Anciens Mags

LA PRESSE AU SERVICE DE A PLANÈTE : LE JOURNALISTE FACE À LA CRISE ENVIRONNEMENTALE

DÉCLARATION DU COLLECTIF DES MÉDIAS PRIVÉS AYANT COUVERT LE DIALOGUE NATIONAL INCLUSIF Mesdames et messieurs, peuple gabonais   Depuis le 30 août 2023, notre pays le Gabon a amorcé une phase très importante de son histoire par le truchement du coup de la libération mené par le Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI) visant à conduire le pays vers un essor de sa félicité. Un vœu jadis formulé par nos ancêtres, et aujourd’hui devenu réalité grâce à la bravoure des Forces de Sécurité et de Défense.   Ces dernières, en prenant le pays en main, avaient exprimé par la voix du général de Brigade Brice Clotaire Oligui Nguema, le président de la Transition, le vœu de voir une presse rehaussée et restaurée en dignité. Ce qui justifie le relèvement de l’aide à la presse, inscrite dans la loi de finance de cette année à 500 millions de francs CFA. Sans omettre la mise à disposition de 500 postes budgétaires aux agents publics du secteur communication.   Conscients de cette excellente volonté de redorer les lettres de noblesses de la presse, les médias privés indépendants, et les journalistes en général, se sont mobilisés comme un seul homme avec la ferme détermination de jouer leur rôle tout au long de la Transition.   C’est dans cette optique que nous avons sollicité auprès des organisateurs du Dialogue National Inclusif (DNI), les accréditations en vue d’assurer une couverture médiatique. C’est suite à cela que les travaux menés par le Comité technique composé des représentants des médias, de la Haute autorité de la communication (HAC) et du ministère de la communication et des médias, ont après examen des dossiers, arrêté une liste de 73 organes de presse et 250 journalistes.   Cependant, il ressort que dans la liste définitive, rendue publique par le ministère de la Réforme des Institutions après la restitution des conclusions des travaux, près de 400 journalistes ont finalement été accrédités dans des conditions douteuses, sans que le Comité technique n’ait été sollicité pour la validation des accréditations additives.   Un scandale total. Des individus sans aucun lien avec le monde de la presse, des agents de cellules de communication de certains ministères et autres institutions administratives, comme celle de la prison centrale se sont retrouvés sur cette liste de bénéficiaires. Pourquoi associer dans la cagnotte dédiée aux entreprises de presse privées et publiques, des cellules de communication internes aux ministères et des communicants rattachés aux cabinets ministériels ?   Cette augmentation antiréglementaire et opportuniste du nombre d’ayant droits aux jetons de présence prévus aura donc été le véritable problème de la cacophonie qui fait aujourd’hui polémique.   De fait, la ligne budgétaire prévue pour la presse, désormais atrophiée, a été insuffisante pour satisfaire les journalistes régulièrement accrédités, les exposant ainsi à une situation inconfortable et humiliante.   Mesdames et messieurs,   On ne peut imaginer remettre à un journaliste ayant couvert un événement de ce type, à titre de Jeton de présence, la somme de 500.000 francs CFA après 1 mois de réquisition. Toute chose disproportionnelle à l’enveloppe globale de 500 millions de francs CFA allouée à la presse, de sources concordantes.   D’autre part, cette somme dépréciable se situe au rabais de la moyenne des jetons de présence perçu par l’ensemble des participants. C’est à croire que la presse nationale serait logée au bas de l’échelle des priorités des organisateurs du Dialogue national.   C’est l’occasion pour nous, d’inviter le comité d’organisation de solutionner dans les plus brefs délais, les cas d’omission dans la distribution des titres de paiements du Trésor Public, dont sont victimes de nombreux journalistes officiellement accrédités.   Ces pratiques représentent une menace pour le libre exercice de la profession, et des droits y relatifs.   Face à ce qui précède, nous sollicitons donc l’arbitrage du président de la République, principal initiateur de ces assises, en vue de réparer ce préjudice aux allures d’opprobre jeté sur la presse nationale.   Image Africa Climate Report JOURNÉE MONDIALE DE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE 2024 En ce 03 mai de l’an 2024, le thème dédié à la Journée mondiale de la liberté de la presse est : « La presse au service de la planète : le journalisme face à la crise environnementale ».   Le 3 mai a été proclamé Journée mondiale de la liberté de la presse par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1993, suivant la recommandation adoptée lors de la 26ème session de la Conférence générale de l’UNESCO en 1991 en réponse à l’appel de journalistes africains qui ont proclamé la Déclaration de Windhoek (Namibie) sur les principes fondamentaux de la liberté de la presse, en particulier le pluralisme et l’indépendance des médias.   Chaque année depuis 31 ans, la Journée mondiale de la liberté de la presse permet d’évaluer la liberté de la presse à travers le monde, de défendre l’indépendance des médias et de rendre hommage aux journalistes qui ont perdu la vie dans l’exercice de leur profession. À l’occasion de cette journée, le Prix mondial de la liberté de la presse est remis.   La Journée mondiale de la liberté de la presse a pour objectifs de sensibiliser le public en général, et les journalistes en particulier, à l’importance de la liberté de la presse et de rappeler aux gouvernements leur obligation de respecter et faire respecter le droit à la liberté d’expression. Ce droit est consacré par l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. DNI : QUELLES PERSPECTIVES POUR LA PRESSE ? Quelles sont les perspectives pour la presse après le Dialogue national inclusif ? Au lendemain de la fin de la Conférence, « Vivre » lève le voile sur la participation de la presse à ces assises. Présents sur les lieux de la concertation, qui a réuni près de 700 participants, les médias ont accompli un travail remarquable. En revanche, la presse était à peine représentée au sein des commissions. D’aucuns se posent la question de savoir pourquoi le DNI n’a pas mis en place LA PRESSE AU SERVICE DE A PLANÈTE : LE JOURNALISTE FACE À LA CRISE ENVIRONNEMENTALE

