ARTICLE

À PROPOS DES ÉLECTIONS GÉNÉRALES

Le même rituel a lieu en période pré-électorale. Tout citoyen doit s’inscrire au préalable sur la liste électorale. L’enrôlement, qui s’étale sur un mois, peut être prolongé quand les circonstances l’exigent.  Au-lendemain de cette opération, le public gabonais a accompli, le 26 août 2023, son devoir citoyen dans le cadre des élections générales dédiées aux présidentielles, aux législatives et aux locales.  Muni d’un bulletin de vote unique, chaque votant a procédé, sous le regard vigilant des contrôleurs, à l’élection couplée des candidats à la présidentielle et aux législatives issus du même parti. Pour les candidats présidentiables n’ayant pas de parti, les électeurs ont dû voter pour le candidat de leur choix et renoncer à élire un député. Nombre de prétendants indépendants à la magistrature suprême en ont fait les frais. Muni d’un autre bulletin, le public a élu les conseillers municipaux et départementaux. Le scrutin s’est déroulé entre 8 heures et 18 heures, voire au-delà, dans les centres de vote ouverts pour la circonstance. Les établissements scolaires ont prêté main forte à cette activité.

DROITS DE VOTE ET D’ÉLIGIBILITÉ

Le droit de vote et le droit d’éligibilité aux élections sont des piliers fondamentaux de la démocratie. Ils doivent s’accomplir dans le strict respect de la loi et des devoirs vis-à-vis d’autrui. La Constitution gabonaise de 1991, actuellement en vigueur, reconnait et garantit ces droits en son article 4, au chapitre intitulé Titre Premier « De la République et de la Souveraineté. »  « Sont électeurs, dans les conditions prévues par la Constitution et par la loi, tous les Gabonais des deux sexes, âgés de dix‐huit (18) ans révolus, jouissant de leurs droits civils et politiques. Et « sont éligibles, dans les conditions prévues par la Constitution et par la loi, tous les Gabonais des deux sexes, jouissant de leurs droits civils et politiques. » Les élections donnent la possibilité aux citoyens, qu’ils soient électeurs ou éligibles, à l’exception des personnes inaptes ou condamnées par la justice, de faire valoir leur droit, d’exprimer leur volonté et de contribuer au développement social, économique, culturel et politique de leur pays. Pour autant, ces droits proclamés et consacrés dans la loi fondamentale sont-ils protégés et préservés ? Craignant de nouvelles violences pendant et/ou après les élections, des acteurs politiques, des membres de la société civile, des enseignants ou encore Doria, une étudiante en droit, ont lancé des appels à la paix. À un autre niveau, son condisciple Dylan, soucieux «de la gestion du processus électoral », a suggéré « que les connaissances des autorités qui ne maitrisent pas ce domaine soient renforcées.» Adèka, un septuagénaire encore en activité, n’a pas voté : « Il en sera ainsi tant qu’il y aura des ingérences extérieures qui, estime-t-il, sont une entrave à la souveraineté nationale et une menace pour la sécurité intérieure    Son neveu, Yvan, a choisi également l’abstention, mais pour d’autres raisons : « J’ai voté en 2016 mais je m’abstiendrai de le faire cette année en raison des irrégularités que j’ai constatées il y a sept ans. J’étais contrôleur dans un bureau de vote. » Le phénomène de l’abstentionnisme ne date pas d’hier. Il serait même en nette augmentation depuis 1993. Selon les résultats officiels de l’élection présidentielle de 2016, par exemple, sur 627805 électeurs, 373310 ont voté et 254495 se sont abstenus. De nombreux facteurs sont en cause. À ceux qui ont été mentionnés par Doria, Dylan, Adèka et Yvan s’ajoutent la corruption, la falsification des résultats, la partialité des autorités chargées de la gestion du processus électoral, le financement aléatoire des partis politiques et des campagnes électorales, et les dysfonctionnements dans le contrôle de l’utilisation des fonds. Le rapport des Gabonais aux élections et aux acteurs politiques se dégrade au fil des ans. Cette tendance est encore plus marquée au sein des couches défavorisées du fait notamment de la méconnaissance du code électoral. L’accès limité aux médias des partis politiques d’opposition au profit du parti au pouvoir est une autre entrave à la démocratie. Une commission pour l’égalité d’accès aux médias des partis politiques et des candidats aux élections a été créée en 2022 par la Haute autorité de la communication. Elle a pour mission de garantir le pluralisme d’opinion pendant la période électorale.

