Florène Okome Pambo

LE CHANTIER PERMANENT

Chaque être humain dispose, quelle que soit sa situation, de droits fondamentaux qui garantissent sa dignité, sa liberté, son égalité et sa sécurité. Ces droits ne sont pas des idées abstraites réservées aux juristes : ils se vivent au quotidien, dans l’accès à la justice, la liberté d’expression, le respect des procédures, la protection contre toute forme de violence ou de discrimination. Pourtant, au Gabon, comme ailleurs, leur respect reste un chantier permanent. Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme, via son bureau régional pour l’Afrique centrale, suit de près et soutient les efforts du Gabon en matière de promotion et de protection des droits humains. Sur le plan institutionnel, une nouvelle Constitution a été adoptée à l’issue du référendum du 16 novembre 2024. Les résultats ont été validés le 29 novembre par la Cour constitutionnelle et la loi fondamentale promulguée le 19 décembre. Ce texte symbolise le retour à l’ordre démocratique après une transition politique inédite. Au-delà des textes, la réalité reste contrastée. Pour ne citer qu’un exemple, l’état des lieux dans les prisons présente des risques sanitaires majeurs pour les détenus.  Le président de l’Association SOS Prisonniers, Lionel Ella Engonga, cite entre autres la surpopulation, les mauvaises conditions d’hygiène,  les détentions préventives prolongées et des cas de mauvais traitements y compris des tortures. Lors de la célébration, le 10 décembre 2025, de la Journée mondiale des droits humains, une procédure inédite a été introduite devant la Commission africaine des droits de l’Homme et des Peuples. L’affaire, portée par le Cabinet Bensimhon & Associés pour le compte d’Hervé Patrick Opiangah, met en cause l’État gabonais pour des violations présumées des droits à la dignité, à un procès équitable et à la liberté. Ce recours régional marque une avancée notable dans l’usage des mécanismes juridiques africains pour faire respecter les droits fondamentaux. Cette évolution illustre un point essentiel : comprendre ses droits ne suffit pas. Il faut aussi savoir les revendiquer, y compris par les voies juridiques nationales, régionales ou internationales. Chaque citoyen informé, qui ose faire appel à ces instruments, participe à une société plus juste. La protection des mineurs reste également une priorité. Les 11 et 12 décembre 2025, une opération conjointe a été menée dans le Grand Libreville pour identifier et protéger des dizaines d’enfants victimes d’exploitation ou de violences. Cette initiative a été prise en charge par la Direction des Affaires sociales, de la Protection de l’Enfance et de l’Assistance judiciaire (DASPEAJ) en collaboration avec le parquet de la République et des officiers de police judiciaire (OPJ). Cette action a vu la présence de la directrice Gladys Maganga Moussavou et du substitut du procureur Vanida Charline Mengue Ogandaga. Ce type d’intervention montre que signaler une violation est souvent la première étape vers une réponse sociale et judiciaire adaptée. Dans ce contexte, revendiquer ses droits implique une double responsabilité :    Se former et s’informer :  connaître la Constitution, les lois du pays, et les instruments internationaux ratifiés par le Gabon.    Agir de façon pacifique et légale : saisir les institutions compétentes, entreprendre des démarches judiciaires, ou s’appuyer sur la société civile Respecter ses droits, c’est aussi respecter ceux des autres.  La liberté d’expression, par exemple, n’est pas un privilège isolé, mais une garantie pour tous d’exister dans un climat sans peur ni discrimination.

