Flavienne L. Issembè

À QUAND UNE INDUSTRIE DU CINÉMA ?

La question est récurrente. À quand une industrie gabonaise du cinéma ? Après quelques films à succès diffusés dans les années 80-90 dans les salles de cinéma de Libreville, Port-Gentil, Lambaréné, pour ne citer que celles-ci, et au Burkina-Faso dans la cadre du FESPACO, le cinéma gabonais a connu  des difficultés majeures aux plans de la production, du financement et de la distribution.  Néanmoins, depuis quelques années, l’espoir renait de voir briller de nouveau le septième art avec en sus la réouverture des salles de cinéma et la création d’une industrie. Le public en général et le monde cinéma en particulier y croient fortement. https://youtu.be/A3QciDJmIl4 DE L’INFORMATIQUE AU CINÉMA Né il y a 54 ans à Mounana, au Gabon, Fernand Lepoko est réalisateur et producteur de films à effets spéciaux, de clips vidéo et des spots publicitaires. Ne nous arrêtons pas en chemin. Il est également réalisateur de documentaires et de séries. Sa carrière dans le cinéma démarre il y a 25 ans. Le rêve de devenir informaticien s’évanouit. Pas tout à fait. L’ordinateur investit le cinéma et l’audiovisuel. Indispensable à la création de films avec effets spéciaux, un domaine qu’affectionne Fernand, l’informatique a encore un bel avenir devant lui au cinéma. Dans son bureau, au 2ème étage de l’IGIS, l’Institut gabonais de l’image et du son, Fernand Lepoko nous invite dans son monde. Un moment de partage sur l’univers cinématographique gabonais et son évolution au fil du temps. https://youtu.be/2_HTpiIkb5Q

ALERTE !

« L’artiste ne vit pas de son art. Pourtant, nous avons un statut qui, malheureusement, n’est pas suivi d’effet. Il n’y a ni application de la loi, ni mesures d’accompagnement. » Sans fard ni artifice, le dramaturge, comédien et écrivain gabonais, Dominique Douma, alerte sur le mal-être de l’artiste, ses conditions de travail et d’existence. « Le tableau est très sombre. L’artiste, qui n’est pas protégé, accepte sa condition quand il se produit en spectacle.   Il accepte ce qu’il perçoit, mais sans pour autant se mettre à genou devant un utilisateur. » Au nom de la dignité humaine, Dominique Douma plaide pour une reconnaissance effective et une rémunération équitable de l’artiste, car tout travail mérite salaire. « Il faut légaliser, institutionnaliser des barèmes de production pour récompenser la prestation d’un artiste. » Il estime que  ses prestations  doivent être  négociées dans le cadre d’une convention et d’un contrat.  Selon le dramaturge, l’artiste évolue actuellement sans contrat. Chaque parti, en l’occurrence l’État et l’artiste, devrait jouer sa partition et prendre des décisions pratiques. « Il faut un ordre d’exécution que tout le monde doit brandir avant de prester et de faire appel à un artiste. » « Il y a urgence à mettre en place des espaces de diffusion, des salles de spectacles, des maisons de la culture , et à œuvrer à l’application effective des droits d’auteur.» Dominique Douma déplore l’utilisation sauvage des œuvres d’art, le non-paiement des droits d’auteur en raison notamment de la léthargie de l’État. Il invite ce dernier à dire aux bars, aux hôtels et aux espaces publics qui utilisent la musique ou reçoivent des acteurs de théâtre, de payer les droits d’auteur. Poursuivant notre entretien, nous abordons la question majeure de la conscientisation du public qui est à reconquérir pour que les Gabonais y compris le régime en place respectent l’artiste. Rendant hommage aux hommes et aux femmes de sa profession, D. Douma rappelle au monde le rôle majeur de l’artiste dans la société en tant que créateur, observateur et messager. « L’artiste est un grand observateur qui véhicule l’image de la société à travers son œuvre et alerte une fois qu’il a fait le tour de tout pour que, peut-être, nous essayons de vivre dans la félicité. ».

UN TALENT. UNE VOIX. UN MESSAGER.

