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QUI SOMMES-NOUS ?

« Vivre », votre magazine trimestriel sur les droits humains au Gabon, est disponible en ligne. Cette publication didactique, pratique et factuelle traite exclusivement, en toute clarté, impartialité et rigueur, et avec l’appui d’analyses de professionnels du droit, de l’ensemble des droits humains. Ce dispositif inclut les droits sociaux, économiques, culturels, civils, politiques et collectifs. À cet égard, votre magazine entend vous édifier sur les événements, les avancées et l’évolution des droits humains et des lois promulguées en République gabonaise. Nous prodiguons également des conseils pratiques sur les limites à ne pas franchir dans la jouissance de vos droits. Nul, en effet, ne peut en user s’il ne respecte ses devoirs vis-à-vis d’autrui. « Vivre » est né de la volonté d’une équipe de journaliste et de juriste qui a à coeur de vous informer dans les règles de l’art, de collecter des informations fiables et de faire de votre magazine une référence en matière d’information, de communication, de promotion des droits humains et leurs valeurs. Au sommaire de cette première édition nous nous penchons sur la Déclaration universelle des droits de l’Homme (DUDH), le droit à la santé et au travail, la violence domestique sous toutes ses formes, qu’elle soit physique, sexuelle, psychologique ou économique. Pour accéder à votre magazine, connectez-vous dès à présent via le lien https://magazine-vivre.com/wp/

MALADIES CARDIO-VASCULAIRES

La flambée des addictions dans la population gabonaise laisse entrevoir une augmentation des affections cardio-vasculaires, notamment chez les jeunes et les femmes qui s’y adonnent de plus en plus. Dr Christelle P. Akagha Kondé, cardiologue à l’Institut des maladies infectieuses Professeur Daniel Gahouma d’Owendo, dresse un état des lieux qui appelle à agir au plus vite. « Vivre » – Dr Akagha Kondé, quelles sont les maladies cardio-vasculaires causées par l’alcool, le tabac et la drogue, et comment affectent-elles le bien-être ? Dr Akagha Kondé – Les maladies cardio-vasculaires désignent, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), un ensemble de pathologies touchant le système cardio-vasculaire, constitué du cœur et des vaisseaux sanguins. Elles représentent la première cause de décès et de handicap dans le monde. Le système cardio-vasculaire sert à alimenter l’ensemble des organes du corps humain. En cas d’atteinte de l’un de ces deux éléments, il y aura, par exemple, des répercussions sur : La qualité de vie de la personne concernée s’en trouvera ainsi altérée. Docteur Akagha Kondé, comment le tabac, l’alcool et la drogue affectent-ils la santé cardio-vasculaire ? Au nombre des facteurs de risque comportementaux des maladies cardio-vasculaires figurent une mauvaise alimentation, le manque d’exercice physique, la consommation de tabac et l’usage nocif de l’alcool. Il est démontré par la communauté scientifique, et malheureusement pas bien perçu par les populations, que le tabagisme est un facteur de risque cardio-vasculaire majeur. Le tabagisme entraîne la formation de plaques d’athérome à l’intérieur des artères. Ces plaques vont rétrécir voire boucher complètement les artères. En fonction de la région concernée, il se produira une atteinte de différents organes : au niveau du cerveau, il y a l’accident vasculaire cérébral (AVC) et au niveau du cœur, l’infarctus du myocarde, pour ne citer que ces deux-là. Les effets néfastes du tabac sur la santé sont présents quelle que soit la dose. Ils sont plus importants en fonction de la quantité et la durée du tabagisme, qui peut être actif (concernant le fumeur lui-même) ou passif (concernant celui qui vit dans un environnement de fumeurs). D’où l’importance de la création d’espaces non-fumeurs dans les lieux publics. S’il est clair que la consommation de tabac est nocive pour la santé, la consommation modérée d’alcool a longtemps été considérée comme saine. Des études récentes n’ont pas pu démontrer les facteurs de protection de celle-ci. Cet avis médical sur le rôle protecteur de l’alcool tend à disparaître. Une consommation excessive d’alcool augmente la pression artérielle et la fréquence cardiaque. L’alcool favorise le surpoids et le stockage des graisses au niveau de l’abdomen, tous deux facteurs de risque cardio-vasculaire. La drogue, pour sa part, augmente le risque de troubles du rythme cardiaque : le cœur va battre de façon irrégulière et rapide. Un malaise qui sera bien perçu par la personne. Quelles sont les maladies cardio-vasculaires liées à la consommation d’alcool, de tabac et de drogue ? Comme nous l’avons dit plus haut, toutes ces addictions peuvent être à l’origine des maladies cardio-vasculaires, notamment au niveau : La flambée de ces addictions dans la population gabonaise en général et chez les jeunes en particulier laisse envisager une augmentation des maladies cardio-vasculaires chez les jeunes et les femmes qui s’y adonnent de plus en plus. Combien de patients souffrant de maladies cardio-vasculaires liées à l’alcool, au tabac et à la drogue recevez-vous par mois et quelle est l’ampleur des dégâts causés par ces substances, en particulier chez les populations pauvres ? L’alcool est incriminé dans près de 44,7 % des accidents vasculaires cérébraux hémorragiques reçus au Centre hospitalier universitaire de Libreville. Nous suivons de nombreux patients atteints de cardiopathie et présentant une addiction, surtout à l’alcool. La caractéristique principale est le retard de consultation, ces patients arrivant à un stade très évolué de la maladie. Mais en l’état actuel des choses, nous ne disposons pas de statistiques locales nous permettant d’attribuer à l’alcool ou à la drogue l’origine d’une atteinte cardiaque. C’est l’occasion pour nous de susciter ce type d’études. Quelles sont les raisons que vos patients avancent pour expliquer leur addiction ? Pour expliquer leur addiction, certains évoquent le chômage et la pauvreté. Pour d’autres il s’agit simplement d’une habitude qu’ils ont acquise depuis leur jeune âge et dont ils ont du mal à se défaire. La poursuite de l’information et de l’éducation des populations sur les dangers de ces addictions à l’hôpital, à travers les médias et par le biais des associations, pourrait contribuer à modifier le mode de vie de ces personnes. Comment accompagnez-vous les patients atteints de maladies cardio-vasculaires liées aux addictions ? D’une manière générale, nous sensibilisons les patients et discutons avec eux de la nécessité de se défaire de ces addictions. Nous les orientons vers les personnes qui peuvent leur apporter un soutien. Nous collaborons avec les psychologues et les psychiatres dans ce sens. Il est vrai que dans notre milieu, les patients ont une idée négative de la consultation de psychologie. Notre travail consiste dans un premier temps à leur faire comprendre et accepter l’utilité de cette démarche. La santé cardio-vasculaire rime avec l’hygiène de vie. Quels conseils donnez-vous à vos patients et au public en général en matière d’hygiène de vie ? L’hygiène de vie désigne le choix fait par une personne de respecter certaines pratiques qui visent à préserver ou à favoriser la santé. Dans ce domaine, nous conseillons à nos patients et à la population en général d’arrêter le tabac, de ne pas prendre de drogue et d’éviter l’usage nocif de l’alcool. Nous suggérons également de réduire la quantité de sel dans l’alimentation, de manger beaucoup de légumes et suffisamment de fruits, de poisson, de boire suffisamment d’eau de pratiquer une activité physique régulière (si possible, faire au moins 30 minutes de marche rapide chaque jour) et d’éviter les sodas. Il est tout aussi important de trouver du temps pour un sommeil réparateur. Toutes ces mesures aideront à réduire le risque de maladies cardio-vasculaires. Comment travaillez-vous avec vos patients pour qu’ils adoptent un mode de vie sain ? MALADIES CARDIO-VASCULAIRES

