Fondatrice et Directrice de Publication

Flavienne Louise Issembè

Journalistes Seniors

Yvette Bivigou
Martial Idundu
Flavienne Louise Issembè

Collaborateurs

Annie Mapangou
Eric Ozwald
Florène Okome Pambo
Tama Z’Akis

Equipe Technique

Chris Jonathan - Développeur
Gerald Boussougou - C. Manager
Andy G. K. Amiaganault - Cadreur
Hermann Oke Mve - Cadreur
Alain Wolbert - Cadreur
Delvane BKG - Cadreur

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ARTICLE

DE LA FORMATION à L’EMPLOI

LʼIUSO a mis en place un cadre de partenariat pour promouvoir la formation et lʼaccès au marché de lʼemploi à travers la coopération nationale, régionale et internationale en matière dʼenseignement supérieur, de recherche scientifique et technologique. Ce cadre de coopération, matérialisé par des accords de partenariats bilatéraux ou multilatéraux a permis : UN PARTENARIAT BÉNÉFIQUE Au niveau national, lʼIUSO a signé des accords de partenariat avec lʼEcole de management EM-Gabon et des entre- prises gabonaises. Le partenariat avec les entreprises a permis de faciliter lʼinsertion des étudiants de fin de cycle en stages d’immersion et dʼaboutir à des contrats à durée indéterminée. Il appartient à lʼIUSO-SNE dʼexercer un pilotage et une régulation efficaces dans la perspective de préserver les intérêts de chaque partie en associant les entreprises dans lʼélaboration des offres de formation professionnelle et en dressant le référentiel des spécialités qui pourrait lui être utile. Les entreprises publiques et privées ont beaucoup à gagner en participant au processus de formation des ressources humaines dans des profils d’employés dont elles auront réellement besoin. Le partenariat avec EM-Gabon, sʼest concrétisé, entre autres, par : Au niveau régional, lʼaccord de coopération avec lʼUniversité Félix Houphouët Boigny (UFHB) de Côte dʼIvoire, sʼavère bénéfique à plusieurs niveaux : Source IUSO

LES AÎNÉS FACE AU NUMÉRIQUE

Renouveler sa carte d’identité, s’inscrire sur les listes électorales, prendre un rendez-vous à l’hôpital, suivre un dossier à la CNSS. Au Gabon, ces démarches passent de plus en plus par internet ou une application. Beaucoup de personnes âgées ne savent pas utiliser ces outils. Résultat : elles ont de plus en plus de mal à faire seules des choses simples de la vie quotidienne. À Libreville comme dans les autres villes du pays, les guichets se vident au profit des plateformes en ligne et des applications. Ce qui se présente comme un progrès, gain de temps, simplification des démarches, se transforme, pour beaucoup de personnes du grand âge, en un mur difficile à franchir. Suivre un dossier CNSS, consulter un dossier médical en ligne, s’inscrire à un service administratif via un formulaire numérique : autant de gestes devenus banals pour une génération, et quasiment inaccessibles pour une autre. Cette réalité ne se limite pas à une question de confort. Elle touche à l’autonomie même des aînés, à leur capacité à exercer seuls des droits pourtant fondamentaux : accéder à leurs soins, à leurs prestations sociales, à leurs papiers d’identité. Le droit gabonais protège les personnes âgées à travers plusieurs textes relatifs à leur dignité et à leur prise en charge. Mais la question spécifique de l’accès au numérique comme condition d’exercice de ces droits reste, à ce jour, un angle mort. Aucun dispositif ne garantit explicitement qu’un aîné puisse accomplir une démarche essentielle sans passer par un écran qu’il ne sait pas utiliser. Cette absence de cadre pose une question simple : peut-on parler d’égal accès aux services publics quand une partie de la population en est de facto exclue par la forme même de leur mise à disposition ? Thérèse, 76 ans : la culture au bout d’un clic qu’elle ne maîtrise pas Chez Thérèse, la télévision ne diffuse plus seulement les programmes du soir. Depuis quelques mois, c’est devenu une fenêtre sur les danses et les chants traditionnels qu’elle affectionne tant. À 76 ans, cette aînée n’a jamais touché une souris ni ouvert une application. Mais chaque soir, ou presque, elle retrouve sur l’écran des scènes de danse ancestrale, des chants qui lui rappellent les cérémonies de sa jeunesse. Le passeur, c’est son petit-fils de 10 ans. Lui seul sait naviguer sur YouTube, taper les bons mots, faire défiler les vidéos jusqu’à trouver celle qui plaira à sa grand-mère. « Il sait où chercher, moi je ne saurais même pas commencer », confie-t-elle avec un mélange de gratitude et de résignation. Cette scène, en apparence anodine, résume à elle seule tout l’enjeu du grand âge face au numérique, Thérèse accède à ce qui la relie à sa culture, mais seulement par procuration. Sans son petit-fils, l’écran resterait éteint sur ces images qui la font vibrer. Son plaisir culturel dépend entièrement de la disponibilité et de la patience d’un enfant de 10 ans une situation qui interroge autant qu’elle touche, que se passe-t-il les jours où il n’est pas là ? Plusieurs facteurs se cumulent pour expliquer cette exclusion numérique des aînés au Gabon. L’absence d’apprentissage aux outils informatiques pendant leur vie active, le coût du matériel adapté au regard du pouvoir d’achat, la complexité des interfaces pensées pour des usagers plus jeunes, et un accompagnement quasi inexistant en dehors du cercle familial. La fracture est également géographique : dans les provinces éloignées de Libreville, l’accès à internet lui-même reste incertain, quand il n’est pas totalement absent. Pour les aînés de ces autres villes gabonaises, la question ne se limite pas à « savoir utiliser » un outil, mais à « pouvoir y accéder » tout court. Au Gabon, les initiatives dédiées à l’accompagnement numérique des personnes âgées restent rares, voire inexistantes à grande échelle. Contrairement à d’autres pays où des ateliers de médiation numérique pour seniors se développent dans les mairies ou les associations, cette dimension reste largement absente despolitiques publiques nationales, y compris dans les grandes administrations comme la CNSS ou les mairies d’arrondissement. Dans ce vide, les familles, souvent les petits-enfants, comme celui de Thérèse jouent le rôle de médiateur, sans formation ni reconnaissance de cette charge informelle. Garantir le droit des aînés à vivre dignement à l’ère du numérique suppose des choix concrets : maintenir des guichets physiques en parallèle des services dématérialisés, développer des formations adaptées au rythme et aux besoins du grand âge, et reconnaître le rôle trop souvent invisible que jouent les familles dans cette médiation quotidienne. Car derrière chaque écran allumé par un petit-fils pour sa grand-mère, se pose une question de fond, le numérique doit-il rester un privilège de ceux qui savent s’en servir, ou devenir un droit accessible à tous, y compris à ceux qui ont construit, avant l’ère digitale, le monde dans lequel nousvivons aujourd’hui ?

