrégularités. Les médias doivent être engagés pour une couverture neutre des élections en vue de calmer les tensions et limiter la désinformation. Conformité aux normes internationales  À l’ère du numérique, le nouveau Code électoral projette d’aligner les processus électoraux gabonais aux standards démocratiques internationaux. Le but est de veiller à : En définitive, si les conditions qui visent à améliorer le processus électoral sont réunies, le Gabon pourra, de ce fait, réduire de manière significative les tensions post-électorales et progresser vers une démocratie plus apaisée

TRANSPARENCE ÉLECTORALE

Les partis politiques, la société civile et les mouvements citoyens se mobilisent dans la perspective des élections avenir. La transparence électorale, pour ne citer qu’elle, est au cœur de leur préoccupation. Concept clé des élections, la transparence électorale fonde la confiance des citoyens qu’ils soient électeurs ou candidats aux élections. Le processus se base sur la capacité des observateurs électoraux à veiller au bon déroulement des scrutions et à constater les éventuels écarts à la procédure qui, des années durant, a été entachée d’irrégularités. Le Front des citoyens pour la transparence électorale (FCTE) s’engage, avec le soutien de plusieurs partenaires, et autres mouvements désireux de se joindre au processus en cours, à mettre en œuvre son plan d’action. Dans un entretien à cœur ouvert, la présidente du Front, Dr. Marie-Joselle Pélagie Itsana, décline les missions du mouvement et propose des solutions idoines pour éviter les multiples soubresauts que notre pays a vécus au cours des dernière décennies. 

« JE SUIS SOCIOLOGUE ET AU CHÔMAGE »

