La reconnaissance et la protection de la dignité humaine sont au cœur des droits de l’homme. Ce concept, qui remonte à la nuit des temps, a franchi une étape majeure le 10 décembre 1948 avec l’adoption, dans le cadre de l’Assemblée générale des Nations unies, de la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH). En son article 1er, la DUDH dispose que : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. » Outre leur caractère universel, les droits humains sont inaliénables, imprescriptibles, interdépendants et d’égale importance. Violer un seul droit est une atteinte aux autres droits. En réaliser un est tributaire de la réalisation d’un autre. A titre d’exemple, être en bonne santé impacte notre capacité à nous instruire et à travailler. Inversement, l’instruction et le travail couplés à une alimentation saine et équilibrée sont des facteurs clés de bonne santé. Conçus pour nous protéger contre les injustices, les inégalités et les abus de pouvoir de tous ordres, les droits humains régissent nos rapports avec autrui et les pouvoirs publics, définissent les droits et les devoirs de chacun, l’objectif étant de préserver l’ordre public, la paix et la stabilité. Pour autant, l’effectivité des droits humains au Gabon est mise à mal, entre autres, par l’exercice non démocratique du pouvoir, les inégalités et les injustices sociales. Tout citoyen lésé dans ses droits peut saisir les instances nationales, régionales et/ou internationales compétentes pour s’informer, protéger et défendre ses droits. Au niveau national, les droits de l’homme et les libertés fondamentales sont garantis par la Constitution et par l’entremise des juridictions de droit commun, la Cour constitutionnelle, le Parlement, la Commission nationale des droits de l’homme, les organisations de la société civile et le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale. Le Gabon a été élu en 2020 au Conseil des droits de l’homme (CDH) de l’Organisation des Nations unies (ONU) pour un mandat de trois ans. A l’occasion de la 52e session du CDH de l’ONU, tenue à Genève du 27 février au 31 mars 2023, le Gabon a soumis des rapports périodiques sur les avancées en matière de respect des droits économiques, sociaux et culturels et de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels au Gabon
« Vivre », votre magazine trimestriel sur les droits humains au Gabon, est disponible en ligne. Cette publication didactique, pratique et factuelle traite exclusivement, en toute clarté, impartialité et rigueur, et avec l’appui d’analyses de professionnels du droit, de l’ensemble des droits humains. Ce dispositif inclut les droits sociaux, économiques et culturels, civils, politiques et collectifs. A cet égard, votre magazine traite des événements et des avancées le concernant, d’une part, et de l’évolution des lois promulguées en République gabonaise, d’autre part. Nous prodiguons également des conseils pratiques sur les limites à ne pas franchir dans la jouissance de vos droits. Nul, en effet, ne peut en user s’il ne respecte ses devoirs vis-à-vis d’autrui. « Vivre » est né de la volonté d’une équipe multidisciplinaire, à l’écoute du public et soucieuse de répondre aux questions de celui-ci. Un sacerdoce et une source d’enrichissement permanent. Notre devoir est de vous informer dans les règles de l’art, de collecter des informations fiables et de faire de votre magazine une référence en matière d’information, de communication et de promotion des droits humains et leurs valeurs. Au sommaire de cette édition gratuite, nous nous penchons sur la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) et la violence domestique sous toutes ses formes, qu’elle soit physique, sexuelle, psychologique ou économique.