PARLONS LOGEMENT ET SANTÉ AVEC ADIREN MOUGOUGOU

  LOGEMENT : QUELLE ISSUE À LA CRISE ? À l’instar des jardins, des services sociaux, des commerces et des transports en commun, le logement est une composante essentielle de l’habitat humain. Facteur d’épanouissement individuel et de développement socio-économique des nations, il n’en demeure pas moins l’un des enfants pauvres de l’économie nationale et la première dépense des foyers gabonais. « Vivre » – Monsieur Médard Mengue Bidzo, vous êtes spécialiste en économie et professeur à l’Université Omar Bongo (UOB), quel est le rang de priorité du logement dans l’économie nationale ?   Pr Mengue Bidzo – Le logement ou le local à usage d’habitation est le produit du secteur dit du logement. L’activité dans ce secteur s’articule principalement autour de l’industrie de l’immobilier et de la construction. La question du logement se pose généralement sur les plans politique, social, sanitaire, environnemental et économique. Au plan politique, le problème du logement se pose en termes de droit au logement et de lutte pour le logement. Au niveau social, on se préoccupe généralement de logement social et d’accès au logement. Quant à la santé et à l’environnement, l’intérêt est porté sur le mal logement et, partant, sur la qualité du logement. Cet aspect s’intéresse surtout au logement en tant qu’habitat et intègre ainsi le mode de vie. Dans le domaine économique, enfin, on se préoccupe principalement de la crise du logement (notamment le déficit en logement), des prix et des coûts des logements. Sur le plan économique, le logement est considéré comme un besoin économique dont la satisfaction commande que soient trouvés et combinés les moyens humains et financiers. Je m’explique. Pour produire un logement, il faut disposer suffisamment de ressources humaines et financières. La crise de logement survient généralement de l’absence ou du mauvais usage de ces ressources. Dans le cas du Gabon, on peut penser que la persistance de la crise du logement se justifie surtout par une mauvaise gestion des ressources financières et humaines. Le classement du logement dans le ranking des priorités au Gabon relève de la responsabilité du gouvernement. Visiblement, le besoin des populations en logements ne serait pas à la première place à la lumière du Plan national pour le développement de la Transition (PNDT). Ce qui pourrait ajouter une autre explication à la crise du logement au Gabon, à savoir la volonté politique. Néanmoins, lors de son passage, le 31 mars 2024, à l’émission « Les grands dossiers » sur Gabon Première, le ministre de l’Économie et des Participations, Mays Mouissy, a reconnu que le loyer constituait la première dépense du ménage gabonais et, de ce fait, participait ostensiblement à la cherté de la vie. Je me suis réjoui de cette prise de conscience. Quel est l’état des lieux du logement au Gabon ?   La Banque mondiale estime que le déficit en logements au Gabon est de l’ordre de 150 000 unités, soit une proportion annuelle de 6 000 à 7 000. Elle avance par ailleurs que plus de 80 % de la population n’ont pas accès à un logement sur le marché formel de l’immobilier, rendant ainsi difficile le contrôle des prix dans ce secteur. Toutes choses qui ont conduit les plus hautes autorités dans le cadre du Plan national de développement de la Transition (PNDT) à projeter la construction de 6 000 logements sociaux d’ici à 2026. La persistance de la crise ou de la pénurie du logement peut trouver plusieurs explications. J’en vois principalement trois. La première est relative à la situation de pauvreté profonde des Gabonais. Je pense qu’environ 40 % des Gabonais vivent sous le seuil de pauvreté. Qui dit pauvreté dit manque de revenu et quand on n’a pas un revenu, il relève de la gageure de construire ou d’acheter un logement. La deuxième raison se trouve au niveau des coûts de construction qui sont très élevés. Les parcelles de terrain coûtent excessivement chères au Gabon. C’est inacceptable dans un pays sous-développé, sous-peuplé et couvert à près de 90 % par la forêt. Les prix des matériaux de construction sont également très élevés. C’est incompréhensible. On pourrait soupçonner que la loi du marché en soit responsable lorsque le secteur se trouve dans les mains du privé. Or, l’étatisme touche également cette activité. Les résultats sont les mêmes, le logement est cher. La troisième raison, à mon sens, est à chercher dans la volonté politique des gouvernants. J’ai l’impression que le lobbying politique des propriétaires contraint les autorités en charge, l’État, à mettre en place une véritable politique de logement au Gabon, d’autant que plusieurs autorités sont elles-mêmes parmi les plus gros propriétaires. Toutes choses qui empêchent la fourniture par l’État de logements à grande échelle et à des prix correspondant aux revenus moyens et faibles. Au demeurant, l’offre est toujours faible face à une demande très élevée dépourvue totalement de la force de négociation. Faute d’une véritable démocratie, les populations démunies demandeuses de logement sont dans l’incapacité d’imposer une véritable politique de logement par le vote. Quel est votre avis sur le projet de construction de 6 000 logements sociaux d’ici à 2026 ?   Cette une bonne réaction du gouvernement à la persistance de la crise du logement. Il reste l’application. Je souhaite d’ailleurs qu’à côté des logements sociaux, d’autres types de logements soient proposés pour les revenus moyens. Après, les logements sociaux ne doivent pas être comme des abris des planteurs de cacao dans la forêt. Il faut mettre à la portée des Gabonaises et des Gabonais des logements décents et dignes qui tiennent compte des éléments de solidarité et de convivialité de nos familles. Le ménage gabonais est hospitalier. Selon le Plan d’accélération de la transformation (PAT), le déficit en logements s’élève à 257 000 unités. Selon la Banque mondiale, le déficit s’élève à 150 000. Dans tous les cas, il est très profond et il est très urgent de s’y attaquer. Je m’explique. Voyez-vous, on critique souvent le rendement du travailleur gabonais, notamment le fonctionnaire, mais on a tendance à oublier que les facteurs PARLONS LOGEMENT ET SANTÉ AVEC ADIREN MOUGOUGOU

