Journalistes Seniors

Yvette Bivigou
Martial Idundu
Flavienne Louise Issembè

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L’ACTE DE NAISSANCE – UN SESAME POUR LA VIE

L’ACTE DE NAISSANCE – UN SESAME POUR LA VIE En République gabonaise, comme dans tous les Etats modernes, après la naissance d’un enfant, plusieurs informations sont recueillies auprès des parents pour la constitution d’un document légal : l’acte de naissance. Il s’agit d’un document indispensable dont doit disposer tout enfant. Ce dernier devra s’en servir durant toute son existence.   Qu’est-ce qu’un acte de naissance ?   L’acte de naissance est le premier document juridique attestant de l’identité d’un enfant. Distinct du certificat de naissance et de la déclaration de naissance, il énonce la date, le lieu et si possible l’heure de la naissance, le sexe, les prénoms et noms de l’enfant. Les prénoms, noms, âges, lieux de naissance, professions et domiciles des père et mère et, s’il y a lieu, les prénoms, noms, professions et domicile des déclarants (article 167 du Code civil gabonais).   Quel est le délai pour déclarer la naissance en vue de l’établissement de ce document ?   Au Gabon, les déclarations de naissance sont faites dans les deux semaines suivant l’accouchement pour un enfant né dans les communes et les chefs-lieux de district et dans les autres un mois (article 169 du nouveau Code civil gabonais). Entendez par « les autres » hors des communes et chefs-lieux de district.   A qui s’adresser pour déclarer la naissance de son enfant ?   En se référant à l’article 169 du Code civil gabonais, les déclarations de naissance sont faites devant les maires, les préfets ou les sous-préfets, investis du pouvoir d’officier d’état civil.   Qui peut déclarer une naissance et faire une demande d’acte de naissance ?   En lieu et place du père ou de la mère, ou de leur représentant légal, le médecin ou la sage-femme ayant assisté à l’accouchement peuvent faire les déclarations de naissance (article 171 nouveau du Code civil gabonais).   Quelles pièces faut-il fournir en vue de l’établissement d’un acte de naissance ?   Les pièces à fournir sont :   une copie de la pièce d’identité en cours de validité du père ; une copie de la pièce d’identité en cours de validité de la mère ; une copie de la carte de séjour encours de validité de, du, des parents étrangers ; une copie du certificat d’accouchement ; deux timbres à 1000 francs CFA.   Quelle est la procédure à suivre lorsque l’enfant n’a pas été déclaré dans les délais prescrits par l’article 169 nouveau du Code civil gabonais ?   Il arrive que pour des raisons indépendantes de la volonté des parents, la naissance d’un enfant n’ait pu être déclarée dans les délais requis par la loi. Dans ce cas, l’officier d’état civil, et ce conformément à l’article 172 du Code civil gabonais, ne peut l’enregistrer qu’en transcrivant un jugement supplétif d’acte de naissance rendu par le tribunal civil du lieu de naissance de l’enfant.   Quelles sont les pièces à fournir en vue de l’établissement d’un jugement supplétif d’acte de naissance ?   Il faut joindre à la demande adressée au

ÉGLISE ET POLITIQUE

La question de savoir si les hommes d’Église peuvent ou doivent faire de la politique est une interrogation récurrente, souvent marquée par des avis divergents. Certains estiment que la politique est incompatible avec la mission spirituelle, tandis que d’autres considèrent qu’il est possible d’allier les deux pour influencer positivement la société. Mon point de vue s’inscrit dans cette seconde perspective : il n’y a pas d’opposition fondamentale entre la foi et l’engagement politique, à condition que cet engagement soit motivé par des principes bibliques et le bien commun. Exemples bibliques d’engagement politique La Bible contient plusieurs exemples d’hommes et de femmes de Dieu qui ont joué des rôles politiques significatifs tout en restant fidèles à leur foi. Ces figures montrent que la foi et la politique ne sont pas contradictoires : Ces exemples montrent que les hommes et femmes de Dieu peuvent influencer les structures politiques tout en respectant leur appel spirituel. La mission de l’Église et le bien commun La mission de l’Église est avant tout spirituelle : prêcher l’Évangile et amener les âmes au salut. Cependant, cela n’empêche pas l’Église de s’intéresser aux affaires de la cité. Jésus lui-même a déclaré : « Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée » (Matthieu 5:14). Cela implique une responsabilité d’influence, y compris dans les domaines politiques et sociaux. Un engagement politique basé sur des principes bibliques peut contribuer à promouvoir la justice, la vérité et l’équité, valeurs que Dieu appelle à défendre. Proverbes 29:2 affirme : « Quand les justes se multiplient, le peuple est dans la joie ; quand un méchant domine, le peuple gémit. » Ainsi, les hommes d’Église peuvent participer activement à la politique pour défendre les opprimés, instaurer des lois justes et refléter les principes du Royaume de Dieu. Les précautions à prendre Bien que l’engagement politique soit légitime, certaines précautions sont essentielles pour éviter les dérives : Ceci dit, la politique et l’Église ne sont pas nécessairement incompatibles. Lorsqu’un homme ou une femme d’Église s’engage dans la politique, cela peut être une opportunité pour influencer positivement la société, promouvoir la justice et les valeurs bibliques. Cependant, cet engagement doit être exercé avec humilité, intégrité et fidélité à Dieu. Comme le disait le prophète Michée : « On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien ; et ce que l’Éternel demande de toi, c’est que tu pratiques la justice, que tu aimes la miséricorde. »