Quelle est la place du Gabon dans le domaine de la liberté de la presse ? La question était au cœur de la célébration en différé, le 08 mai 2026, de la Journée mondiale de la Presse organisée à la Maison Georges Rawiri, siège de Gabon 1ère, par le ministère de la Communication et des Médias en partenariat avec le Bureau de l’Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture (UNESCO) du Gabon. La journée a réuni les membres du gouvernement y compris le ministre de la Communication et des Médias ; les représentants de l’UNESCO et de la Haute Autorité de la Communication (HAC) ; les professionnels des médias et nombre d’invités. « Cette journée n’est pas une fête ordinaire, elle est un rappel historique. En effet, elle commémore la 33ème année de la Déclaration de Windhoek, en Namibie, qui a réaffirmé une idée simple et essentielle : Pas de démocratie sans une presse libre, pluraliste et indépendante », a déclaré le représentant de la presse. « Mais, 33 ans après, quelle est la place du Gabon dans le domaine de la liberté de la presse ? », s’est interrogé Brice Ntoutoume. Il a rappelé le bond remarquable qui a hissé le Gabon, en 2024, à la 56ème place du classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans Frontières, juste derrière les États-Unis d’Amérique. Deux ans après, notre pays se classe au 43ème rang mondial. « Ce recul doit nous interpeller, car il est le signe que la vigilance ne doit jamais faiblir… Il est donc nécessaire et urgent que le politique rectifie le tir », a martelé le journaliste. Le représentant de la presse a lancé un appel à l’accélération de la révision du statut particulier du communicateur et du Code de la Communication, l’objectif étant « de garantir une visibilité et une indépendance réelles des professionnels des médias, et de leur permettre d’informer les décideurs, d’éduquer les masses et divertir le public. » Pour Brice Ntoutoume, « L’avenir ne saurait être en paix sans une prise en considération des acteurs majeurs de la stabilité que sont les journalistes. Dans notre société, malgré la véracité des faits qu’ils se doivent de relayer, certains sont encore contraints. Nous nous mettons au silence au nom de l’intérêt supérieur de la Nation ». Le journaliste « étant protégé et valorisé sous d’autres cieux », notre confrère a émis le souhait qu’il en soit de même pour les journalistes gabonais à l’ère de la VÈME République. Reconnaissant que la liberté de la presse est un combat permanent, Brice Ntoutoume a invité tous les acteurs de l’écosystème médiatique national à défendre les droits de la presse, notamment ceux afférents à la liberté d’expression et d’opinion, d’informer et d’être informée, car « Sans une presse libre, il n’y a pas de débat public. Et sans débat public et contradictoire, il n’y a pas de démocratie. » De son côté, l’UNESCO a souligné son engagement auprès du gouvernement gabonais dans le secteur des médias et la promotion des deux défis majeurs que sont les droits de l’homme et le développement national. « La liberté d’expression et la liberté de médias sont des droits indispensables pour la démocratie, pour la transparence des institutions publiques et la participation citoyenne », a déclaré Patricio Zambrano Restrepo. Saluant les changements survenus en 33 ans dans la façon de communiquer, le représentant de l’UNESCO a mis l’accent sur le rôle majeur des réseaux sociaux dans l’information des citoyens et des citoyennes. Il a révélé, chiffres à l’appui, que « Plus de 60% de la population mondiale s’informe principalement via les plateformes numériques. Il a alerté sur les risques de désinformation et de fausses nouvelles qui sont sources de chaos et de troubles sociaux, et plaidé pour la création d’un cadre juridique multisectoriel impliquant les médias, les associations, les pouvoirs publics, les plateformes numériques et la société civile. L’enjeu est « de constituer un équilibre durable entre les droits fondamentaux, les intérêts généraux, le respect d’autrui et surtout la vérité. » Répondant aux attentes de la presse, le ministre de la Communication et des Médias, Germain Biahodjow, a tenu à les rassurer sur les avancées relatives « aux textes importants que le gouvernement a adoptés le 26 février 2026, notamment : les ordonnances sur la régulation des réseaux sociaux, les projets de loi sur le statut particulier des professionnels de la communication et l’accès à l’information publique. » « Les textes sont déjà disponibles dans la navette institutionnelle entre le gouvernement, l’Assemblée nationale et le Sénat. Nous attendons notre passage devant le Parlement pour solliciter la ratification de ces textes importants qui vont modifier le paysage médiatique », a indiqué le ministre qui s’est, par ailleurs,exprimé sur le recul du rang du Gabon dans le domaine de la liberté de la presse. « La dégradation du positionnement actuel du Gabon n’est pas une fatalité. Elle tient à quelques contingences, ce qui est normal dans la vie d’une nation. Le mieux ne s’est pas fait ailleurs en matière de liberté de la presse. Je peux dire que le meilleur s’est fait au Gabon, parce que le Gabon reste