ILS ONT DIT

« Si vous voulez voir le développement d’un pays, ne regardez pas les bâtiments. Regardez les conditions de détention des prisonniers. » Anonyme « Un État ne peut se développer sans le respect des droits de l’Homme. Le Gabon a ratifié les textes internationaux qui mettent en avant le respect des droits de l’Homme. Nous devons respecter cet engagement. » Lionel Ella Engonga – Président de l’Association SOS Prisonniers « Vous êtes fille-mère, vous êtes des femmes fortes, des femmes braves. N’ayez pas honte d’être fille-mère. Au contraire, venez vers l’Association AFI.M.MO afin que nous puissions, ensemble, nous battre et trouver des solutions pour que chaque enfant né d’une fille-mère soit scolarisé en 2026. » Patricia Bruant Kessany – Présidente de l’Association des Filles-Mères du Moyen Ogooué « Les hommes, en tant qu’acteurs influents, ont un rôle fondamental à jouer dans la dénonciation des violences sexistes, dans la promotion de comportements respectueux et égalitaires, et dans la collaboration avec les femmes pour bâtir un avenir de paix, de solidarité et d’égalité… » Pasteur Gaspard Obiang « L’État gabonais pourrait équilibrer ses ressources afin de donner les moyens aux institutions juridiques qui reçoivent les victimes des violences conjugales pour une prise en charge à travers, par exemple, la gratuité des soins, des examens et des consultations des victimes. » Capitaine Kanga Moulamba – Officier de Police Judiciaire