LA RETRAITE AU GABON

Au Gabon, la population âgée de 65 ans représente environ 4% de la population totale, soit près de 107 000 personnes. Au sein de cette tranche d’âge se trouvent des hommes et des femmes qui ont servi le pays, travaillé pendant plusieurs années, certains au péril de leur vie.  La majorité sont des fonctionnaires du secteur public ou des salariés du privé. Face à ce constat, une question fondamentale se pose : ont-ils réellement accès à une retraite digne ? L’âge légal de départ à la retraite au Gabon est fixé à 60 ans pour le secteur privé, régulé par la CNSS. Pour prétendre à une pension de vieillesse, l’assuré doit avoir atteint l’âge de 55 ans (ou 50 ans en cas d’usure prématurée de l’organisme), justifier de 20 ans d’immatriculation et de 120 mois de cotisations au cours des 20 dernières années. La pension correspond à 40% du salaire mensuel moyen, avec un minimum garanti équivalent à 80% du salaire minimum interprofessionnel (SMIG). Ces conditions, bien que clairement définies, restent inaccessibles pour une grande partie des travailleurs gabonais, notamment ceux du secteur informel, qui représente plus de 60% de l’emploi total. Pour ces derniers, la retraite reste un luxe qu’ils ne peuvent s’offrir. Retards de paiement : un calvaire pour les retraités Au-delà des conditions d’accès, le versement effectif des pensions constitue un autre défi majeur. Depuis plusieurs années, les retraités gabonais font face à des retards récurrents, voire des interruptions de paiement qui plongent des milliers de familles dans la précarité. En février 2025, de nouvelles rumeurs de retards ont circulé, provoquant des mouvements de protestation. La CNSS a démenti tout retard généralisé, attribuant les perturbations à des problèmes techniques bancaires isolés. Cependant, ces incidents récurrents révèlent la fragilité du système de paiement et l’absence de mécanismes de secours pour protéger les retraités. Même lorsque les droits sont acquis, leur effectivité reste incertaine. Pour des personnes âgées, souvent à mobilité réduite et sans autres revenus, chaque retard de paiement constitue une épreuve humaine et financière. Un défi structurel majeur demeure : l’exclusion des travailleurs du secteur informel. Au Gabon, plus de 60% des emplois relèvent de l’informel, selon les estimations. Ces travailleurs commerçants, artisans, chauffeurs, domestiques, ne cotisent à aucun régime de retraite et se retrouvent sans protection à l’âge avancé. La CNSS permet une cotisation volontaire pour les non-salariés, à un taux de 7,5%, mais ce dispositif reste méconnu et peu utilisé. Résultat : des milliers de Gabonais vieillissent sans aucune garantie de revenu, contraints de compter sur la solidarité familiale ou de continuer à travailler malgré l’âge. Sans une extension significative de la couverture sociale au secteur informel, la retraite restera un privilège réservé aux seuls salariés formels, creusant les inégalités intergénérationnelles. Derrière les statistiques se cachent des vies brisées. À Libreville et Koula-Moutou des retraités racontent leur quotidien. Loïc a travaillé toute sa vie aux TP Aujourd’hui retraité, il perçoit sa pension tous les mois, mais avec un retard systématique. « Je perçois ma retraite tous les mois, mais avec du retard » confie-t-il depuis Koulamoutou, dans la province de l’Ogooué-Lolo. « C’est pénible, surtout qu’ici à Koulamoutou, toutes les conditions ne sont pas réunies. » Dans cette ville enclavée du centre du Gabon, les agences bancaires sont rares, les distributeurs de billets n’existent pas, et les déplacements vers moanda coûtent cher. « Je me prépare depuis cinq ans » À Libreville, Mira, 55 ans, prendra sa retraite dans cinq ans. Fonctionnaire dans un ministère, elle ne compte pas sur la seule pension pour survivre. « Je me prépare à vivre cette période en construisant des studios afin de percevoir des loyers », explique-t-elle, le regard déterminé. « Les pensions arrivent quand elles veulent » Thérèse, 76 ans, est veuve. Elle touche la pension de réversion de son défunt mari, un ancien chef de service au ministère de la Pêche. « Les pensions arrivent quand elles veulent », lance-t-elle, la voix empreinte d’une lassitude profonde. « Certains mois, je touche deux pensions d’un coup. D’autres mois, rien. C’est l’irrégularité des pensions versées. » Un droit à conquérir, pas à subir La retraite au Gabon n’est ni un mythe absolu, ni une réalité pleinement assumée. C’est un droit en construction, entravé par des retards structurels, des lacunes de couverture et une gouvernance perfectible. Pour les 107 000 Gabonais de 65 ans et plus, la question n’est pas seulement de savoir s’ils ont droit à une pension, mais si cette pension leur permet de vivre dignement. Dans un pays où l’espérance de vie à la naissance est d’environ 67 ans, chaque année de retraite compte. Les réformes en cours doivent donc être accélérées, non pas comme une faveur administrative, mais comme une obligation morale et contractuelle envers ceux qui ont bâti le Gabon.