DE L’ANCIEN AU NOUVEAU CODE ÉLECTORAL

L’adoption prochaine d’un nouveau Code électoral gabonais relève de la volonté des autorités nationales de rompre avec les agissements opaques de l’ancien régime et d’asseoir une réforme globale ancrée dans le renforcement du système politique et démocratique du pays, et la modernisation des lois. Le but est d’accompagner les ambitions d’une gouvernance transparente et inclusive. Longtemps décrié par les populations, l’ancien texte comportait des éléments qui ne garantissaient ni la crédibilité, et encore moins la confiance. Le nouveau Code dont la rédaction a été confiée à la Commission nationale chargée de l’élaboration de l’avant-projet de Code électoral (CNEAPCE) par le président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, contiendrait des réaménagements significatifs visant l’amélioration du processus électoral à travers cinq axes majeurs. Transparence et crédibilité électorales Le Code électoral a pour but principal de réduire les risques de fraudes ou de contestations, et d’améliorer la confiance des citoyens dans le processus électoral. La transparence et la crédibilité électorale s’appuient sur des institutions fortes, un accès équitable à l’information et des pratiques participatives qui favorisent la confiance des citoyens dans le processus démocratique. Cette procédure constitue un pilier essentiel pour garantir des processus démocratiques légitimes et inclusifs. Consolidation de la démocratie Le Gabon cherche à promouvoir une participation citoyenne plus large et à garantir des élections libres, équitables et inclusives sur la base de la réforme des règles électorales. À cet égard, le nouveau Code électoral peut être une opportunité pour le renforcement de la transparence du processus électoral et l’actualisation du cadre légal aux fins de garantir une meilleure supervision des élections par des institutions indépendantes. En outre, l’utilisation des nouvelles technologies pour l’enregistrement et la comptabilisation des votes réduit les risques de fraudes et garantit une meilleure accessibilité pour les populations vivant en zones rurales et les personnes en situation de handicap. D’autres changements incluent : Le processus en cours vise à restaurer la confiance des citoyens dans les institutions électorales et à renforcer l’État de droit car, une démocratie consolidée repose sur des élections crédibles où tous les acteurs, qu’ils soient candidats ou électeurs, se sentent représentés et respectent les résultats. Adaptation aux nouvelles réalités politiques  Les réformes en cours prennent en compte les évolutions politiques, sociales et technologiques, et introduisent des innovations comme l’utilisation de la technologie pour le vote ou la gestion des listes électorales. Cela nécessite une mise en œuvre efficace et un suivi rigoureux des réformes pour éviter, entre autres risques : Réduction des tensions post-électorales Selon le gouvernement, la clarification des règles et procédures diminue les conflits liés aux élections et favorise un climat de paix sociale. Ce point nécessite l’introduction de systèmes électroniques fiables pour le dépouillement et la transmission des résultats afin de renforcer la transparence et l’efficacité des élections. La publication des résultats en temps réel permettra d’éviter les accusations de falsification et de renforcer la confiance dans le processus. Au vu de ce qui précède, les dirigeants doivent s’engager à respecter les dispositions du Code électoral et éviter les abus de pouvoir. La mise en place d’une surveillance citoyenne est nécessaire dans la mesure où cet élément majeur jouera un rôle clé dans le but de dénoncer les irrégularités. Les médias doivent être engagés pour une couverture neutre des élections en vue de calmer les tensions et limiter la désinformation. Conformité aux normes internationales  À l’ère du numérique, le nouveau Code électoral projette d’aligner les processus électoraux gabonais aux standards démocratiques internationaux. Le but est de veiller à : En définitive, si les conditions qui visent à améliorer le processus électoral sont réunies, le Gabon pourra, de ce fait, réduire de manière significative les tensions post-électorales et progresser vers une démocratie plus apaisée

