ARTICLE

SUR LE CHEMIN D’UN MONDE MEILLEUR ?

Ils sont le rempart de l’humanité et la voix des peuples qui n’aspirent qu’à vivre dans la dignité, à l’abri de la peur, de l’oppression et de la pauvreté. Ils prennent fait et cause pour les démuni.es et ont l’aplomb, au risque de leur vie, de dire non aux tenants du pouvoir. Les défenseur.es des droits humains, car c’est bien d’eux dont il s’agit, sont des hommes et des femmes ‎issus d’horizons divers qui, collectivement ou individuellement, sèment les graines d’un monde meilleur. Le militant des droits humains est un visionnaire en quête de justice, d’égalité et de liberté. À ses yeux, toute personne, dès sa venue au monde, doit jouir de ses droits comme l’énonce, en son article premier, la Déclaration universelle des droits de l’homme : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droit. Ils sont doués de raison et de conscience, et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. » Chaque naissance, chaque battement de cœur, chaque premier pas est un hymne à la vie et au bien-être. Hélas ! Le mal-vivre se répand comme une trainée de poudre au Gabon où, selon un rapport de la Banque mondiale publié en juin 2025, 34,6% de la population vivaient avec moins de 6,85 dollars par jour en 2024. La militante des droits humains, Claudine Aicha Tsoumbou, s’érige contre la dégradation du niveau de vie et ses répercussions sur la santé : « Aujourd’hui, on meurt encore de maux de tête à l’hôpital général. Aujourd’hui une simple fièvre tue. Des Gabonais.es meurent parce qu’ils n’ont pas de quoi aller à l’hôpital. Le ministère de la Santé doit s’impliquer davantage pour améliorer les conditions de vie de nos frères et sœurs parce-que nul ne peut vivre dignement s’il n’est pas en bonne santé. » Les défenseurs des droits humains s’emploient à dénoncer les maux qui minent la société, à sensibiliser, former et encadrer les populations à travers des plaidoyers ciblant, entre autres, la protection des personnes vulnérables y compris les enfants, les personnes âgées, les handicapé.es, les prisonnier.es et les victimes de violence. La promotion et la protection des droits civils et politiques, la liberté d’expression et le droit à la citoyenneté sont d’autres volets majeurs de la lutte pour les droits humains. Dans une interview au magazine « Vivre », Me. Marlène Fabienne Essola Efountame, s’explique sur l’importance que revêt la formation à la citoyenneté. « Le but est de promouvoir l’accès de chaque Gabonais à la dignité humaine, ce fondement absolument important dans la vie de toute nation qui englobe la capacité pour chaque citoyen de se nourrir, de se loger, de se soigner, de construire, de se développer au maximum de ses compétences… » Le chemin vers l’instauration d’un État de droit est encore semé d’embûches. Pour ne citer qu’un exemple, des journalistes font encore l’objet d’intimidations et de convocations au B2 alors que leur cas ne relève plus du pénal depuis 2015. Selon la loi, les litiges relatifs aux publications de la presse sont du ressort du droit civil et de la régulation par la Haute Autorité de la Communication (HAC). En conséquence, aucun journaliste ne doit subir aucune pression ni être incarcéré. « Vivre » vous invite à découvrir ou redécouvrir, certaines figures majeures de la lutte pour les droits humains, les actions en cours auprès des populations y compris des jeunes en quête de devenir et d’épanouissement. Sans détours, ils livrent leur perception du dispositif des droits humains et leur espoir de voir tomber, les uns après les autres, les obstacles qui minent la voie vers la Félicité. Les jalons posés au fil des ans, couplés au Projet « L’Edifice Nouveau » du président Brice Clotaire Oligui Nguema, offrent un cadre approprié pour accélérer la mise œuvre du dispositif des droits humains et l’inscrire dans les faits. Chacun, à son niveau et collectivement, a un rôle à jouer pour hisser le Gabon vers le sommet et donner à la dignité humaine la place qui doit être la sienne. C’est à ce prix que le chemin vers un monde meilleur deviendra réalité.  

