Fondatrice et Directrice de Publication

Flavienne Louise Issembè

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Flavienne Louise Issembè

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Jour : 25 juin 2026

ALERTE À LA PAUVRETÉ INFANTILE  

Loin du tumulte de la ville et des quartiers riches, des milliers d’enfants de moins de 18 ans vivent dans des conditions inhumaines qui, loin de s’atténuer, s’aggravent au fil du temps. Ils naissent et grandissent dans les quartiers sous-intégrés de nos grandes villes et de nos villages où ils ont peu ou pas accès au minimum vital, à une alimentation saine, à l’eau potable, à la santé et à l’instruction. Les données récentes de la Direction générale des statistiques et de l’UNICEF révèlent que « la pauvreté infantile s’exprime de manière multidimensionnelle à travers un taux élevé de malnutrition chronique (17 % chez les moins de 5 ans) et ses conséquences sur le retard de croissance qui touche 14,4% de ce groupe d’âge. » En outre, le taux de mortalité infantile est d’environ 28 à 48 décès pour 1 000 naissances. Le phénomène de la pauvreté est exacerbé, d’une part, par le manque de protection sociale de milliers d’enfants faute de mécanismes de soutien institutionnel suffisants et, d’autre part, par le taux de chômage des jeunes de moins de 25 ans qui oscille, selon les estimations, entre 36 et 40%. Malgré des conditions de vie extrêmement difficiles, nombre de jeunes rêvent du jour où des familles d’accueil ou d’adoption aimantes viendront les sortir d’une vie de misère qui n’aura que trop duré. Résolument tournés vers un avenir plus serein, ils espèrent devenir des êtres responsables dotés des capacités professionnelles requises pour prendre en main leur destin, et des connaissances indispensables en matière de protection et de défense de leurs droits. Ce volet majeur participe du droit de tout être humain de protéger et défendre ses droits à travers, l’information, l’éducation et la participation. Le Code de l’Enfant, pour ne citer que lui, offre un cadre de travail approprié pour l’action. Le Code de l’Enfant Dès les premières pages du document, le lecteur s’imprègne de la définition de l’enfant – un être humain âgé de moins de dix-huit ans – et des droits attachés à la personne qui garantissent sa protection sans distinction ni discrimination aucune. Les droits fondamentaux de l’enfant incluent notamment l’intérêt supérieur de l’enfant ; le droit à la vie ; à l’éducation ; à la survie et au développement ; à la non-discrimination ; à une opinion ; à l’information ; à la confidentialité et à la participation.  Le Code garantit également les droits à la scolarisation et à l’état civil. La scolarisation est obligatoire et gratuite pour tout enfant âgé de 5 à 16 ans, 16 ans étant également l’âge minimum d’accès à l’emploi. Dans le domaine de l’état civil, tout enfant a droit à un nom, une nationalité et à une reconnaissance juridique dès sa naissance. L’enfant victime d’injustices, de traitements inappropriés, peut recourir à la justice et à des associations de défense de ses droits.  Sachez, par ailleurs, que le Code l’Enfant dispose en son article 37 que « Tout enfant âgé de moins de 5 ans, vivant sur le territoire gabonais, a droit à la gratuité des vaccins obligatoires ; et en son article 38 que « Tout enfant âgé de 12 à 18 ans a droit à une éducation sur la gestion de la phase pubertaire et la santé de la reproduction, notamment le contrôle du cycle menstruel chez la fille, les risques des rapports sexuels non protégés. » La connaissance de ses droits et leur mise en œuvre effective peut changer des vies, en particulier celles des enfants qui sont l’avenir de notre nation. Pour de plus amples informations sur les droits de l’enfant, veuillez consulter le Code de l’Enfant et la Constitution nationale @ https://journal-officiel.ga

