Flavienne L. Issembè

CITOYENNETÉ

Qui est Me Marlène Fabienne Essola Efountame ?  Au premier regard, cette jeune gabonaise captive son auditoire par sa maîtrise du droit, son intelligence, son sens de la répartie et sa capacité à oser. Et qui ose ne baisse pas les bras. À l’instar de 13 des 19 postulants à l’élection présidentielle du 12 avril prochain, dont la candidature a été rejetée par la CNOCER, Me Essola Efountame a saisi la Cour Constitutionnelle dont le verdict est attendu ce jeudi 20 mars. Elle est conseillère juridique, défenseure des droits humains y compris le droit à la Citoyenneté. Dans une interview au Magazine « Vivre », Me Essola Efountame s’explique sur l’importance que revêt la connaissance de nos droits et devoirs en tant que Citoyen et Citoyenne pour le bien-être individuel et sociétal, et la stabilité nationale.

GEOFFROY FOUMBOULA LIBEKA

« Si c’était à refaire, je le referai et ne changerai pour rien au monde ma posture qui est la mienne aujourd’hui. » Le regard sincère et le parler franc de Geoffroy Foumboula Libeka n’ont pas bougé d’un iota.   « Vivre » en a fait le constat lors de l’entretien qu’il nous a accordé en sa qualité de 4ème vice-président de l’Assemblée nationale de la Transition gabonaise.   À quelques semaines de l’élection présidentielle anticipée du 12 avril, Geoffroy Foumboula Libeka livre sa vérité sur le Parlement, le Code électoral, le changement du calendrier électoral et sa relation à la Transition.

FINANCEMENT DES CAMPAGNES ÉLECTORALES

Le Gabon s’achemine-t-il, enfin, vers la mise en place d’un cadre de financement des campagnes électorales fiable et sécurisé ? Cette question est au cœur de notre entretien avec Me Gira Ondzagha, juge financier à la Cour des comptes et membre du Comité national qui a élaboré le nouveau Code électoral national.   De fil en aiguille, l’expert lève le voile sur d’autres points majeurs, notamment : le plafonnement des dépenses engagées, le contrôle des comptes des campagnes électorale, les mécanismes devant garantir la transparence du financement et les sanctions prévues par la loi contre les auteurs de détournements de fonds.   Gros plan sur les innovations du nouveau Code électoral en matière de financement des campagnes électorales.