TRANSPARENCE ÉLECTORALE

Les partis politiques, la société civile et les mouvements citoyens se mobilisent dans la perspective des élections avenir. La transparence électorale, pour ne citer qu’elle, est au cœur de leur préoccupation. Concept clé des élections, la transparence électorale fonde la confiance des citoyens qu’ils soient électeurs ou candidats aux élections. Le processus se base sur la capacité des observateurs électoraux à veiller au bon déroulement des scrutions et à constater les éventuels écarts à la procédure qui, des années durant, a été entachée d’irrégularités. Le Front des citoyens pour la transparence électorale (FCTE) s’engage, avec le soutien de plusieurs partenaires, et autres mouvements désireux de se joindre au processus en cours, à mettre en œuvre son plan d’action. Dans un entretien à cœur ouvert, la présidente du Front, Dr. Marie-Joselle Pélagie Itsana, décline les missions du mouvement et propose des solutions idoines pour éviter les multiples soubresauts que notre pays a vécus au cours des dernière décennies. 

LE SOUFFLE DU 30 AOÛT 2023 MOTIVATIONS D’UN PUTSCH INATTENDU

MOTIVATIONS D’UN PUTSCH INATTENDU Le coup d’État des forces de défense et de sécurité, réunies au sein du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), a marqué un tournant majeur dans l’histoire du Gabon. La rupture avec le régime Bongo qui a régné pendant plus de cinq décennies a été saluée par l’opinion, qui rêvait depuis les années 1990 d’une réelle alternance politique.   Dès l’annonce du putsch du 30 août 2023, le CTRI s’est expliqué sur ses motivations profondes. Celles-ci incluent les résultats tronqués des élections du 26 août 2023, les multiples accusations de mauvaise gouvernance, de corruption et de fraude électorale sous le précédent régime. Après l’annulation du scrutin, le CTRI a promis de réformer le système politique et électoral, de restaurer les institutions publiques et la dignité des Gabonais.es.   Le nouveau leadership militaire   Le nouveau pouvoir est incarné par le général Brice Clotaire Oligui Nguema. Il assure la présidence de la transition. Dès son arrivée au pouvoir, il s’est engagé à rompre avec le passé, malgré le scepticisme de certains observateurs sur les changements annoncés. Pour autant, le coup d’État a été accueilli favorablement.   Après des années de mécontentement face à la gestion scabreuse du régime Bongo, l’opinion gabonaise a salué l’arrivée au pouvoir des militaires. Si d’aucuns s’inquiètent de la capacité du CTRI à tenir ses promesses d’organiser une transition démocratique, d’autres, en revanche, ont foi en la construction du Gabon nouveau.   Au niveau international, le coup d’État a provoqué des réactions contrastées. Alors que certaines organisations, comme l’Union africaine (UA), ont condamné le putsch du CTRI, des pays comme la France ont appelé à une transition pacifique et rapide vers un retour à l’ordre constitutionnel.   La Constitution nationale   Le Gabon s’achemine vers l’adoption d’une nouvelle loi fondamentale qui fera l’objet d’un référendum dans les prochaines semaines. Selon le Comité constitutionnel national, le texte répond aux attentes des populations. Au-delà des dispositions politiques, afférentes notamment au retour au régime présidentiel, le document contient des éléments de continuité et de nouveauté. La nouvelle dimension de la loi fondamentale intègre :   La restauration de la dignité humaine.   La réforme institutionnelle   La réforme institutionnelle s’impose comme un passage obligé en cette période de transition, afin de doter le Gabon d’un environnement politique stable et d’institutions fiables, d’améliorer l’efficacité de la gouvernance et du système judiciaire, de combattre la corruption et d’attirer les investisseurs étrangers. Le processus devrait aboutir à l’instauration de la démocratie pluraliste et d’un État de droit.   L’alternance politique   Pendant que certains compatriotes exhortent le président de la transition à se présenter à l’élection présidentielle de 2025, des voix s’élèvent dans l’opinion pour exiger le respect des engagements pris par les autorités de transférer le pouvoir aux civils.   La relance de l’économie    Le CTRI a pour ambition de diversifier l’économie nationale. Au-delà du bois, des mines et du pétrole, il entend développer les autres secteurs de l’économie, notamment l’agriculture, l’énergie, le numérique, la pêche et le tourisme. Cependant, le Gabon fait face à des défis majeurs, en particulier la réduction des inégalités, le paiement de la dette et le regain de confiance des investisseurs étrangers.   L’appareil militaire    Garant de l’intégrité territoriale, défenseur des intérêts vitaux de la Nation, l’appareil militaire est en cours de restructuration. Le processus intègre la revitalisation complète des forces de défense et de sécurité (FDS), la revalorisation du statut des militaires basée sur l’actualisation des textes législatifs et l’amélioration notable des conditions de vie et de travail.   Une nouvelle page d’histoire   La transition ouvre une nouvelle ère placée sous le sceau du renouveau, de la reconstruction nationale et de la restauration de la dignité des Gabonais.es. La réussite du Gabon nouveau dépendra largement de la capacité de ses dirigeants à répondre aux attentes du peuple et à conduire les réformes promises, tout en maintenant la stabilité et la solidarité.     Annie Mapangou

