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CRISE DE CONFIANCE ET GOUVERNANCE

Au cœur de la fissure sociale qui ronge profondément le Gabon, une crise de confiance sans précédent ébranle les fondations mêmes de la gouvernance sous la 5ème République. Grèves massives paralysant écoles, hôpitaux et administrations publiques, manifestations quotidiennes encombrant les artères bondées de Libreville et Port-Gentil, boycott généralisé des services essentiels. Ces soulèvements traduisent un contrat social irrémédiablement brisé. Du salarié urbain épuisé par l’inflation galopante au cultivateur provincial oublié des aides de l’État, chaque Gabonais exprime un ras-le-bol légitime face à des institutions perçues comme opaques, corrompues et déconnectées des souffrances du quotidien. Me. Ange Kevin Nzigou, avocat chevronné et président du Front Démocratique Socialiste (FDS), diagnostique dans le tumulte des tensions actuelles, avec une gravité palpable, la perte de confiance viscérale qui gangrène la société gabonaise envers la parole publique des élites. « Cette crise démontre que les Gabonais n’ont plus confiance en la parole publique », assène-t-il d’une voix ferme, les yeux rivés sur l’objectif. Il appelle solennellement les dirigeants actuels à « considérer les cris du peuple gabonais » qui montent de tous les quartiers. Sans une écoute sincère et des actes concrets, alerte-t-il avec force, « la situation ne fera qu’empirer, imposant inévitablement un rafraîchissement profond et urgent de la classe politique pour insuffler un véritable renouveau démocratique, inclusif et profondément humain. » Perspectives de sortie Restaurer la confiance érodée exige un dialogue, solidement ancré dans les droits humains fondamentaux y compris la dignité de tout être humain, la liberté d’expression pour que chaque voix soit entendue sans crainte, l’accès équitable à l’information malgré les abîmes de la fracture numérique qui isolent provinces et périphéries, et une justice sociale implacable pour panser les blessures profondes des plus vulnérables. Derrière les banderoles enflammées et les slogans, ce sont les mères de famille comptant fébrilement chaque franc pour nourrir leurs enfants, les jeunes entrepreneurs bricolant des rêves d’avenir dans l’ombre des coupures internet, les aînés des villages portant patiemment la mémoire collective d’un Gabon uni qui lancent un appel vibrant à la réconciliation. Leur dignité inviolable, pierre angulaire des droits humains universels, demeure la clé lumineuse d’un espoir retrouvé pour une nation pansée et renaissante.

ALERTE AU SUICIDE

Le pire, l’irréparable peut arriver plus souvent qu’on ne l’imagine et au moment où on s’y attend le moins. Si le phénomène est rare au Gabon, il n’en demeure pas moins que les cas de suicide qui se produisent dans notre pays interrogent sur les racines du mal.  Un mal-être, un malaise profond, une crise existentielle mine le vécu de bon nombre de nationaux, en particulier les jeunes. Une fissure de plus. Une fissure de trop. Souvenez-vous du cas de cette étudiante qui, une fois son diplôme en poche, est restée des années durant au chômage. Ne pouvant plus vivre dans la précarité, elle a mis fin à ses jours. En cette année 2026, en mars, un lycéen en classe de première s’est donné la mort en se jetant de la passerelle du Lycée Léon Mba à Libreville « pour avoir été accusé à tort d’une faute qu’il n’avait pas commise.» Déception amoureuse, harcèlement à l’école ou en ligne, problèmes familiaux ou professionnels figurent au nombre des causes qui conduisent au suicide. Désespérées, fragilisées et souvent incomprises, les victimes s’isolent et s’enferment sur elles-mêmes. Un malaise profond Le mal-être des jeunes est profond. Ceux qui font l’objet d’une attention et d’un appui familial soutenus ont plus de chance de s’en sortir que d’autres qui n’hésiteront pas à franchir la ligne rouge et à s’adonner à des pratiques malsaines y compris la consommation de drogue et d’alcool, la prostitution, le vol, la violence ou le crime. L’univers des réseaux sociaux qui, rappelons-le, présente des avantages mais aussi des risques tel que l’addiction, nuit, si l’on n’y prend garde, à la santé mentale. Les jeunes sont d’autant plus vulnérables qu’ils vivent dans une société où les valeurs essentielles à leur épanouissement s’amenuisent comme peau de chagrin. Ces valeurs, inscrites dans l’article 9 de la Constitution nationale de 2024, incluent, entre autres : À ces valeurs s’ajoutent les droits et devoirs de chacun. Au chapitre des droits, en ses articles 11-12, la Constitution dispose respectivement : S’agissant des devoirs, la Constitution dispose en son article 35 : « La protection de la jeunesse contre l’exploitation et contre l’abandon moral, intellectuel et physique, est une obligation pour l’État et les autres collectivités publiques. » Les jalons posés au cours des trois dernières années dans le domaine de l’amélioration de la sécurité dans l’environnement scolaire gagneraient à s’inscrire de manière effective dans les faits. L’objectif est de prévenir et de lutter contre les drames qui gangrènent et mettent en danger la jeunesse gabonaise. La santé mentale et physique des enfants doit faire l’objet d’un suivi permanent des parents, des établissements scolaires, du secteur de la santé et de l’État. Le dialogue étant une arme puissante, tout un chacun devrait en user pour aider les jeunes à s’ouvrir et échapper au suicide. Mieux vaut prévenir que guérir.