NON AU DÉRAPAGE DES FORCES DE SÉCURITÉ

Dans de nombreuses situations, les forces de sécurité – policiers, gendarmes, militaires – sont appelées à garantir la paix, l’ordre et la sécurité publique. Pourtant, il arrive trop souvent que leurs interventions dérapent, révélant un usage disproportionné de la force, des arrestations arbitraires, ou encore des violences injustifiées à l’encontre des civils. Ces abus, qu’ils soient dus à un manque de formation ou à une mauvaise compréhension de leur rôle dans la promotion des droits humains, posent un véritable défi à l’État de droit. Des dérapages encore fréquents Que ce soit lors de manifestations, de contrôles de routine ou d’interpellations, des citoyens font face à des comportements répressifs de certains agents. Dans ces cas, la question centrale demeure : est-ce un excès de zèle ? Un abus de pouvoir ? Ou un manque de connaissance des droits de la personne ? Quoi qu’il en soit, ces actions nuisent à la confiance entre population et forces de sécurité. Et c’est cette confiance qui est pourtant essentielle à la stabilité d’un pays. Un cadre juridique clair, mais trop souvent ignoré Les forces de sécurité exercent leur mission dans un cadre juridique précis. La Constitution nationale, le Code pénal et les traités internationaux ratifiés par le Gabon, notamment la Déclaration universelle des droits de l’homme et la Charte africaine des droits de l’Homme et des Peuples définissent les limites de leur pouvoir. Ces textes garantissent le droit à la dignité, à la sûreté, à la liberté d’expression et d’opinion. Dès lors, tout acte de violence non justifié, toute détention arbitraire ou atteinte aux droits d’un civil est une entorse à la loi. Aucun uniforme ne donne le droit de bafouer les droits fondamentaux. Être au service, pas au-dessus de la loi Être en uniforme ne donne pas le droit d’ignorer les principes d’éthique et de dignité humaine. Les forces de sécurité doivent être *tenues pour responsables* en cas d’abus. Chaque dérapage impuni affaiblit l’État de droit. L’instauration de mécanismes de plainte accessibles, de comités de surveillance indépendants et d’une justice impartiale est essentielle pour garantir que personne, y compris les agents de sécurité, ne soit au-dessus des lois. Un rôle crucial dans la défense de la démocratie Les forces de sécurité ont un rôle fondamental à jouer dans la promotion des droits humains. En respectant et en protégeant les droits des citoyens y compris les défenseurs des droits humains, elles deviennent elles-mêmes des piliers de la démocratie. Il ne s’agit pas d’opposer sécurité et droits humains, mais de les faire avancer ensemble. Car un agent de sécurité qui ne respecte pas les droits finit toujours par devenir une menace pour tous. Construire une société respectueuse des droits humains passe inévitablement par une réforme profonde de la culture sécuritaire. Cela commence par la formation, se poursuit par la responsabilisation, et se consolide par des mécanismes de protection pour les citoyens comme pour les défenseurs des droits humains. Protéger les droits humains, c’est aussi protéger la paix.

PRIORITÉ À L’APPLICATION DE LA LOI

Les jeunes représentent une part essentielle de la population gabonaise dont les droits sont reconnus et garantis par plusieurs textes nationaux et internationaux, notamment la Constitution nationale, le code de l’Enfance gabonaise  et la Convention internationale relative aux droits de l’enfant. Ces textes assurent aux jeunes le droit à l’éducation, à la santé, à la protection, ainsi qu’à la participation à la vie sociale et politique. Mais sur le terrain, leur application reste encore inégale et insuffisante. Une reconnaissance juridique solide, mais des obstacles persistants Au Gabon, les droits des jeunes sont formellement inscrits dans la loi, mais leur mise en œuvre reste inégale. L’accès à une éducation de qualité est freiné par des infrastructures insuffisantes, des inégalités géographiques et des contraintes économiques. La crise sanitaire liée au Covid-19 a aussi amplifié ces difficultés, provoquant pour beaucoup un recul dans l’apprentissage. En matière de santé, notamment sexuelle et reproductive, les jeunes, en particulier les filles, font face à un manque d’informations adaptées à leurs besoins et de services accessibles. La pauvreté, le chômage et le manque de perspectives compromettent leur insertion sociale, alimentant parfois un sentiment d’exclusion et de frustration. Le droit de se faire entendre Au-delà des besoins matériels, les jeunes revendiquent de plus en plus leur droit à la participation. Souvent perçus comme de simples bénéficiaires, ils aspirent à être acteurs de leur avenir et à influencer les décisions les concernant. Pourtant, les espaces de dialogue et de consultation qui leur sont consacrés restent limités, trop peu intégrés dans les processus de décision publique. Faire bouger les lignes Face à ces défis, de nombreuses initiatives se développent. ONG, associations de jeunesse et autorités publiques mènent des actions de sensibilisation, d’information et de protection. Des campagnes contre les violences basées sur le genre, des formations à la citoyenneté et des programmes d’insertion professionnelle offrent aux jeunes des outils pour mieux connaître et défendre leurs droits. Ces actions témoignent de la volonté collective d’amener les jeunes à devenir non seulement des bénéficiaires mais aussi des acteurs engagés. Médias et réseaux sociaux : un levier puissant Les médias, particulièrement les réseaux sociaux, sont devenus un espace incontournable pour les jeunes. Ils y trouvent un moyen d’expression, d’information et de mobilisation. Grâce à ces plateformes, ils partagent leurs expériences, s’organisent, dénoncent les injustices et participent aux débats publics. Cette liberté d’expression numérique s’accompagne malheureusement de risques tels que la désinformation, le cyber harcèlement, les discours haineux… Former les jeunes à un usage critique et responsable des médias numériques est essentiel pour que ces outils deviennent de véritables alliés dans la défense des droits. Protection des mineur.es : un enjeu majeur La protection des mineur.es demeure une priorité. En décembre 2025, une opération conjointe des services publics a permis l’interpellation et la prise en charge sociale de dizaines de mineurs victimes d’exploitation et de violences. Ce genre d’actions montre que la dénonciation des violations est la première étape vers une réponse judiciaire et sociale adaptée. Revendiquer ses droits : une double responsabilité Pour faire valoir leurs droits, les jeunes doivent d’abord se former et s’informer sur les lois, la Constitution nationale, les instruments internationaux ratifiés par le Gabon. Ils doivent également agir de manière pacifique en utilisant les voies légales, en saisissant les institutions compétentes et la société civile. Respecter ses droits, c’est aussi respecter ceux des autres Le respect des droits personnels va de pair avec celui des droits d’autrui. La liberté d’expression, par exemple, n’est pas un privilège individuel isolé, mais l’élément d’une vie sociale harmonieuse. Chaque citoyen doit pouvoir vivre sans peur de discrimination, de violence ou d’arrestation arbitraire. Défendre ses droits : un engagement citoyen La défense des droits humains dépasse la simple dimension juridique. C’est avant tout une question de citoyenneté active. Lorsque les jeunes comprennent leurs droits, savent les revendiquer et respectent ceux des autres, c’est l’ensemble de la société qui progresse vers plus de justice, de dignité et de liberté.

