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LE GÉNÉRAL OLIGUI NGUEMA A PRÊTÉ SERMENT

Au lendemain du coup d’état pacifique, sans violence ni effusion de sang, survenu au Gabon le 30 août à l’aube, le général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguema a prêté serment le lundi 4 septembre 2023 en tant que président de la transition au palais présidentiel du bord de mer de Libreville. Devant les juges de la Cour constitutionnelle et de nombreux invités*, il a jugé important ‘’que les gabonais de toutes les couches sociales s’accordent pour adopter une nouvelle constitution par référendum, un nouveau code électoral et un code pénal fiables qui garantissent à tous les mêmes chances.’’  ‘‘Le Gabon mérite une gouvernance assainie plus en phase avec les normes internationales en matière de respect des droits humains, de libertés fondamentales, de démocratie et d’état de droit’’.  Le président de la transition s’est engagé, pour qu’à l’issue de la transition, le Gabon soit doté ‘‘d’institutions fortes, démocratiques et crédibles’’. Il veillera également, ‘’avec l’accord de tous les gabonais et des partenaires au développement, à ce que le pouvoir soit remis aux civils en organisant, dans la paix sociale, de nouvelles élections libres, transparentes et crédibles.’’ Donnant force à son discours, le président de la transition a cité les défunts présidents Omar Bongo et Jerry Rawlings. Le président de la transition a également cité le militant des droits de l’homme Desmond Tutu, qui disait : « Si vous êtes neutre dans des situations d’injustice, vous avez choisi le côté de l’oppresseur. « Dans un moment d’intense émotion, le général Oligui Nguema a adressé une pensée spéciale aux Gabonais de la diaspora et « aux compatriotes qui auraient aimé vivre ce jour mais nous ont précédés dans l’au-delà. Je pense à tous les partisans du changement : Simon Oyono Aba, Martine Oulabou, Pierre-Louis Agondjo-Okawe, Pierre Mamboundou Mamboundou et André Mba Obame, pour ne citer que ceux-là. »  La politique et l’administration étant des domaines de souveraineté nationale, le général Oligui Nguema a déclaré avoir entrepris des consultations avec les forces vives de la nation. ‘’Leurs préoccupations sont légitimes et limpides. Nous allons nous atteler avec le gouvernement qui va être mis en place à donner à tous des raisons d’espérer une vie meilleure.’’ Se félicitant « des temps heureux, rêvés par nos ancêtres, qui arrivent enfin chez nous », l’auteur du coup d’état qui a renversé le régime d’Ali Bongo Ondimba a estimé « qu’il faut un changement profond, issu de notre réflexion commune. »  Des mécanismes seront mis en place ‘’afin de faciliter le retour au pays de tous les exilés politiques, rétablir la bourse pour les élèves du secondaire, amnistier les prisonniers d’opinion, financer l’économie nationale avec les partenaires locaux et les institutions financières locales.’’  La création d’une synergie avec l’accompagnement des banques locales pour le paiement des pensions des retraité.es, la révision des conditions d’attribution de la nationalité gabonaise et les lois du foncier sont d’autres mesures annoncées par le général Oligui Nguema.  *La presse, des représentants de la société civile, des confessions religieuses et du monde des affaires, ainsi que des dignitaires de l’ancien régime étaient à la prestation de serment du général Oligui Nguema.  