LE NOUVEAU CODE ÉLECTORAL EN QUESTION 

Doit-on craindre une fracture socio-politique en 2025 ? À quelques mois de l’élection présidentielle qui revêt une importance capitale pour l’avenir de la Nation, les réactions occasionnées par les réformes constitutionnelle et électorale initiées par les autorités de la Transition interpellent les populations, le passage d’un ordre politique ancien à un nouveau pouvant engendrer des changements salutaires ou non pour la stabilité nationale.   On a en mémoire les dissensions entre partisans du Oui et du Non autour du projet de nouvelle Constitution nationale. L’histoire se répète dans le cadre de la mise en place d’un nouveau système électoral alors même que le projet de loi organique portant Code électoral en République gabonaise, examiné en Conseil des ministres le 05 janvier, réunit du 10 au 20 janvier le Parlement en session extraordinaire en vue de son adoption.   Le projet de Code électoral, la nouvelle Constitution nationale et le CTRI ont fait l’objet, le 8 janvier, d’une déclaration publique en 5 points d’Ali Akbar Onanga, Alain Claude BiIlie-By-Nze, Pierre Claver Maganga Moussavou et Albert Ondo Ossa, responsables de l’Initiative pour des élections post-transition pacifiques, démocratiques, inclusives, libres et transparentes au Gabon.   Les « 4 » dénoncent l’opacité des décisions et la gestion du Comité pour la Transition et la Restauration des institutions (CTRl) qui profite davantage aux militaires en place qu’à l’intérêt national. En conséquence, ils exigent :   Le retour impératif des militaires du CTRI dans les casernes à l’issue de la Transition avec interdiction formelle pour tout militaire du CTRI de se porter candidat aux prochaines élections. Le retour à la Constitution de 91, modifiée par la loi référendaire de 95 sur laquelle pourrait être apportée les modifications nécessaires justifiées par le nouveau contexte politique.  La nécessité urgente de revoir de manière exhaustive la loi électorale actuelle. » La mobilisation générale du peuple gabonais.  La communication immédiate et transparente du chronogramme détaillé de la Transition. « Le Gabon est une République. Cela signifie que notre pays n’est ni la propriété d’un humain, ni d’une caste, ni d’une minorité privilégiée mais, qui appartient à tous les Gabonais sans distinction », indique la Déclaration. »   Par ailleurs, des voix à l’instar de celle de Me Yasmina Marat-Abyla ont déploré la composition du Comité national chargé de l’élaboration de l’avant-projet du Code électoral (CNEAPCE) qui faisait la part belle aux partisans du Oui à la Constitution nationale. Dans une interview accordée à « Vivre », la juriste en droit international et membre du Réseau des défenseurs des droits humains (REDHAC) met en garde contre le non-respect du principe de l’inclusion et la violation de la loi.   « Ne pas appliquer le droit est une menace pour le processus électoral, la démocratie et l’État de droit. » Me Marat-Abyla plaide « pour l’intégration dans le Code électoral des droits des handicapés, des jeunes, des prisonniers, des peuples autochtones et de la parité homme-femme. Elle appelle également à la mise en place d’un Comité indépendant chargé de l’organisation des élections en lieu et place du ministère de l’Intérieur, ce dernier étant à la fois juge et parti.   Le projet de loi organique portant Code électoral établit deux nouvelles entités ayant pour mission d’apporter leur appui au ministère de l’Intérieur qui se voit confier « l’organisation de toutes les élections, de l’établissement de la liste électorale à l’annonce des résultats. » Les entités concernées sont la Commission nationale d’organisation et de coordination des élections ou du référendum (CNOCE) et l’Autorité de contrôle et de supervision des élections et du référendum (ACSE).   Dans un souci d’équité, d’inclusion, de moralisation de la vie politique, le texte « établit les principes nécessaires à la tenue d’élections justes, libres et démocratiques, acceptées par toutes les parties dans le cadre de « l’accès équitable des candidats aux médias publics ; la promotion de l’égalité des sexes dans l’accès aux mandats électoraux ; l’adoption du fichier électoral et de la liste électorale biométriques. »    Dans un souci d’inclusion, le texte prévoit « des quotas obligatoires dans les listes des candidats aux élections : au moins 30 % de femmes et 20 % de jeunes. Il vise également à garantir la fiabilité du fichier électoral en l’adossant au numéro d’identification personnelle (NIP) et en renforçant les conditions d’inscription pour les électeurs naturalisés. »   Dans le domaine de la moralisation de la vie politique, le texte « institue des plafonds de dépenses ainsi que des comptes de campagne électorale, tout en renforçant les sanctions applicables aux infractions électorales ; et comble un vide juridique en précisant les modalités d’organisation des référendums nationaux et d’initiative locale. »   Le projet de loi organique portant Code électoral est au rang des priorités fixées par le président de la Transition pour guider l’action gouvernementale. Pour le général Oligui Nguema, « cette étape est cruciale pour consolider durablement notre démocratie, assurer la fin de la Transition et organiser des élections libres et transparentes » dans le strict respect du calendrier de la Transition.    Pour autant, l’espoir semble s’effilocher au fil des jours à divers niveaux de la sphère sociale. Au moment où le Gabon s’achemine vers la fin de la Transition et le retour des civils au pouvoir, la crise actuelle remet au gout du jour nombre d’interrogations, en particulier celle de la relation entre gouvernants et gouvernés. Notre nouvelle rubrique « NOS VOIX COMPTENT… » s’intéresse à la question.   D’autres sujet majeurs se consacrent à : l’évolution du système électoral au fil du temps, la transparence électorale, aux élections et aux droits humains, à des conseils pratiques sur le Code électoral ou encore à l’engagement en politique du jeune Rézenbruick Sanda.

