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MARIAGE. DIVORCES. CONSÉQUENCES

Le mariage est traditionnellement présenté dans notre société comme l’aboutissement naturel d’un projet de vie commun et le socle de la cellule familiale. Pourtant, les réalités quotidiennes font que certaines unions se fragilisent au point où la rupture devient la seule issue envisageable. Lorsque la mésentente s’installe, que le dialogue est définitivement rompu et que la vie commune n’est plus possible, le divorce apparaît alors comme la solution juridique ultime permettant de mettre fin aux obligations du mariage. ​Cependant, dans la pratique, le divorce ne se limite jamais à une simple formalité administrative ou à la signature d’un acte. Il s’agit d’un processus lourd qui entraîne des conséquences durables et profondes. Ces effets touchent de plein fouet les ex-époux, impactent directement l’avenir des enfants, bouleversent le patrimoine familial et ébranlent parfois même l’entourage proche. D’où la nécessité absolue d’en comprendre les mécanismes et les effets juridiques pour mieux les anticiper et les gérer. Le divorce : une rupture reconnue par la loi Le divorce est l’acte juridique qui met fin au mariage du vivant des époux. Contrairement à la séparation de fait, il produit des effets juridiques immédiats. Selon l’article 264 nouveau du Code civil gabonais, le mariage se dissout par le décès, l’absence déclarée de l’un des conjoints, l’annulation ou le divorce prononcé par décision de justice. Une fois le jugement rendu, le lien matrimonial disparaît définitivement. Les conséquences pour les époux Le divorce entraîne des conséquences personnelles et sociales importantes : Sur le plan juridique, l’article 12 du Code civil encadre l’usage du nom : la femme divorcée perd en principe le droit de porter le nom de son mari, sauf autorisation de celui-ci ou du juge en cas d’intérêt légitime. Les conséquences sur les enfants Les enfants sont les premiers touchés par la séparation. Ils peuvent ressentir de l’anxiété, un sentiment d’abandon ou des difficultés scolaires et comportementales. Pour cette raison, la loi gabonaise place l’intérêt supérieur de l’enfant au centre de toutes les décisions relatives à la garde, au droit de visite et à son éducation, afin de préserver son équilibre malgré la rupture parentale. Les impacts économiques et financiers Réorganisation du budget Partage des biens Le divorce entraîne la liquidation du régime matrimonial. Selon l’article 335 nouveau du Code civil, les biens communs sont partagés selon le régime matrimonial choisi. Cette étape peut nécessiter l’intervention d’un tribunal ou d’un notaire, notamment en présence de biens immobiliers ou d’activités communes. Les obligations après le divorce Le divorce met fin aux obligations conjugales, mais pas aux responsabilités parentales. Ainsi : Les répercussions sociales Dans certaines familles, le divorce reste encore mal perçu et peut entraîner des jugements ou pressions sociales. Toutefois, l’évolution des lois et des mentalités tend à renforcer la reconnaissance de cette réalité. Le divorce met fin au mariage, mais pas aux responsabilités parentales. Il doit être géré avec maturité afin de préserver l’équilibre des enfants et les droits de chacun. LE DIVORCE EN DROIT GABONAIS Selon l’article 266 du Code civil (modifié par la loi n°004/2021 du 15 septembre 2021), le droit gabonais distingue deux formes de divorce : Le divorce par consentement mutuel Le divorce pour faute Dans ce cas de figure, le divorce est demandé par un seul conjoint pour des motifs graves énumérés par la loi : Selon l’article 267 du Code civil, une demande de divorce pour faute peut être systématiquement rejetée par le tribunal en cas de réconciliation constatée ou de pardon formel établi entre les époux depuis la découverte des faits reprochés.