À L’AUNE DES ÉLECTIONS GÉNÉRALES

Le 29 octobre 2022, le Consortium de la société civile pour la transparence électorale et la démocratie au Gabon (Coted-Gabon) a présenté aux médias sa proposition de réforme du Code électoral gabonais pour éviter de nouvelles violences électorales. La plateforme politique « Gabon d’abord » a initié le 3 janvier 2023 des ateliers de formation des points focaux d’Owendo, de Libreville et d’Akanda, en vue de les préparer à faire face aux vicissitudes du processus électoral dans les domaines des inscriptions sur les listes électorales, des réclamations et de la sécurisation des votes. Du 8 au 11 février 2023, la Cour constitutionnelle a organisé une campagne d’information des acteurs politiques et des populations dans la perspective des élections à venir qu’elle souhaite pacifiques et transparentes. Du 13 au 23 février 2023, à l’invitation du chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba, la concertation réunissant la majorité présidentielle et des partis d’opposition s’est conclue sur le retour des élections à un tour et l’harmonisation de tous les mandats électifs à cinq ans. Les 27 et 28 avril 2023, le Centre de recherche et d’études constitutionnelles, administratives, parlementaires, politiques et internationales (CRECAPPI) de l’Université Omar Bongo (UOB) a organisé, en partenariat avec l’Ecole supérieure privée de Management EM Gabon, les Journées d’étude sur la thématique « Droit et pratiques électoraux à l’aune des élections générales au Gabon. » Du 6 au 8 juillet 2023, s’est tenu au Musée des arts, rites et tradition du Gabon, le SAMEAU, le Salon des métiers de l’audiovisuel et du numérique sous le thème « Déontologie et éthique des médias numériques en période électorale au Gabon ». À l’initiative de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), une conférence-débat sur la thématique « Vivre ensemble à l’aune des périodes préélectorale, électorale et postélectorale », s’est tenue le 4 août 2023 au ministère de l’Economie à Libreville.

LES ÉLECTIONS AU FIL DU TEMPS

1956 Premières élections municipales   Léon Mba est élu maire de Libreville par un corps électoral restreint constitué  des membres des formations politiques en lice et des autorités coloniales. 1957 Premières élections législatives au suffrage universel  L’ensemble des citoyens sont appelés à voter conformément au principe démocratique de la souveraineté du peuple. Décembre 1960 Candidature unique de Léon Mba à la présidence de la République.  1967-1990 Albert Bernard Bongo, successeur de Léon Mba, est le candidat unique à l’élection présidentielle. 1993-2022 Pluralité de candidatures représentant les partis majeurs.  Les résultats font néanmoins l’objet de contestations et de violences. 2023 Élections générales  du 26 août  Après l’introduction du bulletin unique, l’élection du président se fait automatiquement avec celle du député issu du même parti.