NOTRE SANTÉ. NOTRE BIEN-ÊTRE.

La santé, a-t-on coutume de dire, commence à la maison. Des mesures simples et appropriées peuvent, à condition de les appliquer comme il se doit, aider à l’améliorer et la protéger. Du nettoyage à l’aération de la maison, de l’hygiène corporelle à une alimentation saine et équilibrée, de l’usage de la moustiquaire pour prévenir le paludisme à la consultation chez le médecin, les exemples sont légion. Dans le meilleur des mondes, chaque foyer posséderait les connaissances nécessaires en matière de prévention des maladies et vivrait en bonne santé grâce à une éducation de qualité, une nourriture saine et équilibrée, un environnement propre et des soins de qualité. Mais revenons à notre réalité. Le meilleur des mondes n’existe nulle part, encore moins dans notre pays où beaucoup reste à faire pour que tous les Gabonais accèdent à la santé sur un pied d’égalité. Mais qu’est au juste la santé et quels sont nos droits dans ce domaine ? Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), « la santé est un état de complet bien-être physique, mental et social qui ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité». Au-delà de cette approche holistique de la santé à laquelle on pourrait ajouter le « cultuel », un des fondements de notre culture africaine, l’OMS stipule que « la possession du meilleur état de santé qu’il est capable d’atteindre, constitue l’un des droits fondamentaux de tout être humain, quelles que soient sa race, sa religion, ses opinions politiques, sa condition économique ou sociale ». Ce droit inclut : le droit de la personne de contrôler sa propre santé et son propre corps ; le droit à l’intégrité de la personne de ne pas être torturé, et de ne pas être soumis sans son consentement à un traitement ou une expérience médicale » ; « le droit d’accès à un système de protection de la santé qui garantisse à chacun, sur un pied d’égalité, la possibilité de jouir du meilleur état de santé possible». La possibilité de jouir du meilleur état de santé possible se fonde sur : l’accès équitable aux services de santé dont on a besoin, où et quand on en a besoin ; la qualité des soins fournis qui se mesure par rapport à la capacité des services de santé à répondre aux besoins des personnes afin qu’elles parviennent à l’état de santé souhaité ; et l’accessibilité financière. La notion d’accessibilité financière tel qu’énoncée à l’article 25 – alinéa 1 – de la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) confère « à toute personne le droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires». Droit à la santé et autres droits humains Briser le lien entre le droit à la santé et les autres droits humains annihilerait tous les efforts visant à promouvoir le bien-être de la personne, principalement l’élimination des inégalités, de la discrimination et des rapports de force injustes qui minent les droits de l’homme et les résultats sanitaires. Le processus basé sur l’approche fondée sur les droits de l’homme ne peut aboutir sans la participation effective des communautés à la prise de décisions. Tous les groupes sociaux, les familles et la société civile sont concernés et ont leur mot à dire sur les décisions et les mesures concernant leur santé. L’Etat, en tant qu’institution « chargée de gouverner le pays, garante de la cohésion sociale et de l’égalité entre les individus qui le composent », s’est engagé à travers la Constitution nationale, à l’alinéa 8 de l’article premier, à : garantir à tous, notamment à l’enfant, à la mère, aux handicapés, aux vieux travailleurs et aux personnes âgées, la protection de la santé». Il est par ailleurs énoncé à l’alinéa 16 de l’article premier que « les soins à donner aux enfants et leur éducation constituent pour les parents, un droit naturel et un devoir qu’ils exercent sous la surveillance et avec l’aide de l’Etat et des collectivités publiques». L’enjeu pour l’Etat est de renforcer le système de santé par la répartition équitable et la gestion rationnelle des ressources, développer la médecine préventive, promouvoir la qualité des soins pour une meilleure sécurité des patients et des agents de santé et de promouvoir la couverture sanitaire universelle dans le cadre du régime obligatoire d’assurance maladie et de garantie sociale de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS). Les populations démunies payent le plus lourd tribut des maladies transmissibles (tuberculose, sida…) et des maladies non transmissibles telles que les maladies et cardiovasculaires, le diabète, les cancers et les insuffisances rénales. En 2018, 41% des décès enregistrés dans notre pays étaient dus à ces maladies également appelées pathologies chroniques. La santé est un bien précieux, un droit fondamental qui doit faire l’objet de toutes les attentions afin de protéger tous les êtres humains, quel qu’ils soient, des risques sanitaires majeurs qui pèsent sur leur vécu. Outre ceux mentionnés ci-dessus, gardons en mémoire les traumatismes causés par les violences domestiques, les risques liés à une mauvaise alimentation, ou encore les erreurs médicales dont sont encore victimes de nombreux gabonais. « Toute politique de santé efficace, qui se veut sérieuse, met l’accent sur la prévention qui, seule, permet de réduire les coûts de santé. » Dr Jean-Marc Ngome Ndong, médecin du travail, spécialiste de la prévention  