ALERTE !

Le cadre juridique qui protège l’enfant Au niveau international, la Convention internationale des droits de l’Enfant (CIDE), adoptée par l’ONU en 1989, est la référence. Elle garantit à chaque enfant le droit à la Les adultes ont des droits. Les enfants aussi. Mais trop souvent, ces droits sont bafoués dans le silence. L’enfance est en danger, parfois là où on ne s’y attend pas. Et le danger ne vient pas toujours de loin… L’école, la rue, les centres de loisirs, un parent, un ami de la famille ou les réseaux sociaux. Quel sont les dangers ? L’enfance en danger est exposée aux abus sexuels, aux violences physiques et psychologiques parfois infligés par des proches. À ces atrocités s’ajoutent les mariages précoces, les grossesses non désirées, l’exposition au VIH/Sida, le trafic, l’exploitation et le travail des enfants y compris dans les marchés, la mendicité forcée, le trafic d’organes, le décrochage scolaire, la privation de soins, d’éducation, d’amour et la non-déclaration à la naissance. Un enfant sans identité est un enfant privé de ses droits. Des chiffres choquants Selon l’UNICEF, des centaines d’enfants sans acte de naissance vivent invisibles aux yeux de la société, plus de 6 300 enfants âgés de 12 à 17 ans vivent déjà en union au Gabon et 241 enfants, dont 12 filles, sont détenus dans des prisons inadaptées. En 2025, 1 844 jeunes vivent avec le VIH, parfois sans le savoir, exposés par ignorance ou abus. survie, à la protection, au développement et à la participation. Le Gabon, qui en est signataire, dispose d’un arsenal juridique spécifique pour protéger les enfants à travers : Les adultes ont des droits. Les enfants aussi. Mais trop souvent, ces droits sont bafoués dans le silence. L’enfance est en danger, parfois là où on ne s’y attend pas. Et le danger ne vient pas toujours de loin… L’école, la rue, les centres de loisirs, un parent, un ami de la famille ou les réseaux sociaux. Quel sont les dangers ? L’enfance en danger est exposée aux abus sexuels, aux violences physiques et psychologiques parfois infligés par des proches. À ces atrocités s’ajoutent les mariages précoces, les grossesses non désirées, l’exposition au VIH/Sida, le trafic, l’exploitation et le travail des enfants y compris dans les marchés, la mendicité forcée, le trafic d’organes, le décrochage scolaire, la privation de soins, d’éducation, d’amour et la non-déclaration à la naissance. Un enfant sans identité est un enfant privé de ses droits. Des chiffres choquants Selon l’UNICEF, des centaines d’enfants sans acte de naissance vivent invisibles aux yeux de la société, plus de 6 300 enfants âgés de 12 à 17 ans vivent déjà en union au Gabon et 241 enfants, dont 12 filles, sont détenus dans des prisons inadaptées. En 2025, 1 844 jeunes vivent avec le VIH, parfois sans le savoir, exposés par ignorance ou abus. Voir. Comprendre. Agir Ouvrir les yeux : ne minimise jamais une plainte d’enfant. Les signes de peur, de retrait, de blessures inexpliquées ou de décrochage scolaire doivent alerter. Protection de l’enfance Parler sans juger : un enfant en détresse a besoin d’écoute bienveillante, pas d’avoir honte. Signaler : préviens un enseignant, un chef de quartier, une association, une assistante sociale. Protéger : un enfant en danger doit être mis en sécurité immédiatement, même si cela dérange. Éduquer : parle des droits, du corps, des limites, de la sécurité, de la vérité. Encadrer le numérique : les applis comme Snapchat peuvent exposer les enfants à des contenus ou à des adultes malveillants. Déconstruire les tabous : le VIH, la sexualité, le harcèlement ne doivent plus être des sujets interdits. Soutenir la scolarité : encourage la fréquentation scolaire et interviens rapidement dès les premiers signes de décrochage. Le cadre