Eric Ozwald

MÉDIAS ET DROITS HUMAINS AU GABON

Au Gabon, les droits humains demeurent un enjeu majeur pour la société et les institutions. À cet égard, la presse en, tant qu’acteur incontournable de l’information et la sensibilisation, a la responsabilité de faire progresser la conscience citoyenne et de contribuer à l’édification d’une société plus juste et inclusive. Qu’elle soit écrite, audiovisuelle ou numérique, la presse joue un rôle de vigie en mettant en lumière les violations, en donnant la parole aux victimes et en interpellant les autorités. Elle devient ainsi un relais essentiel entre les organisations de défense des droits humains et l’opinion publique. Dans un pays où les débats sur la gouvernance, la justice sociale et l’égalité restent sensibles, les médias offrent une plateforme de dialogue et de plaidoyer. Cependant, ce rôle se heurte à plusieurs défis. La désinformation et la prolifération des contenus non vérifiés fragilisent la confiance du public. Les pressions politiques et économiques peuvent limiter la liberté éditoriale et pousser certains organes à l’autocensure. À cela s’ajoute la fracture numérique, qui prive une partie de la population, notamment en zones rurales, d’un accès régulier à l’information. Outre ces contraintes, des obstacles d’ordre institutionnel et structurel freinent la marche vers une presse libre et indépendante. De l’ambiguïté du cadre législatif Le Code de la communication de 2016, bien qu’ayant supprimé les peines privatives de liberté pour les délits de presse, contient des dispositions floues qui exposent les journalistes à des risques juridiques imprévisibles. Manque d’indépendance de l’organe de régulation des médias La Haute Autorité de la Communication (HAC) est critiquée en raison notamment de son mode de nomination qui est contrôlé par le pouvoir exécutif. Son président peut sanctionner un média sans consulter les autres membres, ce qui soulève des inquiétudes quant à l’équité de ses décisions. Accès limité aux sources officielles Les journalistes, en particulier ceux des médias indépendants, rencontrent des difficultés pour accéder aux informations gouvernementales. Cet obstacle entrave leur capacité à informer le public de manière complète et précise. Intimidations et pressions Des cas de convocations de journalistes par les services de sécurité sur la base du Code pénal ont été rapportés, créant un climat de peur et d’autocensure au sein de la profession. Malgré ces obstacles, les médias gabonais disposent d’opportunités inédites. Les réseaux sociaux et les plateformes digitales permettent de toucher la jeunesse, de vulgariser des notions complexes et de mobiliser autour de campagnes citoyennes. Les radios communautaires, quant à elles, restent des vecteurs puissants de sensibilisation des populations y compris celles vivant dans les régions éloignées. Ainsi, la presse gabonaise est appelée à renforcer son rôle pédagogique et critique, en s’appuyant sur des formats innovants et une rigueur professionnelle accrue. Car au-delà de l’actualité, il s’agit de construire une culture des droits humains, où chaque citoyen se sent informé, responsabilisé et engagé. D’où l’existence de programmes qui abordent les questions sociales liées à la défense et à la sensibilisation aux droits humains. « La Parole aux éditeurs », animée par Falonne Bessagholi sur Radio Gabon, mérite une attention particulière. Cette émission, qui gagnerait à être portée sur grand écran, s’impose comme un véritable espace citoyen. Elle donne la parole à tous les Gabonais, qu’ils soient au pays ou à l’étranger, pour débattre des sujets d’actualité, en particulier ceux qui touchent aux problèmes sociaux et aux droits fondamentaux. Au-delà de son format radiophonique, « La Parole aux éditeurs » incarne une démarche inclusive et participative. En ouvrant le micro aux citoyens ordinaires, elle brise le monopole des voix institutionnelles et permet une diversité d’opinions rarement entendues dans le paysage médiatique. Cette pluralité contribue à renforcer la conscience collective et à rapprocher les débats des réalités vécues par les populations. Dans un contexte où la sensibilisation aux droits humains reste un défi, ce type d’émission joue un rôle pédagogique essentiel. Elle vulgarise des notions complexes, encourage le dialogue et favorise l’émergence d’une culture de responsabilité citoyenne. Le paysage médiatique gabonais gagnerait à multiplier ce genre d’initiatives, capables de relier information, participation et engagement social, afin de consolider le rôle des médias comme piliers de la démocratie et de la justice sociale. Dans la même dynamique, l’ONG Brainforest, en partenariat avec Human Rights Foundation, a publié un guide intitulé « Gabon, tes droits. » Cet ouvrage constitue une ressource précieuse pour les citoyens, car il informe, explique et vulgarise les droits fondamentaux en République gabonaise. Accessible et pédagogique, ce guide illustre la manière dont les médias et les acteurs de la société civile peuvent collaborer pour renforcer la culture des droits humains. Il démontre que l’éditorial et la communication peuvent devenir des outils de sensibilisation puissants, capables de toucher un large public et de favoriser une meilleure compréhension des enjeux citoyens. Par ailleurs, le paysage médiatique compte depuis mars 2023 le magazine en ligne « Vivre » sur les droits humains au Gabon qui consacre l’essentiel de ses colonnes à des informations factuelles, didactiques et des conseils pratiques, le but étant d’aider le public à connaitre, s’approprier et défendre ses droits. Des sujets d’actualité y ont également leur place. « Vivre » est né de la volonté d’une équipe de journalistes qui travaille avec l’appui de professionnels issus de divers domaines (défenseurs des droits humains, juristes, enseignants, médecins, économistes, politologues, sociologues, anthropologues…). Leur analyse et leurs conseils sont d’un apport inestimable. Les médias et les droits humains sont intimement liés. Le défi est immense : il ne s’agit pas seulement de relayer des informations, mais de construire une véritable pédagogie des droits humains, adaptée aux réalités locales et accessible à tous. Les initiatives menées en ce sens par des institutions comme l’UNICEF ou des ONG locales montrent que des avancées sont possibles. Mais pour que l’impact soit réel, il faut une volonté collective, une stratégie cohérente et une implication continue et soutenue des médias dans la promotion des droits humains. Un paysage médiatique en mutation Le paysage médiatique gabonais a connu un essor notable dans les années 1990, porté par le renouveau démocratique. La création du Conseil national de la Communication (CNC) marquait une étape importante dans la régulation du secteur. Ses MÉDIAS ET DROITS HUMAINS AU GABON

