La Rédaction

À QUOI SERT UN CONTRAT DE TRAVAIL

À QUOI SERT UN CONTRAT DE TRAVAIL ? Le contrat de travail est un document fondamental. Il lie le salarié à son employeur. Prenez le temps de le lire dans ses grandes et petites lignes avant de le signer. Passez-les au crible avant qu’elles ne se matérialisent et fassent de vous une victime. Pour éviter toute forme dʼembarras, imprégnez-vous également du nouveau Code du travail (2021) et de la loi n°3/94 du 21 novembre 1994 portant Code du travail. Vous y trouverez tout ce que vous devez savoir sur les relations de travail entre lʼemployé et lʼemployeur, ainsi qu’entre ce dernier ou ses représentants, les apprentis et les stagiaires placés sous son autorité. Lʼarticle 19 du nouveau Code du travail dispose que : « Le contrat individuel de travail est une convention par laquelle une personne sʼengage à mettre son activité professionnelle sous la direction et lʼautorité dʼune autre personne qui sʼoblige à lui payer en contrepartie une rénumération  Pour qu’il y ait contrat de travail, trois éléments doivent être réunis : Le rapport de subordination établit le lien par lequel l’employeur exerce son pouvoir de direction sur l’employé a travers les ordres qu’il donne, le contrôle de l’exécution  des ordres et les sanctions en cas de mauvaise exécution des ordres. L’activité se base sur le type de travail à effectuer et la manière dont il sera structuré.  La rémunération , au sens de la présente loi, est le salaire ou le traitement de base avec tous les avantages et accessoires.  Le contrat sert donc à fixer dès le départ le calendrier et les modalités de travail, afin que les deux parties puissent ensuite sʼy référer en cas de litige. Cependant, selon les secteurs dʼactivité, il existe également des conventions collectives qui servent de cadre général. Elles sont signées par les syndicats et les associations professionnelles. Le contrat peut également prévoir une période dʼessai (voir articles 45 et 50) initial pendant laquelle les règles régissant la rupture de la relation sont différentes, tant en cas de licenciement quʼen cas dʼabandon de lʼemploi.  La durée du contrat de travail Du contrat à durée déterminée (articles 23-27) Le contrat de travail à durée déterminée est un contrat comportant un terme certain, fixé dʼavance et dʼaccord parties. Il est obligatoirement écrit. Sa durée ne peut excéder deux ans. Lorsque le contrat à durée déterminée est arrivé à son terme et se poursuit par la volonté, même tacite, des parties, la prolongation confère au contrat le caractère de contrat à durée indéterminée, nonobstant toute clause prohibant la tacite reconduction. Du contrat à durée indéterminée (articles 28-44) : Le contrat de travail à durée indéterminée est celui dont le terme nʼest pas fixé d’avance et d’un commun accord entre les parties et qui peut cesser à tout instant par la volonté de lʼune ou lʼautre partie, sous réserve du respect du préavis et des procédures prévues à la présente loi. Que faut-il inclure lors de la rédaction dʼun contrat ? Les responsabilités professionnelles : ce volet inclut une description générale des fonctions et des devoirs. Le type de contrat de travail dont lʼemployeur a besoin dépend du type de travail que vous allez effectuer et de la manière dont il sera structuré. Lʼemployeur doit prendre les mesures nécessaires pour embaucher des employés et comprendre les implications de chaque type de contrat de travail. Les heures et les jours de travail des employés. Le salaire ou la commission initialement convenu. Tous les avantages supplémentaires offerts, tels que lʼassurance maladie, les cotisations de retraite (article), les réductions pour les employés. Motifs de résiliation (cas du contrat de travail à durée indéterminée) Même si un contrat comprend une durée dʼemploi déterminée, lʼemployé peut toujours être licencié au gré de lʼemployeur ou mettre lui-même fin à lʼemploi. Les conséquences financières dʼune résiliation anticipée doivent être discutées, y compris toute admissibilité à une indemnité de départ. Selon lʼarticle 57, « la résiliation est le fait par lequel lʼune des parties exerce le droit de mettre fin au contrat de travail. Toute résiliation dʼun contrat de travail doit être faite par écrit par la partie qui en prend lʼinitiative ». Licenciement (article 63-75) : Le licenciement est la résiliation du contrat de travail qui résulte dʼune initiative de lʼemployeur. Le licenciement est prononcé soit pour motif personnel, soit pour motif dʼordre économique. Le motif personnel peut tenir à lʼinaptitude physique ou professionnelle du salarié, ou à son comportement fautif. Démission (article 76) : La démission est la manifestation par le travailleur de sa volonté de mettre fin au contrat de travail. Elle ne se présume point. Elle doit être expressément notifiée par écrit à lʼemployeur. Celui-ci doit en accuser réception dans les quarante-huit heures qui suivent la notification La rupture à lʼamiable (article77) : La rupture amiable est la manifestation de la volonté commune de lʼemployeur et du travailleur de rompre la relation contractuelle de travail qui les lie. Lʼemployeur et le travailleur conviennent des modalités pratiques de rupture de la relation contractuelle. Cet accord est matérialisé par un écrit daté et signé des parties. Selon que lʼinitiative de la rupture amiable émane de lʼemployeur ou du travailleur, lʼemployeur sera tenu de verser au travailleur, outre les mesures dʼaccompagnement, toutes les indemnités légales dues au jour de la rupture de la relation contractuelle. Une copie de lʼaccord de la rupture à lʼamiable est adressée à lʼinspecteur du travail. Départ à la retraite (article 78) : Le départ à la retraite est la cessation par le travailleur atteint par la limite dʼâge de toute activité salariée. Il intervient à lʼinitiative de lʼemployeur ou du travailleur. Cette limite dʼâge est fixée à soixante ans. Toute- fois, en raison du caractère particulier de certains secteurs dʼactivité, lʼâge du départ à la retraite peut être ramené à 55 ans au moins où être porté à 65 ans au plus. Outre les cas de lʼâge de départ à la retraite traités aux paragraphes ci‐dessus et ceux qui sont prévus par le Code de sécurité sociale, À QUOI SERT UN CONTRAT DE TRAVAIL