LES DÉFIS SANITAIRES AU QUOTIDIEN DES SENIOR.ES

L’étape de vieillissement est une période assez complexe pour tout individu qui atteint la phase du 3 ème  âge. Ce parcours qu’emprunte certains constitue l’un des plus grands défis sanitaires du XXIe siècle. Pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS) il est important pour tous les pays de préparer leurs systèmes de santé à cette mutation démographique majeure car les personnes âgées des défis sanitaires au quotidien. Maladies chroniques et multimorbidité. Ce point énonce le fait que l’accumulation de maladies chroniques est la principale caractéristique de la santé des personnes âgées. Au Gabon, certaines maladies sont la cause des décès chez les personnes Ag2es de plus de 60 ans. Il s’agit de : l’hypertension, le diabète, les accidents vasculaires cérébraux et cancers. Au-delà de ces maux, il y a non seulement la pénurie des spécialistes mais aussi la prise en charge tardive des cas et, le pays lutte également contre la montée silencieuse des maladies transmissibles. Bien que le pays soit en pleine mutation, il connaît une transition accélérée. En dehors de la présence des maladies infectieuses et parasitaires, les maladies non transmissibles représenteraient déjà un taux de 45% des décès dans le pays selon les données de 2019 de l’OMS. S’agissant des maladies cardiovasculaires, respiratoires chroniques, cancer et diabète, leur taux s’élèverait à 793 décès pour 100 000 habitants chez les hommes et 603 pour 100 000 chez les femmes en 2021. Considérant les rapports des annuaires statistiques du Gabon, l’hypertension artérielle (HTA), le diabète sucré, les accidents vasculaires cérébraux (AVC) et les cancers font partie des cinq premières causes de mortalité chez les personnes de plus de 60 ans. C’est dans cette tranche d’âge que les maladies chroniques sont lourdement concentrées. Il y a également l’hypertension, encore appelé « tueur silencieux généralisé » qui constituerait le défi sanitaire le plus préoccupant. Selon une thèse de doctorat menée au Gabon, la prévalence de l’HTA atteint 34,4 % dans la population générale, avec un âge moyen de 54,2 ans. Le Dr Carol Fadilath Yekini, cardiologue au Centre hospitalier universitaire de Libreville (CHUL), va plus loin : « 30 à 40 % de la population gabonaise est hypertendue », soit près de la moitié des habitants. Le Plan national de développement sanitaire (PNDS) 2024-2028 confirme cette tendance. La prévalence de l’HTA est passée de 27,1 % en 2011 à 25,5 % en 2021. Mais ces chiffres, souligne le document, traduisent « l’absence ou l’insuffisance d’interventions sur les facteurs de risque » et la « faillite du volet promotionnel de la santé ». Le taux de mortalité lié aux maladies cardiovasculaires est passé de 148 à 145 décès pour 100 000 habitants, et celui lié au diabète de 33 à 35 décès pour 100 000 habitants. Le cas du diabète En vingt ans, la prévalence du diabète au Gabon est passée de 2 % à près de 10 % de la population, faisant du pays l’un des plus touchés d’Afrique subsaharienne. Selon la Fédération internationale du diabète (FID), 100 900 adultes âgés de 20 à 79 ans vivaient avec le diabète en 2024, contre seulement 5 500 en 2000. Et la projection pour 2050 est de 190 900 personnes. Plus alarmant encore : 73,1 % des cas de diabète ne sont pas diagnostiqués, soit près de 74 000 personnes qui vivent avec la maladie sans le savoir. Le Dr Peggy Biloghe, endocrinologue au CHUL, confirme une prévalence de près de 10 % en 2025, toutes classes sociales confondues. Les conséquences sont aggravées par le fait que la plupart des patients sont référés dans les grands hôpitaux à un stade avancé de la maladie, souvent avec des complications telles que l’AVC ou l’insuffisance rénale. La multimorbidité : quand les maladies s’empilent Si les données spécifiques sur la multimorbidité chez les personnes âgées au Gabon restent rares, plusieurs éléments convergent pour alerter sur ce phénomène. Une étude menée dans la province du Moyen-Ogooué a révélé que parmi les patients tuberculeux, 46 % présentaient au moins une maladie non transmissible (dyslipidémie, hypertension, diabète ou obésité), dont la majorité étaient des cas nouvellement diagnostiqués. Chez les patients tuberculeux de plus de 55 ans, le risque de comorbidité hypertension-tuberculose était 8,5 fois plus élevé. Une autre étude parue dans PLOS ONE a montré que 99,4 % des participants gabonais présentaient au moins un facteur de risque de maladie cardio-métabolique modifiable, et 54 % en cumulaient trois ou quatre. L’OMS rappelle qu’avec l’âge, les personnes risquent davantage de souffrir simultanément de plusieurs problèmes de santé, donnant naissance à des syndromes gériatriques complexes (OMS). Pour les personnes âgées gabonaises, cela signifie que l’HTA coexiste fréquemment avec le diabète, l’obésité, les maladies rénales ou les AVC – un empilement qui complique la prise en charge et aggrave le pronostic. Alzheimer et démences : le continent aveugle La maladie d’Alzheimer qui entraîne une perte progressive et irréversible des fonctions mentales a été longtemps perçue comme une pathologie occidentale qui n’a pas épargné le Gabon. Outre les maladies, il y a aussi la problématique des défis structurels du système de santé gabonais, notamment : prise en charge adéquate. Notons que pour que les personnes âgées puissent vieillir au Gabon sans accumuler les maladies sans accompagnement, il doit se doter d’un cadre stratégique en vue de transformer les intentions en résultats concrets.