LES FAITS PARLENT D’EUX-MÊMES

Le Peuple se demande si le pouvoir en place est à l’écoute de ses revendications, de ses besoins réels, qui ne sont ni plus ni moins que ceux d’hommes et de femmes qui aspirent à une vie meilleure basée sur le respect, le bien-être, la sécurité économique pour exister à l’abri de la précarité, de la maladie, du chômage, de l’exclusion.  Tant que notre pays n’aura pas atteint le niveau de développement durable requis, accessible et profitable à tous, le fossé entre riches et pauvres continuera de s’élargir. Les maux qui minent notre pays sont autant d’injustices qu’aucun Peuple, quel qu’il soit, ne devrait subir.  Répondre aux attentes de la population Au nom du respect des droits humains, des actes concrets s’imposent aux fins d’aider la majorité des Gabonais.es à reprendre le cours normal de leur vie. Le projet de société du chef de l’État offre un cadre approprié pour l’action à travers six piliers dont les 3 premiers sont ancrés dans : Les 3 derniers piliers du projet présidentiel sont :

SOMMES-NOUS DES PATIENTS OU DES CLIENTS ?

Au Gabon, l’hôpital est-il devenu une entreprise qui privilégie l’argent au détriment des malades ? L’avènement de l’hôpital moderne a donné naissance à une nouvelle forme de services de santé. Les structures sanitaires deviennent des machines à sous alors que les malades n’ont qu’un souhait : se faire soigner. Le mal gangrène l’hôpital et se répand comme un cancer qui fait tache à cette noble création de l’Homme. L’hôpital, ce lieu fréquenté par toutes les couches sociales, en particulier la classe moyenne, perd sa splendeur. Agissons avant qu’il ne soit trop tard. Le système de santé gabonais a adopté depuis plusieurs années une tarification à l’activité. Les hôpitaux sont désormais dans une démarche d’optimisation excessive des montants des consultations et autres soins médicaux, l’objectif étant d’augmenter leurs profits ou de combler leur déficit, quitte à franchir la ligne rouge. Le service public a failli, d’où la prolifération des cliniques privées qui, vraisemblablement, creusent davantage le fossé entre les différentes couches de la société. Certaines dérives sont dénoncées par des patients ou des usagers telles que la falsification d’horaires de décès, pour compter une journée d’hospitalisation supplémentaire ou la prescription de traitements destinés à maintenir en vie quelques jours de plus un patient condamné. En dépit des nombreux défis auxquels sont confrontés nos structures sanitaires, des histoires positives émergent. Nous avons rencontré trois gabonais qui ont vécu des expériences inspirantes dans nos hôpitaux et cliniques. Leurs récits témoignent de la résilience, de la compassion et du professionnalisme des professionnels de la santé au Gabon, et mettent en lumière les moments de réconfort et de guérison au cœur de ces institutions. Grâce, une jeune femme de 31 ans, se souvient de son expérience à l’hôpital avec gratitude et reconnaissance : « Lorsque j’ai été admise pour une intervention chirurgicale d’urgence, j’avais peur et j’étais anxieuse. Cependant, dès mon arrivée, j’ai été accueillie par une équipe médicale chaleureuse et compétente qui m’a immédiatement mise à l’aise. » Grâce considère son expérience à l’hôpital comme un moment de gratitude envers le personnel qui a veillé sur elle dans sa période de vulnérabilité, notamment l’infirmière Sylvie, qui lui a offert un soutien et un réconfort inestimables tout au long de son séjour à l’hôpital. « Grâce au dévouement et à l’expertise du personnel, j’ai pu surmonter cette épreuve avec courage et détermination. Timmy, étudiant en développement Web, relate son hospitalisation des suites d’une infection :« Quand j’ai été conduit à l’hôpital, j’étais dans un état délicat et j’avais peur. Cependant, grâce aux soins attentifs et à l’expertise de l’équipe médicale, j’ai non seulement reçu les meilleurs soins, mais je me suis remis complètement. Les médecins, les infirmières et tout le personnel hospitalier ont travaillé sans relâche pour m’aider. Leur dévouement et leur professionnalisme m’ont profondément touché et m’ont donné une nouvelle appréciation des services de santé au Gabon. » Loïc, un père de famille, a été confronté à un défi de santé majeur lorsqu’il a été diagnostiqué avec un diabète : « Quand j’ai appris ma condition, j’étais terrifié pour l’avenir de ma famille et le mien. Cependant, dès mon premier rendez-vous à l’hôpital, j’ai été accueilli par une équipe médicale chaleureuse et attentionnée qui m’a immédiatement mis à l’aise. » Aujourd’hui, Loïc est reconnaissant envers le personnel qui lui a offert des soins de première classe et lui a permis de vivre pleinement sa vie malgré son diabète. Mais, il n’en demeure pas moins que les services de santé souffrent de plusieurs maux qui impactent considérablement la santé d’une frange importante de la population gabonaise en raison notamment des bas salaires, des ressources extrêmement limitées aux plans humain, technique et financier. Au vu de ce qui précède, il est primordial de redonner au système national de santé ses lettres de noblesse par la valorisation de ses services et la promotion de la dignité de son personnel afin d’éviter ses dérives qui en font une machine à faire de l’argent au détriment de la santé des patients.  

