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MANOU MBADINGA

Pour Manou, faire du théâtre est une passion. Depuis une quarantaine d’années, l’acteur et dramaturge gabonais fait du partage de son savoir, de son expérience et de sa pratique sa priorité pour la jeunesse. À son humble avis, les enfants doivent être initiés à l’art théâtral dès le plus jeune âge. Fondateur et animateur d’une cellule théâtrale au sein du Groupe scolaire Les Tsanguettes à Angondje, dans la commune d’Akanda, Manou Mbadinga encadre et encourage les Mwanas à : créer, jouer autrement, se cultiver, s’exprimer et avoir confiance en soi. S’épanouir à travers le théâtre, se mouvoir sur scène, divertir le public est un droit humain fondamental que nul ne peut, ne doit priver les hommes et les femmes qui ont choisi de faire de l’art théâtral leur métier. Hélas, déplore Manou, « le théâtre, qui était présent dans les écoles, est en train de disparaitre. » Et d’enchainer : « Le théâtre, peut rebondir et repartir sur de nouvelles bases. Il est temps que l’école le réintègre, reconnaisse que c’est un outil de la vie et qu’elle fasse la promotion de sa pratique. Le théâtre est important pour l’éducation, le traitement des problèmes sociaux des enfants. » Selon l’acteur, « Quand on parle d’une enfance compliquée c’est parce que l’enfant n’a pas eu certains codes, n’a pas été encadré comme il se doit. D’où, son appel à initier les petits à l’art théâtral dès le jeune âge. L’engagement de Manou aux côtés des jeunes s’est illustré à l’occasion de la célébration, le 27 mars, de la Journée mondiale du Théâtre dans l’enceinte des Tsanguettes où les élèves de cet établissement et du Groupe scolaire Regina Mundi ont, devant un public ravi, déroulé deux pièces de théâtre dont l’une sur les méfaits de la violence à l’école. Les parents, les élèves, le personnel enseignant, les artistes et une équipe du Magazine « Vivre », présents sur les lieux, ne l’oublieront pas de sitôt, les enfants et le dramaturge ayant rappelé au monde l’importance que le théâtre revêt pour la vie d’une part, et le devoir qui incombe aux familles, à l’école et à l’État de faire de sa pratique, du droit de créer et de s’exprimer une réalité concrète d’autre part. Manou rejoint en cela Willem Dafoe. Le comédien, acteur et dramaturge américain souligne dans son message dédié à la Journée mondiale du Théâtre le rôle vital de cet art dans un monde divisé et sa capacité à réunir et à raconter des histoires malgré les restrictions. Il encourage les créateurs à connecter les peuples et les cultures, et à défendre la liberté d’expression.

« ENSEMBLE POUR LA SANTÉ »

Chaque année, le 7 avril, la communauté internationale célèbre la Journée mondiale de la Santé, une initiative portée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) depuis 1948. Cette journée vise à attirer l’attention sur les enjeux sanitaires majeurs et à rappeler que la santé constitue un droit fondamental. Le thème retenu cette année, « Ensemble pour la santé », souligne une idée simple mais essentielle : l’amélioration de la santé publique ne peut reposer uniquement sur les institutions sanitaires. Elle nécessite l’engagement conjoint des États, des professionnels de santé, des organisations internationales et des citoyens eux-mêmes. La santé, un droit fondamental Le droit à la santé est reconnu par plusieurs instruments juridiques internationaux. La Constitution de l’OMS affirme que « La jouissance du meilleur état de santé possible constitue un droit fondamental pour tout être humain. » De son côté, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (article 12) reconnaît « le droit de toute personne de jouir du meilleur état de santé physique et mentale possible. » Au Gabon, ce principe trouve également un fondement constitutionnel. La Constitution nationale, notamment en son article 1er, consacre la dignité de la personne humaine et l’égalité des citoyens. L’article 14 reconnaît le droit à la santé et à la protection sociale. Ces dispositions traduisent l’obligation pour l’État de mettre en place des politiques publiques permettant à tous les citoyens d’accéder aux soins. Des défis sanitaires qui persistent Malgré les avancées enregistrées dans plusieurs domaines, l’accès aux services de santé demeure un défi dans de nombreux pays, y compris en Afrique. Dans certaines zones rurales ou dans des localités situées à l’intérieur du Gabon, l’éloignement des infrastructures sanitaires, le manque de personnel médical ou encore le coût des soins peuvent limiter l’accès effectif aux services de santé. Ces difficultés touchent particulièrement les populations les plus vulnérables : enfants, personnes âgées, femmes enceintes ou personnes vivant dans la précarité. La prévention reste également un enjeu central. De nombreuses maladies pourraient être évitées grâce à une meilleure sensibilisation aux règles d’hygiène, à la vaccination ou à un accès plus large aux services de santé primaires. Une approche collective de la santé Le thème « Ensemble pour la santé » met en lumière la nécessité d’une approche collective. La santé publique ne dépend pas uniquement des hôpitaux ou des médecins. Elle repose aussi sur des facteurs sociaux, économiques et environnementaux. L’accès à l’eau potable, l’assainissement, l’éducation sanitaire, la nutrition ou encore la protection de l’environnement jouent un rôle déterminant dans la prévention des maladies. Les collectivités locales, les associations, les organisations communautaires et les citoyens ont donc un rôle à jouer dans la promotion de la santé. Des perspectives pour renforcer les systèmes de santé Pour améliorer durablement la santé des populations, plusieurs actions peuvent être envisagées à travers : Une priorité pour le développement La santé constitue un pilier essentiel du développement humain. Une population en bonne santé participe plus activement à la vie économique, sociale et éducative d’un pays. La Journée mondiale de la Santé rappelle ainsi que la santé n’est pas seulement une question médicale. Elle représente un enjeu social, économique et juridique majeur. En choisissant le thème « Ensemble pour la santé », la communauté internationale rappelle que la protection de la santé publique est une responsabilité partagée. C’est par l’action collective, la solidarité et l’engagement de tous que le droit à la santé pourra devenir une réalité pour chaque citoyen.