PROTECTION DE LA VEUVE ET DE L’ORPHELIN

Lutter contre la spoliation des veuves et des orphelins au plus près des populations, et rapprocher la justice des familles les plus vulnérables marque une avancée considérable dans la promotion des droits de ce groupe particulièrement vulnérable. Toutefois, si le Gabon s’est doté ces dernières années d’un arsenal juridique renforcé pour protéger les veuves et les orphelins, la réalité du terrain rappelle qu’une loi n’est véritablement efficace que lorsqu’elle est connue, comprise et accessible à tous. Le défi n’est donc plus seulement juridique : il est aussi géographique, culturel et social. Porter l’information juridique dans les provinces apparaît désormais comme l’une des réponses les plus efficaces pour combattre les pratiques abusives qui subsistent encore dans certaines localités, notamment les expulsions illégales du domicile conjugal et les tentatives de confiscation du patrimoine familial. L’offensive de proximité : les caravanes provinciales La principale innovation en 2026 réside dans le déploiement de caravanes d’information au cœur des districts et des provinces. Ces équipes itinérantes vont à la rencontre des populations afin de vulgariser les droits reconnus aux conjoints survivants et aux orphelins. En échangeant directement avec les chefs de communautés, les notables et les familles, ces caravanes contribuent à déconstruire certaines pratiques contraires à la loi. Elles rappellent notamment qu’aucun conseil de famille ne peut légalement s’approprier les biens d’un défunt avant les procédures successorales prévues par la législation gabonaise. Journées Portes Ouvertes – Rapprocher les services juridiques des citoyens Autre innovation majeure : l’organisation de Journées Portes Ouvertes dans plusieurs chefs-lieux de province. Ces plateformes réunissent magistrats, officiers d’état civil, notaires, assistants sociaux et représentants associatifs afin d’offrir aux populations un accès direct à l’information juridique. Pour de nombreuses veuves vivant loin des grands centres administratifs, les coûts de déplacement et la complexité des démarches constituent souvent un obstacle majeur. Ces journées permettent ainsi d’obtenir des conseils pratiques, d’être orienté dans les procédures successorales et d’identifier rapidement les recours disponibles en cas de litige. Le rôle essentiel des associations locales La mobilisation met également en lumière le travail des associations de défense des droits humains présentes sur le terrain. Leur rôle ne se limite plus à la sensibilisation : elles accompagnent concrètement les familles confrontées à des conflits successoraux ou à des situations de vulnérabilité. Grâce à leur présence dans les communautés, ces organisations participent à la prévention des abus et facilitent l’accès des victimes aux services compétents. Elles constituent aujourd’hui un maillon essentiel de la protection des veuves et des orphelins. Ces innovations mises en exergue à l’occasion de la Journée de la Veuve et l’Orphelin, célébrée le 26 juin dernier, marque une évolution importante dans la manière de protéger les personnes les plus vulnérables. En privilégiant l’action de proximité et l’accès direct à l’information juridique, le Gabon affirme sa volonté de faire de la protection des veuves et des orphelins une réalité concrète sur l’ensemble du territoire national. LES TROIS RÉFLEXES JURIDIQUES DU CONJOINT SURVIVANT Face aux menaces de spoliation dès la survenance d’un décès, le Code civil et le Code pénal gabonais garantissent trois verrous de sécurité immédiats : ​Le gel conservatoire des comptes et des biens : L’obtention rapide de l’acte de décès permet de notifier les institutions bancaires afin de bloquer les comptes du défunt et d’empêcher les retraits frauduleux par des tiers. Articles 674 (régime de l’indivision successorale) et 682 (droit d’accomplir des actes conservatoires pour préserver le patrimoine) du Code civil gabonais. L’inviolabilité du domicile conjugal : La loi interdit formellement à la famille élargie d’expulser la veuve ou les orphelins. Le conjoint survivant dispose d’un droit légal d’habitation et de jouissance qui prévaut sur toute décision familiale. Articles 356 et 357 du Code civil gabonais. La saisine du juge des tutelles : En présence d’enfants mineurs, le tribunal valide la nomination de l’administrateur légal des biens (généralement la mère) afin de protéger les droits successoraux des orphelins et d’assurer la prise en charge de leur scolarité et de leur santé.Article 143 et articles 495 et suivants du Code civil gabonais.