TRANSITION : UNE FENÊTRE DE TOUTES LES ESPÉRANCES… MAIS AUSSI DE TOUTES LES CRAINTES…

TRANSITION : UNE FENÊTRE DE TOUTES LES ESPÉRANCES… MAIS AUSSI DE TOUTES LES CRAINTES… Les coups d’Ėtat, quoique banals dans certains pays africains, sont des moments inédits dans d’autres. C’est précisément le cas du Gabon qui, dans la nuit du 29 au 30 août 2023, a connu un coup d’Ėtat aussi improbable qu’imprévisible tant le pays dirigé d’une main de fer depuis cinquante-six ans par la famille Bongo (1967-2023), donnait l’impression d’être une forteresse immobile et inamovible qu’aucune élection, toutes truquées depuis le rétablissement du multipartisme en 1990, ne semblait ébranler. Et pourtant, le régime Ali Bongo, forgé dans le putsch électoral de 2009, avait fini par se convaincre que le cycle macabre tripatouillage des résultats électoraux-répressions féroces des contestations populaires était l’unique moyen de conserver et de perpétuer un système pouvoiriste n’offrant aucune perspective de développement à la population. Ainsi, après l’effondrement inattendu de ce système que d’aucuns qualifiaient d’indestructible, le pays dirigé par le général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguema s’est engagé le 4 septembre 2023 dans une transition politique, ouvrant ainsi la voie à un nouveau chapitre de son histoire. Il faut rappeler que le coup d’Ėtat de la nuit du 29 au 30 août 2023 intervient au moment où le peuple gabonais attendait avec un peu d’espérance et beaucoup d’inquiétudes les résultats des élections générales du 26 août (présidentielle, législatives et locales). Car tout le monde craignait qu’Ali Bongo, affaibli par un accident vasculaire cérébral en octobre 2018, soit de nouveau déclaré vainqueur d’un scrutin truqué comme en 2009 et en 2016. Avec en prime des dizaines de morts, des centaines d’arrestations et de blessés. Mais le « Coup de la libération » est passé par là, surprenant tout le monde et marquant de façon spectaculaire la fin du règne de la dynastie Bongo sans la moindre effusion de sang. Dès lors, les militaires organisés autour du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) ont engagé le Gabon dans une transition politique de deux ans avec en perspective un retour à l’ordre constitutionnel à l’issue d’une élection présidentielle libre et transparente marquant le transfert du pouvoir aux civils. Ce scénario décliné lors de la prestation de serment du président de la transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, le 4 septembre 2023, a ouvert la voie à toutes les espérances d’un changement et d’une véritable alternance démocratique au Gabon. Entre tentation du pouvoir et pouvoir de la tentation, le général devrait choisir sa voie. Tandis que le peuple, lui, pourrait bien avoir à faire le choix difficile entre un homme fort (le président libérateur) et des institutions fortes dont le pays a cruellement besoin depuis des décennies. Néanmoins, à l’épreuve des faits, après une année de transition dominée par des projets de réformes institutionnelles avec la tenue en fin d’année du référendum sur la nouvelle Constitution et de grandes avancées sur le développement des infrastructures, la prochaine élection présidentielle, prévue en août 2025, pourrait bien ternir ce tableau. Et pour cause, entre les manœuvres politiques de certains acteurs des institutions de la transition appelant à la candidature du président Oligui Nguema et le respect des engagements pris par lui de restituer le pouvoir aux civils, un fossé se creuse désormais. Si, pour l’heure, le président  de la transition ne s’est pas encore déclaré candidat à la prochaine élection présidentielle, beaucoup d’observateurs avisés craignent néanmoins que cette candidature éventuelle opportunément permise par la Charte de la transition, promulguée au lendemain du coup d’État, ne vienne remettre en cause les acquis et espérances d’un retour à l’ordre constitutionnel engrangés jusqu’à présent. Quoi qu’il en soit, en Afrique subsaharienne aujourd’hui, les élections truquées et les transitions politiques post coup d’État militaire sont encore loin d’offrir toutes les garanties d’une alternance politique démocratique. Sentiment Ondo Elibiyo