CONCUBINAGE

Au Gabon, le concubinage s’impose comme une réalité sociale de plus en plus visible. Dans les villes comme dans certains milieux ruraux, de nombreux couples vivent ensemble sans avoir officialisé leur union par le mariage. Une pratique qui, tout en s’installant dans les mœurs, continue de bousculer les repères traditionnels. Alors que le mariage est un fondement culturel. Longtemps, dans la société gabonaise, la vie à deux ne pouvait se concevoir qu’à travers le point de vue de la famille. Avant toute union, il fallait passer par des étapes bien connues issus de la coutume : présentation des familles, pourparlers, dot, bénédiction sociale du couple. Le mariage n’unissait pas seulement deux personnes, il liait aussi deux clans, deux histoires, deux univers. Dans cette illustration, le concubinage apparaît souvent comme une voie à part, parfois tolérée, mais rarement pleinement consacrée. Aujourd’hui, nous assistons à la perte de nos valeurs culturelles induite par les mutations sociales. Pour autant, ce facteur ne devrait pas se dissoudre au risque de déstabiliser la société. De nombreuses familles perçoivent le concubinage comme une union inachevée, voire comme une entorse aux valeurs coutumières. Pour les aînés, l’engagement du couple doit être visible, assumé et validé par les deux familles. En revanche, pour une partie de la jeunesse, l’essentiel est ailleurs : vivre ensemble, se soutenir, construire un foyer, même sans cérémonie officielle, tout en négligeant le fondement culturel. Nous pouvons relever trois principales raisons qui ont conduit à cette prolifération des foyers sans fondement culturel : L’acculturation des peuples : l’absence de l’encadrement familial. Avant, c’était le père de l’homme qui se rapprochait du père de la femme en vue d’une rencontre dans un cadre formel. Malheureusement, aujourd’hui, on assiste au désistement des chefs de famille qui, le plus souvent ne mettent plus de pression pour que la relation de leurs enfants devienne officielle. L’ignorance du cadre spirituel : l’ignorance entraîne la peur. Spirituellement, l’Homme ignore la personne avec qui il est en relation. Les familles ne se connaissent pas et donc, ne peuvent pas jauger la charge spirituelle mutuellement. La maîtrise de son environnement spirituel est indispensable. La situation économique : Avant, il suffisait d’apporter quelques biens matériels et un montant symbolique. Aujourd’hui, le mariage coutumier est devenu une opportunité pour s’enrichir sur le dos du futur gendre. En conséquence, face au coût du mariage, à la précarité économique ou à l’évolution des mentalités, de nombreux couples choisissent aujourd’hui de vivre ensemble sans formalité. Si cette union libre répond à des besoins concrets, elle soulève néanmoins des interrogations, car si l’amour et la cohabitation sont bien là, la reconnaissance sociale et juridique, elle, reste fragile. Concubinage et conséquences Le Code civil gabonais décrit l’union libre comme le fait pour un homme et une femme de vivre ensemble sans avoir contracté mariage. Le Code civil indique aussi que le concubinage ne crée pas en principe de communauté de biens, ni de droits successoraux, ni de lien d’alliance avec les familles. Selon d’autres sources l’union libre ne produit d’effets juridiques qu’après deux ans de vie commune, sous conditions, tandis qu’un certificat de concubinage délivré en mairie n’a qu’une valeur symbolique. Derrière la liberté apparente du concubinage, les conséquences peuvent être lourdes. En cas de séparation ou de décès, le partenaire concubin n’est pas toujours protégé comme peut l’être un conjoint marié. Les biens, la succession, la garde des enfants ou la reconnaissance du foyer deviennent alors des sujets sensibles. C’est pourquoi le concubinage, au-delà du simple choix de vie, pose une véritable question de sécurité familiale. En terre gabonaise, le sujet renvoie à un affrontement discret mais profond entre les traditions et les mutations sociales. D’un côté, une culture qui continue de valoriser l’union encadrée par la famille. De l’autre, une société en mouvement, où les couples cherchent des formes d’organisation plus souples, plus rapides, parfois plus accessibles. Le concubinage n’est pas seulement une histoire de vie privée. Il dit quelque chose du Gabon d’aujourd’hui : un pays où les valeurs anciennes restent puissantes, mais où les réalités économiques et sociales redessinent peu à peu la manière de vivre en couple. Entre héritage coutumier et modernité, la société gabonaise avance, parfois à pas prudents, parfois à contre-courant des traditions. Et, le mariage civil a plus de considération que le coutumier alors qu’ignorer le mariage culturel équivaut à contribuer à la dislocation de nombreux foyers. Claude Aurianne Obame, citoyenne mariée, a donné son avis sur ce phénomène. « Le concubinage offre davantage de liberté et de flexibilité, mais sans obligation apparente. De même, il permet d’avoir une meilleure connaissance mutuelle basée sur le vivre ensemble, la découverte des habitudes, des qualités et des défauts de l’autre, et la compatibilité entre partenaires. » « En revanche, la durée du concubinage devrait être déterminée pour ne pas s’éterniser dans cette situation. De même, il procure généralement moins de sécurité juridique que le mariage s’agissant par exemple, de l’héritage lors de la perte de l’un des conjoints. » Selon Mme Obame, le choix du concubinage dépend des valeurs, des attentes et de la situation de chaque couple. Fortunat Damas Ndoumou, marié et père de famille, pense quant à lui que « Le concubinage désigne la vie commune de deux personnes qui vivent en couple sans être mariées. Très souvent, il est considéré comme un avant-goût de la vie maritale. » Et M. Ndoumou de préciser : « D’un point de vue général, certains considèrent le concubinage comme une manière de construire une relation fondée sur l’amour, la confiance et la liberté, cependant, sans engagement juridique formel. Dans notre pays, le concubinage est très récurrent. Seulement, on relève plusieurs difficultés car très souvent, cette pratique laisse des femmes sans honneur, sans mariage après plusieurs années de vie commune et sans dot. » Il estime par ailleurs que le mariage offre un cadre plus stable et plus protecteur pour le couple et la famille. Néanmoins, on peut mettre en place des textes qui encadrent le concubinage. Ailleurs, on a pensé à légiférer sur ce type de relation. Nous pouvons aussi inviter les autorités à reconnaître légalement cette forme CONCUBINAGE