UNE VISION. UN RÊVE. UN IDÉAL.

UN VISION. UN RÊVE. UN IDÉAL. De toutes les couleurs et de toutes les saveurs, les plats dʼEric Benjamin Mankey Akogbeto titillent les papilles et les sens de ses clients. Agé de 50 ans, il est depuis un an le top chef du Restaurant Mannah Kitchen situé à Okala, dans la commune dʼAkanda. Initié à lʼart de la gastronomie au début des années 2000 aux Etats-Unis, particulièrement à lʼInstitut français culinaire de New York, M. Mankey Akogbeto est passionné de nutrithérapie.   Alumni de la classe de 2012, cet adepte de la médita- tion, du yoga et de la prière a cultivé sa passion pour la cuisine bien faite sur la base dʼexpériences pure- ment vécues. Son but aujourdʼhui est de partager son savoir avec le public et de lui rappeler que les aliments que nous consommons ont un impact sur notre santé. Rencontre dans les locaux de Mannah Kitchen.   « Vivre » : Monsieur Mankey Akogbeto, qu’est-ce que la gastronomie ?   Eric B. Mankey Akogbeto : Le mot gastronomie vient de gastrique. La gastronomie consiste à donner au consommateur la capacité de bien assimiler et digérer lʼaliment. Quand on parle de gastronomie, on parle dʼune expérience culinaire qui prend en compte et qui titille tous nos sens, le goûter, lʼodorat, la vue. Toute personne qui se dit gastronome est, de facto, portée sur le bien-être de lʼhomme à travers lʼalimentation. A chaque fois quʼon parle gastronomie, vous verrez que ce sont de petits légumes coupés très fin, ce sont des plats montés très fins. Pourquoi ? Plus les aliments sont découpés petits, mieux ils sont ingestés, digérés, assimilés. En coupant petit on ne demande pas trop dʼeffort à lʼintestin grêle et au gros intestin pour faire leur travail. La gastronomie cʼest une assimilation rapide et effective des aliments, des nutriments.   Quelle est votre expérience personnelle en tant que gastronome ?   En quête dʼun accomplissement personnel, je quitte le Gabon au début des années 2000 pour les Etats-Unis. A mon arrivée dans ce pays, mon organisme subit un choc. Jʼai des reflux gastriques. Je fais une intolérance au lactose. Je décide de mʼinvestir dans le monde culinaire et je concentre mes efforts sur la base dʼun besoin purement personnel pour me sentir mieux. Jʼac- quière les techniques de lʼart culinaire, je les mets en pratique et, très vite, je constate un impact quant à lʼamélioration de ma santé. Mon alimentation se porte sur les fruits et légumes. Chemin faisant, je passe dans plusieurs restaurants et je vois différents types dʼopérations.   Mon expérience proprement dite en tant que gastro- nome commence dès le premier poste que jʼai en cuisine, celui de lave-vaisselle. En cuisine, le premier ordre du jour cʼest la sanité des récipients, de lʼespace dans lequel on veut cuisiner. En gastronomie, tout com- mence en fait avec lʼhygiène des lieux, du matériel de cuisine, des réceptacles dans lesquels nous allons servir. Au-delà de cette expérience, jʼai fait un stage dans un restaurant 3 étoiles de Manhattan, à New York, qui sʼappelle Océana. Honnêtement, cette expérience a élargi mes papilles gustatives, mon palais, et mʼa amené à voir la nourriture, lʼaliment, sous plusieurs facettes.   