RECONSTRUIRE LE GABON : LE DÉFI DE LA TRANSITION

RECONSTRUIRE LE GABON : LE DÉFI DE LA TRANSITION Monument de la Libération : inauguré le 30 août 2024, à l’occasion de l’an 1 du coup d’État du CTRI «Construisons ensemble notre pays. Cette construction ne concerne pas exclusivement les infrastructures. Il s’agit, pour moi, d’envisager quelque chose de plus grand et de plus profond que les routes et les bâtiments… » Brice Clotaire Oligui Nguema, président de la transition. Construire est une œuvre de longue haleine. Cette assertion peut s’appliquer au projet de restauration du Gabon où le cours de l’histoire a pris un nouveau tournant le 30 août 2023. Depuis ce jour mémorable, les autorités de la Transition ont engagé le Gabon sur la voie de la reconstruction nationale qui s’annonce tout aussi, voire plus titanesque que les ruines héritées du précédent régime.    Afin de relever ce défi, l’État s’est doté d’un Plan national de développement de la transition (PNDT) évalué à 4 600 milliards de francs CFA. Cette somme sera investie dans 293 projets au cours de la période 2024-2026. Ces projets s’inscrivent dans le cadre de la lutte contre la pauvreté et en faveur de l’amélioration effective des conditions de vie des couches sociales démunies, l’objectif étant de promouvoir la dignité des Gabonais.es à travers, entres autres :   L’accès à l’éducation, aux soins de santé, au logement et à des emplois sécurisés et de qualité pour tous.  La fourniture pérenne d’eau et d’électricité. Le développement des infrastructures y compris la réhabilitation/construction de bâtiments administratifs, du réseau routier et de voiries urbaines. L’exploitation des gisements de fer de Belinga et de Baniaka. Le développement de l’industrie du bois.   Au-delà du bois, des mines et du pétrole, l’État entend développer les autres secteurs de l’économie nationale (agriculture, énergie, numérique, pêche, tourisme). Par ailleurs, pour répondre aux besoins les plus urgents des 9 provinces du pays, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a annoncé « la mise à disposition d’une enveloppe de 63 milliards francs CFA afin de leur permettre de s’autonomiser et de relancer leurs activités. »    Dans le domaine de la santé, 5 pôles de spécialités d’excellence sont en construction, respectivement dans l’Estuaire, l’Ogooué-Maritime, le Moyen-Ogooué, le Haut Ogooué et le Woleu-Ntem.    À un autre niveau, l’accès au logement s’améliore progressivement avec la mise à disposition des 500 parcelles à Igoumié dans la commune d’Owendo, dans la banlieu-sud de Libreville.   Fruit d’un partenariat public-privé, cette opération devrait se poursuivre «avec la mise en exploitation de 40 hectares en plus, pour 800 parcelles de 500 m² viabilisés avec titres fonciers et la construction de 1 900 logements sociaux de 2 et 3 chambres pour les fonctionnaires, en suivant le modèle conçu pour les militaires où la prime de logement mensuelle constituera l’hypothèque permettant de financer l’acquisition du logement. »   Construire un pays est une œuvre de longue haleine. Nul à lui seul ne peut relever ce défi, d’où les appels à la solidarité du président de la transition lors de la tournée républicaine et à l’occasion de l’an 64 de l’indépendance nationale.     « Nous allons changer ce pays et le reconstruire. Si d’autres militaires l’ont fait avant nous, Rawlings au Ghana, Al-Sissi en Égypte, le président Kagame au Rwanda, nous sommes capables de le faire ici. »   Au-delà de la construction des infrastructures, le général Oligui Nguema « entend faire émerger un nouveau type de Gabonais en formatant les mauvaises mentalités. »   La mise en place « d’un cadre législatif solide basé sur des lois fortes, la restauration des institutions, qui commande l’intérêt supérieur de la Nation, et la future Constitution nationale sont une opportunité pour reconstruire le Gabon et instaurer un véritable État de droit qui, bien plus qu’un simple concept pour le CTRI, est l’idéal de démocratie auquel nous devons tous aspirer. »   « L’État de droit garantit notre liberté et notre justice en assurant à chaque Gabonais, quel qu’il soit, la possibilité de s’exprimer librement et de vivre dignement.  Car, il n’y a pas de démocratie sans liberté d’expression, mais également sans respect de la loi. »      Flavienne L. Issembè