juridique qui protège l’enfant Au niveau international, la Convention internationale des droits de l’Enfant (CIDE), adoptée par l’ONU en 1989, est la référence. Elle garantit à chaque enfant le droit à la survie, à la protection, au développement et à la participation. Le Gabon, qui en est signataire, dispose d’un arsenal juridique spécifique pour protéger les enfants à travers : La Loi n°002/2019, relative à la protection de l’enfant, définit les droits de l’enfant et les mesures de protection adaptées. Le Code de l’Enfant, organise la justice pour mineurs et prévoit des structures spécialisées. Les tribunaux pour enfant à Port-Gentil assurent une justice adaptée. Des services sociaux et associations agréés interviennent en cas de danger. Un enfant en danger ne crie pas toujours, parfois il souffre en silence. Il faut savoir voir ses silences, ses peurs, ses changements. Parler, écouter, agir : c’est ça protéger. L’éducation, le dialogue et l’accès à la justice sont nos outils pour les défendre. La loi existe, mais elle a besoin de nous pour s’inscrire dans les faits. PROTÉGER UN ENFANT, C’EST LUI OFFRIR UN AVENIR. C’EST NOTRE DEVOIR À TOUS.

DROIT AU TRAVAIL BAFOUÉ

Travailler ne devrait jamais rimer avec souffrance ni silence. Pourtant ce qui se passe dans de nombreux secteurs comme le secteur public (ministères, administrations, collectivités territoriales), privé (banques, restauration, hôtellerie, commerce) et même pétrolier (exploration, raffinage, services) nous dit le contraire. Le non-respect du droit du travail est une réalité quotidienne. Salaires impayés, absence de contrat, licenciements abusifs, harcèlement, surcharge de travail non compensée… Ces situations dangereuses et indignes touchent particulièrement les jeunes peu informés ou sans soutien syndical. Face à ces réalités, il est essentiel de reconnaître les violations de ses droits et de connaître les recours pour faire respecter sa dignité et son environnement professionnel. « Vivre », à travers nos conseils pratiques sur le sujet, vous éclaire sur vos droits, les signes de leur violation, et surtout les moyens d’agir. Reconnaître qu’un droit a été bafoué Le droit du travail est bafoué lorsqu’un salarié subit un traitement contraire aux obligations légales ou contractuelles. Cela inclut les cas suivants : Non-respect du contrat ou absence de contrat. Salaires impayés, heures supplémentaires non rémunérées. Licenciement sans motif valable ou sans procédure légale. Harcèlement moral ou sexuel. Discriminations liées à l’embauche ou à la promotion. Refus de congés légaux. Conditions de travail dangereuses ou dégradantes. Le cadre juridique Le Code du travail gabonais prévoit les droits suivants : Droit à un contrat écrit. Paiement régulier du salaire. Protection contre le licenciement abusif. Droit à la dignité et protection contre le harcèlement. Respect des heures de travail et du repos. Les lois spécifiques relatives au harcèlement moral et sexuel, ainsi que les modifications du Code pénal, renforcent ces protections. Comment réagir face à une violation des droits Documenter les faits (dates, personnes, preuves). Rassembler toute pièce utile (courriers, témoins, attestations). Rechercher un soutien syndical ou associatif. Engager un dialogue si possible avec les employeurs. Si nécessaire, porter le cas devant l’Inspection du travail ou saisir le tribunal compétent. La loi prévoit des sanctions pénales et disciplinaires pour les violations graves, y compris pour le harcèlement moral ou sexuel.   Le travail doit être un espace de respect et d’épanouissement pour tous. Connaître ses droits, savoir identifier les abus, et agir sont les premières étapes pour faire respecter sa dignité professionnelle. Vous ne devez pas rester seul face à un droit bafoué.