Je tiens à préciser que mon arrivée à New York coïncide avec lʼémergence dʼun nouvel état de conscience au sein de la population. Les Américains commencent à comprendre que lʼaliment et leur rapport avec lʼaliment pendant les quarante dernières années ont causé beau- coup de maux dans la société. Sur le plan économique, les gens nʼont pas la capacité de pouvoir accéder de manière aisée aux fruits, aux légumes et, mieux encore, aux techniques de cuisine saine. Lʼarrivée des tops chefs en 2005 va exposer au public la manière dont il faut réellement approcher lʼaliment, la relation que lʼaliment a avec la sanité du corps, dʼune part, et les différentes facettes des cuisines du monde, dʼautre part.   Comment vous sentez-vous aujourd’hui ?   Regardez-moi, jʼai 50 ans. Jʼai la pêche. Honnêtement, je nʼaurais jamais pu imaginer quʼà 50 ans je me senti- rais encore avec la vigueur dʼun homme qui est entre sa vingtaine et sa trentaine.   Un livre a éclairé votre lanterne. Lequel ?   Ce livre intitulé « 4 groupes sanguins. 4 régimes » a été écrit par un biologiste américain du nom de Peter James DʼAdamo. Il établit dans ses études une corrélation directe entre lʼaliment et la sanité du corps humain, entre les groupes sanguins et lʼalimentation. I   Il était biologiste et étudiait les chromosomes. Il a décodé ce qui sʼest passé dʼun point de vue de la génétique humaine. Ses recherches ont été également mises en évidence par dʼautres chercheurs. Les grands groupes sanguins A – B – O ont été définis sur le temps, sur des milliers dʼannées, par rapport aux migrations humaines et à travers ces migrations des peuples qui se sont sédentarisés pendant un long moment dans des habitats géographiques particuliers. Selon DʼAdamo, le groupe A date du néolithique et sʼest défini par rapport à la cueillette. Les personnes de ce groupe étaient plus frugivores. Le groupe B sʼest défini par rapport à la cueillette, mais aussi par rapport à la pêche. Le troisième, le groupe O, le groupe universel, est le plus récent. Il mange tout. Après, nous avons des groupes spécifiques Rh, Rh+, Rh- ou le A+, le A-, le B+, le B-, le O+, le O-.   Vous rentrez au Gabon en 2017 ? Quel est votre regard à l’époque sur l’alimentation des Gabonais ?   Quand jʼarrive en 2017, je fais le tour de ce qui se passe. Je vais sur la toile et je constate, en regardant les photos, que la nourriture est marron, doré. Je me rends compte quʼil y a beaucoup dʼhuile dans les plats. Je ne vois pas beaucoup de couleur sur les assiettes sachant quʼune alimentation qui est équilibrée est une alimentation qui est variée en légumes. Au-delà, je retourne dans mes mémoires du passé. La première personne qui UNE VISION. UN RÊVE. UN IDÉAL.