Il est le troisième d’une fratrie de six enfants nés d’un père militaire à la retraite et d’une mère commerçante encore en activité. Jeune et combattif, Axel Kombila Kombila est sociologue de formation, spécialiste des questions d’évaluation des politiques, des programmes et des projets qui gravitent autour de la gouvernance, de l’État, du pouvoir et des institutions. Actuellement au chômage, il lutte pour les droits des chômeurs. En toute humilité et  franchise, il livre un témoignage chargé d’émotion et de détermination.   « J’étais dans un passé récent consultant au sein d’agences du système des Nations unies dans le cadre de l’évaluation d’un certain nombre de projets et de programmes. Mon expérience aidant, ma carrière de consultant m’a permis d’obtenir un certain nombre de marchés et de subvenir à mes besoins à court terme. Malheureusement, après ces moments de vaches grasses, avoir d’autres opportunités s’est avéré extrêmement compliqué. En tant que consultant indépendant, je n’ai pu subvenir à mes différentes charges. Loin de baisser les bras, je me suis dit qu’il était temps de frapper à nouveau à la porte de l’État. En 2019, je me tourne vers la fonction publique où je dépose mon dossier. En vain ! Suite à l’arrivée au pouvoir en août 2023 du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) et à la diffusion du communiqué n°13 qui demandait aux Gabonais de déposer les dossiers à la fonction publique, j’ai adhéré, faute de trouver un emploi, à un collectif associatif où je milite pour les intérêts et les droits des chômeurs. À ce jour, je n’ai reçu aucune information relative à mon dossier. Rien n’a filtré. La fonction publique brille par un mutisme, un silence, qui n’a pas de nom. »   Les compétences d’Axel pourraient être mises au service de la Primature ou de la vice-Primature au département de la prospective et de la planification, ces deux domaines étant connexes au suivi-évaluation.    « A mon avis, une cellule d’évaluation devrait être créée, notamment au niveau du secrétariat général où se trouve une direction du suivi/évaluation des politiques publiques. Je pourrais même travailler au sein du gouvernement en qualité d’agent technique, de conseiller chargé d’études des questions de suivi/évaluation de projets, ou au ministère des Affaires étrangères au sein du Mécanisme africain de l’évaluation par les pairs (MAEP) ou encore dans le système des Nations unies. J’ai passé un moment au ministère de la Promotion, de la Bonne Gouvernance et de la Lutte contre la corruption. Le projet avait pour objectif d’infuser la culture de l’évaluation dès le banc de l’école, notamment au niveau du secondaire et même à l’université. »   Ayant formé des étudiants, des professionnels et des acteurs de la société civile dans le domaine du suivi/évaluation de projets, Axel nous confie qu’il peut enseigner. Déçu, il pose un regard amer et critique sur la situation qui prévaut actuellement au Gabon, témoignant l’intérêt qu’il porte au devenir de son pays.   « Mon regard, en tant que sociologue-politique sur la situation actuelle du Gabon, est à la fois multidimensionnel et transversal. Nous sommes à la croisée des chemins comme ce fut le cas en 1964 après le coup d’État avorté. Nous sommes dans le même contexte que celui qui prévalait à l’époque des pères fondateurs. Nous nous interrogeons sur le type de société que nous voulons pour notre pays. Nous avons connu un régime, un pouvoir qui est tombé et qui a laissé des traces mortifères dans la vie des populations et la gouvernance du pays. Aujourd’hui, nous sommes face à un autre pouvoir. »   Pointant du doigt la gestion néo-patrimoniale des institutions, Axel dénonce la confusion qui régnait à l’époque entre les espaces public et privé, et plaide pour un changement de paradigme.   « On a fait de la gestion publique, des affaires de l’État, une affaire privée et patrimoniale. Il faudrait donc reconstruire un État qui soit l’émanation de la volonté populaire et qui travaille pour le bénéfice de tous les citoyens et non pour un groupuscule. L’armée a l’occasion d’apporter une nouvelle ère où, effectivement, la redistribution équitable des ressources publiques et la bonne gouvernance seront un rempart contre la corruption et les détournements de biens publics au sommet de l’État et au niveau de toutes les strates. In fine, il va falloir infuser une nouvelle culture dans l’imaginaire social de chaque population. Ce processus doit se faire aussi bien au niveau infrastructurel qu’au niveau des hommes. Il va falloir établir des institutions fortes et non des hommes forts. Malheureusement, près d’un an après l’accession du président de la transition au pouvoir, avec l’intention de . Mais, force est de constater que le Gabon est dans une situation assez hybride. On n’arrive pas vraiment à bien saisir ce que les autorités veulent faire. Ce qui émerge plus à la perception du sociologue que je suis, c’est que l’on a des hommes d’abord qui veulent s’implanter et demeurer au pouvoir alors que ce n’est pas d’abord l’objectif premier.»   Selon Axel, il faudrait pouvoir tourner la page et restaurer les institutions de sorte que le pouvoir puisse avoir ses lettres de noblesse, une mystique et un instinct patriotique fort.   « L’enjeu est d’éblouir tous les citoyens afin qu’ils puissent avoir confiance en leur pays et que la fierté nationale soit redorée au sommet de l’Etat. Un changement profond s’impose. Si les populations peuvent s’exprimer librement et donner leur point de vue, j’ai néanmoins le sentiment que nous sommes en train de revenir vers le même système, de reproduire les travers du système déchu. Un groupuscule accapare le pouvoir et jouit de ses avantages pendant que la majorité croupit toujours dans la précarité et la disette. Ce qui doit changer, c’est la gestion des affaires publiques. L’État devrait être au service de tous les individus et non au service d’une famille, d’un groupuscule. L’État devrait jouer son rôle régalien, garantir la couverture sociale, l’accès à la santé, à l’éducation et à l’emploi, et relancer l’économie, etc. »   Au sujet des conclusions du Dialogue national inclusif « JE SUIS SOCIOLOGUE ET AU CHÔMAGE »

VIE CHÈRE ET SALAIRE DÉRISOIRE

pot de terre renversé, pièce de monnaie

Se loger au Gabon est une source de préoccupation majeure pour les populations démunies ou n’ayant pas de revenu. Une ménagère payée à 150 milles francs CFA par mois n’arrive pas à répondre comme il se doit à ses besoins essentiels. Il lui est quasiment impossible de se nourrir et de se soigner convenablement une fois réglés les coûts du loyer et de transport. Ceux-ci se chiffrent respectivement à 80 et 40 000 CFA, soit 120.000 francs CFA par mois. Laborieux voire ingrat, le métier domestique est souvent pratiqué pour survivre. Le témoignage de Rachel Blanche est lyrique et poignant.