ATTRIBUTION DU NOM

Les règles d’attribution du nom, qui subordonnent la filiation maternelle isolée à la reconnaissance ou à l’absence de reconnaissance paternelle, sont-elles compatibles avec le principe d’égalité parentale ? La persistance d’un droit civil structuré autour de la filiation paternelle L’article 93 du Code civil gabonais (Loi n°15/72) pose que tout Gabonais doit avoir un nom. L’article 94 en fait, en présence d’une reconnaissance par le père, le nom de celui-ci qui prévaut normalement. L’article 95, à l’inverse, ne reconnaît le nom de la mère qu’à la condition qu’il soit héréditaire ou qu’elle en fasse le choix, à défaut de quoi l’officier d’état civil peut s’appuyer sur les usages locaux. Cette architecture textuelle, en crée une hiérarchie entre une filiation paternelle érigée en référence et une filiation maternelle isolée traitée comme configuration subsidiaire, conditionnée et laissée, à défaut, à l’appréciation administrative. Une telle asymétrie mérite d’être interrogée à l’aune du principe d’égalité entre les sexes dans l’exercice de la parentalité. Le Gabon a ratifié la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF) le 22 juillet 1982, sans réserve sur l’article 16, qui impose aux États parties d’assurer, sur la base de l’égalité de l’homme et de la femme, les mêmes droits et responsabilités en tant que parents, quel que soit leur état matrimonial, pour les questions se rapportant à leurs enfants. Le droit du nom, loin d’être un simple élément technique de l’état civil, façonne la reconnaissance sociale et symbolique de la filiation maternelle isolée : en subordonnant celle-ci à des conditions que la filiation paternelle ne connaît pas, le Code civil reconduit une conception patriarcale de la famille que l’engagement conventionnel du Gabon devrait pourtant conduire à corriger. L’exemple de la réforme béninoise et de la jurisprudence comparée Le droit béninois offre, sur ce point précis, un contre-modèle instructif. La loi n°2002-07 portant Code des personnes et de la famille a supprimé la puissance maritale qui faisait du mari, selon l’ancien article 213 du Code civil applicable au Bénin, le chef du gouvernement de la famille, pour lui substituer une autorité parentale égalitaire fondée sur la Co-titularité pleine des droits et devoirs parentaux entre les conjoints (articles 158, 159 et 174 du Code des personnes et de la famille), ainsi que sur une contribution partagée aux charges du ménage proportionnée aux facultés respectives de chacun. La jurisprudence comparée africaine confirme la pertinence d’une telle réforme. Dans l’arrêt Attorney General v. Unity Dow, rendu le 3 juillet 1992, la Cour d’appel du Botswana a déclaré inconstitutionnelles les sections 4 et 5 du Citizenship Act de 1984, qui privaient les enfants légitimes de la possibilité de tenir leur nationalité de leur mère, réservant cette transmission au seul père. La Cour a jugé que cette discrimination fondée sur le sexe portait atteinte à la dignité de la requérante et ne pouvait être justifiée par la coutume patrilinéaire invoquée par l’État, ouvrant la voie à la réforme du droit de la nationalité dans une vingtaine d’États africains. Cette décision, rendue en matière de nationalité, est transposable par analogie au droit du nom et de la filiation : dans les deux cas, le droit fait de la lignée paternelle la règle et de la lignée maternelle isolée l’exception conditionnée une architecture que le précédent botswanais invite à regarder comme la survivance d’une coutume patrilinéaire plutôt que comme une nécessité juridique. Une transposition gabonaise pourrait viser, à tout le moins, une réforme des articles 94 et 95 du Code civil substituant à la hiérarchie actuelle un principe de parité dans l’attribution du nom, laissé au choix conjoint des parents ou, en cas de désaccord ou d’absence de l’un d’eux, à une règle neutre ne préjugeant pas de la filiation paternelle comme référence par défaut. L’ordonnance portant Code de la nationalité gabonaise En subordonnant la nationalité à la preuve d’une ascendance autochtone, aggrave-t-elle spécifiquement la situation des enfants issus de familles monoparentales ? Le renversement de la charge de la preuve comme facteur aggravant  L’ordonnance n°0004/PR/2026 du 26 février 2026 portant Code de la nationalité gabonaise a inversé la charge de la preuve en matière de nationalité (article 75), imposant au demandeur d’établir son ascendance autochtone selon des modalités que le texte n’a délibérément pas précisées. Cette exigence probatoire, déjà critiquable dans son principe pour l’ensemble des administrés, se double d’une difficulté spécifique dans le contexte de la monoparentalité : lorsque le père est absent, n’a pas reconnu l’enfant, ou que le lien de filiation paternelle demeure contesté ou non établi, la preuve de l’ascendance repose alors, en pratique, sur la seule lignée maternelle ou se trouve rendue structurellement plus difficile à rapporter si le texte, ou son application administrative, privilégie implicitement la filiation paternelle comme vecteur naturel de la démonstration, ainsi que le suggère la logique des articles 94-95 du Code civil analysée au chapitre précédent. La monoparentalité devient ainsi, dans ce contexte, un facteur aggravant de vulnérabilité qui déborde le seul champ du droit civil de la famille pour affecter l’accès même à la nationalité, c’est-à-dire au statut juridique le plus fondamental qui soit, protégé par l’article 15 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et par l’article 24 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui reconnaît à tout enfant le droit d’acquérir une nationalité. Une discrimination indirecte à documenter et à faire valoir  Cette situation est susceptible de constituer une discrimination indirecte au sens du droit international des droits de l’homme : un texte neutre en apparence puisqu’il s’applique indistinctement à tous les demandeurs produit un effet différencié et défavorable selon la configuration familiale de l’enfant concerné. L’article 9 de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF), ratifiée par le Gabon le 22 juillet 1982, impose aux États parties d’accorder aux femmes des droits égaux à ceux des hommes en ce qui concerne la nationalité de leurs enfants ; l’article 26 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques prohibe, de façon générale, ATTRIBUTION DU NOM