DES LISTES ÉLECTORALES AU BUREAU DE VOTE

DES LISTES ÉLECTORALES AU BUREAU DE VOTE Le même rituel a lieu en période pré- électorale. Tout citoyen doit s’inscrire au préalable sur la liste électorale. L’enrôlement, qui s’étale sur un mois, peut être prolongé quand les circonstances l’exigent.    Au-lendemain de cette opération, le public gabonais a accompli, le 26 août 2023, son devoir citoyen dans le cadre des élections générales dédiées aux présidentielles, aux législatives et aux locales. Munis d’un bulletin de vote unique, chaque votant a procédé, sous le regard vigilant des contrôleurs, à l’élection couplée des candidats à la présidentielle et aux législatives issus du même parti. Pour les candidats présidentiables n’ayant pas de parti, les électeurs ont dû voter pour le candidat de leur choix et renoncer à élire un député.    Nombre de prétendants indépendants à la magistrature suprême en ont fait les frais. Muni d’un autre bulletin, le public a élu les conseillers municipaux et départementaux. Le scrutin s’est déroulé entre 8 heures et 18 heures, voire au-delà, dans les centres de vote ouverts pour la circonstance. Les établissements scolaires ont prêté main forte à cette activité.

L’AVENIR EN QUESTION

Les Gabonais qui vivent majoritairement sous le seuil de pauvreté aspirent plus que jamais à une alternance démocratique. Une alternance qui aboutirait à des retombées positives sur le vécu social en termes d’emploi, de logement, d’éducation et de santé.  Entre angoisse et scepticisme, Ferdinand, un staffeur au chômage, raconte son mal de vivre. « J’ai 51 ans. Je sais d’où je viens, mais j’ignore où vont mes enfants. Je me débrouille comme je peux pour subvenir aux besoins de ma famille.»  Les mots qui suivent tranchent avec l’apparence zen du quinquagénaire d’Owendo qui appelle à « l’amélioration effective des conditions de vie des populations gabonaises. » À son avis, ce point devrait être au cœur des priorités du président de la République. Attentive aux propos de l’ami de son grand-père, Nelly enchaine : « Depuis la fin de mes études supérieures en 2017, je vis un profond chagrin. Je n’arrive pas avoir un stage ou un emploi. »  Diplômée en secrétariat et en comptabilité, cette mère de famille de deux enfants travaille dans un bar. « Les temps sont durs. Mais, tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. Nous voulons vivre en paix. À condition, dit-elle, que tout change. »  L’espoir se lit également dans le regard de Thérence, un enseignant de 40 ans en activité. Pour autant, il pointe du doigt le chômage qui est en nette augmentation : « La situation est d’autant plus difficile que notre pays manque de structures pour encadrer les Gabonais.es qui veulent se lancer dans l’entrepreneuriat. » Le travail, l’éducation scolaire, la santé et le logement sont au cœur des préoccupations des populations gabonaises dont le tiers sur environ 2 200 000 habitants vit sous le seuil de pauvreté.  L’amélioration des conditions de vie à laquelle Nelly, Thérence et Ferdinand aspirent relève des droits énoncés à l’article 25 de la Déclaration universelle des droits de l’homme y compris : « Le droit de toute personne à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien- être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires.»  « Le droit à la sécurité de la personne en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.»  « Le droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage.» « Le droit au repos, aux loisirs et notamment à une limitation raisonnable de la durée du travail et à des congés payés périodiques. »  Malgré quelques acquis obtenus d’arrache pied à travers d’innombrables luttes, le chemin vers l’instauration d’un Etat de droit et d’une véritable démocratie au Gabon est encore loin devant nous. https://youtu.be/yFHgst520gY?si=qoYGJykdWp05KMnM

ILS ONT DIT

« Je vais travailler avec l’ensemble des partis politiques. Que tout le monde soit mis à contribution, et que le processus soit inclusif. » Raymond Ndong Sima – Premier ministre de la Transition « Je serai la présidente de tous les Sénateurs, l’ouverture et la transparence seront ma méthode.» Paulete Missambo – Présidente du Sénat « Du moment où l’opportunité nous est donné, tous les Gabonais confondus, de dessiner la voie du Gabon, nous pouvons dire que nous sommes sur la bonne voie. » Geofroid Foumboula Libeka L’AVIS DU PUBLIC SUR LA TRANSITION « Le comité mis en place par Monsieur Oligui est un comité qui a pour but de promouvoir la dignité de l’Homme gabonais. » Rebecca « Le pays avait un besoin d’alternance. C’est une bonne chose que le pouvoir soit aux mains des militaires. » Warden «C’est une grande première. On attend de voir évoluer la situation.» Joe