PARLONS LOGEMENT

Jean Joël Mebaley est architecte de formation et de profession. Après des études en France, il rentre au Gabon où il s’établit à son compte. Il est à la tête de Destiny, un bureau d’architecture et d’ingénierie dont il est le fondateur. Vivre l’a rencontré dans ses murs.

EXPROPRIATIONS ET RELOGEMENT

Maison détruite, Okala, Gabon

La Loi n°6/61 du 10 mai 1961 réglementant l’expropriation   pour cause d’utilité publique est-elle appliquée conformément à ce qu’elle dit ?     Au fil des ans, et ce jusqu’en août 2023, nombre d’expropriations ont eu cours. Déclarées d’utilité publique par les autorités nationales, elles sont jugées intempestives et traumatisantes par les victimes.   Aux expropriations succède la phase de relogement qui, elle aussi, pèse lourdement sur la vie des personnes qui la subissent, le montant des indemnisations étant bien souvent en-deçà du coût des logements détruits.   Suivons la vidéo.

L’EAU ET L’ÉLECTRICITÉ DANS NOS VIES

Le Gabon est exposé à des coupures intempestives d’eau et de courant. Parcourir de longues distances pour aller chercher de l’eau ou se tourner, moyennant paiement, vers des particuliers-distributeurs d’eau, est devenu le lot quasi quotidien de nombre de foyers. Pour éclairer leur maison, les populations se rabattent sur les lampes torche ou à essence, ou les lampes solaires. Les privations dues aux délestages remettent au goût du jour ce que chacun de nous est en droit de savoir. Le Directeur de l’eau et de l’électricité à la mairie centrale de Libreville apporte son éclairage.   Vivre – Monsieur Rick Mbo, quelle est l’importance que revêtent l’eau et l’électricité dans nos vies ?   R. Mbo – En tant que source d’énergie, l’eau est indispensable à deux niveaux. Elle contribue, d’une part, à assurer la croissance verte d’un pays et, d’autre part, à satisfaire les besoins de l’homme. Elle est indispensable à toutes nos activités. Pour ce qui de l’électricité, la disponibilité de cette énergie sous-tend la fourniture des services essentiels comme l’éducation, en apportant la lumière dans les écoles et les ménages, en garantissant, d’une part, la sécurité sanitaire des aliments par la réfrigération et, d’autre part, l’accès aux technologies de l’information et de la communication (TIC).   Quels sont les besoins actuels du Gabon en général, et d’une ville comme Libreville, en eau potable et électricité ?   Libreville est aujourd’hui confrontée à de sérieuses difficultés d’approvisionnement en eau potable, surtout dans les quartiers sous-intégrés, en raison notamment d’une urbanisation mal maîtrisée et du recul des politiques publiques en matière d’équipements sociaux. Cette crise pénalise énormément les populations de la capitale car nous pouvons constater que même le centre-ville qui abrite toutes les grandes infrastructures du pays manque de ce précieux liquide. C’est dire que le niveau de la crise pour le secteur d’approvisionnement en eau et électricité est assez inquiétant.   Pour l’eau : il faut renouveler des kilomètres du réseau d’adduction d’eau, procéder à son renforcement et son extension, et assurer la réparation des fuites dans les bâtiments administratifs. Les taux sont de l’ordre de 25% en zone rurale où nous cherchons à atteindre 85%, et de 45% en zone urbaine où nous cherchons à atteindre 95%.   Pour l’électricité, les taux de couverture sont légèrement plus élevés en zone rurale qu’en zone urbaine comparativement à l’alimentation en eau. Ils se situent à 35% en zone rurale où nous cherchons à atteindre 90 à 95 %, et à 50% en zone urbaine où nous cherchons à atteindre 95%.   Pourquoi pas 100% ?        L’alimentation en eau et électricité est plus compliquée dans les zones urbaines. Je m’explique : les villes se développent au fur et à mesure.  Prenons le cas de Bambou Chine dans le 6ème arrondissement de Libreville qui est en grande partie couvert par la forêt. Il n’y avait ni eau courante, ni électricité, ni école publique, ni structure de santé. Un autre exemple : la zone de Bel Air dans le 1er arrondissement de Libreville. Le côté gauche est approvisionné en eau et électricité tandis que le côté droit n’a pas d’eau.   Comment la mairie travaille-t-elle avec la Société d’énergie et d’eau et le Conseil national de l’eau et de l’électricité ?   En tant que collectivité territoriale, la Mairie a pour missions de satisfaire les besoins de la population à travers : la couverture des domaines de l’Etat civil, de l’urbanisme, des logements, écoles, équipements, activités culturelles d’une part ; des secteurs sociaux y compris la santé et la protection de police d’autre part. La Marie intervient en cas de besoin auprès des populations. Etant plus proche de celles-ci, elle communique les besoins au Conseil national de l’eau et de l’électricité (CNEE) qui les fait exécuter par les moyens financiers mis à sa disposition par l’État et par la Contribution spéciale eau et électricité (CSEE) sur les factures auprès de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG).    Tout est-il aussi parfait que vous le dites ?     Je répondrai à cette question en prenant pour exemple le Projet d’alimentation en eau et électricité de tous les marchés. En 2011-2012, le CNEE a bénéficié d’un texte qui lui accordait les pleins pouvoirs. Le Conseil reçoit un budget de l’État. Paradoxalement, il fonctionne comme une entreprise privée. La Mairie était le vice-président du CNEE jusqu’en 2011-2012. Elle travaillait avec différents partenaires. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Elle doit se référer au CNEE même pour travailler avec la SEEG.   Quel est l’impact de cette crise sur l’approvisionnement en eau et électricité ?   La Mairie a du mal à répondre aux sollicitations des populations. Les choses ont bien changé depuis LUMEN. Ce groupement d’intérêt économique, qui tire son nom d’un insecte qui donne la lumière, avait une convention avec la Mairie de 1999 à 2015. La Mairie était chargée du contrôle du travail de LUMEN. La convention, dénoncée par le CNEE, a conduit à la fermeture du groupe.   Du temps de LUMEN, il n’y avait pas de problème d’éclairage. La Mairie avait des moyens didactiques, des ordinateurs, des véhicules fournis par LUMEN. Aujourd’hui, elle ne les a plus tout comme elle n’a plus d’équipes sur le terrain. Imaginez, au moment où je vous parle, je partage le même bureau que des membres de mon équipe.    Quelles sont les solutions à la crise de l’eau et de l’électricité ?   Les solutions à la crise sont la volonté politique et les moyens à mettre en œuvre. Le projet PIAEPAL, Programme Intégré pour l’Alimentation en Eau Potable et Assainissement du Grand Libreville financé par la BAD à hauteur de 77 milliards de francs CFA, a pour but d’étendre le réseau d’eau potable et d’électricité. La phase de réalisation est en cours à Bambou Chine (Zeng Ayong), Igoumié (Owendo) et au Cap Esterias (Akanda). Au niveau de l’intérieur, la Commission nationale des travaux d’intérêt public pour l’eau et l’électricité (CNTIPPEE) gère tous les projets de l’Etat dans les domaines de l’eau, l’électricité, des routes et Internet).   Que souhaiteriez-vous dire en guise L’EAU ET L’ÉLECTRICITÉ DANS NOS VIES

QU’EST-CE QU’UN LOGEMENT SOCIAL ?