LA FAMILLE  AU FIL DU TEMPS

La famille est et demeure le socle de la société. Qu’elle soit élargie, nucléaire, monoparentale ou recomposée, elle est la garante de la préservation des principes fondamentaux qui régissent sa vie. Il en est ainsi de la conservation, sous l’œil bienveillant des anciens, des us et coutumes ; de la stabilité du foyer ; de l’identité culturelle et de la cohésion du groupe familial. Outre ces valeurs, les textes juridiques, notamment le Code civil, régissent le droit de la famille depuis 1972. Mais qu’est au juste la famille gabonaise ? ‎Selon la définition classique, « la famille est un groupe de personnes unies par des liens de sang, de mariage et d’adoption. » La famille élargie inclut les grands-parents, oncles, tantes et cousins. Dans la famille nucléaire, le couple et ses enfants, qu’ils soient biologiques ou adoptifs, en sont les membres exclusifs. S’agissant des groupes familiaux monoparentaux et recomposés, ils sont constitués respectivement d’un seul parent et de son ou ses enfant(s) biologiques ou adoptifs, et d’un couple dont au moins l’un des membres a des enfants d’une précédente union. Autrefois ancrée dans la tradition, la famille fait désormais face à la modernité et à des réformes juridiques qui protègent davantage, pour une plus grande équité, la femme et l’enfant ; la veuve, l’orphelin et les personnes âgées contre des pratiques discriminatoires incluant, entre autres, la spoliation de la veuve et de l’orphelin après le décès du conjoint. Force et faiblesses de la loi La loi n° 004/2021, introduite dans le Code civil en 2021, consacre l’égalité des époux y compris la liberté professionnelle ; l’exercice conjoint de l’autorité parentale ; l’interdiction de la répudiation, le divorce par consentement mutuel ou pour faute grave y compris l’adultère, les violences et les injures. En cas de divorce, la loi protège les intérêts des deux parties et accorde en général la garde des enfants en bas âge (jusqu’à 5 ans) à la mère, sauf si le juge en décide autrement. On est bien loin de l’époque où l’époux régnait en maitre absolu.De nos jours, les couples expriment conjointement, à l’occasion de leur mariage, leur choix sur le type d’union et de régime de gestion des biens qui leur sied le mieux. D’une part, ils optent soit pour la monogamie, soit pour la polygamique. D’autre part, ils décident de gérer les biens du mariage en optant pour l’un des régimes suivants : Conformément à l’article 311 du Code civil, le choix initial des époux peut faire l’objet d’une demande de changement du régime matrimonial, introduit en justice, s’il s’avère être contraire à l’intérêt de la famille. Malgré ces avancées majeures, le droit moderne bute sur des défis de taille tels que la pression de la famille traditionnelle qui refuse de reconnaitre le régime successoral en vigueur ; l’abandon des épouses qui, du fait des lenteurs judiciaires, en viennent à renoncer à leurs droits. La non reconnaissance officielle du mariage coutumier est un autre défi. Symbole de l’alliance sacrée entre les familles, les clans et les ethnies dont sont issus les époux, cette forme d’union ne permet pas de se prévaloir des avantages du droit du mariage civil tels, en particulier l’héritage légal en cas de décès de l’un des époux, ou le partage des biens en cas de séparation. De nombreuses voix, en particulier les femmes, la société civile et des hommes de bonne volonté plaident pour la légalisation du mariage coutumier et l’application stricte de la loi sur le droit de la famille sans discrimination aucune.