ALLONS AU THÉȂTRE

MÉTIERS DES ARTS VALORISER LES TALENTS. PROFESSIONNALISER LES PASSIONS Souvent considérés à tort comme des loisirs ou des « plans B », les métiers des arts sont pourtant au cœur de l’identité culturelle, de l’économie créative et même du rayonnement international d’un pays. Musique, peinture, danse, chant, théâtre, photographie, stylisme, sculpture, audiovisuel, graphisme… Ces disciplines sont bien plus que des expressions de beauté : elles sont aussi des sources d’emplois, de revenus et d’espoir pour une jeunesse en quête de sens. Au Gabon, malgré un vivier artistique riche et diversifié, beaucoup d’acteurs culturels peinent à vivre de leur art. Manque de structuration, faible protection juridique, absence de financement, reconnaissance sociale limitée… les défis sont nombreux. Pourtant, les textes évoluent. La loi n°016/2023 portant statut de l’artiste et de l’acteur culturel, modifiée par l’ordonnance n°0010/PR/2024, pose un cadre plus clair et protecteur pour les artistes. Elle reconnaît leur rôle, définit leurs droits, et vise à les intégrer dans la logique d’un développement durable. Mais encore faut-il que cette loi soit connue, vulgarisée et appliquée. Il est temps que les artistes eux-mêmes, du moins ceux et celles qui ne l’ont pas encore fait, prennent conscience de leur statut, se forment, s’organisent, revendiquent un meilleur encadrement et participent aux discussions sur la politique culturelle nationale. Il est temps que l’État soutienne la création locale, valorise les talents, mette en place des fonds de soutien, des formations et intègre les arts dans les programmes éducatifs. Aux jeunes artistes : votre passion a de la valeur. Votre art est un métier. N’ayez pas peur de l’affirmer, de vous professionnaliser, de bâtir un projet structuré. Aux familles : soutenez ces vocations, elles sont aussi nobles que toutes les autres. À la société : consommons local, encourageons les scènes locales, valorisons nos créateurs. Reconnaître les métiers des arts, c’est créer une économie plus inclusive, une jeunesse plus épanouie et une culture gabonaise plus vivante.