DROITS DE LA VEUVE ET DE L’ORPHELIN

Au Gabon, la veuve et l’orphelin incarnent une vulnérabilité profondément ancrée dans la structure sociale. Leur sort révèle souvent l’écart entre les promesses juridiques des textes et la réalité vécue. À chaque décès d’un chef de ménage, c’est tout un système de protection sociale qui est mis à l’épreuve : droits successoraux, prise en charge des enfants, accès à la propriété, sécurité économique et psychosociale. Si le droit reconnaît la dignité et la protection de la personne humaine, sa mise en œuvre soulève d’importants défis. Cadre juridique national : des droits affirmés mais fragmentés La Constitution gabonaise (article 1er) garantit la dignité humaine comme valeur fondamentale. L’article 14 reconnaît à tout citoyen le droit à la santé et au bien‑être, sans discrimination. Sur cette base constitutionnelle, les veuves et les orphelins devraient jouir d’une protection accrue. Le Code civil gabonais, bien qu’héritier d’une tradition juridique inspirée du droit civil français, comporte des dispositions sur la responsabilité familiale, la succession et l’autorité parentale. Conformément au droit, les héritiers réservataires, notamment les enfants, doivent recevoir une part de la succession. La veuve ne peut être totalement exclue de l’héritage. La loi n°5/2019 relative à la protection sociale reconnait aussi la nécessité d’un filet social pour les personnes sans ressources. Succession et droit de propriété : une application variable L’application des dispositions susmentionnées varie fortement selon les régions et les milieux socioculturels. Dans certains contextes coutumiers, la veuve est écartée de la succession familiale au profit des héritiers masculins. Cette pratique est contraire aux normes constitutionnelles et aux engagements internationaux du Gabon, notamment la Charte africaine des droits de l’Homme et des Peuples (article 18) qui reconnaît la protection de la famille et recommande à l’État de légiférer dans ce sens. Le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC) impose aussi l’égalité des droits en matière de protection sociale. Cette dualité des normes entre droit étatique et pratiques coutumières laisse des veuves sans moyens de subsistance et des orphelins sans soutien stable. Sansjugement clair et sans accompagnement institutionnel, beaucoup se retrouvent dans une précarité durable. Orphelins : protection juridique mais lacunes sociales Les orphelins, en particulier ceux qui ont perdu leurs deux parents, sont reconnus comme des personnes nécessitant une protection spéciale. La Convention relative aux droits de l’Enfant, ratifiée par le Gabon, garantit à tout enfant le droit à l’éducation, à la santé, à un niveau de vie suffisant et à une protection contre l’exploitation. En théorie, ces normes s’appliquent à tous les enfants, y compris les orphelins. Cependant, l’absence d’un fichier national des enfants en situation de vulnérabilité, de dispositifs d’accueil et de tutelle bien structurés, limite l’accès réel à ces droits. De nombreux orphelins se retrouvent à la charge de membres de la famille élargie, parfois sans ressources suffisantes et sans suivi social ou psychologique. Obstacles à l’exercice des droits Plusieurs facteurs limitent l’effectivité des droits reconnus. Notamment : Initiatives et pistes d’amélioration Des ONG locales, des associations de femmes et des organisations religieuses tentent de combler ces lacunesà travers : Ces efforts louables restent fragmentaires sans cadre étatique cohérent, l’écart entre la lettre et la mise en œuvre étant considérable. Pour honorer ses engagements nations et internationaux, l’Etat doit renforcer l’accès à la justice, harmoniser les pratiques coutumières avec le droit étatique, investir dans des politiques publiques intégrées de protection sociale et protéger les personnes vulnérables conformément au principe de la dignité humaine