« NON À LA PEINE DE MORT »

La peine de mort peut-elle ou non revenir au Gabon ? Selon Me. Francis Aubame, la peine capitale n’est pas la solution. Avec des exemples précis, l’expert en droit public démonte l’irréparable, l’irréversible qui peut, en cas d’erreur judiciaire condamnent des innocents à la mort. Il serait dommage, dit-il, de revenir à la peine de mort qui a été abolie officiellement en 2010 au profit de la condamnation des coupables à la prison à perpétuité.  Me. Francis Aubame – Je suis contre la peine de mort. Je suis contre pour une simple et bonne raison, par Humanité. Vous savez, quand on arrive à la peine de mort, quand des hommes transgressent la loi jusqu’à supprimer la vie de quelqu’un, la société a échoué quelque part. La société ne peut pas se comporter avec la loi du talion. La société d’aujourd’hui ne peut pas se comporter avec le code d’Hamourabi. Prenons le cas des États-Unis où les états du sud appliquent la peine de mort et où les états du nord-est, qui ne l’appliquent pas, enregistrent moins de criminalité. Même si, de manière globale, la criminalité a baissé aux États-Unis, son efficacité n’est pas prouvée. Toutes les études sérieuses montrent qu’elle n’est ni prouvée ni efficace. Alors, que faire ? Il faut faire la prévention. Je prends l’exemple des crimes rituels dans notre pays sur la base desquels le sujet sur la peine de mort est revenu suite au décès d’une jeune enfant. Le président du Conseil économique, social, environnemental et culturel, lors des vœux au président de la République, a relancé le débat. Je ne sais pas si le Conseil économique, social, environnemental et culturel en avait discuté au préalable. Son président venait fraîchement d’être nommé. Il arrive avec une proposition. Je ne sais pas s’il y a vraiment eu un débat. Du point de vue de la méthode, il faut dire que ça interroge. Alors oui, émotionnellement c’est difficile. Mais est-ce la solution ? De manière générale, si vous observez les crimes rituels, on trouve rarement les coupables. Un petit exécutant est sacrifié et ça s’arrête là. Le président Omar Bongo disait que le Gabon est un pays de verre. De l’intérieur, on voit ce qui se passe à l’extérieur. De l’extérieur, on voit ce qui se passe à l’intérieur. Mais nous savons que les OPJ, Officiers de police judiciaire, arrivent à savoir qui sont les commanditaires. Mais ça s’arrête aux exécutants. J’ai entendu le président Oligui dire que si la peine de mort est appliquée, elle s’appliquera aux exécutants et aux commanditaires. Mais les commanditaires sont connus. Il manque simplement la volonté politique de les appréhender. Mais pour autant, faut-il la peine de mort ? « Vivre » – Me. Aubame, que préconisez-vous ? Il faut organiser la sécurité dans un pays. Il faut organiser le bien-être. Prenons les pays du nord de l’Europe (Norvège, Suède, etc..). Il y a moins de criminalité parce que les problèmes sociaux sont assez bien réglés. Réglons nos problèmes pour qu’il n’y ait pas de dérive, pour qu’il n’y ait pas de violence. Organisons la société de manière conséquente de sorte que je ne puisse pas aller faire le désordre à gauche pour revenir me camoufler à droite. Autre exemple : aux États-Unis, depuis la réintroduction des cold case, des dossiers qui étaient totalement classés et fermés, grâce aux nouvelles technologies et à l’ADN, etc.., des condamnés qui étaient dans le couloir de la mort ont été libérés parce qu’ils ont été reconnus non coupables. Mais, si la peine de mort avait été exécutée, des innocents seraient partis. C’est un problème qu’il est impossible de réparer. Dès que la personne est morte, le problème est irréversible. La justice peut se tromper, par contre la mort est irréversible. Le Gabon ne peut donc pas revenir à la peine de mort ? Non, mais tout est possible. Revenir à la peine de mort serait vraiment dommage. C’est un recul. Il faut mettre l’accent sur d’autres questions parce que rien ne prouve que la peine de mort agît sur le comportement des hommes pour arrêter la criminalité. Quelles sont les questions profondes que soulève la peine de mort ? Le jugement n’est pas infaillible. Dès qu’on a tué le condamné, la peine de mort est irréversible et le risque d’exécuter des innocents est une réalité. Enfin, dans un monde qui se veut humain, à l’instar des grandes civilisations où l’être humain, où la vie est sacrée, on ne tue pas. Il n’y a pas de loi du talion, il n’y a pas de vengeance d’État contre les criminels au point de les tuer. Il y a des solutions alternatives, incompressibles, telle que la réorganisation de la société pour faire baisser la criminalité. Si je vis bien, je ne vais pas aller voler et tuer mon voisin, et le voisin ne fera pas de même. Qu’est ce qui a motivé l’adoption de la loi sur l’abolition de la peine de mort au Gabon ? En réalité, je crois que le Gabon n’a fait que se conformer à ce qui était devenu une évidence. La peine de mort n’était plus appliquée depuis de très longues années. Elle était dans les textes, mais on ne l’appliquait plus. Le président Omar Bongo, qui à l’époque avait décidé, sous la pression d’ailleurs de la communauté Mpongwè, d’arrêter. Je pense que c’est le chef Ambaye, si ma mémoire est bonne, qui est parti le voir et lui a dit que tuer les gens au bord de mer devenait un spectacle hideux qu’il fallait arrêter. Aujourd’hui, on fait des crimes soi-disant rituels, mais ce n’est pas vraiment dans nos traditions. Le chef Ambaye estimait que la peine de mort salissait le pays sur le plan spirituel. Le président Bongo n’a plus jamais appliqué la peine de mort et en 2009, il s’est conformé à une décision qui avait été prise depuis longtemps. Comment avez-vous accueilli la proposition d’organiser un référendum sur la peine de mort ? « C’est de la distraction. Je pense que le président lit tous les discours avant de répondre. il savait que la question serait posée. S’il a proposé le référendum, c’est qu’il y pense. Je suppose, mais ce n’est pas une bonne chose. Si on fait un référendum, le vif va l’emporter. Oui, le « NON À LA PEINE DE MORT »