« Il faut prêter attention aux messages artistiques pour que demain soit peut-être meilleur…Nous ne sommes pas les ennemis de la société. Nous sommes plutôt des guides de la société. »    Dominique Douma Écrivain.   Les lumières de l’auditorium du complexe scolaire Michel Dirat s’éteignent. L’obscurité se drape de luminaires rouges. Le silence s’installe. Les comédiens entrent en scène. Le jeu s’anime et prend vie. Opérant sa magie à travers la gestuelle, la voix et le message qu’il porte, l’Artiste déroule son talent. Le public retient son souffle. Écrit et mis en scène respectivement par Yann Amir Saint-Onge Nzigou, deux figures montantes de la scène artistique gabonaise, « sur le dos de la tortue » a clôturé, le 28 juin 2025, le Festival Coup de Théâtre crée et dirigé par Dominique Douma, dramaturge, comédien et écrivain gabonais. La pièce met en scène des comédiens talentueux.  Clodrey Bekale, Phèdre Biloghé Ngoua, Amida Motsinga, Doris Magninga, Valeni Menie, François Mezui et Iris Zang s’embarquent dans un mystère mêlant intrigue et suspense, qui menace la sécurité nationale. Trois agents secrets tentent de résoudre l’énigme. Au fil de la pièce, le jeu des comédiens et des comédiennes accroche le public. Une heure après, les langues se délient. De l’avis de certains spectateurs, « la pièce est une leçon de vie, un reflet de la société dans toute sa splendeur et ses travers. » Née de l’émotion, de l’expérience subjective et de la vision que l’artiste a de la société, les œuvres de l’esprit sont le fruit de son activité créatrice dans les domaines du théâtre, du cinéma, de la musique, du chant, de la danse, de la peinture ou de la sculpture. Maillon incontournable de la société, l’artiste consacre de longues heures de travail à son œuvre, parfois au prix d’énormes sacrifices. L’observateur, le libre penseur, l’éveilleur de conscience ou le perturbateur en lui véhicule des messages et des vérités qui incitent à la réflexion, à la prise de conscience, à l’action. Aimé, adulé ou honni, l’artiste est et demeure. Pour autant, combien sont morts ici et ailleurs pour avoir osé dire la vérité et condamné qui une injustice, qui un système politique qui ne tolère ni critique ni remise en question de l’ordre établi, et foule au pied les droits fondamentaux de la personne. L’application effective des droits de l’artiste interpelle plus que jamais les tenants du pouvoir à restaurer la dignité de l’artiste, son statut et son traitement, ainsi que les hommes et les femmes qui font de l’art leur métier à travailler main dans la main pour que vivent l’artiste et son œuvre dans les meilleures conditions qui soient. Le bon sens impose un changement de paradigme basé sur l’application effective des droits de l’artiste consacrés par la Constitution nationale et « la loi N° 006/2024 du 21/07/2024 portant ratification de l’ordonnance n°0010/PR/2024 du 26 février 2024 modifiant et complétant certaines dispositions de la loi n°16/2023 du 08 août 2023 portant statut de l’artiste ou de l’acteur culturel en République Gabonaise. »

LE LABEUR DU SCULPTEUR DE MBIGOU

Il est le digne héritier d’une lignée de sculpteurs, d’un père qui l’a initié dès son jeune âge au travail de la Pierre de Mbigou. Evariste Domba nait et grandi au cœur des montagnes et des rivières de la ville de Mbigou, chef-lieu du département de la Boumi-Louetsi, dans la province de la Ngouniè au Sud du Gabon. Après son apprentissage, il rejoint le village artisanal de la Pierre de Mbigou à Libreville aux côtés de son père et d’autres sculpteurs. À travers des personnages, des bustes de femmes, des animaux et la carte géographique du Gabon, Evariste s’impose et se fait un nom. Ses œuvres fascinent l’artiste et les amoureux de l’art. Toutefois, les sculpteurs de pierre de Mbigou font face à l’instar d’autres artistes à la non-reconnaissance effective de leur travail, aux conditions de travail difficiles et la lenteur de l’application effective de leurs droits. https://youtu.be/YQvkLBSRPs8 https://youtu.be/ze0-Y5iYsPQ