DROIT AU TRAVAIL BAFOUÉ

Travailler ne devrait jamais rimer avec souffrance ni silence. Pourtant ce qui se passe dans de nombreux secteurs comme le secteur public (ministères, administrations, collectivités territoriales), privé (banques, restauration, hôtellerie, commerce) et même pétrolier (exploration, raffinage, services) nous dit le contraire. Le non-respect du droit du travail est une réalité quotidienne. Salaires impayés, absence de contrat, licenciements abusifs, harcèlement, surcharge de travail non compensée… Ces situations dangereuses et indignes touchent particulièrement les jeunes peu informés ou sans soutien syndical. Face à ces réalités, il est essentiel de reconnaître les violations de ses droits et de connaître les recours pour faire respecter sa dignité et son environnement professionnel. « Vivre », à travers nos conseils pratiques sur le sujet, vous éclaire sur vos droits, les signes de leur violation, et surtout les moyens d’agir. Reconnaître qu’un droit a été bafoué Le droit du travail est bafoué lorsqu’un salarié subit un traitement contraire aux obligations légales ou contractuelles. Cela inclut les cas suivants : Non-respect du contrat ou absence de contrat. Salaires impayés, heures supplémentaires non rémunérées. Licenciement sans motif valable ou sans procédure légale. Harcèlement moral ou sexuel. Discriminations liées à l’embauche ou à la promotion. Refus de congés légaux. Conditions de travail dangereuses ou dégradantes. Le cadre juridique Le Code du travail gabonais prévoit les droits suivants : Droit à un contrat écrit. Paiement régulier du salaire. Protection contre le licenciement abusif. Droit à la dignité et protection contre le harcèlement. Respect des heures de travail et du repos. Les lois spécifiques relatives au harcèlement moral et sexuel, ainsi que les modifications du Code pénal, renforcent ces protections. Comment réagir face à une violation des droits Documenter les faits (dates, personnes, preuves). Rassembler toute pièce utile (courriers, témoins, attestations). Rechercher un soutien syndical ou associatif. Engager un dialogue si possible avec les employeurs. Si nécessaire, porter le cas devant l’Inspection du travail ou saisir le tribunal compétent. La loi prévoit des sanctions pénales et disciplinaires pour les violations graves, y compris pour le harcèlement moral ou sexuel.   Le travail doit être un espace de respect et d’épanouissement pour tous. Connaître ses droits, savoir identifier les abus, et agir sont les premières étapes pour faire respecter sa dignité professionnelle. Vous ne devez pas rester seul face à un droit bafoué.

RÉSULTATS PROVISOIRES DES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES L’UNION DÉMOCRATIQUE DES BȂTISSEURS EN TÊTE MAIS….

PUBLICATION DES RÉSULTATS PROVISOIRES DES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES L’UNION DÉMOCRATIQUE DES BȂTISSEURS EN TÊTE MAIS… Après une campagne électorale de dix jours, suivie le 27 septembre 2025 des premières élections législatives et locales de la 5 ème République, le ministre de l’Intérieur a annoncé, au cours d’un point de presse le 28 septembre, les résultats provisoires des législatives. Selon Hermann Immongault, « Les résultats concernent uniquement les législative en raison de l’organisation du second tour prévu le samedi 11 octobre. » L’Union démocratique des bâtisseurs (UDB) du président Oligui Nguema arrive en tête dans plusieurs sièges, mais elle est devancée par le PDG, l’ancien parti au pouvoir, à Okondja dans le Haut Ogoué. Les deux partis seront face à face lors du second tour. Le ministre a par ailleurs annoncé la proclamation à une date ultérieure des résultats des locales, « le calcul proportionnel des sièges nécessitant un temps supplémentaire et une restitution fidèle du choix des électeurs. » Reconnaissant des difficultés d’organisation dans certaines zones, Hermann Immongault a relevé « trois cas graves qui imposent une reprise des scrutins législatifs à une date qui sera fixée ultérieurement après saisine de la Cour Constitutionnelle. » Les zones concernées sont le premier arrondissement de Ntoum (Estuaire), le premier siège du département de Lékoni-Lékori (Haut Ogooué) et les deux sièges du département de la Douigny (Nyanga) où l’absence des urnes et des retards dans la distribution du matériel électoral ont été relevés dans les bureaux de vote. Plus de 900 000 électeurs ont accompli leur devoir civique. Le nombre de candidatures pour les législatives et les locales se situent respectivement à plus de 1.600 et plus de 1.800. Tama Z’Akis