À LA CROISÉE DES CHEMINS

À LA CROISÉE DES CHEMINS Scène surréaliste et inédite que celle du communiqué largement diffusé le mercredi 30 août 2023, qui fera date dans l’histoire du Gabon. Que d’échanges téléphoniques au sein du cercle familial et entre amis pour se convaincre de la véracité de cette déclaration d’un officier de l’armée ! Beaucoup demeurant incrédules, dubitatifs quant à cet événement dont nous ne pouvons pleinement mesurer la portée à l’aune d’une année. Un régime réputé inamovible aux mains d’une famille qui a présidé pendant plus d’un demi siècle aux destinées d’une nation. Cinquante-six ans très exactement ! L’enfant qui avait donc 8 ans en 1967, année au cours de laquelle Albert Bernard Bongo prend le pouvoir, en avait 64 en 2023.    Nous pouvons donc comprendre le paroxysme des émotions ayant poussé certains à fondre en larmes, se remémorant probablement les tourments, les souffrances indélébiles qu’eux-mêmes ou certains de leurs proches ont eu à subir. D’autres ne sont, hélas, plus là pour vivre ce moment de ferveur durant les semaines qui ont suivi.   En faisant abstraction de toute analyse partisane des nombreux laudateurs, de la liesse populaire, Brice Clotaire Oligui Nguema, l’homme providentiel du 30 août, peut-il répondre aux multiples attentes sociales de ses compatriotes, à la reconstruction, à la restauration des multiples infrastructures, à la cherté de la vie, au chômage endémique. Tels sont les chantiers, non exhaustifs, auxquels il doit s’atteler. Libreville, du moins sur le front de mer depuis l’aéroport, est une façade qui n’est, hélas, pas à l’image de l’hinterland. Port-Gentil, la capitale économique, qui a apporté tant au Gabon grâce à l’or noir, est dans un état de délabrement inimaginable pour une si petite ville. Le président pourra-t-il tenir les engagements pris, tant ils sont multiformes ? Les Gabonais ont applaudi certaines mesures relatives notamment au rétablissement des bourses au secondaire, après une suspension de sept ans, ainsi que la mise à disposition de milliers de postes budgétaires, sans oublier la revalorisation des pensions retraites. Un certain nombre de signes visibles, tant sur le plan économique que sur le plan financier, sont perceptibles. Prenons le cas de l’amélioration des recettes douanières et fiscales au cours des cinq premiers mois qui ont suivi le coup d’État.   Les données publiées par le ministère de l’Économie et des Participations le 17 novembre 2023 laissent entrevoir de belles performances des recettes budgétaires, notamment douanières. Les projections évoquaient 27,68 milliards de francs CFA. En définitive, ce sont 44,85 milliards qui ont été engrangés. La ville de Bitam, à elle seule, a enregistré 265,2 millions de francs CFA de recettes douanières en janvier 2024 contre 26,7 millions en janvier 2023. Ce résultat a été rendu possible grâce au logiciel « Sydonia World »  qui prévient tout risque de fraude.   Il est à noter également un regain de confiance des bailleurs de fonds, nommément la Banque africaine de développement et la Banque Mondiale, à l’égard du Gabon, qui devrait par ailleurs apurer, dans les délais prescrits, la dette accumulée par les administrations précédentes. Concernant la vie chère, les mesures du gouvernement, par le biais de subventions, ont porté prioritairement sur les produits alimentaires (huile, cuisses de poulet) et les matériaux de construction (ciment, fer à béton). Cette initiative traduit la détermination des autorités à maintenir des coûts abordables pour la plupart des ménages.   Dans l’éventail des réalisations susmentionnées, le CTRI ne peut faire abstraction d’une dure réalité : celle de la dette nationale qui s’élève à 7 100 milliards de francs CFA. Le coût global des axes stratégiques prioritaires est de 3 021 milliards. Il faudrait donc que les autorités puissent à la fois répondre aux besoins sociaux, aux indispensables infrastructures de développement tout en assainissant les finances publiques   De plus, les exportations de notre pétrole représentent toujours plus de 50% du prduit intérieur brut (PIB). Qu’adviendrait-il si le prix du baril s’effondre non seulement en termes d’investissement mais surtout de paiement  de la dette ?   S’il est indéniable que des mesures urgentes ont été prises depuis près d’un an par les autorités de la transition, la tournée républicaine a permis au chef de l’État d’être en contact avec ses concitoyens, de mesurer l’état réel de dénuement de certaines localités de l’arrière-pays et de mettre à disposition de celles-ci, sans exclusive, des montants substantiels à la hauteur de leurs besoins réels afin de parer au plus urgent.   Un contrôle rigoureux de ces financements s’impose afin d’éviter les travers d’un temps pas si lointain. Toutefois, si ces initiatives ne relancent pas l’emploi, ne diversifient pas l’économie, n’assurent pas un réel mieux-être, tous ces efforts porteront un coup rude au crédit de confiance à l’égard des autorités de la transition.   Une répartition équitable des fruits d’une éventuelle croissance est indispensable. Enfin, il est une question qui ne peut être éludée, c’est celle du référendum sur la nouvelle Constitution nationale qui divise les Gabonais. Il est indéniable que tous les citoyens doivent être pleinement imprégnés du contenu et des contours du référendum. La campagne d’information et de sensibilisation en cours tombe à point nommé.   Adia Renomiè