DE L’ANCIEN AU NOUVEAU CODE ÉLECTORAL

L’adoption prochaine, en République gabonaise, d’un nouveau Code électoral relève de la volonté des autorités nationales d’asseoir une réforme globale ancrée dans le renforcement du système politique et démocratique du pays, et la modernisation des lois pour accompagner les ambitions d’une gouvernance transparente et inclusive.   Longtemps décrié par les populations, l’ancien texte comportait des éléments qui ne garantissaient ni la crédibilité, et encore moins la confiance. Le nouveau Code dont la rédaction a été confiée à la Commission nationale chargée de l’élaboration de l’avant-projet de Code électoral (CNEAPCE) par le président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, contient des réaménagements visant l’amélioration du processus électoral.    Transparence et crédibilité électorales   Le Code électoral a pour but principal de réduire les risques de fraudes ou de contestations, et d’améliorer la confiance des citoyens dans le processus électoral. La transparence et la crédibilité électorale s’appuient sur des institutions fortes, un accès équitable à l’information, et des pratiques participatives qui favorisent la confiance des citoyens dans le processus démocratique. Cette procédure constitue un pilier essentiel pour garantir des processus démocratiques légitimes et inclusifs.   Consolidation de la démocratie   Le Gabon cherche à promouvoir une participation citoyenne plus large et à garantir des élections libres, équitables et inclusives sur la base de la réforme des règles électorales. À cet égard, le nouveau Code électoral peut être une opportunité pour le renforcement de la transparence du processus électoral, l’actualisation du cadre légal aux fins de garantir une meilleure supervision des élections par des institutions indépendantes. En outre, l’utilisation des nouvelles technologies pour l’enregistrement et le comptage des votes réduit les risques de fraudes et garantit une meilleure accessibilité pour les populations vivant en zones rurales et les personnes en situation de handicap. D’autres changements incluent :   Le redécoupage des circonscriptions et la révision des modes de scrutin pour permettre une représentation plus équitable des différentes régions et groupes sociaux. L’introduction de sanctions plus sévères à l’endroit des personnes responsables de violations du Code électoral. La promotion d’un meilleur encadrement du financement des campagnes électorales pour éviter les dérives.   Le processus en cours vise à restaurer la confiance des citoyens dans les institutions électorales et à renforcer l’État de droit car, une démocratie consolidée repose sur des élections crédibles où tous les acteurs, qu’ils soient candidats ou électeurs se sentent représentés et respectent les résultats.   Adaptation aux nouvelles réalités politiques    Le rôle des réformes en cours est de permettre une prise en compte des évolutions politiques, sociales et technologiques, en introduisant des innovations comme l’utilisation de la technologie pour le vote ou la gestion des listes électorales. Cela nécessite une mise en œuvre efficace et un suivi rigoureux des réformes pour éviter, entre autres risques :   L’interprétation biaisée des nouvelles lois par les acteurs politiques. Les résistances au changement venant d’élites habituées aux anciens mécanismes et opposées à l’introduction du vote électronique ou biométrique.  Les problèmes d’infrastructures. Le climat politique tendu, la méfiance vis-à-vis des institutions, le manque de sensibilisation et la marginalisation des partis d’opposition…   Réduction des tensions post-électorales   Selon le gouvernement, la clarification des règles et procédures diminue les conflits liés aux élections et favorise un climat de paix sociale. Ce point nécessite l’introduction de systèmes électroniques fiables pour le dépouillement et la transmission des résultats afin de renforcer la transparence et l’efficacité des élections. La publication des résultats en temps réel permettra d’éviter les accusations de falsification et de renforcer la confiance dans le processus.   Au vu de ce qui précède, les dirigeants doivent s’engager à respecter les dispositions du Code électoral et éviter les abus de pouvoir. La mise en place d’une surveillance citoyenne est nécessaire dans la mesure où cet élément majeur jouera un rôle clé dans le but de dénoncer les irrégularités. Les médias doivent être engagés pour une couverture neutre des élections en vue de calmer les tensions et limiter la désinformation.   Conformité aux normes internationales    À l’ère du numérique, le nouveau Code électoral projette d’aligner les processus électoraux gabonais aux standards démocratiques internationaux. Le but est de veiller à : L’application du cadre juridique de manière impartiale. La mise en place des organes électoraux et la mise en œuvre effective des réformes. La surveillance, en collaboration avec les observateurs nationaux y compris la société civile, d’observateurs internationaux crédibles, l’objectif étant de garantir une mise en œuvre transparente du Code électoral. En définitive, si les conditions qui visent à améliorer le processus électoral sont réunies, le Gabon pourra, de ce fait, réduire de manière significative les tensions post-électorales et progresser vers une démocratie plus apaisée.        