MÉDIAS ET DROITS HUMAINS

Au Gabon, les droits humains demeurent un enjeu majeur pour la société et les institutions. À cet égard, la presse en, tant qu’acteur incontournable de l’information et la sensibilisation, a la responsabilité de faire progresser la conscience citoyenne et de contribuer à l’édification d’une société plus juste et inclusive. Qu’elle soit écrite, audiovisuelle ou numérique, la presse joue un rôle de vigie en mettant en lumière les violations, en donnant la parole aux victimes et en interpellant les autorités. Elle devient ainsi un relais essentiel entre les organisations de défense des droits humains et l’opinion publique. Dans un pays où les débats sur la gouvernance, la justice sociale et l’égalité restent sensibles, les médias offrent une plateforme de dialogue et de plaidoyer. Cependant, ce rôle se heurte à plusieurs défis. La désinformation et la prolifération des contenus non vérifiés fragilisent la confiance du public. Les pressions politiques et économiques peuvent limiter la liberté éditoriale et pousser certains organes à l’autocensure. À cela s’ajoute la fracture numérique, qui prive une partie de la population, notamment en zones rurales, d’un accès régulier à l’information. Outre ces contraintes, des obstacles d’ordre institutionnel et structurel freinent la marche vers une presse libre et indépendante. De l’ambiguïté du cadre législatif Le Code de la communication de 2016, bien qu’ayant supprimé les peines privatives de liberté pour les délits de presse, contient des dispositions floues qui exposent les journalistes à des risques juridiques imprévisibles. Manque d’indépendance de l’organe de régulation des médias La Haute Autorité de la Communication (HAC) est critiquée en raison notamment de son mode de nomination qui est contrôlé par le pouvoir exécutif. Son président peut sanctionner un média sans consulter les autres membres, ce qui soulève des inquiétudes quant à l’équité de ses décisions. Accès limité aux sources officielles Les journalistes, en particulier ceux des médias indépendants, rencontrent des difficultés pour accéder aux informations gouvernementales. Cet obstacle entrave leur capacité à informer le public de manière complète et précise. Intimidations et pressions Des cas de convocations de journalistes par les services de sécurité sur la base du Code pénal ont été rapportés, créant un climat de peur et d’autocensure au sein de la profession. Malgré ces obstacles, les médias gabonais disposent d’opportunités inédites. Les réseaux sociaux et les plateformes digitales permettent de toucher la jeunesse, de vulgariser des notions complexes et de mobiliser autour de campagnes citoyennes. Les radios communautaires, quant à elles, restent des vecteurs puissants de sensibilisation des populations y compris celles vivant dans les régions éloignées. Ainsi, la presse gabonaise est appelée à renforcer son rôle pédagogique et critique, en s’appuyant sur des formats innovants et une rigueur professionnelle accrue. Car au-delà de l’actualité, il s’agit de construire une culture des droits humains, où chaque citoyen se sent informé, responsabilisé et engagé. D’où l’existence de programmes qui abordent les questions sociales liées à la défense et à la sensibilisation aux droits humains. « La Parole aux éditeurs », animée par Falonne Bessagholi sur Radio Gabon, mérite une attention particulière. Cette émission, qui gagnerait à être portée sur grand écran, s’impose comme un véritable espace citoyen. Elle donne la parole à tous les Gabonais, qu’ils soient au pays ou à l’étranger, pour débattre des sujets d’actualité, en particulier ceux qui touchent aux problèmes sociaux et aux droits fondamentaux. Au-delà de son format radiophonique, « La Parole aux éditeurs » incarne une démarche inclusive et participative. En ouvrant le micro aux citoyens ordinaires, elle brise le monopole des voix institutionnelles et permet une diversité d’opinions rarement entendues dans le paysage médiatique. Cette pluralité contribue à renforcer la conscience collective et à rapprocher les débats des réalités vécues par les populations. Dans un contexte où la sensibilisation aux droits humains reste un défi, ce type d’émission joue un rôle pédagogique essentiel. Elle vulgarise des notions complexes, encourage le dialogue et favorise l’émergence d’une culture de responsabilité citoyenne. Le paysage médiatique gabonais gagnerait à multiplier ce genre d’initiatives, capables de relier information, participation et engagement social, afin de consolider le rôle des médias comme piliers de la démocratie et de la justice sociale. Dans la même dynamique, l’ONG Brainforest, en partenariat avec Human Rights Foundation, a publié un guide intitulé « Gabon, tes droits. » Cet ouvrage constitue une ressource précieuse pour les citoyens, car il informe, explique et vulgarise les droits fondamentaux en République gabonaise. Accessible et pédagogique, ce guide illustre la manière dont les médias et les acteurs de la société civile peuvent collaborer pour renforcer la culture des droits humains. Il démontre que l’éditorial et la communication peuvent devenir des outils de sensibilisation puissants, capables de toucher un large public et de favoriser une meilleure compréhension des enjeux citoyens. Par ailleurs, le paysage médiatique compte depuis mars 2023 le magazine en ligne « Vivre » sur les droits humains au Gabon qui consacre l’essentiel de ses colonnes à des informations factuelles, didactiques et des conseils pratiques, le but étant d’aider le public à connaitre, s’approprier et défendre ses droits. Des sujets d’actualité y ont également leur place. « Vivre » est né de la volonté d’une équipe de journalistes qui travaille avec l’appui de professionnels issus de divers domaines (défenseurs des droits humains, juristes, enseignants, médecins, économistes, politologues, sociologues, anthropologues…). Leur analyse et leurs conseils sont d’un apport inestimable. Les médias et les droits humains sont intimement liés. Le défi est immense : il ne s’agit pas seulement de relayer des informations, mais de construire une véritable pédagogie des droits humains, adaptée aux réalités locales et accessible à tous. Les initiatives menées en ce sens par des institutions comme l’UNICEF ou des ONG locales montrent que des avancées sont possibles. Mais pour que l’impact soit réel, il faut une volonté collective, une stratégie cohérente et une implication continue et soutenue des médias dans la promotion des droits humains. Un paysage médiatique en mutation Le paysage médiatique gabonais a connu un essor notable dans les années 1990, porté par le renouveau démocratique. La création du Conseil national de la Communication (CNC) marquait une étape importante dans la régulation du secteur. Ses MÉDIAS ET DROITS HUMAINS