« ENSEMBLE POUR LA SANTÉ »

Chaque année, le 7 avril, la communauté internationale célèbre la Journée mondiale de la Santé, une initiative portée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) depuis 1948. Cette journée vise à attirer l’attention sur les enjeux sanitaires majeurs et à rappeler que la santé constitue un droit fondamental. Le thème retenu cette année, « Ensemble pour la santé », souligne une idée simple mais essentielle : l’amélioration de la santé publique ne peut reposer uniquement sur les institutions sanitaires. Elle nécessite l’engagement conjoint des États, des professionnels de santé, des organisations internationales et des citoyens eux-mêmes. La santé, un droit fondamental Le droit à la santé est reconnu par plusieurs instruments juridiques internationaux. La Constitution de l’OMS affirme que « La jouissance du meilleur état de santé possible constitue un droit fondamental pour tout être humain. » De son côté, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (article 12) reconnaît « le droit de toute personne de jouir du meilleur état de santé physique et mentale possible. » Au Gabon, ce principe trouve également un fondement constitutionnel. La Constitution nationale, notamment en son article 1er, consacre la dignité de la personne humaine et l’égalité des citoyens. L’article 14 reconnaît le droit à la santé et à la protection sociale. Ces dispositions traduisent l’obligation pour l’État de mettre en place des politiques publiques permettant à tous les citoyens d’accéder aux soins. Des défis sanitaires qui persistent Malgré les avancées enregistrées dans plusieurs domaines, l’accès aux services de santé demeure un défi dans de nombreux pays, y compris en Afrique. Dans certaines zones rurales ou dans des localités situées à l’intérieur du Gabon, l’éloignement des infrastructures sanitaires, le manque de personnel médical ou encore le coût des soins peuvent limiter l’accès effectif aux services de santé. Ces difficultés touchent particulièrement les populations les plus vulnérables : enfants, personnes âgées, femmes enceintes ou personnes vivant dans la précarité. La prévention reste également un enjeu central. De nombreuses maladies pourraient être évitées grâce à une meilleure sensibilisation aux règles d’hygiène, à la vaccination ou à un accès plus large aux services de santé primaires. Une approche collective de la santé Le thème « Ensemble pour la santé » met en lumière la nécessité d’une approche collective. La santé publique ne dépend pas uniquement des hôpitaux ou des médecins. Elle repose aussi sur des facteurs sociaux, économiques et environnementaux. L’accès à l’eau potable, l’assainissement, l’éducation sanitaire, la nutrition ou encore la protection de l’environnement jouent un rôle déterminant dans la prévention des maladies. Les collectivités locales, les associations, les organisations communautaires et les citoyens ont donc un rôle à jouer dans la promotion de la santé. Des perspectives pour renforcer les systèmes de santé Pour améliorer durablement la santé des populations, plusieurs actions peuvent être envisagées à travers : Ces efforts doivent s’inscrire dans une stratégie globale visant à garantir un accès équitable aux soins pour l’ensemble de la population. Une priorité pour le développement La santé constitue un pilier essentiel du développement humain. Une population en bonne santé participe plus activement à la vie économique, sociale et éducative d’un pays. La Journée mondiale de la Santé rappelle ainsi que la santé n’est pas seulement une question médicale. Elle représente un enjeu social, économique et juridique majeur. En choisissant le thème « Ensemble pour la santé », la communauté internationale rappelle que la protection de la santé publique est une responsabilité partagée. C’est par l’action collective, la solidarité et l’engagement de tous que le droit à la santé pourra devenir une réalité pour chaque citoyen.