Siège de La société nationale immobilière (SNI) basé à Likuala-LBV

« Vivre » : Monsieur Romain Agaya, vous avez travaillé à la Société nationale immobilière (SNI). Pouvez-vous nous dire au sein de quel département, à quel titre et pendant combien d’années ?   Romain Agaya : J’ai travaillé à la SNI de juillet 1989 à février 1997 en tant que cadre. J’ai commencé à la Direction de l’administration générale, dans la section en charge de la gestion des logements (location simple/location-vente). J’ai ensuite rejoint le service du personnel jusqu’à mon départ de la société.   Qu’est-ce qu’un logement social ?   Un logement social est un logement construit avec l’aide de l’État et qui est soumis à des règles de construction, de gestion et d’attribution précises. Les loyers sont également réglementés et l’accès au logement conditionné à des ressources maximales.   Quelles sont les principales missions assignées à la SNI ?   Les missions assignées à la SNI étaient de construire des logements sous l’impulsion du gouvernement, à travers des programmes que celui-ci définissait. La SNI pouvait aussi proposer ses propres projets, faire de la gestion immobilière en partenariat avec d’autres entités telle que la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) par exemple. Qui a droit au logement social et quel en est le nombre ? A droit à un logement social une personne dont le niveau de salaire ou de revenus ne dépasse pas un certain seuil. Il m’est difficile de connaître le nombre de logements sociaux actuels au Gabon. Néanmoins, les cités Likouala, Nomba Domaine appelée la SNI à Owendo, Nzeng-Ayong à Libreville et Angondje à Akanda sont des cités de logements sociaux.   La demande est très forte. On peut partir sur la base de 5 000 logements comme cela a été proposé par ailleurs, mais de mon point de vue c’est un minimum, car il n’y a pas que Libreville. Il apparaît que les coûts des logements dits sociaux aujourd’hui sont trop élevés pour les personnes à qui ils sont destinés.   Existent-ils des obstacles qui entravent la mise en œuvre de la politique et du droit au logement ?   Les obstacles à l’accès aux logements sociaux sont multiples. Il y a d’abord le foncier, car pour construire il faut des terrains. Il y a le financement des projets. En effet, il faudrait trouver une ou des formules qui faciliteraient la réalisation des projets de construction de logements à des coûts acceptables. Enfin, il y a les coûts des matériaux de construction qui concourent à la cherté des logements.   Quel regard portez-vous sur le chemin parcouru par la SNI depuis votre départ de cette société ?   La SNI est l’instrument de l’État pour la construction des logements, en particulier des logements à bas coût. Force est de constater qu’elle ne remplit plus ce rôle. Les programmes qu’elle a réalisés ne répondent pas aux attentes du plus grand nombre.   D’après vous, pourquoi ?   Je dirais que le principal obstacle qui permettrait de construire des logements à des prix accessibles au plus grand nombre est le coût des matériaux. Avec les prix en vigueur dans ce secteur, il est difficile de construire à bas coût, comme cela a pu se faire il y a quelques années.   Avez-vous des suggestions à faire pour la promotion des logements sociaux  et, partant, le bien-être des populations ?   ll faut susciter un partenariat avec les différentes institutions financières pour mener à bien des programmes de construction de logements à des prix supportables pour le plus grand nombre. Ces partenariats seraient garantis par l’État.   Que souhaiteriez-vous dire en guise de conclusion ?   Le logement est une question sensible dans tous les pays. Cette question doit faire l’objet de la plus grande attention par les décideurs. Lorsqu’un citoyen et sa famille sont correctement logés, c’est un important facteur de bien-être. Et ce ne peut être que bénéfique pour le pays.  

UN LOGEMENT À VIE

Salle de séjour Gabon