CONSTITUTION GABONAISE ET DROITS HUMAINS

CONSTITUTION GABONAISE ET DROITS HUMAINS « La Constitution nationale gagnerait à être introduite à l’école, au lycée, dans les organisations non gouvernementales, ou même dans certaines institutions ; et traduite en langues gabonaises », nous confiait en 2022 le Pr Télésphore Ondo. Docteur en droit public, maître de conférences à la Faculté de droit et des sciences économiques de l’Université Omar Bongo et directeur du Centre de recherches et d’études constitutionnelles, administratives, parlementaires, politiques et internationales (CRECAPPI), le Pr Ondo est d’avis que la Constitution gabonaise reste largement inaccessible aux citoyens. Son éclairage sur le rôle et le pouvoir de la loi fondamentale et les outils dont elle dispose pour garantir l’effectivité de la mise en œuvre des droits humains dans notre pays sont au cœur de notre entretien. À l’approche du référendum sur la nouvelle Constitution nationale qui sera prochainement au cœur d’un autre dossier, le magazine « Vivre » vous invite à revisiter les enseignements du Pr Ondo sur la Constitution gabonaise. « Vivre » – Pr Télésphore Ondo, qu’est-ce que la Constitution nationale, et que représente-t-elle pour la nation gabonaise ?   Pr Télésphore Ondo – Le mot « Constitution » peut revêtir plusieurs sens. Toutefois, la définition juridique renvoie à une double conception de la Constitution : au sens matériel et au sens formel. Au sens matériel, on peut la définir à partir de son objet, de sa matière, de sa substance ou de son contenu. On parle alors de Constitution matérielle. La Constitution est considérée ici comme l’acte fondateur d’une société politique donnée. Mieux, elle est l’acte juridique précis qui définit le statut de l’Etat, c’est-à-dire qui soumet l’exercice du pouvoir à un cadre juridique précis pour le choix des gouvernants, pour l’organisation et le fonctionnement des différentes institutions, pour les rapports entre ces institutions, enfin pour les rapports entre les citoyens et l’Etat. Tous les États ont une Constitution matérielle, quels que soient leurs régimes politiques. Au sens formel, on peut également définir la Constitution à partir de sa force, de sa forme ou de sa procédure. La Constitution est dite formelle. Dans ce sens, la Constitution est l’ensemble des règles écrites ayant une valeur supérieure à celles des autres règles qui ne peuvent être modifiées que par un organe spécial et selon une procédure spécifique prévue par la Loi fondamentale, différente et supérieure à celle  qui est utilisée par la loi ordinaire. Vue sous cet angle, la Constitution est dite rigide. La Constitution est pour la nation ce que la Bible est pour les chrétiens, c’est-à dire la Loi fondamentale, la loi sacrée qui est le rempart contre les abus des pouvoirs publics. Quels sont le rôle et le pouvoir de la Constitution nationale ?   La Constitution n’a pas pour unique objet de déterminer la forme de l’État, d’organiser les institutions et de déterminer les règles de production des normes. La Constitution est un acte fondateur par lequel une société se constitue une identité et décide de l’ordre sociétal voulu. En particulier, elle consacre des droits et libertés fondamentaux et définit les modalités de leur protection. C’est la charte des valeurs libérales des sociétés démocratiques. En définitive, la Constitution se présente comme un acte de limitation des pouvoirs ainsi que l’exprime l’article 16 de la Déclaration française de 1789 sur les droits de l’homme et du citoyen qui prévoit que « toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution ». Toutefois, ce rôle de la Constitution a été dénaturé à cause de la fréquence des révisions constitutionnelles, tantôt instrumentalisé par le pouvoir en place ; tantôt déstabilisé par la banalisation des révisions en dépit de la rigidité affiché ; ou encore menacé de l’intérieur par un contenu crisogène et conflictogène; voire même concurrencé par des accords politiques à la portée juridique discutable. Cette délégitimation du sens commun des Constitutions est réelle. S’agissant du pouvoir de la Constitution, il se décline en :   Quelle est la place des droits de l’homme et des libertés fondamentales dans la Constitution nationale ? Les droits de l’homme et les libertés fondamentales occupent une place de choix dans la Constitution gabonaise. Car, dès le préambule de la Constitution (1991), le peuple gabonais « Affirme solennellement son attachement aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales » tels qu’ils résultent de la Déclaration des Droits de l’homme et du Citoyen de 1789 et de la Déclaration Universelle des Droits de l’homme de 1948, consacrés par la Charte Africaine des Droits de l’homme et des Peuples de 1981 et par la Charte nationale des Libertés de 1990. De plus, la Constitution prévoit un titre préliminaire intitulé « Des principes et des droits fondamentaux ». Enfin, l’article 1er qui consacre plusieurs droits fondamentaux précise préalablement que « La République Gabonaise reconnaît et garantit les droits inviolables et imprescriptibles de l’Homme, qui lient obligatoirement les pouvoirs publics. »   Comment la Constitution nationale (1991) garantit-elle les droits de l’homme et les libertés fondamentales ? Elle prévoit plusieurs outils de garantie :   Quelle est l’effectivité de la mise en œuvre des droits de l’homme et des libertés fondamentales au Gabon ? Le bilan est mitigé quant à l’effectivité de la mise en œuvre des droits de l’homme et libertés fondamentales. Plusieurs facteurs justifient ce bilan :    Quel est votre mot de la fin Pr Ondo ? La Constitution gabonaise reste largement importée et inaccessible aux citoyens, notamment de l’intérieur. Pour la rendre plus légitime et facilement applicable, il faudrait :   Propos recueillis par Flavienne L. Issembè