RÉSEAUX SOCIAUX ET VALEURS CULTURELLES

Selon Google, « Un réseau social est une plateforme numérique ou application permettant aux internautes de se créer un profil, de se connecter, d’échanger des informations (textes, photos, vidéos) et de partager des contenus avec une communauté. » Ainsi donc, un réseau social permet de développer une certaine convivialité aussi bien en cercle restreint qu’élargi à un quartier, à une ville, à un pays voire au monde entier. À partir de son téléphone ou de son ordinateur, toute personne a le monde au bout des doigts. Qui l’eut cru ? Cela n’a pas échappé aux entrepreneurs du crû. C’est ainsi qu’ont fleuri dans le paysage internet des prestataires de toute nature tels que Google, Yahoo, entre autres pour les moteurs de recherches, YouTube, Twitter aujourd’hui X, Facebook, Gmail, Instagram, Phoenix pour ne citer que ceux-là pour les plateformes interactives. S’y convertissent, Toutes les activités de notre temps que sont le commerce, le sport, les jeux, les formations, les journaux en ligne et beaucoup d’autres se sont toutes, sans douleur et avec une ferveur venue d’on ne sait d’où, converties à cette avancée technologique sans précédent. À ce jour, on trouve de tout sur la toile. Il y a à boire, à manger, à pleurer. À chacun son truc. Tout le monde y trouve chaussure à son pied, même les pervers. Vu la prégnance de cette avancée, il appartient aux uns et aux autres d’en profiter pour avancer un agenda ou défendre une cause. Une avancée certaine Pour nous, l’avènement des réseaux sociaux demeure une avancée certaine car grâce à eux, le savoir et les connaissances sont à la portée du plus grand nombre, et il ne tient qu’à chacun d’en profiter au mieux de ses intérêts. Aujourd’hui, nous pouvons promouvoir nos valeurs en les mettant à la disposition de tous. Il n’y a pas si longtemps, les habitants de l’hinterland (arrière-pays), devaient se rapprocher de la personne possédant un poste de radio pour avoir des nouvelles de la capitale ou d’ailleurs. De nos jours, plus besoin d’un messager. L’accès à l’information est un acquis quotidien de par son instantanéité, sa richesse et sa disponibilité. Le courrier postal physique vit ses derniers jours. Le choc des cultures fait désormais partie de notre quotidien. En découvrant un évènement qui se passe à l’autre bout de la terre nous faisons le constat de nos différences et de nos acquis communs avec le reste du monde. Mais, Parallèlement au contenu, se pose le problème générationnel : en effet, ce sont les jeunes qui sont accros aux réseaux. Sans expérience de la vie, ils deviennent des proies faciles pour toute sorte d’influence bonne ou mauvaise. Mieux, cette avancée technologique les éloigne du fond culturel de leurs origines car ils sont plus exposés à des valeurs exogènes qui les éloignent de leurs racines. Plus besoin de voyager au loin pour être acculturé, coupé des siens. Mais : À part une paresse congénitale qui a fait de nous des adeptes du prêt à penser, qu’est ce qui nous empêche de créer les contenus adéquats permettant à notre progéniture et à nous-mêmes de nous enrichir culturellement de nos valeurs (histoire, langues, littérature, théâtre, cinéma, contes, lutte traditionnelle, etc, etc… sans renier celles, positives, des autres ? Qu’est-ce qui nous empêche de créer cet écosystème existentiel, ce cocon qui nous baignera tous, au quotidien, dans nos réalités bonnes ou mauvaises ? Rien ! Avec la banalisation, l’accessibilité des moyens audiovisuels, tout un chacun peut se transformer en journaliste, détective, redresseur de torts, historien, conteur, cuisinier, etc, etc. À condition qu’il y ait du contenu de qualité. La qualité étant une chose que toute personne censée ne refuse jamais, il revient à tous les impétrants de ces domaines de faire avec la rigueur nécessaire, le travail de recherche indispensable voir incontournable qui préside à la production d’une entreprise de qualité et non à des pseudo « œuvres » qui ne seraient que des projets d’abrutissement collectifs.  Internet n’est qu’un outil. Un outil comme l’argent, n’a de valeur qu’en fonction de ce qu’il permet de faire ou produire. Un couteau est très utile en cuisine.Sorti de là, utilisé à d’autres fins, il peut être source de malheur. Il nous revient de nous saisir de cet outil appelé Internet et de l’affecter aux seules fins qui fassent avancer notre société. Au-delà de l’enthousiasme légitime de cette percée technologique, n’oublions jamais que tout passage d’un individu sur les réseaux est une occasion pour les géants du domaine de prélever et d’engranger des éléments pouvant servir au profilage des utilisateurs à des fins purement commerciales. Car, le nouveau Far West c’est celui des datas. Vigilance. Vigilance. Vigilance.