LE QUOTIDIEN DES « INVISIBLES »

Une père démunis tenant dans ses bras ses deux enfants, assis dans leur maison insalubre.

  « Ils sont des centaines de milliers, mais on ne les voit pas, ils vivent parmi nous, mais ils sont à l’écart. Victimes d’une sorte d’omerta médiatique, les écartés de notre cadre de vie et de cadre de vue, les invisibles sont tous ceux que vous ne verrez généralement pas sur les médias au Gabon. Ces gabonaises et gabonais, ces individus qui font tache, sont les habitants des matitis. On les trouve dans toutes les métropoles d’Afrique, et même dans celles comme Libreville.»  Extrait de l’œuvre « Les Matitis » de Hubert Freddy Ndong Mbeng.   Selon l’Observatoire international des maires sur le vivre ensemble, Libreville est la ville la plus peuplée du Gabon avec une population estimée à 850 000 habitants et 6 arrondissements subdivisés en 117 quartiers. De Derrière-la-Prison à Cocotier en passant par Malaba au PK12, où la vie au quotidien est une épreuve, un parcours du combattant pour les habitants, notre reportage a fait une immersion dans les profondeurs de ces agglomérats de la capitale où le braquage est une norme, où les glissements de terrain emportent des maisons et endeuillent des familles.   Profil et mode de vie des habitants des matitis   Dans un quartier populaire dénommé Derrière-la-Prison (DP), communément appelé Boston par ses habitants qui font référence à cette ville des États-Unis où la violence et le crime sont élevés, M. Okoumba Asseko, résident depuis 2014, nous fait découvrir le quotidien de DP. « Les conditions de vies sont difficiles à Derrière-la-Prison, les gens qui y vivent sont pauvres, démunis, braqueurs. » Ces profils d’habitants révèlent une réalité peu reluisante.   « Le prix des loyers est accessible. Ici, beaucoup de gens sont propriétaires. Les bailleurs sont humains, ils connaissent les conditions de vie des habitants du matiti. C’est le pauvre qui vient vivre ici et le bailleur le comprend », affirme M. Okoumba Asseko.   C’est le pauvre qui vit dans les matitis, c’est le rejeté de la société qui n’a pas d’éducation qu’on retrouve dans ces quartiers sous-intégrés. M. Okoumba Asseko a fait son constat : « Nous retrouvons des constructions anarchiques, des toilettes dans la cuisine, des logements en tôles, le salon du voisin est le lieu de passage de tout le monde. »   Un logement, mais au prix des vies humaines   Les maisons sont construites de façon anarchique. Etudiant en communication résidant au quartier Malaba, Mboumba Mafouana nous raconte son expérience : « À Malaba, il y a des éboulements. Une pluie diluvienne a emporté un vieillard. Il était déjà couvert de boue. Les sapeurs-pompiers sont arrivés autour de 11 heures le lendemain. »   L’accès à ces quartiers est pratiquement impossible pour des interventions de sauvetage. Quand surviennent des catastrophes, les ruelles sont inaccessibles pour les véhicules. Le jeune étudiant ajoute : « Malaba est un quartier où la majorité des constructions sont faites sur des collines. Pour se frayer un chemin, des engins viennent faire des travaux. » Les infrastructures telles que les dispensaires ou les centres médicaux n’existent pas dans ces quartiers.   Le matiti, c’est la mort facile. À Malaba, tout est à haut risque d’après notre étudiant : « La majorité, ce sont des maisons inachevées recouvertes de bâches pour être à l’abri ou de vieilles maisons qui menacent de s’écrouler au moindre vent. »   Le vice, la prostitution, les beuveries, les jeux d’argent et le vol sont les activités auxquelles s’adonnent les jeunes des matitis.   À Cocotier depuis quatre ans, Eureka Idomba, étudiant dans une école supérieure, nous partage son expérience : « La pauvreté dans ce quartier entraîne la délinquance et la prostitution. Un boutiquier prostitue des mineures à cause d’un sachet de riz ou d’un quart de litre d’huile. »   L’inaction des pouvoirs publics a tendance à faire de ce quartier l’un des plus dangereux de Libreville. Eureka Idomba témoigne : « Le niveau d’insécurité est effrayant, il n’existe pas d’heure pour les braquages. ». L‘étudiant en profite pour aborder la question du faible taux de scolarisation des jeunes de son quartier : « Il est devenu rare de voir un enfant de Cocotier réussir à l’école. »   De Derrière-la-Prison à Malaba, en passant par Cocotier, le constat est accablant : habitat précaire, absence d’infrastructures sociales, insécurité, délinquance juvénile, déperdition scolaire et chômage. Dans les matitis, les habitants luttent entre le désespoir et l’espoir. Okoumba Asseko, Idomba et Mboumba Mafouana rêvent simplement de logements décents, d’eau et d’électricité accessibles, d’écoles et de centres médicaux.