l’un des rares pays qui a constitutionnalisé, depuis 2024, ses droits fondamentaux, notamment la liberté de la presse. » Selon le ministre, la liberté de la presse doit être exercée au Gabon comme partout ailleurs, dans le respect de l’éthique et la déontologie de la profession, ainsi que dans le respect des lois et règlements en vigueur. Au-delà des allocutions, la cérémonie s’est poursuivie avec la remise des certificats de reconnaissance, entre autres, à François Ndjimbi et Pierre Noël Botsika Bobé. Les autres récipiendaires qui n’ont pas pu prendre part à cet événement sont : Brigitte Anguilet, Désiré Ename, François Duc Moukouangui, Victor Mbenga Effa et Paul Mbadinga Matsiendi. Rodrigue Bekale de l’Association de l’Union gabonaise de la presse sportive (AUGPS), a remis une attestation au ministre de la Communication et des Médias en signe de reconnaissance « de ses efforts depuis sa prise de fonction. » Brice Ntoutoume a qualifié « d’avancée majeure l’inscription du droit d’accès à l’information dans la nouvelle Constitution nationale » et lancé un appel à l’accélération des réformes engagées « pour … JOURNÉE MONDIALE DE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE
Le Chef de l’État gabonais, accompagné de la Première Dame, Zita Oligui Nguema a présidé, le dimanche 03 mai 2026, la cérémonie inaugurale du Palais des Congrès Omar Bongo Ondimba, sis à la Cité de la Démocratie, en présence de 6 chefs d’État* et d’anciens présidents africains, de chefs de délégations étrangères, de membres du Corps diplomatique et des dignitaires de la République. Le 03 mai coïncide avec le premier anniversaire de l’investiture du chef de l’État, commémorant « une année d’action, de réformes et de stabilité retrouvée. » La Cité de la Démocratie, lieu emblématique des grands rendez-vous politiques et diplomatiques, devient un symbole de continuité institutionnelle, d’ambition nationale et de renouveau. La cérémonie a été marquée par la décoration de plusieurs personnalités allant du grade de Grand officier à celui de Grand-Croix dans l’Ordre du mérite gabonais. Succédant à la décoration des récipiendaires, place a été donnée aux activités suivantes : Pourquoi la renaissance du Palais des Congrès ? Le nouveau Palais des Congrès a été édifié en hommage à l’ancien président Omar Bongo Ondimba, « figure marquante de l’histoire politique gabonaise, reconnu à travers le monde pour son rôle dans la préservation de la paix, la stabilité et la cohésion nationale. » Cette infrastructure majeure, associée à son nom, rappelle l’importance qu’il attachait « au dialogue, à la continuité institutionnelle et à la recherche permanente de solutions concertées pour le pays. » Avec une capacité d’accueil de 3000 places, le Palais a été équipé pour en faire une infrastructure d’accueil des évènements multilatéraux de très haut niveau et d’envergure internationale. Diplomatie Au-delà de l’œuvre architecturale, la Cité de la Démocratie représente un acte stratégique de repositionnement diplomatique du Gabon qui marque son retour sur la scène internationale, avec pour ambition de devenir un centre diplomatique majeur en Afrique, un acteur influent en Afrique centrale et un interlocuteur crédible à l’échelle internationale. *L’événement a réuni notamment les présidents Évariste Ndayishimiye du Burundi, Denis Sassou Nguesso du Congo Brazzaville, John Dramani Mahama du Ghana, Faustin-Archange Touadéra de la République centrafricaine, Julius Maada Bio de Sierra Leone et Carlos Manuel Vila Nova de Sao Tomé-et-Principe. Cette invitation traduit le poids diplomatique du Gabon dans la région, sans oublier le soutien politique et institutionnel de ses partenaires. Politique À ce niveau, les points forts enregistrés sous la nouvelle gouvernance incluent le renforcement de l’image et de la légitimité de l’État, l’unité nationale et la réforme des institutions. Pour autant, des limites liées à une communication excessive, un décalage avec les réalités sociales et une reproduction des anciennes pratiques politiques, pourraient freiner les attentes de rupture exprimées par une partie de la population. En effet, la renaissance de la Cité de la Démocratie, que d’aucuns qualifient « d’utile et stratégique pour consolider le pouvoir et renforcer l’autorité de l’État », apparait pour le moins ambiguë, la ligne entre l’action publique réelle et la communication politique étant floue. D’où, cette question cruciale : peut-on juger l’efficacité politique d’un régime à partir de ses infrastructures, ou doit-ont prioriser son impact concret sur les conditions de vie des populations ? Bâtie initialement pour accueillir le Sommet historique de l’Organisation de l’Union africaine en 1977, la première version du Palais des Congrès passe le flambeau au Palais Omar Bongo Ondimba. Placée sous le sceau de la continuité et du renouveau, et tournée vers l’avenir, la nouvelle Cité de la Démocratie est à l’image de la vision du président de la République de faire du Gabon un carrefour international de réflexion et d’action, et un pôle moderne d’accueil des rencontres de haut niveau, alignées sur les standards internationaux.