LES DROITS DE L’ARTISTE

Longtemps en quête de reconnaissance, les artistes et acteurs culturels gabonais disposent désormais d’un socle juridique solide. La loi n°016/2023 du 08 août 2023, modifiée en 2024 par l’Ordonnance n°0010/PR/2024, précise clairement leurs droits et devoirs. Publiée au Journal Officiel n°12 du 29 mars 2024, cette ordonnance marque une avancée, mais rappelle aussi que la concrétisation du statut de l’artiste reste un chantier inachevé. Désormais, l’artiste est pleinement reconnu comme un professionnel à part entière. Ses droits s’étendent du droit à un contrat encadré à une rémunération juste, en passant par l’accès à la propriété intellectuelle, aux droits d’auteur, aux droits voisins, et à un cadre de protection sociale. L’un des grands apports de l’Ordonnance de 2024 est la clarification des mécanismes de financement, la mise en place d’un guichet unique pour faciliter l’enregistrement et l’accès de l’artiste à la CNSS, ouvrant la voie à la retraite. Le droit à la formation continue et à la professionnalisation, place prioritaire dans les programmations culturelles publiques et l’obligation de tenir à jour une base de données des artistes reconnus sont d’autres droits de l’artiste. Mais qui dit droits, dit aussi responsabilités. L’article 27, maintenu et consolidé, rappelle que l’artiste est soumis aux lois de la République. À ce titre, « tout artiste ou acteur culturel est tenu de respecter l’ordre public, la dignité humaine, les obligations fiscales et le secret professionnel. Le statut n’est pas un privilège, mais un pacte républicain. Il implique un respect mutuel entre l’artiste et la nation, dans un cadre légal désormais balisé » et la rigueur dans la gestion de la carrière artistique. Cependant, sur le terrain, beaucoup s’interrogent : quand verrons-nous ces textes se matérialiser ? Le guichet unique n’est pas encore opérationnel, les décrets d’application peinent à suivre, et l’artiste attend toujours l’effectivité de la couverture sociale. Si sa reconnaissance existe sur papier, la réalité administrative et budgétaire reste figée. Entre espoir et frustration, une chose est claire : la loi est là, mais sa mise en œuvre doit suivre. À retenir : La loi n°016/2023, modifiée par l’ordonnance n°0010/PR/2024, encadre désormais les droits et devoirs de l’artiste gabonais. Elle garantit reconnaissance, protection sociale, formation, et rémunération équitable. Sa mise en œuvre reste attendue : les décrets d’application et les dispositifs concrets sont encore en suspens. « Le talent ne suffit pas, encore faut-il un État qui le respecte et le protège.»  Pour plus d’informations, consultez le Journal Officiel n°12 quinquies du 29 mars 2024. 

DROITS ET DEVOIRS DE LA PRESSE

La presse joue un rôle essentiel dans la société, en assurant la circulation d’une information de qualité susceptible d’éclairer l’opinion publique tout en l’aidant à prendre les bonnes décisions. La mission sociale du journaliste se fonde sur des droits essentiels tels que la liberté de la presse indispensable à la collecte, au traitement et à la diffusion d’une information de qualité. Les droits de la presse s’accompagnent de devoirs qui astreignent le journaliste à livrer des informations exactes, rigoureuses et impartiales sur les questions qu’il traite. En République Gabonaise, la loi n°019/2016 sur la communication régit les pratiques des journalistes, afin d’assurer une presse libre et respectueuse des règles. Voici quelques conseils pratiques pour travailler dans le journalisme, en respectant la loi et l’éthique. Respect du droit à la liberté de la presse Selon l’article 9 du Code de la Communication de 2016, la liberté de la presse est un droit fondamental. Cependant, cette liberté n’est pas absolue. Elle est limitée par la nécessité de respecter l’ordre public et les droits d’autrui. Vérification des informations L’article 11 du