IMMERSION DANS L’UNIVERS

Desirey Minkoh, photojournaliste, a fait ses premiers pas dans ce domaine au quotidien national "L'Union" et à l'Agence France Presse (AFP) avant d’atterrir au summum des institutions du pays, à la présidence de la République, comme photographe des présidents Omar Bongo Ondimba, Ali Bongo Ondimba et Brice Clotaire Oligui Nguema.  Il a été sacré lauréat de la 4ème édition du Grand Concours Photo organisé par le magazine "PHOTO" catégorie "Reportage."  En grand observateur, il figure parmi ceux qui ont vécu et capté à travers les objectifs de ses appareils photo, la rupture dans les modes d’utilisation des médias au Gabon qui étaient sous le contrôle du pouvoir en place. La donne a changé grâce aux avancées technologiques avec du matériel de plus en plus sophistiqué et allégé. Depuis lors, le photo journalisme a pris une nouvelle tournure avec l’avènement du multipartisme au Gabon dans les années 1990 suite à la conférence nationale qui déboucha sur la création d’une multitude de partis politiques de différentes obédiences. « Libérés » du contrôle de l’État et du parti unique, le Parti Démocratique Gabonais (PDG), les partis issus de l’opposition créèrent chacun leur propre organe de presse pour assoir leurs idéologies, sensibiliser les populations en toute liberté et dans la transparence. C’est ainsi que ces derniers se munirent de photographes. La photographie devint alors, au fil des années, un instrument de propagande en quête d’assoir et d’accroitre la visibilité des candidats briguant les postes nominatifs. Le métier de photographe gagne du terrain, de meilleurs émoluments et en respectabilité, particulièrement lorsqu’ils servent de témoin lors des manifestations et échauffourées. Ces prises de vues peuvent être en effet servir d’éléments de preuve de la véracité des faits dans les journaux. Desirey Minkoh nous transporte dans l’univers de la photographie à travers plusieurs angles dans un pays où il ne manque guère de situations rocambolesques à couvrir. Il eut le privilège d’illustrer les événements marquants et les changements sociétaux aux niveaux politique, économique et artistique. « Vivre » – Desirey Minkoh, comment avez-vous atterri dans le photojournalisme ? J'ai deux spécialités en photographie et en photojournalisme. J'ai également fait une formation dans le domaine du portrait d'art. Compte tenu de mes aspirations naturelles et aimant le risque, j'ai choisi de faire du photojournalisme. J'allais en mission dans des zones de conflits et je couvrais des évènements sportifs et culturels. Comment la photographie est-elle appréciée en Afrique ? En Afrique, la profession de photographe est de plus en plus respectée dans toutes les classes sociales, en partie du fait de l’augmentation des émoluments et de la qualité des œuvres de l’esprit. Entre photographes professionnels autodidactes et professionnels sortis des grandes écoles, quelle différence ? Un photographe se désigne photographe dès qu'il a un appareil photo. Alors qu'au départ c'est un ensemble. Pour ceux qui ont fait l'école photo il y a un front commun que l'on suit, puis, au sortir de là, on peut se spécialiser en photojournalisme, portraitiste en photographie environnementale et d’autres spécialités. Je tiens néanmoins à souligner que la photographie est tout d'abord une passion. Les autodidactes qui sont passionnés par la photographie et qui maitrisent les techniques de ce métier sont à même de devenir des professionnels avant-gardistes. La photographie est-elle une discipline artistique à part entière ? Je vais vous expliquer comment la photographie se conçoit. La photographie est un art qui permet de fixer l'image et à l'intérieur de cette photographie il y a des branches de différents genres photographiques. Malheureusement, ce n'est pas encore bien développé au Gabon, ni bien appliqué chez nous, parce que parfois tout est confondu. Selon la définition de la politique de l'art, la photographie est l'ensemble des actions, des décisions, des stratégies mises en place par les institutions publiques ou privées pour influencer, soutenir ou réglementer, ou contrôler la production, la diffusion et la prescription d'œuvres d'art. Il y a donc l'aspect politique, social et culturel dont il faut tenir compte dans la conception des œuvres photographiques. Comment avez-vous réagi à la cérémonie de restitution de certaines œuvres d’art gabonais au ministère de la Culture et des Arts ? J’ai reçu cette information par la presse. J’avais fait un post sur ma page Facebook. Ce qui m’a d’abord choqué, c’est le fait que les gens, qui viennent piller vos œuvres et se décident à vous les restituer, le font comme s’ils vous offrent un cadeau. Et s’ensuivent des mercis à n’en pas finir… C’est la première chose qui m’a choqué.  Ce sont nos œuvres, mais nous agissons comme si c’est un don. On nous a remis les œuvres par compassion. Nous les avons réceptionnés, mais il faut d’abord que le musée soit ouvert à tous. J’y suis allé plusieurs fois mais, en ce qui me concerne, le prix me semble trop élevé. Au niveau national, quand je lance « l’Esprit du Bwiti », j’ai d’abord voulu l’exposer au musée national, mais la lourdeur administrative ne m’a pas permis de le faire. J’étais obligé d’aller le lancer à l’Institut français. Malheureusement, si vous rentrez dans ces petits manquements vous n’allez jamais rien entreprendre. C’est difficile. Donc, il faut penser aux plus jeunes qui vont continuer. » Quel apport attendez-vous des pouvoirs publics en tant qu’artiste ? C’est d’abord à nous qu’il incombe de leur prouver ce que nous sommes à même de faire…Avant de demander de l’aide à l’État, nous devons montrer ce que nous faisons à notre niveau. Par exemple, ceux qui font dans la pierre de Mbigou, voilà des gens qui peuvent réclamer à l’État parce que nous voyons ce qu’ils produisent au quotidien. En tant que photographe, que pouvons-nous réclamer ? Ceux qui seront les mieux organisés auront plus de chance d’obtenir des aides sous la 5ème République.

