Fondatrice et Directrice de Publication

Flavienne Louise Issembè

Journalistes Seniors

Yvette Bivigou
Martial Idundu
Flavienne Louise Issembè

Collaborateurs

Annie Mapangou
Eric Ozwald
Florène Okome Pambo
Tama Z’Akis

Equipe Technique

Chris Jonathan - Développeur
Gerald Boussougou - C. Manager
Andy G. K. Amiaganault - Cadreur
Hermann Oke Mve - Cadreur
Alain Wolbert - Cadreur
Delvane BKG - Cadreur

Contacts

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DIFFéRENTES CATEGORIES DE DROITS HUMAINS

Les droits humains sont de trois catégories. La première regroupe les droits civils et politiques. La deuxième concerne les droits sociaux, économiques et culturels. La troisième catégorie inclut les droits collectifs. Les droits civils et politiques, encore appelés libertés et droits fondamentaux, concernent le droit à la vie, le droit de vote, l’interdiction de la discrimination, de la torture, des traitements inhumains et de l’esclavage. La liberté de pensée, d’expression, de réunion, d’association, de religion, la protection de la vie privée et le droit à un procès équitable relèvent également de cette catégorie de droits. Les droits sociaux, économiques et culturels, communément appelés droits sociaux, englobent les droits au travail, à l’éducation, à la santé, au logement, à l’alimentation, à l’eau et à l’électricité. La participation à la vie culturelle, aux progrès scientifiques et la protection de la propriété intellectuelle sont d’autres droits sociaux. Les droits collectifs reconnaissent aux peuples le droit de disposer d’eux-mêmes, de leurs richesses et ressources naturelles. Le droit des femmes, des enfants, des migrants, le droit au développement, à la paix et à un environnement propre en sont d’autres composantes majeures. Une nouvelle catégorie de droits, appelée droits numériques, est spécifique aux nouvelles technologies. Elle vise la protection de la propriété intellectuelle, d’une part, et celle de la vie privée qui est mise à mal par la collecte informatique des données, d’autre part.

LES TRENTE DROITS HUMAINS ELEMENTAIRES

Tous egaux en dignite et en droits

La reconnaissance et la protection de la dignité humaine sont au cœur des droits de l’homme. Ce concept, qui remonte à la nuit des temps, a franchi une étape majeure le 10 décembre 1948 avec l’adoption, dans le cadre de l’Assemblée générale des Nations unies, de la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH). En son article 1er, la DUDH dispose que : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. » Outre leur caractère universel, les droits humains sont inaliénables, imprescriptibles, interdépendants et d’égale importance. Violer un seul droit est une atteinte aux autres droits. En réaliser un est tributaire de la réalisation d’un autre. A titre d’exemple, être en bonne santé impacte notre capacité à nous instruire et à travailler. Inversement, l’instruction et le travail couplés à une alimentation saine et équilibrée sont des facteurs clés de bonne santé. Conçus pour nous protéger contre les injustices, les inégalités et les abus de pouvoir de tous ordres, les droits humains régissent nos rapports avec autrui et les pouvoirs publics, définissent les droits et les devoirs de chacun, l’objectif étant de préserver l’ordre public, la paix et la stabilité. Pour autant, l’effectivité des droits humains au Gabon est mise à mal, entre autres, par l’exercice non démocratique du pouvoir, les inégalités et les injustices sociales. Tout citoyen lésé dans ses droits peut saisir les instances nationales, régionales et/ou internationales compétentes pour s’informer, protéger et défendre ses droits. Au niveau national, les droits de l’homme et les libertés fondamentales sont garantis par la Constitution et par l’entremise des juridictions de droit commun, la Cour constitutionnelle, le Parlement, la Commission nationale des droits de l’homme, les organisations de la société civile et le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale. Le Gabon a été élu en 2020 au Conseil des droits de l’homme (CDH) de l’Organisation des Nations unies (ONU) pour un mandat de trois ans. A l’occasion de la 52e session du CDH de l’ONU, tenue à Genève du 27 février au 31 mars 2023, le Gabon a soumis des rapports périodiques sur les avancées en matière de respect des droits économiques, sociaux et culturels et de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels au Gabon

QUI SOMMES-NOUS ?