Libreville accueille, du 21 au 23 mai 2026, la Conférence Toastmasters International placée sous le thème « Leadership et influence à l’ère africaine. L’annonce de l’évènement est intervenue le 15 avril au siège de l’Agence nationale de promotion des investissements (ANPI) à l’occasion d’une conférence de presse de la présidente du Comité d’organisation, Yvette Ngwevilo Rekangalt, et du Chargé d’études du directeur général adjoint de l’Agence, Glaine Yebesse. L’événement réunira des leaders, des entrepreneurs et des décideurs venus de toute l’Afrique centrale pour trois jours de formations et de compétitions intensives en art oratoire et networking stratégique. « C’est une première en Afrique et il faut s’en réjouir. C’est une occasion à ne pas rater pour justement apprendre un peu plus ce qui peut nous valoriser, nous donner de la confiance en nous-mêmes, nous permettre de gravir des échelons là où nous travaillons et d’apprendre parce qu’on ne cesse jamais d’apprendre, et Toasmasters est justement le lieu où se forment les leaders », a déclaré la présidente du comité d’organisation de la conférence. Pourquoi le choix du Gabon ? Pour Mme Rekangalt,le Gabon mérite que cette conférence se déroule sur son territoire afin que notre pays, « qui est peut-être le plus petit en termes de population, puisse s’en sortir avec chaque gabonais qui apprend l’éloquence, sait ce que servir veut dire, servir son pays, son entreprise, servir sa famille, et qui apprend ou développe son intégrité. » Qui est concerné par cette rencontre à l’échelle internationale ? Selon Mme Rekangalt : « La conférence intéresse tous ceux qui veulent gagner en compétences, en leadership ou en art oratoire, mais elle concerne particulièrement les entreprises parce-que, justement, le personnel en entreprise a besoin de maîtriser la connaissance de son produit pour générer de la productivité qui, elle-même, va générer la propension à améliorer le chiffre d’affaires… » « Nous avons besoin d’augmenter le flux d’investissement dans notre pays. Comment y parvenir si ce n’est par l’utilisation de l’art de la parole », a-t-elle ajouté en substance. La Grande Conférence des Toastmasters dispense des formations, notamment dans les domaines de la communication stratégique, l’influence persuasive et la maîtrise de présentation. Elle se distingue aussi par deux pôles importants : le leadership et la communication orale. Les points forts de la Conférence Le Comité d’organisation de l’évènement en a présenté trois, à savoir : Les travaux de la conférence se clôtureront sur un panel tout à fait spécifique ayant pour thème : « Gabon, terre d’opportunités », animé par l’ANPI. Par ailleurs, des pagnes ont été choisis pour le dress code de la Grande Conférence avec des couleurs qui sont représentées dans chacun : le noir, symbole d’élégance, de mystère, de tristesse ; le rouge, couleur du sang, de la passion, du cœur, de la tendresse, de la bienveillance ; le blanc, couleur des jumeaux et de la pureté. Toastmasters International est une organisation mondiale à but non lucratif créée en 1924 aux États-Unis. Avec plus de 360.000 membres dans 145 pays, elle est la référence mondiale en matière de développement personnel. Le Gabon, qui en est membre depuis 2024, compte cinq clubs. Dernier pays de la sous-région à avoir adhéré à Toastmasters, il est aussi le premier à organiser la conférence. La Grande conférence du District 130 de Toastmasters international est composée de 12 pays : Bénin, Burkina-Faso, Congo, Cameroun, Centre-Afrique, Gabon, Guinée-Équatoriale, Niger, Nigéria, République Démocratique du Congo, Sao-Tomé et Principé, Tchad.
