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ÉGLISE ET POLITIQUE

La question de savoir si les hommes d’Église peuvent ou doivent faire de la politique est une interrogation récurrente, souvent marquée par des avis divergents. Certains estiment que la politique est incompatible avec la mission spirituelle, tandis que d’autres considèrent qu’il est possible d’allier les deux pour influencer positivement la société. Mon point de vue s’inscrit dans cette seconde perspective : il n’y a pas d’opposition fondamentale entre la foi et l’engagement politique, à condition que cet engagement soit motivé par des principes bibliques et le bien commun.   Exemples bibliques d’engagement politique   La Bible contient plusieurs exemples d’hommes et de femmes de Dieu qui ont joué des rôles politiques significatifs tout en restant fidèles à leur foi. Ces figures montrent que la foi et la politique ne sont pas contradictoires :   Joseph en Égypte : Joseph, fils de Jacob, est devenu le bras droit de Pharaon (Genèse 41:39-41). Son rôle politique a permis de sauver de nombreuses vies durant une période de famine grâce à sa sagesse et son intégrité, qui trouvaient leur source dans sa foi en Dieu.   Daniel à Babylone : Daniel a occupé des postes élevés sous plusieurs rois (Daniel 6:1-3). Son influence politique, couplée à sa fidélité inébranlable à Dieu, a impacté positivement les lois et la moralité de ces royaumes.   Déborah, juge et prophétesse : Déborah a exercé une autorité politique et spirituelle en Israël (Juges 4:4-5). Elle a conduit le peuple dans une période critique, prouvant que leadership politique et foi peuvent coexister.   Ces exemples montrent que les hommes et femmes de Dieu peuvent influencer les structures politiques tout en respectant leur appel spirituel.   La mission de l’Église et le bien commun   La mission de l’Église est avant tout spirituelle : prêcher l’Évangile et amener les âmes au salut. Cependant, cela n’empêche pas l’Église de s’intéresser aux affaires de la cité. Jésus lui-même a déclaré : « Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée » (Matthieu 5:14). Cela implique une responsabilité d’influence, y compris dans les domaines politiques et sociaux.   Un engagement politique basé sur des principes bibliques peut contribuer à promouvoir la justice, la vérité et l’équité, valeurs que Dieu appelle à défendre. Proverbes 29:2 affirme : « Quand les justes se multiplient, le peuple est dans la joie ; quand un méchant domine, le peuple gémit. » Ainsi, les hommes d’Église peuvent participer activement à la politique pour défendre les opprimés, instaurer des lois justes et refléter les principes du Royaume de Dieu.   Les précautions à prendre   Bien que l’engagement politique soit légitime, certaines précautions sont essentielles pour éviter les dérives :   Ne pas compromettre sa foi : Tout engagement politique doit être en cohérence avec les valeurs bibliques. Daniel, par exemple, a refusé de se plier aux lois contraires à sa foi, même au péril de sa vie (Daniel 6:10).   Éviter les conflits d’intérêts : L’homme d’Église ne doit pas utiliser la politique pour son propre enrichissement ou sa gloire personnelle, mais pour servir les autres.   Préserver la neutralité spirituelle de l’Église : L’Église en tant qu’institution doit rester un lieu où tous peuvent se réunir, indépendamment de leurs opinions politiques.   Ceci dit, la politique et l’Église ne sont pas nécessairement incompatibles. Lorsqu’un homme ou une femme d’Église s’engage dans la politique, cela peut être une opportunité pour influencer positivement la société, promouvoir la justice et les valeurs bibliques. Cependant, cet engagement doit être exercé avec humilité, intégrité et fidélité à Dieu.   Comme le disait le prophète Michée : « On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien ; et ce que l’Éternel demande de toi, c’est que tu pratiques la justice, que tu aimes la miséricorde. »     Pasteur Cynthia Poaty