JEANNE CLARISSE DILABA

Le parcours de Jeanne Clarisse Dilaba est parsemé de pépites. Ambitieuse, courageuse et humaniste, cette Gabonaise de l’Estuaire et de la Ngounie esr une fervente militante contre les discriminations et les violences faites aux personnes vulnérables. Fondatrice de l’ONG Femme Lève-toi (OFLT), du Mouvement Jeunesse Lève-Toi et de la Coopérative MognuGuButambe « La Vie Provient de la Terre », elle est depuis février 2022, coordinatrice nationale du Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale (REDHAC). « Vivre » : Madame Dilaba, Qu’est au juste le REDHAC et quelle en est la mission ? Jeanne C. Dilaba – Le REDHAC a été créé en avril 2007 par les délégués des organisations de défense et de promotion des droits de l’homme de huit pays d’Afrique centrale. J’ai cité le Cameroun, la Guinée Equatoriale, le Gabon, la République du Congo, la République démocratique du Congo, la République Centrafricaine, Sao-Tomé et Principe et le Tchad. Le REDHAC est donc une organisation sous-régionale, apolitique et à but non lucratif. La mission de notre réseau est de coordonner et structurer toutes les organisations des défenseurs(es) des droits de l’homme, de faire des plaidoyers afin que l’Etat tienne les engagements régionaux et internationaux en matière de respect et de promotion des droits humains, et de contextualiser la loi type du REDHAC. Ce texte est un modèle de loi que chaque pays doit adapter à son contexte national. Il a été adopté en vue d’assurer la protection et la sécurité des défenseurs(es) des droits de l’homme par le renforcement de leurs capacités dans l’exercice de leurs activités. Qui sont les défenseurs (es) des droits humains et quels sont les risques auxquels ils/elles sont exposés (ées) ? Jeanne C. Dilaba – Les défenseurs (es) des droits humains sont issus de toutes les couches sociales et professionnelles sans considération de classe, de sexe, de race ou de religion. Ce sont, par exemple, les activistes, les défenseurs (es) des minorités et des groupes vulnérables, les journalistes, les migrants. Pour en venir au deuxième volet de votre question, les défenseurs des droits humains encourent des risques majeurs en protégeant et en défendant les autres au point qu’ils en oublient leur propre sécurité. Ces risques se traduisent notamment par des actes d’intimidation, de harcèlement, de violence et des arrestations. Etes-vous une victime ? Jeanne C. Dilaba – Non. Je n’ai été victime d’aucune de ces situations de la part des autorités gabonaises, mais de certains camarades de la société civile depuis que je suis à la tête de la Coalition du Réseau des défenseurs des droits humains d’Afrique centrale. Quelles sont les mesures qui s’imposent pour garantir la sécurité des défenseurs des droits humains ? Jeanne C. Dilaba – A mon avis, les mesures qui s’imposent pour garantir la sécurité des défenseurs des droits humains sont d’ordre politique et juridique. Sur le plan politique, le contexte est, hélas, caractérisé par un déficit démocratique dû à la faiblesse des institutions. Dans le domaine juridique, si de nombreux textes ont été pris en vue d’assurer la protection des défenseurs