Citations

« Nous devons ne pas perdre espoir. Chacun doit avoir foi en ce qu’il entreprend. Nous devons être convaincus du combat qui est le nôtre. Personne d’autre ne le fera à notre place. Personne d’autre. » Me Fabien Méré, activiste gabonais (1959-2021) « La moindre injustice, où qu’elle soit commise, menace l’édifice tout entier. » Martin Luther King, militant afro-américain des droits civiques (1929-1968) « Les droits sociaux ne concernent pas tout le monde. Je nourris mes enfants grâce à mon maigre salaire de ménagère. » Bernadette, mère de famille et employée de maison « Priver les gens de leurs droits fondamentaux revient à contesterleur humanité même.» Nelson Mandela, militant sud-africain des droits civiques (1918-2013) « Rappelons-nous: un livre, un stylo, un enfant et un professeur peuvent changer le monde » Malala Yousafzai, militante pakistanaise pour l’éducation

Ils ont dit

« Si les textes juridiques garantissent l’accès des jeunes aux droits sociaux, il n’en demeure pas moins que la difficulté se situe au niveau de leur effectivité. » Patrice T. Mezui M’Evoung, Président de la Ligue estudiantine des droits de l’homme à l’Université Omar Bongo « Les victimes des violences domestiques ne sont pas des figurants, des laissés pour compte. Je les exhorte à connaître leurs droits et devoirs et à se joindre à nous pour faire appliquer toutes ces belles lois établies par les autorités, mais qui sont appliquées pour certains et pas pour d’autres. » Jeanne Clarisse Dilaba, Présidente fondatrice de l’ONG Femme Lève Toi « L’école la plus proche de chez moi est située à plusieurs kilomètres. Mes parents n’ayant pas les moyens d’assurer mon transport, je n’ai pas d’autre choix que de rester à la maison. »  Juliana, 13 ans « J’ai un conseil à donner aux jeunes non scolarisés. Que vous soyez lettrés ou illettrés, ayez la volonté d’apprendre parce qu’avoir un métier s’apprend, que ce soit à l’école ou dans le cadre d’une formation. Il faut s’engager à fond et y mettre du cœur. » Mbina Guy, régulateur des transporteurs terrestres

QUELLES SONT LES DIFFERENTES CATEGORIES DE DROITS HUMAINS ?

Les droits humains sont de trois catégories. La première regroupe les droits civils et politiques. La deuxième concerne les droits sociaux, économiques et culturels. La troisième catégorie inclut les droits collectifs. Les droits civils et politiques, encore appelés libertés et droits fondamentaux, concernent le droit à la vie, le droit de vote, l’interdiction de la discrimination, de la torture, des traitements inhumains et de l’esclavage. La liberté de pensée, d’expression, de réunion, d’association, de religion, la protection de la vie privée et le droit à un procès équitable relèvent également de cette catégorie de droits. Les droits sociaux, économiques et culturels, communément appelés droits sociaux, englobent les droits au travail, à l’éducation, à la santé, au logement, à l’alimentation, à l’eau et à l’électricité. La participation à la vie culturelle, aux progrès scientifiques et la protection de la propriété intellectuelle sont d’autres droits sociaux. Les droits collectifs reconnaissent aux peuples le droit de disposer d’eux-mêmes, de leurs richesses et ressources naturelles. Le droit des femmes, des enfants, des migrants, le droit au développement, à la paix et à un environnement propre en sont d’autres composantes majeures. Une nouvelle catégorie de droits, appelée droits numériques, est spécifique aux nouvelles technologies. Elle vise la protection de la propriété intellectuelle, d’une part, et celle de la vie privée qui est mise à mal par la collecte informatique des données, d’autre part.