LE SOUFFLE DU 30 AOÛT 2023 MOTIVATIONS D’UN PUTSCH INATTENDU

MOTIVATIONS D’UN PUTSCH INATTENDU Le coup d’État des forces de défense et de sécurité, réunies au sein du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), a marqué un tournant majeur dans l’histoire du Gabon. La rupture avec le régime Bongo qui a régné pendant plus de cinq décennies a été saluée par l’opinion, qui rêvait depuis les années 1990 d’une réelle alternance politique.   Dès l’annonce du putsch du 30 août 2023, le CTRI s’est expliqué sur ses motivations profondes. Celles-ci incluent les résultats tronqués des élections du 26 août 2023, les multiples accusations de mauvaise gouvernance, de corruption et de fraude électorale sous le précédent régime. Après l’annulation du scrutin, le CTRI a promis de réformer le système politique et électoral, de restaurer les institutions publiques et la dignité des Gabonais.es.   Le nouveau leadership militaire   Le nouveau pouvoir est incarné par le général Brice Clotaire Oligui Nguema. Il assure la présidence de la transition. Dès son arrivée au pouvoir, il s’est engagé à rompre avec le passé, malgré le scepticisme de certains observateurs sur les changements annoncés. Pour autant, le coup d’État a été accueilli favorablement.   Après des années de mécontentement face à la gestion scabreuse du régime Bongo, l’opinion gabonaise a salué l’arrivée au pouvoir des militaires. Si d’aucuns s’inquiètent de la capacité du CTRI à tenir ses promesses d’organiser une transition démocratique, d’autres, en revanche, ont foi en la construction du Gabon nouveau.   Au niveau international, le coup d’État a provoqué des réactions contrastées. Alors que certaines organisations, comme l’Union africaine (UA), ont condamné le putsch du CTRI, des pays comme la France ont appelé à une transition pacifique et rapide vers un retour à l’ordre constitutionnel.   La Constitution nationale   Le Gabon s’achemine vers l’adoption d’une nouvelle loi fondamentale qui fera l’objet d’un référendum dans les prochaines semaines. Selon le Comité constitutionnel national, le texte répond aux attentes des populations. Au-delà des dispositions politiques, afférentes notamment au retour au régime présidentiel, le document contient des éléments de continuité et de nouveauté. La nouvelle dimension de la loi fondamentale intègre :   La restauration de la dignité humaine.   La réforme institutionnelle   La réforme institutionnelle s’impose comme un passage obligé en cette période de transition, afin de doter le Gabon d’un environnement politique stable et d’institutions fiables, d’améliorer l’efficacité de la gouvernance et du système judiciaire, de combattre la corruption et d’attirer les investisseurs étrangers. Le processus devrait aboutir à l’instauration de la démocratie pluraliste et d’un État de droit.   L’alternance politique   Pendant que certains compatriotes exhortent le président de la transition à se présenter à l’élection présidentielle de 2025, des voix s’élèvent dans l’opinion pour exiger le respect des engagements pris par les autorités de transférer le pouvoir aux civils.   La relance de l’économie    Le CTRI a pour ambition de diversifier l’économie nationale. Au-delà du bois, des mines et du pétrole, il entend développer les autres secteurs de l’économie, notamment l’agriculture, l’énergie, le numérique, la pêche et le tourisme. Cependant, le Gabon fait face à des défis majeurs, en particulier la réduction des inégalités, le paiement de la dette et le regain de confiance des investisseurs étrangers.   L’appareil militaire    Garant de l’intégrité territoriale, défenseur des intérêts vitaux de la Nation, l’appareil militaire est en cours de restructuration. Le processus intègre la revitalisation complète des forces de défense et de sécurité (FDS), la revalorisation du statut des militaires basée sur l’actualisation des textes législatifs et l’amélioration notable des conditions de vie et de travail.   Une nouvelle page d’histoire   La transition ouvre une nouvelle ère placée sous le sceau du renouveau, de la reconstruction nationale et de la restauration de la dignité des Gabonais.es. La réussite du Gabon nouveau dépendra largement de la capacité de ses dirigeants à répondre aux attentes du peuple et à conduire les réformes promises, tout en maintenant la stabilité et la solidarité.     Annie Mapangou