ALIMENTATION ET SANTÉ : LE LIEN INDISSOCIABLE

ALIMENTATION ET SANTÉ : LE LIEN INDISSOCIABLE Sur 8 milliards d’êtres humains dans le monde, 811 millions souffrent de sous-alimentation et de malnutrition.   Notre alimentation joue un rôle primordial pour notre capital santé. Elle doit être saine et variée afin de nous prémunir contre certaines maladies telles que le diabète, l’ostéoporose et les troubles cardiovasculaires. Il serait, toutefois, réducteur de croire que ces maladies dépendent exclusivement de notre alimentation.   Notre environnement, notre mode de vie et notre héritage génétique sont tout aussi déterminants. Il n’en demeure pas moins qu’un certain nombre d’affections sont d’origine nutritionnelle. Celles-ci incluent, pour n’en citer que quelques-unes, les caries, la typhoïde, l’anémie, les intoxications alimentaires, le rachitisme et le goitre. Une alimentation équilibrée contenant les nutriments nécessaires à une bonne croissance est essentielle dès les premières semaines de la vie. On estime que 45% de la mortalité infantile est directement imputable à une carence en protéines et micronutriments au sein des pays en développement.   Quid de la situation du Gabon et des moyens dont dispose le consommateur pour se prémunir contre les denrées alimentaires impropres à la consommation   La population gabonaise oscille autour de 2 millions d’habitants dont 80% vivent en milieu urbain. Libreville, la capitale, à elle seule, regroupe près de 50% de la population. Le Gabon affiche l’un des taux de mortalité infantile les plus élevés de l’Afrique subsaharienne, estimé à 65%. La malnutrition est responsable de 61% de taux d’anémie dans la tranche d’âge comprise entre 6 et 59 mois. Celle-ci est subséquente au faible taux d’allaitement maternel exclusif.   En outre, le Gabon ne figure pas au top 30 des pays africains en termes d’indice de sécurité alimentaire (ISA). Les trois premiers sont l’Afrique du Sud, le Botswana et l’Egypte. Le 30e c’est la République démocratique du Congo. L’ISA prend en considération un certain nombre de critères parmi lesquels : l’abordabilité qui tient compte de la consommation alimentaire proportionnellement aux dépenses des ménages ; la disponibilité qui fait référence à l’approvisionnement suffisant et les infrastructures agricoles ; la qualité et la sécurité intégrant la diversification du régime alimentaire, les directives alimentaires nationales et un plan de suivi et de surveillance de la nutrition.   Bien choisir ses aliments permet non seulement de nous maintenir en bonne santé, mais surtout de l’améliorer. Encore faut-il pouvoir trouver le juste équilibre, ce qui est plus difficile qu’il n’y parait. Le seul aliment qui fournit tous les nutriments nécessaires au fonctionnement de l’organisme est le lait maternel. En dehors de ce nutriment riche en acides aminés, il s’agit de satisfaire notre apport quotidien entre aliments riches en lipides (poisson, viande, œufs), en glucides (riz, pâtes, pain, tubercules, lait, céréales) et en protides (viande, volaille, œufs, poisson, lentilles, pois chiches, haricots secs, riz, blé, fromage). La consommation de ces aliments doit être adéquate, sans frôler l’excès.   