DE L’ANCIEN AU NOUVEAU CODE ÉLECTORAL

L’adoption prochaine, en République gabonaise, d’un nouveau Code électoral relève de la volonté des autorités nationales d’asseoir une réforme globale ancrée dans le renforcement du système politique et démocratique du pays, et la modernisation des lois pour accompagner les ambitions d’une gouvernance transparente et inclusive.   Longtemps décrié par les populations, l’ancien texte comportait des éléments qui ne garantissaient ni la crédibilité, et encore moins la confiance. Le nouveau Code dont la rédaction a été confiée à la Commission nationale chargée de l’élaboration de l’avant-projet de Code électoral (CNEAPCE) par le président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, contient des réaménagements visant l’amélioration du processus électoral.    Transparence et crédibilité électorales   Le Code électoral a pour but principal de réduire les risques de fraudes ou de contestations, et d’améliorer la confiance des citoyens dans le processus électoral. La transparence et la crédibilité électorale s’appuient sur des institutions fortes, un accès équitable à l’information, et des pratiques participatives qui favorisent la confiance des citoyens dans le processus démocratique. Cette procédure constitue un pilier essentiel pour garantir des processus démocratiques légitimes et inclusifs.   Consolidation de la démocratie   Le Gabon cherche à promouvoir une participation citoyenne plus large et à garantir des élections libres, équitables et inclusives sur la base de la réforme des règles électorales. À cet égard, le nouveau Code électoral peut être une opportunité pour le renforcement de la transparence du processus électoral, l’actualisation du cadre légal aux fins de garantir une meilleure supervision des élections par des institutions indépendantes. En outre, l’utilisation des nouvelles technologies pour l’enregistrement et le comptage des votes réduit les risques de fraudes et garantit une meilleure accessibilité pour les populations vivant en zones rurales et les personnes en situation de handicap. D’autres changements incluent :   Le redécoupage des circonscriptions et la révision des modes de scrutin pour permettre une représentation plus équitable des différentes régions et groupes sociaux. L’introduction de sanctions plus sévères à l’endroit des personnes responsables de violations du Code électoral. La promotion d’un meilleur encadrement du financement des campagnes électorales pour éviter les dérives.   Le processus en cours vise à restaurer la confiance des citoyens dans les institutions électorales et à renforcer l’État de droit car, une démocratie consolidée repose sur des élections crédibles où tous les acteurs, qu’ils soient candidats ou électeurs se sentent représentés et respectent les résultats.   Adaptation aux nouvelles réalités politiques    Le rôle des réformes en cours est de permettre une prise en compte des évolutions politiques, sociales et technologiques, en introduisant des innovations comme l’utilisation de la technologie pour le vote ou la gestion des listes électorales. Cela nécessite une mise en œuvre efficace et un suivi rigoureux des réformes pour éviter, entre autres risques :   L’interprétation biaisée des nouvelles lois par les acteurs politiques. Les résistances au changement venant d’élites habituées aux anciens mécanismes et opposées à l’introduction du vote électronique ou biométrique.  Les problèmes d’infrastructures. Le climat politique tendu, la méfiance vis-à-vis des institutions, le manque de sensibilisation et la marginalisation des partis d’opposition…   Réduction des tensions post-électorales   Selon le gouvernement, la clarification des règles et procédures diminue les conflits liés aux élections et favorise un climat de paix sociale. Ce point nécessite l’introduction de systèmes électroniques fiables pour le dépouillement et la transmission des résultats afin de renforcer la transparence et l’efficacité des élections. La publication des résultats en temps réel permettra d’éviter les accusations de falsification et de renforcer la confiance dans le processus.   Au vu de ce qui précède, les dirigeants doivent s’engager à respecter les dispositions du Code électoral et éviter les abus de pouvoir. La mise en place d’une surveillance citoyenne est nécessaire dans la mesure où cet élément majeur jouera un rôle clé dans le but de dénoncer les irrégularités. Les médias doivent être engagés pour une couverture neutre des élections en vue de calmer les tensions et limiter la désinformation.   Conformité aux normes internationales    À l’ère du numérique, le nouveau Code électoral projette d’aligner les processus électoraux gabonais aux standards démocratiques internationaux. Le but est de veiller à : L’application du cadre juridique de manière impartiale. La mise en place des organes électoraux et la mise en œuvre effective des réformes. La surveillance, en collaboration avec les observateurs nationaux y compris la société civile, d’observateurs internationaux crédibles, l’objectif étant de garantir une mise en œuvre transparente du Code électoral. En définitive, si les conditions qui visent à améliorer le processus électoral sont réunies, le Gabon pourra, de ce fait, réduire de manière significative les tensions post-électorales et progresser vers une démocratie plus apaisée.        

LE SOUFFLE DU 30 AOÛT 2023 MOTIVATIONS D’UN PUTSCH INATTENDU

MOTIVATIONS D’UN PUTSCH INATTENDU Le coup d’État des forces de défense et de sécurité, réunies au sein du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), a marqué un tournant majeur dans l’histoire du Gabon. La rupture avec le régime Bongo qui a régné pendant plus de cinq décennies a été saluée par l’opinion, qui rêvait depuis les années 1990 d’une réelle alternance politique.   Dès l’annonce du putsch du 30 août 2023, le CTRI s’est expliqué sur ses motivations profondes. Celles-ci incluent les résultats tronqués des élections du 26 août 2023, les multiples accusations de mauvaise gouvernance, de corruption et de fraude électorale sous le précédent régime. Après l’annulation du scrutin, le CTRI a promis de réformer le système politique et électoral, de restaurer les institutions publiques et la dignité des Gabonais.es.   Le nouveau leadership militaire   Le nouveau pouvoir est incarné par le général Brice Clotaire Oligui Nguema. Il assure la présidence de la transition. Dès son arrivée au pouvoir, il s’est engagé à rompre avec le passé, malgré le scepticisme de certains observateurs sur les changements annoncés. Pour autant, le coup d’État a été accueilli favorablement.   Après des années de mécontentement face à la gestion scabreuse du régime Bongo, l’opinion gabonaise a salué l’arrivée au pouvoir des militaires. Si d’aucuns s’inquiètent de la capacité du CTRI à tenir ses promesses d’organiser une transition démocratique, d’autres, en revanche, ont foi en la construction du Gabon nouveau.   Au niveau international, le coup d’État a provoqué des réactions contrastées. Alors que certaines organisations, comme l’Union africaine (UA), ont condamné le putsch du CTRI, des pays comme la France ont appelé à une transition pacifique et rapide vers un retour à l’ordre constitutionnel.   La Constitution nationale   Le Gabon s’achemine vers l’adoption d’une nouvelle loi fondamentale qui fera l’objet d’un référendum dans les prochaines semaines. Selon le Comité constitutionnel national, le texte répond aux attentes des populations. Au-delà des dispositions politiques, afférentes notamment au retour au régime présidentiel, le document contient des éléments de continuité et de nouveauté. La nouvelle dimension de la loi fondamentale intègre :   La restauration de la dignité humaine.   La réforme institutionnelle   La réforme institutionnelle s’impose comme un passage obligé en cette période de transition, afin de doter le Gabon d’un environnement politique stable et d’institutions fiables, d’améliorer l’efficacité de la gouvernance et du système judiciaire, de combattre la corruption et d’attirer les investisseurs étrangers. Le processus devrait aboutir à l’instauration de la démocratie pluraliste et d’un État de droit.   L’alternance politique   Pendant que certains compatriotes exhortent le président de la transition à se présenter à l’élection présidentielle de 2025, des voix s’élèvent dans l’opinion pour exiger le respect des engagements pris par les autorités de transférer le pouvoir aux civils.   La relance de l’économie    Le CTRI a pour ambition de diversifier l’économie nationale. Au-delà du bois, des mines et du pétrole, il entend développer les autres secteurs de l’économie, notamment l’agriculture, l’énergie, le numérique, la pêche et le tourisme. Cependant, le Gabon fait face à des défis majeurs, en particulier la réduction des inégalités, le paiement de la dette et le regain de confiance des investisseurs étrangers.   L’appareil militaire    Garant de l’intégrité territoriale, défenseur des intérêts vitaux de la Nation, l’appareil militaire est en cours de restructuration. Le processus intègre la revitalisation complète des forces de défense et de sécurité (FDS), la revalorisation du statut des militaires basée sur l’actualisation des textes législatifs et l’amélioration notable des conditions de vie et de travail.   Une nouvelle page d’histoire   La transition ouvre une nouvelle ère placée sous le sceau du renouveau, de la reconstruction nationale et de la restauration de la dignité des Gabonais.es. La réussite du Gabon nouveau dépendra largement de la capacité de ses dirigeants à répondre aux attentes du peuple et à conduire les réformes promises, tout en maintenant la stabilité et la solidarité.     Annie Mapangou