DROIT GABONAIS & MONOPARENTALITé

Le dernier recensement général de la population révèle un fait sociologique difficile à contourner : la famille monoparentale constitue aujourd’hui le modèle familial le plus répandu au Gabon, représentant 39% des ménages, devant la famille nucléaire (34%). D’autres sources, émanant du ministère des Affaires sociales, situent la proportion des ménages monoparentaux autour d’un tiers de la population, principalement à la suite de séparations, de divorces ou d’abandons. Dans l’immense majorité des cas recensés, ce sont les femmes qui assument quasiment seules la charge de l’enfant, quoique la présence, longtemps restée dans l’ombre, de pères élevant seuls leurs enfants tende également à se manifester davantage dans le débat social. Ce constat statistique appelle une interrogation juridique simple, et pourtant rarement formulée avec la netteté qu’elle mérite. Le droit gabonais, dans son architecture civile, sociale et nationale, a-t-il pris acte de cette réalité majoritaire ? La présente étude soutient une thèse inverse : loin d’ériger la monoparentalité en catégorie juridique autonome, le droit positif gabonais continue de la traiter comme une situation résiduelle, pensée en creux à partir du modèle biparental qu’elle a pourtant statistiquement supplanté. Cet impensé n’est pas neutre : il produit des effets de vulnérabilité cumulative, qui se déploient du droit civil de la filiation jusqu’au droit de la nationalité, en passant par le droit social. Cinq axes permettent de baliser cette étude : la question de la qualification juridique de la monoparentalité elle-même (S1), l’articulation entre l’insuffisance du droit civil et les ressources mobilisables en droit social (S2), la lecture critique des dispositions du Code civil relatives au nom et à la filiation, éclairée par le droit comparé (S3), le rattachement de cette réflexion à l’actualité normative la plus récente, celle de l’ordonnance N°004/PR/2026 du 26 février 2026 portant Code de la nationalité gabonaise (S4), une série de propositions de réforme, civiles, sociales, relatives à la nationalité et transversales, destinées à faire correspondre le droit positif à la réalité sociologique majoritaire qu’il ignore encore (S5). Le droit gabonais peut-il encore ignorer, comme catégorie autonome, une configuration familiale qui concerne près de quatre ménages sur dix ? Le silence normatif organisé  L’examen du Code Civil Gabonais (Loi n°15/72 du 29 juillet 1972) et du Code de l’enfant (Loi n°003/2018 portant Code de l’Enfant en République gabonaise) conduit à un constat convergent : la monoparentalité n’existe qu’en négatif, comme absence de l’un des deux parents, jamais comme statut positif générateur de droits propres. L’article 70 du Code de l’enfant dispose que l’État protège l’exercice de l’autorité parentale, l’article 31 dispose que l’obligation d’entretien et d’éducation incombe à titre principal au père et à la mère ou à tous autres représentants légaux ; les articles 67 à 69 organisent la protection de l’enfant contre son abandon par ses parents, l’article 30 consacre enfin le droit de l’enfant à la famille, entendu comme rattachement à ses parents et à son histoire. Mais ce dispositif demeure tourné vers la protection générale de l’enfant en tant que titulaire de droits : il ne construit, à aucun moment, la figure du parent isolé comme sujet de droit distinct, titulaire d’un régime de protection sociale ou fiscale spécifique. La loi ignore jusqu’au vocabulaire de la monoparentalité. Ce silence n’est pas un vide neutre. Il traduit une conception implicite selon laquelle la famille de référence demeure le couple parental, la monoparentalité n’étant qu’un accident de parcours transitoire, alors même que les données du recensement général de la population et la désignent comme configuration dominante (39% des ménages) et manifestement durable. L’absence de définition légale du « parent isolé » ou de la famille monoparentale », que ce soit dans le Code civil ou dans le Code de l’enfant, prive corrélativement les pouvoirs publics d’un instrument de politique sociale ciblée : sans catégorie juridique, point d’action publique différenciée, ni de fondement textuel pour une prestation, une priorité ou un aménagement dédié. Vers une consécration statutaire Une réforme de lege ferenda pourrait s’inspirer des droits comparés qui ont su construire un régime de protection du parent isolé sans attendre une refonte générale du droit de la famille. Le modèle français de l’allocation de soutien familial, servie sans condition de ressources au parent assumant seul la charge d’un enfant privé de l’aide de l’autre parent, offre un exemple transposable : il montre qu’un statut de protection sociale peut précéder, et même impulser, une évolution ultérieure du droit civil. Pour le Gabon, une telle consécration pourrait emprunter deux voies complémentaires. La première, civile, consisterait à introduire dans le Code civil ou dans une loi spéciale une définition du parent isolé, entendu comme celui qui assume seul, de droit ou de fait, l’autorité parentale et la charge matérielle de l’enfant. La seconde, plus pragmatique et immédiatement mobilisable, consisterait à ancrer cette définition non dans le