L’un des principaux obstacles à une alimentation saine tient au coût prohibitif des denrées alimentaires de première nécessité (viande, huile, fruits, tubercules, riz, bananes, poisson). Depuis la survenue du Covid 19, le Gabon a enregistré une perte importante de revenus et d’emplois dont l’effet pervers est l’érosion du pouvoir d’achat. Quatre-vingt quinze mille (95.000) ménages seraient en situation de précarité économique. Ceci a une incidence sur l’insécurité alimentaire, en hausse de 4 points. Elle était de 74,8% en avril 2021 contre 70,3% en novembre 2020. La production agricole (3,3% du produit intérieur brut) ne couvre pas les besoins alimentaires. Le Gabon est confronté à une forte dépendance en matière de produits alimentaires (60%) équivalant à un coût annuel de 500 milliards de F CFA.   Cette inflation vertigineuse n’est pas un fait inédit et ne concerne pas exclusivement le Gabon. Elle résulte de facteurs conjoncturels qui ne sont en rien imputables à une quelconque décision politique. L’envolée des prix des sources d’énergie (pétrole et gaz) et des matières premières agricoles se répercute sur toute la chaîne de production et du transport à l’image du fret maritime. Les opérateurs économiques ont donc augmenté les prix afin de préserver leur marge bénéficiaire.   Le consommateur à l’extrémité de la chaîne subit de plein fouet cette augmentation durable des prix qui, pour la seule alimentation, représente 80% des dépenses d’une famille. L’alimentaire, c’est 86% du chiffre d’affaires d’un magasin comme Géant Cecado. Concilier ses revenus avec une alimentation adéquate est une préoccupation obsessionnelle.   Qui est chargé de la protection du consommateur ?   Le droit du consommateur est émergent au Gabon. Il s’inscrit dans le dispositif juridique de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et, de manière plus élargie, dans le cadre des principes directeurs des Nations unies sur la protection des consommateurs. Le consumérisme en est à ses balbutiements au Gabon. Il n’existe pas à proprement parler une loi nationale de protection des consommateurs.   Toutefois, certaines normes ont force de loi dans le cadre du « Codex Alimentarius », conformément à l’ordonnance nº50/78 du 31 août 1978 portant contrôle sur la qualité des produits alimentaires. C’est ainsi que de juin à décembre 2021, plus de 40 000 briques de jus de pomme de la marque Ceres furent détruites sur instruction de la Direction générale de la concurrence et de la consommation car contaminées à la patuline, un produit pouvant s’avérer nocif. Cette administration veille à la qualité des produits alimentaires et peut retirer de la vente les denrées qu’elle juge impropres à la consommation. Elle a pu épingler plus de 246 établissements commerciaux pour vente de produits avariés.   Quant à elle, l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA) se charge, en amont, de prévenir et de détecter tous les risques sanitaires et phytosanitaires liés à l’alimentation des citoyens. Ces diverses données permettent de mesurer tout le chemin qui reste à parcourir afin de protéger au mieux le consommateur. Le Gabon est pourtant considéré comme un pays riche si l’on se réfère au PIB par tête d’habitant qui était de 7006 dollars en 2021, selon les données de la Banque mondiale. Le pays a ALIMENTATION ET SANTÉ : LE LIEN INDISSOCIABLE