DROITS D’AUTEUR. DROITS VOISINS

Lorsque l’ONU a voulu consacrer par une déclaration solennelle les droits estimés essentiels, fondamentaux à la condition humaine, le droit d’auteur y a été intégré. La déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948, en son article 27.2 stipule : « Chacun a le droit à la protection des intérêts moraux et matériels découlant de toute production scientifique, littéraire ou artistique dont il est l’auteur ». Le droit d’auteur est dès lors devenu un droit essentiel que les Etats du monde entier ont l’obligation de reconnaître et de promouvoir. Cet appel à la protection juridique des créateurs est une idée des temps dits modernes. C’est le 18ème siècle qui a vu la naissance du droit d’auteur.  Le droit d’auteur protège les œuvres de l’esprit, c’est-à-dire des créations originales. Cela inclut : les œuvres littéraires (livres, articles, discours…) ; les œuvres artistiques (peintures, musiques, films, photographies, sculptures…) ; les œuvres scientifiques et logiciels informatiques. Le droit d’auteur protège les œuvres de l’esprit originales pour une durée en général de 50 ans après la mort de l’auteur. Les droits voisins protègent ceux qui participent à la création et à la diffusion de l’œuvre protégée par le droit d’auteur, sans en être les créateurs. Cela concerne: Les artistes-interprètes ou exécutants (chanteurs, acteurs, musiciens, danseurs…). Les producteurs de phonogrammes ou vidéogrammes. Les organismes de radiodiffusion. Les droits voisins ont une durée générale comprise entre 50 et 70 ans selon les cas. Ces droits, ne suppriment pas le droit d’auteur, mais ils coexistent. Le droit d’auteur et les droits voisins jouent un rôle fondamental dans la protection des œuvres de l’esprit et dans le soutien des acteurs culturels. Ainsi, ils visent principalement : Protection de la création intellectuelle Le droit d’auteur garantit au créateur (écrivain, compositeur, peintre, etc.) une protection automatique de ses œuvres originales contre toute reproduction ou toute utilisation non autorisée ; Encadrement juridique de l’exploitation des œuvres Ces droits sont régis par un cadre législatif et réglementaire qui permet une exploitation licite des œuvres littéraires et artistiques ; Soutien à l’économie de la culture  Le droit d’auteur et les droits voisins contribuent au développement économique des industries culturelles et créatives (cinéma, musique, édition, télévision, etc.). Exercice du droit d’auteur et des droits voisins Le créateur ou l’auteur d'une œuvre de l’esprit protégée dispose sur elle de prérogatives d’ordre morales et patrimoniales. Les droits moraux permettent à l’auteur de préserver le lien personnel qui le rattache à son œuvre. Les droits patrimoniaux permettent eux " d'assurer la rémunération de l'auteur". Ils consistent en des monopoles d'exploitation cessibles ensemble, séparément ou démembrés, sur la représentation et la reproduction de l'œuvre. Les droits patrimoniaux étant cessibles (ils peuvent être vendus ou donnés à titre gratuit), le titulaire initial (créateur ou auteur de l’œuvre) peut choisir de confier la gestion (par cession de droits, mandat ou apport…) à une société d'auteur ou un organisme de gestion collective (OGC) des droits d’auteur qui assurera, en plus du rôle de conseil, de surveillance ou de contrôle, celui d'intermédiation pour la conclusion des contrats d'exploitation et de perception des droits. C'est alors à ces sociétés ou OGC que l'utilisateur devra s'adresser pour demander l'autorisation d'utiliser une œuvre de l’esprit protégée. Au Gabon, ce rôle ou cette mission de gestion collective des droits est assuré par le Bureau Gabonais du Droit d'Auteur et des Droits Voisins (BUGADA), Établissement public à caractère administratif, doté de la personnalité juridique et de l'autonomie financière, crée en 2013, sous tutelle du ministère de la Culture et des Arts. Aspects pratiques de la gestion collective des droits par le BUGADA La gestion collective de manière générale commence par l'adhésion des titulaires de droits au BUGADA et s'achève par le paiement des droits perçus à leur profit. Mécanismes de gestion collective de droits d’auteur et des droits voisins Les titulaires des droits (auteurs, artistes interprètes ou exécutants et membres des sociétés étrangères) membres adhérents, affiliés au BUGADA, donnent mandat au BUGADA d’assurer la gestion de leurs droits en délivrant aux utilisateurs ou usagers des œuvres de l’esprit (bars, snack bars, hôtels, restaurants, administrations publique ou privée, maisons de téléphonie, organisateurs de spectacles, etc.) des autorisations d’exploitation des œuvres littéraires ou artistiques moyennant paiement des redevances des droits. Ces redevances sont perçues ou collectés par le BUGADA et réparties in fine aux titulaires des droits, membres adhérents affiliés au BUGADA ou à des sociétés ou OGC étrangères partenaires du BUGADA. Source BUGADA

QUELLE EST LA PLACE ET QUEL EST LE TRAITEMENT DE L’ARTISTE DANS NOTRE SOCIÉTÉ ?