droit des personnes mais dans le droit social — ce qui constitue précisément l’objet du deuxième axe de cette note. À défaut de statut civil, le droit social gabonais peut-il compenser, par des mécanismes qui lui sont propres, la vulnérabilité structurelle du parent isolé ? L’insuffisance du droit social existant  Le Code du travail (Loi n°022/2021 du 19 novembre 2021) organise un régime de protection de la maternité qui, pour substantiel qu’il soit, demeure indifférencié quant à la situation matrimoniale du salarié. L’article 208 fixe la durée du congé de maternité à quatorze semaines, dont six avant l’accouchement ; l’article 207 interdit tout licenciement ou mesure de représailles fondés sur la grossesse ou l’accouchement ; l’article 210 garantit à la salariée les soins médicaux gratuits et le maintien intégral de son salaire pendant le congé, à la charge de la Caisse nationale de sécurité sociale ; l’article 211 institue un repos quotidien rémunéré pour allaitement pendant les douze mois suivant la reprise du travail ; l’article 212 impose à l’employeur d’accorder les congés annuels immédiatement après le congé postnatal si la salariée le demande. L’article 54 prévoit, par ailleurs, que le contrat de travail est suspendu pendant le congé de maternité, et un régime de congé de paternité rémunéré DROIT GABONAIS & MONOPARENTALITé

PROTECTION DE L’ENFANT

La protection de l’enfant occupe une place centrale dans le droit de la famille. À mesure que les structures familiales évoluent et que les risques auxquels sont exposés les mineurs se multiplient, les systèmes juridiques sont appelés à renforcer les mécanismes destinés à garantir leur sécurité, leur éducation et leur développement. Le rôle du juge, des services sociaux et des parents devient alors essentiel pour assurer le respect de l’intérêt supérieur de l’enfant, principe fondamental consacré par les instruments internationaux et repris dans de nombreuses législations nationales. Au Gabon, la protection de l’enfant repose sur un ensemble de textes juridiques qui encadrent l’autorité parentale, la filiation, la tutelle, l’adoption ainsi que les mesures d’assistance éducative. Ces dispositions visent à assurer à chaque enfant un environnement familial stable et protecteur, tout en prévoyant l’intervention des autorités lorsque sa sécurité ou son développement sont compromis. Les mutations sociales ont cependant fait émerger de nouveaux défis. L’augmentation des séparations, les conflits liés à la garde des enfants, les violences intrafamiliales, les mariages précoces, les abandons et l’exploitation économique des mineurs sollicitent davantage les juridictions familiales. Dans ce contexte, les magistrats sont amenés à rendre des décisions qui ne se limitent plus à l’application stricte de la loi, mais qui tiennent également compte de la réalité sociale et psychologique des familles. L’intérêt supérieur de l’enfant demeure le critère déterminant dans toute décision judiciaire le concernant. Qu’il s’agisse de fixer la résidence d’un enfant après une séparation, d’organiser un droit de visite ou de prononcer une mesure de protection, le juge doit rechercher la solution la plus favorable à son équilibre physique, moral et affectif. Cette approche privilégie le bien-être du mineur au détriment des intérêts personnels des adultes. La lutte contre les violences faites aux enfants constitue également une priorité. Les autorités judiciaires sont de plus en plus sensibilisées à la nécessité de traiter rapidement les situations de maltraitance, d’abus sexuels, de négligence ou d’exploitation. La collaboration entre les magistrats, les officiers de police judiciaire, les professionnels de santé et les travailleurs sociaux permet d’assurer une meilleure prise en charge des victimes et d’éviter leur re-victimisation au cours des procédures. Les nouvelles technologies représentent un autre défi pour le droit de la famille. Les enfants sont aujourd’hui davantage exposés aux risques liés à Internet, notamment le cyberharcèlement, l’exploitation sexuelle en ligne, l’usurpation d’identité et la diffusion non consentie d’images. Ces infractions imposent une adaptation constante des pratiques judiciaires afin d’assurer une protection efficace des mineurs dans l’environnement numérique. La médiation familiale connaît également un développement important. Avant que les conflits ne dégénèrent en longues procédures judiciaires, elle offre aux parents un espace de dialogue leur permettant de trouver des solutions équilibrées concernant la résidence des enfants, leur éducation ou la contribution à leur entretien. Lorsqu’elle est possible, cette démarche favorise l’apaisement des relations familiales tout en limitant les conséquences psychologiques des conflits sur les enfants. Le renforcement de la formation des magistrats et des professionnels intervenant dans le domaine familial demeure indispensable pour répondre à ces nouveaux enjeux. Une meilleure connaissance des droits de l’enfant, des évolutions sociales et des mécanismes de protection permet d’améliorer la qualité des décisions rendues et de garantir une justice familiale plus humaine, plus efficace et davantage tournée vers la préservation de la dignité et des droits de chaque enfant