. « La suspension des réseaux sociaux a un impact direct sur notre travail, notamment en matière de collecte d’informations, de visibilité des contenus et de relation avec l’audience…Aux autorités gabonaises, nous souhaitons rappeler l’importance de la liberté d’informer et de l’accès aux réseaux sociaux. » Roselyne Bekale. Journaliste « Cette mesure est extrême. Si l’Etat considère que certains commentaires, certains posts troublent l’ordre public ou vont à l’encontre des valeurs morales, il devrait suspendre et bloquer les coupables par des moyens techniques via ses services de télécommunication. » Stéphanie « La HAC ne peut pas, par un simple communiqué, suspendre une liberté que les Gabonais ont de par la Constitution. C’est extrêmement grave. Il faut identifier les personnes qui sont des contrevenants aux dispositions légales. Le Code de la Communication est là : la responsabilité est personnelle. Me Francis Aubame. Juriste & Président du Parti des Souverainistes Écologistes « Le gouvernement reste profondément attaché au principe de la liberté d’expression. Cependant, la liberté ne saurait s’exercer sans responsabilité. C’est pourquoi nous avons engagé un processus de réformes visant à adapter notre cadre juridique aux réalités du numérique. » Charles Edgard Mombo. Porte-Parole du Gouvernement « La réouverture des réseaux sociaux se fera sous contrôle avec un encadrement légal renforcé, la responsabilisation des internautes et la priorité à la cohésion sociale et la sécurité nationale. » Germain Biahodjow. Ministre de la Communication et des Médias
Le journal officiel a publié dans son édition du 08-15 avril 2026 les ordonnances portant règlementation de l’usage des réseaux sociaux en République gabonaise. Cette étape succède à la suspension, le 17 février, des réseaux sociaux suivie de l’adoption le 26 février, en conseil des ministres, desdits textes et à la tenue, le 01 avril, d’une conférence de presse conjointe du porte-parole du gouvernement et du ministre de la Communication et des Médias. Charles Edgard Mombo et Germain Biahodjow se sont expliqués sur la réforme en cours, les dérives observées depuis quelques temps sur les réseaux sociaux et la nécessité d’un équilibre entre liberté d’expression et responsabilité numérique. Selon M. Mombo, « l’espace numérique est confronté à une prolifération de contenus de nature à troubler l’ordre public, à fragiliser la cohésion nationale et à porter atteinte aux institutions de la République. Le gouvernement de la 5ème République n’a pas d’autre choix que d’agir avec responsabilité. La suspension temporaire de certains réseaux sociaux, décidée par les autorités compétentes, s’inscrit dans une logique préventive. » « Le gouvernement, en aucun cas, ne remet en cause la liberté d’expression qui demeure un droit fondamental garanti par notre Constitution. Le gouvernement reste profondément attaché à ce principe. Cependant, la liberté ne saurait s’exercer sans responsabilité. C’est pourquoi nous avons engagé un processus de réformes visant à adapter notre cadre juridique aux réalités du numérique », a ajouté le ministre. Le porte-parole du gouvernement a indiqué que la gouvernance actuelle souhaite bâtir un environnement numérique sécurisé, éthique et respectueux des valeurs de la République. Pour ce faire, des discussions sont en cours avec les plateformes numériques afin de définir des mécanismes de régulation efficaces et adaptés. Ilo a indiqué que le gouvernement envisage d’organiser prochainement un forum national sur les réseaux sociaux qui réunira l’ensemble des parties prenantes – institutions, experts, société civile et acteurs du numérique – afin de construire une réponse collective et durable. « Notre ambition est claire : garantir à chaque citoyen un espace d’expression libre, mais aussi sûr et responsable. Le Gabon avance, avec détermination, vers un équilibre entre liberté et sécurité, modernité et responsabilité », a-t-il dit. Le ministre de la Communication et des Médias a, pour sa part, annoncé que les autorités optaient pour un rétablissement progressif des réseaux sociaux suite aux restrictions imposées il y a plus d’un mois par la Haute Autorité de la Communication. Cette décision reflète un équilibre entre ouverture numérique et encadrement d’usage. Germain Biahodjow a également dit à la presse que la réouverture des réseaux sociaux se fera sous contrôle avec un encadrement légal renforcé, la responsabilisation des internautes et la