TOP FM FACE À L’ANNONCE DE LA HAC

TOP FM nous ouvre ses portes. Roselyne Békalè, journaliste et responsable de la Rédaction, nous reçoit dans le studio situé au premier niveau de la radio numérique. Créée il y a trente-deux ans par son président directeur général, Jean-Romain Fanguinoveny, TOP FM, à l’instar de l’ensemble des médias, est toujours aussi consternée par l’annonce de la Haute Autorité de la Communication (HAC) de suspendre les réseaux sociaux, et attend impatiemment que cette mesure soit levée au nom de la liberté d’expression et d’informer. Levons le voile sur notre entretien avec Roselyne Békalè. « Vivre » – Madame Bekale, de quand date votre passion pour le journalisme ?   Roselyne Bekale – Mon parcours journalistique s’est construit autour de ma passion pour l’information et la communication. Au fil des années, j’ai développé une expérience dans la collecte, le traitement et la diffusion de l’information, notamment à travers la production de contenus journalistiques et la couverture de l’actualité nationale. Aujourd’hui, j’exerce en tant que journaliste et responsable de la Rédaction au sein de Top FM. Mon rôle consiste notamment à coordonner le travail de la Rédaction, superviser la production des contenus éditoriaux et veiller à la qualité de l’information diffusée sur nos antennes. Sous la direction de Monsieur Jean Romain Fanguinoveny, Président Directeur Général de top FM qui ne ménage aucun effort pour hisser Top FM parmi les meilleures Radios de la place. L’environnement professionnel est à la fois dynamique et exigeant.  Nous travaillons dans un esprit d’équipe, avec pour objectif de proposer aux auditeurs des informations fiables, équilibrées et accessibles. La Radio étant un média de proximité, nous accordons également une grande importance aux préoccupations des populations et à la couverture de l’actualité nationale et internationale.  Parlez-nous à présent de top FM et sa place dans le paysage médiatique gabonais et son rapport aux réseaux sociaux Top FM occupe une place importante dans le paysage médiatique gabonais. C’est une radio qui contribue à la diversité de l’offre radiophonique en proposant des programmes variés, allant de l’information au divertissement. Comme d’autres radios privées, elle participe à la pluralité des voix et à l’animation du débat public. Par ailleurs, Top FM a compris l’importance du numérique : les réseaux sociaux lui permettent de toucher un public plus large, d’interagir directement avec les auditeurs et de prolonger l’expérience radio au-delà des ondes.  En votre qualité de journaliste, quelle est l’importance que revêtent les réseaux sociaux pour le métier que vous exercez ?  En tant que journaliste, les réseaux sociaux occupent aujourd’hui une place importante dans notre métier. Ils constituent d’abord un outil d’accès rapide à l’information et permettent de suivre l’actualité en temps réel, d’identifier des tendances ou encore de repérer des témoignages et des sources potentielles. Ils sont également un moyen efficace de diffusion de l’information, car ils permettent aux médias de toucher un public plus large et plus diversifié, notamment les jeunes qui consomment de plus en plus l’actualité via les plateformes numériques.  Cependant, l’utilisation des réseaux sociaux exige beaucoup de vigilance. Ils sont aussi un espace où circulent de nombreuses fausses informations. Le rôle du journaliste reste donc essentiel : vérifier, regrouper les sources et apporter une information fiable et contextualisée. En somme, les réseaux sociaux sont un outil précieux pour notre travail, mais ils ne remplacent pas les principes fondamentaux du journalisme que sont la rigueur, la vérification et la responsabilité.  Comment avez-vous accueilli la décision de la HAC de suspendre les réseaux sociaux ?  La décision de la HAC de suspendre les réseaux sociaux a suscité beaucoup de réactions, notamment dans le milieu des médias. En tant que journaliste, je l’ai accueillie avec un mélange de compréhension et de préoccupation. Compréhension, parce que les autorités peuvent vouloir prévenir la propagation de fausses informations ou préserver l’ordre public dans certains contextes. Ma préoccupation tient au fait que les réseaux sociaux sont aujourd’hui des outils essentiels pour la circulation de l’information, l’interaction avec le public et la diffusion rapide de l’actualité. Cette suspension a donc un impact direct sur notre travail, notamment en matière de collecte d’informations, de visibilité des contenus et de relation avec l’audience. Elle nous oblige à nous adapter et à renforcer l’usage des canaux traditionnels tout en restant vigilants sur la question de l’accès à l’information.  Quelle est votre interprétation de la décision de la HAC ?  La décision de la Haute Autorité de la Communication peut être interprétée comme une mesure visant à encadrer l’espace médiatique et à réguler l’utilisation des plateformes numériques. En tant que journaliste, je comprends que la HAC agit dans le cadre de ses prérogatives pour préserver l’ordre public et lutter contre les dérives informationnelles. Toutefois, cette décision soulève également des questions sur l’impact qu’elle peut avoir sur la circulation de l’information et sur le travail des professionnels des médias, notamment dans un contexte où les réseaux sociaux sont devenus des outils importants pour informer rapidement le public. Il est donc essentiel de trouver un équilibre entre la régulation nécessaire et la préservation de la liberté d’informer car la suspension des réseaux sociaux limite la rapidité avec laquelle nous pouvons partager certaines informations et réduit l’accès direct de nos auditeurs à nos contenus en ligne. Cependant, malgré ces contraintes, la Rédaction de Top FM continue d’assurer sa mission d’information à travers ses canaux traditionnels, notamment l’antenne Radio, tout en s’adaptant au contexte actuel. Nous restons mobilisés et attachée à sa mission première : informer le public avec professionnalisme, rigueur et responsabilité. Nous continuons à nous adapter et à exercer notre métier dans le respect des règles en vigueur, tout en restant fidèles aux principes du journalisme. Pour terminer, que souhaiteriez-vous dire au public et aux autorités gabonaises ?  Au public gabonais, je voudrais dire merci pour la confiance qu’il accorde aux médias.  Nous travaillons chaque jour pour lui fournir des informations fiables, vérifiées et utiles à la société. Son soutien est essentiel pour encourager un journalisme responsable et professionnel. Aux autorités gabonaises, nous souhaitons rappeler l’importance de la liberté d’informer et de l’accès aux outils de communication, notamment les réseaux TOP FM FACE À L’ANNONCE DE LA HAC