À LA RENCONTRE DE CORINNE SIPAMIO BERRE

Auteure sous le nom de Beyi Gallon, Corinne Sipamio Berre écrit depuis des années. Elle s’inspire de certains évènements majeurs, des témoignages des femmes qu’elle accompagne ou encore de ses voyages à travers les 9 provinces de sa terre natale, le Gabon. Souvenez-vous de ses carnets de voyage sur Lambaréné, Port gentil, Mouila… Au-delà, Corinne est experte en économie du livre et fondatrice du programme « Femmes de Valeur ». En tant qu’économiste du livre, elle accompagne les écrivain.es dans l’écriture et à vivre de leurs œuvres. Le programme « Femmes de Valeur » apporte un appui aux femmes pour les aider à surmonter les crises qu’elles traversent. Flavienne L. Issembè 17 AOÛT 1960 : UNE INDÉPENDANCE À CÉLÉBRER… MAIS AUSSI À QUESTIONNER Le Gabon célèbre, ce 17 août 2025, le 65ème anniversaire de son accession à l’indépendance. Cette journée symbolique est marquée par des discours, des défilés et des souvenirs. Mais en 2025, l’an 65 prend une tournure particulière : il suscite autant d’espoir que d’interrogations, car dans les rues de Libreville ou de Port-Gentil, certains ne brandiront pas le drapeau ce jour-là. Ils le feront non pas par manque de patriotisme, mais parce qu’ils n’ont plus de toit. Déguerpis de force, sans accompagnement social, des citoyens dorment encore sous des décombres, à quelques semaines de la saison des pluies. Comment célébrer quand on a tout perdu et quand la promesse d’un État protecteur semble si lointaine ? Le contraste est saisissant : pendant qu’on parle de renouveau, d’espoir, de refondation, d’autres vivent l’exclusion, la précarité, la fatigue d’une vie entière consacrée à bâtir et brusquement anéantie. À cela s’ajoute une mémoire encore vive : celle d’un régime dissous, mais dont plusieurs visages se retrouvent aujourd’hui dans de nouvelles formations politiques censées incarner le changement. Pour beaucoup, cela brouille les lignes. Peut-on parler de rupture quand les figures d’hier mènent encore les chantiers d’aujourd’hui ? Cette question, des milliers de Gabonais se la posent. Et pourtant, la date du 17 août ne doit pas être rejetée. Elle peut et doit servir de point de départ à une réflexion collective. L’indépendance n’est pas seulement un événement du passé, c’est un cap à maintenir. Elle nous invite à faire le bilan. Sommes-nous vraiment indépendants si des familles se sentent abandonnées ? Si la justice sociale tarde ? Si l’égalité des chances reste théorique ? La date du 17 août est aussi l’occasion d’exiger plus de transparence, d’écoute et d’humanité dans les politiques publiques. L’indépendance véritable ne se limite pas à une souveraineté sur le papier, elle s’exprime dans les actes quotidiens de l’État envers ses citoyens. Alors, oui, célébrons mais sans naïveté. Célébrons avec lucidité. Célébrons en pensant aux oubliés, aux sacrifiés, à ceux qui espèrent encore que ce pays les regarde enfin. Parce qu’un Gabon indépendant, c’est un Gabon qui ne laisse personne au bord du chemin.   