VIOLENCES CONJUGALES

Dans le contexte du droit de la famille gabonais, l’égalité et la protection au sein du couple représentent un enjeu majeur des droits humains, particulièrement pour les femmes confrontées à des violences domestiques persistantes. Héritage d’un Code civil teinté de traditions patriarcales, le cadre légal évolue lentement vers plus d’équité, mais les réalités sociales freinent encore les victimes dans leur quête de justice et de dignité. Loi N° 005/2021 du 06/09/2021 portant modification de certaines dispositions de la loi n°006/2020 du 30/06/2020 portant Code Pénal de la République Gabonaise constitue le pilier juridique principal au Gabon pour éliminer les violences faites aux femmes, y compris la violence conjugale. Elle criminalise explicitement les violences domestiques physiques, psychologiques, économiques ou sexuelles, introduit des ordonnances de protection rapide pour les victimes et renforce les sanctions pénales contre les agresseurs. Les peines encourues par les auteurs des violences peuvent aller jusqu’à 30 ans de réclusion pour viol conjugal. Ratifiée en cohérence avec la Constitution, cette législation impose à l’État des obligations de prévention, de poursuites des agresseurs et de prise en charge des victimes en tout milieu, notamment familial. Malgré ces avancées…. L’impunité règne. Le faible taux de plaintes (moins de 20%) dû à la lenteur judiciaire et aux pressions familiales découragent les victimes. L’ONG Aurore, présidée par Ilda-Flore Maroundou, alerte dans son rapport 2024 sur la hausse alarmante des féminicides et violences basées sur le genre, touchant 68% des cas d’agressions sexuelles, avec un système judiciaire critiqué pour son laxisme et un manque criant de centres d’accueil en province. La polygamie informelle et la crise économique aggravent ces vulnérabilités, transformant le foyer en piège pour des femmes privées de ressources autonomes. Les violences faites aux femmes causent des souffrances physiques, psychologiques, sexuelles et économiques. Nombre de victimes en meurent ou trainent des traumatismes à vie. En cela, la violence constitue une violation grave des droits humains fondamentaux et une forme extrême de discrimination, privant arbitrairement les femmes de leurs libertés dans la vie publique ou privée, et compromettent leur santé sexuelle et reproductive. Pour que la Loi devienne un rempart réel des droits humains, il faut multiplier les sensibilisations communautaires, former juges et policiers, et déployer des refuges comme ceux prônés par Aurore. Derrière chaque dossier classé sans suite se cachent des vies brisées de mères, filles et sœurs dont la dignité appelle une justice prompte et humaine. Le Gabon honorera-t-il enfin ses engagements pour un couple égalitaire et protecteur ? Au-delà du texte de loi, c’est tout un écosystème de protection qui reste à bâtir : greffiers formés à l’accueil des victimes, médecins légistes disponibles hors de Libreville, lignes d’urgence accessibles jour et nuit. Sans ce maillage, la loi N° 005/2021 demeure une promesse sur papier, tandis que les femmes continuent de subir seules le poids du silence et de la peur des représailles. Derrière chaque article de loi se joue une question simple : celle du droit de vivre, tout simplement, sans craindre celui ou celle qui partage son toit. Tant que ce droit restera négocié au cas par cas, le Gabon n’aura pas encore tenu sa promesse d’égalité. Pour de plus amples informations sur l’élimination des violences faites aux femmes, veuillez consulter : La loi 06/2021 du 06/09/2021 publiée dans le Journal officiel ; le Code pénal ; la Constitution nationale ; le Protocole de Maputo ; la Charte africaine des droits de l’Homme et La Déclaration universelle des droits de l’Homme.