LE CHANTIER PERMANENT

Chaque être humain dispose, quelle que soit sa situation, de droits fondamentaux qui garantissent sa dignité, sa liberté, son égalité et sa sécurité. Ces droits ne sont pas des idées abstraites réservées aux juristes : ils se vivent au quotidien, dans l’accès à la justice, la liberté d’expression, le respect des procédures, la protection contre toute forme de violence ou de discrimination. Pourtant, au Gabon, comme ailleurs, leur respect reste un chantier permanent. Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme, via son bureau régional pour l’Afrique centrale, suit de près et soutient les efforts du Gabon en matière de promotion et de protection des droits humains. Sur le plan institutionnel, une nouvelle Constitution a été adoptée à l’issue du référendum du 16 novembre 2024. Les résultats ont été validés le 29 novembre par la Cour constitutionnelle et la loi fondamentale promulguée le 19 décembre. Ce texte symbolise le retour à l’ordre démocratique après une transition politique inédite. Au-delà des textes, la réalité reste contrastée. Pour ne citer qu’un exemple, l’état des lieux dans les prisons présente des risques sanitaires majeurs pour les détenus.  Le président de l’Association SOS Prisonniers, Lionel Ella Engonga, cite entre autres la surpopulation, les mauvaises conditions d’hygiène,  les détentions préventives prolongées et des cas de mauvais traitements y compris des tortures. Lors de la célébration, le 10 décembre 2025, de la Journée mondiale des droits humains, une procédure inédite a été introduite devant la Commission africaine des droits de l’Homme et des Peuples. L’affaire, portée par le Cabinet Bensimhon & Associés pour le compte d’Hervé Patrick Opiangah, met en cause l’État gabonais pour des violations présumées des droits à la dignité, à un procès équitable et à la liberté. Ce recours régional marque une avancée notable dans l’usage des mécanismes juridiques africains pour faire respecter les droits fondamentaux. Cette évolution illustre un point essentiel : comprendre ses droits ne suffit pas. Il faut aussi savoir les revendiquer, y compris par les voies juridiques nationales, régionales ou internationales. Chaque citoyen informé, qui ose faire appel à ces instruments, participe à une société plus juste. La protection des mineurs reste également une priorité. Les 11 et 12 décembre 2025, une opération conjointe a été menée dans le Grand Libreville pour identifier et protéger des dizaines d’enfants victimes d’exploitation ou de violences. Cette initiative a été prise en charge par la Direction des Affaires sociales, de la Protection de l’Enfance et de l’Assistance judiciaire (DASPEAJ) en collaboration avec le parquet de la République et des officiers de police judiciaire (OPJ). Cette action a vu la présence de la directrice Gladys Maganga Moussavou et du substitut du procureur Vanida Charline Mengue Ogandaga. Ce type d’intervention montre que signaler une violation est souvent la première étape vers une réponse sociale et judiciaire adaptée. Dans ce contexte, revendiquer ses droits implique une double responsabilité :    Se former et s’informer :  connaître la Constitution, les lois du pays, et les instruments internationaux ratifiés par le Gabon.    Agir de façon pacifique et légale : saisir les institutions compétentes, entreprendre des démarches judiciaires, ou s’appuyer sur la société civile Respecter ses droits, c’est aussi respecter ceux des autres.  La liberté d’expression, par exemple, n’est pas un privilège isolé, mais une garantie pour tous d’exister dans un climat sans peur ni discrimination.