Chaque voix compte

« Nier aux gens leurs droits humains, c’est remettre en cause leur propre humanité », déclarait Nelson Mandela en 1990, à Genève, après sa libération. Cette parole, toujours d’actualité, résonne comme un rappel fondamental : chaque être humain, du nord au sud, de l’ouest à l’est, porte une voix, une parole et des valeurs qui constituent son humanité. Au Gabon, la promotion et la défense des droits humains reposent sur des jalons institutionnels importants. Depuis 1987, la Journée nationale des Droits de l’Homme, organisée chaque 30 mai, invite à réfléchir et à agir pour le respect de la dignité humaine. L’édition de 2024, placée sous l’égide du ministère de la Justice, Garde des sceaux, chargé des Droits Humains, a marqué un tournant avec l’annonce de dix jours d’action pour humaniser les lieux de privation de liberté. Cette initiative a permis d’ouvrir un espace d’expression à ceux dont la voix reste trop souvent confinée au silence. En donnant la parole aux détenus et en mettant en lumière leurs conditions de vie, la société gabonaise a affirmé que, même dans les lieux de privation de liberté, chaque voix compte. Cette dynamique s’est renforcée dans un contexte particulier : celui d’une période de transition politique réussie. Désormais, la parole circule davantage au Gabon. Citoyens et citoyennes, issus de toutes les couches sociales — classes moyennes, catégories défavorisées, personnes en marge— osent s’exprimer, partager leurs avis sur des faits de société et interpeller les autorités. De ces prises de parole émergent des changements tangibles, preuve qu’au Gabon, les voix portées, même les plus fragiles, trouvent un écho. L’année 2025 a illustré cette réalité avec force. En juin, une vaste opération de déguerpissement a touché certaines zones de Libreville. Des familles entières, privées de logement, ont crié leur détresse, interpellant les autorités sur leur sort. Leur appel n’est pas resté lettre morte : le 15 août 2025, 260 familles victimes des déguerepissements à Plaine-Orety ont été relogées dans le cadre du projet de logements sociaux de Bikélé Nzong. Cette réponse concrète démontre que la dignité peut être restaurée lorsque la société reconnaît que chaque voix mérite d’être entendue. Ainsi, au Gabon, les Droits Humains ne sont pas qu’un idéal abstrait. Ils se construisent au quotidien, par l’écoute, par l’action et par la reconnaissance de toutes les voix. Car c’est en tenant compte de chaque citoyenne et de chaque citoyen que le pays nourrit l’espoir d’un avenir plus juste et plus humain. CHAQUE VOIX COMPTE

CROIRE EN SON POTENTIEL

« Nous avons tous un potentiel en nous qui détermine ce que nous sommes appelés à faire ou à devenir pour être pleinement heureux dans la vie Il nous appartient alors d’y croire, de l’identifier et de tout mettre en œuvre pour le voir se concrétiser. » Éric Kouto Nyamaku. Avant même le regard du public, avant l’applaudissement d’une salle ou l’écho d’un micro, il y a un choix intime, invisible, radical : croire en soi. L’artiste naît d’un silence que personne ne remarque, d’un feu intérieur que seule sa propre foi peut nourrir. Dans un monde parfois hostile à la création, croire en son potentiel devient un acte de construction. C’est reconnaître que, malgré les obstacles, le doute ou l’incompréhension, l’élan intérieur ne ment jamais. Ce feu-là, lorsqu’il est entretenu avec sincérité, finit toujours par éclairer, car chaque artiste porte en lui une vérité que personne d’autre ne peut dire à sa place. Et c’est justement cette singularité, ce mélange de fragilité et de force qui fait la beauté de son art. L’artiste est d’abord un croyant. Non pas dans un dieu ou une idéologie, mais dans cette chose insaisissable et précieuse : le soi profond, le don qu’il porte, et dont il est le premier gardien. Tant que lui-même doute de sa légitimité, personne ne pourra la lui accorder. Car le monde ne croit en vous que si vous osez croire en vous d’abord. Mais croire ne suffit pas. Encore faut-il identifier ce potentiel, le cultiver, le polir. La foi en soi n’est pas un rêve flou, c’est une construction patiente. L’artiste doit travailler, apprendre, rater, recommencer. Il doit oser l’inconfort, sortir du mimétisme, affirmer sa voix même si elle tremble. Beaucoup abandonnent, rangent leur guitare, cessent d’écrire,  renoncent à leurs pinceaux. Non parce qu’ils sont mauvais, mais parce qu’ils ont cessé d’y croire et accepté l’idée que le monde avait raison de ne pas les écouter. Et pourtant, l’histoire regorge d’artistes que personne n’attendait et qui ont bouleversé leur époque simplement parce qu’ils ont persisté. Croire en son potentiel, c’est refuser d’attendre la validation extérieure pour exister. C’est créer, même quand on est seul. C’est produire, même quand on doute. C’est se construire dans le silence, dans la lenteur, dans la profondeur. C’est choisir l’authenticité plutôt que l’opportunisme. Et c’est peut-être ça, au fond, la première œuvre d’un artiste : croire en soi avant que les autres n’en soient capables. Le reste, c’est-à-dire la reconnaissance, la scène, les prix ne sont que les conséquences d’un combat intérieur gagné. Alors oui, le chemin est long. Parfois solitaire. Mais l’artiste qui croit en lui n’avance jamais pour rien. Il sème, il façonne, il transforme. Et même s’il n’en voit pas tout de suite les fruits, son œuvre prépare le monde à mieux sentir, mieux voir, mieux rêver. Croire en son potentiel, c’est bâtir quelque chose qui dépasse l’ego : c’est se mettre au service du vrai, du beau, du nécessaire. C’est comprendre que la seule permission dont on a besoin pour exister c’est la sienne.