Code de la Communication met en évidence l’obligation de vérification des faits et précise que la diffusion de fausses informations est interdite, car elle peut nuire à la sécurité publique. Avant toute publication, il est essentiel de vérifier les informations et de croiser les sources. Diffuser une information erronée peut non seulement entacher la crédibilité du média, mais aussi entraîner des sanctions juridiques. Transparence dans la collecte de l’information Les journalistes doivent être transparents (Article 12) sur la provenance de leurs informations et sur les méthodes utilisées pour les obtenir. Le public doit pouvoir faire confiance aux journalistes et à leurs pratiques. Lorsque tu rapportes une information, mentionne toujours la source, surtout si celle-ci provient d’un témoignage anonyme ou d’une source confidentielle. Cela renforce la crédibilité de l’article et permet de préserver la transparence. Protection des sources L’article 14 garantit la protection des sources des journalistes, sauf si cela est nécessaire dans le cadre d’une enquête judiciaire.   Si une source souhaite rester anonyme, respectez sa demande. La protection des sources est essentielle pour permettre aux journalistes de mener des investigations en toute indépendance. Respect de la déontologie professionnelle La déontologie est essentielle pour maintenir la fiabilité et l’indépendance des journalistes. Cela inclut le respect des règles d’équité, d’objectivité, d’impartialité et de diversité dans le traitement de l’information. Le journaliste se doit d’adopter une conduite éthique, objective et impartiale (Article 18), et éviter tout parti pris politique ou personnel. Lors de la couverture de sujets sensibles, il doit s’assurer d’offrir au public un éventail de points de vue afin qu’il se fasse sa propre opinion. Pas de contenu incitant à la haine L’article 21 interdit la diffusion de contenus qui incitent à la haine, à la violence ou à la discrimination. Avant de publier un contenu qui pourrait être interprété comme violent ou discriminatoire, il faut réfléchir aux conséquences que ce contenu pourrait avoir sur la société. Il est toujours préférable de promouvoir des messages positifs, de réconciliation et de respect mutuel. Transparence sur la publicité Les consommateurs ont le droit de savoir quand ils sont exposés à de la publicité déguisée. En son article 25, le Code de la Communication souligne la nécessité de transparence dans la gestion des publicités et du contenu sponsorisé. A cet égard, le journaliste doit différencier clairement l’information éditoriale de la publicité, être transparent dans la publication des annonces ou des contenus sponsorisés, informer clairement le public. Sanctions en cas de manquement  L’article 54 prévoit des sanctions pour les médias et journalistes qui ne respectent pas les règles du Code de la Communication. Ne pas respecter le Code les expose à des sanctions légales, allant de l’amende à la fermeture temporaire.  Indépendance éditoriale Les journalistes peuvent parfois être confrontés à des pressions économiques ou politiques pour orienter leurs travaux dans une certaine direction. L’article 20 du Code de la Communication met en avant le principe d’indépendance éditoriale qui astreint le journaliste à ne pas se laisser influencer par des pressions économiques ou politiques, à ne pas céder aux pressions extérieures et à être intègre dans son travail. Si le journaliste est exposé à des pressions ou manipulations, il doit en discuter avec ses supérieurs ou consulter un expert déontologie. Une presse responsable pour un Gabon libre En suivant les principes du Code de la communication, les journalistes gabonais jouent un rôle clé dans le maintien d’une presse responsable et digne de confiance. Le respect des lois et de la déontologie est essentiel pour assurer la crédibilité des médias et la confiance du public.

