Auteure sous le nom de Beyi Gallon, Corinne Sipamio Berre écrit depuis des années. Elle s’inspire de certains évènements majeurs, des témoignages des femmes qu’elle accompagne ou encore de ses voyages à travers les 9 provinces de sa terre natale, le Gabon. Souvenez-vous de ses carnets de voyage sur Lambaréné, Port gentil, Mouila… Au-delà, Corinne est experte en économie du livre et fondatrice du programme « Femmes de Valeur ». En tant qu’économiste du livre, elle accompagne les écrivain.es dans l’écriture et à vivre de leurs œuvres. Le programme « Femmes de Valeur » apporte un appui aux femmes pour les aider à surmonter les crises qu’elles traversent. Flavienne L. Issembè 17 AOÛT 1960 : UNE INDÉPENDANCE À CÉLÉBRER… MAIS AUSSI À QUESTIONNER Le Gabon célèbre, ce 17 août 2025, le 65ème anniversaire de son accession à l’indépendance. Cette journée symbolique est marquée par des discours, des défilés et des souvenirs. Mais en 2025, l’an 65 prend une tournure particulière : il suscite autant d’espoir que d’interrogations, car dans les rues de Libreville ou de Port-Gentil, certains ne brandiront pas le drapeau ce jour-là. Ils le feront non pas par manque de patriotisme, mais parce qu’ils n’ont plus de toit. Déguerpis de force, sans accompagnement social, des citoyens dorment encore sous des décombres, à quelques semaines de la saison des pluies. Comment célébrer quand on a tout perdu et quand la promesse d’un État protecteur semble si lointaine ? Le contraste est saisissant : pendant qu’on parle de renouveau, d’espoir, de refondation, d’autres vivent l’exclusion, la précarité, la fatigue d’une vie entière consacrée à bâtir et brusquement anéantie. À cela s’ajoute une mémoire encore vive : celle d’un régime dissous, mais dont plusieurs visages se retrouvent aujourd’hui dans de nouvelles formations politiques censées incarner le changement. Pour beaucoup, cela brouille les lignes. Peut-on parler de rupture quand les figures d’hier mènent encore les chantiers d’aujourd’hui ? Cette question, des milliers de Gabonais se la posent. Et pourtant, la date du 17 août ne doit pas être rejetée. Elle peut et doit servir de point de départ à une réflexion collective. L’indépendance n’est pas seulement un événement du passé, c’est un cap à maintenir. Elle nous invite à faire le bilan. Sommes-nous vraiment indépendants si des familles se sentent abandonnées ? Si la justice sociale tarde ? Si l’égalité des chances reste théorique ? La date du 17 août est aussi l’occasion d’exiger plus de transparence, d’écoute et d’humanité dans les politiques publiques. L’indépendance véritable ne se limite pas à une souveraineté sur le papier, elle s’exprime dans les actes quotidiens de l’État envers ses citoyens. Alors, oui, célébrons mais sans naïveté. Célébrons avec lucidité. Célébrons en pensant aux oubliés, aux sacrifiés, à ceux qui espèrent encore que ce pays les regarde enfin. Parce qu’un Gabon indépendant, c’est un Gabon qui ne laisse personne au bord du chemin. Florène Okome Pambo JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA JEUNESSE UNE PASSERELLE ENTRE RÊVES ET ACTIONS CONCRÈTES Le 12 août de chaque année, le monde entier consacre une journée aux jeunes. L’édition 2025 a pour thème « L’autonomisation des jeunes grâce à l’IA et aux compétences numériques. » Les jeunes gabonais, qui représentent une frange importante de la population nationale, ont un potentiel immense. Ils sont dynamiques, connectés, créatifs. Des milliers d’entre eux, discrets mais déterminés, le prouvent chaque jour. Ils recyclent, codent, enseignent, entreprennent, soignent… Ils ne font pas la une des journaux, mais ils écrivent l’avenir du pays. Pour autant, ils sont confrontés aux dures réalités de la vie, notamment le chômage, l’accès inégal à l’éducation, la précarité et la sous-représentation. Au-delà des discours symboliques, la présente journée invite à prendre au sérieux la jeunesse majoritaire, souvent reléguée en marge des décisions essentielles. À leur niveau, les jeunes sont exhortés à prendre leurs responsabilités. Ils doivent s’engager et ne plus attendre que tout vienne d’en haut, s’informer, se former, participer, refuser la manipulation, rejeter la violence, choisir la voie de l’intelligence et de l’initiative. Ce 12 août 2025, la Journée internationale de la jeunesse est bien plus qu’une célébration. C’est un appel à la confiance mutuelle entre générations, une passerelle entre rêves et actions concrètes, car un pays où la jeunesse est écoutée, valorisée et responsabilisée est un pays qui avance. Florène Okome Pambo LE DRAPEAU GABONAIS UN SYMBOLE CIVIQUE AU CŒUR DE LA RÉPUBLIQUE Le 9 août, le Gabon célèbre la Journée nationale du drapeau. Plus qu’une simple cérémonie, c’est une occasion de raviver le sentiment d’unité nationale, de transmettre aux jeunes générations le respect des symboles de la République, et de renforcer le lien entre civisme et engagement public. Vert pour la forêt équatoriale. Jaune pour le soleil et la richesse minière. Bleu pour l’océan. Le drapeau gabonais porte une mémoire collective. Le 20 novembre 2023, à 07h30, le Ministère de l’Éducation nationale, en application du communiqué n°027 du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), a procédé au lever officiel du drapeau en présence de la Ministre Camélia Ntoutoume Leclercq. Ce moment solennel, désormais étendu à plusieurs institutions publiques, traduit la volonté de réaffirmer l’importance des symboles républicains. Pourquoi ce retour aux symboles ? Dans un contexte de transition et de redéfinition du vivre-ensemble, il ne suffit pas de proclamer des valeurs. Il faut les incarner. Le drapeau devient un outil d’ancrage, d’histoire et de mémoire, présent dans les écoles comme dans les administrations, pour rappeler l’attachement à la Nation. Un acte simple. Une portée forte Ce geste civique, qu’il s’agisse de hisser les couleurs ou de chanter l’hymne national, inculque le respect des institutions, l’identité collective, et le sens de l’appartenance à la nation. Il appelle les agents publics, les enseignants, les parents et les citoyens à faire vivre ces symboles à travers des actions concrètes. Un engagement quotidien Célébrer le drapeau, c’est aussi s’engager à respecter ce qu’il représente : la paix, la justice, l’unité. C’est un message d’exemplarité envoyé à la jeunesse et à la société tout entière. Le 9 août n’est pas une simple commémoration : c’est une déclaration de fidélité à la … À LA RENCONTRE DE CORINNE SIPAMIO BERRE