LA CONFÉRENCE TOASTMASTERS 2026

‎« Le Gabon comme tous les autres pays a besoin de leadership. L’Afrique a besoin de leadership pour que nous puissions sortir de la situation dans laquelle nous sommes. Toastmasters est le lieu où on fabrique des leaders. »Amadou Djibo Gazibo, nouveau Directeur de la Croissance des Clubs Toastmasters‎Libreville, la capitale gabonaise, a abrité du 21 au 23 mai la Conférence internationale Toastmasters 2026.L’événement s’est achevé sur l’engagement des participants à faire de l’excellence et du leadership des priorités pour une transformation effective du continent africain.‎‎Placée sous le thème‎« Leadership et Influence à l’ère africaine », la Conférence, tenue à l’initiative du Comité d’organisation présidée par la gabonaise Yvette Ngwevilo Rekangalt et de l’Agence nationale de promotion des investissements du Gabon (ANPI), a réuni 200 délégués venus des 12 pays du District 130. Des leaders, des experts, des entrepreneurs, des communicateurs et des passionnés d’art oratoire ont, 3 jours durant, échangé autour du thème et des opportunités de developpement du continent africain.‎‎« Nous sommes venus célébrer l’excellence, nous sommes venus célébrer l’amitié, nous sommes venus célébrer le développement d’une Afrique qui a décidé d’avoir un leadership performant », a déclaré, dans son mot de bienvenue, Yvette Ngwevilo Rekangalt.‎‎« Cette conférence n’est pas simplement un événement annuel. Elle est le symbole vivant de notre unité, de notre diversité et de notre engagement collectif envers l’excellence », a indiqué, de son côté, Stéphane Nzesseu, Directeur du District 130.‎‎L’Afrique qui parle. L’Afrique qui agit.‎‎Le professeur Bonaventure Mvé Ondo, philosophe, politologue et auteur d’ouvrages, a animé un débat sur la thématique « L’Afrique qui parle, l’Afrique qui agit ». « L’Afrique n’est pas en panne d’argent, elle est en panne de pensées… », a-t-il dit. Et d’ajouter : « Un peuple qui ne produit plus ses propres concepts finit toujours par vivre dans les concepts des autres. »‎‎Selon le Pr Mve Ondo, « Le problème n’est pas d’utiliser les outils des autres ou même les langues des autres. Le problème commence lorsqu’une civilisation devient uniquement utilisatrice et cesse d’être conceptrice. »‎À travers des ateliers de formation, des concours d’éloquence et des panels d’experts de haut niveau, la conférence a permis aux participants de renforcer leurs compétences en communication et en leadership. L’enjeu est de valoriser le dynamisme entrepreneurial en conjuguant apprentissage et réseautagestratégique pour former une nouvelle génération de leaders africains. ‎La Conférence s’est achevée avec le renouvellement des instances dirigeantes dans le cadre des élections aux postes de directeurs des divisions A, B, C, D, E, F, G et H, du directeur chargé de la qualité et du nouveau directeur du District 130. ‎Nicolas Bokpe succèdera officiellement le 01 juillet 2026 à Stéphane Nzesseu à ce poste pour le mandat 2026-2027.‎‎Après Libreville en 2026, la conférence se tiendra en 2027 au Bénin, suivi du Burkina Faso en 2028 et du Congo-Brazzaville en 2029, sauf changement de programme.