QUELLE EST LA PLACE ET QUEL EST LE TRAITEMENT DE L’ARTISTE DANS NOTRE SOCIÉTÉ ? Après avoir dans un premier temps, répondu aux questions de savoir ce qu’est l’art, et ce qu’est un artiste, examinons sans fard, la place qu’occupe l’artiste dans notre société. Il est évident qu’en ce qui concerne la place de l’artiste dans notre très chère société gabonaise, nous sommes dans un vrai capharnaüm. Et pourtant ce n’est pas faute de talents. Que ce soit dans le cadre de l’ÉNAM (École Nationale d’Art et de Manufacture) en pleine décrépitude (en apparence du moins) ou grâce aux initiatives personnelles de certains, artistes ou pas, notre société ne peut se plaindre d’un manque de talents parmi la plupart des artistes gabonais, même si souvent le pire le dispute au moins bon, voire au meilleur. Pourquoi la situation n’est-elle pas tranchée afin que nous soyons dans un environnement où existeraient des structures adéquates afin que quand une manifestation d’ordre purement artistique est annoncée, toute personne intéressée soit sûre qu’elle pourra assister à une performance se déroulant dans un cadre adéquat (concerts, expositions, théâtre, ballet, etc…) avec des intervenants d’un niveau au minimum moyen sinon plus, avec un accueil au niveau, une sono au top, un éclairage correcte, des dépliants de qualité… ? Pourquoi la situation n’est pas tranchée, disais-je ? Tout simplement parce que les pouvoirs publics jusqu’à ce jour ne s’impliquent pas de manière décisive. Je me contenterai de donner l’exemple des droits d’auteur par chez nous où ce projet joue les arlésiennes. Il est évoqué depuis au moins une quarantaine d’années mais peine à prendre corps faisant regretter à des anciens comme Hilarion NGUEMA l’époque de la SACEM (Société des Auteurs Compositeurs et Editeurs de Musique) quand au moins une fois l’an sinon plus, ils percevaient leurs droits en espèces sonnantes et trébuchantes. Il y a d’abord eu l’ANPAC, (Agence Nationale de Promotion Artistique et Culturelle) aujourd’hui c’est le BUGADA (Bureau Gabonais du Droit d’Auteur) qui s’y colle avec semble- t-il avec le même résultat. Aujourd’hui, un artiste gabonais (compositeur, chanteur, rappeur, slameur …) peut faire des millions de vues et ne rien toucher tout simplement à cause de l’absence d’une structure adéquate dédiée. L’un d’eux m’a confié que pour ne pas être perdant dans ce cas, il vaut mieux avoir cette structure dédiée à l’étranger. Ne parlons pas des artistes peintres et autres sculpteurs (EKORE, MBOUROU et autres anonymes…) qui ont dû leur survie à des institutions de la place telles que BICIG pour ne citer que celle-là. De la responsabilité des pouvoirs publics Pourquoi les pouvoirs publics ne jouent-ils pas leur rôle à fond afin d’éviter à des compatriotes méritants des fins de mois difficiles en mettant en place le cadre approprié afin que l’âme gabonaise puisse avoir droit de cité. Il est tout à fait normal que grâce à son talent, les frères cap-verdiens et antillais se soient appropriés feu Oliver NGOMA. Ce qui ne l’est pas par contre c’est que pour atteindre ces hauteurs, il ait été contraint, à son corps défendant, tout comme pour la majorité de ses semblables chanteurs, d’être un homme-orchestre et de ne devoir sa réussite non pas seulement à des prédispositions naturelles et à un travail acharné, mais plutôt à sa capacité de jouer à travers une débauche d’énergie, les rôles de producteur, technicien du son, réalisateur de clips, promoteur et j’en passe. La jeune génération de chanteurs, musiciens et autres réalisateurs de films sont à ce jour logés à la même enseigne. Encore heureux que la révolution numérique nous ait apporté la démocratie des moyens en permettant à qui le veut, d’être vu par des milliers sinon des millions de personnes sans bourse délier. Mais il n’en demeure pas moins que l’incontournable technique du streaming manque cruellement d’un encadrement approprié au niveau national. J’ose espérer que ces manquements ne résultent pas d’une mesquinerie uniquement assumée en privé comme me l’a confié un jeune chanteur qui me disait qu’un « responsable » lui avait déclaré : « Vous avez déjà le succès, si en plus vous avez l’argent, que va-t-il nous rester ? » Je ne me pose même pas la question de savoir si cela est vrai ou pas car dans l’affirmative ce serait tellement grave que je préfère le déni absolu. Cela ne devrait pas être. Arrêtons les guéguerres qui nous tirent vers le bas et n’oublions pas qu’une société évolue en fonction de son aptitude à gérer ses contradictions en les convertissant en quelque chose de positif dans l’intérêt du plus grand nombre. OSONS AVOIR UNE VISION édégo