« Vivre », votre magazine trimestriel sur les droits humains au Gabon, est disponible en ligne. Cette publication didactique, pratique et factuelle traite exclusivement, en toute clarté, impartialité et rigueur, et avec l’appui d’analyses de professionnels du droit, de l’ensemble des droits humains. Ce dispositif inclut les droits sociaux, économiques et culturels, civils, politiques et collectifs. A cet égard, votre magazine traite des événements et des avancées le concernant, d’une part, et de l’évolution des lois promulguées en République gabonaise, d’autre part. Nous prodiguons également des conseils pratiques sur les limites à ne pas franchir dans la jouissance de vos droits. Nul, en effet, ne peut en user s’il ne respecte ses devoirs vis-à-vis d’autrui. « Vivre » est né de la volonté d’une équipe multidisciplinaire, à l’écoute du public et soucieuse de répondre aux questions de celui-ci. Un sacerdoce et une source d’enrichissement permanent. Notre devoir est de vous informer dans les règles de l’art, de collecter des informations fiables et de faire de votre magazine une référence en matière d’information, de communication et de promotion des droits humains et leurs valeurs. Au sommaire de cette édition gratuite, nous nous penchons sur la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) et la violence domestique sous toutes ses formes, qu’elle soit physique, sexuelle, psychologique ou économique.

ILS ONT DIT

. « La suspension des réseaux sociaux a un impact direct sur notre travail, notamment en matière de collecte d’informations, de visibilité des contenus et de relation avec l’audience…Aux autorités gabonaises, nous souhaitons rappeler l’importance de la liberté d’informer et de l’accès aux réseaux sociaux. » Roselyne Bekale. Journaliste « Cette mesure est extrême. Si l’Etat considère que certains commentaires, certains posts troublent l’ordre public ou vont à l’encontre des valeurs morales, il devrait suspendre et bloquer les coupables par des moyens techniques via ses services de télécommunication. » Stéphanie « La HAC ne peut pas, par un simple communiqué, suspendre une liberté que les Gabonais ont de par la Constitution. C’est extrêmement grave. Il faut identifier les personnes qui sont des contrevenants aux dispositions légales. Le Code de la Communication est là : la responsabilité est personnelle. Me Francis Aubame. Juriste & Président du Parti des Souverainistes Écologistes « Le gouvernement reste profondément attaché au principe de la liberté d’expression.  Cependant, la liberté ne saurait s’exercer sans responsabilité. C’est pourquoi nous avons engagé un processus de réformes visant à adapter notre cadre juridique aux réalités du numérique. » Charles Edgard Mombo. Porte-Parole du Gouvernement « La réouverture des réseaux sociaux se fera sous contrôle avec un encadrement légal renforcé, la responsabilisation des internautes et la priorité à la cohésion sociale et la sécurité nationale. » Germain Biahodjow. Ministre de la Communication et des Médias