des droits humains, il convient cependant de relever que malgré tout cet arsenal, les violences et les violations des droits persistent à l’encontre des défenseurs des droits humains. Dans notre situation il n’y a aucune loi de promotion et de protection des défenseurs des droits humains. Quel est le programme d’action du REDHAC et les moyens dont l’ONG dispose pour l’exécuter ? Jeanne C. Dilaba – Nous œuvrons à l’organisation d’ateliers avec des personnes ressources pour la contextualisation de la loi type que nous espérons obtenir avant les élections présidentielles. Elle nous sera extrêmement utile pour le combat que nous menons en faveur de la promotion des droits humains, de la protection et de la défense des prisonniers politiques et tous ceux qui sont arrêtés arbitrairement. S’agissant des moyens, les premiers dont nous disposons sont Dieu et les mécanismes africains et onusiens des droits de l’homme. Le travail est laborieux. Au vu du fonctionnement de notre pays, aussi petit soit-il, du manque d’unité des défenseurs des droits de l’homme, des pesanteurs administratives, des lobbies et de la Commission nationale des droits de l’homme, nous ne pouvons compter que sur la détermination des collaborateurs et la Providence. Madame, que souhaiteriez-vous dire pour clore ce chapitre sur le REDHAC ? Jeanne C. Dilaba – « Nous protéger, c’est sécuriser nos droits. »En disant ces mots qui sont inscrits dans le Manuel du REDHAC sur la protection et la sécurité des défenseurs (es) des droits humains, je plaide haut et fort pour la réduction de l’iniquité, de l’injustice et des discriminations. En ma qualité de coordinatrice nationale du REDHAC, j’exhorte les défenseurs des droits humains, où qu’ils se trouvent, à se mettre en réseau avec d’autres défenseurs. L’objectif est de renforcer la lutte contre la violation des droits humains et, partant, de veiller à la sécurité des personnes qui ont à cœur de les défendre et protéger. Le chemin est long, mais la lumière est au bout du tunnel. Votre détermination ne date pas d’aujourd’hui. En 1997, j’ai créé l’Association des femmes délaissées afin d’aider les femmes qui n’avaient pas de soutien à trouver leur place dans la société, y compris dans le monde du travail. Mais le sigle AFD ne nous a pas aidées à évoluer. Le 27 septembre 2014, nous l’avons changé et appelé ONG Femme Lève-Toi (OFLT). Nous luttons contre toutes les formes de discrimination et de violences à l’endroit des personnes vulnérables. Nous menons des actions en faveur de nos cibles qui sont les familles de personnes vivant avec un handicap, les jeunes désœuvrés et apatrides, clés victimes des violences basées sur le genre et les personnes âgées. Quel est l’objectif de l’OFLT ? L’objectif est d’aider ses membres à connaître leurs droits et à en jouir, de les éduquer, de les former et de les accompagner dans le domaine de la création d’activités génératrices de revenus pour leur autonomisation. L’OFLT compte près de 200 adhérents dont une moitié est active et l’autre pas pour des raisons multiples. Celles-ci sont essentiellement liées à la culture associative, à la réticence, voire à la JEANNE CLARISSE DILABA