TRAITEMENT ET DROITS DES EXPROPRIÉS

Les personnes expropriées se plaignent souvent du traitement que l’État leur inflige lorsqu’il décide de réaliser un projet d’intérêt commun sur une terre déjà occupée par des citoyens. Selon le législateur, avant le début de l’expropriation, l’État se doit d’informer les habitants de la zone impactée par le projet d’intérêt commun, encore appelé déclaration d’utilité publique. Les habitants concernés peuvent espérer bénéficier d’une indemnisation qui va leur permettre de se reloger ailleurs. Sur la base du droit, on ne peut pas être exproprié sans être indemnisé. Maitre Farafina Boussougou-Bou-Mbina apporte des réponses aux  interrogations des victimes d’expropriation.

LE QUOTIDIEN D’UN RETRAITÉ

La retraite est une étape importante dans la vie de toute personne qui a été en activité. Malheureusement, elle n’est pas toujours heureuse car, si elle est synonyme de repos, elle s’accompagne d’une diminution des revenus. « Vivre » a rencontré Théophile Moubassango, animateur radio à la retraite, mais qui, du fait de son dévouement, est toujours en activité. Dans la vidéo que vous allez suivre, il fait état du vécu d’un retraité.

EXPROPRIATIONS ET RELOGEMENT

Maison détruite, Okala, Gabon

La Loi n°6/61 du 10 mai 1961 réglementant l’expropriation   pour cause d’utilité publique est-elle appliquée conformément à ce qu’elle dit ?     Au fil des ans, et ce jusqu’en août 2023, nombre d’expropriations ont eu cours. Déclarées d’utilité publique par les autorités nationales, elles sont jugées intempestives et traumatisantes par les victimes.   Aux expropriations succède la phase de relogement qui, elle aussi, pèse lourdement sur la vie des personnes qui la subissent, le montant des indemnisations étant bien souvent en-deçà du coût des logements détruits.   Suivons la vidéo.