TRANSITION : UNE FENÊTRE DE TOUTES LES ESPÉRANCES… MAIS AUSSI DE TOUTES LES CRAINTES…

TRANSITION : UNE FENÊTRE DE TOUTES LES ESPÉRANCES… MAIS AUSSI DE TOUTES LES CRAINTES… Les coups d’Ėtat, quoique banals dans certains pays africains, sont des moments inédits dans d’autres. C’est précisément le cas du Gabon qui, dans la nuit du 29 au 30 août 2023, a connu un coup d’Ėtat aussi improbable qu’imprévisible tant le pays dirigé d’une main de fer depuis cinquante-six ans par la famille Bongo (1967-2023), donnait l’impression d’être une forteresse immobile et inamovible qu’aucune élection, toutes truquées depuis le rétablissement du multipartisme en 1990, ne semblait ébranler. Et pourtant, le régime Ali Bongo, forgé dans le putsch électoral de 2009, avait fini par se convaincre que le cycle macabre tripatouillage des résultats électoraux-répressions féroces des contestations populaires était l’unique moyen de conserver et de perpétuer un système pouvoiriste n’offrant aucune perspective de développement à la population. Ainsi, après l’effondrement inattendu de ce système que d’aucuns qualifiaient d’indestructible, le pays dirigé par le général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguema s’est engagé le 4 septembre 2023 dans une transition politique, ouvrant ainsi la voie à un nouveau chapitre de son histoire. Il faut rappeler que le coup d’Ėtat de la nuit du 29 au 30 août 2023 intervient au moment où le peuple gabonais attendait avec un peu d’espérance et beaucoup d’inquiétudes les résultats des élections générales du 26 août (présidentielle, législatives et locales). Car tout le monde craignait qu’Ali Bongo, affaibli par un accident vasculaire cérébral en octobre 2018, soit de nouveau déclaré vainqueur d’un scrutin truqué comme en 2009 et en 2016. Avec en prime des dizaines de morts, des centaines d’arrestations et de blessés. Mais le « Coup de la libération » est passé par là, surprenant tout le monde et marquant de façon spectaculaire la fin du règne de la dynastie Bongo sans la moindre effusion de sang. Dès lors, les militaires organisés autour du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) ont engagé le Gabon dans une transition politique de deux ans avec en perspective un retour à l’ordre constitutionnel à l’issue d’une élection présidentielle libre et transparente marquant le transfert du pouvoir aux civils. Ce scénario décliné lors de la prestation de serment du président de la transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, le 4 septembre 2023, a ouvert la voie à toutes les espérances d’un changement et d’une véritable alternance démocratique au Gabon. Entre tentation du pouvoir et pouvoir de la tentation, le général devrait choisir sa voie. Tandis que le peuple, lui, pourrait bien avoir à faire le choix difficile entre un homme fort (le président libérateur) et des institutions fortes dont le pays a cruellement besoin depuis des décennies. Néanmoins, à l’épreuve des faits, après une année de transition dominée par des projets de réformes institutionnelles avec la tenue en fin d’année du référendum sur la nouvelle Constitution et de grandes avancées sur le développement des infrastructures, la prochaine élection présidentielle, prévue en août 2025, pourrait bien ternir ce tableau. Et pour cause, entre les manœuvres politiques de certains acteurs des institutions de la transition appelant à la candidature du président Oligui Nguema et le respect des engagements pris par lui de restituer le pouvoir aux civils, un fossé se creuse désormais. Si, pour l’heure, le président  de la transition ne s’est pas encore déclaré candidat à la prochaine élection présidentielle, beaucoup d’observateurs avisés craignent néanmoins que cette candidature éventuelle opportunément permise par la Charte de la transition, promulguée au lendemain du coup d’État, ne vienne remettre en cause les acquis et espérances d’un retour à l’ordre constitutionnel engrangés jusqu’à présent. Quoi qu’il en soit, en Afrique subsaharienne aujourd’hui, les élections truquées et les transitions politiques post coup d’État militaire sont encore loin d’offrir toutes les garanties d’une alternance politique démocratique. Sentiment Ondo Elibiyo