L’IUSO OU LA MÉTAMORPHOSE DE L’ENFANT PRODIGUE

L’IUSO OU LA MÉTAMORPHOSE DE L’ENFANT PRODIGUE Depuis une trentaine d’années, l’Institut universitaire des sciences de l’organisation (IUSO), anciennement Ecole nationale supérieure de secrétariat (ENSS), participe à la formation de la jeunesse gabonaise. En devenant l’IUSO, l’ENSS a étoffé son offre de formation. Elle associe sa formation de base, celle de secrétaire (assistante) de direction qui était l’unique formation à la création de l’établissement, à d’autres enseignements liés aux sciences de l’organisation.   Etudiant en master 2 de communication publique et politique, Benjamin Ndong Allogho n’a pas de crainte quant à sa formation et à la possibilité de trouver un emploi : « J’ai été admis à l’IUSO en 2017. Les enseigne- ments reçus me rendent apte à postuler pour un emploi. Je connais d’anciens étudiants qui ont été recrutés par des entreprises après l’obtention de leur DUT à l’IUSO.» L’établissement a, en effet, vocation à mettre sur le marché de l’emploi des produits prêts à relever les défis du monde professionnel.   Daryl Nguema Mbega, étudiant en fin cycle en métier du droit, confirme la bonne réputation de l’IUSO auprès des employeurs : « Ces années passées à l’IUSO m’ont été profitables. J’encourage les futurs bacheliers à passer le concours de cet institut. La qualité des formations dispen- sées au sein de notre Institut m’a permis de trouver un emploi. »   Cependant, les difficultés et les critiques ne manquent pas. L’œuvre de l’IUSO ne saurait être parfaite. Etudiante en master 2 de communication d’entreprise, Rollande en témoigne : « Durant mon année de licence, j’étais en stage dans un cabinet. Le responsable évoquait le faible niveau des étudiants provenant de l’IUSO. »   Nadidjata Moutsinga Ngamagate, étudiante en master 1 de gestion des Entreprises et des organisations, déplore les conditions d’apprentissage. « J’ai obtenu le concours de l’IUSO en 2019-2020. Malgré les efforts fournis en termes de contenu de cours et de professionnalisation des filières de formation, certains aspects sont moins glorieux, tels que les conditions d’apprentissage dénon- cées par les étudiants. En outre, ce qui me gêne dans les salles de classe c’est la chaleur. Elles ne sont pas climatisées. »   Pour Nadine, étudiante en deuxième année de DUT, « les conditions d’apprentissages ne sont pas fameuses mais on s’adapte». L’adéquation de l’IUSO au système éducatif gabonais   Les offres de formation proposées par l’IUSO sont, pour la majorité, en phase avec l’évolution du système éducatif gabonais. Pour autant, des questions se posent. Les offres de formation sont-elles adaptées au marché de l’emploi ou répondent-elles aux besoins des entreprises ?   Selon Aristide Edzegue, « la place qu’occupe l’Institut dans le système éducatif national est la première dans le domaine des sciences au Gabon. Nous avons un taux d’insertion de 40% des étudiants qui arrivent à trouver du travail dans les deux années qui suivent l’obtention de leurs diplômes. » Ces résultats sont à mettre au crédit du travail colossal de l’administration et du corps professoral.   Professeur en gestion de projets, M. Effaga confirme : « L’IUSO favorise l’insertion professionnelle. » Il admet néanmoins que « le système éducatif gabonais recouvre des imperfections dans la mesure où il est trop porté vers l’enseignement général. »   Dans un monde en perpétuelle évolution et tourné vers la valorisation des formations professionnelles, le système éducatif gabonais devrait redoubler d’imagination afin de rendre nos grandes écoles et universités compétitives. L’IUSO est un exemple en termes dans le domaine.   Eric Ozwald