POEME

Confinement ! Qui es-tu ? D’où viens-tu ? On ne le saura peut-être jamais, mais, Nous désirons, vivement, que ton navire Fasse naufrage et que tu ailles sous d’autres cieux. On ne le saura peut-être jamais, mais, Nous voulons être libres et maîtres De nos envies, de nos mouvements. Nous voulons Savourer merveilleusement le coucher du soleil. Et ne plus voir nos maisons comme des prisons. Nous crions en chœur : LIBERTE ! LIBERTE !. Tu ne nous ôteras pas le plaisir. De rêver d’un lendemain meilleur.

ACCES DES JEUNES DES MILIEUX

Toute personne, en particulier les jeunes, doit pouvoir jouir de ses droits pour s’épanouir, mener une vie digne et décente. Il existe de nombreux textes afférents aux droits des jeunes dans notre pays. En s’appuyant sur des instruments régionaux et internationaux garantissant ces droits, le Gabon s’est doté, au cours des vingt-cinq dernières années, d’un arsenal juridique visant la protection de leurs droits fondamentaux. Ce dispositif inclut la loi 39/2010 du 25 novembre 2010 portant régime judicaire de protection des mineurs, le décret 243 du 12 avril 2002 instituant la distribution des manuels scolaires et l’arrêté 12 du 30 novembre 1985 portant création d’une école pour enfants sourds-muets. D’autres textes tels que la Constitution, le Code civil et le Code de protection sociale dans la sous-région d’Afrique centrale visent la promotion de l’épanouissement des jeunes. Paradoxalement, de nombreux jeunes sont confrontés à la dure réalité du chômage, aux problèmes de logement, de santé et d’éducation. Les jeunes des milieux défavorisés, groupe le plus exposé à la maladie et aux tentations de tous ordres, en savent quelque chose. Le cas de Juliana, 13 ans, qui vit dans un chantier forestier à Bitam, au nord du Gabon. « L’école la plus proche de chez moi est située à plusieurs kilomètres. Mes parents n’ayant pas les moyens d’assurer mon transport, je n’ai pas d’autre choix que de rester à la maison. » « Les droits sociaux ne concernent pas tout le monde », déplore Maman Bernadette. Cette mère de famille de 53 ans et femme de ménage dans une école dit ne bénéficier d’aucune aide de l’Etat. « Je nourris mes enfants grâce à mon maigre salaire de ménagère. » Yann Stephen Otsika, paire éducateur de 26 ans, estime, quant à lui, que « les jeunes des quartiers défavorisés, tout comme ceux des milieux ruraux, ont un accès limité à la santé, à l’éducation et à l’emploi du fait de l’absence de formation, de campagnes d’information et de sensibilisation à la citoyenneté, à la santé sexuelle et aux droits humains ». Joseph, un jeune Librevillois au chômage, affirme que « les jeunes des quartiers défavorisés n’ont pas accès aux besoins primaires, y compris l’eau et l’électricité. En outre les problèmes inhérents à leur environnement, tels que la violence et la discrimination, ne favorisent guère leur épanouissement social». Pour Patrice Thérence Mezui M’Evoung, le président de la Ligue estudiantine des droits de l’homme à l’Université Omar Bongo (UOB), « si les textes juridiques garantissent l’accès des jeunes aux droits sociaux, il n’en demeure pas moins que la difficulté se situe au niveau de leur effectivité. Il n’y a pas un réel suivi des autorités publiques dans l’application des droits sociaux ». Un avis que partage sa condisciple Aya Mivingou Fall, qui dénonce « le manque de vulgarisation des droits sociaux ». Mais, selon une autre étudiante, Estere Matsemba, dans le domaine de la santé, par exemple, la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) facilite l’accès aux soins dans les hôpitaux publics aux Gabonais économiquement faibles. Pour Jerry Bibang Bi Ondo, secrétaire permanent du Réseau panafricain des jeunes pour la culture de la paix, au niveau de l’école, il y a des établissements publics, comme le lycée Paul Emane Eyeghe d’Oloumi, qui accueillent les jeunes défavorisés. Au regard de toutes ces réactions, l’accès aux droits sociaux pour les jeunes des milieux défavorisés est mitigé. C’est un contraste, quand on sait que le Gabon, peuplé d’à peine 2 millions d’habitants, regorge d’immenses richesses du sol et du sous-sol et de terres arables. Adiza Adamou