L’ARTISTE ET LE POLITIQUE

Dans le contexte artistique actuel, il est impossible d’éluder une question aussi sensible que centrale : celle du lien entre l’artiste et le politique. Deux figures d’influence. Deux voix publiques. Chacune à sa manière, façonne l’imaginaire collectif et influence l’opinion publique. Le politique par sa gestion de la cité, l’artiste par la puissance symbolique de son expression. Ce lien, pourtant naturel dans une société en quête de sens, s’effiloche au point de devenir ambigu, voire toxique. Le politique, souvent conscient du pouvoir émotionnel de l’artiste, l’utilise comme un relais stratégique, un outil d’influence populaire, notamment en période électorale. L’artiste, lui, cède parfois à la tentation du confort et de la visibilité offerte par le pouvoir, au détriment de son rôle critique, de sa mission de miroir social. Cette dérive ne date pas d’aujourd’hui. Dès la fin des années 90 et au début des années 2000, des voix artistiques gabonaises s’élèvent avec force. Le mythique groupe de rap Hay’Oe dénonce les injustices sociales et la précarité généralisée dans des titres chocs comme « Au secours », véritable cri de détresse d’une jeunesse marginalisée, avec un refrain devenu culte : « Au secours, venez-nous en aide, le pays est sous perfusion ». À l’époque, le groupe assume un rôle de vigie, une fonction sociale et politique d’alerte. Mais en 2009, Hay’Oe surprend et déçoit en se rapprochant du pouvoir qu’il dénonce. Le titre « Laissez-nous avancer », chanté en soutien au candidat Ali Bongo Ondimba lors de la présidentielle, marque un tournant. De porte-voix du peuple, l’artiste devient instrument d’une campagne politique, mettant son art au service d’un projet partisan. Cette trajectoire illustre un phénomène plus large de domestication culturelle où l’art devient une vitrine décorative plutôt qu’un outil de conscientisation sociale. Cette réalité est héritée de l’ère Omar Bongo Ondimba qui institutionnalise les groupes d’animation politique. L’exemple le plus parlant est celui de Kounabéli avec à sa tête Josephine Kama Bongo, épouse d’Omar. Ce groupe chante à la gloire du Parti Démocratique Gabonais (PDG) et de son président, entérinant une pratique aujourd’hui connue sous le nom de kounabélisme. Ce mot devenu familier, presque banal, désigne l’artiste engagé non plus au service d’une cause, mais d’un pouvoir. Le kounabélisme a ainsi inversé les rôles : ce n’est plus le politique qui est caricaturé par l’artiste, mais l’artiste qui devient le figurant du politique. Une dynamique qui interroge sur la liberté de création, l’indépendance intellectuelle et le rôle véritable de l’art dans une démocratie. Il serait toutefois injuste de peindre tous les artistes avec le même pinceau. Il existe, dans le paysage culturel gabonais, deux grandes catégories d’artistes. D’un côté, ceux qui croient en la puissance de leur art et de leur potentiel et qui, malgré les difficultés, demeurent intègres et dignes. Ils chantent, slament, peignent ou dansent pour la société, crient ses douleurs et ses espoirs. Leur art est un acte de foi. Un acte de résistance. Ils n’acceptent ni compromission ni récupération. De l’autre, il y a ceux qui cèdent aux chants des sirènes politiques, souvent par nécessité, parfois par opportunisme. Pour certains, la pauvreté pousse à l’arrangement ; pour d’autres, c’est la promesse d’un confort, d’un contrat, d’un passage dans les médias. Là où l’art devrait éveiller, il devient divertissement de cour. Là où l’artiste devrait questionner, il rassure le pouvoir. C’est à travers cette dualité que le lien entre l’artiste et le politique devient ambigu. Car ce n’est plus l’autorité qui muselle l’artiste, mais l’artiste qui renonce à sa mission, troquant sa liberté contre une reconnaissance illusoire. Mais tout n’est pas perdu. Il existe encore des plumes libres, des rythmes sincères, des artistes qui croient en la force du changement sans trahir les siens. Peut-être que demain, cette minorité intègre réussira à ramener à ses côtés les artistes qui chantent le pouvoir, afin que l’art retrouve sa fonction de veille, ses lettres de noblesse et sa place dans le cœur des Gabonais.