Florène Okome Pambo JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA JEUNESSE UNE PASSERELLE ENTRE RÊVES ET ACTIONS CONCRÈTES Le 12 août de chaque année, le monde entier consacre une journée aux jeunes. L’édition 2025 a pour thème « L’autonomisation des jeunes grâce à l’IA et aux compétences numériques. » Les jeunes gabonais, qui représentent une frange importante de la population nationale, ont un potentiel immense. Ils sont dynamiques, connectés, créatifs. Des milliers d’entre eux, discrets mais déterminés, le prouvent chaque jour. Ils recyclent, codent, enseignent, entreprennent, soignent… Ils ne font pas la une des journaux, mais ils écrivent l’avenir du pays. Pour autant, ils sont confrontés aux dures réalités de la vie, notamment le chômage, l’accès inégal à l’éducation, la précarité et la sous-représentation. Au-delà des discours symboliques, la présente journée invite à prendre au sérieux la jeunesse majoritaire, souvent reléguée en marge des décisions essentielles. À leur niveau, les jeunes sont exhortés à prendre leurs responsabilités. Ils doivent s’engager et ne plus attendre que tout vienne d’en haut, s’informer, se former, participer, refuser la manipulation, rejeter la violence, choisir la voie de l’intelligence et de l’initiative. Ce 12 août 2025, la Journée internationale de la jeunesse est bien plus qu’une célébration. C’est un appel à la confiance mutuelle entre générations, une passerelle entre rêves et actions concrètes, car un pays où la jeunesse est écoutée, valorisée et responsabilisée est un pays qui avance.   Florène Okome Pambo LE DRAPEAU GABONAIS UN SYMBOLE CIVIQUE AU CŒUR DE LA RÉPUBLIQUE Le 9 août, le Gabon célèbre la Journée nationale du drapeau. Plus qu’une simple cérémonie, c’est une occasion de raviver le sentiment d’unité nationale, de transmettre aux jeunes générations le respect des symboles de la République, et de renforcer le lien entre civisme et engagement public. Vert pour la forêt équatoriale. Jaune pour le soleil et la richesse minière. Bleu pour l’océan. Le drapeau gabonais porte une mémoire collective. Le 20 novembre 2023, à 07h30, le Ministère de l’Éducation nationale, en application du communiqué n°027 du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), a procédé au lever officiel du drapeau en présence de la Ministre Camélia Ntoutoume Leclercq. Ce moment solennel, désormais étendu à plusieurs institutions publiques, traduit la volonté de réaffirmer l’importance des symboles républicains. Pourquoi ce retour aux symboles ? Dans un contexte de transition et de redéfinition du vivre-ensemble, il ne suffit pas de proclamer des valeurs. Il faut les incarner. Le drapeau devient un outil d’ancrage, d’histoire et de mémoire, présent dans les écoles comme dans les administrations, pour rappeler l’attachement à la Nation. Un acte simple. Une portée forte Ce geste civique, qu’il s’agisse de hisser les couleurs ou de chanter l’hymne national, inculque le respect des institutions, l’identité collective, et le sens de l’appartenance à la nation. Il appelle les agents publics, les enseignants, les parents et les citoyens à faire vivre ces symboles à travers des actions concrètes. Un engagement quotidien Célébrer le drapeau, c’est aussi s’engager à respecter ce qu’il représente : la paix, la justice, l’unité. C’est un message d’exemplarité envoyé à la jeunesse et à la société tout entière. Le 9 août n’est pas une simple commémoration : c’est une déclaration de fidélité à la À LA RENCONTRE DE CORINNE SIPAMIO BERRE