MALANDA LOUMOUAMOU

Vous vous intéressez aux savoirs et savoir-faire ancestraux africains, en particulier le Masque. Dites-nous tout. Mon travail est nourri par une volonté profonde de valoriser nos savoirs endogènes, de les sortir de l’ombre pour les mettre en lumière. Le masque, pour moi, est bien plus qu’un objet ; c’est l’incarnation du sacré, d’une communauté, d’une mémoire vivante. D’aussi loin que je me souvienne, les cérémonies de masques étaient le cœur battant de notre cohésion sociale. C’est tout naturellement que j’ai consacré à ce sujet mon mémoire de fin d’études aux Arts Décoratifs de Paris, intitulé Au-delà du Masque : en quête de l’Okukwè. Ce travail, désormais intégré aux collections de la médiathèque de l’Institut Français du Gabon, est le fondement théorique de ma démarche artistique : comprendre pour mieux retranscrire, honorer pour mieux transmettre. Comment alliez-vous tradition et modernité dans votre travail ? Je ne les oppose pas, je les fais dialoguer. Je suis l’artiste qui tisse un lien entre les ancêtres et le contemporain. La tradition est ma source, mon inspiration première. Je puise dans l’imaginaire riche et mystérieux de nos forêts denses, dans la sagesse des gestes ancestraux. La modernité est le langage que j’utilise pour raconter ces histoires aujourd’hui. C’est une alchimie subtile : utiliser des matériaux contemporains pour évoquer un symbole ancien, ou concevoir une installation numérique qui parle de spiritualité traditionnelle, à l’instar de Ngoundou wè Yetchi : La Force de l’arbre. Mon objectif est de montrer que notre héritage n’est pas figé dans le passé ; il est vivant, pertinent et profondément contemporain. Vous vivez entre le Gabon, le Congo et la France. Quelle est l’influence de ces pays sur votre travail ? Ajoutez votre titre iciCes trois territoires sont les piliers de mon identité et donc de ma création. Le Gabon et le Congo sont ma source, mon ancrage, le lieu où je puise mes racines, mes motifs, mes narratives. La France est mon atelier de formation et un espace de dialogue avec la scène artistique internationale. Cette navigation constante entre ces univers affine ma perception, enrichit mon inspiration et me permet de porter un regard à la fois intime et universel sur mon travail. Combien d’œuvres d’art comptez-vous à ce jour, et quel message véhiculez-vous à travers votre travail ? La nature souvent éphémère et scénographique de mes installations – pensées pour des lieux de travail ou des événements – les rend difficilement quantifiables. Je me dirige aujourd’hui vers plus d’œuvres destinées à l’exposition, à la collection. Le message que je porte est intrinsèquement lié à ma pratique. À travers le choix de matériaux souvent naturels, locaux ou recyclés, je milite pour une création responsable qui s’inscrit dans l’éco-conception. Je veux véhiculer une poétique de la sobriété et du sens, où la beauté naît du respect de la nature et de l’héritage culturel. Parlez-nous de votre autre passion : la décoration et l’aménagement d’espaces. Ce qui a commencé comme une nécessité – diversifier mon activité pour explorer toute la chaîne d’expertise de la scénographie – s’est très vite transformé en une passion profonde pour la décoration et l’aménagement. La scénographie, c’est l’art de transformer un espace pour y raconter une histoire. Cette passion a naturellement débordé du cadre de la création de décors, de costumes et d’accessoires pour le spectacle vivant (théâtre, danse) et l’audiovisuel, comme j’ai pu le faire en tant que cheffe décoratrice sur la série Mami Wata : le mystère d’Iveza. J’ai ainsi étendu ma pratique au design d’espaces et à l’événementiel, en investissant notamment l’espace urbain lors de la première édition du Festival Rue Dance Gabon et de la Foire du Livre de Libreville. J’ai eu le privilège de créer des univers visuels sur-mesure pour des espaces recevant du public (ERP), que ce soit pour des séminaires de team building ou pour des lieux d’innovation comme l’Entreprenarium. Chaque projet est une nouvelle aventure qui me permet d’insuffler de l’émotion et du récit dans le quotidien. Quel regard portez-vous sur le marché de l’art gabonais et les conditions de travail des artistes nationaux ? Le marché de l’art gabonais est jeune, dynamique et immensément prometteur. On sent une effervescence, une soif de création. Le défi principal réside dans la structuration : il est crucial de promouvoir le statut d’artiste pour le protéger et le professionnaliser, ainsi que de multiplier les lieux d’expression et d’exposition pérennes, afin d’apporter une complémentarité avec les événements ponctuels. Le potentiel est là, il demande à être consolidé. Comment entrevoyez-vous l’avenir de l’art gabonais ? Je le vois avec un immense optimisme. L’avenir est aux échanges et à la professionnalisation. L’impact auprès des acteurs culturels gabonais, des résidences artistiques, tant locales qu’internationales, et le foisonnement d’événements culturels de qualité sont les signes d’un écosystème en pleine santé. La prochaine étape est de créer des ponts solides entre cette créativité et les marchés internationaux, tout en continuant à éduquer et à sensibiliser le public local. Que réservez-vous au public dans les prochains mois ? Une exposition de vos œuvres ? Je suis actuellement dans une phase intense de recherche et de création, nourrie par mes projets récents comme l’exposition Invitation au Voyage Ephémère qui s’est déroulée à La Rochelle. Je prépare de nouvelles œuvres qui approfondissent mon exploration des dialogues entre le traditionnel et le contemporain. Le public pourra les découvrir dans le cadre d’expositions à venir, sur lesquelles j’ai hâte de pouvoir communiquer très prochainement. Êtes-vous une artiste comblée ? Vivez vous de votre art ou non ? Je suis une artiste comblée de rencontres enrichissantes, constructives et qui ne cessent de m’apporter des opportunités diverses. Je vis davantage de mon expertise. Vivre de mon art serait un abus de langage mais l’art y contribue. Pour ainsi dire, je vis l’Art.

FLAVIENNE ADIAHENOT-MEPOREWA « JE ME PRESENTE POUR REDONNER SENS A LA JUSTICE SOCIALE ET AUX DROITS HUMAINS »