AGISSONS AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD

AGISSONS AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD « L’école est en crise, le chômage augmente et le futur paraît de plus en plus incertain. » Progressivement, les droits à l’instruction scolaire et au travail perdent de leur valeur, alors même qu’ils contribuent au développement national à travers l’amélioration de la santé, la réduction de la pauvreté, la promotion de l’égalité des sexes, la paix et la stabilité sociale.» Agissons avant qu’il ne soit trop tard. Orientons mieux nos apprenants dans des filières qui vont leur permettre de devenir ce qu’ils souhaitent et d’éviter le chômage. La responsabilité de l’Etat et des parents est ainsi engagée. Elle est d’ailleurs énoncée à l’article premier de la Constitution, respectivement en ses alinéas 16,17 et 18. « Les soins à donner aux enfants et leur éducation constituent pour les parents un droit naturel et un devoir qu’ils exercent sous la surveillance et avec lʼaide de lʼÉtat et des collectivités publiques…»   « La protection de la jeunesse contre lʼexploitation et contre lʼabandon moral, intellectuel et physique est une obligation pour lʼÉtat et les collectivités publiques. » « LʼEtat garantit lʼégal accès de lʼenfant et de lʼadulte à lʼinstruction, à la formation professionnelle et à la culture. »   Agissons avant quʼil ne soit trop tard. Orientons mieux nos apprenants dans des filières qui vont leur permettre de devenir ce quʼils souhaitent et dʼéviter le chômage. La responsabilité de lʼEtat et des parents est ainsi engagée. Elle est dʼailleurs énoncée à lʼarticle premier de la Constitution, respectivement en ses alinéas 16,17 et 18. « Les soins à donner aux enfants et leur éducation constituent pour les parents un droit naturel et un devoir quʼils exercent sous la surveillance et avec lʼaide de lʼÉtat et des collectivités publiques…»   « La protection de la jeunesse contre lʼexploitation et contre lʼabandon moral, intellectuel et physique est une obligation pour lʼÉtat et les collectivités publiques. » « LʼEtat garantit lʼégal accès de lʼenfant et de lʼadulte à lʼinstruction, à la formation professionnelle et à la culture. »   Chaque Gabonais a également des obligations. Comme le stipule lʼalinéa 7 de lʼarticle précité, « chaque citoyen a le devoir de travailler et le droit dʼobtenir un emploi. Nul ne peut être lésé dans son travail en raison de ses origines, de son sexe, de sa race, de ses opinions».   Afin de mener à bien ce processus, lʼEtat se doit dʼaméliorer les conditions de vie de ses citoyens à travers des politiques actives qui peuvent faciliter la scolarisation, le recrutement et la rétention des jeunes au niveau national, lʼobjectif étant de freiner la fuite des cerveaux.   Le corps enseignant a, quant à lui, le devoir de sensibiliser les apprenants aux différentes formations et aux débouchés après le bac. En outre, les établissements scolaires devraient nouer des partenariats avec des entreprises accessibles aux étudiants afin de les aider à mieux sʼorienter, de limiter le taux de chômage et dʼouvrir des centres de formation aux métiers dʼavenir.   En tant que première autorité, les parents devraient être à leur écoute, suivre leur scolarité et les aider à bien sʼorienter. Le moindre manquement pourrait contribuer à la démotivation de lʼenfant, au décrochage scolaire et aux mauvais choix en matière dʼemploi.   Bien souvent, des parents misent sur des écoles supérieures de formation professionnelle de la capitale en dépit des frais exorbitants d’inscription et d’écolage ou optent pour des études littéraires au détriment des filières techniques ou scientifiques. Mais ont-ils vraiment le choix face aux multiples crises, y compris les grèves qui minent le système éducatif gabonais ?   En dépit des efforts consentis par les parents, une grande majorité de jeunes se retrouve perdue ou dans un engrenage sans issue. Le manque dʼentreprises n’arrange rien au chômage dʼautant que la demande est supérieure à lʼoffre dʼemplois. Pire, combien de jeunes fraîchement diplômés se voient refuser un emploi au profit des étrangers ?   LʼEtat gagnerait à traduire dans les faits sa politique en matière dʼéducation et dʼemploi, fondée sur la bonne gouvernance, la mobilisation substantielle couplée à la gestion rationnelle et la décentralisation effective des ressources. Il devrait également sʼassurer que les informations afférentes aux filières dʼétudes et dʼemplois parviennent respectivement aux apprenants et aux employés.     Lyra Moviwa