INVERSER LA TENDANCE DE LA PAUVRETÉ

Elle scrute de près, elle analyse la problématique de la pauvreté. Mieux encore, le professeur Estelle Kalle, en sa qualité d’économiste en développement, propose des pistes de solutions pour inverser le phénomène de la pauvreté qui gangrène le Gabon, un pays pourtant riche qui compte moins de 3 millions d’habitants. Le Pr Kalle travaille en tant qu’enseignante à l’École Normale supérieure, à Libreville, où elle a reçu l’équipe du Magazine « Vivre. »

DROITS DE VOTE ET D’ÉLIGIBILITÉ

Le droit de vote et le droit d’éligibilité aux élections sont des piliers fondamentaux de la démocratie. Ils doivent s’accomplir dans le strict respect de la loi et des devoirs vis-à-vis d’autrui. La Constitution gabonaise de 1991, actuellement en vigueur, reconnait et garantit ces droits en son article 4, au chapitre intitulé Titre Premier « De la République et de la Souveraineté. »  « Sont électeurs, dans les conditions prévues par la Constitution et par la loi, tous les Gabonais des deux sexes, âgés de dix‐huit (18) ans révolus, jouissant de leurs droits civils et politiques. Et « sont éligibles, dans les conditions prévues par la Constitution et par la loi, tous les Gabonais des deux sexes, jouissant de leurs droits civils et politiques. » Les élections donnent la possibilité aux citoyens, qu’ils soient électeurs ou éligibles, à l’exception des personnes inaptes ou condamnées par la justice, de faire valoir leur droit, d’exprimer leur volonté et de contribuer au développement social, économique, culturel et politique de leur pays. Pour autant, ces droits proclamés et consacrés dans la loi fondamentale sont-ils protégés et préservés ? Craignant de nouvelles violences pendant et/ou après les élections, des acteurs politiques, des membres de la société civile, des enseignants ou encore Doria, une étudiante en droit, ont lancé des appels à la paix. À un autre niveau, son condisciple Dylan, soucieux «de la gestion du processus électoral », a suggéré « que les connaissances des autorités qui ne maitrisent pas ce domaine soient renforcées.» Adèka, un septuagénaire encore en activité, n’a pas voté : « Il en sera ainsi tant qu’il y aura des ingérences extérieures qui, estime-t-il, sont une entrave à la souveraineté nationale et une menace pour la sécurité intérieure    Son neveu, Yvan, a choisi également l’abstention, mais pour d’autres raisons : « J’ai voté en 2016 mais je m’abstiendrai de le faire cette année en raison des irrégularités que j’ai constatées il y a sept ans. J’étais contrôleur dans un bureau de vote. » Le phénomène de l’abstentionnisme ne date pas d’hier. Il serait même en nette augmentation depuis 1993. Selon les résultats officiels de l’élection présidentielle de 2016, par exemple, sur 627805 électeurs, 373310 ont voté et 254495 se sont abstenus. De nombreux facteurs sont en cause. À ceux qui ont été mentionnés par Doria, Dylan, Adèka et Yvan s’ajoutent la corruption, la falsification des résultats, la partialité des autorités chargées de la gestion du processus électoral, le financement aléatoire des partis politiques et des campagnes électorales, et les dysfonctionnements dans le contrôle de l’utilisation des fonds. Le rapport des Gabonais aux élections et aux acteurs politiques se dégrade au fil des ans. Cette tendance est encore plus marquée au sein des couches défavorisées du fait notamment de la méconnaissance du code électoral. L’accès limité aux médias des partis politiques d’opposition au profit du parti au pouvoir est une autre entrave à la démocratie. Une commission pour l’égalité d’accès aux médias des partis politiques et des candidats aux élections a été créée en 2022 par la Haute autorité de la communication. Elle a pour mission de garantir le pluralisme d’opinion pendant la période électorale.