LA PRESSE AU SERVICE DE A PLANÈTE : LE JOURNALISTE FACE À LA CRISE ENVIRONNEMENTALE

DÉCLARATION DU COLLECTIF DES MÉDIAS PRIVÉS AYANT COUVERT LE DIALOGUE NATIONAL INCLUSIF Mesdames et messieurs, peuple gabonais   Depuis le 30 août 2023, notre pays le Gabon a amorcé une phase très importante de son histoire par le truchement du coup de la libération mené par le Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI) visant à conduire le pays vers un essor de sa félicité. Un vœu jadis formulé par nos ancêtres, et aujourd’hui devenu réalité grâce à la bravoure des Forces de Sécurité et de Défense.   Ces dernières, en prenant le pays en main, avaient exprimé par la voix du général de Brigade Brice Clotaire Oligui Nguema, le président de la Transition, le vœu de voir une presse rehaussée et restaurée en dignité. Ce qui justifie le relèvement de l’aide à la presse, inscrite dans la loi de finance de cette année à 500 millions de francs CFA. Sans omettre la mise à disposition de 500 postes budgétaires aux agents publics du secteur communication.   Conscients de cette excellente volonté de redorer les lettres de noblesses de la presse, les médias privés indépendants, et les journalistes en général, se sont mobilisés comme un seul homme avec la ferme détermination de jouer leur rôle tout au long de la Transition.   C’est dans cette optique que nous avons sollicité auprès des organisateurs du Dialogue National Inclusif (DNI), les accréditations en vue d’assurer une couverture médiatique. C’est suite à cela que les travaux menés par le Comité technique composé des représentants des médias, de la Haute autorité de la communication (HAC) et du ministère de la communication et des médias, ont après examen des dossiers, arrêté une liste de 73 organes de presse et 250 journalistes.   Cependant, il ressort que dans la liste définitive, rendue publique par le ministère de la Réforme des Institutions après la restitution des conclusions des travaux, près de 400 journalistes ont finalement été accrédités dans des conditions douteuses, sans que le Comité technique n’ait été sollicité pour la validation des accréditations additives.   Un scandale total. Des individus sans aucun lien avec le monde de la presse, des agents de cellules de communication de certains ministères et autres institutions administratives, comme celle de la prison centrale se sont retrouvés sur cette liste de bénéficiaires. Pourquoi associer dans la cagnotte dédiée aux entreprises de presse privées et publiques, des cellules de communication internes aux ministères et des communicants rattachés aux cabinets ministériels ?   Cette augmentation antiréglementaire et opportuniste du nombre d’ayant droits aux jetons de présence prévus aura donc été le véritable problème de la cacophonie qui fait aujourd’hui polémique.   De fait, la ligne budgétaire prévue pour la presse, désormais atrophiée, a été insuffisante pour satisfaire les journalistes régulièrement accrédités, les exposant ainsi à une situation inconfortable et humiliante.   Mesdames et messieurs,   On ne peut imaginer remettre à un journaliste ayant couvert un événement de ce type, à titre de Jeton de présence, la somme de 500.000 francs CFA après 1 mois de réquisition. Toute chose disproportionnelle à l’enveloppe globale de 500 millions de francs CFA allouée à la presse, de sources concordantes.   D’autre part, cette somme dépréciable se situe au rabais de la moyenne des jetons de présence perçu par l’ensemble des participants. C’est à croire que la presse nationale serait logée au bas de l’échelle des priorités des organisateurs du Dialogue national.   C’est l’occasion pour nous, d’inviter le comité d’organisation de solutionner dans les plus brefs délais, les cas d’omission dans la distribution des titres de paiements du Trésor Public, dont sont victimes de nombreux journalistes officiellement accrédités.   Ces pratiques représentent une menace pour le libre exercice de la profession, et des droits y relatifs.   Face à ce qui précède, nous sollicitons donc l’arbitrage du président de la République, principal initiateur de ces assises, en vue de réparer ce préjudice aux allures d’opprobre jeté sur la presse nationale.   Image Africa Climate Report JOURNÉE MONDIALE DE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE 2024 En ce 03 mai de l’an 2024, le thème dédié à la Journée mondiale de la liberté de la presse est : « La presse au service de la planète : le journalisme face à la crise environnementale ».   Le 3 mai a été proclamé Journée mondiale de la liberté de la presse par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1993, suivant la recommandation adoptée lors de la 26ème session de la Conférence générale de l’UNESCO en 1991 en réponse à l’appel de journalistes africains qui ont proclamé la Déclaration de Windhoek (Namibie) sur les principes fondamentaux de la liberté de la presse, en particulier le pluralisme et l’indépendance des médias.   Chaque année depuis 31 ans, la Journée mondiale de la liberté de la presse permet d’évaluer la liberté de la presse à travers le monde, de défendre l’indépendance des médias et de rendre hommage aux journalistes qui ont perdu la vie dans l’exercice de leur profession. À l’occasion de cette journée, le Prix mondial de la liberté de la presse est remis.   La Journée mondiale de la liberté de la presse a pour objectifs de sensibiliser le public en général, et les journalistes en particulier, à l’importance de la liberté de la presse et de rappeler aux gouvernements leur obligation de respecter et faire respecter le droit à la liberté d’expression. Ce droit est consacré par l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. DNI : QUELLES PERSPECTIVES POUR LA PRESSE ? Quelles sont les perspectives pour la presse après le Dialogue national inclusif ? Au lendemain de la fin de la Conférence, « Vivre » lève le voile sur la participation de la presse à ces assises. Présents sur les lieux de la concertation, qui a réuni près de 700 participants, les médias ont accompli un travail remarquable. En revanche, la presse était à peine représentée au sein des commissions. D’aucuns se posent la question de savoir pourquoi le DNI n’a pas mis en place LA PRESSE AU SERVICE DE A PLANÈTE : LE JOURNALISTE FACE À LA CRISE ENVIRONNEMENTALE