LE MONDE CÉLÈBRE LES GRANDS PARENTS ET LES PERSONNES ȂGÉES

« Un voile semble recouvrir la vie de nombre de personnes âgées, effaçant les traits de leurs visages et les enveloppant d’oubli. C’est ce qui se passe dans les foyers où règne la solitude, ainsi que dans ces lieux de soin où la singularité de chaque personne risque d’être réduite au numéro de son lit ou à sa pathologie. » Cet extrait du message du Pape Léon XIV à l’occasion de la célébration, dimanche 26 juillet, de la 6ème édition de la Journée internationale des grands-parents et des personnes âgées, placée sous le thème « Moi, je ne t’oublierai jamais » appelle à la réflexion et à la solidarité vis-à-vis des personnes qui ont plus de 60 ans. Le successeur du pape François émet le souhait « Que cette Journée soit un encouragement pour tous, en particulier pour les plus jeunes, à reprendre la belle habitude de rendre visite à leurs grands-parents, aux personnes âgées de la famille, ainsi qu’à ceux qui ne reçoivent aucune visite. »

LE DIVORCE EN QUESTION

Au Gabon, le divorce demeure un thème sensible qui cristallise les tensions entre le droit moderne, protecteur et individualiste, et les réalités sociologiques où la famille élargie pèse encore d’un poids considérable. Le cadre juridique ne rend pas le divorce automatique vu qu’il doit être prononcé par un tribunal. La réforme du Code civil de 2021 prévoit les 2 cas de figure suivants : La rupture de la vie commune est demandée lorsque les époux vivent séparément depuis une période d’au moins 3 ans. La garde des enfants Le juge se base sur le seul principe de l’intérêt supérieur de l’enfant qui prend en compte : Responsabilité parentale et recouvrement des pensions Sur le plan pratique, la réalité sur le recouvrement des pensions reste un défi majeur au Gabon où nombre de pères et/ou mères disparaissent ou cachent leurs revenus réels pour ne pas honorer leurs engagements. En ce qui concerne l’autorité parentale, elle s’exerce conjointement même après le divorce dans le cadre des décisions importantes touchant à la santé, la scolarité et la sortie du territoire car l’accord des 2 parents est indispensable. De même, les parents restent responsables des dommages causés par leurs enfants mineurs. Impacts sociaux À ce niveau, le droit se heurte souvent à la loi du village ou aux pesanteurs sociales. L’enfant appartient soit au père ou à la mère selon le système patrilinéaire ou matrilinéaire. Si bien qu’en cas de divorce, la belle-famille tente parfois de récupérer les enfants de force tout en ignorant les décisions de justice. La femme divorcée subit encore des pressions sociales. En effet, elle est parfois accusée de n’avoir pas su tenir son foyer, ce qui la fragilise lors des négociations sur la garde des enfants. Le divorce engendre souvent une rupture de la solidarité clanique. Dans ce contexte, l’enfant est généralement élevé par une communauté composée de tantes et de grands-parents. Cette situation peut restreindre son accès à la famille élargie si le conflit est profond. Le divorce est un phénomène en pleine mutation, oscillant entre la modernisation du cadre législatif et une réalité socioculturelle tenace. Avec la réforme de 2021, l’homme n’est plus le seul décideur. La femme a également le droit de demander le divorce pour les mêmes motifs (adultère, abandon, sévices) sans discrimination. Et, le juge n’attribue plus systématiquement le logement au mari. Il privilégie désormais le parent qui a la garde des enfants pour éviter qu’ils ne soient déstabilisés.