FLAVIENNE ADIAHENOT-MEPOREWA « JE ME PRÉSENTE POUR REDONNER SENS À LA JUSTICE SOCIALE ET AUX DROITS HUMAINS. » Militante de l’Union Nationale (UN) et députée de la Transition, Flavienne Adiahenot-Meporewa est candidate aux élections législatives pour le 2ème siège _ LITTORAL dans le 4ème arrondissement de Libreville. Portée par un engagement citoyen de longue date, elle revient sur son regard critique de la politique sociale actuelle, les raisons de sa candidature et les grandes lignes de son programme Flavienne Adiahenot-Meporewa – Pour la candidate que je suis, la République gabonaise souffre encore d’un manque de vision claire en matière de politique sociale. Trop de familles vivent dans la précarité, trop de jeunes sont sans perspectives, trop de citoyens voient leurs droits fondamentaux bafoués comme en témoignent plusieurs réalités préoccupantes. L’accès aux soins de santé : de nombreux foyers gabonais, notamment dans les quartiers populaires et en zones rurales, peinent à consulter un médecin ou à bénéficier d’un traitement adapté faute de moyens financiers et d’infrastructures suffisantes. La santé ne doit pas être un privilège. Je propose la mise en place d’une Couverture Santé Universelle renforcée. La CNAMGS est la structure, mais la Couverture Santé Universelle est la vision, dont la CNAMGS est censée être le moteur. » Le chômage des jeunes diplômés : malgré leur dynamisme et leurs compétences, une grande partie de la jeunesse se heurte à l’absence d’opportunités professionnelles. Ce gâchis de talents alimente frustration et désillusion. Je défends l’adoption d’une loi favorisant l’insertion professionnelle des jeunes, incluant des stages rémunérés obligatoires, des incitations fiscales pour les entreprises qui recrutent, et des programmes de microfinancement dédiés aux entrepreneurs de moins de 35 ans. Ces propositions sont faisables au Gabon. Aujourd’hui, les stages ne sont pas rémunérés par obligation, il n’existe pas de dispositif fiscal spécifique pour l’embauche des jeunes, et les mécanismes de financement restent trop complexes. Pourtant, ces mesures sont appliquées avec succès dans d’autres pays africains. Les rendre effectives par une loi serait une avancée majeure pour valoriser nos jeunes talents. Quelles sont les autres réalités qui vous préoccupent ?​ Les inégalités dans les allocations sociales : si l’indemnité allouée aux personnes vivant avec un handicap a été revue durant la Transition, les allocations familiales, elles, tardent à évoluer. « On ne peut pas demander aux familles d’assumer seules le poids de la pauvreté et du coût de la vie », martèle-t-elle, appelant à une réforme des prestations sociales en faveur des enfants et des familles nombreuses. Les faillites d’entreprises publiques et privées : les liquidations de sociétés comme AIR GABON, les faillites de la POSTEBANK ou de la SOGEC ont laissé des milliers de travailleurs, d’épargnants et de familles dans l’incertitude. Ces dossiers ne doivent pas rester des sujets tabous, enterrés dans le passé. Ils méritent un traitement spécial, car ils touchent à la confiance même des citoyens envers l’État et ses institutions. Je propose l’ouverture de mécanismes de compensation et de relance pour protéger les victimes de ces faillites. Parlez-nous de votre combat et de votre candidature aux législatives ​ Je n’en suis pas à mon premier combat. Ma candidature est née d’un militantisme constant. Militante depuis 2010, je me suis illustrée par mon engagement au sein de l’Union Nationale et par mes actions de proximité dans le 4ᵉ arrondissement de Libreville. Je ne me présente pas pour une carrière. Je me présente parce que je crois que le Parlement doit redevenir la maison du peuple. Je revendique un militantisme marqué par des luttes sociales et des échecs transformés en leçons de résilience. Chaque revers m’a rendue plus forte, chaque victoire a renforcé ma conviction que rien n’est impossible quand on agit pour le bien commun. Quels sont les axes majeurs de votre projet législatif ?​ Mon projet se base sur 6 axes majeurs en tête desquels la justice sociale. Je veillerai à ce qu’elle soit renforcée par le biais de l’amélioration à l’accès à la santé, à l’éducation et aux services publics essentiels. Les 5 autres axes de mon projet visent à : Mettre la jeunesse au cœur de l’action à travers le développement de l’insertion professionnelle, le soutien des initiatives entrepreneuriales et l’appui aux jeunes, l’objectif étant de leur permettre d’avoir un rôle actif dans la gouvernance locale et nationale. Garantir les droits humains en veillant à l’application effective des libertés fondamentales et de l’équité devant la loi. Assurer la transparence et la redevabilité par l’instauration d’un contrôle rigoureux des politiques publiques et la lutte contre les privilèges sont au cœur de ce volet. Répondre aux priorités locales à travers notamment l’amélioration des infrastructures, de la sécurité et de l’emploi dans le 4ᵉ arrondissement de Libreville, la restructuration et la relance des dispensaires. Proposer une loi sur la politique de la ville afin d’encadrer le développement urbain, lutter contre les inégalités territoriales et offrir à chaque citoyen, dans chaque quartier, un cadre de vie digne, sûr et durable Inscrire dans le budget des crédits spécifiques pour l’eau et l’électricité : il faut faire de ces services essentiels une priorité nationale car « Une nation sans eau courante ni énergie fiable ne peut se développer. J’en fais une priorité absolue de mon programme législatif. Ces crédits, inscrits dans un fonds spécial contrôlé par l’Assemblée nationale, permettront d’étendre et de moderniser les réseaux, tout en prévoyant des tarifs sociaux pour les familles vulnérables. En guise de conclusion, que souhaiteriez-vous dire aux Gabonais ?​ Mon message est un appel à l’unité et à la responsabilité collective. Je lance un message solennel aux électeurs : Je ne prétends pas détenir toutes les solutions, mais je vous promets sincérité, proximité et engagement. Ma candidature est un acte de foi en notre capacité collective à bâtir un Gabon plus juste, digne et prospère. Je tends la main à chaque citoyen pour que nous transformions nos douleurs en force, nos attentes en actions et nos rêves en victoires. Ensemble, écrivons une nouvelle page de notre histoire commune. Propos recueillis par Flavienne L. Issembè

