Journalistes Seniors

Yvette Bivigou
Martial Idundu
Flavienne Louise Issembè

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Eric Ozwald
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Interview

L’AUTONOMISATION ÉCONOMIQUE DE LA FEMME EN QUESTION

La femme gabonaise a du potentiel. Au fil du temps, elle s’affirme comme une actrice incontournable du développement national. Son accès à l’emploi et à l’entrepreneuriat et, partant, l’amélioration de ses conditions de vie, sont sources d’épanouissement. Mais, entre freins culturels, accès limité au financement et aux secteurs productifs, la voie vers l’autonomisation économique de la femme est encore semée d’embûches. La donne peut et doit changer à condition que le droit prévale pour une réelle ascension de la femme dans la sphère économique.

RETRAITE ET ENTREPRENEURIAT

« La retraite désigne la période de la vie au cours de laquelle une personne cesse son activité professionnelle, généralement en raison de l’âge. Elle bénéficie d’un revenu de remplacement appelé pension. Cet élément central des systèmes de protection sociale, vise à garantir un niveau de vie minimal après la vie active. Pour autant, la pension ne suffit pas à elle seule à la vie du retraité pour diverses raisons y compris les retards de paiement, le coût élevé du niveau de vie et la hausse des dépenses de santé.  Le Cabinet YENING conseille et aide les retraité.es à se préparer à l’après-retraite par l’entrepreneuriat très tôt. Toutefois, l’activité dois être simple et maîtrisée. Le but n’est pas le risque, mais la stabilité financière.

FISSURE SOCIALE

La fissure sociale et son impact sur le vécu des Gabonais.es continuent de susciter des réactions au sein de l’opinion. Aujourd’hui, le magazine « Vivre » reçoit le 2ème vice-président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC). Geoffroy Foumboula Libeka fait le point de la crise sociale qui n’a que trop duré et propose des pistes de solution.

LA FISSURE SOCIALE

Une crise de confiance sans précédent ébranle les fondations mêmes de la gouvernance sous la 5ème République. Du salarié urbain au cultivateur provincial, chaque Gabonais exprime un ras-le-bol légitime face à des institutions perçues comme opaques et déconnectées des souffrances du quotidien. Selon Ange Kevin Nzigou, avocat et président du Front Démocratique Socialiste (FDS), cette crise démontre que les Gabonais n’ont plus confiance en la parole publique. Il appelle les tenants du pouvoir à « considérer les cris du Peuple. Dans le cas contraire, la situation ne feras qu’empirer. Eric Ozwald l’a rencontré.