STATUT ET TRAITEMENT DE L’ARTISTE

Quelle est la place de l’artiste dans la société gabonaise ? Dans un entretien exclusif, Dominique Douma livre son point de vue sur la question. De la reconnaissance effective de l’artiste à l’amélioration de ses conditions de travail, l’écrivain et dramaturge gabonais tire la sonnette d’alarme : « Tout travail mérite salaire. Il faut légaliser, institutionnaliser des barèmes de production pour récompenser la prestation d’un artiste. Ses prestations doivent être négociées dans le cadre d’une convention et d’un contrat. »     https://youtu.be/LrCjI9tbb80 « L’ARTISTE EN MOI » Écrivain, comédien et dramaturge, Dominique Douma n’en finit pas de surprendre son public. L’artiste en lui est et demeure. D’un livre à un autre, d’une pièce de théâtre à une autre, il conte l’histoire sans fin de la beauté, des travers de la vie et du pouvoir, de la soif de liberté et de créativité de l’artiste. Son franc parler, sa vérité sur l’univers de l’artiste et le monde qui l’entoure invite à l’écoute et à la réflexion. Découvrons l’artiste en Dominique. https://youtu.be/4VRIJckuQHA

COMMUNIQUER

Pamphile Mebiame-Akono est linguiste. Il est le premier Gabonais à être professeur titulaire en pragmatique des interactions verbales. Il commence sa carrière à l’Université Omar Bongo en 2001. Son intérêt pour la fabrication du discours dans l’espace publique et, partant, pour la communication nous a tout naturellement mené à lui pour un entretien sur la communication entre la presse et le politique. De fil en aiguille, le Pr Mebiame-Akono s’interroge sur une question que d’aucuns, y compris des journalistes, se posent. La question a trait à la capacité de la presse d’être le quatrième pouvoir, libre dans ses propos et indépendant du système politique quel qu’il soit. Pour autant, l’universitaire relève une note d’espoir et conclut par des conseils on ne peut plus utiles. 

LE RÊVE OU LA VOIE DU POSSIBLE

Que serait le monde si le rêve n’y avait pas sa place ? Alors, laissons libre cours à des lendemains où le Journaliste pourra, enfin, Vivre sans crainte aucune. Ni pour sa sécurité, ni celle de son entourage. Finies l’expression bâillonnée, la censure et les arrestations arbitraires. Ce n’est qu’un rêve, me direz-vous. Mais du rêve nait le possible grâce auquel nombre d’hommes et de femmes deviennent et demeurent journalistes.  D’autres avant nous y ont cru et sont allés au bout de leurs aspirations. Au commencement, dans les temps anciens, était la transmission orale des nouvelles, puis vinrent, au 15ème siècle, les premiers manuscrits auxquels succéda la presse imprimée au siècle suivant. Quatre cent ans plus tard, la radiodiffusion, la télévision et Internet s’invitèrent, respectivement en 1907, 1925 et 1983. La révolution médiatique née en Occident a, depuis, franchi les frontières. Pris dans le tourbillon de l’histoire, le continent africain, culturellement ancré dans la tradition orale, se tourne vers les médias. Au Gabon, les premiers supports d’information apparaissent à l’ère coloniale, plus exactement en 1922 avec le Journal l’Écho du Gabon de Laurent-Cyr Justinien Antchouey et Louis-Émile Bigman Indjôngô. En 1959, un an avant l’accession du pays à l’indépendance, nait Radio Gabon sous feu le président Léon Mba, suivie en 1960 par l’Agence gabonaise d’information (AGI) et le journal Gabon Matin, la Radiodiffusion-Télévision gabonaise (RTG 1) et l’Agence gabonaise de presse (AGP), respectivement en 1963 et 1966 Le paysage médiatique change progressivement avec l’avènement de nouveaux médias d’information, notamment : le quotidien l’Union (1973), la Radiodiffusion-Télévision gabonaise Chaine 2, RTG 2 (1977), Radio Africa No 1 (1981), TéléAfrica (1995), Gabon 24 (2012).  Le bond démocratique, consécutif à la Conférence nationale de 1990, ouvre la voie au multipartisme et à la presse plurielle qui, à quelques exceptions près, est sous la coupe des partis politiques proches du pouvoir ou de l’opposition. Indépendance, liberté d’expression et autres droits de la presse entre 1960 et 2023 Proclamés et reconnus dans la Constitution et le Code national de la Communication, les droits de la presse, hélas, sont loin d’être effectifs sous le règne de feu le Président Léon Mba, de feu le président Omar Bongo Ondimba et de son fils Ali. Néanmoins, ce dernier contrairement à ses prédécesseurs n’a incarcéré aucun journaliste durant son règne qui a pris fin le 30 août 2023 suite au coup d’État du Comité pour la transition et la restauration des institutions. Pour autant, des zones d’ombre demeurent au vu des revendications de la corporation. Celles-ci incluent notamment  Le droit d’accès à toutes les source d’information aux fins de mener des enquêtes, de collecter et diffuser l’information sans entrave ni pression aucune. La mise en place d’un environnement professionnel sécurisé où il fait bon travailler. La formation et le renforcement continus des compétences de tous. De meilleures conditions de vie et de travail basées sur l’allocation de salaires décents. En outre, le 05 avril dernier, le Groupe de presse Super Star a fait une déclaration sur la gestion opaque et la répartition inégale de la subvention à la presse privée pour le compte de l’année 2024. Son porte-parole, Rhonny Placide Obame, a dénoncé le manque de transparence du ministère de la Communication et appelé à :  La publication intégrale de la liste des organes bénéficiaires, accompagnée des montants accordés à chacun. La communication des critères de sélection et des modalités d’évaluation retenus. Une explication précise sur les écarts jugés abusifs entre certains montants attribués et la réalité sur le terrain. La presse, en tant qu’outil de diffusion de l’information, des idées et des opinions, et promoteur de liens sociaux, joue un rôle fondamental dans le processus de développement national. Ce rôle gagnerait à s’intensifier à condition que la profession journalistique soit reconnue à sa juste valeur et que ses agents puissent jouir du plein exercice de leurs droits. L’application effective des droits de la presse et des devoirs qui en découlent est essentielle pour que prévalent la dignité, le bien-être et, partant, l’épanouissement personnel et professionnel du journaliste et des autres agents de la presse. Croyons en nos rêves. La lumière est au bout du chemin.      