UN LOGEMENT À VIE

Salle de séjour Gabon

Au nombre des besoins fondamentaux de l’être humain, le logement tient une place importante. Le Gabon, dans sa Constitution de 1991, consacre le droit au logement en son article 1 alinéa 10 : « Tout Gabonais a le droit de fixer librement son domicile ou sa résidence en un lieu quelconque du territoire national (…) sous réserve du respect de la loi. » La déclaration d’Istanbul, adoptée en 1996, cadre parfaitement avec ce qui précède. Elle réaffirme, en effet, le principe du droit au logement comme partie intégrante des droits de l’homme. Au cours de l’ouverture solennelle du forum de l’habitat qui s’était tenu le 6 août 2010 à Libreville, le Premier ministre Paul Biyoghe Mba avait déclaré que : « Chaque Gabonais doit disposer d’un logement décent et facilement accessible qui ne le prive pas de l’essentiel des revenus mensuels. »  En outre, ce n’est certainement pas fortuit si un chapitre lui est consacré dans le 3e rapport national des Objectifs du millénaire pour le développement. Au-delà des effets d’annonce et des dispositions juridiques régissant le droit sociétal, quelles sont les conditions réelles d’accessibilité au logement pour le Gabonais lambda ? Premier constat : il existe une très forte distorsion entre le taux d’urbanisation (80 %) au Gabon et l’offre résidentielle. Selon les statistiques du PAT (Plan d’accélération de la transformation), ce déficit serait supérieur à la moyenne des pays d’Afrique subsaharienne. En 2024, cette pénurie atteint le pic de 257 000 unités ! Pourtant, le programme de construction de logements sociaux est indissociable des chantiers de l’émergence du pouvoir exécutif sur lequel les Gabonais avaient fondé tant d’espoir. La livraison promise des 35 000 logements était bien loin d’être atteinte pour 2016. Elle atteignait à peine 6 370 unités, bien en deçà de 20 %. Ce chantier de construction de logements à la portée d’une majorité de Gabonais s’est fait par l’entremise de la SNI (Société nationale immobilière), de la SNLS (Société nationale des logements sociaux), de sociétés de travaux publics privés sous l’impulsion du gouvernement à travers des programmes bien définis. Ces logements devaient prioritairement être destinés à des personnes dont le niveau de salaire ou de revenus ne dépassait pas un certain seuil. L’objectif de l’Etat étant double, à savoir résorber la mauvaise qualité de l’habitat mais surtout permettre l’accès à la propriété qui constitue l’un des buts ultimes d’une vie. L’exigence principale des principaux acquéreurs étant de pouvoir disposer d’un logement décent (offrant un minimum de commodités) à moindre coût. L’accès au logement est indissociable de l’amélioration des conditions de vie. Encore faut-il que le coût d’acquisition cadre avec le pouvoir d’achat qui s’érode à la suite de la stagnation des salaires. Le salaire moyen est de 150 000 FCFA. Or, le coût minimal d’une habitation oscille entre 22 millions et 44 millions, nonobstant le fait que le potentiel acquéreur doit au préalable s’acquitter de 15 % de ce montant. L’offre reste donc faible, du moins par rapport à la catégorie sociale susmentionnée. L’autre principale récrimination vient non seulement du fait que pour pouvoir être sur la liste, il faut disposer d’un compte bancaire, mais encore d’une attestation d’emploi qui constitue des garanties indispensables. Les prix d’achat sont jugés prohibitifs. À cela, il faut ajouter les choix dans l’attribution de ces logements qui n’obéissent pas souvent aux principes d’équité, puisque le copinage et des règles de complaisance empêchent les plus nécessiteux d’en bénéficier. Cet état de faits donne lieu à des situations rocambolesques et extrêmes, à l’image de la « Cité de l’égalité des chances » et du chantier abandonné du Ciciba, à Akanda, où des habitations furent prises d’assaut, squattées par des milliers de personnes vivant dans des conditions déplorables, sans raccordement à l’eau courante et à l’électricité. D’autres pesanteurs relatives aux délais de livraison ainsi qu’aux retards ou défauts de paiement minent considérablement la politique du logement. Enfin, les détournements de fonds publics sont une plaie qui, hélas, n’échappe pas à la politique de l’habitat. En 2018, le détournement au port d’Owendo d’une vingtaine de conteneurs de matériaux de construction d’une valeur de 10 milliards de FCFA nous renvoie à cette pieuvre pernicieuse qui compromet gravement les priorités qui peuvent être gage de paix sociale et surtout le contrat de confiance déjà fragile à l’égard de l’Etat.

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