UN GÉNÉRAL SORT DE L’OMBRE

« Pour changer le système, il faut être dans le système. Le peuple gabonais demande que ses droits soient garantis. Nous, forces de défense et de sécurité avons choisi d’être du côté du peuple et de la liberté. » Ainsi parle Brice Clotaire Oligui Nguema, le général de brigade actuellement au pouvoir au Gabon.  Formé à l’académie royale militaire de Meknès au Maroc, l’ancien aide de camp du défunt président Omar Bongo Ondimba a été affecté en 2009 en qualité d’attaché militaire aux ambassades du Gabon au Maroc et au Sénégal.  Rappelé dans son pays après l’accident vasculaire cérébral d’Ali Bongo Ondimba survenu en 2018, il est nommé l’année suivante chef du service de renseignement de la garde républicaine avant de devenir Commandant en chef de cette même garde. Il assurera également la sécurité du président de la République. De l’avis de certains acteurs politiques, son arrivée au pouvoir marque un tournant dans la vie politique gabonaise et la fin de la 2ème République. Au sein du public, les avis sont partagés. Si d’aucuns y voient « un miracle, un signe du destin » et s’en félicitent, d’autres, en revanche, s’interrogent sur les intentions réelles du président de la transition.  Âgé de 48 ans, le général Oguili Nguema est marié et père de famille. Il a fait ses études au Lycée d’état de Port Gentil et à l’Université des sciences et techniques de Masuku au Gabon. 

LE GÉNÉRAL OLIGUI NGUEMA A PRÊTÉ SERMENT

Au lendemain du coup d’état pacifique, sans violence ni effusion de sang, survenu au Gabon le 30 août à l’aube, le général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguema a prêté serment le lundi 4 septembre 2023 en tant que président de la transition au palais présidentiel du bord de mer de Libreville. Devant les juges de la Cour constitutionnelle et de nombreux invités*, il a jugé important ‘’que les gabonais de toutes les couches sociales s’accordent pour adopter une nouvelle constitution par référendum, un nouveau code électoral et un code pénal fiables qui garantissent à tous les mêmes chances.’’  ‘‘Le Gabon mérite une gouvernance assainie plus en phase avec les normes internationales en matière de respect des droits humains, de libertés fondamentales, de démocratie et d’état de droit’’.  Le président de la transition s’est engagé, pour qu’à l’issue de la transition, le Gabon soit doté ‘‘d’institutions fortes, démocratiques et crédibles’’. Il veillera également, ‘’avec l’accord de tous les gabonais et des partenaires au développement, à ce que le pouvoir soit remis aux civils en organisant, dans la paix sociale, de nouvelles élections libres, transparentes et crédibles.’’ Donnant force à son discours, le président de la transition a cité les défunts présidents Omar Bongo et Jerry Rawlings. « Dieu ne nous a pas donné le droit de faire du Gabon ce que nous sommes entrain de faire. Il nous observe, il dit amusez-vous, mais le jour où il voudra aussi nous sanctionner, il le fera. » « Lorsque le peuple est écrasé par ses dirigeants avec la complicité des juges, c’est l’armée qui lui rend sa dignité et sa liberté. Le président de la transition a également cité le militant des droits de l’homme Desmond Tutu, qui disait : « Si vous êtes neutre dans des situations d’injustice, vous avez choisi le côté de l’oppresseur. « Dans un moment d’intense émotion, le général Oligui Nguema a adressé une pensée spéciale aux Gabonais de la diaspora et « aux compatriotes qui auraient aimé vivre ce jour mais nous ont précédés dans l’au-delà. Je pense à tous les partisans du changement : Simon Oyono Aba, Martine Oulabou, Pierre-Louis Agondjo-Okawe, Pierre Mamboundou Mamboundou et André Mba Obame, pour ne citer que ceux-là. »  La politique et l’administration étant des domaines de souveraineté nationale, le général Oligui Nguema a déclaré avoir entrepris des consultations avec les forces vives de la nation. ‘’Leurs préoccupations sont légitimes et limpides. Nous allons nous atteler avec le gouvernement qui va être mis en place à donner à tous des raisons d’espérer une vie meilleure.’’ Se félicitant « des temps heureux, rêvés par nos ancêtres, qui arrivent enfin chez nous », l’auteur du coup d’état qui a renversé le régime d’Ali Bongo Ondimba a estimé « qu’il faut un changement profond, issu de notre réflexion commune. »  Des mécanismes seront mis en place ‘’afin de faciliter le retour au pays de tous les exilés politiques, rétablir la bourse pour les élèves du secondaire, amnistier les prisonniers d’opinion, financer l’économie nationale avec les partenaires locaux et les institutions financières locales.’’  La création d’une synergie avec l’accompagnement des banques locales pour le paiement des pensions des retraité.es, la révision des conditions d’attribution de la nationalité gabonaise et les lois du foncier sont d’autres mesures annoncées par le général Oligui Nguema.  *La presse, des représentants de la société civile, des confessions religieuses et du monde des affaires, ainsi que des dignitaires de l’ancien régime étaient à la prestation de serment du général Oligui Nguema.  