SLAMER POUR EXISTER

Au carrefour des mots et des émotions, Ferel s’impose comme l’une des voix montantes de la scène slam gabonaise. Dans un pays où l’art oratoire se mêle à l’engagement social, cet artiste singulier donne corps à des textes puissants qui résonnent bien au-delà des scènes urbaines de Libreville. À travers son verbe affûté et sa sensibilité à fleur de peau, il raconte les espoirs, les doutes et les luttes d’une jeunesse en quête de sens. Slameur passionné, tisseur de vers et d’émotions, Ferel fait du verbe une arme douce et puissante pour dire le Gabon d’aujourd’hui, ses douleurs muettes, ses rêves fragiles, ses espoirs suspendus. Chaque mot chez lui est pesé, ciselé, pour frapper l’âme autant que l’esprit. Rencontré dans le cadre de notre dossier spécial consacré à l’art au Gabon, Ferel s’est confié à notre média sur son parcours, sa vision du slam et son rôle d’artiste engagé dans une société en mutation. Un échange authentique avec un poète des temps modernes qui fait vibrer les mots pour éveiller les consciences.

LE VIRUS DE LA DÉSINFORMATION

Alors que le Gabon s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire avec l’élection présidentielle du 12 avril 2025, les médias se retrouvent face à un défi majeur : la désinformation. Plus que jamais, leur rôle est crucial pour transmettre des informations fiables et permettre aux citoyens de suivre l’actualité à condition qu’elle soit fiable, traitée avec rigueur et transparence. Cependant, la prolifération des fausses nouvelles ne cesse de s’intensifier, notamment avec l’essor des réseaux sociaux et la montée incontrôlée de médias en ligne privée à la ligne éditoriale peu claire. Ces plateformes deviennent souvent le terrain fertile de la désinformation, relayant des faits non vérifiés qui peuvent avoir de lourdes conséquences. Voici un exemple marquant remontant au 4 janvier 2023 : alors que l’équipe nationale de cyclisme des Panthères est en scène à Calp, en Espagne, et qu’elle se prépare pour la Tropicale Amissa Bongo, plusieurs médias en ligne affirment que le sélectionneur a démissionné après avoir détourné une somme de 30 millions de francs CFA. Une rumeur totalement infondée, rapidement démentie par un confrère du média GABONReview. Attention aux fausses rumeurs ! Une seule peut faire vaciller une carrière, entacher une réputation et, parfois même, plonger un pays dans le chaos. Une information non vérifiée, relayée sans précaution, devient un poison insidieux qui se propage à la vitesse d’un clic, semant le doute, la peur et la discorde. Aujourd’hui, c’est un entraîneur faussement accusé. Demain, ce pourrait être un candidat, un citoyen lambda, un pays tout entier pris au piège d’un mensonge devenu vérité aux yeux du plus grand nombre. Face à cette menace invisible mais dévastatrice, une seule arme demeure : la responsabilité. Celle des médias, des autorités, mais aussi des citoyens, appelés à ne pas être de simples spectateurs, mais des acteurs vigilants d’une démocratie éclairée. Car, dans un monde où un « fake news » peut briser une vie, l’information est une arme, mais entre de mauvaises mains, elle peut tuer. La vigilance des médias est d’autant plus essentielle que le Code de la Communication gabonais, bien que prévoyant des mécanismes de lutte contre la diffusion massive des fausses nouvelles, peine à être pleinement appliqué. En effet, les articles 11 et 21 du Code établissent des règles claires en matière de vérification et de diffusion de l’information. D’une part, l’article 11 met en évidence l’obligation de vérification des faits et interdit la propagation de fausses informations, déterminant qu’elles peuvent nuire à la sécurité publique. Le texte rappelle ainsi que toute publication doit s’appuyer sur des sources vérifiées et croisées, faute de quoi la crédibilité du média peut être compromise l’exposant à des sanctions juridiques. D’autre part, l’article 21 interdit strictement la diffusion de contenus incitant à la haine, à la violence ou à la discrimination. Avant toute publication controversée, il est donc impératif de mesurer les répercussions qu’elle pourrait avoir sur la société. Il est toujours préférable de privilégier les messages qui favorisent la réconciliation et le respect mutuel. Cependant, malgré ces dispositions légales, la prolifération des fake news reste une réalité préoccupante, soulevant ainsi une question cruciale : quelles mesures adopter pour garantir une information fiable et protéger l’opinion publique des manipulations médiatiques ? Le 5 janvier dernier, le président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, a réaffirmé aux médias son engagement à garantir la liberté de la presse. « N’ayez pas peur », a-t-il martelé tout en reconnaissant les difficultés auxquelles la presse a été confrontée ces dernières années. Conscient du rôle fondamental des médias, il a dit : « la presse, est le quatrième pouvoir. » Il a promis de lui redonner « ses lettres de noblesse » tout en encourageant les journalistes à exercer leur métier « avec professionnalisme et rigueur. » Dans un paysage médiatique en pleine mutation, entre opportunités offertes par les nouvelles technologies et menaces liées aux fake news, la responsabilité des journalistes demeure plus que jamais un pilier essentiel pour préserver la qualité de l’information et garantir un débat public éclairé.