RECONSTRUIRE LE GABON : LE DÉFI DE LA TRANSITION

RECONSTRUIRE LE GABON : LE DÉFI DE LA TRANSITION Monument de la Libération : inauguré le 30 août 2024, à l’occasion de l’an 1 du coup d’État du CTRI «Construisons ensemble notre pays. Cette construction ne concerne pas exclusivement les infrastructures. Il s’agit, pour moi, d’envisager quelque chose de plus grand et de plus profond que les routes et les bâtiments… » Brice Clotaire Oligui Nguema, président de la transition. Construire est une œuvre de longue haleine. Cette assertion peut s’appliquer au projet de restauration du Gabon où le cours de l’histoire a pris un nouveau tournant le 30 août 2023. Depuis ce jour mémorable, les autorités de la Transition ont engagé le Gabon sur la voie de la reconstruction nationale qui s’annonce tout aussi, voire plus titanesque que les ruines héritées du précédent régime.    Afin de relever ce défi, l’État s’est doté d’un Plan national de développement de la transition (PNDT) évalué à 4 600 milliards de francs CFA. Cette somme sera investie dans 293 projets au cours de la période 2024-2026. Ces projets s’inscrivent dans le cadre de la lutte contre la pauvreté et en faveur de l’amélioration effective des conditions de vie des couches sociales démunies, l’objectif étant de promouvoir la dignité des Gabonais.es à travers, entres autres :   L’accès à l’éducation, aux soins de santé, au logement et à des emplois sécurisés et de qualité pour tous.  La fourniture pérenne d’eau et d’électricité. Le développement des infrastructures y compris la réhabilitation/construction de bâtiments administratifs, du réseau routier et de voiries urbaines. L’exploitation des gisements de fer de Belinga et de Baniaka. Le développement de l’industrie du bois.   Au-delà du bois, des mines et du pétrole, l’État entend développer les autres secteurs de l’économie nationale (agriculture, énergie, numérique, pêche, tourisme). Par ailleurs, pour répondre aux besoins les plus urgents des 9 provinces du pays, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a annoncé « la mise à disposition d’une enveloppe de 63 milliards francs CFA afin de leur permettre de s’autonomiser et de relancer leurs activités. »    Dans le domaine de la santé, 5 pôles de spécialités d’excellence sont en construction, respectivement dans l’Estuaire, l’Ogooué-Maritime, le Moyen-Ogooué, le Haut Ogooué et le Woleu-Ntem.    À un autre niveau, l’accès au logement s’améliore progressivement avec la mise à disposition des 500 parcelles à Igoumié dans la commune d’Owendo, dans la banlieu-sud de Libreville.   Fruit d’un partenariat public-privé, cette opération devrait se poursuivre «avec la mise en exploitation de 40 hectares en plus, pour 800 parcelles de 500 m² viabilisés avec titres fonciers et la construction de 1 900 logements sociaux de 2 et 3 chambres pour les fonctionnaires, en suivant le modèle conçu pour les militaires où la prime de logement mensuelle constituera l’hypothèque permettant de financer l’acquisition du logement. »   Construire un pays est une œuvre de longue haleine. Nul à lui seul ne peut relever ce défi, d’où les appels à la solidarité du président de la transition lors de la tournée républicaine et à l’occasion de l’an 64 de l’indépendance nationale.     « Nous allons changer ce pays et le reconstruire. Si d’autres militaires l’ont fait avant nous, Rawlings au Ghana, Al-Sissi en Égypte, le président Kagame au Rwanda, nous sommes capables de le faire ici. »   Au-delà de la construction des infrastructures, le général Oligui Nguema « entend faire émerger un nouveau type de Gabonais en formatant les mauvaises mentalités. »   La mise en place « d’un cadre législatif solide basé sur des lois fortes, la restauration des institutions, qui commande l’intérêt supérieur de la Nation, et la future Constitution nationale sont une opportunité pour reconstruire le Gabon et instaurer un véritable État de droit qui, bien plus qu’un simple concept pour le CTRI, est l’idéal de démocratie auquel nous devons tous aspirer. »   « L’État de droit garantit notre liberté et notre justice en assurant à chaque Gabonais, quel qu’il soit, la possibilité de s’exprimer librement et de vivre dignement.  Car, il n’y a pas de démocratie sans liberté d’expression, mais également sans respect de la loi. »      Flavienne L. Issembè