À QUAND LA FIN DE LA SUSPENSION ?

Depuis le 17 février 2026, les réseaux sociaux sont suspendus en République Gabonaise. Près de deux mois après la décision de la Haute Autorité de la Communication (HAC), le public, qui est toujours aussi indigné et stupéfait par cette mesure, attend avec impatience le rétablissement des réseaux sociaux. Tout un pays doit-il être puni à cause des dérives commises par quelques personnes ? Le suspense perdure. Le Tribunal de première instance de Libreville ayant déclaré « son incompétence pour apprécier la légalité des actes pris par la HAC, une autorité administrative indépendante. », renvoie la décision vers la juridiction administrative, en l’occurrence le Conseil d’État, qui tranchera. Qui de Bilié By Nzé, le président du Mouvement EPG, Ensemble pour le Gabon, ou de la HAC aura gain de cause ? Pour mémoire, le premier a porté plainte contre « la suspension totale et indéterminée des réseaux sociaux qui excède les pouvoirs de régulation de la Haute Autorité de la Communication et constitue une mesure générale et disproportionnée, affectant l’ensemble des citoyens mais également les acteurs politiques qui utilisent ces plateformes pour communiquer. »   La décision de la HAC est la première du genre en République gabonaise depuis l’arrivée au pouvoir du président Oligui Nguema le 30 août 2023. Selon le régulateur des médias, la mesure vise à lutter contre des contenus jugés menaçants et diffamatoires pour la dignité humaine, la cohésion sociale et la sécurité nationale. Pour autant. Me. Francis Aubame, expert en droit public, estime « qu’une telle décision, aussi brutale, aussi vaste, qui touche à l’ensemble des réseaux sociaux, porte atteinte à tout le moins à la liberté d’expression des Gabonais, une liberté garantie par la Constitution en son article 14, une liberté garantie aussi par les conventions que le Gabon a signées – le Pacte international des droits civils et politiques, la Charte africaine des droits de l’Homme et des Peuples, et le Code national de la Communication en son article 3 ».  Evidemment, poursuit-il, « Tout principe comporte une exception. Au nom de la sécurité, au nom de l’ordre public, des dispositions peuvent être prises. Cependant, il faut que ces dispositions soient prises dans les formes légales. La HAC avait-elle pouvoir de prendre une décision générale de suspension des réseaux sociaux ? Je dis d’emblée Non. Ce n’est pas dans ses prérogatives. » Pourquoi ? Selon Me. Aubame, « Il faut identifier les contrevenants aux dispositions légales. Le Code de la Communication est là. La responsabilité est personnelle. Certains Gabonais enfreignent la loi et tout le monde est coupable à la fin. La responsabilité ne se partage pas. Pourquoi vais-je subir les affres des fautes commises par d’autres personnes ?» L’expert indique que « La décision est plus politique que juridique. De ce fait, il faut respecter les procédures juridiques. La HAC ne peut pas, par un simple communiqué, suspendre une liberté que les Gabonais ont de par la Constitution. C’est extrêmement grave. »  Les médias, à l’instar d’autres entreprises qui travaillent en ligne, se disent extrêmement préoccupés de la décision de la HAC. Roselyne Bekale, journaliste et responsable de la Rédaction à Radio TOP FM, s’explique : « Les réseaux sociaux sont des outils essentiels pour la circulation de l’information, l’interaction avec le public et la diffusion rapide de l’actualité. Ils permettent aux médias de toucher un public plus large et plus diversifié, notamment les jeunes qui consomment de plus en plus l’actualité via les plateformes numériques. La suspension des réseaux sociaux a un impact direct sur notre travail. En effet, elle nous oblige à nous adapter et à renforcer l’usage des canaux traditionnels tout en restant vigilants sur la question de l’accès à l’information. »  En cela, conclut-elle, « l’utilisation des réseaux sociaux exige beaucoup de vigilance. Ils sont aussi un espace où circulent de nombreuses fausses informations. Le rôle du journaliste reste donc essentiel : vérifier, regrouper les sources et apporter une information fiable et contextualisée. En somme, les réseaux sociaux sont un outil précieux pour notre travail, mais ils ne remplacent pas les principes fondamentaux du journalisme que sont la rigueur, la vérification et la responsabilité. »  Près de deux mois après la décision du régulateur des médias de suspendre les réseaux sociaux, le Gabon est dans l’attente de la décision du Conseil d’État.