CONSEILSPRATIQUE 2

Connaître et défendre ses droits est un droit fondamental de tout être humain. Préalable à toute action en justice, l’information peut vous aider à entreprendre les démarches qui s’imposent si vous estimez être lésé dans vos droits. Mais, où s’informer et qui est le mieux placé pour vous informer ? Il existe une multitude de sources d’information. La première se trouve être souvent au plus près de vous. Il peut s’agir d’un parent, d’un ami ou d’un collègue. Outre votre entourage immédiat, il y a les publications, les professionnels du droit, les organes de défense des droits de l’homme et les médias y compris le magazine « Vivre » Professionnels du droit Il existe différentes catégories de professionnels du droit, à savoir les magistrats, les avocats, les notaires, les conseillers juridiques, les huissiers de justice et tout juriste reconnu. Ils sont tenus au secret professionnel. L’avocat conseille tout justiciable, personne physique ou personne morale (entreprise, par exemple), qui est son client et le défend en cas de besoin devant les tribunaux et les cours. Le notaire intervient dans divers domaines. Au plan familial, il conseille ses clients dans la rédaction et la validation des contrats de mariage, des testaments et des règlements de succession. Il peut également gérer les affaires et les biens patrimoniaux (immobilier et mobilier). L’huissier de justice constate les faits en tant que preuves, étant entendu que tout ce qui a été constaté par acte ou exploit d’huissier vaut jusqu’à inscription de faux. Il faut noter que l’huissier de justice n’est pas un avocat, qui est le seul professionnel habilité à défendre un tiers devant la justice. Il notifie les décisions de justice aux différentes parties au procès et peut aussi, sur cette base , les exécuter en cas de condamnation à une amende ou à des dommages et intérêts. Il peut aussi, par ses actes, prévenir tout citoyen de la date de son procès. Institutions de protection des droits de l’Homme Les institutions de protection des droits de l’Homme ont été conçues pour protéger et veiller à la mise enœuvre des droits de l’Homme. Elles sont aux niveaux national, régional et international. Institutions de protection des droits de l’Homme Niveau national Juridictions de droit commun Parlement Gouvernement Autorités administratives indépendantes : Commission nationale des droits de d’Homme, Hauteautorité de la communication, Commission nationale de lutte contre l’enrichissement illicite,Autorité de régulation des communications électroniques et des postes , Médiateur de la République Organisations de la société civile Niveau régional Union africaine  Comité africain d’experts sur les droits et le bien-être de l’enfant Commission africaine des droits de l’homme et des peuples Cour africaine des droits de l’homme et des peuples Niveau international Institutions spécialisées des Nations unies : Conseil des droits de l’Homme, Haut Commissariat desNations unies aux droits des de l’Homme, Amnesty International Cour internationale de justice Cour pénale internationale Organisations de la société civile Publications Pour l’essentiel, il s’agit des textes et des documents suivants : Déclaration universelle des droits de l’homme Convention relative aux droits de l’enfant Charte africaine des droits de l’homme et des peuples Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme relative à la jeunesse Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme relative à la femme Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant Constitution de la République gabonaise Hebdo Info Guide gabonais « Tes Droits Humains » Médias Les droits de l’Homme ou droits humains ne sont pas largement couverts par les médias. Néanmoins,quand l’actualité l’exige, des informations sur la question sont diffusées à la radio, à la télévision et dansla presse écrite. Les réseaux sociaux sont une autre source d’informations à analyser avec prudence. Défendre vos droits La défense de vos droits est un volet majeur de la promotion des droits humains. Toute personne quis’estime lésée dans ses droits doit saisir l’institution compétente pour bénéficier de son aide. Biencommuniquer facilitera votre démarche. Cette étape exige néanmoins certains préalables. Vous devez Dire pourquoi vous voulez intenter une action en justice, Dire pourquoi vous estimez être dans votre droit et si la partie adverse a enfreint la loi, Exposer clairement les faits, Justifier ce que vous réclamez à la partie adverse, Vous munir de vos preuves et les présenter. Connaître et défendre ses droits est un travail de longue haleine que nul ne peut à lui seul relever tant le dispositif des droits humains est vaste et complexe. Toute personne, y compris les jeunes, les femmes, les veuves et les parents, devrait s’en imprégner, l’objectif étant de se protéger, de vivre dignement et en sécurité. N’oublions pas que nous naissons avec des droits y compris celui d’avoir un acte de naissance. Flavienne L. Issembè Source Juridique

LA FISSURE SOCIALE

Une crise de confiance sans précédent ébranle les fondations mêmes de la gouvernance sous la 5ème République. Du salarié urbain au cultivateur provincial, chaque Gabonais exprime un ras-le-bol légitime face à des institutions perçues comme opaques et déconnectées des souffrances du quotidien. Selon Ange Kevin Nzigou, avocat et président du Front Démocratique Socialiste (FDS), cette crise démontre que les Gabonais n’ont plus confiance en la parole publique. Il appelle les tenants du pouvoir à « considérer les cris du Peuple. Dans le cas contraire, la situation ne feras qu’empirer. Eric Ozwald l’a rencontré.

« LA SUSPENSION CONSTITUE UN ACTE DE SOUVERAINETÉ… »

« Sous la Très Haute Présidence de Son Excellence Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, Président de la République, Chef de l’État, Chef du Gouvernement, le Conseil des Ministres s’est réuni ce jeudi 26 février 2026, à 11 heures, au Palais de la Présidence de la République, dans sa salle habituelle des délibérations. Dès l’ouverture de la séance, le Chef de l’État a tenu à recadrer avec fermeté le débat national relatif à la suspension temporaire de l’accès à certains réseaux sociaux. Il a rappelé que cette décision ne procède ni d’une improvisation, ni d’une volonté de restreindre les libertés fondamentales. Elle constitue un acte de souveraineté et de responsabilité, dicté par l’impératif de protection de l’ordre public, de préservation de la cohésion nationale et de sauvegarde de la dignité des Institutions républicaines. » « Le Président de la République a souligné que, depuis plusieurs mois, il avait appelé à une anticipation rigoureuse des dérives observées dans l’espace numérique, devenu le vecteur de campagnes organisées de diffamation, de manœuvres de déstabilisation et d’instrumentalisations politiques inacceptables. Face à une coordination insuffisante et à un déficit d’anticipation dans la réponse apportée à ces menaces, le Gouvernement a été conduit, sous son autorité, à recourir à cette mesure exceptionnelle. » « Par nature transitoire, cette suspension ne constitue pas une finalité, mais un signal d’autorité et de responsabilité. Elle rappelle l’exigence d’anticipation stratégique et de solidarité gouvernementale dans la gestion des enjeux contemporains. Le Chef de l’État a réaffirmé que l’encadrement du numérique se fera dans le strict respect de l’État de droit, tout en établissant les garde-fous nécessaires contre toute tentative de déstabilisation nationale. » Source : gouvernement.ga