À LA CROISÉE DES CHEMINS

À LA CROISÉE DES CHEMINS Scène surréaliste et inédite que celle du communiqué largement diffusé le mercredi 30 août 2023, qui fera date dans l’histoire du Gabon. Que d’échanges téléphoniques au sein du cercle familial et entre amis pour se convaincre de la véracité de cette déclaration d’un officier de l’armée ! Beaucoup demeurant incrédules, dubitatifs quant à cet événement dont nous ne pouvons pleinement mesurer la portée à l’aune d’une année. Un régime réputé inamovible aux mains d’une famille qui a présidé pendant plus d’un demi siècle aux destinées d’une nation. Cinquante-six ans très exactement ! L’enfant qui avait donc 8 ans en 1967, année au cours de laquelle Albert Bernard Bongo prend le pouvoir, en avait 64 en 2023.    Nous pouvons donc comprendre le paroxysme des émotions ayant poussé certains à fondre en larmes, se remémorant probablement les tourments, les souffrances indélébiles qu’eux-mêmes ou certains de leurs proches ont eu à subir. D’autres ne sont, hélas, plus là pour vivre ce moment de ferveur durant les semaines qui ont suivi.   En faisant abstraction de toute analyse partisane des nombreux laudateurs, de la liesse populaire, Brice Clotaire Oligui Nguema, l’homme providentiel du 30 août, peut-il répondre aux multiples attentes sociales de ses compatriotes, à la reconstruction, à la restauration des multiples infrastructures, à la cherté de la vie, au chômage endémique. Tels sont les chantiers, non exhaustifs, auxquels il doit s’atteler. Libreville, du moins sur le front de mer depuis l’aéroport, est une façade qui n’est, hélas, pas à l’image de l’hinterland. Port-Gentil, la capitale économique, qui a apporté tant au Gabon grâce à l’or noir, est dans un état de délabrement inimaginable pour une si petite ville. Le président pourra-t-il tenir les engagements pris, tant ils sont multiformes ? Les Gabonais ont applaudi certaines mesures relatives notamment au rétablissement des bourses au secondaire, après une suspension de sept ans, ainsi que la mise à disposition de milliers de postes budgétaires, sans oublier la revalorisation des pensions retraites. Un certain nombre de signes visibles, tant sur le plan économique que sur le plan financier, sont perceptibles. Prenons le cas de l’amélioration des recettes douanières et fiscales au cours des cinq premiers mois qui ont suivi le coup d’État.   Les données publiées par le ministère de l’Économie et des Participations le 17 novembre 2023 laissent entrevoir de belles performances des recettes budgétaires, notamment douanières. Les projections évoquaient 27,68 milliards de francs CFA. En définitive, ce sont 44,85 milliards qui ont été engrangés. La ville de Bitam, à elle seule, a enregistré 265,2 millions de francs CFA de recettes douanières en janvier 2024 contre 26,7 millions en janvier 2023. Ce résultat a été rendu possible grâce au logiciel « Sydonia World »  qui prévient tout risque de fraude.   Il est à noter également un regain de confiance des bailleurs de fonds, nommément la Banque africaine de développement et la Banque Mondiale, à l’égard du Gabon, qui devrait par ailleurs apurer, dans les délais prescrits, la dette accumulée par les administrations précédentes. Concernant la vie chère, les mesures du gouvernement, par le biais de subventions, ont porté prioritairement sur les produits alimentaires (huile, cuisses de poulet) et les matériaux de construction (ciment, fer à béton). Cette initiative traduit la détermination des autorités à maintenir des coûts abordables pour la plupart des ménages.   Dans l’éventail des réalisations susmentionnées, le CTRI ne peut faire abstraction d’une dure réalité : celle de la dette nationale qui s’élève à 7 100 milliards de francs CFA. Le coût global des axes stratégiques prioritaires est de 3 021 milliards. Il faudrait donc que les autorités puissent à la fois répondre aux besoins sociaux, aux indispensables infrastructures de développement tout en assainissant les finances publiques   De plus, les exportations de notre pétrole représentent toujours plus de 50% du prduit intérieur brut (PIB). Qu’adviendrait-il si le prix du baril s’effondre non seulement en termes d’investissement mais surtout de paiement  de la dette ?   S’il est indéniable que des mesures urgentes ont été prises depuis près d’un an par les autorités de la transition, la tournée républicaine a permis au chef de l’État d’être en contact avec ses concitoyens, de mesurer l’état réel de dénuement de certaines localités de l’arrière-pays et de mettre à disposition de celles-ci, sans exclusive, des montants substantiels à la hauteur de leurs besoins réels afin de parer au plus urgent.   Un contrôle rigoureux de ces financements s’impose afin d’éviter les travers d’un temps pas si lointain. Toutefois, si ces initiatives ne relancent pas l’emploi, ne diversifient pas l’économie, n’assurent pas un réel mieux-être, tous ces efforts porteront un coup rude au crédit de confiance à l’égard des autorités de la transition.   Une répartition équitable des fruits d’une éventuelle croissance est indispensable. Enfin, il est une question qui ne peut être éludée, c’est celle du référendum sur la nouvelle Constitution nationale qui divise les Gabonais. Il est indéniable que tous les citoyens doivent être pleinement imprégnés du contenu et des contours du référendum. La campagne d’information et de sensibilisation en cours tombe à point nommé.   Adia Renomiè