priorité à la cohésion sociale et la sécurité nationale. Le ministre de la Communication et des Médias a par apporté des précisions sur les ordonnances de l’État. La première, identifiée sous le N°0011/PR/2026 du 26 février 2026, porterèglementation de l’usage des réseaux sociaux en République Gabonaise. Pris en application des dispositions de l’article 99 de la Constitution nationale, le texte énumère, entre autres mesures : Ordonnance N°0012/PR/2026 du 26 février 2026. Le texte modifie certaines dispositions de la loi N°019/2016 du 09 août 2016 sur le Code de la Communication. Les activités de communication audiovisuelle, écrite, numérique et cinématographique sont libres en République gabonaise, sous réserve du respect de l’ordre public et des textes en vigueur. Les professionnels exerçant ces métiers sont tenus au respect de leurs droits et devoirs. Dans le cas contraire, ils encourent des sanctions administratives, pénales et pécuniaires. L’ordonnance astreint également tout hébergeur de contenus numériques à coopérer avec les autorités compétentes dans le cadre d’une enquête administrative ou judiciaire. Des attributions de la HAC Les pouvoirs de la Haute Autorité de la Communication sont élargis dans le cadre de l’Ordonnance n°0013/PR/2026 du 26 février 2026 portant modification de certaines dispositions de la loi N°014/2023 du 03 juillet 2023 portant réorganisation de la Hante Autorité de la Communication. À travers cette ordonnance, la HAC peut contrôler, réguler et sanctionner les plateformes numériques. Les nouvelles ordonnances sur l’encadrement des réseaux sociaux marquent une réforme profonde du numérique au Gabon. Elles visent, entre autres, la responsabilisation des utilisateurs, l’encadrement des influenceurs, la lutte contre les abus (fake news, l’IA, la diffamation, etc.), la protection des citoyens. Cependant, elle soulève des critiques par rapport à la liberté d’expression et la définition quelque fois ambigüe du « contenu illicite. »
La flambée des addictions dans la population gabonaise laisse entrevoir une augmentation des affections cardio-vasculaires, notamment chez les jeunes et les femmes qui s’y adonnent de plus en plus. Dr Christelle P. Akagha Kondé, cardiologue à l’Institut des maladies infectieuses Professeur Daniel Gahouma d’Owendo, dresse un état des lieux qui appelle à agir au plus vite. « Vivre » – Dr Akagha Kondé, quelles sont les maladies cardio-vasculaires causées par l’alcool, le tabac et la drogue, et comment affectent-elles le bien-être ? Dr Akagha Kondé – Les maladies cardio-vasculaires désignent, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), un ensemble de pathologies touchant le système cardio-vasculaire, constitué du cœur et des vaisseaux sanguins. Elles représentent la première cause de décès et de handicap dans le monde. Le système cardio-vasculaire sert à alimenter l’ensemble des organes du corps humain. En cas d’atteinte de l’un de ces deux éléments, il y aura, par exemple, des répercussions sur : La qualité de vie de la personne concernée s’en trouvera ainsi altérée. Docteur Akagha Kondé, comment le tabac, l’alcool et la drogue affectent-ils la santé cardio-vasculaire ? Au nombre des facteurs de risque comportementaux des maladies cardio-vasculaires figurent une mauvaise alimentation, le manque d’exercice physique, la consommation de tabac et l’usage nocif de l’alcool. Il est démontré par la communauté scientifique, et malheureusement pas bien perçu par les populations, que le tabagisme est un facteur de risque cardio-vasculaire majeur. Le tabagisme entraîne la formation de plaques d’athérome à l’intérieur des artères. Ces plaques vont rétrécir voire boucher complètement les artères. En fonction de la région concernée, il se produira une atteinte de différents organes : au niveau du cerveau, il y a l’accident vasculaire cérébral (AVC) et au niveau du cœur, l’infarctus du myocarde, pour ne citer que ces deux-là. Les effets néfastes du tabac sur la santé sont présents quelle que soit la dose. Ils sont plus importants en fonction de la quantité et la durée du tabagisme, qui peut être actif (concernant le fumeur lui-même) ou passif (concernant celui qui vit dans un environnement de fumeurs). D’où l’importance de la création d’espaces non-fumeurs dans les lieux publics. S’il est clair que la consommation de tabac est nocive pour la santé, la consommation modérée d’alcool a longtemps été considérée comme saine. Des études récentes n’ont pas pu