PIRATAGE INFORMATIQUE

Le numérique a profondément transformé nos vies. Médias, banques, administrations, entreprises. D’un  secteur à un autre, tout est désormais connecté. Mais cette révolution silencieuse a aussi ouvert la porte à une nouvelle forme de criminalité qui progresse dans l’ombre : le piratage informatique. Au Gabon, la réalité est alarmante. Avec 1,73 million d’individus connectés et un taux de pénétration internet de 71,7 %, le pays est devenu une cible de choix pour les cybercriminels. Les cas se multiplient et ne touchent plus seulement les grands groupes internationaux. Ici, sur notre territoire, des institutions reconnues en ont fait les frais. Le cas le plus retentissant reste celui de la BGFIBank Gabon. En juin 2023, l’établissement bancaire a été victime d’une cyberattaque majeure revendiquée par le groupe cybercriminel Bianlian, qui a exigé une rançon de 55 bitcoins, soit l’équivalent d’environ 998 millions de francs CFA. Une somme colossale. Une attaque froide, méthodique, menée depuis les coulisses du monde numérique. Mais les grandes institutions ne sont pas les seules visées. Les individus aussi sont dans le collimateur des pirates. En novembre 2025, un jeune Gabonais a été interpellé par les services anticriminalité de la Direction Générale des Recherches (DGR) pour arnaque et chantage aggravé, utilisant l’intelligence artificielle pour générer de fausses vidéos intimes afin d’extorquer des victimes. Une affaire qui illustre jusqu’où peut aller la perversité de certains acteurs du cybercrime. Derrière chaque attaque informatique, il y a des vies bouleversées, des activités paralysées, des réputations fracassées. Le piratage ne se limite pas à un simple accès illégal à un système. Ses effets se propagent comme une onde de choc. Pour les victimes directes, les conséquences sont d’abord financières. Des comptes vidés, des données monnayées sur le darkweb, des rançons exigées sous pression. Mais au-delà de l’argent, c’est la confiance qui s’effondre. Une banque piratée perd la confiance de ses clients. Un média infiltré perd sa crédibilité. Un particulier victime de chantage numérique perd sa dignité et sa tranquillité d’esprit. Il y a aussi les conséquences psychologiques, souvent minimisées. La peur, la honte, le sentiment d’impuissance face à un ennemi invisible qui connaît vos données, vos habitudes, votre vie privée. Pour les entreprises, s’ajoutent les coûts de remise en état des systèmes, les pertes d’exploitation et les poursuites juridiques possibles. À l’échelle nationale, le tableau est tout aussi préoccupant. Selon un rapport d’Interpol de juin 2025, la cybercriminalité représente désormais 30 % des actes criminels recensés en Afrique de l’Ouest et de l’Est. Un crime sur trois commis sur le continent est désormais lié au numérique. Le Gabon ne peut rester spectateur de cette réalité. Face à l’ampleur du phénomène, le législateur gabonais n’est pas resté les bras croisés. La Loi n°027/2023 portant réglementation de la cybersécurité et de la lutte contre la cybercriminalité en République Gabonaise Journal-officiel constitue aujourd’hui le bouclier juridique du pays contre ces infractions. Et les peines prévues sont sans équivoque. Quiconque accède frauduleusement à un système informatique s’expose à jusqu’à dix ans d’emprisonnement et cent millions de francs CFA d’amende. Journal-officiel Se maintenir illégalement dans ce même système expose à cinq ans d’emprisonnement et cinquante millions de francs CFA d’amende. Journal-officiel Des sanctions lourdes, à la hauteur des préjudices causés. La loi ne s’arrête pas là. Le Code Pénal gabonais prévoit de doubler les peines de plusieurs délits et crimes lorsque leur commission a été facilitée par l’utilisation de réseaux numériques ou électroniques de communication. Autrement dit, commettre un crime en ligne aggrave systématiquement la peine encourue. Le piratage informatique n’est plus une menace lointaine réservée aux multinationales ou aux gouvernements. Il est là, au Gabon, dans nos banques, dans nos téléphones, dans nos vies. Se protéger, signaler, poursuivre voilà les maîtres mots. La loi offre désormais les outils pour agir. Mais la meilleure défense reste, avant tout, la vigilance. Dans le cyberespace, personne n’est à l’abri. Mais tout le monde peut se préparer.