L’IUSO OU LA MÉTAMORPHOSE DE L’ENFANT PRODIGUE

L’IUSO OU LA MÉTAMORPHOSE DE L’ENFANT PRODIGUE Depuis une trentaine d’années, l’Institut universitaire des sciences de l’organisation (IUSO), anciennement Ecole nationale supérieure de secrétariat (ENSS), participe à la formation de la jeunesse gabonaise. En devenant l’IUSO, l’ENSS a étoffé son offre de formation. Elle associe sa formation de base, celle de secrétaire (assistante) de direction qui était l’unique formation à la création de l’établissement, à d’autres enseignements liés aux sciences de l’organisation.   Etudiant en master 2 de communication publique et politique, Benjamin Ndong Allogho n’a pas de crainte quant à sa formation et à la possibilité de trouver un emploi : « J’ai été admis à l’IUSO en 2017. Les enseigne- ments reçus me rendent apte à postuler pour un emploi. Je connais d’anciens étudiants qui ont été recrutés par des entreprises après l’obtention de leur DUT à l’IUSO.» L’établissement a, en effet, vocation à mettre sur le marché de l’emploi des produits prêts à relever les défis du monde professionnel.   Daryl Nguema Mbega, étudiant en fin cycle en métier du droit, confirme la bonne réputation de l’IUSO auprès des employeurs : « Ces années passées à l’IUSO m’ont été profitables. J’encourage les futurs bacheliers à passer le concours de cet institut. La qualité des formations dispen- sées au sein de notre Institut m’a permis de trouver un emploi. »   Cependant, les difficultés et les critiques ne manquent pas. L’œuvre de l’IUSO ne saurait être parfaite. Etudiante en master 2 de communication d’entreprise, Rollande en témoigne : « Durant mon année de licence, j’étais en stage dans un cabinet. Le responsable évoquait le faible niveau des étudiants provenant de l’IUSO. »   Nadidjata Moutsinga Ngamagate, étudiante en master 1 de gestion des Entreprises et des organisations, déplore les conditions d’apprentissage. « J’ai obtenu le concours de l’IUSO en 2019-2020. Malgré les efforts fournis en termes de contenu de cours et de professionnalisation des filières de formation, certains aspects sont moins glorieux, tels que les conditions d’apprentissage dénon- cées par les étudiants. En outre, ce qui me gêne dans les salles de classe c’est la chaleur. Elles ne sont pas climatisées. »   Pour Nadine, étudiante en deuxième année de DUT, « les conditions d’apprentissages ne sont pas fameuses mais on s’adapte». L’adéquation de l’IUSO au système éducatif gabonais   Les offres de formation proposées par l’IUSO sont, pour la majorité, en phase avec l’évolution du système éducatif gabonais. Pour autant, des questions se posent. Les offres de formation sont-elles adaptées au marché de l’emploi ou répondent-elles aux besoins des entreprises ?   Selon Aristide Edzegue, « la place qu’occupe l’Institut dans le système éducatif national est la première dans le domaine des sciences au Gabon. Nous avons un taux d’insertion de 40% des étudiants qui arrivent à trouver du travail dans les deux années qui suivent l’obtention de leurs diplômes. » Ces résultats sont à mettre au crédit du travail colossal de l’administration et du corps professoral.   Professeur en gestion de projets, M. Effaga confirme : « L’IUSO favorise l’insertion professionnelle. » Il admet néanmoins que « le système éducatif gabonais recouvre des imperfections dans la mesure où il est trop porté vers l’enseignement général. »   Dans un monde en perpétuelle évolution et tourné vers la valorisation des formations professionnelles, le système éducatif gabonais devrait redoubler d’imagination afin de rendre nos grandes écoles et universités compétitives. L’IUSO est un exemple en termes dans le domaine.   Eric Ozwald

AGISSONS AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD

AGISSONS AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD « L’école est en crise, le chômage augmente et le futur paraît de plus en plus incertain. » Progressivement, les droits à l’instruction scolaire et au travail perdent de leur valeur, alors même qu’ils contribuent au développement national à travers l’amélioration de la santé, la réduction de la pauvreté, la promotion de l’égalité des sexes, la paix et la stabilité sociale.» Agissons avant qu’il ne soit trop tard. Orientons mieux nos apprenants dans des filières qui vont leur permettre de devenir ce qu’ils souhaitent et d’éviter le chômage. La responsabilité de l’Etat et des parents est ainsi engagée. Elle est d’ailleurs énoncée à l’article premier de la Constitution, respectivement en ses alinéas 16,17 et 18. « Les soins à donner aux enfants et leur éducation constituent pour les parents un droit naturel et un devoir qu’ils exercent sous la surveillance et avec lʼaide de lʼÉtat et des collectivités publiques…»   « La protection de la jeunesse contre lʼexploitation et contre lʼabandon moral, intellectuel et physique est une obligation pour lʼÉtat et les collectivités publiques. » « LʼEtat garantit lʼégal accès de lʼenfant et de lʼadulte à lʼinstruction, à la formation professionnelle et à la culture. »   Agissons avant quʼil ne soit trop tard. Orientons mieux nos apprenants dans des filières qui vont leur permettre de devenir ce quʼils souhaitent et dʼéviter le chômage. La responsabilité de lʼEtat et des parents est ainsi engagée. Elle est dʼailleurs énoncée à lʼarticle premier de la Constitution, respectivement en ses alinéas 16,17 et 18. « Les soins à donner aux enfants et leur éducation constituent pour les parents un droit naturel et un devoir quʼils exercent sous la surveillance et avec lʼaide de lʼÉtat et des collectivités publiques…»   « La protection de la jeunesse contre lʼexploitation et contre lʼabandon moral, intellectuel et physique est une obligation pour lʼÉtat et les collectivités publiques. » « LʼEtat garantit lʼégal accès de lʼenfant et de lʼadulte à lʼinstruction, à la formation professionnelle et à la culture. »   Chaque Gabonais a également des obligations. Comme le stipule lʼalinéa 7 de lʼarticle précité, « chaque citoyen a le devoir de travailler et le droit dʼobtenir un emploi. Nul ne peut être lésé dans son travail en raison de ses origines, de son sexe, de sa race, de ses opinions».   Afin de mener à bien ce processus, lʼEtat se doit dʼaméliorer les conditions de vie de ses citoyens à travers des politiques actives qui peuvent faciliter la scolarisation, le recrutement et la rétention des jeunes au niveau national, lʼobjectif étant de freiner la fuite des cerveaux.   Le corps enseignant a, quant à lui, le devoir de sensibiliser les apprenants aux différentes formations et aux débouchés après le bac. En outre, les établissements scolaires devraient nouer des partenariats avec des entreprises accessibles aux étudiants afin de les aider à mieux sʼorienter, de limiter le taux de chômage et dʼouvrir des centres de formation aux métiers dʼavenir.   En tant que première autorité, les parents devraient être à leur écoute, suivre leur scolarité et les aider à bien sʼorienter. Le moindre manquement pourrait contribuer à la démotivation de lʼenfant, au décrochage scolaire et aux mauvais choix en matière dʼemploi.   Bien souvent, des parents misent sur des écoles supérieures de formation professionnelle de la capitale en dépit des frais exorbitants d’inscription et d’écolage ou optent pour des études littéraires au détriment des filières techniques ou scientifiques. Mais ont-ils vraiment le choix face aux multiples crises, y compris les grèves qui minent le système éducatif gabonais ?   En dépit des efforts consentis par les parents, une grande majorité de jeunes se retrouve perdue ou dans un engrenage sans issue. Le manque dʼentreprises n’arrange rien au chômage dʼautant que la demande est supérieure à lʼoffre dʼemplois. Pire, combien de jeunes fraîchement diplômés se voient refuser un emploi au profit des étrangers ?   LʼEtat gagnerait à traduire dans les faits sa politique en matière dʼéducation et dʼemploi, fondée sur la bonne gouvernance, la mobilisation substantielle couplée à la gestion rationnelle et la décentralisation effective des ressources. Il devrait également sʼassurer que les informations afférentes aux filières dʼétudes et dʼemplois parviennent respectivement aux apprenants et aux employés.     Lyra Moviwa

APPRENDRE ET APRÈS ?