DROITS HUMAINS : INDIVISIBLES LE CAS DES DROITS SOCIAUX

DROITS HUMAINS : INDIVISIBLES LE CAS DES DROITS SOCIAUX Un Gabonais qui travaille est un Gabonais qui peut se soigner et envoyer son enfant à l’école. Les droits sociaux, y compris le droit au travail, à la santé et à l’éducation, ont pour but d’assurer aux humains la satisfaction de leurs besoins de base et leur épanouissement personnel. Etre assuré social, avoir un logement, bénéficier d’une formation, protéger sa famille, ses enfants sont d’autres droits sociaux qui engagent, au même titre que les droits cités ci-dessus, l’intervention de l’État.   L’interdépendance des droits humains renvoie à leur caractère indivisible. On pourrait la rattacher à l’idéal kantien de paix perpétuelle selon lequel « une violation du droit en un seul lieu est ressentie partout ailleurs…».    Le Gabon, État membre des Nations unies, a souscrit aux principes de l’Organisation en matière de droits de l’homme et s’est engagé à les respecter. Pour ne citer qu’un exemple, la loi n°201 6-28 du 6 février 2017 dispose en son article 4 que : « Toute personne physique, de nationalité gabonaise, âgée d’au moins 16 ans et dont les revenus, inférieurs au Smig, nécessitent le recours à la solidarité nationale, bénéficie d’une protection sociale contre les risques liés à la maternité, aux charges familiales, à la maladie, au chômage et à la vieillesse. »    Il n’en demeure pas moins qu’il existe des familles assistées socialement qui ne peuvent pas couvrir leurs besoins de base parce que les programmes sociaux ne leur permettent pas d’avoir accès à des ressources financières suffisantes : ce sont leurs droits économiques qui sont bafoués. Le fait de ne pas avoir accès à l’éducation ou à une formation qualifiante empêche les personnes d’occuper des emplois de qualité et les relègue à des postes précaires, mal payés, non syndiqués et avec de mauvaises conditions de travail. Alors, c’est le droit au travail qui est affecté et qui impacte automatiquement le droit au logement. Finalement, vivre, jour après jour, avec le stress occasionné par le manque de nourriture, les factures à payer, les préjugés négatifs, peut mener à une détérioration de la santé physique et mentale. C’est le droit à la santé qui est atteint.   Certains contestent le système de protection sociale tel qu’il fonctionne aujourd’hui. Ses effets sur la réduction des inégalités de revenus sont assez faibles: de larges poches de pauvreté subsistent et les exclus sont de plus en plus nombreux à passer à travers les mailles du filet de la protection sociale. Les difficultés de la protection sociale sont avant tout financières : le ralentissement de la croissance et la montée du chômage réduisent les ressources des régimes sociaux alors que les dépenses continuent à s’accroître rapidement.   La pandémie de la Covid 19 n’a rien arrangé à la situation. Elle restera dans les mémoires comme l’une des plus désastreuses de l’histoire pour la matérialisation des droits de l’homme. Ses effets se sont traduits, entre autres, par un ralentissement de certains acquis sociaux dans les domaines de l’emploi, de la santé, de l’éducation, de la vie culturelle et du logement.    L’avènement d’une société de Droit impose de revoir certaines de nos pratiques. En effet, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la protection sociale a été reconnue comme une stratégie déterminante pour la réduction de la pauvreté et la croissance inclusive. Si la protection sociale est insérée dans des stratégies plus amples de développement rural, elle peut avoir de nombreux impacts en termes de croissance économique, de productivité des familles, d’atteinte de la sécurité alimentaire et nutritionnelle et de résilience des familles rurales pauvres.   Le processus de protection sociale déjà établi par la politique nationale a contribué à étayer la validité d’une intensification de l’entreprenariat. Certains Gabonais ont même décidé de se lancer dans ce secteur.   N’oublions pas qu’un Gabonais qui travaille est un Gabonais qui peut se soigner et envoyer son enfant à l’école.   Lyra Moviwa

RÉFÉRENDUM CONSTITUTIONNEL : L’AVIS DU PUBLIC

RÉFÉRENDUM CONSTITUTIONNEL : L’AVIS DU PUBLIC.