DU PARTI UNIQUE AU MULTIPARTISME

Le Gabon, petit pays d’Afrique centrale de moins de 3 millions d’habitants, a connu une évolution politique marquante depuis son indépendance le 17 août 1960. De l’instauration d’un régime de parti unique à la naissance du multipartisme, cette progression, jalonnée de défis, est le reflet des aspirations démocratiques du Peuple gabonais.   Une idéologie politique encore floue   Au début des années 60, la scène politique gabonaise s’est développée autour de forces partisanes marquées par des personnalités charismatiques tels que Léon Mba, le premier président de la République, et Jean-Hilaire Aubame son challenger, respectivement à la tête du Bloc Démocratique Gabonais (BDG) et de l’Union Démocratique et Sociale Gabonaise (UDSG). Si ces partis incarnaient des visions distinctes, la dynamique impulsée à l’époque semble s’être estompée avec le temps.   Aujourd’hui, bien que le multipartisme soit inscrit dans la Constitution nationale depuis la Conférence nationale de 1990 qui a ouvert la voie à une pluralité de partis, ces derniers peinent à définir des projets politiques cohérents et fédérateurs faute d’une idéologie politique claire et précise. L’idéologie politique se définit comme « un ensemble d’idées, de principes, de doctrines qui forme une vision descriptive du monde et de la société. » Les partis politiques gabonais, du moins certains, ont brillé par leur obédience au parti au pouvoir tandis que d’autres, fidèles à leurs valeurs, prônaient, au risque de leur vie, des idéologies telles que le socialisme et le communisme.   L’ère du Parti Unique : une époque de stabilité autoritaire   Sous la présidence d’Omar Bongo, le Gabon a vécu, pendant 22 ans, sous le régime du Parti Démocratique Gabonais (PDG), unique formation politique du pays. L’adhésion au PDG était non seulement un acte politique, mais aussi un passage obligé dans le système de gouvernance. Le parti, qui incarne la stabilité et l’unité, domine largement la vie politique gabonaise, laissant peu de place à l’opposition. Cependant, au fil du temps, des tensions se font sentir. La population, déçue par les promesses de développement non tenues et l’absence de moyens réels d’expression politique, commence à réclamer le changement et l’alternance. Les premières contestations populaires émergent dans les années 80, amplifiées par une crise économique générée par la chute des prix du pétrole, principale ressource du pays. Le vent de changement souffle sur le Gabon, et la pression de la société civile s’intensifie.   1990 : Le tournant démocratique et l’acceptation du multipartisme   C’est en 1990, après des années de contestations internes et internationales, que le Gabon fait le grand saut vers la démocratie. La Conférence nationale, organisée sous l’impulsion des forces vives du pays, marque le début de la fin du parti unique. Le président Omar Bongo, sous pression, accepte de réviser la Constitution et de reconnaître le multipartisme. Dès lors, de nouveaux partis politiques voient le jour et le pays se prépare à des élections libres, un changement majeur dans un contexte de gouvernance autoritaire.   Les partis politiques naissants : une nouvelle ère politique   Avec l’introduction du multipartisme, plusieurs partis apparaissent sur la scène politique gabonaise. Notamment : l’Union du peuple gabonais (UPG), fondée par Pierre Mamboundou et l’Union gabonaise pour la démocratie et le développement (UGDD), dirigée par Zacharie Myboto, le Parti Gabonais du Progrès (PGP), créé par Me Pierre Louis Agondjo Okawe et le Rassemblement National des Bûcherons (RNB) de  Paul Mba Abessole. Mais, la transition n’est pas sans heurts. Les élections de 1993, marquées par des accusations de fraudes massives, exacerbent les tensions politiques et sociales. Les manifestations se multiplient, les partis de l’opposition dénoncent la gestion de l’organisation des élections et l’absence d’une véritable transparence électorale.   Rénovation et justice sociale   En 2014, le PDG perd l’un de ses membres les plus influents. Jean Ping démissionne du parti au pouvoir. Deux ans plus tard, il se lance dans la course à l’élection présidentielle. Son discours populiste sur la rénovation politique et la justice sociale marque les esprits, en particulier ceux des couches sociales les plus démunies. Il promet de réformer les institutions, de lutter contre la corruption et de mettre fin au « monopole familial » sur le pouvoir. Fort de soutiens divers, émanant de figures de l’opposition, Jean Ping est perçu comme le principal adversaire d’Ali Bongo Ondimba.   Le jour du scrutin, le 27 août 2016, la participation est exceptionnelle. Les premiers résultats non officiels semblent favorables à Jean Ping, qui s’est déclaré vainqueur avant la publication des résultats officiels par la Commission électorale nationale autonome et permanente (CENAP). Le 31 août 2016, la CENAP annonce la réélection d’Ali Bongo avec 49,8 % des voix contre 48,2 % pour Jean Ping. La province du Haut-Ogooué, bastion familial des Bongo, enregistre un taux de participation suspect de 99,93 %, ce qui suscite des accusations de fraude électorale massive de la part de l’opposition.   La guerre des communiqués entre les deux camps, qui revendiquent la victoire, plonge le pays plonge dans une période de tensions violentes. Des manifestations éclatent dans tout le Gabon, conduisant à des affrontements avec les forces de sécurité. Le siège de campagne de Jean Ping est attaqué et plusieurs opposants sont arrêtés. Malgré les pressions internationales et les appels à la transparence, le pouvoir en place maintient les résultats. Jean Ping se proclame « président élu » et continue de mobiliser ses partisans, notamment à travers des appels à la communauté internationale pour obtenir une reconnaissance de sa victoire. En vain.   Le CTRI : L’avènement d’un nouveau chapitre politique   Les événements récents ont marqué un tournant décisif sur l’échiquier politique gabonais, avec l’arrivée au pouvoir du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) qui a pour leader le président Brice Clotaire Oligui Nguema. Ce comité est perçu par une grande partie de la population comme un acteur salvateur, offrant un renouveau après des décennies d’un régime politique jugé autoritaire et figé.   Le coup d’État du 30 août 2023 ou « Coup de la Libération », est aux yeux de nombreux Gabonais, un moment de soulagement, un espoir tangible d’un avenir plus DU PARTI UNIQUE AU MULTIPARTISME