FRACTURE NUMÉRIQUE

Selon la Banque mondiale, le Gabon se distingue comme le pays le plus connecté d’Afrique subsaharienne avec un taux de pénétration internet dépassant 70% et des investissements massifs dans la fibre optique qui ont fait baisser les coûts de connexion. Ce Top 10 africain des technologies de l’information et de la communication (TIC) reflète un développement avancé, particulièrement à Libreville et Port-Gentil où la bande passante est fluide et abordable.  Mais, ce leadership masque une fracture numérique criante. L’accès à internet, aisé en ville, limité ou inexistant à l’intérieur, se mue en handicap majeur. Entre éducation en ligne inaccessible, télémédecine compromise et opportunités économiques hors d’atteinte, les disparités sociales et territoriales qui gangrènent la société gabonaise s’accentuent, creusant davantage l’écart entre les villes, où les enfants peuvent accéder aux métiers du futur, et les villages, où les enfants décrochent, non par manque de capacité, mais par manque d’infrastructures et d’accès. Couplé à l’éducation et à la formation professionnelle, le numérique pourrait devenir un catalyseur de développement et d’équité territoriale, et un outil de justice sociale permettant aux habitants des provinces de participer pleinement au développement national à travers la vente de leurs produits agricoles et artisanaux en ligne, l’accès à des micro‑crédits et à des formations professionnelles à distance. À terme, l’information et les marchés numériques permettront aux petites entreprises locales de se développer, de créer des emplois et de réduire l’exode rural. Il y a donc urgence d’étendre durablement la couverture numérique dans tous les villages et de garantir une connexion stable, afin que chaque jeune ait accès au savoir et aux opportunités numériques. D’autres priorités incluent : Le numérique n’est plus un simple outil de divertissement ou d’échanges entre proches et avec le monde. Aujourd’hui, cet espace est devenu un outil de travail indispensable. Derrière chaque compte se cachent un entrepreneur, un vendeur, un créateur, une mère ou un père nourrissant sa famille au jour le jour, des apprenants qui suivent des cours en ligne, un journaliste qui fait de la recherche et informe le public. Suspendre, même temporairement, les réseaux sociaux, paralyse l’économie numérique. Moteur de croissance essentiel, ce domaine représente « l’ensemble des activités économiques, de production et de services s’appuyant sur les TIC et Internet. Priver le public, les élèves et les enseignants des réseaux sociaux revient donc à débrancher le moteur en plein vol ; à limiter l’accès aux outils pédagogiques, à l’information et la communication ; et à s’isoler du monde. Des revenus sont anéantis, en particulier ceux pour qui le numérique est un outil de survie vitale et une partie intégrante de la vie au quotidien. La restriction d’accès ne reste jamais abstraite. Elle se ressent immédiatement chez la petite vendeuse qui prend ses commandes sur WhatsApp ou dans la presse en ligne où la rapidité de la circulation des informations et l’accès du public à ses contenus sont extrêmement réduits. Entre sécurité publique et droit d’accès aux réseaux sociaux Jusqu’où l’État peut-il aller sans toucher aux droits des citoyens et comment peut-il protéger la société sans fragiliser ceux qui en dépendent pour vivre ? Si l’État a le devoir de protéger la population, il se doit également d’éviter que les mesures de protection ne créent d’autres formes d’exclusion, un équilibre mal géré pouvant rapidement se transformer en fracture sociale. Toute décision concernant les réseaux sociaux a un impact direct sur la vie réelle. La vraie question n’est peut-être pas de savoir s’il faut réguler ou non, mais comment réguler sans couper les gens de leurs moyens de vivre, d’apprendre et de communiquer. À l’instar de ce qui se fait dans tous les pays, l’État peut encadrer les communications numériques pour protéger la sécurité publique, mais ce pouvoir n’est pas sans limites. Les textes internationaux comme la Déclaration universelle des droits de l’Homme rappellent que toute restriction doit être justifiée, nécessaire et proportionnée. En d’autres termes, on ne peut pas limiter un droit sans raison forte et sans mesurer l’impact réel sur la population. Mais, sur le terrain, la règle juridique et la réalité vécue ne se rencontrent pas toujours facilement. Analyse juridique de la suspension des réseaux sociaux Selon le juge Okili, qui a bien voulu répondre aux questions du magazine « Vivre », cette mesure s’inscrit dans le cadre légal de protection de l’ordre public, mais elle doit respecter les principes de légalité, de nécessité et de proportionnalité.Le juge cite, entre autres, la restriction de la liberté d’expression et du droit à l’information qui limite la circulation des messages et des contenus. Et Me. Okili d’ajouter : « Le droit à l’éducation est indirectement impacté, car de nombreux étudiants utilisent les réseaux sociaux comme support pédagogique. De même, la liberté économique et le droit au travail sont touchés, particulièrement pour les jeunes micro-entrepreneurs et les professionnels du numérique, qui voient leurs activités paralysées. Du point de vue juridique, toute mesure de suspension doit être proportionnée et limitée dans le temps et l’étendue. Les autorités doivent démontrer qu’aucune alternative moins intrusive n’était possible. » De la légalité de l’action D’après le juge, la légalité de l’action peut être contestée devant la HAC ou la Cour constitutionnelle. Des recours internationaux restent envisageables, notamment devant la Cour africaine des droits de l’Homme et des Peuples. En outre, dit-il, « La suspension des réseaux sociaux au Gabon peut se justifier légalement par la protection de l’ordre public, mais ses effets sur les droits fondamentaux nécessitent une évaluation stricte. Une suspension prolongée et générale pourrait être considérée comme disproportionnée, affectant la liberté