C’EST UNE ATTEINTE À LA LIBERTÉ D’EXPRESSION

« J’ai accueilli avec stupéfaction l’annonce de la suspension des réseaux sociaux. Une telle décision, aussi brutale et aussi vaste, touche l’ensemble des réseaux sociaux dans notre pays, porte atteinte, à tout le moins, à la liberté d’expression qui est une liberté garantie par la Constitution, notamment en son article 14. Il s’agit également d’une liberté garantie par les conventions que nous avons signées, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ainsi que la Charte africaine des droits de l’Homme, sans oublier le Code de la Communication en son article 3. Évidemment, tout principe comporte des exceptions. Au nom de la sécurité et de l’ordre public, des dispositions peuvent être prises. Cependant, ces dispositions doivent être adoptées dans le respect des formes légales. La Haute Autorité de la Communication (HAC) avait-elle le pouvoir de prendre une telle décision ? Je dis d’emblée non. La HAC n’a pas le pouvoir de prendre une décision générale de suspension. » « Vivre » – Pourquoi ? « Ce n’est pas dans ses prérogatives. Il faut identifier les personnes qui sont des contrevenants aux dispositions légales. Le Code de la Communication est là : la responsabilité est personnelle. Voyez-vous, certains Gabonais, ou certaines personnes enfreignent la loi, et au final, tout le monde est considéré comme coupable. Or, la responsabilité est personnelle, elle ne se partage pas. Pourquoi devrais-je subir les conséquences des fautes de quelqu’un d’autre ? » L’État ne peut pas se comporter de cette manière, et je crois que la décision est davantage politique que juridique. Il faut respecter les procédures juridiques. La HAC ne peut pas, par un simple communiqué, suspendre une liberté dont les Gabonais jouissent en vertu de la Constitution. Un simple communiqué… Je pense que c’est extrêmement grave. Si la HAC devait avoir le pouvoir de suspendre, même pour un temps limité, cela devrait se faire par une décision constituant un véritable acte juridique, et non par un acte administratif qui n’est qu’une forme de communication destinée à informer. La HAC s’est engagée dans une voie de fait. Une voie de fait, parce qu’elle suspend une liberté alors que les opérateurs et les autres relais ne disposent pas de l’instrument juridique leur permettant de procéder à cette suspension. Je crois que le gouvernement fait trop dans l’improvisation et dans le déni des droits. Nous avions pensé que le 30 août 2023 allait constituer une véritable rupture qui rendrait non seulement la dignité aux Gabonais, mais qui garantirait aussi le respect de leurs droits. Respecter les droits, c’est quoi ? C’est respecter les procédures. Les procédures nous garantissent que nous sommes gouvernés par des autorités qui prennent le soin, avant toute décision ou au cours de celle-ci, de garantir nos droits. Or, les droits des internautes ne sont pas garantis. De même, les droits des opérateurs économiques ne le sont pas, car il existe toute une dimension économique : aujourd’hui, nombre de personnes travaillent grâce à Internet et aux réseaux sociaux. Qu’en est-il pour elles ? Elles sont pénalisées parce que trois, dix, quinze ou vingt personnes inondent les réseaux sociaux d’insanités. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de problème sur les réseaux sociaux. L’État a raison de constater qu’il en existe. Nous voyons des individus proférer des propos tribalistes, cherchant à diviser les Gabonais de manière décomplexée. Cependant, pour certains, ces propos sont tolérés parce qu’ils sont proches du pouvoir, alors que pour d’autres, ils ne le sont pas. Prenons des exemples précis : le fameux « nganga national », qui s’est mis à accuser une province de monopoliser les postes au ministère des Finances, s’est retrouvé en prison, mais d’autres personnes tenant les mêmes propos à l’égard d’autres communautés restent tranquilles. On avance parfois le prétexte qu’elles ne sont pas sur le territoire national, mais l’État devrait montrer sa volonté d’arrêter ce genre de personnes. Nous avons des accords et des conventions judiciaires avec la France, par exemple. Quelles sont les commissions rogatoires qui ont été mises en place pour, au moins, démontrer cette volonté d’agir ? Vous constatez qu’il existe deux poids, deux mesures. La décision de la HAC enfreint le principe constitutionnel appliqué par la Cour constitutionnelle gabonaise : le principe de proportionnalité. C’est à dire ? La décision est disproportionnée. Elle doit s’attaquer uniquement à ce qui est nécessaire. Or, le nécessaire, ce sont les personnes ayant enfreint la loi qui doivent être visées. Ce n’est pas facile, mais il faut le faire. Il faut s’organiser pour y parvenir. À présent, on nous parle d’un prochain forum sur les réseaux sociaux. Très bien, mais ce ne sera qu’un forum de plus. Vous savez, en droit parlementaire, on dit que lorsqu’on veut noyer un sujet, on l’envoie en commission. C’est la même logique ici : on veut noyer le sujet en créant un forum qui ne produira rien de plus. Avons-nous les capacités de régler ce problème ? Oui, il existe un arsenal juridique. Que dit la loi ? L’arsenal juridique comprend des sanctions administratives que l’autorité compétente peut appliquer de manière ciblée, des sanctions pécuniaires ainsi que des sanctions pénales. Les textes sont là. D’une part, nous avons le Code de la Communication, qui a une partie sur le numérique. Nous avons également la loi sur la cybercriminalité, la cybersécurité, puisque c’est le fond du problème, ainsi que les dispositions du Code pénal. Maintenant, il faut pouvoir traquer les gens qui se mettent en mal par rapport à la loi. Tout dernièrement, j’ai écouté un monsieur qui proférait des propos extrêmement graves (menaces de mort, soit spirituelles, soit physiques) sur qui serait contre le président Oligui. Cette personne est clairement identifiée, mais elle s’exprime. Et rien ne se passe. Ce n’est pas la première fois que cette personne s’exprime de cette manière. Que cherchons-nous ? La loi n’est pas le problème. Le dispositif légal est là, mais il manque un certain nombre d’obligations légales. Tant que les coupables sont proches du pouvoir, on ne fait rien. Mais quand ils ne sont pas proches du pouvoir, on les arrête. C’est ce que C’EST UNE ATTEINTE À LA LIBERTÉ D’EXPRESSION

SPORT ET DROITS HUMAINS

Fondé en 2018, le Club Atlético Akanda s’engage résolument pour la pratique féminine du football. Il accompagne les joueuses vers l’insertion professionnelle dans le cadre du projet « ÉDUQUER ». Le club prend en charge le parcours scolaire et universitaire des joueuses, ainsi que leur intégration dans des centres de formation. À cela s’ajoutent des actions concrètes qui transforment les talents en carrières.