JUSTICE ET PROTECTION SOCIALE

Le Gabon s’achemine vers l’ouverture d’un bureau d’assistance juridique pour personnes vulnérables, notamment les veuves, les orphelins et les femmes victimes de violences et économiquement faibles. Le projet a réuni en octobre 2025 dernier le ministre de la Justice, Séraphin Akure-Davain, et la ministre de la Femme, de la Famille et de la Protection de l’Enfance, Élodie Diane Foué-Foué Sandjo, entourés de leurs collaborateurs respectifs et des principaux responsables des directions et services directement concernés. Les membres du gouvernement sont revenus sur l’intérêt de repenser sinon toiletter les dispositions juridiques et légales relatives à la mise en place d’une clinique juridique en République gabonaise, de définir la qualité des membres du bureau, notamment ceux devant bénéficier d’une assistance juridique. Les participants ont également convenu de : Mettre en place un bureau dynamique d’égale partie réunissant les ministères de la Justice, de la Femme, les techniciens des impôts, les avocats, les greffiers et les huissiers de justice, entre autres. Étendre à toutes les juridictions (pénale, judiciaire, commerciale) l’assistance judiciaire aux ayants-droits. Partager aux acteurs des professions libérales, dont les avocats, la vision politique des plus hautes autorités, en vue de soutenir les personnes vulnérables aux plans social et juridique. Faire des propositions concrètes au gouvernement en vue de l’adoption d’une loi. SOURCE : Ministère de la Justice. Garde des Sceaux. Chargé des Droits Humains

VIOLENCES CONJUGALES

Au Gabon, les violences conjugales sont définies comme étant « des violences psychologiques, physiques, verbales, financières et économiques commises au sein du couple ou par un ex partenaire de vie. » Elles sont encadrées par la loi 006 du 06 septembre 2021, portant élimination des violences basées sur le genre (VBG), qui vise à protéger les victimes contre toutes sortes de violence et de discrimination en milieu familial. Aux niveaux régional et international, les textes de référence en matière de lutte contre les violences dans le couple sont : L’article 2 de la Charte africaine des droits de l’Homme et des Peuples. L’article 18 du protocole de Maputo (Mozambique). L’article 3 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme. « Vivre » – Madame Kanga Moulamba, vous êtes officier de police judiciaire. Quel point faites-vous du cadre légal sur les violences conjugales: Est-il suffisant et quels en sont les forces et faiblesses?  Kanga Moulamba – Pour ma part je dirais oui et non. Oui parce que nous constatons que les mécanismes de protection établis pour protéger les victimes de violences conjugales produisent des effets spécifiques dès qu’ils sont portés à la connaissance du citoyen sans dépendre d’un texte réglementaire pour être applicable. Je dirai Non parce qu’il y a un manque de vulgarisation de la lutte contre les violences conjugales depuis 2021. La plupart des victimes de violences conjugales ne connaissent pas l’existence des lois et mesures établies pour les protéger de leurs bourreaux. Quels sont les obstacles réguliers qui empêchent les victimes d’obtenir justice ? Les obstacles réguliers qui empêchent les victimes d’obtenir justice sont généralement : les normes sociales (coutume) et les mentalités patriarcales et sexistes. Je m’explique. La loi de l’OMERTA ou du silence interdit que l’on parle des violences conjugales. Cette loi inexistante demeure un secret dans les familles socialement patriarcales. Les viols, l’inceste et les violences conjugales, par exemple, sont protégés par cette loi. Les victimes sont-elles suffisamment soutenues et outillées pour engager une action en justice, obtenir réparations et dédommagements ? Je dirai Non, car les victimes ne sont pas suffisamment outillées et soutenues pour engager une action en justice afin d’obtenir réparation et dédommagement. Les ressources limitées dans la prise en charge de la victime contraignent cette dernière à rester sous le joug de son bourreau, car elle dépend financièrement de lui. Les services d’accueil et d’accompagnement des victimes de violences au sein du couple sont limités.  La crainte du jugement social et des représailles, et la lenteur judiciaire caractérisée par des procédures longues et parfois humiliantes, suscitent le découragement des victimes à s’engager devant les institutions et tribunaux. Quelles réformes juridiques seraient prioritaires pour mieux protéger les victimes ? Pour ma part, l’État gabonais pourrait équilibrer ses ressources afin de donner les moyens aux institutions juridiques qui reçoivent les victimes pour une prise en charge dans les procédures judiciaires à travers, par exemple, la gratuité des soins, des examens, des consultations et des certificats médicaux des victimes. Qu’est-ce que l’Ordonnance de protection des victimes des violences conjugales et quels sont les avantages de la loi 006/2021 y afférents ? L’ordonnance de protection est une mesure d’urgence prise par le juge des affaires sociales afin de protéger les victimes des violences au sein du couple légalement marié, avec ou sans plainte. Elle permet également de statuer sur le lieu de résidence, la garde des enfants, la pension alimentaire, et interdit tout contact avec le bourreau. Elle a une durée de 6 mois non renouvelable. L’ordonnance d’urgence est établie dans les plus brefs délais. À ce jour, combien de victimes ont bénéficié de l’Ordonnance de protection et comment a-t-elle changé leur vie ?  Je ne peux pas vous donner le nombre exact. En revanche, je peux vous rassurer de l’existence de cette mesure d’urgence en République Gabonaise. Quelles sont les démarches que les victimes doivent entreprendre et auprès de qui pour bénéficier de l’Ordonnance de protection ?  En ce qui concerne les démarches visant à obtenir une ordonnance de protection, la victime doit se rendre au tribunal, au greffe civil, muni ou pas d’une lettre manuscrite adressée au Président du tribunal de Première Instance, d’une copie de l’acte de mariage, d’une copie des actes de naissance des enfants, si possible avec des preuves sur les abus subis, et d’un certificat médical ou pas.  La protection des victimes des violences au sein du couple et les démarches à suivre pour se protéger sont des défis majeurs. Pourquoi ?  Elles sont des défis majeurs parce qu’elles butent sur des obstacles d’ordre financier, familial et social pour les victimes de violences conjugales. Quels message et conseils souhaiteriez-vous transmettre aux victimes des violence conjugales ? Je dirais aux victimes de violences conjugales qu’elles ne devraient pas accepter de mourir au nom du mariage, et qu’il faut partir dès le premier signe de violences.