Au nombre des besoins fondamentaux de l’être humain, le logement tient une place importante. Le Gabon, dans sa Constitution de 1991, consacre le droit au logement en son article 1 alinéa 10 : « Tout Gabonais a le droit de fixer librement son domicile ou sa résidence en un lieu quelconque du territoire national (…) sous réserve du respect de la loi. » La déclaration d’Istanbul, adoptée en 1996, cadre parfaitement avec ce qui précède. Elle réaffirme, en effet, le principe du droit au logement comme partie intégrante des droits de l’homme. Au cours de l’ouverture solennelle du forum de l’habitat qui s’était tenu le 6 août 2010 à Libreville, le Premier ministre Paul Biyoghe Mba avait déclaré que : « Chaque Gabonais doit disposer d’un logement décent et facilement accessible qui ne le prive pas de l’essentiel des revenus mensuels. »  En outre, ce n’est certainement pas fortuit si un chapitre lui est consacré dans le 3e rapport national des Objectifs du millénaire pour le développement. Au-delà des effets d’annonce et des dispositions juridiques régissant le droit sociétal, quelles sont les conditions réelles d’accessibilité au logement pour le Gabonais lambda ? Premier constat : il existe une très forte distorsion entre le taux d’urbanisation (80 %) au Gabon et l’offre résidentielle. Selon les statistiques du PAT (Plan d’accélération de la transformation), ce déficit serait supérieur à la moyenne des pays d’Afrique subsaharienne. En 2024, cette pénurie atteint le pic de 257 000 unités ! Pourtant, le programme de construction de logements sociaux est indissociable des chantiers de l’émergence du pouvoir exécutif sur lequel les Gabonais avaient fondé tant d’espoir. La livraison promise des 35 000 logements était bien loin d’être atteinte pour 2016. Elle atteignait à peine 6 370 unités, bien en deçà de 20 %. Ce chantier de construction de logements à la portée d’une majorité de Gabonais s’est fait par l’entremise de la SNI (Société nationale immobilière), de la SNLS (Société nationale des logements sociaux), de sociétés de travaux publics privés sous l’impulsion du gouvernement à travers des programmes bien définis. Ces logements devaient prioritairement être destinés à des personnes dont le niveau de salaire ou de revenus ne dépassait pas un certain seuil. L’objectif de l’Etat étant double, à savoir résorber la mauvaise qualité de l’habitat mais surtout permettre l’accès à la propriété qui constitue l’un des buts ultimes d’une vie. L’exigence principale des principaux acquéreurs étant de pouvoir disposer d’un logement décent (offrant un minimum de commodités) à moindre coût. L’accès au logement est indissociable de l’amélioration des conditions de vie. Encore faut-il que le coût d’acquisition cadre avec le pouvoir d’achat qui s’érode à la suite de la stagnation des salaires. Le salaire moyen est de 150 000 FCFA. Or, le coût minimal d’une habitation oscille entre 22 millions et 44 millions, nonobstant le fait que le potentiel acquéreur doit au préalable s’acquitter de 15 % de ce montant. L’offre reste donc faible, du moins par rapport à la catégorie sociale susmentionnée. L’autre principale récrimination vient non seulement du fait que pour pouvoir être sur la liste, il faut disposer d’un compte bancaire, mais encore d’une attestation d’emploi qui constitue des garanties indispensables. Les prix d’achat sont jugés prohibitifs. À cela, il faut ajouter les choix dans l’attribution de ces logements qui n’obéissent pas souvent aux principes d’équité, puisque le copinage et des règles de complaisance empêchent les plus nécessiteux d’en bénéficier. Cet état de faits donne lieu à des situations rocambolesques et extrêmes, à l’image de la « Cité de l’égalité des chances » et du chantier abandonné du Ciciba, à Akanda, où des habitations furent prises d’assaut, squattées par des milliers de personnes vivant dans des conditions déplorables, sans raccordement à l’eau courante et à l’électricité. D’autres pesanteurs relatives aux délais de livraison ainsi qu’aux retards ou défauts de paiement minent considérablement la politique du logement. Enfin, les détournements de fonds publics sont une plaie qui, hélas, n’échappe pas à la politique de l’habitat. En 2018, le détournement au port d’Owendo d’une vingtaine de conteneurs de matériaux de construction d’une valeur de 10 milliards de FCFA nous renvoie à cette pieuvre pernicieuse qui compromet gravement les priorités qui peuvent être gage de paix sociale et surtout le contrat de confiance déjà fragile à l’égard de l’Etat.