APPRENDRE ET APRÈS ? Ne vous méprenez pas ! Il ne s’agit nullement de dénigrer l’apprentissage, pas plus que la formation. L’acquisition du savoir demeure plus que jamais une arme fondamentale dans un monde en perpétuelle mutation. L’intitulé cadre plutôt avec le cri de désarroi d’une grande partie des lycéens, des étudiants et des parents.   Plus de 25% des jeunes peinent à s’insérer sur le marché de l’emploi et, circonstance aggravante, ceux qui sont qualifiés et fraîchement diplômés ne font plus exception désormais à ce cruel constat. Cette situation alarmante et inédite ne semble pas trouver d’issue à court terme. En effet, pour l’année 2022, le Gabon prévoyait de réduire de 2806 le nombre d’agents à recruter dans la fonction publique pourtant principal pourvoyeur d’emplois !   Les cas les plus alarmants sont ceux de l’Education nationale et de la Jeunesse et des Sports. Chaque année, un minimum de 200 expatriés sont recrutés à l’Education nationale lorsque, dans le même temps, depuis 2018, les enseignants sortis de l’Ecole normale supérieure (ENS) ne sont quasiment pas pris en compte car n’ayant guère de garantie au niveau du recrutement, de la titularisation et de l’avancement. Les besoins sont pourtant réels tant au niveau du personnel enseignant, du personnel d’encadrement et qu’au niveau de l’administration. Cela est devenu un enjeu d’ordre national. Il n’est pas rare qu’au sein d’une famille des parents comptent deux à trois enfants qui, diplôme en poche, ne sont engagés nulle part.   L’estimation de ce fléau social est assez difficile à établir. Si l’on cumule les 20 000 jeunes se retrouvant en quête d’emplois annuellement et ceux qui ont été compressés, la fourchette se situerait entre 80 000 et 120 000 chômeurs ! Le Mouvement national des chômeurs du Gabon (MNCG) avance le chiffre de 200 000.   Les pouvoirs publics ont-ils failli dans leur politique de droit à l’emploi ? Ce droit à l’emploi est inscrit dans la Constitution gabonaise de 1991, actuellement en vigueur : « Chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi. » Autrement dit, les pouvoirs publics doivent mettre en oeuvre une politique permettant à chacun d’obtenir un emploi. Cela, toutefois, ne s’entend pas comme une obligation de résultat, c’est-à-dire comme une obligation absolue de donner à tout chômeur un emploi. Mais ce droit à l’emploi ou au travail ne fait-il pas partie intégrante de la notion de dignité de l’être humain ?   Dans le cas spécifique du Gabon, le moins que l’on puisse dire est que ce pays présente un certain nombre de paradoxes. A ce propos, une récente publication du 11 octobre 2022 émanant du Centre d’étude et de réflexion sur le monde francophone (CERMF) précise que cet Etat se positionne comme le plus riche d’Afrique (hors très petits pays). Son produit intérieur brut (PIB) par habitant se chiffrerait à 8 017 dollars, c’est-à-dire 5,4 millions de francs CFA. Cela devrait a priori être gage d’enrichissement, de développement économique et surtout social afin de booster l’indice du développement humain (IDH).   Comment comprendre ce qui précède et la stagnation du marché de l’emploi ? Ce d’autant plus que les secteurs touristique, agricole et minier font partie du « Plan stratégique Gabon émergent » censé dynamiser le développement et générer des milliers d’emplois.   Le Gabon est le pays qui, par rapport à sa population, compte le plus de fonctionnaires à l’échelle de la planète. 54 415 fonctionnaires en 2004 et plus de 102 367 en 2020, soit une augmentation de plus de 85% en seize ans ! Soixante-trois ans après les indépendances, le premier employeur au Gabon est l’Etat alors que dans la majeure partie du monde, c’est le secteur privé. Plus des deux tiers des emplois sont ceux de la fonction publique générant une masse salariale de 651 milliards de francs CFA en 2021 ce qui a conduit le Fonds monétaire international (FMI) à imposer un moratoire au gouvernement depuis un certain nombre d’années.   Il faudrait inverser progressivement la tendance en créant plus d’emplois dans le secteur privé afin de suppléer l’hypertrophie des administrations étatiques. En 1985, ce secteur avoisinait 80000 emplois. Il a baissé de près de 50% aujourd’hui. Pour ce faire, des investissements plus substantiels s’imposent, mais qui sont obérés par la dette extérieure se chiffrant à 8000 milliards de francs CFA. Cela constitue l’un des principaux freins d’injection de capitaux pour développer de nouvelles activités génératrices d’emplois.   Tout n’est cependant pas imputable aux choix économiques dans les causes de l’inemploi. Il existe une persistance de choix de filières inopérantes. La Commission nationale d’orientation et d’attribution d’allocation d’études ne tient pas toujours compte des priorités de formation décidées par le gouvernement. A cela, il faut ajouter l’esprit de fonctionnariat qui prévaut toujours dans la conscience du gabonais.   Les bacheliers orientés en sociologie, gestion et droit peinent souvent à trouver du travail. Entre 2016 et 2020, 64 077 demandeurs d’emploi se sont présentés à l’Office national de l’emploi (ONE). Le Gabon a l’un des taux de chômage les plus élevés d’Afrique subsaharienne. Il se situe« à 22% à l’échelle générale et à 38% chez les jeunes».   « La population active gabonaise est globalement sous-qualifiée : 70% de la main-d’oeuvre ont un niveau inférieur ou égal au Certificat d’études primaires élémentaires (CEPE), 16,4% sont détenteurs du Brevet d’études du premier cycle (BEPC) et 5,6% seulement du baccalauréat (bac).   Il existe pourtant des compétences très recherchées nécessitant une haute expertise technique dans les secteurs pétrolier, parapétrolier, minier, du transport, du bâtiment et des travaux publics (BTP) et des nouvelles technologies. Des mesures d’urgence s’imposent afin que l’Etat puisse assurer à nouveau le plein emploi.   L’enseignement doit s’adapter à l’évolution économique et sociale. L’Etat providence a atteint ses limites. L’exécutif doit s’efforcer désormais de privilégier l’auto-entrepreneuriat afin d’assurer une autonomisation de plus en plus vitale pour les jeunes générations.      Adia Rénomiè