POEME

Confinement ! Qui es-tu ? D’où viens-tu ? On ne le saura peut-être jamais, mais, Nous désirons, vivement, que ton navire Fasse naufrage et que tu ailles sous d’autres cieux. On ne le saura peut-être jamais, mais, Nous voulons être libres et maîtres De nos envies, de nos mouvements. Nous voulons Savourer merveilleusement le coucher du soleil. Et ne plus voir nos maisons comme des prisons. Nous crions en chœur : LIBERTE ! LIBERTE !. Tu ne nous ôteras pas le plaisir. De rêver d’un lendemain meilleur.

ACCES DES JEUNES DES MILIEUX

Toute personne, en particulier les jeunes, doit pouvoir jouir de ses droits pour s’épanouir, mener une vie digne et décente. Il existe de nombreux textes afférents aux droits des jeunes dans notre pays. En s’appuyant sur des instruments régionaux et internationaux garantissant ces droits, le Gabon s’est doté, au cours des vingt-cinq dernières années, d’un arsenal juridique visant la protection de leurs droits fondamentaux. Ce dispositif inclut la loi 39/2010 du 25 novembre 2010 portant régime judicaire de protection des mineurs, le décret 243 du 12 avril 2002 instituant la distribution des manuels scolaires et l’arrêté 12 du 30 novembre 1985 portant création d’une école pour enfants sourds-muets. D’autres textes tels que la Constitution, le Code civil et le Code de protection sociale dans la sous-région d’Afrique centrale visent la promotion de l’épanouissement des jeunes. Paradoxalement, de nombreux jeunes sont confrontés à la dure réalité du chômage, aux problèmes de logement, de santé et d’éducation. Les jeunes des milieux défavorisés, groupe le plus exposé à la maladie et aux tentations de tous ordres, en savent quelque chose. Le cas de Juliana, 13 ans, qui vit dans un chantier forestier à Bitam, au nord du Gabon. « L’école la plus proche de chez moi est située à plusieurs kilomètres. Mes parents n’ayant pas les moyens d’assurer mon transport, je n’ai pas d’autre choix que de rester à la maison. » « Les droits sociaux ne concernent pas tout le monde », déplore Maman Bernadette. Cette mère de famille de 53 ans et femme de ménage dans une école dit ne bénéficier d’aucune aide de l’Etat. « Je nourris mes enfants grâce à mon maigre salaire de ménagère. » Yann Stephen Otsika, paire éducateur de 26 ans, estime, quant à lui, que « les jeunes des quartiers défavorisés, tout comme ceux des milieux ruraux, ont un accès limité à la santé, à l’éducation et à l’emploi du fait de l’absence de formation, de campagnes d’information et de sensibilisation à la citoyenneté, à la santé sexuelle et aux droits humains ». Joseph, un jeune Librevillois au chômage, affirme que « les jeunes des quartiers défavorisés n’ont pas accès aux besoins primaires, y compris l’eau et l’électricité. En outre les problèmes inhérents à leur environnement, tels que la violence et la discrimination, ne favorisent guère leur épanouissement social». Pour Patrice Thérence Mezui M’Evoung, le président de la Ligue estudiantine des droits de l’homme à l’Université Omar Bongo (UOB), « si les textes juridiques garantissent l’accès des jeunes aux droits sociaux, il n’en demeure pas moins que la difficulté se situe au niveau de leur effectivité. Il n’y a pas un réel suivi des autorités publiques dans l’application des droits sociaux ». Un avis que partage sa condisciple Aya Mivingou Fall, qui dénonce « le manque de vulgarisation des droits sociaux ». Mais, selon une autre étudiante, Estere Matsemba, dans le domaine de la santé, par exemple, la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) facilite l’accès aux soins dans les hôpitaux publics aux Gabonais économiquement faibles. Pour Jerry Bibang Bi Ondo, secrétaire permanent du Réseau panafricain des jeunes pour la culture de la paix, au niveau de l’école, il y a des établissements publics, comme le lycée Paul Emane Eyeghe d’Oloumi, qui accueillent les jeunes défavorisés. Au regard de toutes ces réactions, l’accès aux droits sociaux pour les jeunes des milieux défavorisés est mitigé. C’est un contraste, quand on sait que le Gabon, peuplé d’à peine 2 millions d’habitants, regorge d’immenses richesses du sol et du sous-sol et de terres arables. Adiza Adamou