ALIMENTATION ET SANTÉ : LE LIEN INDISSOCIABLE

ALIMENTATION ET SANTÉ : LE LIEN INDISSOCIABLE Sur 8 milliards d’êtres humains dans le monde, 811 millions souffrent de sous-alimentation et de malnutrition.   Notre alimentation joue un rôle primordial pour notre capital santé. Elle doit être saine et variée afin de nous prémunir contre certaines maladies telles que le diabète, l’ostéoporose et les troubles cardiovasculaires. Il serait, toutefois, réducteur de croire que ces maladies dépendent exclusivement de notre alimentation.   Notre environnement, notre mode de vie et notre héritage génétique sont tout aussi déterminants. Il n’en demeure pas moins qu’un certain nombre d’affections sont d’origine nutritionnelle. Celles-ci incluent, pour n’en citer que quelques-unes, les caries, la typhoïde, l’anémie, les intoxications alimentaires, le rachitisme et le goitre. Une alimentation équilibrée contenant les nutriments nécessaires à une bonne croissance est essentielle dès les premières semaines de la vie. On estime que 45% de la mortalité infantile est directement imputable à une carence en protéines et micronutriments au sein des pays en développement.   Quid de la situation du Gabon et des moyens dont dispose le consommateur pour se prémunir contre les denrées alimentaires impropres à la consommation   La population gabonaise oscille autour de 2 millions d’habitants dont 80% vivent en milieu urbain. Libreville, la capitale, à elle seule, regroupe près de 50% de la population. Le Gabon affiche l’un des taux de mortalité infantile les plus élevés de l’Afrique subsaharienne, estimé à 65%. La malnutrition est responsable de 61% de taux d’anémie dans la tranche d’âge comprise entre 6 et 59 mois. Celle-ci est subséquente au faible taux d’allaitement maternel exclusif.   En outre, le Gabon ne figure pas au top 30 des pays africains en termes d’indice de sécurité alimentaire (ISA). Les trois premiers sont l’Afrique du Sud, le Botswana et l’Egypte. Le 30e c’est la République démocratique du Congo. L’ISA prend en considération un certain nombre de critères parmi lesquels : l’abordabilité qui tient compte de la consommation alimentaire proportionnellement aux dépenses des ménages ; la disponibilité qui fait référence à l’approvisionnement suffisant et les infrastructures agricoles ; la qualité et la sécurité intégrant la diversification du régime alimentaire, les directives alimentaires nationales et un plan de suivi et de surveillance de la nutrition.   Bien choisir ses aliments permet non seulement de nous maintenir en bonne santé, mais surtout de l’améliorer. Encore faut-il pouvoir trouver le juste équilibre, ce qui est plus difficile qu’il n’y parait. Le seul aliment qui fournit tous les nutriments nécessaires au fonctionnement de l’organisme est le lait maternel. En dehors de ce nutriment riche en acides aminés, il s’agit de satisfaire notre apport quotidien entre aliments riches en lipides (poisson, viande, œufs), en glucides (riz, pâtes, pain, tubercules, lait, céréales) et en protides (viande, volaille, œufs, poisson, lentilles, pois chiches, haricots secs, riz, blé, fromage). La consommation de ces aliments doit être adéquate, sans frôler l’excès.   