RÔLE ET RESPONSABILITÉ DU JOURNALISTE

La presse joue un rôle fondamental dans la société. Les hommes et les femmes qui la portent ont la noble mission et la responsabilité d’informer le public dans les règles de l’art en ayant à l’esprit les droits et devoirs qui guident leur profession. Dans une interview accordée au Magazine « Vivre », le journaliste Anaclet Ndong Ngoua lève le voile sur le rôle et la responsabilité du journaliste, son rapport à la démocratie et sa quête pour un mieux-être et un mieux vivre.

DIAGNOSTIC DE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE

Le journalisme est un métier fascinant et passionnant qui confère des droits et des devoirs aux hommes et aux femmes qui exercent ce métier. Dire la vérité, être rigoureux dans la collecte, le traitement et la diffusion de l’information figurent au nombre des devoirs du journaliste. La liberté d’expression est un droit fondamental de la presse. Culturellement ancré dans certaines sociétés, notamment en Occident, ce droit est encore semé d’embûches au Gabon.  Suivons les journalistes Anaclet Ndong Ngoua et Jérémie Nzamba. 

VÉRONIQUE NIANGUI

Véronique Niangui est journaliste. Le choix d’embrasser cette carrière remonte à son adolescence. Après le bac, elle s’inscrit au Centre universitaire des sciences politiques et de développement (Cuspod), à Libreville. Son diplôme en poche, elle intègre le quotidien « l’Union », où elle déroule toute sa carrière professionnelle. Fonctionnaire du ministère de la Communication, puis attachée de cabinet du doyen des juges à la Cour constitutionnelle, Mme Niangui prend sa retraire. Après trente-trois ans de bons et loyaux services, elle est honorée de la médaille de Commandeur dans l’ordre du Mérite gabonais. Aujourd’hui, entourée de ses enfants et petits-enfants, elle se consacre à la lecture, à la plage, au sport, notamment la randonnée pédestre, grâce à une association de son quartier, pour maintenir la forme. Elle voyage et collabore occasionnellement dans un groupe de presse écrite. Nous l’avons rencontrée récemment.  Son histoire prend racine à Lébamba, dans la province de la Ngounié, où elle est née.  https://youtu.be/bfeoyPEF06c

MEMBRES DE L’ÉQUIPE
 

Fondatrice – Directrice

 

Flavienne Louise Issembè

 

Journalistes seniors

 

Yvette Bivigou

Martial Idundu

Flavienne Louise Issembè

 

Collaborateurs et Collaboratrices

 

Annie Mapangou

Eric Ozwald

Florène Okome Pambo

Tama Z’Akis

 

Equipe WEB

 

Chris Jonathan G. – Développeur
Yourick Seh Obame – Webdesigner
Gerald Boussougou – Com. Manager

 

Cadreurs et/ou Photographes

 

Andy G. Amiaganault

Herman Oke Mve

Alain Wolbert
Delvane BKG

 

CONTACTS

infomagazinevivre@gmail.com

+241 62 71 98 92

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