LE GÉNÉRAL OLIGUI NGUEMA A PRÊTÉ SERMENT

Au lendemain du coup d’état pacifique, sans violence ni effusion de sang, survenu au Gabon le 30 août à l’aube, le général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguema a prêté serment le lundi 4 septembre 2023 en tant que président de la transition au palais présidentiel du bord de mer de Libreville. Devant les juges de la Cour constitutionnelle et de nombreux invités*, il a jugé important ‘’que les gabonais de toutes les couches sociales s’accordent pour adopter une nouvelle constitution par référendum, un nouveau code électoral et un code pénal fiables qui garantissent à tous les mêmes chances.’’  ‘‘Le Gabon mérite une gouvernance assainie plus en phase avec les normes internationales en matière de respect des droits humains, de libertés fondamentales, de démocratie et d’état de droit’’.  Le président de la transition s’est engagé, pour qu’à l’issue de la transition, le Gabon soit doté ‘‘d’institutions fortes, démocratiques et crédibles’’. Il veillera également, ‘’avec l’accord de tous les gabonais et des partenaires au développement, à ce que le pouvoir soit remis aux civils en organisant, dans la paix sociale, de nouvelles élections libres, transparentes et crédibles.’’ Donnant force à son discours, le président de la transition a cité les défunts présidents Omar Bongo et Jerry Rawlings. « Dieu ne nous a pas donné le droit de faire du Gabon ce que nous sommes entrain de faire. Il nous observe, il dit amusez-vous, mais le jour où il voudra aussi nous sanctionner, il le fera. » « Lorsque le peuple est écrasé par ses dirigeants avec la complicité des juges, c’est l’armée qui lui rend sa dignité et sa liberté. Le président de la transition a également cité le militant des droits de l’homme Desmond Tutu, qui disait : « Si vous êtes neutre dans des situations d’injustice, vous avez choisi le côté de l’oppresseur. « Dans un moment d’intense émotion, le général Oligui Nguema a adressé une pensée spéciale aux Gabonais de la diaspora et « aux compatriotes qui auraient aimé vivre ce jour mais nous ont précédés dans l’au-delà. Je pense à tous les partisans du changement : Simon Oyono Aba, Martine Oulabou, Pierre-Louis Agondjo-Okawe, Pierre Mamboundou Mamboundou et André Mba Obame, pour ne citer que ceux-là. »  La politique et l’administration étant des domaines de souveraineté nationale, le général Oligui Nguema a déclaré avoir entrepris des consultations avec les forces vives de la nation. ‘’Leurs préoccupations sont légitimes et limpides. Nous allons nous atteler avec le gouvernement qui va être mis en place à donner à tous des raisons d’espérer une vie meilleure.’’ Se félicitant « des temps heureux, rêvés par nos ancêtres, qui arrivent enfin chez nous », l’auteur du coup d’état qui a renversé le régime d’Ali Bongo Ondimba a estimé « qu’il faut un changement profond, issu de notre réflexion commune. »  Des mécanismes seront mis en place ‘’afin de faciliter le retour au pays de tous les exilés politiques, rétablir la bourse pour les élèves du secondaire, amnistier les prisonniers d’opinion, financer l’économie nationale avec les partenaires locaux et les institutions financières locales.’’  La création d’une synergie avec l’accompagnement des banques locales pour le paiement des pensions des retraité.es, la révision des conditions d’attribution de la nationalité gabonaise et les lois du foncier sont d’autres mesures annoncées par le général Oligui Nguema.  *La presse, des représentants de la société civile, des confessions religieuses et du monde des affaires, ainsi que des dignitaires de l’ancien régime étaient à la prestation de serment du général Oligui Nguema.  