EXPLOITATIONS FORESTIÈRES ET ENVIRONNEMENT

Dans les villages autour des forêts gabonaises, la vie est rythmée par la cueillette, la chasse, la médecine traditionnelle. Pourtant, ces communautés locales, gardiennes de l’équilibre écologique, sont souvent les premières victimes des exploitations forestières. Leur souffrance, bien que silencieuse, est profonde aux plans économique, psychologique et culturel. Quand la forêt disparait, les vies se fragmentent Pour les familles autochtones, la forêt n’est pas une ressource abstraite, mais un espace de survie et de sens. Quand les arbres tombent, c’est toute une partie de leur identité qui s’effrite. « Ma grand‑mère me disait que chaque arbre est un parent ». « Aujourd’hui, nous devons enterrer ces parents », confie un frère de la communauté peul. Le droit à l’information et à la consultation bafoué Le Code forestier gabonais prévoit que les populations locales soient consultées sur les projets les affectant. À l’international, la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (UNDRIP) garantit le droit à la consultation libre, préalable et éclairée (CLPE).  Dans les marchés de Port‑Gentil ou les quartiers de Franceville, parler de dette publique peut sembler abstrait. Mais dans les foyers, c’est une réalité concrète qui se traduit par des « choix impossibles » : nourrir la famille ou payer l’électricité ? Soigner un enfant ou envoyer l’autre à l’école ? Dans ce contexte, le silence des plus faibles résonne comme un échec collectif. Le droit à un niveau de vie décent ignoré La Constitution gabonaise (article 14) garantit le droit à un niveau de vie suffisant, et le PIDESC (article 11) impose l’accès à une alimentation adéquate et à des services essentiels. Pourtant, la montée des prix et la contraction budgétaire liée au remboursement de la dette publique pressurent les budgets des ménages. Les effets sur la santé mentale sont bien réels : anxiété, stress constant, sentiment d’insécurité permanente. La dette qui pèse, les citoyens qui souffrent Les décisions de politique économique prises au sommet souvent sans transparence ni consultation réelle se traduisent par une réduction des subventions, une augmentation des coûts des biens essentiels, et des coupes dans les services publics. Les populations économiquement faibles, sans protection sociale solide, se retrouvent à la marge. Silence des droits économiques Mais dans de nombreux cas, cette consultation n’est qu’une formalité : on informe les communautés, sans jamais les écouter vraiment. Le résultat ? Un sentiment d’injustice, de dépossession et une détresse morale profonde qui traverse les générations. Une disparition silencieuse des moyens de subsistance La déforestation modifie le paysage et impacte l’accès à l’eau, aux plantes médicinales et aux gibiers. Elle remet en cause la sécurité alimentaire et la santé. Pourtant, les compensations promises restent rarement à la hauteur de la perte subie. Cette fragmentation sociale n’est pas qu’économique. Elle est psychologique, voire culturelle. Les communautés locales ne demandent pas l’arrêt total de l’exploitation, mais un équilibre juste et respectueux de leurs droits humains, sociaux et environnementaux. Le silence imposé sur leur souffrance doit être rompu, non seulement pour leur dignité, mais pour l’avenir même de la gestion durable des ressources naturelles.