REGARD DE L’ALLIANCE PATRIOTIQUE SUR LA FUTURE CONSTITUTION ET LES ÉLECTIONS À VENIR​

REGARD DE L’ALLIANCE PATRIOTIQUE SUR LA FUTURE CONSTITUTION ET LES ÉLECTIONS À VENIR​

Elementor #7831

LE QUOTIDIEN D’UN RETRAITÉ LA CONDITION ENSEIGNANTE AU FIL DU TEMPS ANTHROPOLOGIE ET HABITAT PAUVRETÉ : LA GANGRÈNE DU VIVRE DÉCEMMENT QUAND LA POLITIQUE S’INFILTRE DANS L’ÉCOLE L’ÉCOLE MÉRITE MIEUX TRAITEMENT ET DROITS DES EXPROPRIÉS CHÔMAGE ET SANTÉ VOIR PLUS VOIR PLUS VOIR PLUS VOIR PLUS VOIR PLUS VOIR PLUS VOIR PLUS VOIR PLUS Previous Next

ILS ONT DIT

ILS ONT DIT « Chaque Gabonais doit avoir sa juste part de la richesse, selon le principe de la destination universelle des biens. Je m’y engage avec la grâce de Dieu et votre soutien. Les acquis démocratiques sont désormais sanctuarisés. Les nostalgiques des vieilles habitudes doivent comprendre que le Gabon a définitivement tourné la page de l’arbitraire et de la mal gouvernance… La démocratie que nous bâtissons n’est pas une façade. Elle s’enracine dans nos Institutions Restaurées, dans notre justice indépendante, dans notre presse libre, et dans le dialogue permanent que nous entretenons avec toutes les forces vives de la nation. »  Brice Clotaire Oligui Nguema. Président de la Transition. « En période de Transition au Gabon, il est choquant de voir que les droits humains subissent encore des violations perpétrées par les militaires qui ont été célébrés comme des héros libérateurs en 2023. On a des crânes rasés. On a des gens qui sont humiliés. On a même des gens qui sont torturés. Mon message aux autorités de la Transition est le suivant : pour une fois, en 2023, on a vu un peuple qui s’est réconcilié avec son armée. Il n’est pas question que l’image de l’armée gabonaise qui a été souvent écornée soit à nouveau remise en cause par des comportements d’un autre âge. La Transition devrait sceller ce moment de réconciliation entre le peuple et son armée. »  Sentiment Ondo Elibiyo. Coordonnateur de la Coalition Tournons la Page-Gabon « C’est une honte ! Après 64 ans nous en sommes encore à réclamer la transparence électorale. On avait dépassé le cadre de l’organisation des élections par le ministère de l’Intérieur. Trouvez-vous normal que seul le ministère de l’Intérieur qui est impliqué dans la campagne du Oui au référendum constitutionnel organise seul les élections. Je vous attends sur l’organisation des débats. C’est vrai que le Oui l’a emporté, mais, pour que nul n’en ignore, nous avons besoin de comprendre ce qui a poussé certaines personnes à dire Non à ce qui était proposé. »  Dr Marie-Joselle Pélagie Itsana. Présidente du Front des Citoyens pour la Transparence « Pour améliorer nos conditions de vie, les politiciens doivent tenir leurs promesses et écouter la population en dehors des périodes électorales. Ils doivent se rendre dans les zones reculées pour constater les conditions de vie difficiles des Gabonais. L’accès à l’emploi et la réduction du coût de la vie sont des priorités. Il est insupportable de voir des familles lutter pour nourrir leurs enfants, alors que le prix des produits de première nécessité ne cesse d’augmenter. Il est également crucial de créer des opportunités d’emploi pour les jeunes. Nos voix comptent. »   Grâce. Archiviste   « Nos voix comptent, car sans elles, les élections ne peuvent pas se dérouler. C’est grâce à nos votes que les candidats peuvent être élus. Cependant, nos voix semblent avoir de l’importance uniquement avant et pendant les élections. Une fois celles-ci terminées, nos voix ne comptent plus. Avant les élections, les politiciens s’approchent de nous, de la population, parce qu’ils ont besoin de notre soutien pour être élus. Mais, après avoir obtenu ce qu’ils veulent, ils s’éloignent de nous et se réfugient dans leurs bureaux. » Mirabelle. Fonctionnaire 