LOGEMENT ET REVENUS PRÉCAIRES

Maisons des matitis au Gabon

La problématique de l’accès à un logement décent au Gabon concerne de nombreuses familles ayant des revenus précaires. Il est indubitable que chaque bailleur dicte sa loi en donnant le montant du loyer, et ce en dépit de l’existence de la loi no 15/63 du 8 mai 1963 régissant les locations et l’immobilier en République gabonaise.   Cette loi, adoptée peu après l’accession du Gabon à l’indépendance, n’a jamais vraiment été appliquée. C’est une sorte de « mercuriale » des loyers. La loi stipule clairement les coûts selon les matériaux de construction. Les loyers des maisons en planche varient entre 50 000 et 90 000 francs CFA par mois et entre 75 000 et 85 000 francs CFA par mois pour les studios. Ceux des maisons en dur vont de 100 000 à 300 000 et ceux des résidences de 700 000 à 1,5 million de francs CFA par mois.   En 2015, l’économiste Mays Mouissi, actuellement ministre de l’Économie et des Participations, indiquait : « La question du logement est confrontée à une absence de schémas directeurs, une politique du logement défaillante et logis précaire. La crise de l’habitat au Gabon n’a cessé de s’accroÏtre depuis son accession à l’indépendance. En dépit de plusieurs annonces de construction de logements, l’analyse des politiques du logement menées et de leurs résultats fait ressortir de nombreuses défaillances qui traduisent l’incapacité de l’État à apporter seul des solutions à cette crise. »   Toujours du point de vue de l’économiste gabonais, « l’annuaire statistique du Gabon sur la période 2004-2008 ? au sujet du volet relatif à l’aménagement de parcelles, révèle que la production annuelle de parcelles par le ministère en charge de l’Habitat et les sociétés sous contrats fut limitée à 90 unités en moyenne par an sur cinq ans. »   « Ainsi entre 2004 et 2008, l’offre disponible en foncier urbain aménagé ne représentait que 1,8% des besoins du marché. Par ailleurs, 7 des 9 provinces du pays n’ont connu aucun aménagement foncier pendant la période. Dans un tel contexte, le logement anarchique et l’habitat précaire étaient devenus l’unique recours pour les populations. »   D’après le Centre pour le financement du logement abordable en Afrique (CAHF) dans son Annuaire sur le financement du logement en Afrique 2022, l’urbanisation rapide et la mauvaise planification urbaine ont entraîné un manque de logements de 260 000 à 300 000 unités, en particulier dans les classes à revenu moyen et faible.   Selon la Banque mondiale, la pauvreté et le chômage, dont les taux figurent parmi les plus élevés au monde, touchent respectivement près de 37 % et 40 % des Gabonais.es. Cette situation contraint les demandeurs d’emploi à exercer une activité dont le revenu mensuel ne leur permet de répondre ni à leurs charges ni aux besoins de leur progéniture.   La crise sanitaire liée au Covid 19, durant laquelle le gouvernement gabonais a pris une panoplie de mesures rudes, a également favorisé le phénomène de la précarité des revenus en raison notamment de la fermeture de nombreuses entreprises. En outre, plusieurs compatriotes ont perdu des emplois qui leur permettaient d’avoir des salaires stables. Une réalité absurde quand on sait que le Gabon est l’un des pays les plus riches et l’un des plus grands producteurs de pétrole de l’Afrique.   De ce fait, l’individu qui perçoit un revenu précaire ne peut que se loger dans les zones où l’insalubrité et l’insécurité règnent. Le bailleur, quant à lui, ne prend pas souvent au sérieux les problèmes de l’environnement. Des familles se retrouvent, bien malgré elles, dans l’obligation de se loger dans une seule pièce à cause du coût élevé d’un logement décent. Quelquefois, l’endroit est très vétuste, étroit et, le plus souvent, le bailleur ne tient pas compte des doléances de ses locataires.   Neige, une jeune femme, s’en plaint. Non seulement l’espace qu’elle loue est très étroit, mais en plus le montant à payer ne correspond pas à l’espace qu’elle occupe. À cela s’ajoute le problème de l’insécurité et le refus du bailleur d’entreprendre des travaux tels que la pose des grilles de sécurité. Selon Neige, il faut prévoir au moins une enveloppe de 100 000 francs CFA par mois pour espérer avoir même une chambre assez vaste.   De son côté, si le bailleur souhaite améliorer les conditions de vie de ses locataires alors que sa situation financière est très précaire, les loyers qu’il récolte chaque mois suffisent à peine pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa progéniture. Parallèlement et malheureusement, la réalité sur le terrain ne permet pas au locataire ayant des revenus précaires d’obtenir un logement sain et doté d’un cadre de sécurité fiable. En général, les logements décents sont destinés aux personnes ayant des salaires élevés qui leur permettent de mieux se loger dans les quartiers résidentiels comme Angondjé et Bas-de-Gué-Gué, car le studio est à 150 000 francs CFA par mois.   Sylvie, une bailleresse gabonaise habitant dans la zone d’Angondjé s’explique sur le loyer de son studio à 150 000 francs CFA par mois. « Le matériel est excessivement cher, notamment celui destiné aux finitions. Quant au coût de la main-d’œuvre, il varie en fonction de chaque tâche y compris la sécurisation du logement. Un autre problème concerne le mauvais état de la route, surtout en saison des pluies. »   Le président de la Transition, le général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguema, rêve de procurer des parcelles de terrain et des logements accessibles à tous les Gabonais et à moindre coût. C’est d’ailleurs dans cette optique qu’il a instruit le ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre, Ludovic Megne, de procéder à l’élaboration d’un plan d’action axé sur la révision et la baisse des coûts d’acquisition des logements, avec pour objectif principal de favoriser l’accès équitable de tous ses compatriotes à la propriété.