INÉGALITÉS ÉCONOMIQUES & PAUVRETÉ

Le Gabon, pays situé sur la côte ouest de l’Afrique centrale, vit un paradoxe économique étonnant. Malgré un produit intérieur brut (PIB) par habitant d’environ 9 303 dollars des Etats Unis, d’immenses richesses minières et pétrolières, notre pays est en proie à une fracture sociale profonde. Les Gabonais économiquement faibles et les jeunes chômeurs payent un lourd tribut. Si le revenu semble élevé sur le papier, sa répartition est extrêmement inégale. Une minorité de Gabonais jouit de l’essentiel des revenus des richesses nationales, tandis qu’un tiers environ vit sous le seuil de pauvreté, en particulier les jeunes de moins de 25 ans. Cette frange de la population qui, de surcroît, est la plus touchée par le chômage vit un profond sentiment d’exclusion.  Exaspérés par les conditions de vie extrêmement difficiles, une majorité de Gabonais.es se tournent vers le secteur informel pour exercer de petits métiers sans protection sociale aucune. Les fruits de leur travail leur rapportent des revenus volatils et insuffisants face aux chocs économiques. Du fait des inégalités, de la pauvreté et du coût de la vie, notre pays présente une situation complexe qui est exacerbée par : Les conséquences sociales des inégalités économiques conduisent à une fracture financière et multidimensionnelle comme en témoignent les difficultés d’accès aux services sociaux. Les coûts d’accès aux services de santé sont onéreux malgré l’existence de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS). À l’échelle de l’éducation nationale, on ne parlera jamais assez du fossé entre les établissements scolaires privés aux effectifs raisonnables et ceux du secteur public saturés. Dans le domaine du logement les populations démunies occupent des habitations dans des zones sous intégrées, encore appelées « Mapanes », augmentant ainsi le taux de risques sanitaires et sécuritaires. Les solutions à la crise La situation inhérente aux inégalités économiques, à la pauvreté et au coût de la vie demeure complexe en République gabonaise. Pour autant, la tendance peut s’inverser à condition que l’État réduise sa dépendance vis-à-vis de l’extérieur et du pétrole, et transforme ses richesses naturelles en pouvoir d’achat réel pour le citoyen moyen. La lutte contre la vie chère, intensifiée au cours des 2 dernières années, s’est accompagnée de la stabilisation/suspension des prix sur certains produits de première nécessité et la création d’une Centrale d’Achat (CEAG) en vue de soulager les Gabonais.es économiquement faibles. Les contrôles sur le terrain se multiplient pour garantir l’application des prix fixés dans les supermarchés, les marchés et les quincailleries, notamment à Libreville. La nécessité de développer la production agricole pour réduire la dépendance aux importations dont le coût est estimé à plus de 500 milliards de francs CFA par an, est souvent évoquée comme solution à long terme. Malgré les efforts engagés, beaucoup reste à faire pour inscrire dans les faits les réformes nationales

ACCÈS À L’EAU POTABLE

Au Gabon, l’accès à l’eau potable et à l’assainissement reste profondément inégal. Selon les dernières statistiques, de nombreux villages n’ont pas de réseau fiable d’eau potable ni d’installations sanitaires adéquates. Cette situation entraîne une augmentation des maladies hydriques évitables, limite l’accès à l’éducation et freine le développement économique des provinces. Derrière les chiffres, il y a des vies et des droits bafoués. L’eau potable n’est pas un simple service  : elle est le socle de tous les autres droits. Sans eau propre, la santé se dégrade. Sans santé, l’éducation devient impossible. Sans éducation, les opportunités économiques se réduisent. Et sans emploi, la pauvreté s’installe et compromet la dignité individuelle et familiale. L’indignité silencieuse Au-delà des chiffres et des normes juridiques, l’absence d’eau potable met les familles face à un dilemme, celles-ci devant souvent choisir entre acheter de l’eau en bouteille ou subvenir à d’autres besoins essentiels comme la nourriture ou la scolarité. Cette réalité touche directement la dignité humaine et renforce les inégalités sociales. La responsabilité juridique de l’Etat Le Code civil impose à toute autorité de réparer le préjudice causé à autrui. L’absence de réseau d’eau potable et ses conséquences sur la santé, engage la responsabilité de l’État. Sur le plan international, la Charte africaine des droits de l’Homme et des Peuples consacre le droit à l’eau potable comme un droit implicite à la vie et à la dignité. La violation de ce droit peut théoriquement être porté devant ladite Cour. Au niveau national, la Constitution affirme la protection des droits fondamentaux et la conscience des enjeux environnementaux. Pourtant, sur le terrain, l’accès à l’eau reste inégal selon les provinces et les villages. Les conséquences sont visibles : maladies hydriques, absentéisme scolaire, réduction des opportunités économiques et renforcement de la précarité. Un enjeu stratégique et national Garantir l’accès à l’eau potable et à l’assainissement dans tous les villages du Gabon est un défi à la fois technique, politique et moral. Les infrastructures doivent être étendues et entretenues, les campagnes de sensibilisation sur l’hygiène doivent accompagner l’accès à l’eau, et le financement, public ou privé, doit viser la couverture universelle. Vers l’avenir : une vision prospective L’amélioration de l’accès à l’eau potable pourrait transformer profondément les villages gabonais. Moins de maladies, plus d’enfants à l’école, des familles libérées de la corvée quotidienne du transport de l’eau. L’eau deviendrait alors un levier de développement local et de justice sociale. Si l’État et les acteurs privés se mobilisent, les villages pourraient devenir des pôles de développement durable. Les habitants pourraient participer pleinement à la vie économique, sociale et politique du pays, donnant corps aux principes constitutionnels d’égalité et de protection des droits fondamentaux. L’accès à l’eau potable n’est pas un luxe : c’est un droit fondamental, et son accès universel constitue une priorité nationale incontournable pour la santé, l’éducation et le développement économique du Gabon.