COMPRENDRE. REVENDIQUER. RESPECTER SES DROITS

Chaque être humain dispose, quelle que soit sa situation, de droits fondamentaux qui garantissent sa dignité, sa liberté, son égalité et sa sécurité. Ces droits ne sont pas des idées abstraites réservées aux juristes : ils se vivent dans le quotidien, dans l’accès à la justice, la liberté d’expression, le respect des procédures, la protection contre toute forme de violence ou de discrimination. Pourtant, au Gabon, comme ailleurs, leur respect reste un chantier permanent. Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme via, son bureau régional pour l’Afrique centrale, suit de près et qui soutient les efforts du Gabon en matière de promotion et de protection des droits humains. Sur le plan institutionnel, une nouvelle Constitution a été adoptée à l’issue du référendum du 16 novembre 2024. Les résultats ont été validés le 29 novembre par la Cour constitutionnelle et la loi fondamentale promulguée le 19 décembre. Ce texte symbolise le retour à l’ordre démocratique après une transition politique inédite. Au-delà des textes, la réalité reste contrastée. Pour ne citer qu’un exemple, l’état des lieux dans les prisons présente des risques sanitaires majeurs pour les détenus.  Le président de l’Association SOS prisonniers, Lionel Ella Engonga, cite entre autres la surpopulation, les mauvaises conditions d’hygiène,  les détentions préventives prolongées et des cas de mauvais traitements y compris des tortures. Lors de la célébration, le 10 décembre 2025, de la Journée mondiale des droits humains, une procédure inédite a été introduite devant la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples. L’affaire, portée par le Cabinet Bensimhon & Associés pour le compte d’Hervé Patrick Opiangah, met en cause l’État gabonais pour des violations présumées des droits à la dignité, à un procès équitable et à la liberté. Ce recours régional marque une avancée notable dans l’usage des mécanismes juridiques africains pour faire respecter les droits fondamentaux. Cette évolution illustre un point essentiel : comprendre ses droits ne suffit pas. Il faut aussi savoir les revendiquer, y compris par les voies juridiques nationales, régionales ou internationales. Chaque citoyen informé, qui ose faire appel à ces instruments, participe à une société plus juste. La protection des mineurs reste également une priorité. Les 11 et 12 décembre 2025, une opération conjointe a été menée dans le grands Libreville pour identifier et protéger des dizaines d’enfants victimes d’exploitation ou de violences. Cette initiative a été prise en charge par la Direction des Affaires sociales, de la Protection de l’Enfance et de l’Assistance judiciaire (DASPEAJ) en collaboration avec le parquet de la République et des officiers de police judiciaire (OPJ). Cette action a vu la présence de la directrice Gladys Maganga Moussavou et du substitut du procureur Vanida Charline Mengue Ogandaga. Ce type d’intervention montre que signaler une violation est souvent la première étape vers une réponse sociale et judiciaire adaptée. Dans ce contexte, revendiquer ses droits implique une double responsabilité : Se former et s’informer : connaître la Constitution, les lois du pays, et les instruments internationaux ratifiés par le Gabon. Agir de façon pacifique et légale : saisir les institutions compétentes, entreprendre des démarches judiciaires, ou s’appuyer sur la société civile. Respecter ses droits, c’est aussi respecter ceux des autres.  La liberté d’expression, par exemple, n’est pas un privilège isolé, mais une garantie pour tous d’exister dans un climat sans peur ni discrimination.