CONSEILS PRATIQUES

CONSEILS PRATIQUES DU FICHIER ÉLECTORAL AUX RÉSULTATS DES ÉLECTIONS Que vous soyez candidat ou électeur, ceci vous concerne. Le Code électoral est un document juridique crucial qui informe les citoyens sur l’organisation et le déroulement des élections, l’objectif étant de contribuer à la transparence et à l’équité de celles-ci. Ce document aide à comprendre les critères d’éligibilité, le processus d’inscription sur les listes électorales, le comptage des votes et les conditions requises pour qu’un candidat ou une candidate soit élu.e. Enraciné dans la Constitution nationale, le Code électoral reflète l’importance de ce texte en tant que loi suprême régissant les élections.  DROITS ET DEVOIRS ÉLECTORAUX DU CITOYEN Vos droits et devoirs vous engagent à franchir certaines étapes pour assumer pleinement vos responsabilités tout au long du processus électoral. La procédure, qui se fonde sur la transparence et l’équité électorales, a pour objectif d’aider les candidats et les électeurs à comprendre les règles du jeu. Les étapes à franchir incluent : l’inscription sur la liste électorale avec à la clé la réception de sa carte d’électeur qui vous donne accès au bureau de vote.  La procédure s’achève avec la proclamation des résultats des scrutins par le ministère de l’Intérieur et la validation ou non des résultats par la Cour Constitutionnelle. En cas de contestation des résultats par les candidats « malheureux », ces derniers ont le droit de saisir la Cour qui jugera du bien-fondé ou non de la contestation et décidera de la suite des évènements. INSCRIPTION SUR LA LISTE ÉLECTORALE Les listes électorales sont des documents officiels qui répertorient tous les citoyens autorisés à voter lors d’une élection. Elles sont essentielles pour garantir la transparence et la régularité du processus démocratique. Au Gabon, ces listes sont établies et mises à jour régulièrement dans un fichier par les autorités administratives compétentes, en l’occurrence le ministère de l’Intérieur. Chaque citoyen a le droit de vérifier son inscription et de demander des corrections si nécessaire. Qui doit et quand s’inscrire sur la liste électorale ? Tout citoyen gabonais jouissant de ses droits civiques et politiques, résidant sur le territoire national ou à l’étranger et n’étant pas frappé d’une condamnation privative des droits civiques, a le droit de s’inscrire sur la liste électorale. La révision des listes ayant lieu sur une base annuelle, chaque citoyen doit s’inscrire sur lesdites listes avant chaque élection. Il doit au préalable remplir certaines obligations, notamment : se présenter à la mairie de sa commune de résidence et fournir les documents suivants : La carte nationale d’identité. Le justificatif de domicile. Le formulaire d’inscription sur la liste électorale dûment rempli. L’électeur a également la possibilité de s’inscrire en ligne sur certaines plateformes administratives. À l’instar de l’inscription dans les bureaux de vote, la procédure doit faire l’objet d’une vérification et validation par le ministère de l’Intérieur. ÉLECTEURS ET CANDIDATS AUX ÉLECTIONS Le vote étant considéré comme un droit et un devoir civique, tout citoyen gabonais âgé de 18 ans et jouissant de ses droits civiques et politiques peut voter pour le candidat de son choix. Dans le cadre d’un référendum, tout citoyen a le choix entre le Oui, le Non ou l’Abstention à un projet soumis à son attention.  Lors d’une élection politique, les électeurs en élisant le candidat ou la candidate de leur choix à la présidence de la République, aux élections législatives et municipales expriment, à travers le vote, la volonté du peuple souverain. Les seconds, en tant qu’autorités publiques élues, se doivent d’exécuter les engagements pris vis-à-vis des électeurs. Exclus du droit de vote Les personnes concernées par l’exclusion incluent : Les personnes privées de leurs droits civiques par décision judiciaire. Les individus sous tutelle ou curatelle. Les personnes condamnées pour des crimes électoraux. Les personnes en détention pour crimes graves.   Exclus du droit à l’éligibilité   Pour être éligible, le candidat à une élection doit : Être de nationalité gabonaise. Être en âge de se présenter aux élections. Jouir de ses droits civiques et politiques. Être inscrit sur les listes électorales. Avoir un casier judiciaire vierge.   Sont exclus de l’éligibilité   Les personnes condamnées pour crimes ou délits électoraux. Les individus déclarés inéligibles par décision de justice. Les personnes ne remplissant pas les conditions de nationalité, d’âge ou de moralité.   PROCLAMATION ET VALIDATION DES RÉSULTATS DES ÉLECTIONS La proclamation et la validation des résultats des élections en République Gabonaise suivent des procédures bien définies. Voici un aperçu des étapes clés : Le Ministère de l’Intérieur est responsable de l’organisation des élections. Il organise et supervise le processus électoral, y compris l’inscription des électeurs et la mise en place des bureaux de vote. Les électeurs se rendent aux urnes pour voter selon les modalités établies. Le vote est secret et doit respecter les règles de sécurité. Après la fermeture des bureaux de vote, les votes sont comptés. Les résultats préliminaires sont souvent annoncés dans les heures qui suivent la clôture du scrutin. Au vote succède la proclamation des résultats. Le ministère de l’Intérieur compile les résultats et les transmet à la Cour constitutionnelle qui vérifie la conformité des résultats avec la législation en vigueur. Au préalable, la Cour doit, en cas de contestation des résultats, examiner les éventuels recours ou contestations. Une fois les contestations traitées, elle valide les résultats définitifs qui sont communiqués au public et publiés dans le Journal officiel. Cela inclut les résultats des élections. CONTESTATION DES RÉSULTATS DES ÉLECTIONS L’organe compétent est la Cour Constitutionnelle. En tant que tel, elle est la seule juridiction compétente pour le contentieux électoral et la seule qui est chargée d’examiner les recours en matière d’élections nationales. Les requêtes doivent être déposées dans un délai de 8 jours suivant la proclamation des résultats provisoires. Seuls les candidats ou leurs représentants, les partis politiques ayant présenté des candidats et les électeurs dans leur circonscription ont qualité pour agir. Forme de la requête : La contestation doit être écrite. La contestation doit contenir les moyens d’annulation invoqués. La contestation doit être accompagnée des pièces justificatives. La contestation doit être signée par le CONSEILS PRATIQUES

MEMBRES DE L’ÉQUIPE
 

Fondatrice – Directrice

 

Flavienne Louise Issembè

 

Journalistes seniors

 

Yvette Bivigou

Martial Idundu

Flavienne Louise Issembè

 

Collaborateurs et Collaboratrices

 

Annie Mapangou

Eric Ozwald

Florène Okome Pambo

Tama Z’Akis

 

Equipe WEB

 

Chris Jonathan G. – Développeur
Yourick Seh Obame – Webdesigner
Gerald Boussougou – Com. Manager

 

Cadreurs et/ou Photographes

 

Andy G. Amiaganault

Herman Oke Mve

Alain Wolbert
Delvane BKG

 

CONTACTS

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