NOS VOIX COMPTENT…

Dans les urnes, chaque voix résonne comme une promesse de changement. Pourtant, pour beaucoup, cette promesse s’éteint dès que les élections sont terminées. À travers « Nos voix comptent », des témoignages sincères révèlent une déception profonde envers un système politique perçu comme déconnecté des réalités de ceux et celles qu’il prétend représenter. Ce projet met en lumière des histoires de citoyens qui, bien que désillusionnés par l’abandon post-électoral, continuent de croire que leur voix mérite d’être entendue, même dans un contexte où la confiance vacille. Jessica. 28 ans. Étudiante en logistique et transport   La période qui précède les élections est le moment où les citoyens peuvent exprimer leurs attentes et besoins en votant pour le candidat de leur choix. Après les élections, nos voix comptent car c’est le moment où les citoyens peuvent évaluer les actions des élus et les tenir pour responsables de leurs promesses. S’ils ne tiennent pas leurs promesses, les citoyens seront vraiment déçus. Les hommes politiques sont plus proches des populations avant les élections parce qu’ils cherchent à gagner des voix. Pour ce faire, ils font semblant d’être à l’écoute des préoccupations et des besoins des citoyens.  Ils élaborent leurs priorités et mènent campagne dans différentes provinces. Une fois qu’ils sont face aux populations, ils créent des liens émotionnels et montent une image positive. En fait, ils sont là pour un but précis. Une fois élus, ils s’éloignent des populations oubliant les besoins de celles-ci. Je les invite à améliorer nos conditions de vie, à mettre en place de meilleures conditions d’étude dans les écoles et les universités, à investir dans les infrastructures publiques et les transports en commun, et à réduire les embouteillages.   Timmy. Jeune diplômé en communication digitale. À la recherche d’un d’emploi   À mon avis, l’expression « nos voix comptent » fait référence à une période très spécifique dans notre pays, celle des élections. Cela renvoie au rôle décisif du peuple qui, conformément au droit constitutionnel, fait le choix de ses dirigeants, détermine qui sera son gouvernant, son chef et qui dirigera le pays. En somme, cela souligne l’importance de la voix du citoyen dans le processus électoral grâce à laquelle le choix des responsables politiques se fait. Les candidats ont besoin massivement des voix des citoyens pour être élus en tant que maire ou président. Mais une fois les élections passées et le pouvoir acquis, à quoi sert encore une voix ? L’importance des voix diminue, les promesses faites avant les élections ne sont plus tenues.  Pour moi, tout cela ressemble à un véritable jeu politique, un jeu de séduction. Pour s’attirer la faveur des électeurs, les politiciens font des promesses, offrent des dons, parfois même de l’argent de manière détournée. Une fois élus, une fois en poste, leur priorité n’est plus de respecter ce qu’ils ont promis, mais de se concentrer sur leurs propres intérêts. Les électeurs se retrouvent abandonnés avec leurs espoirs déçus. En tant que citoyens, nous devons être vigilants et discerner ce qui est vraiment réalisable et ce qui ne l’est pas. Au final, que constatons-nous ? Il est rare que les promesses faites soient tenues à 100%. Sur ce pourcentage, 30% seulement seront peut-être réalisés tandis que 70 % resteront sur le papier.   Qu’attendez-vous concrètement des élus pour améliorer votre cadre de vie ?   « En premier lieu, il s’agit de garantir un mieux-être pour tous. Cela signifie : l’accès aux services essentiels comme la santé et l’éducation pour tous, afin que chaque Gabonais, chaque citoyen, puisse bénéficier de ces droits fondamentaux. Il est également crucial que l’ensemble de la population se nourrisse de manière adéquate et vive dignement. Deuxièmement, il est primordial et impératif de réduire le taux de chômage qui est encore très élevé dans notre pays par la mise en place de mécanismes efficaces et de réelles opportunités d’emploi à la jeunesse gabonaise. Ce sont ces actions concrètes que nous attendons de ceux à qui nous confions notre voix et qui sont censés nous représenter au plus haut niveau. »   Maman Mirabelle. Fonctionnaire depuis 30 ans   Une fois élus, de nombreux politiciens ne tiennent pas leurs promesses. Certains deviennent même égoïstes et nous ignorent complètement même lorsque nous cherchons à solliciter leur aide. C’est regrettable et décourageant alors que nos besoins, notamment dans les provinces, sont nombreux et urgents. Nous avons besoin d’hôpitaux bien équipés et dotés de médecins spécialisés. Nombreux d’entre nous n’ont pas les moyens de se rendre dans la capitale pour des soins. Le coût de la vie est également un problème majeur. Les produits alimentaires et les services de base sont de plus en plus chers, tandis que les salaires restent insuffisants pour subvenir aux besoins des familles. En matière d’emploi, les jeunes diplômés peinent à trouver du travail alors que nombre d’entre eux sont ont le baccalauréat, des masters, des licences ou des diplômes techniques. Le système actuel tend à favoriser les plus jeunes dans les recrutements, négligeant ceux qui ont plus de 28 ans. Le récent concours des Forces de l’ordre et de sécurité est une preuve tangible. Les critères d’âge sont discriminatoires. Seuls les jeunes âgés de 18 à 24 ans sont éligibles, au grand désespoir de nombreux parents qui s’inquiètent pour l’avenir de leurs enfants. Il est urgent que des mesures soient prises pour réduire le chômage et offrir des opportunités équitables à tous. Enfin, nous prions pour que la situation change. Nous, les mères, espérons qu’un jour le Gabon offrira une meilleure vie à tous ses citoyens, peu importe leur niveau de vie. Margo. 52 ans. Commerçante à Libreville   J’ai donné ma voix à chaque élection. Je me souviens des promesses des politiciens. Ils viennent dans nos quartiers, nous promettent monts et merveilles, disent qu’ils vont améliorer nos conditions de vie, créer des emplois et tout changer pour nous. Mais, une fois les élections terminées, on ne les voit plus. Ils oublient d’où ils viennent. Ils oublient les citoyens qu’ils ont rencontrés dans les rues et qui ont mis leur confiance NOS VOIX COMPTENT…