démontrer les facteurs de protection de celle-ci. Cet avis médical sur le rôle protecteur de l’alcool tend à disparaître. Une consommation excessive d’alcool augmente la pression artérielle et la fréquence cardiaque. L’alcool favorise le surpoids et le stockage des graisses au niveau de l’abdomen, tous deux facteurs de risque cardio-vasculaire. La drogue, pour sa part, augmente le risque de troubles du rythme cardiaque : le cœur va battre de façon irrégulière et rapide. Un malaise qui sera bien perçu par la personne. Quelles sont les maladies cardio-vasculaires liées à la consommation d’alcool, de tabac et de drogue ? Comme nous l’avons dit plus haut, toutes ces addictions peuvent être à l’origine des maladies cardio-vasculaires, notamment au niveau : La flambée de ces addictions dans la population gabonaise en général et chez les jeunes en particulier laisse envisager une augmentation des maladies cardio-vasculaires chez les jeunes et les femmes qui s’y adonnent de plus en plus. Combien de patients souffrant de maladies cardio-vasculaires liées à l’alcool, au tabac et à la drogue recevez-vous par mois et quelle est l’ampleur des dégâts causés par ces substances, en particulier chez les populations pauvres ? L’alcool est incriminé dans près de 44,7 % des accidents vasculaires cérébraux hémorragiques reçus au Centre hospitalier universitaire de Libreville. Nous suivons de nombreux patients atteints de cardiopathie et présentant une addiction, surtout à l’alcool. La caractéristique principale est le retard de consultation, ces patients arrivant à un stade très évolué de la maladie. Mais en l’état actuel des choses, nous ne disposons pas de statistiques locales nous permettant d’attribuer à l’alcool ou à la drogue l’origine d’une atteinte cardiaque. C’est l’occasion pour nous de susciter ce type d’études. Quelles sont les raisons que vos patients avancent pour expliquer leur addiction ? Pour expliquer leur addiction, certains évoquent le chômage et la pauvreté. Pour d’autres il s’agit simplement d’une habitude qu’ils ont acquise depuis leur jeune âge et dont ils ont du mal à se défaire. La poursuite de l’information et de l’éducation des populations sur les dangers de ces addictions à l’hôpital, à travers les médias et par le biais des associations, pourrait contribuer à modifier le mode de vie de ces personnes. Comment accompagnez-vous les patients atteints de maladies cardio-vasculaires liées aux addictions ? D’une manière générale, nous sensibilisons les patients et discutons avec eux de la nécessité de se défaire de ces addictions. Nous les orientons vers les personnes qui peuvent leur apporter un soutien. Nous collaborons avec les psychologues et les psychiatres dans ce sens. Il est vrai que dans notre milieu, les patients ont une idée négative de la consultation de psychologie. Notre travail consiste dans un premier temps à leur faire comprendre et accepter l’utilité de cette démarche. La santé cardio-vasculaire rime avec l’hygiène de vie. Quels conseils donnez-vous à vos patients et au public en général en matière d’hygiène de vie ? L’hygiène de vie désigne le choix fait par une personne de respecter certaines pratiques qui visent à préserver ou à favoriser la santé. Dans ce domaine, nous conseillons à nos patients et à la population en général d’arrêter le tabac, de ne pas prendre de drogue et d’éviter l’usage nocif de l’alcool. Nous suggérons également de réduire la quantité de sel dans l’alimentation, de manger beaucoup de légumes et suffisamment de fruits, de poisson, de boire suffisamment d’eau de pratiquer une activité physique régulière (si possible, faire au moins 30 minutes de marche rapide chaque jour) et d’éviter les sodas. Il est tout aussi important de trouver du temps pour un sommeil réparateur. Toutes ces mesures aideront à réduire le risque de maladies cardio-vasculaires. Comment travaillez-vous avec vos patients pour qu’ils adoptent un mode de vie sain ? Le … MALADIES CARDIO-VASCULAIRES