L’IMPÔT DE L’OMBRE – QUAND LA CORRUPTION

Une réalité sombre ronge le quotidien des foyers gabonais. Si l’inflation mondiale est souvent pointée du doigt pour expliquer la cherté de la vie, on oublie trop souvent de mentionner un prédateur silencieux : la corruption administrative Pour de nombreuses familles, le droit n’est plus une garantie gratuite ; il est devenu une marchandise. Et ce troc forcé entre l’usager et l’agent public a un prix qui se paie directement au détriment du budget familial. La gratuité : une obligation juridique détournée En droit, les choses sont pourtant claires. La Constitution gabonaise, dans son article 1er, proclame que l’État est au service du citoyen et garantit l’égalité de tous devant la loi. De plus, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC), ratifié par notre pays, impose à l’État de garantir un niveau de vie suffisant. L’obtention d’un acte de naissance, le dépôt d’un dossier administratif ou l’accès à des services publics ne devraient jamais faire l’objet de négociations financières occultes. Pourtant, nous assistons à une dérive où la “gratuité” est devenue une fiction. La lenteur administrative finit parfois par devenir une monnaie d’échange : on bloque le droit pour monnayer son accès. Ce que le citoyen finit par payer sous forme de “frais de carburant”, de “petit café” ou de “motivation”, n’est rien d’autre qu’un impôt de l’ombre. Cette pratique contrevient directement à la Loi n°002/2003 instituant un dispositif de prévention et de répression de la corruption et de l’enrichissement illicite. C’est une taxe illégale prélevée sur la vulnérabilité des parents qui n’ont plus le temps d’attendre que la loi soit simplement appliquée. Le droit face au panier familial : le coût du sacrifice Pour comprendre l’ampleur du problème, il faut sortir des codes juridiques et entrer dans les réalités du quotidien. Derrière chaque “arrangement” administratif se cache une perte concrète pour les familles. Dans le secteur de la santé, obtenir un rendez-vous rapide ou un lit d’hôpital peut parfois coûter plusieurs milliers de francs CFA de “frais d’intervention”. Pour un foyer modeste, cette somme représente des jours de transport scolaire, des repas ou des fournitures essentielles. Ici, la corruption ne vole pas seulement de l’argent : elle réduit les capacités de survie et fragilise l’avenir des enfants. Qu’il s’agisse de l’état civil, du foncier ou d’autres démarches administratives, chaque somme indûment réclamée pour “faire avancer un dossier” représente un arbitrage douloureux pour les familles. Ce qui disparaît dans la poche d’un agent indélicat, c’est autant de ressources en moins pour l’alimentation, la santé ou l’éducation. Le constat est sans appel : chaque acte de corruption administrative devient un transfert direct de richesse de la cellule familiale vers l’arbitraire bureaucratique. Le sacrifice des priorités essentielles Le drame de cette corruption ordinaire est qu’elle ne frappe pas le superflu. Les familles ne réduisent pas des dépenses de luxe pour payer ces pratiques illégales ; elles sacrifient l’essentiel. La Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples consacre pourtant le droit à la dignité et à la santé. Mais ces principes s’effritent lorsque le budget médical, scolaire ou alimentaire est absorbé par des frais “extra-légaux”. La corruption crée ainsi un cercle vicieux de précarité. Elle appauvrit les foyers, puis les rend encore plus dépendants des circuits informels pour espérer accéder à leurs droits. Au-delà de l’argent, c’est aussi la dignité des citoyens qui est atteinte. Devoir quémander un droit légal en sortant discrètement un billet de sa poche est une humiliation que l’État de droit est censé empêcher, mais que certaines pratiques administratives finissent par banaliser. Rendre au droit sa valeur réelle Célébrer la Journée internationale des familles en ignorant cette réalité quotidienne serait une hypocrisie. Restaurer l’État de droit au Gabon, ce n’est pas seulement voter des lois, mais s’assurer que l’argent durement gagné par les citoyens serve réellement à nourrir, soigner et éduquer leurs enfants. La lutte contre la corruption administrative est aussi une mesure de protection sociale. Car protéger la famille, c’est d’abord protéger son budget contre l’arbitraire. Le “petit café” d’un agent public ne devrait jamais coûter le repas d’un enfant gabonais. Et lorsqu’un citoyen doit payer pour obtenir ce que la loi lui garantit déjà, ce n’est plus seulement l’administration qui dysfonctionne : c’est le contrat social lui-même qui commence à se fissurer.