NON AU DÉRAPAGE DES FORCES DE SÉCURITÉ

Dans de nombreuses situations, les forces de sécurité – policiers, gendarmes, militaires – sont appelées à garantir la paix, l’ordre et la sécurité publique. Pourtant, il arrive trop souvent que leurs interventions dérapent, révélant un usage disproportionné de la force, des arrestations arbitraires, ou encore des violences injustifiées à l’encontre des civils. Ces abus, qu’ils soient dus à un manque de formation ou à une mauvaise compréhension de leur rôle dans la promotion des droits humains, posent un véritable défi à l’État de droit. Des dérapages encore fréquents Que ce soit lors de manifestations, de contrôles de routine ou d’interpellations, des citoyens font face à des comportements répressifs de certains agents. Dans ces cas, la question centrale demeure : est-ce un excès de zèle ? Un abus de pouvoir ? Ou un manque de connaissance des droits de la personne ? Quoi qu’il en soit, ces actions nuisent à la confiance entre population et forces de sécurité. Et c’est cette confiance qui est pourtant essentielle à la stabilité d’un pays. Un cadre juridique clair, mais trop souvent ignoré Les forces de sécurité exercent leur mission dans un cadre juridique précis. La Constitution nationale, le Code pénal et les traités internationaux ratifiés par le Gabon, notamment la Déclaration universelle des droits de l’homme et la Charte africaine des droits de l’Homme et des Peuples définissent les limites de leur pouvoir. Ces textes garantissent le droit à la dignité, à la sûreté, à la liberté d’expression et d’opinion. Dès lors, tout acte de violence non justifié, toute détention arbitraire ou atteinte aux droits d’un civil est une entorse à la loi. Aucun uniforme ne donne le droit de bafouer les droits fondamentaux. Être au service, pas au-dessus de la loi Être en uniforme ne donne pas le droit d’ignorer les principes d’éthique et de dignité humaine. Les forces de sécurité doivent être *tenues pour responsables* en cas d’abus. Chaque dérapage impuni affaiblit l’État de droit. L’instauration de mécanismes de plainte accessibles, de comités de surveillance indépendants et d’une justice impartiale est essentielle pour garantir que personne, y compris les agents de sécurité, ne soit au-dessus des lois. Un rôle crucial dans la défense de la démocratie Les forces de sécurité ont un rôle fondamental à jouer dans la promotion des droits humains. En respectant et en protégeant les droits des citoyens y compris les défenseurs des droits humains, elles deviennent elles-mêmes des piliers de la démocratie. Il ne s’agit pas d’opposer sécurité et droits humains, mais de les faire avancer ensemble. Car un agent de sécurité qui ne respecte pas les droits finit toujours par devenir une menace pour tous. Construire une société respectueuse des droits humains passe inévitablement par une réforme profonde de la culture sécuritaire. Cela commence par la formation, se poursuit par la responsabilisation, et se consolide par des mécanismes de protection pour les citoyens comme pour les défenseurs des droits humains. Protéger les droits humains, c’est aussi protéger la paix.

QUI DOIT ÉDUQUER NOS ENFANTS?