LOGEMENT ET REVENUS PRÉCAIRES

Maisons des matitis au Gabon

La problématique de l’accès à un logement décent au Gabon concerne de nombreuses familles ayant des revenus précaires. Il est indubitable que chaque bailleur dicte sa loi en donnant le montant du loyer, et ce en dépit de l’existence de la loi no 15/63 du 8 mai 1963 régissant les locations et l’immobilier en République gabonaise.   Cette loi, adoptée peu après l’accession du Gabon à l’indépendance, n’a jamais vraiment été appliquée. C’est une sorte de « mercuriale » des loyers. La loi stipule clairement les coûts selon les matériaux de construction. Les loyers des maisons en planche varient entre 50 000 et 90 000 francs CFA par mois et entre 75 000 et 85 000 francs CFA par mois pour les studios. Ceux des maisons en dur vont de 100 000 à 300 000 et ceux des résidences de 700 000 à 1,5 million de francs CFA par mois.   En 2015, l’économiste Mays Mouissi, actuellement ministre de l’Économie et des Participations, indiquait : « La question du logement est confrontée à une absence de schémas directeurs, une politique du logement défaillante et logis précaire. La crise de l’habitat au Gabon n’a cessé de s’accroÏtre depuis son accession à l’indépendance. En dépit de plusieurs annonces de construction de logements, l’analyse des politiques du logement menées et de leurs résultats fait ressortir de nombreuses défaillances qui traduisent l’incapacité de l’État à apporter seul des solutions à cette crise. »   Toujours du point de vue de l’économiste gabonais, « l’annuaire statistique du Gabon sur la période 2004-2008 ? au sujet du volet relatif à l’aménagement de parcelles, révèle que la production annuelle de parcelles par le ministère en charge de l’Habitat et les sociétés sous contrats fut limitée à 90 unités en moyenne par an sur cinq ans. »   « Ainsi entre 2004 et 2008, l’offre disponible en foncier urbain aménagé ne représentait que 1,8% des besoins du marché. Par ailleurs, 7 des 9 provinces du pays n’ont connu aucun aménagement foncier pendant la période. Dans un tel contexte, le logement anarchique et l’habitat précaire étaient devenus l’unique recours pour les populations. »   D’après le Centre pour le financement du logement abordable en Afrique (CAHF) dans son Annuaire sur le financement du logement en Afrique 2022, l’urbanisation rapide et la mauvaise planification urbaine ont entraîné un manque de logements de 260 000 à 300 000 unités, en particulier dans les classes à revenu moyen et faible.   Selon la Banque mondiale, la pauvreté et le chômage, dont les taux figurent parmi les plus élevés au monde, touchent respectivement près de 37 % et 40 % des Gabonais.es. Cette situation contraint les demandeurs d’emploi à exercer une activité dont le revenu mensuel ne leur permet de répondre ni à leurs charges ni aux besoins de leur progéniture.   La crise sanitaire liée au Covid 19, durant laquelle le gouvernement gabonais a pris une panoplie de mesures rudes, a également favorisé le phénomène de la précarité des revenus en raison notamment de la fermeture de nombreuses entreprises. En outre, plusieurs compatriotes ont perdu des emplois qui leur permettaient d’avoir des salaires stables. Une réalité absurde quand on sait que le Gabon est l’un des pays les plus riches et l’un des plus grands producteurs de pétrole de l’Afrique.   De ce fait, l’individu qui perçoit un revenu précaire ne peut que se loger dans les zones où l’insalubrité et l’insécurité règnent. Le bailleur, quant à lui, ne prend pas souvent au sérieux les problèmes de l’environnement. Des familles se retrouvent, bien malgré elles, dans l’obligation de se loger dans une seule pièce à cause du coût élevé d’un logement décent. Quelquefois, l’endroit est très vétuste, étroit et, le plus souvent, le bailleur ne tient pas compte des doléances de ses locataires.   Neige, une jeune femme, s’en plaint. Non seulement l’espace qu’elle loue est très étroit, mais en plus le montant à payer ne correspond pas à l’espace qu’elle occupe. À cela s’ajoute le problème de l’insécurité et le refus du bailleur d’entreprendre des travaux tels que la pose des grilles de sécurité. Selon Neige, il faut prévoir au moins une enveloppe de 100 000 francs CFA par mois pour espérer avoir même une chambre assez vaste.   De son côté, si le bailleur souhaite améliorer les conditions de vie de ses locataires alors que sa situation financière est très précaire, les loyers qu’il récolte chaque mois suffisent à peine pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa progéniture. Parallèlement et malheureusement, la réalité sur le terrain ne permet pas au locataire ayant des revenus précaires d’obtenir un logement sain et doté d’un cadre de sécurité fiable. En général, les logements décents sont destinés aux personnes ayant des salaires élevés qui leur permettent de mieux se loger dans les quartiers résidentiels comme Angondjé et Bas-de-Gué-Gué, car le studio est à 150 000 francs CFA par mois.   Sylvie, une bailleresse gabonaise habitant dans la zone d’Angondjé s’explique sur le loyer de son studio à 150 000 francs CFA par mois. « Le matériel est excessivement cher, notamment celui destiné aux finitions. Quant au coût de la main-d’œuvre, il varie en fonction de chaque tâche y compris la sécurisation du logement. Un autre problème concerne le mauvais état de la route, surtout en saison des pluies. »   Le président de la Transition, le général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguema, rêve de procurer des parcelles de terrain et des logements accessibles à tous les Gabonais et à moindre coût. C’est d’ailleurs dans cette optique qu’il a instruit le ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre, Ludovic Megne, de procéder à l’élaboration d’un plan d’action axé sur la révision et la baisse des coûts d’acquisition des logements, avec pour objectif principal de favoriser l’accès équitable de tous ses compatriotes à la propriété.