DROITS HUMAINS INDIVISIBLES

Un Gabonais qui travaille est un Gabonais qui peut se soigner et envoyer son enfant à l'école. Les droits sociaux, y compris le droit au travail, à la santé et à l'éducation, ont pour but d’assurer aux humains la satisfaction de leurs besoins de base et leur épanouissement personnel. Être assuré social, avoir un logement, bénéficier d’une formation, protéger sa famille, ses enfants sont d’autres droits sociaux qui engagent, au même titre que les droits cités ci-dessus, l’intervention de l’État. L’interdépendance des droits humains renvoie à leur caractère indivisible. On pourrait la rattacher à l’idéal kantien de paix perpétuelle selon lequel « une violation du droit en un seul lieu est ressentie partout ailleurs…». Le Gabon, État membre des Nations unies, a souscrit aux principes de l’Organisation en matière de droits de l’homme et s’est engagé à les respecter. Pour ne citer qu’un exemple, la loi n°201 6-28 du 6 février 2017 dispose en son article 4 que : « Toute personne physique, de nationalité gabonaise, âgée d’au moins 16 ans et dont les revenus, inférieurs au Smig, nécessitent le recours à la solidarité nationale, bénéficie d’une protection sociale contre les risques liés à la maternité, aux charges familiales, à la maladie, au chômage et à la vieillesse. » Il n’en demeure pas moins qu’il existe des familles assistées socialement qui ne peuvent pas couvrir leurs besoins de base parce que les programmes sociaux ne leur permettent pas d’avoir accès à des ressources financières suffisantes : ce sont leurs droits économiques qui sont bafoués. Le fait de ne pas avoir accès à l’éducation ou à une formation qualifiante empêche les personnes d’occuper des emplois de qualité et les relègue à des postes précaires, mal payés, non syndiqués et avec de mauvaises conditions de travail. Alors, c’est le droit au travail qui est affecté et qui impacte automatiquement le droit au logement. Finalement, vivre, jour après jour, avec le stress occasionné par le manque de nourriture, les factures à payer, les préjugés négatifs, peut mener à une détérioration de la santé physique et mentale. C’est le droit à la santé qui est atteint. Certains contestent le système de protection sociale tel qu’il fonctionne aujourd’hui. Ses effets sur la réduction des inégalités de revenus sont assez faibles: de larges poches de pauvreté subsistent et les exclus sont de plus en plus nombreux à passer à travers les mailles du filet de la protection sociale. Les difficultés de la protection sociale sont avant tout financières : le ralentissement de la croissance et la montée du chômage réduisent les ressources des régimes sociaux alors que les dépenses continuent à s'accroître rapidement. La pandémie de la Covid 19 n’a rien arrangé à la situation. Elle restera dans les mémoires comme l’une des plus désastreuses de l’histoire pour la matérialisation des droits de l’homme. Ses effets se sont traduits, entre autres, par un ralentissement de certains acquis sociaux dans les domaines de l’emploi, de la santé, de l’éducation, de la vie culturelle et du logement. L’avènement d’une société de Droit impose de revoir certaines de nos pratiques. En effet, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la protection sociale a été reconnue comme une stratégie déterminante pour la réduction de la pauvreté et la croissance inclusive. Si la protection sociale est insérée dans des stratégies plus amples de développement rural, elle peut avoir de nombreux impacts en termes de croissance économique, de productivité des familles, d'atteinte de la sécurité alimentaire et nutritionnelle et de résilience des familles rurales pauvres. Le processus de protection sociale déjà établi par la politique nationale a contribué à étayer la validité d’une intensification de l’entreprenariat. Certains Gabonais ont même décidé de se lancer dans ce secteur. N’oublions pas qu’un Gabonais qui travaille est un Gabonais qui peut se soigner et envoyer son enfant à l’école. Lyra Moviwa