L’éducation est un droit fondamental.  Parce qu’elle est un droit, les familles, les enseignants et l’Église ont un rôle essentiel à jouer non pas isolément mais collectivement pour faire valoir ce droit. Le Conseil national des églises pentecôtistes et de réveil (CNEPER), Omega Schools, le Réseau des écoles chrétiennes, s’investissent depuis quelques mois dans un projet d’envergure dont l’enjeu est d’aider les familles et les enseignants à éduquer et façonner l’avenir des enfants. « La responsabilité de l’éducation ne peut être l’apanage d’un seul. Elle doit être partagée. Chacun doit jouer son rôle pour façonner les jeunes générations et les préparer à devenir des citoyens épanouis et engagés dans le développement du pays. » Ces propos, prononcés par le pasteur Jean-Marie Tchibinda, représentant du système ACE pour la Francophonie dans le cadre de la 6ème édition des Conventions des éducateurs chrétiens, résonnent encore. Et pour cause. La responsabilité partagée s’impose plus que jamais d’autant que des menaces pèsent toujours sur la jeunesse gabonaise. « Dans un monde où tant de maux minent les jeunes – violence, drogues, alcool… – il est essentiel que les éducateurs et les guides spirituels prennent leur responsabilité à cœur », déclaraitJean-Gaspard Obiang, pasteur et président du CNEPER. Des thèmes de réflexion, présentés par 3 participants, servent de cadre à l’action. Ceux-ci ont trait respectivement : Aux valeurs et à la foi chrétienne : source d’aliénation ou de restauration des mentalités ? À l’église et l’école chrétienne : la mission de l’Église ne doit-elle pas s’accompagner d’une éducation scolaire ? À l’ACE : une méthode pédagogique au service de l’éducation : De la méthode et son impact dans la société. Pour le Dr Paul Florent Ongone Ebe, inspecteur pédagogique principal et révérend, « La conquête de l’église dans le domaine de l’éducation est indispensable. Tant que l’église ne disposera pas d’établissements scolaires et universitaires, le diable se fera toujours le plus grand plaisir de détruire des générations … qui plus tard refléteront les modèles de la société. » De son côté, le révérend Mandela Mthembu, vice-président de l’AEE/ACE Afrique, s’est appesanti sur la responsabilité d’éduquer les enfants. « Cette responsabilité est acquise. Les parents ne peuvent échapper à la responsabilité que Dieu leur a donnée.  Selon le Révérend Brad Palmer, directeur Développement Afrique du système ACE, « ACE est un programme chrétien très performant qui fonctionne avec les étudiants de tout âge… L’individualité est l’un des concepts qu’il faut apprendre aux enfants car elle est importante. Le système ACE permet aux enfants de découvrir leurs dons… et de se doter de la capacité de fixer les objectifs au quotidien. » La Convention des éducateurs chrétiens a permis aux participants d’étaler la vision de l’éducation qu’ils veulent pour le Gabon et de comprendre l’intérêt de s’investir dans ce projet afin que l’éducation chrétienne soit prioritaire dans les foyers et les établissements scolaires. Les participants veulent un Gabon : ‘’où les enfants sont instruits selon la voix du Seigneur ; où des hommes et des femmes intègres inculquent l’éducation chrétienne dans les écoles publiques ; où les parents s’impliquent à nouveau dans l’éducation de leurs enfants ; où les papas prennent leur rôle au sérieux…’’  En conséquence, cette responsabilité engage chaque être humain à découvrir « la raison pour laquelle Dieu l’a envoyé sur terre, à avoir foi en Dieu et à être intègre. » La 6ème édition des Conventions des éducateurs chrétiens, organisé les 4-5 juillet à Libreville, dans les locaux du Radison Blu Hotel, a réuni le ministre de la Transition chargée de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq, des leaders ecclésiastiques, des éducateurs chrétiens, des fondateurs d’écoles, des enseignants et des parents d’élèves. JUSTICE ET PROTECTION SOCIALE Le Gabon s’achemine vers l’ouverture d’un bureau d’assistance juridique pour personnes vulnérables, notamment les veuves, les orphelins et les femmes victimes de violences et économiquement faibles. Le projet a réuni en octobre dernier le ministre de la Justice, Séraphin Akure-Davain, et la ministre de de la Femme, de la Famille et de la Protection de l’Enfance, Élodie Diane Foué-Foué Sandjo, entourés de leurs collaborateurs respectifs et des principaux responsables des directions et services directement concernés. Les membres du gouvernement sont revenus sur l’intérêt de repenser sinon toiletter les dispositions juridiques et légales relatives à la mise en place d’une clinique juridique en République gabonaise, de définir la qualité des membres du bureau, notamment ceux devant bénéficier d’une assistance juridique. Les participants ont également convenu de : Mettre en place un bureau dynamique d’égale partie réunissant les ministères de la Justice, de la Femme, les techniciens des impôts, les avocats, les greffiers et les huissiers de justice, entre autres. Étendre à toutes les juridictions (pénale, judiciaire, commerciale) l’assistance judiciaire aux ayants-droits. Partager aux acteurs des professions libérales, dont les avocats, la vision politique des plus hautes autorités, en vue de soutenir les personnes vulnérables aux plans social et juridique. Faire des propositions concrètes au gouvernement EN VUE DE l’adoption d’une loi

MEMBRES DE L’ÉQUIPE
 

Fondatrice – Directrice

 

Flavienne Louise Issembè

 

Journalistes seniors

 

Yvette Bivigou

Martial Idundu

Flavienne Louise Issembè

 

Collaborateurs et Collaboratrices

 

Annie Mapangou

Eric Ozwald

Florène Okome Pambo

Tama Z’Akis

 

Equipe WEB

 

Chris Jonathan G. – Développeur
Yourick Seh Obame – Webdesigner
Gerald Boussougou – Com. Manager

 

Cadreurs et/ou Photographes

 

Andy G. Amiaganault

Herman Oke Mve

Alain Wolbert
Delvane BKG

 

CONTACTS

infomagazinevivre@gmail.com

+241 62 71 98 92

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