RÉFLEXION SUR LES ÉLECTIONS

L’école joue un rôle déterminant dans la promotion des connaissances et la prise de décision. Loin de se limiter à son environnement, elle s’invite désormais sur le terrain. À titre d’exemple, l’Université Omar Bongo (UOB), à travers ses centres de recherche, accueille dans ses murs divers acteurs pour faire le point sur l’état du Gabon et proposer des pistes de solutions.  Les journées d’étude sur la thématique « Droit et pratiques électoraux à l’aune des élections générales au Gabon » s’inscrivent dans cette optique. Des enseignants-chercheurs et praticiens du droit électoral ont, du 26 au 28 avril 2023, éclairé le public sur le droit électoral gabonais à travers cinq axes majeurs. Ceux-ci incluent :  Les aspects théoriques du droit électoral. Les pratiques électorales. Les acteurs de gestion, de sécurisation, de participation des élections et de soutien ou d’appui aux élections. Le droit et la pratique du règlement des litiges électoraux. Les perspectives sur les meilleures règles et pratiques électorales. Dans un discours magistral, le directeur du CRECAPPI, le Pr Télésphore Ondo, a décliné les enjeux du droit électoral.  « Le premier enjeu est relatif au respect du concept de l’Etat de droit. Les acteurs politiques et les institutions intervenant dans la matière électorale doivent être au fait des règles et procédures du droit électoral, et s’y soumettre.» « Notre devoir est d’outiller les candidats pour qu’ils connaissent leurs droits et obligations et les électeurs pour qu’ils fassent leur choix en toute connaissance de cause et respectent leur vote en empruntant les voies des lois démocratiques. »  « Le deuxième enjeu du droit électoral concerne le renouvellement de l’élite gouvernante, plus généralement de l’alternance démocratique au pouvoir et, au-delà, le passage d’un ordre politique ancien à un ordre politique nouveau. Comment opérer ce changement ? » Le recteur de l’UOB, le Pr Mesmin Noël Soumaho, a relevé « la pertinence de la thématique des journées au regard de l’actualité brûlante marquée par la réforme de la Constitution nationale et de la loi électorale dans le cadre de la concertation politique tenue du 13 au 23 février 2023 à l’initiative du chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba.  « Le fruit des débats et réflexions conduira certainement à formuler des propositions originales et adaptées à notre société pour pacifier définitivement les joutes électorales et renforcer ainsi la légitimité des gouvernants et du vivre ensemble. Tel est le rôle de l’université considérée comme le Temple du Savoir et, singulièrement, de l’UOB dont la devise est : Savoir. Progrès. Universalité », a conclu le Pr Soumaho.  Le président d’EM Gabon, le Pr Franck Idiata, s’est engagé « à financer les acquis de ces journées rapidement en vue de leur publication avant les élections, afin de fournir aux décideurs politiques, aux acteurs politiques dans leur ensemble, mais aussi à la population, des outils d’appréciation et d’aide à la décision. »  En cette année électorale cruciale, les Gabonais.es sont appelé.es à faire valoir leur droit de vote dans le cadre des élections générales. Ces élections permettent d’élire simultanément le président de la République, les députés et les représentants locaux dans les mairies et les départements.  Les journées d’étude de l’UOB sont les 3e d’une série initiée en 2021 par le Centre de recherche et d’études constitutionnelles, administratives, parlementaires, politiques et internationales (CRECAPPI). Les deux premières étaient consacrées à la Constitution nationale et au Sénat. À travers ses travaux, le Centre de recherche apparait comme une plateforme de propositions et de contributions au développement de la démocratie dans notre pays. https://youtu.be/ER5ufw13XkQ

MEMBRES DE L’ÉQUIPE
 

Fondatrice – Directrice

 

Flavienne Louise Issembè

 

Journalistes seniors

 

Yvette Bivigou

Martial Idundu

Flavienne Louise Issembè

 

Collaborateurs et Collaboratrices

 

Annie Mapangou

Eric Ozwald

Florène Okome Pambo

Tama Z’Akis

 

Equipe WEB

 

Chris Jonathan G. – Développeur
Yourick Seh Obame – Webdesigner
Gerald Boussougou – Com. Manager

 

Cadreurs et/ou Photographes

 

Andy G. Amiaganault

Herman Oke Mve

Alain Wolbert
Delvane BKG

 

CONTACTS

infomagazinevivre@gmail.com

+241 62 71 98 92

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