L’un des principaux obstacles à une alimentation saine tient au coût prohibitif des denrées alimentaires de première nécessité (viande, huile, fruits, tubercules, riz, bananes, poisson). Depuis la survenue du Covid 19, le Gabon a enregistré une perte importante de revenus et d’emplois dont l’effet pervers est l’érosion du pouvoir d’achat. Quatre-vingt quinze mille (95.000) ménages seraient en situation de précarité économique. Ceci a une incidence sur l’insécurité alimentaire, en hausse de 4 points. Elle était de 74,8% en avril 2021 contre 70,3% en novembre 2020. La production agricole (3,3% du produit intérieur brut) ne couvre pas les besoins alimentaires. Le Gabon est confronté à une forte dépendance en matière de produits alimentaires (60%) équivalant à un coût annuel de 500 milliards de F CFA.   Cette inflation vertigineuse n’est pas un fait inédit et ne concerne pas exclusivement le Gabon. Elle résulte de facteurs conjoncturels qui ne sont en rien imputables à une quelconque décision politique. L’envolée des prix des sources d’énergie (pétrole et gaz) et des matières premières agricoles se répercute sur toute la chaîne de production et du transport à l’image du fret maritime. Les opérateurs économiques ont donc augmenté les prix afin de préserver leur marge bénéficiaire.   Le consommateur à l’extrémité de la chaîne subit de plein fouet cette augmentation durable des prix qui, pour la seule alimentation, représente 80% des dépenses d’une famille. L’alimentaire, c’est 86% du chiffre d’affaires d’un magasin comme Géant Cecado. Concilier ses revenus avec une alimentation adéquate est une préoccupation obsessionnelle.   Qui est chargé de la protection du consommateur ?   Le droit du consommateur est émergent au Gabon. Il s’inscrit dans le dispositif juridique de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et, de manière plus élargie, dans le cadre des principes directeurs des Nations unies sur la protection des consommateurs. Le consumérisme en est à ses balbutiements au Gabon. Il n’existe pas à proprement parler une loi nationale de protection des consommateurs.   Toutefois, certaines normes ont force de loi dans le cadre du « Codex Alimentarius », conformément à l’ordonnance nº50/78 du 31 août 1978 portant contrôle sur la qualité des produits alimentaires. C’est ainsi que de juin à décembre 2021, plus de 40 000 briques de jus de pomme de la marque Ceres furent détruites sur instruction de la Direction générale de la concurrence et de la consommation car contaminées à la patuline, un produit pouvant s’avérer nocif. Cette administration veille à la qualité des produits alimentaires et peut retirer de la vente les denrées qu’elle juge impropres à la consommation. Elle a pu épingler plus de 246 établissements commerciaux pour vente de produits avariés.   Quant à elle, l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA) se charge, en amont, de prévenir et de détecter tous les risques sanitaires et phytosanitaires liés à l’alimentation des citoyens. Ces diverses données permettent de mesurer tout le chemin qui reste à parcourir afin de protéger au mieux le consommateur. Le Gabon est pourtant considéré comme un pays riche si l’on se réfère au PIB par tête d’habitant qui était de 7006 dollars en 2021, selon les données de la Banque mondiale. Le pays a ALIMENTATION ET SANTÉ : LE LIEN INDISSOCIABLE

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