SOS PRISONNIERS

Le sort et les conditions de détention des prisonniers en République gabonaise demeurent une source de préoccupation majeure pour les  détenu.es, les familles et les défenseur.es des droits humains. La prison centrale de Libreville, construite en 1956 pour accueillir une population de 300 à 500 détenu.es, en compte actuellement plus de 3500. Le surpeuplement, les mauvaises conditions d’hygiène et la propagation des maladies sont le lot quotidien de ses occupants. En 2020, le défenseur des droits humains Lionel Ella Engonga crée l’Association SOS Prisonniers dans le but de promouvoir, protéger et défendre les droits des détenu.es. Il plaide pour la construction de prisons adaptées aux normes et respectueuses des droits de la personne. L’ouverture d’enquêtes sur les conditions de détention et les cas de torture des prisonniers est également au coeur de ses priorités.

OÙ EN EST L’INSERTION SOCIALE

Quelle est la place des personnes vivant avec un handicap dans la société gabonaise ? Faiblement représentées à divers niveaux de la sphère nationale, elles doivent se battre pour faire valoir leurs droits y compris le droit d’être électeur ou candidat, ainsi que le droit d’accès au bureau de vote L’adoption en 2025 des nouvelles lois sur les partis politiques et le découpage électoral changera-t-elle la donne ? Olivier Indouma, président de la Fédération nationale des associations des personnes handicapées, livre sa vérité sur la situation et appelle à l’inclusion sociale effective de ce groupe dont la voix compte.

AFI.M.MO

L’Association des Filles-Mères du Moyen Ogooué revient de loin. Après des années d’embellie suivie d’une crise profonde, elle se relève lentement mais sûrement. Selon sa présidente, les activités reprennent avec à la clé la réfection du fichier des filles-mères et un projet ciblant leur scolarisation effective et celle de leurs enfants. Patricia Bruant Kessany et son équipe œuvrent également à la promotion d’une loi qui protège les personnes vulnérables y compris les filles-mères et leur progéniture. Découvrons son interview au Magazine « Vivre ».

AFI.M.MO

Née en 2001 à Lambaréné, dans le Moyen Ogooué, l’Association des filles-mères du Moyen Ogooué (AFI.M.MO), s’engage corps et âme auprès de ses pupilles. Ȃgées de 14 à 18 ans, ces jeunes mamans souffrent de leurs conditions qui, sans cesse, leur rappelle le jour où tout a basculé. Pour autant, avec l’aide de leurs bienfaitrices, la vie leur sourit de nouveau et lui tend les bras.   Selon la présidente de l’AFI.M.MO, Patricia Bruant Kessany, « le combat que nous menons est comme un sacerdoce, une grande joie de voler au secours des filles-mères. Comprendre le pourquoi du problème, connaitre leurs parents et le milieu dont elles sont issues, s’enquérir de leur niveau scolaire et moyens de subsistance sont au cœur de notre nos priorités. »   « Parce qu’elles sont des milliers, parce-que la pauvreté mentale a chosifié la gent féminine au Gabon, des mécanismes de protection et de prise en charge doivent être mis en place, martèle Patricia Bruant Kessany. Elle appelle les pouvoirs publics et les services sociaux à placer les filles-mères dans des centres d’accueil où un psychologue et un médecin peuvent les suivre.   Selon l’AFI.M.MO, « il faut repenser les internats au sein de chaque lycée en les transformant en points d’accueil et d’hébergement pour la prise en charge effective des filles-mères d’autant qu’elles sont vulnérables, instables et coincées psychologiquement. »   Au-delà, « les filles mères devraient bénéficier d’un appui financier soutenu dans le cadre de la reconduction et l’augmentation de l’aide de la CNAMGS supprimée il y a 3 ans, et la promotion du revenu social agréé à hauteur de 300 000 francs par trimestre et par famille. »   L’AFI.M.MO a été créée en 2001 en vue d’encadrer, accompagner, soutenir et prodiguer des conseils aux filles-mères. Depuis, d’autres provinces lui ont emboité le pas. L’Association les engage, conseils à l’appui, à :  S’assumer et croire en elles-mêmes. Prendre au sérieux leur vie et celle de leurs enfants. Se lever et être fortes. S’ouvrir, discuter et poser leurs problèmes au sein des associations. Se donner une chance pour être formées et réinsérées dans les activités génératrices de revenus.