RÉFLEXION SUR LES ÉLECTIONS

L’école joue un rôle déterminant dans la promotion des connaissances et la prise de décision. Loin de se limiter à son environnement, elle s’invite désormais sur le terrain. À titre d’exemple, l’Université Omar Bongo (UOB), à travers ses centres de recherche, accueille dans ses murs divers acteurs pour faire le point sur l’état du Gabon et proposer des pistes de solutions.  Les journées d’étude sur la thématique « Droit et pratiques électoraux à l’aune des élections générales au Gabon » s’inscrivent dans cette optique. Des enseignants-chercheurs et praticiens du droit électoral ont, du 26 au 28 avril 2023, éclairé le public sur le droit électoral gabonais à travers cinq axes majeurs. Ceux-ci incluent :  Les aspects théoriques du droit électoral. Les pratiques électorales. Les acteurs de gestion, de sécurisation, de participation des élections et de soutien ou d’appui aux élections. Le droit et la pratique du règlement des litiges électoraux. Les perspectives sur les meilleures règles et pratiques électorales. Dans un discours magistral, le directeur du CRECAPPI, le Pr Télésphore Ondo, a décliné les enjeux du droit électoral.  « Le premier enjeu est relatif au respect du concept de l’Etat de droit. Les acteurs politiques et les institutions intervenant dans la matière électorale doivent être au fait des règles et procédures du droit électoral, et s’y soumettre.» « Notre devoir est d’outiller les candidats pour qu’ils connaissent leurs droits et obligations et les électeurs pour qu’ils fassent leur choix en toute connaissance de cause et respectent leur vote en empruntant les voies des lois démocratiques. »  « Le deuxième enjeu du droit électoral concerne le renouvellement de l’élite gouvernante, plus généralement de l’alternance démocratique au pouvoir et, au-delà, le passage d’un ordre politique ancien à un ordre politique nouveau. Comment opérer ce changement ? » Le recteur de l’UOB, le Pr Mesmin Noël Soumaho, a relevé « la pertinence de la thématique des journées au regard de l’actualité brûlante marquée par la réforme de la Constitution nationale et de la loi électorale dans le cadre de la concertation politique tenue du 13 au 23 février 2023 à l’initiative du chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba.  « Le fruit des débats et réflexions conduira certainement à formuler des propositions originales et adaptées à notre société pour pacifier définitivement les joutes électorales et renforcer ainsi la légitimité des gouvernants et du vivre ensemble. Tel est le rôle de l’université considérée comme le Temple du Savoir et, singulièrement, de l’UOB dont la devise est : Savoir. Progrès. Universalité », a conclu le Pr Soumaho.  Le président d’EM Gabon, le Pr Franck Idiata, s’est engagé « à financer les acquis de ces journées rapidement en vue de leur publication avant les élections, afin de fournir aux décideurs politiques, aux acteurs politiques dans leur ensemble, mais aussi à la population, des outils d’appréciation et d’aide à la décision. »  En cette année électorale cruciale, les Gabonais.es sont appelé.es à faire valoir leur droit de vote dans le cadre des élections générales. Ces élections permettent d’élire simultanément le président de la République, les députés et les représentants locaux dans les mairies et les départements.  Les journées d’étude de l’UOB sont les 3e d’une série initiée en 2021 par le Centre de recherche et d’études constitutionnelles, administratives, parlementaires, politiques et internationales (CRECAPPI). Les deux premières étaient consacrées à la Constitution nationale et au Sénat. À travers ses travaux, le Centre de recherche apparait comme une plateforme de propositions et de contributions au développement de la démocratie dans notre pays. https://youtu.be/ER5ufw13XkQ

MEMBRES DE L’ÉQUIPE
 

Fondatrice – Directrice

 

Flavienne Louise Issembè

 

Journalistes seniors

 

Yvette Bivigou

Martial Idundu

Flavienne Louise Issembè

 

Collaborateurs et Collaboratrices

 

Annie Mapangou

Eric Ozwald

Florène Okome Pambo

Tama Z’Akis

 

Equipe WEB

 

Chris Jonathan G. – Développeur
Yourick Seh Obame – Webdesigner
Gerald Boussougou – Com. Manager

 

Cadreurs et/ou Photographes

 

Andy G. Amiaganault

Herman Oke Mve

Alain Wolbert
Delvane BKG

 

CONTACTS

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