VIOLENCES DOMESTIQUES ET DROITS DES VICTIMES

« Vivre » : Me Farafina Boussougou-Bou-Mbine, le Gabon a-t-il mis en place un cadre juridique pour protéger les victimes des violences domestiques qu’elles soient femmes ou hommes ? Me Farafina Boussougou-Bou-Mbine : Le Gabon a mis en place un dispositif de protection des victimes des violences domestiques. Lorsque les violences sont d’ordre physique, il s’agit d’une infraction à la loi pénale, ce sont des coups et blessures. Le législateur devrait en faire un facteur aggravant lorsque les violences ont lieu entre époux. Mais ce n’est pas le cas pour l’instant. Il s’agit simplement d’une infraction. Un coup est un coup qu’il soit porté à l’endroit d’un étranger ou à l’endroit de son mari ou de sa femme. Ce sont des coups et blessures, voilà un biais par lequel le droit saisit ce phénomène de violence domestique. Si vous portez main, si vous portez des coups à votre conjoint vous êtes susceptible d’en répondre devant le tribunal correctionnel. Et si à la suite de ces coups, mort s’ensuit, vous pouvez répondre de vos actes devant la cour criminelle. Quels sont les droits des victimes des violences domestiques ? Le premier droit, c’est le droit à la parole. Il faut parler, décrire ce qui vous arrive. Tout phénomène nécessite qu’il soit dit, nommé. Les victimes de ces violences, directes ou indirectes, doivent pouvoir tirer la sonnette d’alarme afin que la cellule familiale d’abord et la société dans son ensemble soient mieux protégées. L’objectif de l’humanité ou la différence entre l’humain et l’animal c’est quand même la capacité à dompter la nature pour faire apparaitre l’humain dans toute sa splendeur en dehors des coordonnées liées au sexe. La dignité de l’homme réside dans sa capacité à être humain qu’il soit femme, qu’il soit homme, mais c’est l’humain qu’il faut faire apparaitre. Passé le stade de la parole et de la description, il faut saisir la bonne institution et, de ce point de vue, tout dépend du milieu dans lequel on vit. Si l’on habite dans un village qui est très éloigné d’un poste de police ou de gendarmerie, et encore davantage d’un tribunal, il est évident qu’il y a des autorités déconcentrées. Il faut les saisir. Il y a toujours des chefs de quartier, des chefs de village, des sous-préfets. La protection d’une victime commence par elle-même, par la mise en œuvre d’un certain nombre d’actions concrètes. Il faut parler, il faut porter l’information à la connaissance de qui peut donner suite. Les institutionnels que j’ai mentionnés sont des personnes qui peuvent donner suite à un acte de violence afin d’y mettre un terme. Dans le cadre des violences domestiques d’ordre physique, les premiers concernés sont les parents et, parmi les parents, les témoins parce que avant que l’information n’arrive chez le père et la mère de la mariée, en général on appelle les témoins du mariage. Avec cette idée que si l’information arrive auprès du père ou de la mère, c’est déjà un stade extrême qui peut aboutir à une séparation. En général, il faut parler aux parrains, marraines, ou aux témoins en tout cas, de sorte que ces derniers soient un premier filtre ou un premier cercle qui puisse donner des conseils. Vous savez, l’homme avec un grand H, l’homme et la femme ne sont pas insensibles. Tout dépend de l’éducation que chacun a reçue, et tout dépend de la vision qu’on a vis-à-vis de l’altérité. Si l’altérité représente un facteur de concurrence au lieu de représenter un facteur d’émulation ou de complémentarité, il est évident qu’un couple où il y aurait une très grande différence, une très grande disparité dans les aspirations, il est évident que nous avons là un couple où le conflit est quasi permanent. Je pense que par l’éducation, par la répétition de l’éducation, on peut parvenir à mettre un terme, en tout cas à mettre un filet de sécurité sur les actes de violence. En termes d’éducation, qu’est-il fait pour sensibiliser les populations, les couples, au phénomène de la violence domestique ? La communication reste, de mon point de vue, au niveau institutionnel. Le gouvernement fait des séminaires de restitution, un certain nombre de travaux, de colloques, mais je crains que les informations tirées ou les conclusions auxquelles aboutissent les études des séminaires n’arrivent pas toujours à leurs destinataires. Qui a accès à ces informations ? L’atout au Gabon c’est que plus de 80% de la population sait lire et écrire. La documentation est disponible. Mais combien la lise ? Depuis le CP1, les gens savent lire et écrire, mais très peu aiment lire. La lecture n’est pas le canal le plus usité pour accéder à l’information quelle qu’elle soit. Le canal le plus utilisé est la télévision et surtout, désormais, les réseaux sociaux, où des hommes et des femmes d’église traitent des questions relatives aux rapports dans le couple, à travers des témoignages, des histoires moralisatrices. Voilà un moyen d’éducation disponible qui permet à quiconque possédant un téléphone Android, d’en tirer profit, pour soi ou pour autrui. Jusqu’à quel point les juristes, les avocats par exemple, sont associés aux ateliers sus-mentionnés ? Les juristes sont associés à divers niveaux, soit parce qu’eux-mêmes font partie de telle ou telle association, soit parce que dans le cadre de l’élaboration ou de la rédaction d’un rapport, d’une étude, le gouvernement leur fait appel. Personnellement, il y a quelques années j’avais été sollicité par le ministère de la Famille qui travaillait de concert avec l’UNFPA (Fonds des Nations unies pour la population) pour réaliser une étude sur les discriminations dans la deuxième partie du Code civil. C’est une étude que Mme Nzé Bitéghé et moi avons réalisée à la demande du ministère de la Famille. Il y a un opus qui est sorti et qui circule d’ailleurs sur Internet. Oui, les juristes sont associés, mais ils ne le sont pas toujours en raison du manque de financements. Les plaintes déposées au niveau des tribunaux pour coups et blessures au sein des foyers finissent-elles par aboutir ? Les VIOLENCES DOMESTIQUES ET DROITS DES VICTIMES

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