ALLONS AU THÉȂTRE

MÉTIERS DES ARTS VALORISER LES TALENTS. PROFESSIONNALISER LES PASSIONS Souvent considérés à tort comme des loisirs ou des « plans B », les métiers des arts sont pourtant au cœur de l’identité culturelle, de l’économie créative et même du rayonnement international d’un pays. Musique, peinture, danse, chant, théâtre, photographie, stylisme, sculpture, audiovisuel, graphisme… Ces disciplines sont bien plus que des expressions de beauté : elles sont aussi des sources d’emplois, de revenus et d’espoir pour une jeunesse en quête de sens. Au Gabon, malgré un vivier artistique riche et diversifié, beaucoup d’acteurs culturels peinent à vivre de leur art. Manque de structuration, faible protection juridique, absence de financement, reconnaissance sociale limitée… les défis sont nombreux. Pourtant, les textes évoluent. La loi n°016/2023 portant statut de l’artiste et de l’acteur culturel, modifiée par l’ordonnance n°0010/PR/2024, pose un cadre plus clair et protecteur pour les artistes. Elle reconnaît leur rôle, définit leurs droits, et vise à les intégrer dans la logique d’un développement durable. Mais encore faut-il que cette loi soit connue, vulgarisée et appliquée. Il est temps que les artistes eux-mêmes, du moins ceux et celles qui ne l’ont pas encore fait, prennent conscience de leur statut, se forment, s’organisent, revendiquent un meilleur encadrement et participent aux discussions sur la politique culturelle nationale. Il est temps que l’État soutienne la création locale, valorise les talents, mette en place des fonds de soutien, des formations et intègre les arts dans les programmes éducatifs. Aux jeunes artistes : votre passion a de la valeur. Votre art est un métier. N’ayez pas peur de l’affirmer, de vous professionnaliser, de bâtir un projet structuré. Aux familles : soutenez ces vocations, elles sont aussi nobles que toutes les autres. À la société : consommons local, encourageons les scènes locales, valorisons nos créateurs. Reconnaître les métiers des arts, c’est créer une économie plus inclusive, une jeunesse plus épanouie et une culture gabonaise plus vivante.

new one

CONFÉRENCE DE PRESSE DE 4 ANCIENS CANDIDATS À L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE UNE ALERTE POLITIQUE FACE À UN PROCESSUS ÉLECTORAL PRÉCIPITÉ Trois mois après la dernière élection présidentielle du 12 avril qui a vu l’installation d’un nouveau pouvoir exécutif, le paysage politique gabonais semble déjà à nouveau sous tension. Quatre anciens candidats, Joseph Lapensée Essingone, Stéphane Germain Iloko Boussengui, Thierry Yvon Michel N’goma et Axel Stophène Ibinga Ibinga ont uni leurs voix lors d’une conférence de presse conjointe le 31 juillet dernier, pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une dérive inquiétante du processus électoral en cours. Alors que le pays s’achemine vers les élections législatives et locales prévues respectivement les 27 septembre et 7 octobre prochains, les quatre hommes ont décidé de tirer la sonnette d’alarme face à un calendrier qu’ils jugent précipité, désorganisé et potentiellement vecteur de tensions politiques. Leur message : le Gabon court le risque d’un nouveau cycle d’instabilité si les règles du jeu électoral ne sont pas rapidement révisées. « Il est encore temps d’agir pour éviter une nouvelle crise », ont-ils martelé devant un parterre de journalistes nationaux et internationaux. Des propositions claires pour un scrutin apaisé Au-delà de la critique, les quatre anciens candidats ont présenté une série de propositions concrètes pour corriger les failles du processus et redonner confiance aux citoyens et aux acteurs politiques : Prolonger le délai de dépôt des candidatures jusqu’au 25 août, afin de permettre aux postulants de finaliser leurs dossiers administratifs dans des conditions plus sereines, tout en garantissant une meilleure organisation des élections. Réformer la composition des commissions électorales locales, en demandant notamment le retrait des magistrats de l’ordre administratif. Une mesure censée préserver l’impartialité judiciaire dans la gestion des contentieux électoraux. Assurer une représentation politique équilibrée dans l’organisation du scrutin, pour garantir une supervision crédible et acceptée de tous. Organiser, sans tarder, une concertation nationale entre majorité et opposition, en vue de dégager un consensus fort sur les règles du jeu électoral et éviter toute contestation future. Une coalition d’anciens rivaux : simple alliance de circonstance ou front politique en gestation ? En s’exprimant d’une seule voix, ces anciens adversaires du scrutin présidentiel envoient un signal politique fort. Au-delà des critiques techniques, leur posture interroge : s’agit-il d’un regroupement temporaire face à une urgence nationale, ou les prémices d’un nouveau front politique structuré ? À l’heure où la démocratie gabonaise cherche encore ses marques après une transition post-présidentielle délicate, l’initiative de ces quatre figures pourrait bien peser sur la suite du processus. Leur capacité à fédérer d’autres forces, à maintenir une ligne commune et à proposer une vision politique alternative sera scrutée de près. Leur cri d’alerte résonne aujourd’hui. Mais demain, seront-ils toujours ensemble ? Et surtout, seront-ils entendus ?   Eric Ozwald

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Fondatrice – Directrice

 

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Martial Idundu

Flavienne Louise Issembè

 

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Eric Ozwald

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CONTACTS

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