TRANSITION : UNE FENÊTRE DE TOUTES LES ESPÉRANCES… MAIS AUSSI DE TOUTES LES CRAINTES…

TRANSITION : UNE FENÊTRE DE TOUTES LES ESPÉRANCES… MAIS AUSSI DE TOUTES LES CRAINTES… Les coups d’Ėtat, quoique banals dans certains pays africains, sont des moments inédits dans d’autres. C’est précisément le cas du Gabon qui, dans la nuit du 29 au 30 août 2023, a connu un coup d’Ėtat aussi improbable qu’imprévisible tant le pays dirigé d’une main de fer depuis cinquante-six ans par la famille Bongo (1967-2023), donnait l’impression d’être une forteresse immobile et inamovible qu’aucune élection, toutes truquées depuis le rétablissement du multipartisme en 1990, ne semblait ébranler. Et pourtant, le régime Ali Bongo, forgé dans le putsch électoral de 2009, avait fini par se convaincre que le cycle macabre tripatouillage des résultats électoraux-répressions féroces des contestations populaires était l’unique moyen de conserver et de perpétuer un système pouvoiriste n’offrant aucune perspective de développement à la population. Ainsi, après l’effondrement inattendu de ce système que d’aucuns qualifiaient d’indestructible, le pays dirigé par le général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguema s’est engagé le 4 septembre 2023 dans une transition politique, ouvrant ainsi la voie à un nouveau chapitre de son histoire. Il faut rappeler que le coup d’Ėtat de la nuit du 29 au 30 août 2023 intervient au moment où le peuple gabonais attendait avec un peu d’espérance et beaucoup d’inquiétudes les résultats des élections générales du 26 août (présidentielle, législatives et locales). Car tout le monde craignait qu’Ali Bongo, affaibli par un accident vasculaire cérébral en octobre 2018, soit de nouveau déclaré vainqueur d’un scrutin truqué comme en 2009 et en 2016. Avec en prime des dizaines de morts, des centaines d’arrestations et de blessés. Mais le « Coup de la libération » est passé par là, surprenant tout le monde et marquant de façon spectaculaire la fin du règne de la dynastie Bongo sans la moindre effusion de sang. Dès lors, les militaires organisés autour du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) ont engagé le Gabon dans une transition politique de deux ans avec en perspective un retour à l’ordre constitutionnel à l’issue d’une élection présidentielle libre et transparente marquant le transfert du pouvoir aux civils. Ce scénario décliné lors de la prestation de serment du président de la transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, le 4 septembre 2023, a ouvert la voie à toutes les espérances d’un changement et d’une véritable alternance démocratique au Gabon. Entre tentation du pouvoir et pouvoir de la tentation, le général devrait choisir sa voie. Tandis que le peuple, lui, pourrait bien avoir à faire le choix difficile entre un homme fort (le président libérateur) et des institutions fortes dont le pays a cruellement besoin depuis des décennies. Néanmoins, à l’épreuve des faits, après une année de transition dominée par des projets de réformes institutionnelles avec la tenue en fin d’année du référendum sur la nouvelle Constitution et de grandes avancées sur le développement des infrastructures, la prochaine élection présidentielle, prévue en août 2025, pourrait bien ternir ce tableau. Et pour cause, entre les manœuvres politiques de certains acteurs des institutions de la transition appelant à la candidature du président Oligui Nguema et le respect des engagements pris par lui de restituer le pouvoir aux civils, un fossé se creuse désormais. Si, pour l’heure, le président  de la transition ne s’est pas encore déclaré candidat à la prochaine élection présidentielle, beaucoup d’observateurs avisés craignent néanmoins que cette candidature éventuelle opportunément permise par la Charte de la transition, promulguée au lendemain du coup d’État, ne vienne remettre en cause les acquis et espérances d’un retour à l’ordre constitutionnel engrangés jusqu’à présent. Quoi qu’il en soit, en Afrique subsaharienne aujourd’hui, les élections truquées et les transitions politiques post coup d’État militaire sont encore loin d’offrir toutes les garanties d’une alternance politique démocratique. Sentiment Ondo Elibiyo

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