L’ADOPTION – QUAND LA LOI CRÉE

Geste d’amour absolu ou fiction juridique, l’adoption réinvente les contours de la famille au Gabon. Loin d’être une simple formalité coutumière ou un accueil de complaisance, elle brise le monopole des liens du sang pour fonder une parenté par la seule force du droit. Qu’elle soit simple ou plénière, cette démarche est un parcours d’obstacles rigoureux encadré par le Code civil. Décryptage des règles et des obligations d’une procédure où seule la protection de l’enfant sert de boussole. L’adoption est un acte juridique et humain d’une immense portée. Au Gabon, elle ne se résume pas à accueillir un mineur sous son toit ; elle redéfinit l’état civil et crée un lien de filiation légal là où la biologie n’a pas dicté sa loi. Face aux dérives potentielles et pour garantir un cadre sécurisé aux enfants privés de famille, le législateur gabonais a sanctuarisé cette pratique en la soumettant à un contrôle institutionnel permanent. Entrer dans le processus d’adoption, c’est accepter de soumettre son intimité, son foyer et ses motivations au regard de la justice républicaine. Qu’est-ce que l’adoption ? En droit civil gabonais, l’adoption est une institution solennelle qui établit un rapport de parenté parfaitement égal à celui de la filiation biologique. Le Code civil opère une distinction fondamentale entre deux mécanismes distincts, adaptés aux besoins spécifiques de chaque situation familiale. D’une part, l’adoption plénière se présente comme une rupture radicale et irrévocable. Elle annule définitivement tout lien de filiation préexistant entre l’enfant et sa famille biologique d’origine. L’acte de naissance initial est annulé au profit d’un nouvel acte qui inscrit l’enfant dans sa famille adoptive au même titre qu’un enfant légitime, interdisant tout retour en arrière. D’autre part, l’adoption simple offre une approche plus souple. Elle laisse subsister les liens juridiques et successoraux d’origine avec la famille par le sang, tout en superposant une nouvelle filiation envers la famille adoptive. L’enfant conserve ses droits de naissance tout en acquérant de nouveaux droits au sein de son foyer d’accueil. Qui peut adopter et qui peut être adopté ? L’adoption n’est pas un passe-droit ou un remède à la solitude ; c’est une lourde responsabilité parentale que la loi réserve à des profils strictement définis. Le droit gabonais ouvre cette possibilité aux couples mariés et non séparés de corps, sous réserve qu’ils justifient d’une stabilité familiale certaine, mais également aux célibataires, hommes ou femmes, ayant atteint la pleine maturité sociale. Quel que soit le statut civil du demandeur, un écart d’âge biologique minimal est imposé vis-à-vis de l’enfant afin de reproduire le décalage naturel des générations. Du côté de l’adopté, la loi pose également des conditions strictes. Peuvent être adoptés les mineurs pour lesquels les parents biologiques ou le conseil de famille ont valablement consenti à l’adoption, les enfants judiciairement déclarés abandonnés ainsi que les orphelins dépourvus de protection familiale stable. Lorsque l’enfant a plus de quinze ans, son consentement personnel est obligatoire. La justice refuse qu’une nouvelle filiation lui soit imposée sans son accord. La procédure devant les autorités compétentes L’adoption au Gabon ne peut résulter ni d’un simple accord familial ni d’une pratique coutumière. Elle nécessite obligatoirement une procédure judiciaire devant le Tribunal de Première Instance compétent. La procédure débute par une requête des candidats à l’adoption. Le Procureur de la République ordonne ensuite une enquête sociale approfondie destinée à évaluer la moralité, les conditions de vie, la stabilité affective et les capacités éducatives des postulants. Après instruction du dossier, le tribunal statue en chambre du conseil afin de préserver la confidentialité des familles concernées. Si l’adoption est prononcée, la décision est transcrite sur les registres de l’état civil et produit tous ses effets juridiques. Effets juridiques, droits et obligations Le jugement d’adoption transforme profondément la situation juridique de l’enfant. L’autorité parentale est transférée aux adoptants, qui assument désormais l’ensemble des responsabilités parentales. En matière de nom de famille, l’adoption plénière entraîne généralement la substitution du nom des adoptants à celui d’origine. L’adoption simple peut permettre une adjonction ou une combinaison des patronymes. L’enfant adopté bénéficie des mêmes droits successoraux que les enfants biologiques. Il participe pleinement à la succession de ses parents adoptifs et bénéficie de la même protection légale. Les adoptants sont quant à eux tenus d’assurer l’entretien, l’éducation, la santé et le développement de l’enfant. Cette obligation est permanente et s’inscrit dans le cadre général des devoirs parentaux. Les garanties légales pour protéger l’enfant Afin de prévenir les trafics d’enfants, les adoptions fictives ou toute forme d’exploitation, la législation gabonaise place l’intérêt supérieur de l’enfant au cœur de la procédure. Le contrôle du ministère public, l’enquête sociale obligatoire et l’intervention du juge constituent autant de garanties destinées à s’assurer que l’adoption répond réellement aux besoins de l’enfant et lui offre un environnement stable, protecteur et favorable à son épanouissement. L’adoption est l’une des institutions les plus fortes du droit de la famille. Elle démontre que la famille ne repose pas uniquement sur les liens du sang, mais également sur l’engagement, la responsabilité et la volonté de construire un avenir commun. En encadrant rigoureusement cette procédure, le droit gabonais cherche avant tout à garantir à chaque enfant le droit fondamental de grandir dans un cadre familial protecteur. LES CONDITIONS ESSENTIELLES POUR ADOPTER AU GABON Maturité de l’adoptant célibataire L’article 452 du Code civil gabonais dispose que : « L’adoption plénière ne peut être demandée que par une personne âgée de plus de 35 ans. » Stabilité des couples mariés L’article 453 du Code civil gabonais dispose que: « L’adoption plénière peut être aussi demandée conjointement, après cinq ans de mariage, par deux époux non séparés de corps, dont l’un au moins est âgé de 30 ans. » Écart d’âge minimal L’article 454 du Code civil gabonais dispose que : « Les adoptants doivent avoir 15 ans de plus que les enfants qu’ils se proposent d’adopter. » Consentement ou constat d’abandon Les articles 458 à 461 du Code civil gabonais prévoient que l’adoption est subordonnée au consentement des personnes légalement habilitées ou peut concerner certains enfants abandonnés, L’ADOPTION – QUAND LA LOI CRÉE

MARIAGE COUTUMIER

Parlons mariage

S’aimer. Bâtir un avenir commun. Fonder une famille. Le mariage repose sur ses trois piliers fondamentaux et bien d’autres, mais aussi sur des droits qui régissent l’union du couple.  Dans le mariage civil, les droits du couple incluent, entre autres, l’égalité homme-femme y compris sur le plan professionnel, la gestion commune du foyer et l’exercice conjoint de l’autorité parentale. Les droits du couple s’accompagnent de devoirs y compris la fidélité, l’assistance et le respect mutuels. Mais qu’en est-t-il exactement dans le mariage coutumier ? Levons le voile sur l’union traditionnelle sacrée, ses valeurs et les rapports du couple marié à la coutume.