L’acte de naissance 

En République gabonaise, comme dans tous les Etats modernes, après la naissance d’un enfant, plusieurs informations sont recueillies auprès des parents pour la constitution d’un document légal : l’acte de naissance. Il s’agit d’un document indispensable dont doit disposer tout enfant. Ce dernier devra s’en servir durant toute son existence. Qu’est-ce qu’un acte de naissance ? L’acte de naissance est le premier document juridique attestant de l’identité d’un enfant. Distinct du certificat de naissance et de la déclaration de naissance, il énonce la date, le lieu et si possible l’heure de la naissance, le sexe, les prénoms et noms de l’enfant. Les prénoms, noms, âges, lieux de naissance, professions et domiciles des père et mère et, s’il y a lieu, les prénoms, noms, professions et domicile des déclarants (article 167 du Code civil gabonais). A qui s’adresser pour déclarer la naissance de son enfant ? Au Gabon, les déclarations de naissance sont faites dans les deux semaines suivant l’accouchement pour un enfant né dans les communes et les chefs-lieux de district, et dans un délaite d’un mois dans les autres lieux mois (article 169 du nouveau Code civil gabonais).Entendez par « les autres » hors des communes et chefs-lieux de district. Qu’est-ce qu’un acte de naissance ? En se référant à l’article 169 du Code civil gabonais,les déclarations de naissance sont faites devant les maires, les préfets, ou les sous-préfets, investis du pouvoir d’officier d’état civil. Qui peut déclarer une naissance et faire une demande d’acte de naissance ? Quelle sont les pièces à fournir à fournir : Une copie de la pièce d’identité en cours de validité du père. Une copie de la pièce d’identité en cours de validité de la mère. Une copie de la carte de séjour encours de validité de, du, des parents étrangers. Une copie du certificat d’accouchement. Deux timbres à 1000 francs CFA. Quelle est la procédure à suivre lorsque l’enfant n’a pas été déclaré dans les délais prescrits ? Il arrive que pour des raisons indépendantes de la volonté des parents, la naissance d’un enfant n’ait pu être déclarée dans les délais requis par la loi. Dans ce cas, l’officier d’état civil, et ce conformément à l’article 172 du Code civil gabonais, ne peut l’enregistrer qu’en transcrivant un jugement supplétif d’acte de naissance rendu par le tribunal civil du lieu de l’enfant. Quelles sont les pièces à fournir en vue de l’établissement d’un jugement supplétif d’acte de naissance ? Il faut joindre à la demande adressée au président de tribunal civil de lieu de naissance de l’enfant : Une copie du certificat de naissance accompagnée de la copie du registre de naissance ou, à défaut, un certificat médical d’âge apparent de l’enfant. Une copie légalisée d’une des pièces d’état civil en cours de validité du père biologique de l’enfant. La lettre de consentement du père ou de la mère biologique de l’enfant. Les témoignages écrits de trois témoins accompagnés des copies légalisées d’une de leurs pièces d’état civil en cours de validité. Vingt mille francs CFA de frais de dossier. Un enfant est un citoyen à part entière. Il doit s’intégrer dans la société et y grandir pleinement. En dehors de l’identification, l’acte de naissance lui permettra d’établir non seulement sa citoyenneté, mais également son appartenance à une famille précise (sa filiation). L’acte de naissance est, de ce fait, un sésame pour la vie.