Connaître et défendre ses droits est un droit fondamental de tout être humain. Préalable à toute action en justice, l’information peut vous aider à entreprendre les démarches qui s’imposent si vous estimez être lésé dans vos droits. Mais, où s’informer et qui est le mieux placé pour vous informer ? Il existe une multitude de sources d’information. La première se trouve être souvent au plus près de vous. Il peut s’agir d’un parent, d’un ami ou d’un collègue. Outre votre entourage immédiat, il y a les publications, les professionnels du droit, les organes de défense des droits de l’homme et les médias y compris le magazine « Vivre » Professionnels du droit Il existe différentes catégories de professionnels du droit, à savoir les magistrats, les avocats, les notaires, les conseillers juridiques, les huissiers de justice et tout juriste reconnu. Ils sont tenus au secret professionnel. L’avocat conseille tout justiciable, personne physique ou personne morale (entreprise, par exemple), qui est son client et le défend en cas de besoin devant les tribunaux et les cours. Le notaire intervient dans divers domaines. Au plan familial, il conseille ses clients dans la rédaction et la validation des contrats de mariage, des testaments et des règlements de succession. Il peut également gérer les affaires et les biens patrimoniaux (immobilier et mobilier). L’huissier de justice constate les faits en tant que preuves, étant entendu que tout ce qui a été constaté par acte ou exploit d’huissier vaut jusqu’à inscription de faux. Il faut noter que l’huissier de justice n’est pas un avocat, qui est le seul professionnel habilité à défendre un tiers devant la justice. Il notifie les décisions de justice aux différentes parties au procès et peut aussi, sur cette base , les exécuter en cas de condamnation à une amende ou à des dommages et intérêts. Il peut aussi, par ses actes, prévenir tout citoyen de la date de son procès. Institutions de protection des droits de l’Homme Les institutions de protection des droits de l’Homme ont été conçues pour protéger et veiller à la mise enœuvre des droits de l’Homme. Elles sont aux niveaux national, régional et international. Institutions de protection des droits de l’Homme Niveau national Juridictions de droit commun Parlement Gouvernement Autorités administratives indépendantes : Commission nationale des droits de d’Homme, Hauteautorité de la communication, Commission nationale de lutte contre l’enrichissement illicite,Autorité de régulation des communications électroniques et des postes , Médiateur de la République Organisations de la société civile Niveau régional Union africaine Comité africain d’experts sur les droits et le bien-être de l’enfant Commission africaine des droits de l’homme et des peuples Cour africaine des droits de l’homme et des peuples Niveau international Institutions spécialisées des Nations unies : Conseil des droits de l’Homme, Haut Commissariat desNations unies aux droits des de l’Homme, Amnesty International Cour internationale de justice Cour pénale internationale Organisations de la société civile Publications Pour l’essentiel, il s’agit des textes et des documents suivants : Déclaration universelle des droits de l’homme Convention relative aux droits de l’enfant Charte africaine des droits de l’homme et des peuples Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme relative à la jeunesse Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme relative à la femme Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant Constitution de la République gabonaise Hebdo Info Guide gabonais « Tes Droits Humains » Médias Les droits de l’Homme ou droits humains ne sont pas largement couverts par les médias. Néanmoins,quand l’actualité l’exige, des informations sur la question sont diffusées à la radio, à la télévision et dansla presse écrite. Les réseaux sociaux sont une autre source d’informations à analyser avec prudence. Défendre vos droits La défense de vos droits est un volet majeur de la promotion des droits humains. Toute personne quis’estime lésée dans ses droits doit saisir l’institution compétente pour bénéficier de son aide. Biencommuniquer facilitera votre démarche. Cette étape exige néanmoins certains préalables. Vous devez Dire pourquoi vous voulez intenter une action en justice, Dire pourquoi vous estimez être dans votre droit et si la partie adverse a enfreint la loi, Exposer clairement les faits, Justifier ce que vous réclamez à la partie adverse, Vous munir de vos preuves et les présenter. Connaître et défendre ses droits est un travail de longue haleine que nul ne peut à lui seul relever tant le dispositif des droits humains est vaste et complexe. Toute personne, y compris les jeunes, les femmes, les veuves et les parents, devrait s’en imprégner, l’objectif étant de se protéger, de vivre dignement et en sécurité. N’oublions pas que nous naissons avec des droits y compris celui d’avoir un acte de naissance. Flavienne L. Issembè Source Juridique