ALERTE

Les mauvaises conditions de vie et l’état de santé précaire des personnes qui vivent dans un environnement malsain en font des êtres extrêmement vulnérables. Dès lors, combien de temps les Gabonais.es vivant dans l’extrême pauvreté tiendront-ils encore dans des logements insalubres envahis par les rats, les cancrelats, les moustiques et autres bestioles qui causent ou aggravent les maladies ?   Le mal logement nuit gravement à la santé et plonge ses victimes dans le désespoir, la désolation et le désarroi. Alors que le désespoir se caractérise par un abattement total, une affliction profonde de la personne, la désolation est cause de peine et d’ennui extrêmes. Le désarroi est un trouble moral et une anxiété profonde que ressent la personne qui vit dans des conditions précaires.   Selon les lignes directrices de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) relatives au logement et à la santé, « un logement précaire est un facteur de stress, d’anxiété et de dépression.»   « Les températures intérieures peuvent entraîner des maladies liées à la chaleur. La pollution de l’air intérieur nuit à la santé respiratoire et cardiovasculaire et provoque des réactions allergiques et irritantes comme l’asthme. »   « L’insuffisance de l’approvisionnement en eau potable et le manque d’installations sanitaires compromettent la sécurité sanitaire des aliments et l’hygiène personnelle et engendrent des maladies transmissibles. » Celles-ci incluent la diarrhée, le choléra, la dysenterie, l’hépatite A et la fièvre typhoïde.   Le mauvais assainissement du milieu favorise le paludisme qui est transmis par le moustique, l’anophèle femelle. La mauvaise aération et le surpeuplement véhiculent les agents infectieux de la tuberculose et de la bronchite.   Le mal-logement est une question de santé publique qui, hélas, ne fait pas l’objet de l’attention qu’il mérite. Il suffit, pour s’en convaincre, de se rendre dans les « matitis » (quartiers sous-intégrés) où les occupants des lieux manquent de tout. Et que dire des sans-abris qui investissent les broussailles ou les rues pour y dormir au péril de leur vie ?   L’état de santé précaire des mal-logés et des sans-abris est une bombe à retardement. Les défis sont de taille et interpellent l’ensemble de la société à agir vite, l’enjeu étant de sauver des vies au prix d’une réelle promotion des droits à la santé et au logement.  

MEMBRES DE L’ÉQUIPE
 

Fondatrice – Directrice

 

Flavienne Louise Issembè

 

Journalistes seniors

 

Yvette Bivigou

Martial Idundu

Flavienne Louise Issembè

 

Collaborateurs et Collaboratrices

 

Annie Mapangou

Eric Ozwald

Florène Okome Pambo

Tama Z’Akis

 

Equipe WEB

 

Chris Jonathan G. – Développeur
Yourick Seh Obame – Webdesigner
Gerald Boussougou – Com. Manager

 

Cadreurs et/ou Photographes

 

Andy G. Amiaganault

Herman Oke Mve

Alain Wolbert
Delvane BKG

 

CONTACTS

infomagazinevivre@gmail.com

+241 62 71 98 92

suivez-nous aussi sur